Voilà le chapitre 8. Vous me suivez encore? C'est fou xD J'ai juste l'impression d'avoir perdu toutes mes lectrices...excepté seve2904 et lullaby-dx. En tout cas merci pour les reviews!
Chapitre 8: A tort ou à raison
Début du quatrième jour.
Mon dernier jour, pense Alastar en regardant vers l'horizon. Il n'en peut plus. Sa blessure le fait trop souffrir, mais il ne dit rien pour ne pas inquiéter Avril. Pas de parachute, ça signifie qu'il n'a pas de soutien. Et sans soutien, il ne pourra pas aller plus loin. Alastar rejette la tête en arrière. Que signifie-t-elle réellement à ses yeux ? Pourquoi ressent-il quelque chose ? C'est absurde ! Il était venu en se jurant de ne pas faire d'état d'âme. Il avait choisi cette fille sur ses qualités de guérisseuse uniquement. L'imminence de sa mort. Il n'y avait que cela pour expliquer ce revirement. Cette minable excuse pour éviter de voir la vérité en face.
-Comment va ta blessure ? demande son alliée.
-Impec', répond-il.
Elle soupire.
-Je n'ai pas trouvé les bonnes plantes que je cherchais dans la forêt. Ta blessure a dû empirer, ne me mens pas. Je vais m'y remettre tout de suite.
-Non, perds pas ton temps à ça. Reste plutôt avec moi.
-Et qui nous nourrira ? On a bientôt épuisé la réserve.
Il ne dit rien un moment, puis approuve lentement de la tête.
-D'accord, mais fais vite, faut changer d'endroit pour ne pas se faire repérer.
Elle se lève et s'enfonce dans la forêt. Il fait vraiment froid. Partout, tout se ressemble. Ses connaissances en plantes médicinales ne l'aident pas beaucoup. Il y a plein de plantes bizarres dont elles ne pourraient mettre un nom dessus. D'une taille normale pour son âge, la nature l'avait gratifiée de beaux yeux verts, ses cheveux châtains clairs lui tombaient dans le dos. Elle était très habile des mains, alors elle pourrait bien apprendre à manier des armes, non ? Pourquoi n'y arrivait-elle donc pas ? Il devait manquer un petit quelque chose. Une étincelle ? A priori, se battre pour sauver sa vie n'était pas assez motivant pour elle. Elle devait trouver autre chose. Et vite. L'arène, ça ne dure pas une éternité tout de même ! Avril se baisse d'un coup derrière les arbustes. Des voix. Elle est fichue. Et sans armes, Alastar a perdu sa hache lors de l'affrontement avec le jumeau. Ça aurait au moins pu servir à intimider. Ils doivent être en train de chercher à manger, il doit être vers midi. Et là, elle les voit. Les carrières. Avril adresse une prière silencieuse au ciel. Elle ne sait pas trop à qui, n'ayant jamais été croyante, mais s'il y avait un quelconque bon dieu en haut qui la regardait, c'était maintenant qu'elle avait besoin d'un coup de pouce.
-J'arrive pas à croire qu'il nous ait lâchés…
-Je savais qu'il ne tiendrait. Ça se voyait dès le début.
-T'aurais pu le retenir Kaylin !
-Eh, je suis pas de taille face à lui. Que voulais-tu que je fasse ?
Ils passent à trois pas d'elle. Il suffit qu'ils se tournent dans sa direction, et elle est grillée. Heureusement, les cinq tueurs ont l'air absorbé dans la dispute. Ils marchent lentement. Avril souffle lorsqu'ils s'éloignent enfin. Mais son cœur rate un battement lorsqu'elle comprend vers où ils se dirigent. Vers l'endroit où elle a laissé son ami. Elle se lève en silence, et décide de contourner par un autre chemin pour revenir. Heureusement, Alastar est encore loin, elle a juste le temps de revenir et de filer ensemble. Vérifiant sa position par rapport à celle de ses adversaires, elle se met à courir. Le sol défile tellement vite, elle ne se croyait pas capable d'une telle vitesse de pointe.
Dès qu'il la voit arriver, il sait de suite qu'il y a quelque chose d'anormal qui s'est produit.
-Les carrières, ils vont arriver, dit-elle en le prenant sous le bras.
-A moins qu'ils ne dévient leur trajectoire, on est fichus.
-La peur fait pousser des ailes, dit-on. C'est le moment de prouver que cela n'est pas qu'une légende.
