Voilà le dernier chapitre de la Partie I: La Traque. Je l'ai écrit en plusieurs morceaux, j'espère qu'il n'est pas trop mauvais non plus. Merci à Coco07 et Leah12345 pour vos reviews!

Chapitre 10 : Meurtres en série

Herbie aiguise son couteau avec une pierre. Meryl et Tiago sont partis depuis un bout de temps, ils ne devraient pas tarder à rentrer. Il tire une drôle de tête lorsque la pierre se fissure, mais son attention se reporte aussitôt sur son amie. Ouf, elle est rentrée sans encombre. Herbie se lève pour aller à sa rencontre. Mais il remarque tout de suite quelque chose d'anormal. Elle est plutôt pâle, le visage refermé.

-Ça va ? S'inquiète-t-il.

-Au top, dit Meryl avec un petit rire forcé.

-Meryl, dit gravement son ami, s'il y a quelque chose qui ne va pas, tu peux me le dire tu sais. On est alliés.

-On peut être plus…dit-elle en se rapprochant.

Herbie prend rapidement une teinte rouge cramoisie.

-Eh Meryl, je crois que tu devrais te reposer.

-La ferme et embrasse-moi.

Elle a dit cela d'un ton autoritaire, presque effrayant.

-Et Tiago, tu as pensé à lui ?

-Bien sûr que j'y ai pensé, dit-elle presque en criant.

Elle a envie d'éclater en sanglots, mais cela ferait trop plaisir à Eero, alors elle s'avance brusquement et colle sa bouche contre la sienne. Il ne comprend rien à ce qu'il se passe, mais il est aux anges. Meryl, par contre se sent plutôt aux enfers. Un bruit sourd les interrompt. Ils se retournent comme un seul homme. C'est Tiago. Il a lâché le sac qu'il tenait et les considère avec la bouche ouverte.

-Tiago…je…je peux tout t'expliquer! bafouille son amie.

-Non, ce n'est pas la peine.

Il fait volte-face et s'enfuit.

-Herbie, viens il faut rester groupés ! On est en danger !

Elle se lance à sa poursuite sans attendre. Il voudrait les rejoindre, mais ses pieds refusent d'avancer. Il reste là, planté, essayant en vain de décrypter ce qui a bien pu lui passer par la tête pour faire une chose pareille. Il murmure sans s'en apercevoir :

-Elle ne m'aimait pas, alors pourquoi ?

Cette fois, il ne se retourne même pas lorsque l'ombre se profile derrière lui, la faux menaçante, levée bien haut au-dessus de sa tête.

-Tiago, arrête de courir et écoute moi !

Le coup de canon les arrête dans leurs mouvements. Ils frissonnent.

-Oh non…Herbie…

Tiago la regarde stupéfait.

-Non, ça ne peut pas…

Elle se retourne et le regarde gravement.

-Tout ça, c'est de ma faute. Va-t-en, il est à nos trousses maintenant.

-Mais enfin, tu vas m'expliquer ce qu'il se passe ?

-Eero a tué Herbie. Je suis désolée pour tout à l'heure.

-Faut qu'on parte alors !

-Pas après ce que j'ai fait. Je ne peux pas.

-Si tu le peux. Je suis sûr qu'Herbie aurait voulu qu'on s'en sorte.

Il fait un pas pour attraper sa main…et s'envole au-dessus du sol.

-Tiago !

Il se balance à présent à une corde par les pieds, la tête en bas, à une dizaine de mètres du sol.

-Qu'est-ce que…

-Tu as activé un piège, je vais…

Le colosse émerge des buissons en ricanant.

-Cours Meryl !

Non, elle ne veut pas s'enfuir une seconde fois. Cette fois, elle fera face. Elle ne se dérobera pas. Qu'importe le prix. Elle attrape son nunchaku et le ramène habilement vers elle. Elle respire lentement pendant que son adversaire la jauge de ses yeux si perturbants.

