La suite est déjà là!


Guérison – Chapitre 18


Forks

Près d'un mois passa et la fratrie Cullen avait décidé finalement de ne pas retourner au lycée de Forks. Leur apparence physique avait beaucoup changé et ils auraient trop attiré l'attention. Edward dut se contenter de retrouver Bella chez elle dès qu'elle finissait les cours.

La fin de l'année approchait et Bella avait beaucoup à réviser. Ses notes avaient chuté pendant le premier trimestre et elle n'avait pas mis beaucoup d'efforts à remonter sa moyenne par la suite. Mais pour rien au monde elle aurait manqué une occasion d'être avec son amour. Un après-midi alors qu'ils profitaient de quelques rayons de soleil dans le jardin de Charlie, Edward reparla de ses projets d'études. Il voulait devenir médecin comme Carlisle mais hésitait dans la spécialisation.

« Tu devrais vraiment profiter Edward. » lui dit Bella.

« Et ne rien faire de ma vie ? Hors de question. »

« Tu as assez d'argent pour vivre confortablement. »

« Je veux être normal, pas un gosse de riche. Je veux aussi que tu sois fière de moi. »

« Comment ne pourrais-je pas être fière de toi ? Je te trouve merveilleux tu le sais. »

Elle se plongea dans ses yeux verts, elle ne se lasserait jamais de s'y noyer. Il rompit sa contemplation en lui donnant un baiser léger et Bella grogna de frustration.

« Je veux que tu m'épouses, ne l'oublie pas. Je dois être digne de toi. »

« Tu vis à une autre époque, adopte-en les valeurs. »

« Tu ne veux vraiment pas te marier... »

« Ça n'est pas ça, le mariage ne représente pas grand-chose à mes yeux. Je serais à jamais à tes côtés, quelque soit mon nom. »

« Et moi aux tiens. »

« Tu vois, je n'ai pas besoin d'un morceau de papier pour t'aimer et être avec toi. »

Il baissa les yeux, tentant maladroitement de cacher sa déception. Tout ce qu'il n'avait pas eu le droit de vouloir avant, il le désirait ardemment désormais et il était frustré que le plus important lui soit refusé. Il était impatient de vivre avec Bella, de s'occuper d'elle et de fonder une famille.

« Ne m'en veux pas. On a eu trop de drames, je voudrais juste qu'on soit heureux et qu'on profite. » plaida Bella.

« Bien sûr, tu as raison. Je devais te remettre ceci. »

Il lui tendit une enveloppe de vélin de couleur ivoire, Bella l'ouvrit et en sortit une invitation au mariage de Carlisle et Esmé.

« Si vite ? » s'étonna-t-elle.

« Alice et Rosalie les ont un peu forcé. Une fois que nos « tuteurs » sont mariés, ils pourront tous l'être aussi. C'est plus pour respecter nos traditions familiales en fait. »

« Je comprends... Elles ont hâte. » murmura-t-elle.

« Oui. »

« Edward, je sais qu'on en a parlé mais peut-être pourrions trouver un compromis. »

« A quel sujet ? »

« De notre intimité. J'étais tellement sous le choc de ton retour que quand tu m'as demandé d'attendre que nous soyons mariés, j'ai accepté. Mais je ne veux pas attendre longtemps... je ne peux pas. »

Elle passa ses bras autour du cou d'Edward et l'embrassa tendrement. Elle ne voulait pas le piéger, il lui avait expliqué pourquoi il voulait attendre.

« Je suis désolé Bella. »

« Ok, soupira-t-elle en se blottissant contre lui. Donnons-nous encore du temps. Je t'aime, rien ne pourra changer ça. »

Ils s'embrassèrent des heures durant, Bella ne révisa pas beaucoup, Edward était et resterait sa priorité.

_oOo_

Charlie avait passé la journée à la station de police dans le cadre de l'enquête. En rentrant chez lui, il trouva sa fille et son petit-ami lovés sur le canapé, un livre ouvert sur leurs genoux. Ils se chamaillaient gentiment à propos de Roméo et Juliette et Charlie sourit, soulagé que la dépression de sa fille soit finie. Il avait sous-estimé son chagrin d'amour, il ne devrait plus douter d'elle et d'Edward.

Il alla s'enfermer dans sa chambre pour écouter les derniers enregistrements de son mouchard sur le fauteuil roulant de Billy. Cela faisait près d'un mois et il n'avait plus rien entendu concernant les Cullen ou cette jeune fille qu'il avait abattu dans la chambre de sa fille. Néanmoins, il avait appris que Jacob donnait du fil à retordre à son père, il manquait le lycée, sortait la nuit et dormait le jour. Billy avait été un temps compréhensif puis les disputes s'étaient enchaînées. Jacob en était même arrivé à décidé de partir seul durant l'été, son père n'avait pas réussi à l'en dissuader.

