Bonjour!
Voici donc finalement le chapitre 12. J'espère que vous l'apprécierez.
Je voudrais remercier Jouga et Belladona Dumbledore pour leur ajout et bien sur Lucretia pour la correction de ce chapitre.
Neville est chargé par Chourave de prendre soin d'une curieuse plante appartenant à Dumbledore. C'est un bonsaï enfermé sous une cloche de verre qu'il est impossible de retirer par la magie ou la force physique. La plante est très étrange et soulève de nombreuses questions chez le Gryffondor qui essaie de comprendre sa nature exacte. Son petit travail l'amène à côtoyer de très près le directeur de Poudlard qui n'hésite pas à lui donner plusieurs conseils qui trouvent un certain écho chez le garçon.
Parallèlement, Neville prend connaissances des entrevues entre le directeur et Harry. Il réussit à glaner quelques informations auprès d'Hermione, mais nombreuses de ses questions restent sans réponse. Harry porte un intérêt assez étrange à Draco Malfoy, ce qui à tendance à l'interpeler lui aussi.
Neville a précédemment aidé le professeur Chourave a recueillir le jus d'une plante, la Dame.
Parallèlement a eu lieu l'attaque de Katie Bell qui s'est finalement réveillée dans le précédent chapitre. Les élèves de sixième année ont aussi fait la connaissance d'un certain Rosario Vitale, vampire de son état...
Bonne Lecture!
Ma Grand-mère me répondit le lundi suivant. Une courte lettre qui m'informait du jour auquel nous partirions ainsi qu'une liste des affaires que je devrais emporter. Elle avait terminée sa missive en me félicitant de ma décision, expliquant que c'était l'une des meilleures que j'avais eues. Augusta Londubat était une femme un peu rigide mais qui avait tout de même un cœur; bien caché sous des couches de vêtements en laine, mais présent. Elle ne s'embêtait jamais de formules affectives et de fioritures, se contentant uniquement de distribuer conseils et avis. Je pensai intuitivement qu'elle ne savait pas en fait comment exprimer son amour. Je l'avais toujours vu distante. À bien y réfléchir il ne serait pas étonnant d'apprendre que c'était l'attaque de mes parents, et surtout de mon père, qui l'avait endurcie. Je savais que pour elle Frank Londubat n'était pas vivant, mais il n'était pas non plus mort; et savoir que son fils flottait entre deux eaux la rongeait de l'intérieur. Avec le temps j'avais appris à lire entre les lignes et à capter les sous-entendus, et je savais que ma grand-mère était plus sensible qu'elle ne le laissait paraître.
Je me levai du banc où je m'étais posé pour réfléchir. La cour intérieure de l'école était parsemée d'élèves qui attendaient de pied ferme les accompagnateurs pour la dernière sortie de l'année 1996 à Pré-au-Lard. Celles-ci étaient plus fréquentes que les années précédentes car le corps professoral s'était enfin rendu compte que nous ne supportions plus de rester enfermés durant une semaine complète au château. C'était dangereux, car Celui-Dont-On-Ne-Prononce-Pas-Le-Nom était de retour, mais nous étions bien trop comblés pour nous en plaindre. Cette fois-ci, McGonagall, Vector et Sinistra nous accompagnaient. Je souris malicieusement en apercevant le professeur aux cheveux châtains bouclés et aux yeux bleus. Il adressa un sourire brillant à un groupe de Serdaigle qui discutait avec animation. Il était très attrayant, pas étonnant que Katie le trouve à son goût. La poursuiveuse était d'ailleurs sortie de l'infirmerie la semaine dernière. En trois jours, Pomfresh l'avait remise sur pied et elle allait bientôt reprendre les entraînements. McGonagall avait voulu l'en dissuader mais Harry avait insisté et avait obtenu gain de cause. La directrice de maison l'aimait trop pour réellement s'opposer à une de ses décisions, c'est ce que m'avait confié Harry. Mais j'étais persuadé que si elle l'avait véritablement voulu, elle l'aurait fait.
« En plein songe ? »
Luna s'installa à mes côtés. Ses cheveux semblaient plus emmêlés que d'habitude et elle portait une espèce de belette morte autour du cou.
« Oui. J'espère qu'on ne va pas tarder à y aller.
- J'ai entendu dire que Sinistra avait été ensorcelé par un Croque-Mitaine pendant la nuit et que l'on cherchait un remplaçant. »
Je soupirai. Non vraiment, cette fille avait une imagination très fertile. Harry apparut dans mon champ de vision, il se dirigeait à grand pas vers nous.