-Tu vas payer pour Herbie, dit-elle d'un ton étrangement calme.

Tiago se rappelle qu'un jour, une fille s'était énervée alors qu'il lui faisait des avances. Mais contrairement à toutes les autres, celle-ci était restée très calme. Un calme effrayant. Une personne qui contient sa colère est beaucoup plus dangereuse que celle qui l'expose, voilà ce qu'il avait retenu de cette rencontre.

Meryl laisse Eero attaquer le premier. La faux décrit un cercle mortel, rapide et précis, mais il est stoppé net par les chaînes de Meryl. Elle sait que s'il force, elle ne pourra pas retenir l'attaque, alors elle coince en un éclair la lame emmêlée dans les chaînes du nunchaku et fait un mouvement brusque du poignet pour tordre le bras d'Eero et l'obliger à lâcher son arme. Cependant, il se déplace à une vitesse impressionnante et se dégage plus vite qu'elle. Mais il laisse une ouverture. Elle bondit. Une ombre fugitive. Il recule mais le manche le frappe en plein front, ouvrant l'arcade sourcilière. Le sang dégouline sur son œil. Il l'essuie, à moitié aveuglé, et se prend un autre coup. Elle enchaîne une danse mortelle. Celle qu'elle avait montrée aux jurys lors de l'entraînement, et qui lui avait valu une note plutôt satisfaisante. La faux s'envole pour retomber plus loin. Il essaie d'attraper cette ombre, mais elle reste hors de sa portée, insaisissable, la harcelant comme le ferait un moustique qui vous empêchait de vous reposer la nuit. Car oui, elle était devenue une gêne. Tiago voit la scène à l'envers, il est obligé de se tourner et retourner sur lui jusqu'à s'en tordre le cou pour suivre le combat qui se déroule sous lui.

-Vas-y Meryl ! Tu peux le faire !

Elle prend de l'assurance. L'adversaire riposte par coups et tente de se rapprocher de sa faux, mais sans résultat. Elle parvient toujours à le maintenir assez éloigné. Elle sait pourtant que même sans la faux, il a l'avantage. Eero est passé par les mains du capitol. Ce n'est plus un humain.

-J'ai pris un vrai plaisir à lui rentrer ma faux dans son cœur. Ton ami…jusqu'à sa mort il n'aura pas compris que tu te moquais de lui depuis le début.

Meryl ne dit rien. Il essaie de la déconcentrer.

-Je l'ai fauché plusieurs fois, car la première je n'ai pas atteint les organes vitaux. Quel dommage. Il n'a même pas supplié.

Le nunchaku est l'extension de ton bras, se répète Meryl pour éviter d'entendre ces horreurs.

-Et tu sais pourquoi ? Il ne voulait sans doute plus vivre. Il a accepté la mort. Toi tu ne l'as pas voulu. C'est de ta faute s'il est mort.

-L'écoute pas !

-Tu as tué ton propre ami ! dit-il en détachant bien chaque mot pour qu'il puisse frapper Meryl.

Elle ramène son nunchaku vers elle et hésite un instant. Juste un millième de seconde, mais Eero en profite pour lui donner un coup de pied dans le ventre. Elle se rétracte. Un filet de salive coule le long de son menton. Le coup a été assez puissant pour déclencher une réaction de son corps. Elle vomit, mais n'ayant pas mangé depuis une journée, seul de la bile sort.

-Meryl !

Une violente douleur en pleine poitrine. Les larmes coulent immédiatement le long de ses joues. Elle se met à vomir du sang, et s'écroule à terre, toute tremblotante. A côté d'elle se tient une silhouette qui titube un peu.

-Je n'ai pas touché un organe vital. D'habitude je finis mes victimes. Mais là, c'est plus drôle si tu agonises devant ton chéri.

Il lève la tête.

