Manque de temps et manque de conviction un peu aussi. Je n'ai jamais mené de fic aussi longue alors j'ai eu un petit moment de creux, et d'ailleurs ça risque de continuer, j'ai une année assez chargée :/ Quoi qu'il en soit, merci Camelia, ça m'a fait très plaisir de savoir que c'était une de tes fics préférées :D
Alors Bonne Lecture! J'espère que ce chapitre n'est pas trop mal.
Chapitre 19 : Le petit Hadley
Ethan
Je cours comme un fou. Je n'aurais jamais dû suivre Katniss discrètement. Comment ai-je pu penser que j'échapperai à l'œil expert de Peeta ? Pourtant, je croyais…je croyais possible qu'ils m'acceptent. Pendant que je les suivais, Peeta avait dit qu'il ne tuerait plus personne. A-t-il menti ?
J'entends le pas de mes assaillants. Ils se rapprochent. Pour essayer de les semer, j'emprunte un couloir différent à chaque croisement. Bientôt, je n'entends plus qu'un vague murmure, puis le silence s'installe et envahit les murs. Je m'arrête et me retourne, à l'affut. Et c'est d'ailleurs ce qui me sauve. Un couteau fuse et je me baisse en une fraction de seconde. C'est Clove. Que fait-elle ici ? J'attrape le couteau à deux mains en la narguant :
-Ma mère lance des assiettes plus vite !
Puis je fais un petit bond et reprend ma course. Je ne sais pas pourquoi je lui ai dit cela, sans doute pour l'énerver un peu. Mais c'est la vérité. Je ne me souviens plus trop de la tête de ma mère, mais je me souviens encore très bien des assiettes qu'elles m'envoyaient et qui venaient se fracasser contre le mur de la cuisine lorsque je lui demandais mon déjeuner.
-Sale gamin ! Reviens, me crie-t-elle dessus.
Je la sème facilement aussi. Peut-être a-t-elle un mauvais sens de l'orientation. Moi aussi d'ailleurs. Avec toute cette course, je ne sais plus du tout où je suis. Comment vais-je faire pour survivre ? A tout hasard, je me dirige vers une galerie, puis une autre, et encore une autre, avant de tomber sur une sorte de tunnel qui reflète une couleur un peu vert turquoise, intrigué par la couleur qui en émane. La galerie descend sur une vingtaine de mètres. J'ai l'impression de plonger au cœur de la Terre, d'être un explorateur des temps modernes. Je remarque qu'il fait de plus en plus chaud à mesure que je m'enfonce. L'air y est plus humide. Je me surprends à transpirer alors qu'à la Cornutopia il faisait froid. Finalement, un cercle de lumière m'indique la fin du tunnel. Je m'approche avec précaution, serrant mon couteau plus fort. Je débouche sur un paradis vert.
De grands trous contiennent une eau dont émane de la vapeur. Des sources chaudes, ça alors ! Un garçon est en train de se baigner, et a laissé ses vêtements sur le bord. Qu'il est imprudent ! Je ne connais qu'une seule personne capable de prendre un bain durant des Jeux.
Cato.
Celui-ci m'aperçoit :
-Hé frangin ! Tu te joins à moi ?
Je continue de tendre le couteau vers lui, mais il ne doit pas me considérer comme une menace, car il se prélasse dans l'eau.
-Viens Ethan, elle est super bonne. Allez petit frère, viens !
Je me laisse finalement convaincre et me défait de mes vêtements, avant de rentrer dans l'eau. Face à mon silence, il soupire :
-Tu m'en veux encore de t'avoir laissé avec Maman ? Dit-il.
-Tu m'as abandonné avec la folle, protestai-je. Comment as-tu pu ? Je voulais venir avec toi.
-T'as pas besoin de moi Ethan. Maman a dit que tu serais encore plus fort que moi quand tu auras seize ans, s'énerve Cato. Moi, j'avais besoin de m'entraîner plus, pour devenir plus fort.
-C'est pour ça que tu m'as laissé me débrouiller seul au bain de sang ?
-T'es en avance sur ton âge, dit-il pour sa défense.
-Je n'ai que neuf ans, clamai-je.
Cato secoue la main comme pour chasser une mauvaise pensée.
-Tu ne t'es jamais occupé de moi, continuai-je. Pas une fois.
Nous restons dans l'eau encore quelques minutes.
-Pas une fois, répétai-je.
Il se lève, fatigué de mes remontrances et récupère ses affaires.