Ils s'enfuient en courant. Alastar ne peut s'empêcher de réprimer une grimace à chaque fois qu'il s'appuie sur sa jambe blessée. Au bout de cinq minutes, il n'y tient plus, il s'adosse à un tronc d'arbre, et se laisse descendre sur le sol.
-C'est bon, on a une bonne avance, juge Avril.
-Oui, mais on a abandonné nos affaires sur place. Ils savent qu'on est pas loin, rétorque le tribut.
-Il me reste ma gourde d'eau. Mais elle est vide.
-Un dernier baiser ? demande-t-il d'un ton innocent d'enfant qui voudrait voir son dernier caprice exaucé.
Elle se penche et ils s'embrassent. Alastar profite de chaque instant. Il sait qu'il ne tombera qu'une fois amoureux dans sa vie.
-Maintenant, tue-moi s'il te plaît. Je ne veux pas tomber aux mains des carrières. Je ne veux pas finir torturé comme le garçon de l'an dernier.
Il dit cela en sortant un canif ridicule qui ne mérite même pas le qualificatif d'arme.
-Si tu vises bien le cœur…
-Non, je ne peux pas, elle l'arrête. On va aller le plus loin possible ensemble.
Il n'insiste pas.
-Dans ce cas, va me chercher de l'eau à la rivière en contrebas je t'en prie. Je ne pourrai pas continuer sans, ma blessure me brûle, elle a absolument besoin d'être lavée.
Elle le regarde d'un air suspicieux.
-Vite, ils ne vont pas tarder !
-Ok, je reviens tout de suite.
Elle attrape la gourde et descend la pente. Il la regarde s'éloigner, et murmure :
-Tu ne m'auras pas donné la satisfaction de mourir entre tes mains. J'espère juste que tu ne m'oublieras pas trop vite.
Même pas une minute après, il entend des cris et des bruits de pas. Il se redresse et cache son canif dans son manche. Les carrières arrivent et l'encerclent.
-Laissez-le moi ! Laissez-le moi, hurle de plaisir une fille qui a l'air complètement folle.
-Alors dépêche-toi, on a la fille à rattraper. Elle ne doit pas être loin.
Une bataille s'engage. Azura n'hésite pas à se servir du point faible de son adversaire. La jambe qui le supporte menace de céder à chaque instant. Un malheureux coup le touche au bras. Il en profite pour retenir la tribut et planter son canif, mais ne touche pas un point vital. La carrière hurle de rage, énervée de s'être laissée avoir. Elle lui assène un violent coup à la blessure qui le fait plier de douleur.
-Et maintenant, le moment le plus amusant susurre-t-elle devant son ennemi sans défense.
Elle promène son arme sur le ventre d'Alastar. Et la rentre. Le flot de sang tombe sur ses genoux. Le goût amer lui rentre dans la bouche. Il a tellement mal. Il entend des rires.
ELLE entend des rires. Avril se fige, droite comme un i. Puis elle comprend que l'eau n'était qu'un prétexte pour l'éloigner. Elle ne peut pas bouger. La peur lui tenaille le ventre, la glace. De l'autre côté, Alastar lutte pour limiter la perte de sang, mais la tête lui tourne. Il n'en a plus pour longtemps. Il voit la fille sadique lever une nouvelle fois l'épée, s'apprêtant à frapper un autre point sensible.
-Arrête Azura. Il en a eu assez, achève-le.
-Ferme-la Phantom, je fais ce que je veux.
Elle abaisse la lame en direction de sa blessure au genou.
Alastar hurle de toutes ses forces :
-Cours Avril ! Fuis !
Une douleur aigüe lui traverse la poitrine.
Il lève la tête, étonné.
Phantom a planté sa lame avant Azura. Alastar a tout juste le temps de lui murmurer un merci avant que le coup de canon ne retentisse.
Elle l'entend aussi. Et cela lui permet de sortir de sa torpeur. Elle lâche la gourde et s'enfuit dans l'autre sens. Alastar, elle l'aimait. Pourquoi est-il mort? C'était injuste. Elle essuie les larmes.
-Je fais la promesse de te venger Alastar.
Maintenant, il lui faut se procurer une arme.
Katniss tient toujours la cuisse de rat dans ses doigts lorsque le coup retentit.
-Un de moins, annonce Alec.
Peeta tend le cou pour essayer d'attraper la cuisse qu'il était en train de manger, les mains liés dans le dos. Il touche par inadvertance les doigts de Katniss avec sa langue. Elle sursaute et fait la grimace :
-Une seconde, j'arrive. Tu es affamé on dirait.