-Eh toi là-haut ! Profite bien du spectacle, car il ne lui reste tout au plus e quelques heures pour vivre. Et même le plus efficace des médicaments n'y fera rien. Tu es tombé dans un des pièges confectionnés par Peeta. La plupart du temps, il pose un double piège pour éviter à d'autres de lui prendre ses prises. Je n'ai ni l'envie ni le courage de chercher comment te faire descendre de ton sommet. Si tu le fais tout seul, c'est une chute mortelle qui t'attend. Sinon, le sang qui monte petit à petit à ta tête te tuera bien avant la fatigue. C'est un supplice, alors je te conseille d'opter pour la première solution.

Il ne dit rien de plus, et s'éloigne en traînant sa faux derrière lui, abandonnant les deux adolescents à leur triste sort. Elle est allongée sur le dos. Quelques gouttes tombent sur son visage. Tiens, il pleut, se dit-elle, avant de s'apercevoir que les gouttes son salées, et qu'elles proviennent du garçon qui se balance au-dessus d'elle.

-Meryl, attends-moi, je vais essayer de redescendre.

Elle ne trouve pas la force de lui répondre, alors elle se contente de le regarder. Il cherche comment couper la corde, mais il a laissé son épée au campement.

Et puis, voyons les choses en face, Eero a raison. Même s'il parvient à descendre, c'est la mort assurée. Il aperçoit un arbre pas trop loin de lui, et se met à se balancer pour tenter de l'atteindre. Sans succès.

-Je crois que je vais passer la nuit là-haut, plaisante-t-il.

Aucune réponse.

-Meryl ?

Seul un coup de canon lugubre lui répond. Il reste ainsi, immobile de longues minutes, refusant de voir la vérité en face : son amie est partie. Mais son cadavre est encore là, à le hanter. Et tant qu'il sera pendu là, l'hovercraft ne viendra pas l'enlever. Sous l'épuisement, le garçon finit par s'endormir. Dans son rêve, il voit Meryl et Herbie. Rejoins-nous, disent-ils en chœur. Viens Tiago, qu'est-ce que tu attends ?


Début du sixième jour.

Tiago se réveille avec une odeur désagréable et un mal de tête affreux. Le sang a reflué et lui brouille l'esprit. Il essaie de comprendre ce qu'il s'est passé, et réalise d'où vient l'odeur de décomposition. Saisi d'un haut-le-cœur, il manque de s'évanouir. Si je reste là, c'en est fini pour moi, pense-t-il. Il n'a rien mangé depuis un jour. Et il a soif, très soif. Dans un ultime effort, il se balance d'avant en arrière, comme une feuille morte accrochée au bord d'une branche. Je ne vais pas y arriver. Il lui manque quelques centimètres. C'est trop dur pour moi. Il sent soudain la corde crisser. Elle va lâcher ! Tiago se projette en avant de toutes ses forces, attrape la branche. C'est à ce moment que la corde cède. Plus rien ne le retient excepté ses bras. Sauf qu'il est trop affaibli. Ses bras ne supportent pas le poids soudain de son corps, et il lâche.

La chute est vertigineuse, mais il est ralenti par le feuillage. Il se heurte plusieurs fois aux branches avant d'atterrir sur le sol, le corps endolori. Dix minutes passent avant qu'il ne retrouve la force de se lever à demi. Meryl est là, étendue à ses côtés. Il la contemple d'un air triste, passe sa main dans ses cheveux et lui murmure un au revoir. Il est temps pour elle de trouver le repos. Il se lève en s'appuyant sur ses genoux, et entame la descente vers la rivière sans se retourner. Quelques minutes après, une ombre silencieuse plane dans le ciel et vient récupérer la défunte.

-Haha. Haha ! Tu pensais m'avoir Peeta, mais regarde je suis encore en vie ! rit l'adolescente à moitié ivre de rage. Vous pensiez tous m'avoir, mais je suis là. Azura ne mourra pas. Elle doit gagner. Elle va gagner.