-Ok ok, j'admets ne pas avoir été un frère idéal, dit-il en se changeant.
Je sors moi aussi de l'eau et me sèche comme je peux, avant d'enfiler mes vêtements. Il me rend mon couteau et sourit :
-Bien Ethan, cette fois-ci, je m'occuperai de toi. Je vais t'apprendre comment vivre tes premiers Hunger Games.
Je n'aime pas les Jeux, mais je suis bien trop content qu'il décide de m'accorder de l'attention que j'accepte immédiatement. Il a toujours été mon modèle. On ne peut pas être déçu par un modèle.
Phantom
C'est décidé, je fugue ce soir. Ras-le-bol de ces parents à la con.
Le décor du salon se métamorphose subitement en une ruelle encrassée. Je marche pieds nus et je rencontre un passant. Pas le temps de réfléchir, je lui arrache son sac en criant un désolé. Il me court après. J'ouvre le sac tout en regardant où je mets les pieds, en extraie le porte-monnaie, me sert quelques billets pour les besoins quotidiens, refourgue le tout dans le sac et le pose par terre sans oublier le merci. Le passant n'a pas rejoint son sac que je suis déjà à des lieux d'ici. Ça ne me plaît pas de voler, mais je n'ai plus le choix. C'est ça d'être un enfant de douze ans sans parents. Je fais cependant attention de ne prélever que le nécessaire. Le soir, c'est très dangereux dans la rue, mais je sais me défendre, j'ai appris. J'ai appris à tuer. J'ai appris à survivre. J'ai appris à douze ans qu'on m'avait volé mon enfance.
Tout absorbé à calculer mes recettes, je me rends tardivement compte de la présence de la fille au bord du balcon. Elle a passé la rambarde et regarde le vide. Je sais inconsciemment ce que je dois faire. Je lâche l'argent que j'ai entre les mains et l'interpelle. Elle a un regard pour moi et m'observe pendant que j'escalade le toit le plus proche. Je pense qu'elle n'est pas capable de le faire. Je devrais arriver à temps, la dissuader. Je ne suis plus qu'à quelques pas, mais elle décide d'un coup de sauter. C'est la panique, je bondis en avant pour tenter de la rattraper. Je la vois tomber au ralenti, elle semble voler. Si on enlevait le côté dramatique de la scène, cela pourrait rassembler à un ballet aérien. Je m'étonne moi-même de réussir à la rattraper. Je ne me pensais pas aussi fort, mais c'est vrai qu'elle est fragile. Nous restons là, tous les deux hors d'haleine, à nous dévisager pendant un long moment. Je finis par la poser au sol, cette petite fleur si fragile qui a voulu en finir. Est-ce que j'essaie d'en finir moi, malgré tous mes problèmes ? Non, je me raccroche, je me bats, parce que je suis un vainqueur. UN VAINQUEUR. Ce mot est sorti si souvent de la bouche de mes parents.
-Pourquoi m'as-tu sauvé ?
Je la fixe avec étonnement.
-Pourquoi as-tu sauté ? Répliquai-je.
-Ce ne sont pas tes affaires.
Oh, drôle de façon de me remercier. Je ne m'en vexe pas pour autant. Je souris même involontairement.
-Tu meurs de faim ?
C'est à son tour d'être étonné.
-Non, répond-t-elle d'un air béat.
-Tu as des parents qui te frappent ?
-Non.
-Alors tu n'as pas de raison de sauter.
Elle s'apprête à me répondre quand on me secoue sans ménagement.
-Phantom, j'entends des pas, et si c'était Cato ?
Je me lève en essayant de faire le moins de bruit avec nos chaînes. Cato…La seule différence avec lui, c'est que moi j'ai arrêté l'entraînement à douze ans, lui l'a continué jusqu'à maintenant.
Je regarde Rowan, à demi-cachée dans la pénombre et un affreux instant, je la vois couverte de sang. Dieu ! Cela ne doit pas arriver. Cela n'arrivera jamais. Je serai là pour elle. Comme je l'ai été ce jour-là.
Je fais signe à mon amie de ne pas sortir de la cachette, sauf en cas d'urgence. Normalement, nous ne sommes pas visibles. Deux ombres passent rapidement devant nous. Avant que l'on ne puisse savoir qui c'était, elles ont disparu.
-Viens, l'endroit n'est plus sûr, allons en chercher un autre, lui dis-je.
