Raoul etait au bar de l'Hotel, en ce matin neigeux. Il reflechissait sur ce qu'il venait de recevoir. Il aurait du se mefier, il avait su pourtant que l'arrivée du Perse n'etait pas une Coincidence. Non, Il etait là, encore et toujours, cherchant Christine. Cependant la lettre qu'il avait dans la poche de son veston l'avait remué et pas qu'un peu. Il voulait proteger Christine mais, si ce que disait la lettre etait vraie, cela signifiait beaucoups de chose, et il ne verrait la vérité qu'en voyant son comportement. Il avait confiance en sa femme, cependant il ne pouvait que se blamer lui même. Il avait été longtemps absent, souvent sur de longues periodes, la laissant seule et delaissée, alors qu'il savait qu'elle detestait cela. Peut etre que l'acceptation de ce Concerto n'avait été qu'un pretexte, après tout. Reprenant la Lettre, il se remit a la lire:

Mon Cher Epoux,

Il est un fait que j'aurais voulu vous dire plus tôt, bien avant notre Mariage, vous souvenez vous quand vous m'avez sauvée du Fantome?

Je présume que oui, cependant, je me dois de vous dire la vérité a son propos et a celui de nos enfants.

Ils ne sont pas votre.

La première fois qu'il m'enleva, je le suivis en realité, bercée par sa musique et une drogue a l'evidence, la même qui mis Meg dans un etat second au point qu'elle failli mourir de froid sur le toit de l'Opera.

Je n'ai pas totalement souvenirs de ce qui se passa réellement, cependant, je sentis ses mains sur moi et nous partageames un amour passionnel cette nuit là, ainsi que d'autres nuits.

Je tomba enceinte dans les semaines qui suivirent, et notre Mariage survint après que vous et les hommes de l'inspecteur Mifroid me sauvèrent lorsque le Fantome menaça de tous nous tuer.

Dire que je vous aime est un euphemisme, je vous ai aimé et je vous aime, mais possiblement pas de la même façonj dont je l'ai aimé lui.

Une partie de moi, continuera a lui appartenir, a appartenir a l'ange de la Musique qui m'as faites.

Je vous en prie pardonnez moi de vous avoir caché ce fait, cependant, devant votre prévenance et vos attentions, je ne pouvait plus continuer a masquer ma culpabilité.

Votre bien aimée Christine.

Il froissa la lettre entre ses doigts. Christine devait mentir, c'etait impossible. Il etait vrai qu'elle etait tombée enceinte très vite après leurs mariages, cependant rien n'aurait pus indiquier qu'il n'etait pas le Pere d'Angelique et Adeline. Il aimait ses filles, cependant il devait admettre que si elles n'etaient pas de lui, cela aurait un impact important tant sur sa vie avec Christine que sur sa propre vie politique si cela se savait. Il bu une gorgée de Cherry. Si il voulait vraiment savoir, il devait avoir preuve qu'elle aimait cet homme, ce monstre, car auquel cas, il ne pourrait que lui dire Adieu, malgré l'amour qu'il lui portait. Si il tuait l'homme qu'elle aimait réellement, il savait qu'il la perdrait definitivement, et si il ne fesait rien, il la perdrait aussi. Dans les deux cas, il serait perdant. C'etait un problème insoluble.

Regardant sa montre a gousset, il fini son verre et se dirigea vers la loge pour rejoindre ses filles et Madame Giry.

***XXX***

Le concerto de Christine allait se faire en début de soirée, puis ils avaient prévu de passer les trois jours restant a Phantasmagoria, dans l'Hotel des Songes, une suite leurs ayant étée reservées afin qu'ils ne doivent faire le voyage entre Le Queen's et Brooklyn. Le Perse s'etait montré un hote prévenant et protecteur envers Christine et les jumelles, ce qui avait rassuré Raoul quand a la raison de sa venue. Il se souvenait que ce dernier lui avait sauvé la vie mais il ne pouvait oublier qu'il avait été l'ami du fantome de l'Opera qui avait enlevés Christine et avait failli le tuer avec un lacet du pendjab.

Quand Christine passa un regard au travers du rideaux, elle inspira, la salle etait pleine a craquer de gens importants des Etats unis, les musiciens etaient prêt et Raoul se tenait dans la loge numero 5 avec les jumelles, Monsieur Nadir et Madame Giry, tandis que son epoux se trouvait dans les coulisses. Quand le rideau lourd de velours rouge et or s'ouvrit, la musique commença et enfla, puis Christine se mit a chanter.