La fille se tient son bras manchot, celui qu'elle a perdu lors du combat.

-Tous inutiles. Je ne peux compter que sur moi, marmonne-t-elle.

Elles étaient trois pourtant.

-Je n'ai pas fui, détrompez-vous ! Je vais revenir Peeta. Patiente un peu. Encore un peu.

Ça a tourné court. Il s'est débarrassé rapidement de Kaylin. Puis il a mis hors-jeu Edwidge avant même qu'elle ait pu cligner des yeux. La peste était encore à terre, à moitié shootée par la drogue. Azura a saisi le manche de son arme et l'a assené sur elle. Et il s'est interposé.

-Idiot, crache-t-elle de colère.

Elle a touché son épaule. Mais sa lame n'a pas eu le temps de bien pénétrer l'os. Au lieu d'essayer de la retirer, il est passé à l'offensive. Et vlam, son bras a sévèrement morflé. Elle en pleure encore. Ce que ça peut faire mal ! Au district, jamais elle n'avait subi une humiliation si grande. Azura rejette ses longs cheveux noirs en arrière et lisse les deux mèches de devant. Elle fait toujours ça lorsqu'elle a besoin de se calmer. Au détour d'un arbre, quelque chose lui saute dessus sans crier gare et elle se retrouve sur le dos. La position la plus vulnérable pense instantanément la carrière. Elle tente de retourner la chose mais le genou sur son abdomen la tient fermement hors d'atteinte. Mutation se dit-elle. L'animal lui donne des coups de griffes sur le visage. Elle ferme les yeux sans cesser de se débattre.

-C'est ça, hurle. Je veux t'entendre hurler jusqu'à l'agonie.

Azura ouvre en un éclair ses yeux. Ce n'est pas une mutation, mais bien une tribut. Quelle horreur. Elle est crasseuse, aux longs doigts osseux qui enserrent sa gorge, les cheveux châtains en bataille comme la crinière d'un lion. Mais surtout, ses yeux sont fous de rage. Azura parvient tant bien que mal à se défaire de la furie à l'aide de son unique bras.

-T'es qui toi ? vocifère la carrière.

-Tu te rappelles de ça ?

La fille montre un canif dans main. Azura ne peut s'empêcher de pouffer :

-Tu comptes vraiment me tuer avec cette…cette chose ? S'esclaffe-t-elle.

-Il m'a dit que c'est possible, si on vise bien le cœur.

-Qui ça ?

Mais la sauvage ne répond pas, elle fonce sur Azura qui prend peur. La fille la plaque rudement et bloque son unique bras.

-Non ! couine Azura.

La fille plante son canif aux alentours du cœur. La carrière crie.

-Oups, raté, minaude la fille.

Elle retire son arme et la plante autre part. Nouveau hurlement.

-Il se pourrait que je ne sois pas très douée.

-Mais t'es qui à la fin ! Qu'est-ce que tu me veux ?! gémit Azura, les yeux larmoyants.

Pour toute réponse, la fille se met à tracer des lettres sur la peau blanche de la tribut, en chuchotant doucement :

-A-V-R-I-L… A-I-M-E…

Azura grimace en gigotant.

-Zut, avec tout ce sang, on ne voit plus son prénom, râle-t-elle. Tu te souviens d'Alastar ? Il était mon allié. Il était…

Avril regarde la fille avec compassion.

-Oh, mais tu ne peux pas comprendre toi. Laissons la mort faire son œuvre. Qu'en dis-tu ?

Mais elle ne lui laisse pas répondre, et l'achève sans la moindre émotion.

-Oh le joli coup de canon, dit-elle en l'entendant. Elle se relève avec satisfaction.

-Il faut que j'aille nettoyer mon canif. Tu m'accompagnes Alastar ? dit-elle à haute voix.

Elle rit comme une enfant, et descend le long de la rivière en chantonnant.