Péniblement, nous nous remettons en marche. Les coups de cloches retentissent, les mêmes que précédemment. J'en compte six cette fois. Qu'est-ce que cela veut-il bien dire ? Qu'est-ce que le Capitol mijote ? L'entrevue avec Snow revient d'un coup dans ma mémoire et je frissonne. Il faut que je me sépare de Rowan une demi-journée. Une demi-journée ! C'est trop demander, c'est tout simplement au-dessus de mes forces. Comment vais-je faire ? Comment…sans crier gare, je trébuche sur quelque chose de dur. Mais ce n'est pas une pierre, c'est une jambe.
-Ne me tuez pas, je n'ai pas d'armes ! Gémit un garçon à terre.
-Marvel ! S'exclame Rowan, en dissimulant sa joie.
Oui, sa joie. Elle m'avait confié qu'elle trouvait Marvel assez mignon. Ah la gente féminine !
-Phantom, Rowan !
C'est au tour de Marvel d'être surpris. Il reprend :
-J'ai envoyé Glimmer vous chercher pour qu'elle vous rende vos clés.
-Nos clés ?
-Oui, j'ai réussi à les chiper à Cato, avant qu'il ne décide de m'asséner le coup.
Rowan et moi réalisons qu'il a une entaille sévère à la jambe, en-dessous du genou. L'idée de le tuer me vient inconsciemment. Deux adversaires en moins, c'est quand même une bonne occasion à saisir. Mais je sais que Rowan m'en voudrait. Et puis, il nous faut absolument les clés, ou je ne pourrais me séparer de Rowan.
-Il faut retrouver Glimmer dans ce cas.
-La nuit va arriver. Mettons-nous en route demain, suggère Marvel.
J'ouvre mon sac et partage les vivres. Il nous remercie et nous mangeons silencieusement.
A la tombée de la nuit, il se passe quelque chose d'inattendu. Le chemin s'illumine. Tout le plafond est recouvert de cristaux blancs et continue en ligne droite.
-Où cela peut-il bien nous mener ? S'interroge Rowan.
-Il n'y a qu'un seul moyen de le savoir, dis-je en me levant.
-Tu ne comptes pas suivre le chemin, si ? S'inquiète notre blessé.
-Je ne sais pas, dis-je sincèrement, mais nous devons savoir où ce chemin conduit. Nous serons de retour avant que tu aies le temps de crier ouf.
-Ouf, murmure Marvel, visiblement pas rassuré.
Je me tourne vers lui et sourit :
-Celui-là ne compte pas.
Puis nous nous enfonçons dans la mine. Rowan me colle de près. Elle lève sa petite hache, prête à se défendre. Le chemin de cristal nous ramène finalement…à la Cornutopia. Voilà donc comment retrouver le chemin. Je demande à Rowan de se baisser. Si ce chemin nous a conduit jusqu'ici, il doit en être de même pour les autres. Le plafond s'illumine et les trompettes retentissent. Puis les morts sont affichés : quatre personnes sont mortes : Flo, la tribut du district 1, Ridley et Elizabeth du district 5 , et enfin Elia du 9. Nous sommes dix-huit.
Soudain, je vois Glimmer en face. Elle est absorbée dans la contemplation de l'écran. Si je la vois, alors d'autres aussi doivent la voir. Aussitôt pensé, je distingue une ombre qui surgit par la droite. Je blêmis en reconnaissant Cato.
-Glimmer ! Crie Rowan. Attention !
Elle se tourne vers nous puis fait un bond miraculeux sur le côté pour éviter la lame de Cato.
-Fais quelque chose, me crie Rowan.
Mais je reste pétrifié. Je ne veux pas mettre en danger ma chérie. Je ne veux pas la voir mourir. Mais c'est elle qui saute hors de l'abri et me tire en même temps.
-Comment va Marvel ? S'écrie Cato en faisant tournoyer son épée vers Glimmer. Pas encore mort à ce que je vois.
Celle-ci se défend courageusement. Elle pare quelques attaques et réussit même à toucher Cato en le frappant aux côtes avec son long bâton improvisé. Nous arrivons à temps pour lui éviter d'être empalée.
-Phantom, la clé, me hurle Glimmer en la lançant.
Mais une ombre surgit et l'attrape avant moi.
Ethan ! Sale gamin.
-Cato ! Crie-t-il en la lui lançant.
Fou de rage, j'attrape le gamin qui vif comme l'éclair tente de m'échapper, mais je suis plus rapide et tend mes chaînes de fer afin de lui bloquer la respiration. Rowan est effrayée. Je n'ai pas envie qu'elle participe à la mort de ce gosse, mais je suis capable de le tuer de sang-froid.