Charlie avait tenté de parler à son ami, ce dernier avait prétendu que tout allait bien et il s'avérait qu'il avait souvent prétendu depuis quelques années. Ça n'était pas un secret qui le concernait, s'était dit Charlie, mais ça empoisonnait la vie de son meilleur ami et il ne pouvait pas rester sans rien faire.

Dans quelques jours, la commission d'enquête interne allait rendre son jugement, sans doute en faveur du shérif d'autant qu'aucune famille de la jeune fille tuée n'avait été trouvée, ses empreintes digitales et dentaires n'étaient pas non plus fichées. Une fois qu'il aurait réintégré ses fonctions, Charlie aurait les mains libres pour faire sa propre enquête et même si il s'était promis de ne plus interroger Edward, il allait fouiller pour vérifier l'histoire que le jeune homme lui avait servi, aussi bien sur les motivations de cette Victoria que sur la maladie qui l'avait forcé à quitter Forks.

« Le dîner est prêt ! » appela Bella.

Charlie rangea soigneusement son matériel sous son lit et ferma la porte de sa chambre. Toutes ses précautions n'avaient pas été remarquées par Bella, accaparée par son bonheur retrouvé. Elle était revenue vivre chez lui une semaine après la mort de Victoria et Alice s'était proposé de refaire la chambre en changeant tout pour que Bella ne se sente pas mal. Sa fille avait refusé, elle avait elle-même nettoyé les tâches de sang et avait repris possession de sa chambre facilement. Charlie ne pouvait pas se douter du soulagement de Bella, elle avait connu des nuits de terreur à cause de Victoria, désormais elle n'avait plus rien à craindre.

Edward dîna chez eux comme presque tous les soirs. Il annonça à Charlie la nouvelle du mariage de Carlisle et Esmé et lui remit aussi une invitation.

« Je les croyais déjà mariés. » remarqua Charlie.

« Oui, il y a dix ans, répliqua Edward sans ciller. Ils vont renouveler leurs vœux. »

Charlie glissa un regard vers sa fille qui était restée silencieuse, puis il regarda sa main droite et soupira. Il n'y avait pas de bague encore, bien qu'Edward lui ai demandé sa bénédiction, peu après son retour. Il se demandait si la question avait déjà été posée, il savait que sa fille ne croyait pas en mariage et il se blâmait car il se doutait bien qu'elle avait eu un mauvais exemple toute sa vie. Aussi quand Edward rentra chez lui à vingt et une heure, Charlie héla sa fille avant qu'elle n'aille se coucher.

« Tout va bien ? » s'inquiéta Bella en pensant à l'enquête.

Son père n'était plus le même, sa suspension l'avait beaucoup affecté et il n'était pas habitué à ne rien faire. Les premiers temps, il s'était contenté de regarder la télé en buvant de la bière, ça n'avait duré qu'une semaine. Il était assigné à résidence, ne devait sortir que pendant dix heures et onze heures du matin et ne pas quitter le comté. Bella ne savait pas comment aider son père, il l'avait rassuré quand elle lui avait fait part de sa sollicitude et avait prétendu aimer ces vacances.

Mais ce soir-là, autre chose taraudait Charlie et ça n'était pas bon signe, se dit-elle.

« Oui tout va bien. Bella, je voudrais te parler de mariage. »

« Oh... de celui des parents d'Edward ? »

« Non, du mien, et du tien. »

« Je ne veux pas me marier. »

« Je sais, mais... tu devrais y réfléchir un peu plus avant de décider de ne jamais te marier. Tu ne dois pas prendre exemple sur ta mère et moi. Nous n'avons jamais eu ce que tu as avec Edward. Après son départ j'ai cru que tu te remettrais vite mais ça n'a pas été le cas, malgré tes efforts pour te cacher. Il t'aime vraiment et je lui fais confiance pour ne jamais plus te quitter. »

« Je sais qu'il m'aime et je l'aime. Il est toute ma vie. » se justifia Bella.

« Alors pourquoi tu refuses ce qu'il veut t'offrir ? »

« Je n'ai rien à lui offrir en retour. » lâcha Bella en serrant les mâchoires.

« Tu n'as rien à lui offrir ? Mais Bella... ça n'est pas ça l'amour. »

Bella se renfrogna, elle ne s'attendait pas à avoir ce genre de discussions avec son père.

« L'amour s'est aussi accepter les cadeaux de l'autre, accepter d'être à deux et d'avoir besoin de l'autre. Edward a de l'argent, enfin je suppose, il ne veut que t'offrir tout ce que tu n'as jamais eu, tout ce que tu mérites d'avoir. Tu ignores ce que c'est d'être fauché et de devoir malgré tout acheter tout ce dont un petit bébé a besoin. »

Elle se tendit, elle n'avait jamais vécu dans le luxe et avait grandi en se disant qu'elle n'aimait pas l'argent et préférait rester modeste. Sa mère s'était souvent excusée de ne pas pouvoir lui offrir des vêtements neufs, une voiture ou bien des vacances. Elle avait fait de son mieux et Bella le savait.