« Salut ! Finalement c'est Rogue qui viendra. »
Je soupirai une deuxième fois et Luna nous observa avec un regard sympathique. Elle n'avait aucune rancœur contre Rogue, car par un miraculeux hasard celui-ci avait décidé de ne pas l'approcher dès qu'il l'avait vue, même dans les couloirs il rasait les murs quand il l'apercevait. C'était assez cocasse d'ailleurs, mais personne n'osait sourire. Un accident est si vite arrivé…
Quelques secondes plus tard, Hermione puis Ginny et Dean vinrent à notre encontre. Ginny nous informa que son frère avait décidé de rester à l'école pour finir ses devoirs. Hermione renifla avec dédain. Aucun doute qu'il essayait de se racheter. La semaine passée, j'avais également servi de prétexte pour sa petite machination. Les devoirs de botanique qui s'annonçait comme un moment de calme studieux avait dérivé vers l'épanchement de Ron (très négatif) sur l'attitude d'Hermione. Je, ainsi qu'Harry et les autres qui nous avaient accompagnés, m'étais depuis juré de ne plus me faire avoir une nouvelle fois.
Rogue apparut dans la cour intérieur puis il fut temps de partir pour le village sorcier. Les troisièmes années donnèrent leur autorisation de sortie à McGonagall tandis que Vector nous emmenait directement à Pré-au-Lard.
« Que ferez-vous? Interrogeai-je.
- Aller aux Trois Balais et Honeydukes parce que Ron m'a demandé un paquet de bonbons et diverses boutiques, m'informa Harry.
- Il faut que j'aille m'acheter des plumes et un nécessaire à potion, fit Hermione.
- Je peux t'accompagner? Proposa Luna. (Hermione acquiesça).
- Nous, on va te suivre, Harry. »
J'avais toujours ma petite mission à remplir, songeai-je en caressant le sac dans ma poche dans lequel il restait deux fioles. Hermione et Luna allaient dans la direction du pub tenu par Aberforth, je les accompagnerais donc. Ginny, Dean et Harry partirent de l'autre côté. Je me séparais pourtant des deux filles sans qu'aucune des deux ne me posât de question et j'en fus soulagé.
Je me trouvais à présent dans la partie la moins achalandée et animée du village. Quelques sorciers convergeaient toutefois vers un même point : la Tête de Sanglier. Le pub n'était a priori qu'à moitié plein. Beaucoup d'hommes encapuchonnés occupaient des tables ou une chaise au bar. Une atmosphère de conspiration régnait ainsi qu'un épais nuage de fumée. Plusieurs clients tiraient effectivement quelques bouffées sur des pipes en bois sculpté tout en jouant aux cartes.
« Je peux faire quelque chose pour toi? »
Le barman, grand, corpulent et barbu me regardait de ses yeux clairs et perçants. Il n'avait pas vraiment une allure avenante, mais son ton n'était pas menaçant. Son visage m'était vaguement familier, probablement était-il de service le jour où l'Armée de Dumbledore s'était formée ici. Il devait sans doute être Aberforth.
« Pomona Chourave m'envoie. »
Un éclair de compréhension passa dans son regard, puis il se tourna vers l'unique serveur du bar auquel il demanda de prendre la relève. Le barman posa son torchon sur le comptoir puis m'invita à le suivre dans l'arrière boutique. Il poussa une porte qui donnait sur un couloir mal éclairé. Une porte était entrebâillée à ma droite, mais il m'emmena vers une porte au fond du couloir. La pièce était moins éclairée que le bar et un peu froide, probablement mal isolée. Le vieil homme me dégota un tabouret puis renversa une caisse sur laquelle il s'assit.
« Alors qu'est-ce que tu as pour moi…
- Je m'appelle Neville.
- Neville. Le fils des Londubat, c'est ça? »
J'hochai la tête et sortit la bourse. Je lui brandis la fiole en verre. Il s'essuya les mains sur sa chemise crasseuse puis la saisit délicatement. Il ne l'étudia pas à la lumière comme Madame Pomfresh mais se contenta d'aller la ranger précautionneusement dans un coffret. Je n'étais pas familier avec l'utilisation de la Dame dans les boissons et ses effets en présence d'alcool. Curieusement, le dénommé Aberforth me répondit comme s'il avait lu mes pensées.
« De manière générale, le jus est mélangé à de l'absinthe. Cela provoque un effet d'engourdissement et modifie la perception des choses environnantes. Les effets de l'absinthe sont aussi augmentés. C'est très en vogue chez les sorciers extravagants, les artistes, les excentriques. Généralement on évite de donner ça aux Moldus, autrement ils deviendraient fous. Nous autres sorciers avons, grâce à la magie, une certaine résistance. Mélangé avec du Whisky-pur-feu, c'est pas mal non plus. L'ivresse arrive plus rapidement. Bien évidemment au réveil, on n'est incapable de soulever une seule paupière. C'est que ça assomme cet élixir ! »
C'était une sorte de drogue en fait. Mes yeux firent rapidement le tour de la pièce, évitant soigneusement son regard bleu perçant. Mal à l'aise, je me relevai, décidé à ne pas m'attarder une seconde de plus, et m'approchai de la porte qui s'ouvrit d'elle-même.