-Cato ! Glapit Ethan.
-Who, calme ! M'ordonne celui-ci. Et si on réglait ça à deux Phantom , hein?
-Donne-moi les clés, ou il y passe, dis-je en resserrant ma prise, pas du tout prêt à négocier.
-Tu n'oserais pas, dit froidement Cato.
-Tu tiens à lui ou pas ! Dis-je de ma voix la plus sèche.
-Phantom, non ! Crie Rowan, en tirant sur la chaîne.
L'étau se desserre. L'instant d'après, un poignard me rentre dans l'estomac. C'est le gosse. Il a sorti son couteau si vite. Je n'ai rien pu faire.
-Je l'ai eu, je l'ai eu grand frère, crie la petite voix insupportable tandis que je me vide de mon sang.
Sale morveux, tu me le paieras. Tu…mes pensées se font obscures. Je presse mon ventre pour éviter une trop grande perte. Son couteau est petit, il n'a quand même pas pu m'entailler un gros morceau, si ? Je crois qu'on crie autour de moi. Beaucoup de cris. Beaucoup…beaucoup…
Je sombre.
Je me noie dans le noir.
Gale
-Merde c'est Phantom ! M'exclamai-je en reconnaissant la silhouette familière s'écrouler au sol.
A présent que l'écran s'est éteint, il fait très sombre dans la grotte. Même pas une lueur, pas un éclairage comme lors du bain de sang.
-Couvre-moi, criai-je à Finnick.
On avait décidé de les laisser s'entretuer, mais là, il s'agit de Phantom.
Je jaillis de ma cachette avant de réaliser que je n'ai pas d'arme. Trop tard pour faire demi-tour. J'attrape Cato au cou et le frappe au visage. Les clés tombent au sol et produisent un petit tintement métallique. Surpris de voir d'autres adversaires prendre part au combat, il se rétracte un peu, et finit par s'enfuir avec le petit en voyant Finnick et Johanna arriver. Glimmer se penche sur Phantom en experte et essaye de réduire la perte de sang en lui faisant un bandage.
-Ne meurs pas Phantom, ne meurs pas, supplie Rowan.
Je m'approche aussi :
-Il faut nous déplacer, on est pas à l'abri.
J'attrape précautionneusement Phantom, défait les menottes avec la clé que j'ai ramassé, et m'adresse aux autres :
-On ne peut pas se permettre de rester ensemble. Ça ferait trop d'alliance. Glimmer, rentre voir Marvel, il t'attend. Finnick, va rejoindre Rue. Donnons-nous rendez-vous demain soir ici, si on ne se trouve pas entretemps.
-T'es fou ? Tu veux briser notre alliance ? Peste Johanna.
-Calme Johanna, je serai là avec Rue demain promis.
On se disperse et je choisis de prendre un tunnel (parmi les nombreux possibles, c'est dire si j'ai choisi) et nous nous enfonçons sur une dizaine de mètres avant que je ne repose Phantom sur le sol. Il respire faiblement, mais je pense qu'il s'en sortira.
-Je ne vais pas mourir, chuchote mon ami. Pour toi Rowan, je ne mourrai pas.
Ça aurait pu être attendrissant, s'il ne tremblait pas de partout et qu'il ne pressait pas ma main à l'écraser.
-Tout va bien, dis-je pour le rassurer, je ne t'abandonnerai pas. Reste avec nous Phantom.
Johanna revient avec quelque chose dans la main.
-Tiens, me dit-elle. Ça vient d'arriver pendant que je faisais le guet.
J'ouvre ma main.
C'est du fil et une aiguille. Je déglutis.
-Je peux pas, dis-je d'une voix qui grince.
- Passe-le-moi, dit Rowan. C'est primordial.
Je ne vous raconterai pas la suite. Je n'y étais pas. Je suis parti faire le guet de l'autre côté par crainte de ce que je verrais, mais je peux vous dire que je n'ai entendu que des bruits étouffés.
Phantom n'a pas laissé échapper un seul cri.
Pas un seul.
Haymitch
-Haymitch, mais attends-moi, fait la petite voix haut perchée dans ma tête.