Et elle s'arrête. Devant elle, un garçon se traîne péniblement vers la rivière. Il se penche tout tremblant et avale des gorgées d'eau.

-Salut, lance Avril joyeusement en partant à sa rencontre.

Le garçon se fige. Il ne sait pas quoi faire, mais une chose est sûre. Il ne pourra pas s'enfuir.

-Salut, réplique-t-il, attendant la suite des évènements.

-Qu'est-ce que tu fais ?

Je suis à moitié mort, je traîne mon corps comme s'il ne faisait plus partie intégrante de moi. Je viens de voir mourir sous mes yeux celle qui comptait le plus pour moi, et là, je suis en train de discuter avec une tarée aux habits délabrés et qui donne l'impression d'avoir vécu dans une jungle pendant deux ans à la Tarzan, est-il tenté de répondre. Mais vu la tournure des choses, il s'abstient :

-Rien de spécial, dit Tiago avec son plus beau sourire.

-Tu m'as l'air sympa. Alastar, tu penses qu'il peut être notre ami?

Tiago jette soudain un coup d'œil inquiet autour d'eux, mais il ne voit nulle part ce dénommé Alastar.

-Quoi ? continue Avril dialoguant toute seule. Mais non, il ne prendra pas ta place. Tu sais bien que je t'aime chéri.

Tiago remarque alors le canif ensanglanté qu'elle tient, et se remémore le coup de canon qu'il a entendu il y a peu. Il faudrait être idiot pour ne pas relier les deux évènements ensemble.

-Oui, s'empresse de dire Tiago. Jamais je ne te la prendrai Alastar, tu peux en être sûr. De plus, j'ai déjà une amie.

-Oh c'est vrai ? S'emballe la fille. Où est-elle ?

-Euh, là-bas, pas loin. Je l'ai laissé en arrière.

Il ne peut pas lui dire qu'elle est morte. Cette fille n'a même pas conscience d'être aux hunger games. Elle délire. Mec, si tu veux t'en sortir, il va falloir jouer son jeu, pense le garçon à la peau basanée. Il s'ensuit un silence pendant lequel Avril garde les sourcils froncés, comme si elle écoutait avec attention quelqu'un. Elle hoche de la tête dubitativement.

-Quoi ? Demande Tiago. Qu'est-ce qu'il dit ?

-Il dit que tu mens. Et qu'il vaut mieux te tuer. Il ne te fait pas confiance. Tu pourrais me vouloir du mal.

C'en est trop pour Tiago. Il craque.

-Je suis pas dangereux ! Je suis au bord de la famine, mon cœur est brisé, pourquoi je me soucierai d'une imbécile qui délire sur son petit ami qui est mort ?!

Avril ouvre de grands yeux.

-Tu as vu comment tu as vexé Alastar ?

-Alastar est mort ! Mort, tu comprends ? Je l'ai vu dans le ciel, y a deux jours. Sa photo ! C'est bien le tribut du district 7 non ?

Avril éclate en sanglots.

-Menteur. Tu ne dis que des sottises.

Bon sang, se dit-il. Mais elle est bouchée cette fille. Ça ne sert à rien de discuter plus longtemps avec elle. Le garçon se relève, mais retombe aussitôt. Il a les jambes trop faibles pour supporter son poids. A présent, la fille est en train de hurler comme une alarme. Manquait plus que ça. Où est le bouton off ? Quelqu'un pourrait-il faire quelque chose ? Au secours.

Elle fait un pas vers lui soudainement. Oh, ça s'annonce mal.

-Crève sale môme.

Tiago se glace. Sa personnalité a complètement changé. Tiago rampe rapidement vers un arbre. Depuis qu'il a passé une nuit perché, il se sent bien là-haut. Le tout est de réussir à y monter avant que la cinglée ne l'attrape.

-Regarde ! crie Tiago en pointant une direction. Alastar s'enfuit !