(Seule)

Voi cui eternità
A posto in braccia
Mia vita
Voi che d'altro mondo
Sognate, d'a-altre fia-amme
Ma non so per ch'io sia
O mo-orta ripa
Del mio stato-infelice
L'stato-infelice!
Com' ch'il cie-el non più vede

(Les Choeurs reprenant avec elle)

Ha'n te-enebre-il cor'

Come chi tanto guarda

(seule)
La nott-etterna
Tramene...
Làggiù
Di che sai tu ?
Di smarrita, febbrila
Attesa
Dove...
Dove sei tu ?
Che'l preda, esule
T'attende...
Ma non so per ch'io sia
O mo-orta ripa
Del mio stato-infelice
L'stato-infelice
Com' ch'il cie-el non più vede

(Choeurs)
Ha'n te-enebre-il cor'

Come chi tanto guarda

La nott-etterna
Tramene...
Com' ch'il cie-el non più vede

Ha'n te-enebre-il cor'

Come chi tanto guarda

Le Spectacle continua ainsi pendant une heure et demi, son chant enchantant la salle et les spectateurs, qui l'ovationnèrent a la fin de la prestation. Christine salua son public avec chaleur, son regard allant vers Raoul et ses filles a qui elle envoya un baiser. Erik s'etait tenu dans le public, avec Meg et Alexei a ses cotés, sa main tenant celle de Meg, semblant parfois trembler ou la serrer suivant le chant de Christine. Meg etait heureuse de voir qu'il retrouvait son amour de la musique, tandis qu'Alexei decouvrait pourquoi Meg considerait son amie comme une incroyable artiste. Ils s'etaient levé avec le public pour l'ovationner avant qu'ils ne suivent ceux ci a la fin de la representation. Puis le Perse etait apparu dans le Hall d'entrée, fesant signe a Meg de venir.

- Mademoiselle Giry, fit Nadir, vous etes là, tandit qu'il voyait l'accompagner et la suivre, Alexei. accompagnez moi.

- Mais Erik?

- Cela ira Meg, je dois de toutes façon rentrer a Coney Island, et commencer les preparatifs de l'ouverture, il me faut tout verifier avant, j'ai été heureux d'entendre une nouvelle fois Christine, ce moment est pour vous, Meg, et je n'ai pas a le detruire par ma présence.

Meg se detourna du Perse pour se porter devant Erik qui la regarda sans comprendre pendant un instant, jusqu'a ce que la jeune femme porte sa main vers son masque et le caresse avant de l'embrasser avec douceur, une main sur son coeur. Nadir et Alexei restèrent surpris de l'audace de la jeune femme. Le baiser fut bref cependant, coupé par Meg.

- Merci, Erik, fit elle avec un sourire tendre.

Ce dernier posa ses mains sur ses epaules et baisa son front, avant de caresser ses bras et de sembler la rassurer.

- Profitez de ce moment et de celui qu'il y aura ensuite a Coney Island, j'attendrais votre retour a tous. dit il avant de s'eclipser dans la foule de spectateur qui quittaient le Theatre Opera, laissant Meg et Alexei seul avec Le Perse. Et tandis qu'il marchait il se rendait, sa pensée portait sur ce qu'il avait ressentit a l'Opera. Il s'etait rendu compte qu'il n'avait plus rien a partager avec Christine, il aimait sa musique, son chant, mais elle etait a un autre, plus encore, il s'etait rendu compte que ce qu'il avait aimé d'elle n'avait été que sa voix. Christine etait devenue une femme rangée et discrète, plus encore qu'elle ne l'avait été avant, n'éclatant que sur une scène sa lumière par son chant, bien plus sure d'elle de son talent qu'auparavant. Ce qu'il avait ressentit etait profond, il se sentait bouleversé mais ce qui l'avait encore plus fait frémir avait été le baiser de Miss Giry. Elle avait caressé son masque comme si cela avait été son vouloir de toucher son visage et non ce morceau d'ivoire fin. sa main sur son cœur à lui. Et ses yeux lui avait indiqué qu'elle avait un penchant tendre envers lui, auquel il n'avait voulu répondre. Il n'était pas encore prêt, il voulait avant cela se confronter une dernière fois a Christine, son test final pour lui. Il voulait savoir...Ensuite, et ensuite seulement, il ferait ce qu'il aurait a faire.

***XXX***

Meg avait suivie Le Perse au travers des couloirs de l'Opera jusqu'a la Loge des De Chagny, et quand le maure ouvrit la porte ce fut pour avoir un jeune chien bernois lui sauter sur les genoux, ce qui la surpris, mais encore plus quand elle vit l'une des petites filles en robe blanche, adorable, au cheveux chatain clair, reprendre le chiot en s'escusant. Meg s'agenouilla et fit un sourire chalereux a la petite qui lui sourit en retour, puis elle leva les yeux pour voir Christine, encore habillée de sa robe de recital en train de parler a Raoul, qui semblait songeur, jusqu'a ce qu'ils tournent tout les deux la tête. Christine s'avança alors jusqu'a Meg et la pris dans ses bras.