« Les portes sont un peu particulières ici, parfois elles n'en font qu'à leur tête, mais aujourd'hui elles sont plutôt conciliantes. Ce n'est pas moi qui vais m'en plaindre. »
L'imposant homme me succéda et nous nous retrouvâmes dans le même couloir sombre qui débouchait sur la pièce principale du pub, toujours aussi enfumée. Il me remercia d'être venu et m'invita à boire un verre d'une boisson au nom inconnu que je n'osais refuser, probablement étais-je intimidé par sa haute stature. Tandis qu'il remplissait une chope d'un liquide aux couleurs étranges, un mélange d'amarante, de saumon et de vert pin, Aberforth m'interrogea sur l'ambiance actuelle de l'école. Le remue-ménage avait fait écho jusqu'à Pré-au-Lard me confia-t-il. La boisson ne m'inspira pas confiance mais je la bus tout de même et m'aperçu qu'elle avait bon goût. Heureux d'avoir échappé au pire, je l'informai, en parlant avec plus d'aisance, sur les tenants et aboutissants des récents évènements et de la tranquillité perturbée du château, ce qui ne sembla pas l'étonner le moins du monde. Sa voix grave était agréable à écouter et invitait à la conversation.
« Le ministère doit être sur les nerfs à vous savoir tous ici aujourd'hui. Même s'ils ont renforcé la sécurité, il y a toujours des failles dans leur stratégie, fit-il.
- Le directeur refuse de nous voir déprimer, il a probablement dû marchander. J'ai vu quelques Aurors parcourir les rues.
- Ce n'est pas suffisant, mais je suppose que c'est trop leur en demander à ces vestons-cravates. »
Aberforth me rappela ma grand-mère sur le moment. Je replongeai mon nez dans le verre en souriant. La boisson était vraiment délicieuse.
« Vous ne semblez pas porter ces fonctionnaires dans votre cœur.
- Tu penses que je suis un ennemi?
- A ce que j'en sais, vous pourriez très bien être un Mangemort. Votre clientèle atypique n'est pas là pour vous rendre service…
- Tu as raison de te méfier, mais fais bien attention de ne pas être aveuglé par ta méfiance et tes a priori, qu'ils soient bons ou mauvais. »
Je me sentais troublé par notre petite conversation. Elle semblait faire écho à quelque chose enfoui au plus profond de moi. Je remerciai Aberforth pour le verre et retournai finalement dans la rue marchande. La chaleur du bar m'abandonna alors et le froid mordit mes oreilles.
En parcourant un peu la rue je retrouvai Hermione et Luna assises sur un banc.
« Vous m'attendiez?
- On ne savait pas trop où tu étais et te laisser seul n'était pas une bonne idée selon Hermione, expliqua Luna en me regardant avec des yeux arrondis.
- Vraiment? dis-je en fronçant les sourcils. Ça me vexe beaucoup Hermione, j'ai quand même plus de débrouillardise que la moitié des gens. »
Elle se leva, affichant une mine faussement navrée, puis ses yeux se firent rieurs et malins. Je lui adressai une grimace, et nous pouffâmes. Luna ne partagea pas notre complicité mais ses yeux reprirent une grandeur normale. Elle proposa de faire un tour du village puis de retrouver les garçons qui nous attendaient probablement aux Trois Balais. Hermione trouva que c'était une excellente idée et j'acquiesçai également.
Nous passâmes un bon moment ensemble. Ces derniers temps n'avaient pas été faciles pour Hermione. Ses fréquentes disputes avec Ron l'épuisait beaucoup et lorsqu'il me prenait de l'observer durant les moments de silence, je pouvais voir son front se rider de contrariété. Je n'osais pas interférer dans ses pensées et préférais me focaliser sur le paysage ou Luna. Cette dernière n'avait de cesse de me surprendre. Nous entretînmes une conversation étonnamment très sérieuse sur les mythes reliés à la flore. Elle affirmait que l'on pouvait trouver quelques rares spécimens dans son jardin et son solarium, mais je doutais fortement de ses dires. Luna était une fille qui vivait constamment dans un monde à part du nôtre. Il m'était si difficile de la cerner que j'avais depuis longtemps abandonné tout effort de la comprendre et je me contentais d'échanger généralement, par politesse, quelques mots. J'avais remarqué que Harry cependant lui portait un intérêt tout particulier. Il était vrai que parfois elle vous prenait au dépourvu en tenant des propos étonnamment très lucides sur le monde qui nous entourait. Et surtout, elle avait un physique que l'on n'oubliait pas si facilement. Fine, des yeux ronds et bleus désintéressés, des accessoires plus qu'excentriques et une fois grave et aiguë à la fois.
Hermione effleura mon bras et me demanda à quoi je songeais.