Et elle rapproche la nourriture de la bouche du prisonnier. Ils s'étaient mis d'accord pour ne détacher Peeta sous aucun prétexte. Enfin…presque aucun. Mais autant limiter les risques. Katniss a remarqué la constitution impressionnante du garçon qui s'est déjà remis de ses blessures en grande partie. Les morsures ne sont plus que des traces cicatrisées. Prim aurait sans doute réussi à les faire disparaître.
-Le coup de canon était trop lointain.
-Donc on est loin de ces tueurs, complète Gale.
-Trop loin. C'est mauvais, dit le blond entre deux bouchées.
Les trois alliés se regardent. Est-ce un piège ? Non, il dit la vérité. S'ils ne se rapprochent pas, ils le seront de force.
-Mettons-y un peu du nôtre alors, dit Katniss.
-Quoi ? Mais il va en profiter pour s'enfuir, ou pire, nous tuer, rétorque le jumeau.
-Trois contre un, et sans armes, je doute qu'il aille loin. Peeta, si tu nous fais le coup, je te jure que je t'abats d'une flèche en plein cœur.
Peeta ne dit rien. Avec une infime précaution il le détache du tronc d'arbre, et le font avancer devant eux les mains toujours liées derrière le dos. Katniss jette son sac à dos sur l'épaule, et attrape son arc, Gale son épée, et Alec son pieu. Au bout d'une dizaine de minutes, ils s'aperçoivent que quelque chose bouge dans les hauteurs.
-Toi ! hurle Azura. T'es mort.
Elle lui saute dessus avec l'épée. Il riposte.
-Arrêtez, ordonne Edwidge mais personne ne l'écoute.
Kaylin se prend la tête entre les mains en reniflant. Tout va de travers. Pourquoi se battent-ils dès le quatrième jour ? Jamais elle ne survivra si le clan se brise aussi tôt. Alois, lui, esquisse un sourire.
-Pourquoi tu m'as pris ce plaisir ? C'est moi qui devais l'achever, dit-elle en faisant tournoyer son épée.
-Je n'aime pas la violence gratuite, dit-il tout simplement.
Les lames s'entrechoquent. Il réussit à la blesser pas loin de l'entaille qu'a faite le couteau suisse. Elle le corrige avec une sévère coupure au bras. Phantom n'a pas envie d'user ses forces contre elle. Surtout qu'elle a le soutien du groupe. Il le sait. Ils n'hésiteront pas à en profiter pour le mettre hors-jeu. D'un habile coup, il déstabilise son adversaire, et prend la poudre d'escampette.
-Rattrapez-le ! gesticule la tribut, à terre.
-Non ! dit Alois d'un ton ferme. J'ai un autre plan pour nous.
-Il a intérêt à être bon ton plan, grommelle Azura en se relevant. Enfin bon, au moins nous sommes quatre. Les quatre vrais carrières qui restent.
-Regardez, des geais moqueurs !
Katniss lève la tête et aperçoit les minces silhouettes qui se détachent de la végétation des arbres. Puis sans s'en rendre compte, elle siffle quelques notes. Immédiatement, les geais rendent la mélodie. Gale aperçoit d'autres geais qui se rassemblent le long du chemin, comme attirés par la douce mélopée. Katniss se rappelle son père, cela fait si longtemps qu'elle n'a pas fredonné le moindre air. L'idée de lui rendre hommage durant les jeux lui vient, et elle entame, la gorge serrée d'émotion, son air préféré. C'est de la folie pure, mais le besoin se fait ressentir avec une telle force qu'elle ne peut y résister : la chanson de la vallée. Gale lui jette un regard, la pensant folle. Comment ose-t-elle défier aussi ouvertement le capitol ? Mais il ne sert à rien de l'arrêter une fois lancée. Les geais se taisent, écoutant la mélodie. D'autres arrivent d'on ne sait où et se posent sur les branches, les faisant ployer au passage sous leur poids. Katniss est absorbée par la musique. Elle ne remarque ni Gale qui montre des signes de nervosité, ni Alec qui lui jette un regard de travers, ni Peeta qui s'est tendu à son paroxysme, les yeux ronds, ni même le nombre inquiétant de geais moqueurs qui s'agglutinent dans les arbres. Quand elle s'arrête pour reprendre son souffle, une voix douloureuse s'élève. Elle e tourne vers la source. Peeta est en train de la dévisager bizarrement, comme s'il la voyait pour la première fois. Il paraît aussi surpris que s'il avait vu un revenant.
