Un petit chapitre pour marquer la reprise =) J'espère que vos vacances se passent bien!
Chapitre 14 : Les infiltrés
-Ne faites pas ça !
Katniss essaie de m'atteindre, mais Gale la repousse. Ils finissent de m'accrocher quelque chose autour de la taille.
-C'est juste le plan de secours si tout foire Katniss, alors calme-toi.
-Mais ça ne marchera jamais, proteste-t-elle.
-Tu n'as pas confiance en moi ? Demande le gars qui sent fort, Haymitch il me semble.
-Pas en tes pattounes qui ne savent qu'attraper les bouteilles de vodka. Sérieusement Haymitch, combien de fois as-tu préparé des bombes artisanales ?
-Ecoute poupée, toi et moi, on est prêts à sacrifier nos vies si c'est pour faire tomber la tête de Snow et mettre un terme à cette dictature, vrai? Bah Peeta aussi, il a bien le droit de jouir de ce privilège non ? Et puis il est proche de Snow, il se méfiera moins.
Je fronce les sourcils. Depuis quand je connais le président Snow moi ?
-Peeta, qu'est-ce que tu en dis ? Dit-elle, me demandant mon avis.
-Tu veux faire tomber Snow ? Dis-je d'un ton étonné. Je croyais que c'était ton ami.
-Oui, enfin non. Ce n'est plus mon ami.
-Il n'est pas bon d'avoir Snow en ennemi, je secoue la tête pour montrer ma désapprobation. Mais si tu veux le descendre, je le ferai pour toi.
-Même si ça inclut te tuer ? Hoquète Katniss.
-Même si ça inclut me tuer, je répète d'un ton détaché.
Elle me prend la main.
-Hors de question. On fera tout pour ne pas arriver à cette solution. Je te le promets Peeta.
-Pourquoi tu le protèges autant Catnip' ?
Visiblement, Gale n'a pas l'air très réjoui. Moi je souris.
-Je l'aide à se mettre sur le droit chemin.
-Tu le vois juste comme un égaré qui essaie de racheter son pardon ?
-Oui, lâche-t-elle.
Le sourire sur mon visage s'efface pour apparaître sur celui de Gale. Je me referme dans l'amertume. J'ai été bête de penser que je représentais quelque chose pour elle.
J'ai emmené toute l'équipe au capitol. Heureusement, Snow n'a pas augmenté l'effectif des troupes. Il est trop hautain pour avouer se sentir en danger face à une bande de rebelles. Ils nous ont réservé un chaleureux accueil à notre arrivée. Très chaleureux. Et que je te balance des explosifs par ci, des rafales par-là, et un bon coup au chalumeau ne fait pas de mal non plus. On a lancé quelques grenades pour les calmer, et le sol s'est peint en rouge. C'était génial ! J'espère qu'ils comptent organiser d'autres festivités. J'ai réussi à faire pénétrer une poignée des résistants à l'intérieur de l'enceinte. Malheureusement, je n'ai pas réussi à semer Gale. Il nous colle au train.
-Gale, tu ne veux pas aller voir là-bas si j'y suis ?
Il regarde la direction que je pointe, et je lève les yeux au ciel. Il n'a pas compris que je me moquais de lui. Apparemment, l'humour d'un gosse de douze ans ne parvient pas à son cerveau. Je réussis quand même à extirper un sourire de Katniss, et je suis aux anges. Elle est vraiment belle quand elle sourit. Et ce sourire malicieux et complice me rend toute chose. Je voudrais…
-Peeta, je pense que la voie est libre.
Ah oui, je suis censé guider les troupes. Je me lève et court à travers le dédale. On est au niveau -1. Dans les salles qui bordent le couloir, on peut apercevoir de drôles de matériaux : lames métalliques, sangles en cuir, armes en acier de fonte…ça me rappelle vaguement quelque chose, mais je pense que c'est juste parce que je connais le plan du capitol. On n'est plus très loin. Personne ne pense à emprunter ce chemin parce que Snow se trouve dans la coupole, au sommet, et nous sommes au sous-sol, mais il suffit de prendre l'escalier qui sert à vérifier les conduites, et on y est. Maintenant il faut tourner à droite et…un reflet métallique attire mon attention dans le coin.
-Peeta, pourquoi tu t'arrêtes maintenant ?
Je déglutis. On est pris…je les ai emmenés directement dans la gueule du loup. Snow a dû…comment faire ?
-Par-là, dis-je sèchement.
On prend tous à gauche. Il faut que je les sorte de là. Après plusieurs minutes, Katniss s'approche de moi.
-C'est moi ou on est déjà passés par là Peeta ? Glisse-t-elle.
-Non non, dis-je d'un ton impérieux, passez devant, on y est presque.
Lorsqu'Haymitch me dépasse d'un air méfiant et que tout le monde est passé devant moi, je descends le levier. Le barbu se précipite sur moi, mais il est trop tard, une vitre de cinq centimètres d'épaisseur nous sépare. Il me lance un regard meurtrier. Les autres ont l'air aussi perturbé. Katniss a viré au cramoisi:
-Peeta, qu'est-ce que cela signifie?