« Je pense à Luna et son excentricité, je lui répondis tout bas.
- Oui, j'ai moi aussi beaucoup de mal à la saisir. Ses raisonnements peuvent parfois —souvent— être si absurdes. Vous ne pensez qu'on devrait rejoindre les garçons maintenant? Demanda-t-elle en haussant la voix. »
Sans relever la tête, Luna emprunta un autre sentier.
Nous la suivîmes pour arriver juste devant Honeydukes. Nous nous désintéressâmes de l'activité effervescente autour du magasin pour descendre la rue, jusqu'à une bâtisse où un flot ininterrompu de gens entrait et sortait. En pénétrant dans la large salle, nous dégrafâmes nos capes. Il y avait une chaleur étouffante. Luna se dirigea vers une table dissimulée derrière un pilier, Dean, Ginny et Harry y étaient assis, en pleine conversation. Ce dernier semblait avoir les cheveux encore plus ébouriffés que la normale. Hermione s'efforça de les recoiffer d'une main, mais rien n'y fit.
« Ah laisse tomber, il fait tellement chaud que dans cinq minutes je vais repasser ma main dedans et détruire tes vains efforts.
- Même les peignes n'y arrangent rien, c'est une catastrophe, répondit Ginny.
- Peut-être un sort d'aplatissement? Proposa Luna.
- Tu veux le tuer ou quoi? Les yeux d'Hermione se firent perçant tandis que je rigolais sous cape.
- Seul l'eau peuvent les aplatir et encore! Il y a toujours quelques pics à l'arrière de la tête, indiqua Ginny avec de grands gestes et en coiffant la nuque de l'intéressé. »
Il y eu un moment de silence embarrassant, mais Hermione fit mine de s'éclaircir la gorge et relança la discussion sur un terrain plus neutre. La jeune rousse continuait cependant à fixer la table avec attention alors que Dean restait impassible. Harry ne pipait mot, mais fixait Ginny intensément. Peut-être se sentait-il flatté par l'attention qu'elle lui portait, c'était même très probable. Je me levai alors, inconfortable dans cette ambiance pesante et je me dirigeai vers le comptoir pour commander nos consommations. Rosmerta m'accueillit avec son sourire habituel et son décolleté plongeant sur lequel je me retins de loucher. Elle prépara deux chopes de Biéreaubeurre ainsi qu'un verre de lait d'hippogriffe. Deux mains blanches serties de tâches de son attrapèrent les deux chopes. Ginny était venue me rejoindre au comptoir pour m'aider à transporter les verres, et fuir la tension qui régnait. Le pli anxieux de son front laissait présager une discussion. En effet, elle se tourna vers moi :
« J'espère que tu ne penses pas que je suis une obsédée ou quoi que ce soit. J'aime Dean, sérieusement…J'ai peur que l'on ne me trouve pas sincère. »
Je la fixai en retour, gêné par le sujet. Disons que je n'étais pas le meilleur conseiller pour ce genre d'affaire, n'ayant jamais eu de rapport avec une fille dépassant le stade de la simple amitié.
« Hum…je ne pense pas que tu aies à te justifier pour quoi que ce soit, Ginny. Personne n'a le droit de te juger; et je ne pense pas que tu sois obsédée. »
Juste envoûtée. Son amour pour Harry Potter ne pourrait jamais être noyé par l'affection qu'elle portait pour Dean. La situation était limpide, mais elle s'aveuglait toute seule. C'est ce qu'Hermione m'avait expliqué un jour, et je ne pouvais que confirmer. Ginny me fit un léger sourire puis nous nous dirigeâmes vers le groupe, louvoyant entre les chaises et tables. Une nouvelle conversation avait été entamée, la jeune fille s'assit en se rapprochant de son petit copain, sous le regard intéressé de Harry. Je déposai deux Biéreaubeurres devant Hermione et Luna qui me remercièrent de mon attention. J'avalai goulûment le lait d'hippogriffe, grimaçant un peu à son âpreté.
« Comment tu peux boire ça? interrogea Seamus en fronçant son nez, dégoûté.
- Il parait que c'est bon pour « l'habileté de l'esprit et du corps » ».
Dean et Seamus ricanèrent tandis que Harry cachait son sourire derrière son verre.
« C'est une défaillance dans ton système qui ne pourra jamais être résolue, plaisanta Seamus avec un grand sourire.
- J'ai peut-être quelques petites difficultés mais je m'en sors bien.
- Tu te rappelles la première semaine de rentrée en 92? s'exclame Harry à Seamus, ne pouvant retenir la remarque qui lui brûlait les lèvres ».
