Salut à tous et à toutes!Oui, je sais, j'avais annoncé que ma fic était un two-shot.
Oui, dans le dernier chapitre, je vous avais dit que ma fic était finie.
Si vous êtes pas content, lisez pas ce chapitre! En attendant, je reviens dans l'aventure^^
Finalement, j'aime bien Uryuu. Il ne mérite pas une fin comme ça. Bon, là, je prends juste un plaisir sadique à prolonger ses malheurs, mais bon...

Disclaimer Bla, bla, bla. Bleach n'est pas à moi.

J'espère que ça vous plaira. Bonne lecture!


Il arrive que le pire advienne.
Il arrive que les policiers retrouvent un garçon perdu dans l'immensité de Tokyo, à peine trois jours après sa fugue.
Il arrive qu'on oublie de lui demander les raisons de sa fuite.
On dira; la pression sociale et scolaire. Le stress. Une fragilité mentale.
On le rendra à son père. On dira même à ce même père qu'il est courageux de s'occuper de son fils seul, alors qu'il est veuf, et de trouver le temps pour son boulot avec ça.
On lui souhaitera bon courage.
Le père lui fera manquer l'école pendant quelques jours. Pour récupérer.
Et ces quelques jours seront les pires de sa vie.


Uryuu était allongé.

Il venait de rentrer de la gare. Il avait été ramené à Karakura et maintenant, il attendait dans sa chambre le verdict de son père.
Ryuken n'avait pas eu pour lui le moindre regard, la moindre parole. Il avait juste remercié les flics de lui rendre son fils. Il avait dit qu'il s'était beaucoup inquiété.

Uryuu trouvait ça parfaitement ironique. Presque amusant.

Il aurait pu en rire. Si il avait eu la force, la volonté de rire. De vivre.

Il repassait en mémoire son voyage. Sa fugue.

Il avait eu l'impression d'être dans du coton jusqu'à Tokyo. Déconnecté. il ne se souvenait quasiment plus de cette partie là. Si il s'était passé quelque chose d'important, il l'avait oublié. Entre trois heures du matin, quand il était arrivé, et quatorze heures environ, il se remémorait une longue marche aux hasard des rues, mais ce n'était pas très clair.
Ensuit, il avait eu faim. Vingt quatre heures sans rien avoir avalé lui avait mis l'estomac dans les talons, et c'était une pensée aussi triviale que celle ci qui avait permis à sa conscience d'émerger du brouillard où elle s'était perdue.
Son cerveau s'était remis en marche. Il s'était acheté de quoi manger dans une épicerie proche.
Il avait aussi réalisé l'endroit où il se trouvait. Et commencé à envisager "la suite".
Comment se nourrir, où dormir, comment prendre soin de la blessure qu'il avait à l'épaule devinrent soudain des questions très préoccupantes.
En plan d'avenir, il n'en avait qu'un: Recommencer sa vie.
Il foutait en l'air tout ce qu'il avait déjà construit: des études qui s'annonçaient brillantes, une vie en tant que guerrier quincy qui le passionnait, les sentiments qu'il avait pour ses amis...
Il s'était demandé si c'était le bon choix. Puis il avait réalisé que, maintenant qu'il était là, c'était surtout son seul choix.
Si il n'avait pas eu la tête dans le brouillard comme avant, aurait il eu le courage de partir?
La réponse s'imposait d'elle même: non.
Alors qu'il était occupé à ne rien faire sur les marches d'un musée, une fille un peu plus âgée que lui, au genre bohème, l'avait abordé pour lui demander une taffe. Il n'en avait pas. Elle lui avait demandé si il était paumé. Il avait répondu oui. Elle s'était donc pris de sympathie pour lui et l'avait emmené dans son groupe de potes. Ils squattaient un appartement délabré en banlieue; c'était là qu'il avait dormi.
Le lendemain, il avait suivi la fille, Morgane, et ses amis de parc en parc. Certains étaient déjà des adultes, d'autres, plus rares, avaient son age. Au son des guitares, ils refirent le monde. Uryuu avait senti et compris que chacune de ces personnes avait vécu quelque chose de plus que la plupart des personnes de leur age. Il ne savait pas quoi, mais c'était une évidence. Et personne ne demandait à personne de raconter sa vie.
De la bière circulait. Des joints, aussi. Uryuu avait gouté au deux, pas vraiment apprécié le goût, mais adoré la sensation que cela procurait.
Vers vingt et une heure, à la lueur des lampadaires et des lampes torches, ils avaient improvisé un genre de concert. Leur groupe avait grossi, ils étaient une vingtaine. Uryuu se souvenait d'avoir été embrassé par Morgane. Par d'autres personnes, aussi, pas toujours des filles.
Puis ils avaient été chassé du parc.
La deuxième nuit, Uryuu l'avait passée dans les bras de Morgane et d'un garçon du nom de Tenshi, âgé de dix sept ans. Ils n'avaient rien fait. Ils étaient juste ensemble, à partager leur chaleur, et ça leur suffisait.
Quand il s'était réveillé, la plupart des gens dormaient encore. Un petit groupe discutait dans l'ancienne salle de bain; il s'était joint à eux.
Jusqu'à ce que la police vienne et vide le squatt, note les identités de chacun et les emmène au poste. Sans surprise, une bonne partie des mineurs étaient fugueurs.