-Kat…commence-t-il.
A ce moment, les oiseaux ouvrent la bouche. Mais au lieu de répercuter la douce musique, ils se mettent à piailler et à lancer des cris aigus. Soudain, ils s'envolent en chœur et s'élèvent dans les airs. Il n'en faut pas plus à Gale pour comprendre.
-Mutations ! hurle-t-il.
C'est la débandade. Katniss indique une direction, Gale pointe une autre. Les oiseaux descendent en flèche sur eux, et s'abattent sur les cibles. Katniss tire sur la corde pour ramener Peeta, mais il n'y a rien au bout. Il s'est enfui. Elle n'a pas le temps de réaliser qu'un oiseau lui attrape la natte de cheveux et se met à tirer de toutes ses forces. Elle hurle et se débat. Elle finit par réussir à s'en défaire et pique un sprint vers là où elle suppose être la direction de la rivière. Une forme à ses côtés. Elle reconnaît Alec. Il a de multiples traces de coups de bec sur les bras, mais sans gravité.
-Où est Gale ?
-De l'autre côté, réussit à articuler son compagnon.
-Et Peeta ?
Alec secoue la tête. Ils l'ont perdu de vue. Ils bifurquent encore plusieurs fois avant de juger que leur vie n'est plus en danger.
-Tu vois, Peeta devait avoir tout cela en tête depuis le début ! On s'est bien faits avoir.
-Non, je ne pense pas, souffle Katniss.
-Ah non ? Il savait pertinemment qu'il était poursuivi par les mutations. Il s'est juste défait d'eux en nous les mettant sur le dos !
-La ferme Alec. J'ai dit non !
Alec la dévisage. Jamais elle n'avait parlé avec autant de colère dans sa voix. Il ne peut s'empêcher d'ajouter en boudant :
-En attendant, nous voilà séparés.
-On va se retrouver, ne t'inquiètes pas.
Ils continuent leur route. Alec scrute de part et d'autre de la végétation.
-Prenons par-là, dit-il en pointant sa droite.
-D'accord.
Ils marchent silencieusement encore un bout de chemin.
-J'ai comme l'impression d'être observée, c'est horrible.
-Juste une impression, confirme Alec.
-Je crois que je deviens paranoïaque, hasarde Katniss.
-Va falloir tenir encore pas mal de jours. Essaie de ne pas tomber dans cet état trop vite.
Elle s'arrête de marcher et le considère. Il la regarde dans les yeux, soutenant son regard. Après une longue minute, elle lui dit enfin :
-Alec, nous sommes dans l'arène. Cela fait de nous techniquement des adversaires. Tu n'hésiteras pas à rompre notre alliance à la moindre occasion, et je t'avoue franchement que moi aussi je le ferai. Cependant…elle prend une petite inspiration. Il faut que je te dise un truc.
Il hausse un sourcil. Elle lui fait signe d'approcher, elle se penche à son oreille et lui murmure quelque chose. Au fur et à mesure des révélations, les yeux du tribut s'agrandissent d'étonnement. Quand elle a fini, il est tout pâle.
-Et tu es sûre et certaine de ce que tu avances ?
-Ils ne nous laisseront pas tomber, Alec, je te le promets.
-Donc…toi…moi…le glacier…
-Ensemble, dit-elle. Il reste une place pour toi.
Il lui attrape d'un coup la main et la tire en courant. Katniss a failli perdre son arc sous l'effet de surprise.
-Où va-t-on ? questionne la tribut.
-Loin, loin !
Les branches la fouettent, elle ne voit même pas où il l'entraîne. Elle manque de tomber à deux reprises. Ballottée comme un vulgaire sac, Katniss crie :
-Ralentis Alec, je vais me fouler la cheville.
A bout de souffle, il jette des coups d'œil au-dessus de son épaule.
-Oh Katniss, je suis tellement désolé, si seulement tu me l'avais dit plus tôt…
-Je ne savais pas si je pouvais te faire confiance !
-Faut sortir de la zone, on est trop près…
Des rires s'élèvent. Quatre silhouettes sortent des buissons et les encerclent. Sans aucun doute possible, Katniss comprend qu'ils sont tombés dans une embuscade.
-Attention Alec. Reste près de moi.
Le jumeau rit de plus belle.
-T'as vraiment réussi à lui faire gober ça ? Je ne la croyais pas si bête.
Les yeux gris de Katniss étincèlent :
-De quoi il parle ?
