Bonjour tout le monde
Le chapitre a pris un temps infini à paraître pour diverses raisons: vie très chargée, syndrome de la page blanche, oublis, désintérêt. Pour toutefois vous permettre de lire sans avoir à vous retaper les dix précédents chapitres, un résumé plus ou moins détaillé des évènements est proposé.
Merci à Lucretia pour sa correction.
Bonne lecture à tous!
Neville est chargé par Chourave de prendre soin d'une curieuse plante appartenant à Dumbledore. C'est un bonsaï enfermé sous une cloche de verre qu'il est impossible de retirer par la magie ou la force physique. La plante est très étrange et soulève de nombreuses questions chez le Gryffondor qui essaie de comprendre sa nature exacte. Son petit travail l'amène à côtoyer de très près le directeur de Poudlard qui n'hésite pas à lui donner plusieurs conseils qui trouvent un certain écho chez le garçon.
Parallèlement, Neville prend connaissances des entrevues entre le directeur et Harry. Il réussit à glaner quelques informations auprès d'Hermione, mais nombreuses de ses questions restent sans réponse. Harry porte un intérêt assez étrange à Draco Malfoy, ce qui à tendance à l'interpeler lui aussi.
Neville a précédemment aidé le professeur Chourave a recueillir le jus d'une plante, la Dame. Le prochain chapitre porte sur ce sujet.
Chapitre 11
J'inscrivis l'adresse et le nom de Grand-mère avec beaucoup d'attention, en formant parfaitement mes lettres. Elle n'aimait pas quand les choses me concernant faisaient désordre, c'était pareil pour mon écriture. Je posai ma plume et attendis un moment que mon encre sèche. Une fois mon dernier devoir bouclé durant la fin de semaine, je m'étais appliqué à suivre le conseil du directeur. Comme je l'avais prévu, ma Grand-mère m'annonçait que nous devrions aller au Pays de Galles pour ces vacances, mais également dans le Lincolnshire, l'est du pays, pour visiter mes grands parents maternels. Les vacances allaient être longues, mais je me sentais plus ou moins prêt à affronter l'ennui. Je cachetai ma lettre avec la cire d'une bougie et jetai un coup d'œil à la pendule. Le petit-déjeuner serait servi dans moins d'un quart d'heure. Cela me laissait assez de temps pour faire un détour par la volière.
En chemin, je ne croisai qu'un groupe de Serdaigle de première année en pleine discussion ainsi qu'une élève de Poufsouffle plongée dans ses pensées. Le matin, Poudlard était endormi. En prêtant une oreille attentive, on pouvait entendre les murs de pierre ronfler. Je passai devant une armure qui me fixa avec insistance. Le Moine Gras me salua alors qu'il flottait prêt de la rivière. Je ne m'attardai pas, son habit constellé de miettes et de tâches de graisse me rebutait.
Les hiboux m'accueillirent avec un concert de piaillement. Je fronçai mon nez devant la couche de fientes tapissant les murs et le sol. Une petite nyctale s'approcha de moi de son propre chef et tendit gracieusement sa patte. Je lui accrochai la lettre, puis lui donnai une souris. Un bruissement d'aile et elle s'était envolée dans le ciel blanc de novembre. Le petit-déjeuner avait déjà commencé. Une fois dans la Grande Salle, je m'assis dans le coin où nous avions tous l'habitude de nous installer. Je me servis un peu de porridge puis un bagel tartiné de beurre. Petit à petit, les bancs commencèrent à se remplir. Le professeur Chourave m'adressa un signe avant de s'asseoir à la table des professeurs. Ma petite tâche continuerait aujourd'hui. J'acquiesçai et lui brandis timidement mon pain beurré. Elle me montra un croissant en retour. Ce devait être le seul professeur avec lequel je me permettais quelques familiarités, probablement dues au nombre de services que je lui avais rendus.
Harry s'installa en face de moi.
« Alors? Ça va bien? »
Il mordit à pleines dents dans un bagel tartiné à la confiture de coing.
« Oui, pourquoi cela n'irait-il pas? »
Il haussa les épaules et trempa ses lèvres dans son jus de citrouille.
« Tu t'es levé tôt, ça ne te ressemble pas, je me suis inquiété.
- Ah non, il n'y a pas lieu. J'avais des affaires à régler.
- De quel ordre? Si ce n'est pas indiscret…
- Familial, et c'est très indiscret. »
Il sourit d'un air entendu. Oui, indiscret c'était tout à fait lui.