Les trois idiots s'écroulèrent de rire en relatant toutes mes mésaventures passées, sous mon air renfrogné. D'accord, j'étais peut-être un peu empoté, mais je n'aimais pas qu'on étale mes erreurs et surtout qu'on en rie. Ces trois là n'avaient jamais eu à supporter une Grand-mère aussi exigeante que la mienne. J'affichai le visage le plus impassible que je pouvais, mais Hermione toucha mon bras et m'adressa un sourire tendre, cela me détendit.
« Parfois les défauts peuvent être des qualités ».
La voix de Luna surgit du vacarme de leurs rires et ceux-ci s'apaisèrent aussitôt.
« C'est vrai, concéda Harry.
- Luna est toujours pleine de bon sens, affirma Ginny ».
Mais l'intéressée ne releva pas le compliment, préférant scruter les boiseries du bar.
« …surtout quand on s'y attend le moins, confirma Harry d'un air absent.
- Du bon sens, c'est exactement ce qu'il faut à Ron, répliqua Hermione d'une voix acide. Je pensais lui demander de m'accompagner pour la fête de Slug, mais il préfère rester avec sa nouvelle et délicieuse amie Lavande.
- Tu n'es pas très juste avec elle, répliqua Ginny.
- Je te demande pardon?
- Elle est aussi victime de la bêtise sans borne de mon frère.
- On est d'accord là-dessus. »
La voix de la normalement si modérée Hermione était glaciale. S'apercevant qu'elle avait une fois de plus déversé son venin sur le rouquin, qui était supposément son meilleur ami, elle se tût pour le reste de la conversation et remua le reste de Biéreaubeurre de son verre. Harry soupira. Il fallait au moins qu'elle dépasse le stade de la bouderie infantile et qu'elle se remette à être courtoise avec Ron. La confrontation viendrait de toute manière tôt ou tard.
Soudain, une main froide se posa contre mon cou et une voix murmura à mon oreille :
« Madame Pomfresh m'a dit que le médicament qui m'a soigné provenait en grande partie d'un jus que tu as prélevé sur une plante dangereuse. Je n'ai pas eu le temps de te remercier jusqu'ici. Alors merci pour tout Neville. »
Katie posa un sac de plumes en sucre sur la table.
« Pour te remercier, indiqua-t-elle de sa voix chaleureuse ».
Je m'apprêtais à expliquer que ce que j'avais fait n'était rien mais elle se redressa rapidement, salua tout le monde et s'évapora tout aussi rapidement.
Je relevai mes yeux. L'ensemble de la table avait leur attention tournée vers Alicia Spinnet qui s'était installée entre Seamus et Ginny. Harry, qui me faisait face, brandissait deux doigts en faisant une tête à la fois choquée et amusée par intervalles réguliers. « Deux! » Je rougis, quel abruti.
Katie revint avec deux chopes de Biéreaubeurre et s'installa entre Luna et Hermione. Dès qu'elle s'assit sur le bout de sa chaise, elle engagea une discussion avec Harry sur le prochain match qui les mènerait face à Poufsouffle. Dean me chipa malicieusement une plume en sucre avec un clin d'œil et Luna finit le verre d'Hermione.
Les discussions allaient bon train autour de moi, comme un lointain bourdonnement. Il m'était difficile de réaliser que dans une heure à peine il faudrait à nouveau se réunir à la place centrale du village pour repartir en direction du château.
Ma tête était un peu lourde sur mes épaules. Je doutais que ça soit seulement l'effet de la Bièraubeurre et de la chaleur environnante qui me donnait le tournis à ce point. Je soupçonnais un peu le tenancier au regard si transperçant de m'avoir servi une mixture très peu recommandée. Hermione posa deux yeux inquiets sur moi, mais je lui fis un sourire rassurant et elle réintégra la conversation. Dehors, un vent s'était levé et semblait assez désagréable. Je bénis la chaleur du bar tandis que je voyais un binôme d'individus en robes mauves. Deux Aurors. La surveillance renforcée généreusement financée par le ministère, dont Aberforth et moi discutions plus tôt. Après le départ de Fudge, Scrimgeour s'était engagé à réparer les pots cassés et rassurer la population avec toutes sortes de mesures. Tout le monde avait reçu les fameux pamphlets préventifs sur la sécurité que Grand-mère et moi avions jeté au feu. Grand-mère avait ses propres idées sur la sécurité et acceptait très mal, de manière générale, les recommandations d'une l'autorité qui n'était pas la sienne. Pour ma part, notre virée au ministère m'avait révélé le véritable pouvoir de ces bureaucrates aux langues de bois. Les Aurors et les fonctionnaires en costumes avaient si facilement été déjoués par une bande d'adolescents qui n'avaient pas encore atteints leur majorité. S'en était risible, et grandement inquiétant. Augusta Londubat gardait aussi une certaine rancune vis-à-vis du ministère depuis que mes parents avaient été internés à Ste-Mangouste. C'est comme s'ils avaient été rayés de la carte. Aucune visite, des regards fuyants dès que le sujet était abordé, une indemnisation assez conséquente pour calmer les revendications, et quelque fois, une mention dans les discours d'anciens combattants. Grand-mère en gardait beaucoup trop sur le cœur pour seulement pardonner. Et peut-être étais-je un peu couard au fond, pour le savoir et ne rien essayer.