Elle se retourne brusquement avant de comprendre que c'est faux.

-tu fais toujours des plaisanteries d'aussi mauvais goûts. Alastar est là, à côté de moi.

Elle le rejoint en quelques bonds.

Je suis fichu.

Elle lève haut son canif.

Ne ferme pas les yeux. Affronte la mort en face.

Elle l'abaisse.

Fin.

A la grande surprise de Tiago, Avril le regarde étrangement, toute pâle. Du sang coule de son menton. Elle porte la main à sa bouche et regarde perplexe le liquide rouge, avant de s'écrouler, face contre terre. A présent qu'elle est au sol, il peut voir qu'un carrière se tient là, devant lui. Il a encore la main tendue alors que le couteau est fiché dans le cœur de la fille. Tiago ravale sa salive.

-Celui-là, il est pour toi, dit-il en sortant une seconde lame.

L'adolescent de quatorze ans se plaque derrière l'arbre pour se tenir hors de portée et se met à l'escalader du plus vite qu'il le peut. L'écorce rêche frotte sur ses doigts à les rougir, ses ongles saignent, sa peau est écorchée vif au niveau de ses jambes. Il lève la main pour atteindre un autre prise, mais elle est traversée par un couteau. Une autre lame finit sa course dans son dos, et il tombe.

-C'est fini pour toi, dit le garçon sans expression.

-Pour toi aussi Wolfram, dit une voix dans son dos.

l'interpellé se retourne.

-On a entendu du bruit, alors on est venu, déclare joyeusement le tribut.

-Phantom...et?

-Gale, complète l'autre type. Ravi que tu aie retenu mon nom.

-Deux contre un, ce n'est pas vraiment équitable, fait remarquer Wolfram.

-Bah, qu'importe si on s'en tire vivant. Gale fait la moue.

-Non, il a raison, déclare brusquement Phantom. J'ai des principes moraux, moi. Ce sera du un contre un.

-Il nous provoque, c'est tout. Si nous y allons à deux, c'est gagné.

-Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? rétorque-t-il, avant de se jeter sur Wolfram.

-Phantom!

Il est fou, pense Gale. Il n'a même pas pris d'arme. Wolfram esquisse un sourire. Combien de fois s'était-il sauvé ainsi durant les combats dans l'arène, rien qu'en provoquant l'égo de son adversaire! En un éclair, le tribut du district trois sort l'arme qu'il a gardé en réserve dans le sac. Mais Phantom se téléporte derrière lui et lui tord le bras. Par des gestes calculés à la perfection près, nets et précis, il lui attrape le cou et brise sa nuque. Puis il ramasse l'arme et la lance dans les fourrés. Celle-ci part comme une flèche et disparaît dans la végétation.

Deux coups de canon suivent l'échange. Gale est sidéré. Ce n'est qu'en regardant vers les fourrés qu'il comprend la raison de son dernier acte: Tiago tentait de fuir en rampant. Par réflexe de survie, il fait un léger pas en arrière.

-Tu vois, on a bien fait de venir, sourit Phantom.

-Toi...Tu as beau avoir été amené dans ce jeu contre ton gré, tu n'es pas innocent.

-Qu'est-ce que tu entends par là?

-Ne fais pas mine de ne pas comprendre. Je n'ai vu cette technique aussi précise qu'une fois dans ma vie. C'était durant l'entraînement. Et c'était Azura qui l'avait pratiqué.

Phantom ne dit rien. Il est pensif. Un parachute vient interrompre ses pensées. Gale le rattrape, et son visage s'illumine. Cette fois, c'est le bon! Haymitch, tu n'es pas si inutile que ça tout compte fait!

-Ok, laisse tomber, on bouge, déclare Gale. Chacun a ses secrets. Je comprends si tu ne veux pas me les dire.

-Où va-t-on? Demande Phantom.

-Direction, le glacier.

Fin Partie I: La Traque.