Il me fit la liste des cours avec un enthousiasme incroyable et une voix ennuyée. A vrai dire, j'étais aussi récalcitrant que lui à partir en classe. Quoique…le petit travail de botanique m'intéressait beaucoup.
« Ça va bien pour toi, en ce moment. Je t'ai vu avec Parvati.
- Il n'y a pas de quoi sauter au plafond, on discutait de nos passions respectives, protestai-je avec des joues rouges de culpabilité injustifiée.
- Ouais.
- Et toi? Seul? »
Harry eut une petite grimace comique.
« Avec le malade qui me court après il est dur de tenir des relations et puis j'avoue ne pas trop avoir la tête à ça ».
Mais oui bien sûr. Je ne lui fis pas part de mon scepticisme; ce ne devait pas être son sujet de conversation préféré à lui aussi. Je finis mon porridge et mon bagel. Le reste du groupe arriva bien vite dans la joie et la bonne humeur. Ron engagea une conversation avec moi à propos de la dissertation en botanique pour la semaine prochaine. Il m'avoua ne pas vouloir demander l'aide d'Hermione vu qu'il s'était inexplicablement brouillé avec elle suite à la fête. Nous planifiâmes une séance d'étude dans les prochains jours. Ma dissertation n'était toujours pas rédigée non plus et cela me plaisait beaucoup de me retrouver avec Ron pour travailler avec lui. Harry s'invita également ainsi que Dean. Je vis Hermione se renfrogner du coin de l'œil, n'appréciant apparemment pas d'être seule. Je regardai Harry intensément en le lui signifiant et il soupira. Toute cette histoire allait être longue à démêler.
Les professeurs se levèrent à l'unisson, indiquant que les cours allaient bientôt commencer.
Nous commencions notre première classe, Sortilèges, en commun avec les Serpentard. Nous nous dirigeâmes vers notre classe et je m'assis à côté d'Hermione qui m'accueillit avec un petit sourire.
« Je ne t'en veux pas.
- Euh…Merci? »
(Il me fallut quelques microsecondes pour comprendre de quoi elle parlait.) Ce n'était pas non plus comme si j'avais forcé Ron à travailler avec moi. Je haussai les sourcils d'étonnement et sortis mes affaires. La situation était pire que je ne le pensais.
Le petit professeur s'installa sur l'estrade et demanda le silence. Sa petite stature n'intimidait personne mais son âge avancé et sa voix, qui pouvait atteindre une puissance inexplicable, intimait au respect. Flitwick nous indiqua que le prochain sortilège que nous étudierons serait un charme pour accélérer le temps de cuisson pour les potions. Quelque chose de très passionnant. Hermione était pendue aux lèvres du prof, tandis que mon regard voguait à droite et à gauche. Il se posa un instant sur une Pansy Parkinson très concentrée qui gribouillait sur sa feuille comme si elle était atteinte de Tremblote. Elle présenta fièrement son dessin à Drago Malefoy qui afficha un petit sourire en coin et tapota l'œuvre avec le bout de sa baguette. Le dessin s'anima, mais le professeur me rappela à l'ordre pour obtenir mon attention. « Vous devriez suivre, M Londubat. Notre sujet d'étude est très délicat à traiter bla bla bla… ». J'essayai de suivre mais la leçon était si ennuyeuse que je décrochai une nouvelle fois et décidai de faire un cadavre exquis avec Seamus. La cloche sonna finalement, nous délivrant jusqu'au prochain cours, celui de Rogue.
A notre entrée dans la salle de classe nous fûmes surpris par la température glaciale qui régnait. Il était assez cocasse que le système de chauffage ne fonctionnât pas dans une seule pièce du château (si l'on omettait les cachots), ceci relevait donc d'une intention du professeur. Peut-être voulait-il nous rendre inconfortable pour que l'on échoue une interrogation surprise? Nous nous installâmes tout de même à nos places, bien intrigués, d'autant plus que la chauve-souris n'avait pas fait son apparition. Une fois le dernier assis, la porte se referma d'elle-même et se verrouilla dans un bruit métallique. Nous détournâmes les yeux lentement vers l'estrade où se tenait à présent notre professeur. Son visage au teint crayeux se détachait de l'ombre de la pièce, comme s'il flottait au-dessus du sol. Tout le monde était sur ses gardes et s'interrogeait sur cette singulière entrée en matière.