Apercevoir les deux aurors m'amena également à m'interroger sur le rôle du ministère dans ce conflit nous opposant tous à Celui-Dont-On-Ne-Prononce-Pas-Le-Nom. Il m'avait plutôt semblé vouloir nous mettre des bâtons dans les roues. Lorsque les conversations firent place à un nouveau silence, je mis le sujet sur la table.
« Vous avez vu les aurors qui remontent la rue? Et les pamphlets? Est-ce que on peut s'attendre au soutien du ministère cette fois-ci? »
Tout le monde soupira et Harry se mit à essuyer ses lunettes.
« Scrimgeour est venu demander à Harry de jouer son rôle de symbole. Il veut couvrir les bévues du ministère. C'est clair qu'ils agiront selon leur intérêt, commença Ron.
- Ils ont la population à protéger en premier, fit remarquer Katie Bell.
- Mais leur incroyable instinct de conservation se manifestera bien avant leur altruisme, répliqua Hermione.
- On ne pourra jamais se reposer sur eux. Pour les raisons qu'énonce Hermione et parce qu'ils ont en leur sein certains éléments nuisibles qui, c'est très regrettable, occupe des postes d'importance. »
Le ton hautain de Dean nous tira tous un sourire et parce que l'image d'Ombrage et ses robes roses s'imposèrent à notre esprit.
« Et les aurors? Ne sont-il pas avec nous? Insistai-je
- Certains.
- Arthur Weasley affirme que d'une manière ou d'une autre, tout le monde est réticent d'aider le Survivant, aussi fou que cela puisse paraître.
- C'est horrible à dire, Harry, mais la population sorcière préfère laisser un gamin de seize ans se charger de la plus grande menace depuis ces cinquante dernières années.
- Harry est l'élu, il est le seul à pouvoir le défaire, objecta Alicia qui jusque là était restée pensive.
- Mais il a besoin d'aide. »
Hermione sembla clore le débat. Toutefois, je me demandais si Aberforth pouvait faire partie de l'aide dont elle parlait. Et surtout, comment trouver cette aide?
Je répétai ma question à haute voix. Hermione s'apprêtait à répondre mais Harry la devança.
« Il est vrai que les aurors sont un certain soutien. Cependant, Dumbledore s'est assuré de son côté qu'il pouvait placer sa confiance en certaines personnes. Ces personnes seront prêtes à réagir, bien plus tôt que les aurors.
- C'est de l'Ordre du Phénix dont tu parles? Il y a une rumeur qui court en ce moment. Je pense que mes parents veulent s'y joindre, annonça Katie.
- C'est ça. Et je peux te jurer que ces gens sont la véritable opposition à Dumbledore.
- Comment être certain de leur allégeance? fis-je remarquer. »
Harry soupira.
« On est jamais sûr, évidemment. »
Nous retournâmes finalement au château juste avant que le dîner ne fut servi. Au vent s'était jointe une forte neige et la puissance des bourrasques n'avait pas diminué. Quelques intrépides avaient décidé de rentrer aux prémisses de la tempête. Le bois qui enserrait Pré-au-Lard offrait probablement un couvert efficace; toutefois, notre groupe préféra terminer l'après-midi à l'abri. On profita de ce délai supplémentaire pour commander une nouvelle fois de la Bièraubeurre et se détendre dans cette chaleur entêtante. Les conversations suivantes se firent plus légères et superficielles. L'atmosphère lourde, conspiratrice qui s'était installée plus tôt s'était rapidement évanouie. Il était difficile pour chacun d'entre nous d'aborder le sujet. Le château était finalement un rempart au monde extérieur qui nous protégeait de la menace et servait d'œillère. Se concentrer sur ses études semblaient l'objectif de tous, ou tout du moins c'était ce que tout le monde pensait. Toutefois, je pouvais voir les épaules se tendre, les mâchoires se serrer et les yeux se faire larmoyant quand on pensait à un proche défunt. Seule Luna, dans toute son excentricité un peu enfantine et insouciance, détonnait dans ce tableau morne.
Le lendemain je me levai, l'esprit un peu embrumé par le sommeil. Le reste du dortoir était vide car les gars étaient partis, aux aurores, investir le terrain de Quidditch pour un match amical entre Gryffondor et Serdaigle. Personnellement la température extérieure m'attirait très peu, même si le vent était apparemment tombé dans la nuit.
Je m'habillai assez rapidement et descendis dans la Grande Salle pour combler le creux de mon estomac. Hermione était assise au milieu de la table, un bouquin ouvert et plusieurs notes éparpillées autour de son assiette.