- Ho, mon dieu, Meg, dit elle avec tendresse pour la jeune ballerine qui avait quasiment été l'equivalent de sa soeur, reculant un peu pour regarder la jeune femme qu'elle etait devenue. Marguerite s'etait habillée d'une robe victorienne couleur vert de gris, lignée de noir, assez elegante et corsetée. Tu est magnifique, tout en l'invitant a entrer dans la Loge.

Meg sourit de plus belle, avant de se tourner vers Alexei.

- Je vous présente Alexei Vassiliev, un membre de la troupe Sassarini, Artiste peintre, violoniste, chanteur et inventeurs a ses heures, presenta t'elle.

Alexei sourit legerement géné par les compliments de la jeune femme, et rectifia:

- Je suis juste un membre de la famille du cirque Sassarini, et je dois avouer que c'est quasiment Meg qui m'as élevé.

- Et vu le jeune homme que vous semblez etre devenu, jeune homme, je dirais donc que ma fille semble etre devenue une personne responsable. fit une voix grave et hautaine.

Quand Meg regarda ce fut pour voir sa mère et son père, ensemble, ce qui la fit ouvrir la bouche de surprise avant qu'elle ne remonte ses mains pour cacher son emotion, non sans qu'elle ne se dirige vers eux, la larme a l'oeil. Elle hesita cependant a les prendre dans ses bras, ne sachant vraiment quoi faire, jusqu'a ce que sa mère le fasse pour elle avec chaleur.

- Bon sang Meg, tu nous as manqué, on avait tellement peur qu'il te soit arrivé Malheur.

- Je suis désolée, je voulais juste...

- Etre libre de tes choix et de ta vie, fini son père, oui, j'ai expliqué a ta mère, et je pense que nous avons compris, et a vrai dire, il semble que tu as bien mené ton chemin jusqu'a présent, continua t'il, tout en lançant un regard vers le garçon au catogan, habillé d'une redingote noire sur un vêtement plutot classique, qui le la Madame Giry demanda: " Est ce que tu as eu des rencontres ou des aventures durant tes années ou tu as joué la comedie et tes spectacles?"

Alexei voyant le mutisme de Meg pendant un instant, parla, il savait que si Erik n'etait pas venu c'etait qu'il etait le point litigieux, surtout vu ce que Meg et Le Perse lui avait dit de la Vie d'Erik a l'Opera Garnier, meme si il ne savait pas tout:

- Non Madame, durant toutes les années où elle fut avec nous, personnes ne l'as jamais courtisées, je dirais plutot que son coeur est totalement voués au spectacle et aux histoires qu'elle nous fait mettre en scène. Antoinette sembla surprise puis sourit avec bienveillance envers sa fille, a l'evidence, la gouvernante semblait heureuse qu'elle n'ai pas commis d'actes regrettable qui aurait deshonnoré sa fille.

Meg rougit légèreent puis fini par se tourner vers Christine qui se tenait maintenant devant elle, ses filles devant ses jambes, un chient près de chacune d'elle, et Raoul posant sa main sur l'epaule de sa femme.

- Je te présente ma petite famille, Meg, dit elle, Raoul que tu connais et te souvient je suppose, ce a quoi Meg acquiesa, et voici mes jumelles, Angélique, montrant la fillette au bouvier bernois qui lui avait sauté dessus, et Adeline, montrant cette fois l'autre gamine qui avait un danois a ses pieds. Les deux fillettes etant habillées de la même façon seul le ruban dans leurs cheveux etaient différent, Rouge pour Angélique et vert pour Adeline. Alexei remarqua cependant que le Vicomte de Chagny tiqua legèrement quand elle parlait des enfants.

- Qu'as tu fait après que l'on se soit quittée? demanda Meg, tout en restant près de ses parents, Alexei s'asseyant près de l'ancienne ballerine, ecoutant, avec un leger sourire, tandis que des serviteurs de l'Opera apportait gateaux, vienoiseries et cafés.

- Et bien, commença Christine, en premier lieu, je dirais que je m'etait mariée entre le moment ou tu as disparue et le moment de nos retrouvailles Paris, puis je suis partie pendant un an faire ma tournée des Operas Européens, avant d'arreter lorsque j'ai eu mes petites. Par la suite, j'ai oscillé entre cours de chants, Mes enfants et les concertos que je fait sur invitation.

Meg sourit en ecoutant ce que Christine racontait, Raoul expliquant ensuite, ce qu'il etait devenu ainsi que ce que sa famille avait fait pensant son absence. Leurs vies avaient a la fois beaucoups changés et a la fois peu, mais quand ce fut le tour de Meg de raconter sa vie, elle resta un moment a chercher ses mots, jusqu'a ce qu'Alexei ne commence a raconter.