« Aujourd'hui vous pouvez ranger vos baguettes et vos stupides manuels. Gardez vos yeux globuleux de mômes décérébrés tournés vers l'estrade et surtout ne faites pas un bruit. Nous allons étudier une créature qui n'est pas référencée dans vos manuels, ceci est bien hors programme. Parce que cet illustre être a bien voulu nous gratifiez de sa présence pour instruire des veracrasses tels que vous, je vous demande de ne pas ouvrir votre trappe qui témoignerait de votre inculture. Ceci est bien évidemment valable pour tout le monde, plus particulièrement pour certains d'entre vous ».
Le sous-entendu adressé à Hermione était très clair. Le professeur s'écarta de l'estrade laissant apparaître une silhouette qui semblait plus large d'épaule que le professeur mais également plus grande. L'individu retira sa capuche laissant apparaître un visage aux traits masculins et durs dont le cou était parsemé de courtes cicatrices. Ses yeux verts Véronèse étaient durs et froids. Son attitude me rendit anxieux et tout de suite une mauvaise impression s'insinua dans ma tête. Le professeur honni présenta le nouvel arrivant comme un vampire. Beaucoup d'élèves eurent un mouvement de recul car les vampires étaient parfois considérées comme des créatures vicieuses, et surtout, flirtant avec la magie noire et Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom.
Il se présenta, Rosario Vitale, et monologua sur son histoire et celle de son espèce, répondant à nos mains levées sans jamais démontrer de l'agressivité à notre égard. Malgré notre peur au début, l'atmosphère se détendit par la suite. Apparemment il s'était nourri avant de venir nous rencontrer. De multiples questions brûlaient nos lèvres et j'observai avec intérêt les filles de notre classe sous le charme de son charisme naturel.
Malheureusement le temps sembla contre nous et le cours passa très vite prenant au« dépourvu » notre adorable professeur qui nous indiqua avec toute la candeur sarcastique du monde que le reste du travail (c'est-à-dire un exposé en binôme) serait à finir pour la prochaine fois en plus des dissertations. L'ensemble des élèves soupirèrent puis sortirent précipitamment pour le prochain cours. Avant de franchir le chambranle j'aperçus Vitale se pencher à l'oreille de Rogue tout en observant fixement Harry qui racontait une blague à Seamus. Il suscitait vraiment l'intérêt de tous, contre son gré. C'était une célébrité qui semblait toutefois lui porter plus de préjudices que de mérites, d'après les évènements que Ron m'avaient rapportés.
Ma matinée de cours était déjà achevée, car composée uniquement de trois heures de théorie, il en était de même pour Harry et Ron. Hermione se dépêcha pour sa prochaine classe de Runes anciennes. Pour ma part, je rapportai mes affaires à mon dortoir et refis mon sac avec les affaires de cette après-midi. J'avais par la suite prévu de faire un tour aux serres. Mme Chourave n'aurait fini qu'une demi-heure plus tard mais elle apprécierait probablement que je m'occupe de ses plantes. Être son préféré avait certains avantages, mais pas ceux que la plupart des élèves imaginaient. Je n'avais aucun point bonus, la professeure était au contraire à l'affût de mes moindres erreurs, mais elle partageait la plupart de ses expériences et de sa documentation avec moi. Elle avait déjà prévu de me passer le flambeau dans les années à venir, ce dont j'étais ravi. Grand-mère n'approuvait pas mon orientation professionnelle, elle avait espéré une plus grande ambition pour son petit-fils. La décevoir me gênait beaucoup, mais je ne voulais pas me plier à ses désirs. Bien que j'aimais ma Grand-mère elle avait tendance à vouloir contrôler les gens autour d'elle, dont moi.
J'ouvris une serre d'expérimentation uniquement dédiée au professeure et aux classes de niveaux supérieures. C'était l'une des plus importantes, car elle abritait les plus grandes plantes de la collection du professeur. Latuas, morelles noires, mandragores, euphorbes, aconits et plusieurs autres espèces multicolores. Je sorti ma baguette et la plongeai dans la terre de chaque pot. Mes gestes étaient précautionneux, on ne pouvait qu'être délicat avec des joyaux pareils.
Une fois fini, je m'assis à une table de travail, attendant patiemment que le cours se finisse. Une fois que le flot des élèves se dirigea vers le château, je me levai et rejoignit Mme Chourave dans sa serre personnelle. Elle était déjà penchée au dessus de flacons qu'elle remplissait avec une pipette. La substance bleue était le jus qui avait été recueilli la veille. Je scellai les fioles à l'aide de bouchons de liège. En tapotant avec ma baguette magique je rendis l'ouverture manuelle impossible, seul un sort pourrait retirer le bouchon. C'était la professeure elle-même qui m'avait appris ce charme. Quand nous eûmes fini, ma« mentor » me confia une liste de personnes auxquelles livrer les flacons. Il n'y avait que quatre noms : Horace Slughorn, Mme Pomfresh, Severus Rogue et Alberforth. Rogue. Le sort s'acharnait-il sur moi? J'en fis la remarque à Mme Chourave qui accepta de s'en occuper elle-même malgré son emploi du temps chargé.