-Bien joué Alec. On la tient.
Katniss comprend. Trop tard. Elle arme. Alois donne un bon coup qui envoie valser son arc. Azura l'attrape et la force à se mettre à genoux. Elle se débat et tente de mordre. Kaylin lui envoie un coup dans le menton. Katniss recrache un peu de sang, et dévisage celui qu'elle prenait pour un ami à l'instant.
-Toi…Et dire que…
-Je…je…Alec sent son cœur s'emballer. Ça s'est passé trop vite pour lui.
-Personne ne m'arrêtera cette fois, sourit la carrière du Un.
Sauf qu'Alec choisit ce moment pour la pousser violement sur le côté. Alois paraît aussi surpris qu'elle, mais redresse la situation en voyant Katniss en profiter pour s'enfuir.
-Occupez-vous d'elle, c'est la priorité, vocifère le jumeau. Je m'occupe de mon frère.
Pas le temps de réfléchir, sous le coup de 'impulsion les trois filles poursuivent la fugitive. Parties, il se tourne vers son double :
-Pourquoi t'as fait ça ?
-Je…tu ne m'avais pas dit qu'il fallait se détacher au moment opportun ? A deux, on passera sur tout le monde. Tu n'as pas besoin d'eux davantage.
-C'est beaucoup trop tôt Alec ! s'emporte son frère. C'était pas dans le plan. Pourquoi as-tu pris la liberté de décider ?
-J'étais trop pressé de te voir, dit froidement Alec, bien qu'il n'y ait pas une once de vérité dedans.
Alois sourit.
-On arrivera à tous les tuer, je gagnerai, ne t'en fais pas, dit-il. Passons par la rivière, le temps qu'ils comprennent ma trahison, on sera loin.
-Très loin, tu ne t'imagineras même pas, a envie d'ajouter son frère, mais il se retient de le faire.
Ils se dirigent vers la rivière ne se repérant avec le glacier. Une fois arrivés, les deux garçons constatent que la rivière a dégelé.
-Le courant est très fort, il faudra être prudent, dit Alois en se penchant pour boire.
-Oui.
-Tu m'as l'air ailleurs Alec. Tout va bien ?
Il regarde son frère gravement. Quinze ans, déjà tueur de sang-froid. Cheveux blonds cendrés comme lui, yeux verts comme lui, même allure, et pourtant ils ont emprunté des voies si différentes.
-J'ai l'impression de t'avoir perdu, dit Alec songeur.
-Qu'est-ce que tu racontes ? S'étonne-t-il.
-J'aimerai qu'on reste ensemble à jamais.
-Tu sais bien que c'est impossible Alec. Sinon, j'aurai réalisé ton vœu, sois en sûr.
-J'espère que tu ne m'en voudras pas, dit Alec d'un air absent.
Il contemple la rivière qui gronde sous ses pieds.
-Alois, c'est dommage : je ne serai plus là pour voir la tête que mère tirera après avoir visionné la scène.
Alec pose son bras sur l'épaule de son frère, et approche sa tête de celle d'Alois. Celui-ci s'attend à ce que son frère lui dise quelque chose sur la stratégie à aborder pour es jours à venir, la mise en place des pièges pour se nourrir, la manière de se procurer des armes, ou encore les adversaires qu'il compte viser en premier lieu. Mais il ne dit de tout cela.
-Katniss, il faut que tu vives. Pour ce que tu m'as dit tout à l'heure. Il le faut.
Il reserre l'emprise sur son frère, coinçant la tête sous son bras, et pousse fort sur ses jambes. Un instant plus tard, les deux jumeaux se retrouvent dans l'eau glacée.
Alois ne comprend rien à ce qu'il se passe. Il inhale de l'eau, s'étouffe à moitié, essaie de sortir sa tête, se cogne contre un rocher. Puis l'incompréhension laisse rapidement place à la colère. Un poids l'empêche de rester à la surface. Son frère. Celui-ci ne cherche pas à respirer. Il reste au fond, l'entraînant immanquablement avec lui. Alois assène un coup, mais le corps s'accroche à lui et ne lâche pas. Le courant est trop fort, il n'arrive plus à lutter. L'eau lui emplit les poumons. La prise autour de lui se desserre soudain. Il croit entendre un coup de canon. Il n'a pas le temps de le confirmer car il se heurte la tête contre un rocher. Quelques minutes après, un hovercraft apparaît à l'aval de la rivière pour repêcher les deux corps noyés.