« Bonjour. Tu n'es pas allé dehors avec Harry et Ron?
- Cinq degrés dehors, je préfère le confort du château et sa chaleur.
- C'est vrai. C'est curieux que pour un château en pierre, la température soit si agréable.
- Sorts de réchauffement, Neville, dit-elle sans lever le regard. »
Je me servis un bagel et des œufs ainsi qu'un peu de jus de citrouille. Luna se joignit à nous, picorant distraitement un muffin mauve qui ne m'inspirait pas du tout confiance. Elle m'en propose un bout mais je me détournai en masquant mon dégoût. Hermione pouffa derrière son livre ouvert. Pourtant, la blonde ne sembla pas vexé par mon refus et dévia la conversation sur la nouvelle soirée du Club de Slug qui exigeait que l'on vienne accompagné. J'haussai les épaules, je ne voyais pas du tout avec qui y aller. Hermione révéla qu'elle avait accepté l'invitation de Cormac McLaggen et qu'elle devrait dorénavant se trouver une robe. Je ne comprenais pas comment elle pouvait tolérer son narcissisme démesuré. Elle détourna le regard et replongea dans son livre.
« Ce n'est pas vraiment un choix pour elle-même, Neville, fit Luna. Parfois on attire les meilleurs poissons avec les plus ridicules appâts. Pour ma part, je dois aussi m'habiller pour cette soirée. » Elle disparu avec son muffin mauve aussitôt qu'elle était apparu. Je clignai bêtement des yeux, mais Hermione semblait mal à l'aise par sa déclaration. Ce n'était pas mes affaires, ainsi je continuai de manger en essayant d'éviter les regards à la dérobée.
Il me restait deux dernières fioles à délivrer, celles de Slughorn. J'espérais le trouver dans ses quartiers. Certains professeurs avaient l'habitude de quitter Poudlard durant la fin de semaine pour s'occuper de leurs affaires familiales ou pour acheter du matériel scolaire.
Je toquai, puis des pas étouffés retentirent et le professeur apparut dans l'encadrement, affublé d'une robe de chambre en soie.
« Ah! Cela doit être la petite concoction de Pomona, entrez donc! »
Je fis un pas en avant. Slughorn était très bavard et je ne voulais absolument pas m'attarder ici. Il m'obligea à m'installer dans l'un des divans de son salon et me donna un verre de lait de poule. Il en bu un lui-même, et je le regardais faire avec consternation. C'était parti pour que je campe ici.
« Nous n'avons pas eu l'occasion de nous revoir en privée depuis Halloween. J'en suis navré, je n'ai pas eu l'occasion de vous remercier d'être venu cette fois-là, fit-il avec un air malicieux. »
Sans réellement l'écouter, je posai deux fioles sur la table basse, mais le professeur de potions sembla s'en désintéresser.
« Vous savez j'ai planifié une rencontre pour décembre, avant de partir en vacances. Je pense, je suis sûr que cela vous plaira, vous et vos camarades. On va bien s'amuser, cela va être une soirée très enrichissante.
- Je suis déjà au courant et j'ai prévu de venir. Écoutez professeur, pourquoi ne pas simplement prendre les fioles? J'ai beaucoup de travaux en retard ».
C'était l'excuse classique. Slughorn fit la moue puis saisit un flacon. Il l'inclina et l'observa à la lumière d'un chandelier à trois branches. Cela me rappela le geste de Mme Pomfresh. J'observai également le chatoiement des flammes sur le liquide.
« Elle était belle n'est-ce pas? murmura Slughorn en évoquant la fleur.
- Magnifique.
- Oui. Tous rêvent de voir ses yeux. C'est comme les Vélanes et les hommes, une Vélane au pouvoir d'un basilic. »
Un petit silence plana. L'homme d'âge mûr semblait perdu dans ses pensées, des pensées qui semblaient dérangeantes. Finalement il se reprit.
« C'est une fleur qui pousse un peu partout, tant qu'elle est à l'abri des regards pour pouvoir se développer. Mais leur beauté les met justement à l'écart et beaucoup meurent sans avoir été fécondée une seule fois. La solitude d'une fleur. Elle est très admirée, les asiatiques l'aiment beaucoup. Ils aiment beaucoup la beauté. Les Japonais l'appellent Jossihaie.
- Les asiatiques aiment se casser la tête.
- Vous pensez? Il est vrai que ce sont des sorciers hors pairs qui pratiquent bien mieux la méditation et l'Occlumencie que la moitié de la Grande-Bretagne. C'est un endroit que j'aimerais beaucoup visiter. »
Une phrase sortit de nulle part se répercuta contre les parois de mon crâne : les personnes désagréables ne sont pas inutiles, ou quelque chose dans ce genre. D'où venait cette phrase déjà?
« Ils aiment faire des bonsaïs, ajoutai-je.