« Et où je trouve cet Alberforth?
- Il dirige la Tête de Sanglier, un des bars de Pré-au-Lard. Je pourrais vous obtenir une autorisation de sortie, mais je préfère que vous n'alliez lui livrer le flacon que lors d'une de vos sorties. »
J'acquiesçai. Je me souvins que l'une des réunions de l'AD, la première, s'était déroulée dans ce bar miteux.
J'enfournai le papier dans ma poche et emporta également une bourse où je rangeai les quatre fioles. Lorsque je relevai la tête, le professeur s'était volatilisé, probablement partie manger. J'errai un instant dans la serre, avant de ressortir dehors. Une horloge grand-père que j'avais vue à l'intérieur de la serre indiquait midi moins dix. Je décidai d'aller directement à l'infirmerie, faire ma première livraison. Les couloirs aux alentours du sanctuaire de Mme Pomfresh étaient déserts et totalement silencieux. Les deux grandes et lourdes portes étaient fermées pour apporter de l'intimité aux patients (et aussi parce que l'infirmière ne voulait pas être distraite par le bruit). En entrant dans la longue salle aux rangées de lits blancs je remarquai la présence de cinq personnes. Un élève, qui devait très certainement se trouver en première ou deuxième année, se dormait à poings fermés dans un lit, un autre élève en t-shirt, caleçon et chaussette discutait avec Pomfresh, et enfin un rideau avait été tiré autour de l'un des lits, sûrement celui de Katie. Une forme se tenait près d'elle, probablement une de ses amies.
A mon entrée, Pomfresh et l'élève tournèrent leur tête vers moi.
« J'amène le jus d'une Dame, indiquais-je tout en gardant une voix assez basse pour ne pas réveiller le garçon endormi. »
Pomfresh acquiesça et me fis signe d'approcher avant de terminer sa conversation.
« …et surtout la prochaine fois vérifiez ce que l'on vous donne à manger. Vos amis trouvent probablement cela drôle de vous intoxiquer, mais j'ai à présent de la literie à jeter et ça ne me plait pas du tout. »
L'élève hocha la tête, penaud. Il commença à se rhabiller.
« Bien, M. Londubat, à nous. »
Elle se dirigea vers sa réserve située au fond de la salle, je la suivis. En passant devant le lit aux rideaux tirés j'aperçus une touffe de cheveux noirs et courts ainsi qu'une mâchoire carrée. Harry veillait sur Katie.
« Alors montrez-moi ça. »
Je sortis la fiole et elle l'inspecta à la lumière du soleil. La substance bleue était translucide, ce qui signifiait que la plante était encore jeune et en bonne santé. Un bleu opaque signifiait que celle-ci était arrivée à maturité. Entre les deux stades les propriétés du jus étaient différentes et donc il n'influençait pas les effets des potions (créées à partir du jus bien sûr) de la même façon. Par exemple, les effets d'une potion contre le tremblement étaient plus longs lorsque la plante était encore jeune.
Au contraire, un bleu trop opaque aurait informé que la plante était malade. Selon la maladie de la plante, les propriétés changeaient encore. Par exemple, le jus d'une Dame affectée par des champignons provoquait un engourdissement tandis que le jus d'une Dame affecté d'un virus était tout simplement corrosif.
L'apparence de la substance sembla satisfaire l'infirmière qui émit un bruit de contentement. Elle rangea la fiole dans une boîte scellée puis dans une de ses armoires scellée elle aussi à la fois par la magie et par un cadenas de manufacture gobeline. Mme Pomfresh ne désirait absolument pas qu'on vienne lui chiper ses mélanges, sérums et autres potions magiques.
« Tous ces produits sont dangereux, je ne peux pas me permettre de laisser mon matériel à la portée de tous. Je ne suis pas une pharmacie moldue qui exhibe de l'éther à n'importe quel gugusse».
La comparaison me fit sourire même si je ne compris qu'à moitié ce qu'elle me racontait. Elle m'indiqua que ma mission était terminée et disparut dans son bureau. Je me détournai et m'approchai doucement des rideaux tirés autour du lit de Katie. Je me glissai dans l'ouverture et Harry se tourna vers moi.