-Vous êtes vraiment trop naïf, dis-je avec un sourire moqueur. Je n'ai jamais eu l'intention de vous y mener. Les gardes ne vont pas tarder à venir vous chercher. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser.
Je fais une petite courbette et je fais demi-tour pendant que Gale fait pleuvoir des insultes. S'ils continuent, ils devraient rapidement tomber sur la sortie. J'espère qu'ils ne sont pas assez bêtes pour mourir avant. J'arrive au croisement et cette fois-ci je prends à droite. Les tuyaux crachent de la vapeur, et les conduits sont étroits. Je monte l'escalier et mes chaussures claquent sur les marches métalliques. Mon T-shirt me colle à la peau. J'atteins enfin la porte. Je souffle un coup et je pense à Katniss pour me donner du courage, puis j'ouvre la porte. Je prends le petit couloir et débouche sur la grande salle en dessous de la coupole. Le président Snow est là, comme s'il attendait de me recevoir.
-Peeta, tu m'as impressionné!
Je repense à Haymitch qui a dit que j'étais proche de Snow. Je n'en ai aucun souvenir, mais il va falloir que je joue le jeu.
-Merci, dis-je simplement mais le ton est froid.
-J'ai bien failli te tuer avec les autres en envoyant un gaz inodore, mais tu les as piégés de main de maître. Tu les manipulais dès le début. Finalement, tu m'es resté fidèle jusqu'au bout.
Fidèle? J'ai été de mèche avec ce type? Quelle horreur. J'acquiesce cependant devant l'œil inquisiteur du président, et imperceptiblement, je me rapproche de lui.
-Ecoute, j'espère que tu ne m'en veux pas pour l'arène. C'était juste un test avec Eero.
L'arène? De quoi il parle? Des Hunger Games? Qu'est-ce que j'ai avoir dedans? Je suis à peine éligible cette année.
-Non, oublions ça.
-Bien dit, dit-il un sourire carnassier affiché.
Je sors discrètement le détonateur et prend une inspiration. Bientôt, le président Snow ne sera plus, et moi non plus. Il faut juste que je trouve la force d'appuyer sur le bouton. Allez, c'est juste une pression et tout disparaît. C'est pour Katniss. C'est pour elle que je le fais.
-Ils ne doivent plus en avoir pour longtemps maintenant.
Je suis déboussolé. J'étais sûr de les avoir laissés près de la sortie, hors de portée des pièges du capitol. Il allume une télé, et là je les vois. Ils sont dans une salle sans échappatoire et se battent contre des mutations. Certains des rebelles sont au sol et ne bougent plus. Je n'ai pas le temps de chercher Katniss des yeux que je lève haut mon détonateur et je crie:
-Stoppez ça de suite ou...
Je ne continue pas car on me tord le bras en arrière et je lâche sous la pression. Un homme baraqué est apparu derrière moi sans que je ne m'en aperçoive et m'immobilise d'une force phénoménale et écrase le détonateur sur le sol. L'homme, ou plutôt le colonel à en juger par son uniforme me force à mettre genou à terre et me bloque le dos. J'entends mes os craquer et je laisse échapper un cri de douleur.
-Wyrd, ce n'était pas la peine.
-Mais Monsieur le Président, il vous menaçait...
Snow s'approche de moi et me souffle son haleine fétide:
-Tu croyais réellement que je ne voyais pas clair dans ton jeu? Ces 74 ème Jeux t'ont changé. Pourquoi as-tu fait alliance avec Jill?
Je ne réponds pas. Je n'étais même pas au courant.
-Et pourquoi tu n'as pas tué Gale lors de l'attaque des geais moqueurs? Il était à terre et sans défense. Tu l'as regardé puis tu t'es enfui. Quel est ce comportement? Pourquoi?
Je ne dis rien, et me reçois une claque. Comme je m'entête dans mon silence, une autre claque s'ensuit. Puis une autre. Et bientôt les claques se transforment en véritables coups qui pleuvent. Je ne me protège pas, je subis. Si j'essaie de protester, ce sera pire. Je ne sais pas pourquoi, mais je le sens. Comme si c'était arrivé avant. Je ne fais rien et je reste comme figé. Heureusement qu'il n'a pas de fouet. Cette pensée m'a traversé l'esprit sans que je comprenne comment mon imagination a bien pu me souffler l'idée du fouet. C'est...c'est du déjà vécu.
-Arrête Crowe. Il a eu son compte. Et puis, comme je le disais au regretté Templesmith, c'est toujours la faute au concepteur...enfin dans ce cas précis, à l'éducateur.
Wyrd Crowe est devenu tout pâle car il desserre la prise, mais j'ai trop mal pour tenter de m'enfuir.
-Monsieur, cela n'arrivera plus. Je...Je...
Je n'ose pas lever les yeux et me contente de fixer mes genoux, mais le coup de canon suffit à me faire comprendre que Wyrd a été supprimé. Un liquide rouge se répand autour de moi. Je le regarde s'étaler d'un air maussade, car j'ai l'impression d'avoir vécu cela des centaines de fois. Cela ne m'affecte pas. En revanche, ce qui m'affecte et me gêne plutôt, c'est que Snow pointe son arme sur moi. Au tour de la machine je suppose.