- Ils ont un grand sens de l'esthétisme. Je pense que si vous correspondiez avec des botanistes japonais ou chinois, vous enrichiriez considérablement vos connaissances.
- Peut-on tailler un arbre magique?
- Sans conséquences? C'est très peu probable. Ce sont des êtres avec un instinct de survie très développé grâce à la magie, enfin ils n'ont pas vraiment d'instinct mais la magie leur sert de système nerveux, de cerveau, etc.
- Et des arbres nains, cela existe-t-il?
- Cela va au-delà de mes connaissances, malheureusement. Je suis cependant intimement persuadé que tout peut exister quand on en vient à la magie, mais c'est une énergie qui tend plutôt à favoriser la croissance des plantes. Un arbre « magique » sera le plus souvent plus grand qu'un arbre normal. Et puis généralement, un arbre absorbe la magie, l'emmagasine mais n'en produit pas. Un arbre ne naît pas naturellement magique, sauf si il est issu de croisement ou que sa graine a été soumise à un intense flux magique. Un peu comme la radioactivité. »
Je ne savais pas ce qu'était la radeauactivé mais les points qu'ils avançaient me semblaient justes.
« Et à propos des cloches magiques?
- Que voulez-vous dire?
- Les cloches magiques, des globes, pour contrôler leur taille. Est-ce très possible?
- Oui! Ça existe, bien évidemment, quand une plante est très fragile. Pour contrôler la taille, je ne suis pas certain. J'ai d'ailleurs un livre dessus! Ce sujet semble vraiment vous intéresser.»
Il se levait et j'attendis impatiemment qu'il trouve l'ouvrage alors qu'il marmonnait dans sa barbe. Il fit plusieurs aller retours entre le salon et d'autres pièces de ses appartements, ses sourcils se fronçant à chaque fois un peu plus. Il m'avoua finalement qu'il n'avait plus le livre en sa possession.
« J'ai du le confier à un ami. Les problèmes de scellages sont fréquents avec ces instruments. Si vous voulez j'essaierai de vous le trouver d'ici les vacances ou je vous l'enverrai durant celles-ci. »
Je le remerciai et lui confiai l'adresse de ma Grand-mère avec un minimum d'hésitation. Il l'inscrivit dans un carnet avec son écriture penchée et appliquée. J'admirai un instant ses lettres bien formées, traces de cours de calligraphie. Mon écriture était celle d'un enfant de cinq ans comparée à la sienne. Je vis la grande aiguille se rapprocher inexorablement du 6, tandis que la petite stationnait sur le 9. Le couvre-feu aurait bientôt lieu. J'en avertis le professeur qui concéda à me libérer, non sans m'avoir proposé un bout de nougat que je refusai poliment.
Tandis que je me dirigeai vers mon dortoir, la pseudo-maxime me revint en tête. Les personnes désagréables ne sont pas inutiles. Non voyons, ça ne sonnait pas de cette manière. Les personnes qui…Les personnes qui…ne…ne nous…Les personnes qui ne nous…sont pas agréables…peuvent nous…être utiles.
Le premier conseil de Dumbledore.
Je refermai la porte derrière moi, légèrement assommé par cette dernière pensée. Je remontai les escaliers jusqu'à l'étage de ma tour, presque que comme un automate. À un coin de couloir Rusard fondit sur moi, mais je lui brandis le mot signé par Dumbledore et il se recula, un rictus désagréable au coin des lèvres. Sa bestiole me donna un coup de griffe en passant et s'en alla, la queue fièrement dressée. Je continuai ma route, arrêtant un instant mon regard en direction du mur qui cachait, je savais, la Salle sur Demande où s'étaient déroulé tous les cours de l'AD. Je souris un instant en pensant à l'année précédente et tout ce que ça avait changé pour moi. Mon sourire disparut lorsque la mort de Sirius Black me revint en mémoire. Je ne l'avais pas vu de mes propres yeux, mais j'avais entendu le cri déchirant de Harry avant qu'il ne s'écroule. Cette immondice, Lestrange, lui avait pris sa dernière famille ainsi qu'elle m'avait volé mon enfance. C'était comme un lien qui nous unissait moi et Harry.
Je pressais le pas.
C'était étrange, il me semblait avoir vu l'éclair d'une chevelure blonde dans un des couloirs. Pourtant, rien à cet étage n'était susceptible d'intéresser Draco Malfoy.
A suivre...
Écrire cette histoire a fait naître en moi un certain intérêt pour la botanique. Du coup, vous allez avoir le droit à un peu de théorie et des discussions sur le sujet^^
Cela reste de l'imaginaire, je ne prétend pas être suffisamment calée en botanique pour vous sortir des explications brillantes, mais je me suis amusée (et beaucoup cassée la tête).
J'espère simplement que ça ne vous rebutera pas, Ciao!