- Eh bien, je dirais qu'un beau soir, juste après une representation, nous avons vu arriver un homme, cheveux noirs tirés en arrière, habillé de façon plutot theatrale et majestueuse. Il prétendit a notre chef, Marcello Sassarini qu'il etait capable de disparaitre et de changer de forme. Marcello et son bras droit Paolo ont alors décidé de voir cela, expliqua t'il, Voila donc notre Magicien qui presente son numéro, jusque là, rien de bien spectaculaire, jusqu'a ce que le magicien ne commence ses acrobaties, danses et chants. En fait, Meg avait mené les choses pour que les deux hommes soient subjugés par ce qu'ils entendaient et ne pretaient pas attention a ce qui se passait, jusqu'a ce qu'elle ressorte du cocon de soie tombante sur laquelle elle avait fait un numero de danse digne d'une fée, sous le costume d'Iris. C'est d'ailleurs l'un de ses surnoms dans la troupe: la fée ou la sorciere blanche. A Partir de là, on l'as prise avec nous et on a commençé notre parcours de France.

- Mais il me semble que votre spectacle n'as commencé concrètement qu'en Belgique puis en Prusse, non? demanda Raoul.

- En effet, repris Meg, Le Cirque Sassarini a la base, montrait des numeros, au sons de violons suivant la situation, c'est après quelques villes que j'ai proposé a Marcello, de mêler les numeros de Cirque que l'on fesait, a l'art du theatre, de l'Opera et du contes. ce qui a finalement donné le spectacle actuel.

Les conversations durèrent plusieurs heures, Marguerite expliquant et donnant details sur les membres de la troupe, comment elle avait vecu dans differents pays, avait appris certaines langues et avait elevé Alexei tout autant que le reste de la troupe, cependant, elle evita soigneusement de nommer quoi que ce soit concernant Erik, seul un element fut donné, Ce qu'elle avait decouvert sur la famille d'Erik, l'enfant vendu par sa mère a des gitans et que l'on avait defiguré pour faire disparaitre les preuves avant d'en faire un monstre de foire pour gagner de l'argent sur son malheur. Ils s'embrassèrent, avant que tous ne se quittent, Meg apprenant qu'ils etaient invités pour la première de Phantasmagoria, et de l'ouverture des deux Parcs d'amusements. Se quittant, le Perse saluant Meg et Alexei a la sortie de l'Opera, Meg questionna le jeune homme:

- Comment les as tu trouvés?

- Chaleureux, heureux de vous retrouver, Meg, mais je me suis sentis un peu gauche, ne sachant quoi vraiment dire.

- Je trouve que tu as été parfait, tu m'as soutenu crois moi

- Vous avez trouvé cette soirée comment sinon?

- Parfaite, juste Parfaite.

- Même sans lui? risqua Alexei.

Meg tourna la tête vers lui, la neige qui tombait, s'emmelant dans ses cheveux.

- J'aurais voulu leurs dires, mais Il est recherché par la Gendarmerie Française, et mon père y est inspecteur, tandis que Raoul est un membre du gouvernement français, un ambassadeur. Si Erik avait été là, je crois que cela aurait pus mal se passer, et je n'imagine meme pas ce que mère ou Christine en aurait dit.

- Pourquoi?

- Parce que pour elles, Il est toujours un homme dangereux et un assassin.

- Il a tué?

- oui, un machiniste, que l'on a retrouvé pendu dans les catacombes, du moins c'est ce qu'on lui a mis sur le dos, en revanche, il a bien tué une personne a l'Opera Garnier.

- Qui?

- La question serait plutot Quoi?

- Alors quoi?, fit Alexei.

- La Carrière de Carlotta, dit elle en riant, mon dieu, cette femme, imagine un caractère excentrique qui n'arrêterait pas de hurler dès qu'elle n'as pas ce qu'elle veux.

- Bah, c'est Maria, non?

- Non, Maria a son caractère mais au fond elle est plutot avenante quand elle le veux, son caractère fort vient qu'elle n'as pas eu la vie facile non plus, donc elle se protege de cette facon.

- Je vois, fini t'il par dire. il a fait ça comment?

- En lui fesant peur, expliqua t'elle, la fesant paniquer et hurler a s'en casser la voix en la terrifiant avec des Rats, enfermée dans sa loge. Elle en est ressortie traumatisée.

- En fait, si je devais definir Erik, par rapport a ce que tu viens de me dire, C'est un peu comme les chiens des jumelles: ça à l'air gros, dangereux et menaçant mais quand on les connais, ils sont tendre et adorable, parfois distant et parfois prevenant.

Tout deux se dirigèrent vers le Metro, laissant une trainée de Pas dans la neige peu epaisse du Queen's. Meg sourit a Alexei avant de prendre les escaliers, lui disant:

- C'est tout a fait cela !