Il avait été ramené chez son père.

Il se souvenait de la surprise qu'il avait eu en croisant son reflet dans le miroir du train qui le ramenait chez lui. Pâle, les cheveux en désordre, sa chemise à moitié ouverte et tâchée du sang qui suintait de son bandage à l'épaule, et les yeux plus cernés -et plus bleus- que jamais. Il s'était sourit ironiquement.

-C'est ce corps qui te plaît, Ryuken? Avait il dit tout haut.

C'était là qu'il avait réalisé.

Il avait réalisé qu'il retournait vers l'enfer. Morgane et les autres lui avaient occupé l'esprit à autre chose, et il avait presque "oublié" ce qu'il s'était passé en leur compagnie.

Mais aussi réalisé qu'il avait grandi.
Cela n'empêchait pas que si son père essayait de... d'abuser de lui de nouveau, il n'aurait pas la force physique et psychologique de se défendre.

Mais il avait changé. Il s'était ouvert.

Cela lui fit un drôle d'effet.

Jusqu'au dernier moment, il avait eu la possibilité de dire au policier "je ne veux pas retourner chez cet homme. Je vous en prie. Ne le laissez pas m'approcher. Il m'a... Violé..." le regard de Morgane et de Tenshi, qui étaient assis à côté de lui, l'incitaient à le faire. Eux aussi retournaient vers l'enfer, quel que soit ce qui les attendaient chez eux...Si lui parlait, peut être pourraient ils en faire autant?

Mais il ne le fit pas. Lorsque vint l'heure de se séparer, il échangea un baiser avec les deux, et leur murmura "bonne chance..." Avant de se laisser emmener. Ils avaient échangé leurs numéro, mais il ne se faisait pas d'illusions; ce qu'ils avaient vécu était trop intense et trop doux pour ne pas être éphémère.

Son père l'attendait sur le quai. Si il l'avait vu embrasser Morgane et Tenshi, il n'y fit aucune allusion.

Et maintenant, il était rentré, et il attendait que son père dise quelque chose.

Il était résigné. Et triste. Et furieux. Contre lui même, contre les policiers et contre son père.

Ryuken finit par entrer dans sa chambre. Il s'assit à côté de lui.

Uryuu ne lui accorda pas un regard.

-Je ne tolérerais pas que tu fugues alors que tu es sous ma responsabilité, commença Ryuken.

-Bonjour, père, répondit Uryuu.

L'albinos sembla étonné. Il n'ajouta rien, laissant le silence s'éterniser. Puis, il se leva et se dirigea vers la sortie. Sur le seuil de la porte, il se tourna vers son fils et ajouta en plissant le nez:

-Tu devrais te doucher.

Lorsqu'il fut sorti, Uryuu porta son T shirt à son nez. Il portait les odeurs mélangées de Tenshi et de Morgane. Il sentait aussi la bière, la sueur et le gazon coupé.

Il sourit. Une semaine auparavant, il n'aurait jamais imaginé embrasser une fille inconnue, et encore moins un garçon, ni boire, ni fumer. Ni fuir.

Ni servir de jouet à son père.

Il grimaça et décida d'aller à la douche.