« On venait d'acheter la maison, il y avait pas mal de travaux à faire, lui raconta son père. Je travaillais beaucoup et ta mère aussi, elle était serveuse au Lodge. On se voyait à peine, je m'en voulais parce qu'elle était enceinte et qu'elle aurait du se reposer. Au bout de quelques mois, on s'est éloigné, sans s'en rendre vraiment compte. On se croisait le matin et le soir, on parlait à peine. Je n'ai pas vu qu'elle doutait et qu'elle avait peur. Si j'avais eu assez d'argent pour être plus présent, elle n'aurait pas douté, elle se serait posée et habituée à Forks, elle aurait couru les magasins pour t'acheter une tonne de jouets. Si j'avais pu lui offrir ce qu'elle méritait, elle n'aurait certainement pas du économiser chaque centime pour acheter un berceau et une commode, elle n'aurait pas reprisé ses vêtements pour les agrandir, elle aurait peut-être même aimé cette vie. Je ne peux vraiment pas la blâmer d'avoir déprimé ici, elle n'a jamais eu un jour sans s'inquiéter. »

« Je comprends papa, je veux être avec Edward mais le mariage... c'est rien qu'un bout de papier. »

« C'est ta vision, pas le sienne et pas la mienne non plus. Sans vouloir t'influencer, j'ai du déjà penser au jour où tu te marierais, j'ai pensé à ce que je te dirais avant de te tenir la main pour te mener à l'autel. J'ai pensé aux petits-enfants que tu me donnerais, à cette chance que j'aurais de faire mieux avec eux... Je suis désolé si je t'ai dégouté du mariage... »

« Oh papa... tu n'y es pour rien. J'ai pensé que de ton côté, tu n'étais pas pour le mariage, tu ne t'es jamais remarié. » pointa-t-elle.

« Parce que je n'ai pas rencontré une femme à la hauteur ! » rit-il.

« Vous vous êtes mariés si jeunes maman et toi. »

« Oui... je lui ai proposé quand elle est revenue à Forks. J'ai su que je voulais être avec elle pour le reste de mes jours, je voulais être son mari, qu'elle soit ma femme et je ne voulais pas attendre. Pas parce que je suis macho ou que je veux qu'elle m'appartienne. Je voulais savoir en mon cœur que j'aurais quelqu'un à mes côtés toute ma vie. »

« Ça dû être terrible quand maman t'a quitté. »

« Oui, mais elle n'était pas heureuse avec moi, et je l'aimais trop pour la forcer à rester ici. »

« Je comprends... j'ai pensé la même chose quand Edward m'a quittée. Il m'a dit de continuer ma vie et qu'il ferait pareil. Je n'ai pas pu lui en vouloir car j'étais persuadée qu'il serait plus heureux sans moi. »

« Il a voulu te protéger, d'une façon stupide mais... l'intention était louable. Réfléchis-y Bells, il ne veut que prendre soin de toi, être avec toi et te rendre heureuse. Ça n'est pas comme si il voulait te forcer à faire quelque chose d'immoral ou d'illégal. »

« Je sais... je ne veux pas d'un grand mariage, je suppose que je pourrais faire comme toi. »

Charlie grogna puis hocha la tête.

« Fais ce qui te rend heureuse. »

« Merci papa. »

Elle se hâta de retourner dans sa chambre et se coucha. Sous le couvert de ses rêveries, elle pouvait se permettre d'imaginer une alliance à son doigt, Edward serait beau si il en portait une, se dit-elle. Puis elle pensa à ce qu'il se passerait après qu'elle ait décroché son diplôme. Edward voulait aller étudier à Dartmouth et il avait envoyé leurs deux dossiers. Elle s'était énervée et il s'était excusé. Deux jours plus tôt ils avaient tous les deux reçus leur acceptation. Elle soupçonnait Edward d'avoir du rajouter quelques milliers de dollars pour qu'elle puisse étudier dans une université aussi prestigieuse. Mais pouvait-elle vraiment en vouloir à Edward ? Si elle-même avait de l'argent et pas lui, elle se serait empressée de lui payer ses études, de lui offrir une voiture ou encore un piano... En se mettant une minute à la place d'Edward, sans mauvaise volonté et sans tabou, elle comprit comme elle avait été injuste et parfois cruelle avec lui.

Elle s'empressa de lui téléphoner mais il ne répondit pas. Avec tendresse, elle l'imagina endormi et finit par trouver le sommeil elle-même. Dans ses rêves, elle s'appelait Bella Cullen et en était fière.


Le sujet du jour: le mariage. Qu'en avez-vous pensé?