« Je me demandai quand tu allais surgir, me lança-t-il. »
Je m'assis sur une chaise inconfortable près du lit. Le fauteuil d'Harry semblait terriblement plus accueillant, je me demandai d'ailleurs où Harry avait pu dénicher un siège pareil.
« Elle ouvre les yeux de temps en temps, m'informa-t-il en scrutant le visage paisible de la jeune fille. Je n'ai toujours pas pu tenir une conversation avec elle, à peine quelques mots.
- Je pense que Pomfresh va lui concocter un truc. Ça fait longtemps qu'elle la garde ici.
- Dumbledore a demandé qu'elle ne sorte que lorsqu'elle se serait complètement remise (il fronça les sourcils). Je ne sais pas si Voldemort à un rapport avec ça, ce n'est pourtant pas son genre d'offrir des colliers. »
Je frissonnais au nom. Malgré toutes les bonnes paroles « C'est ridicule de craindre un nom, etc. » je ne pouvais empêcher un frisson de parcourir mon dos et mes avant-bras.
« Je n'aime pas ce nom, murmurai-je.
- Il fait peur à beaucoup de monde.
- J'espère que tu le vaincras. »
Il me lança un regard déterminé, je n'en n'attendais pas moins de lui.
« Je ne peux pas vivre tranquille tant qu'il respire le même air que moi, c'est lui ou moi. L'issue semble évidente.
- On sera là pour toi.
- À un moment ce sera un combat entre lui et moi et tous vos efforts n'y pourront rien. »
Je le trouvais bien défaitiste, après tout Dumbledore serait d'une grande aide dans la bataille finale.
On décida, d'un accord tacite, de changer de sujet.
« Et comment tu vis la situation entre Hermione et Ron?
- C'est usant, mais c'est un juste retour aux choses par rapport à ma dispute avec Ron en quatrième année.
-Peut-être. J'espère qu'ils se réconcilieront, en tant de guerre se diviser est la pire chose. »
Il resta songeur sur mes dernières paroles et je m'aperçus que c'était les propos du directeur. Il avait décidemment beaucoup d'influence sur moi.
« Hey »
Une voix fatiguée nous sortit des abysses de nos têtes respectives. Katie réapparaissait parmi nous. Harry rapprocha précipitamment son fauteuil qui ressemblait d'ailleurs plus à une chaise Windsor qu'autre chose.
« Re-bienvenu dans le monde cruel des devoirs et des ragots ».
Katie sourit doucement et je l'aidai à se relever dans son lit tandis qu'Harry tassait les coussins dans son dos.
« C'est très agréable d'être accueillie par deux valeureux (elle déglutit et reprit son souffle) chevaliers rouges et ors…dans ce monde terriblement impitoyable.
- Tu t'attendais à qui?
-Pomfresh… ou bien un des professeurs… Être réveillée devant Vector… ne m'aurait pas dérangée cependant. »
Nous échangeâmes un regard entendu.
« Tu te sens comment?
- La bouche pâteuse, sinon ça va.
- Tu dois encore être un peu faible avec le sort que tu t'es pris, affirmai-je
- Oui, il y a de ça aussi…Et sinon… que s'est-il passé… durant mon absence?
-Halloween. Match contre Serpents. Gagné, évoqua Harry laconiquement.
- Ah bien. »
Il agrippa un verre d'eau sur la table de chevet et le remplit. Katie le but goulûment et expira un soupir de satisfaction.
« Dis, pour revenir à des choses plus sérieuses, continua Harry, tu n'as pas une idée de qui t'aurait lancé ce sort?
- Non, enfin, c'est très flou. J'étais aux Trois Balais, ou alors chez madame Pieddodu je crois, je n'arrive pas à me souvenir.
-Peut-être avec un peu de temps ça va revenir, proposai-je en haussant les épaules. »
Harry acquiesça mais je sentis que cette réponse ne lui plaisait pas. Je sais qu'il voulait absolument découvrir qui avait fait cela, je pense même qu'il avait une idée précise derrière la tête. Il se réinstalla dans sa chaise au dossier droit. Faire justice lui-même n'était pas la solution. Dommage que l'attention d'Hermione soit détournée par la dispute qu'elle entretenait avec Ron, car l'attitude de son autre ami était très suspicieuse et dangereuse.
Pomfresh surgit soudainement à travers les rideaux et nous enguirlanda pour ne pas l'avoir prévenue du réveil de sa patiente. Elle nous somma de sortir en ajoutant cruellement qu'il ne restait que vingt minutes pour aller dîner. Katie nous adressa un signe de la main.
A suivre...