-Je regrette Peeta, mais tu as fais ton temps.
-Je regrette Président Snow, mais il va falloir que vous lâchiez votre arme.
Il me lance un regard étonné, mais n'a pas le temps de comprendre que Katniss le désarme et récupère le revolver.
-Maintenant Président, vous allez déposer votre lettre de démission, et tout se passera bien gentiment, déclare-t-elle.
-Oh non je ne crois pas. Empreintes digitales uniquement, ce revolver ne te servira à rien.
Katniss essaie de tirer en l'air, sans succès. De rage, elle jette les cartouches d'un côté et l'arme de l'autre.
-Ce n'est pas grave, nous sommes deux et vous êtes seul.
-Je suis vieux et vous êtes jeune, complète Snow d'un air hilare.
On s'approche chacun d'un côté.
-Arrêtez le massacre en bas, ordonne Katniss.
-Je ne crois pas que vous soyez en position de discuter, Mademoiselle Everdeen.
-Mais...dit-elle un peu déstabilisée, vous avez dit vous même...
-C'est vrai, Katniss a raison, je coupe.
-Qui a dit que vous étiez deux contre moi?
Je n'ai pas le temps de comprendre la portée de la phrase qu'il enclenche un levier et une horrible sonnerie retentit. Une sonnerie stridente.
L'instant d'après, j'enserre la gorge de mon adversaire et je projette sa tête au sol d'un geste sûr et précis, comme je l'ai si souvent fait. Quelqu'un hurle mon nom mais mon esprit est impénétrable. J'attrape la natte de mon ennemie et j'écrase sa tête de nouveau. La voix qui crie¨Peeta a cessé. Une odeur enivrante de rose me parvient au nez et une voix calme et posée s'élève:
-ça suffit. Je veux l'avoir vivante. J'ai d'autres projets pour les survivants.
Je me retire immédiatement, obéissant instinctivement à cette voix. La voix m'ordonne d'emmener la victime dans la cellule, et je m'exécute. J'attrape la fille à terre dans mes bras et je descends les escaliers.
-Peeta.
Je n'ai aucune réaction. Je reste assis sur le rebord de la cellule à surveiller la prisonnière. Même si je le voulais, je n'y arriverais pas. Mon nom ne m'appartient plus. Je ne suis plus moi. Je ne suis plus rien.
-Peeta, dit une voix pressante.
Une main s'agrippe à mon T-shirt à travers les barreaux, mais je l'ignore. Je reste là, dans mon état second. Elle reste là à me dévisager en silence.
-Je vois, tu n'as pas envie de discuter, alors je vais faire la causette pour nous deux. Je sais que ce n'est pas ta faute pour tout à l'heure. Et même si tu n'y es pas allé de main morte, saches que je ne t'en veux pas Peeta. Moi aussi, j'ai vu la caméra. C'est pour a que tu nous as conduits à la sortie...
Elle soupire et cherche ses mots.
-T'aurais pas dû essayer de la jouer solo. Tu pensais vraiment...qu'en te sacrifiant ça allait arranger les choses?
il y a comme de la tristesse et de l'amertume dans sa voix.
-Oui.
Ça y est, elle a réussi à me faire parler. Je décide de ne pas continuer la conversation, quoi qu'elle dise.
-Peut-être. Mais pas pour moi. Si tu venais à disparaître...
Je n'entends rien, alors je me décide à me retourner et je la vois au bord des larmes, cela me cause un choc. Elle se détourne vite et je ne sais pas quoi dire. De toute façon, je ne suis pas censé répondre.
-Bon, je vois que l'excuse "je fais attention à toi, mais c'est pas parce que je tiens à toi" ne marche plus. La vérité Peeta, c'est que lorsqu'on était dans l'arène, je n'ai pas arrêté de penser à toi. Qu'est-ce que tu faisais? Avais-tu déjà tué aujourd'hui? Comment réagirais-je si je tombais sur toi? Est-ce que tu te souvenais de ta vie d'avant? Mais tu as dû avoir un passé si tortueux qu'il n'a pas été difficile de l'effacer, n'est-ce pas? Moi je fais partie de ton passé, pas de ton avenir...
Quelques minutes passent avant que je ne décide de rompre le silence:iss est là à m'observer
-Pourquoi moi? soufflai-je.
Elle ne me répond pas et je n'insiste pas. Un garde entre à ce moment.
-C'est l"heure de la nourrir, crache-t-il.
Je me lève et me dirige vers le garde-manger. Y a pas grand-chose dedans. Je fouille les tiroirs et tombe finalement sur ce qui me semble être comestible. Je retourne à la cellule et réalise qu'il n'y a pas de fente pour passer la nourriture. Katniss est là à m'observer. Je fais la première chose qui me passe par l'esprit, je prends le pain et je le lui lance à travers les barreaux. Elle les dévisage avec surprise, puis me regarde. Elle dit d'une voix rauque et douloureuse:
-Parce que tu es le garçon des pains.
j'écarquille les yeux.
Maintenant je me souviens.
FIN PARTIE II: L'errance