Sauf que cette voix est réelle. Un seul jour et je n'arrive déjà plus à la supporter. Ça risque d'être joyeux pour la suite. Déjà que chaque année j'étais obligé de me la coltiner, alors faire les Jeux avec elle, c'est au-dessus de mes forces. Et puis je joue très mal le rôle de l'amoureux éperdu. Bah, l'essentiel c'est que cela marche sur Effie. Il faudrait que je prenne des cours de séduction. Je pense à Peeta. Cette pensée me fait rire. Peeta en séducteur ? Ce tueur ? Plus je ris, et plus je me rends compte que c'est tout à fait probable. Peeta a l'air d'être plus fort que moi à ce jeu.
-Bien dormi Haymitch ? Je suis en pleine forme pour affronter ce deuxième jour !
Rha, quand est-ce que ma livraison arrive ? Si je retrouve ce Ray à la noix, je…bon sang, quel est ce bruit ?
-Haymitch, tu as entendu ? Siffle Effie. On dirait des pierres qui roulent.
Mes réflexes d'ancien vainqueur me reviennent rapidement. J'attrape la main d'Effie et le sac de l'autre, et je cours. Il faut toujours chercher à s'éloigner de tout ce qui est peu naturel.
-Plus vite, criai-je en voyant le gros rocher débouler derrière nous. Il est aussi grand que la largeur du tunnel.
Autrement dit, si on trébuche, on est morts.
Je m'aperçois rapidement que nous sommes beaucoup trop lents.
-Effie, lâche le sac !
-Quoi ? Non !
-Lâche je te dis !
Elle le lâche mais cela n'est pas suffisant. Le rocher sera sur nous d'un instant à l'autre. J'ai le cœur qui tambourine comme un fou dans ma poitrine. Les jambes sous moi s'activent comme elles peuvent, désarticulées. Je ne regarde pas le sol, je ne regarde pas derrière moi. Tout ce que je regarde, c'est le chemin devant moi en espérant trouver une enclave où pouvoir se glisser afin d'éviter de mourir broyé. Le salut, je le trouve finalement dans le vide.
Mes pieds ne rencontrent plus le sol d'un coup. Sans crier, je tombe comme une pierre. Ça c'était plutôt imprévu. Le chemin s'était arrêté et moi, comme un con, j'ai continué de courir. Effie me suit juste après.
La chute n'est pas bien longue. Je n'ai pas le temps de penser à ma mort que j'atterris en faisant splash. Une chaleur désagréable m'enserre et m'étouffe. J'ai l'impression qu'on essayait de me bouillir à l'eau chaude. Effie crie de stupéfaction.
Des sources chaudes !
Heureusement pour nous, le bassin dans lequel on est tombés était assez profond. Je m'extirpe péniblement de l'eau, les vêtements collés sur moi, puis tire Effie hors de l'eau et récupère notre sac restant. Je suis à bout de souffle après tout cet effort. Très peu pour moi la reprise du sport. J'ai le ventre scié en deux, et suis obligé de m'assoir, ou plutôt de m'écrouler au sol.
-Quelle est cette étrange salle ? Murmure Effie émerveillée.
Tout ce qu'il y a d'étrange, c'est ses cheveux mouillés qui sont plaquées bien raides sur son visage. Elle en serait presque sexy, n'ayant pas son maquillage habituel qui aurait sans aucun doute dégouliné sur son visage.
Je trouve finalement la force de me lever et m'en vais inspecter la salle. Moi qui pensais qu'il n'y avait que des couloirs interminables dans cette mine. Je me suis bien trompé. Je m'arrête devant un petit bassin et m'agenouille. Des gens sont passés par là. Les traces sont encore fraiches. Il y a des traces de pas plus petites. Je devine sans mal qu'il s'agit d'Ethan. Les autres traces appartiennent alors à Cato. Ils ne sont pas retournés ici depuis leur démêlée avec Phantom. Effie et moi étions là hier soir, mais je n'ai pas voulu intervenir. Cependant, j'ai suivi de très près la scène. Ces Jeux risquent d'être très longs. Ces gosses se proclament résistants, rebelles, se disent prêts à tout, mais ils ne sont même pas capable de tuer. ils n'ont pas une âme de tueur. Ils auraient dû laisser Phantom mourir. Ils auraient dû poursuivre Cato et le tuer. Ils auraient dû laisser Glimmer se faire tuer. Ils auraient dû achever le petit Ethan quand ils en avaient l'occasion.
Mais rien de tout cela n'a été fait. Cela prouve bien qu'ils hésitent encore à franchir le cap. Je ne leur laisserai pas l'occasion de se transformer en prédateur.
Je sais déjà qui sera ma prochaine cible, et comment m'y prendre.
