Aujourd'hui, j'ai eu une pensée émue pour tous mes lecteurs et lectrices qui s'étaient déjà fait prendre en train de lire cette fic. Je pense que ça doit être très très très gênant. Au moins autant que si quelqu'un de ma famille me prenait à l'écrire... Or ces derniers temps, je me demande si ce n'est justement pas le cas... Bah. Tout mon entourage me prend déjà pour une détraquée, donc au point où j'en suis...

Ma nouvelle clé usb, « Freaky » (oui, je donne des noms à mes affaires), est en forme de chibi-scream. Je la trouve très chou. Du coup, je l'emmène partout avec moi pour frimer. Et je passe donc beaucoup plus de temps qu'avant à écrire et à reprendre mes textes. Merci Freaky !

Au fait! Dixième chapitre, et je n'ai toujours pas pu me résoudre à mettre un titre qui ne soit pas un peu décalé. comprenez moi; ce chapitre est définitivement sérieux.

Disclaimer (j'aime pas faire les disclaimers, un de ces jours je ferai une tirade là dessus) Bleach ne m'appartient pas.

Bonne lecture!


Étude comparative de différents anesthésiants

Uryuu percevait l'odeur de désinfectant à travers le brouillard de son inconscience.

Il en déduisait qu'il devait être à l'hôpital. Il n'avait pas envie d'ouvrir les yeux pour voir ça. Surtout que son père devait être à ses côtés et que ça non plus, il n'avait vraiment pas envie d'y faire face.

-Uryuu.

Gagné.

-Uryuu, ne fais pas semblant de dormir. Tu as froncé les sourcils en te réveillant et le rythme de ta respiration a légèrement augmenté.

Uryuu soupira et ouvrit les yeux. Son père était assis sur un siège en plastique, à sa droite.

-Bonjour, Uryuu.

Il ne répondit pas.

Le silence régna pendant quelques secondes, puis Ryuken se leva, s'approcha d'Uryuu et se pencha pour l'embrasser. Son fils ne réagit pas, se contentant de le fixer avec rage. Le baiser dura longtemps; Uryuu, assommé par les anesthésiants, pouvait à peine bouger, encore moins se débattre. Il se contentait de fermer les yeux et d'imaginer que ça ne se passait pas. Les médicaments qui coulaient dans son sang, la sensation de son père goûtant ses lèvres, le souvenir des événements de la veille; tout cela lui donnait envie de vomir. Lorsqu'il sentit Ryuken se relever, il lui lança un regard méprisant.

Puis Ryuken partit.

Uryuu demeura seul avec ses pensées.

Il sentait l'effet de l'anesthésiant se dissiper. Il commençait à retrouver des sensations dans le bas du corps. Plutôt désagréable. Il essayait de trouver une position plus confortable, qui ne réveillerait pas la douleur dans ses reins. Il finit par s'allonger sur le côté.

Il était assez étonné que son père l'ait emmené à l'hôpital. Cherchait-il à le garder sous surveillance pour vérifier qu'il ne fuie pas ?

Quelques mois auparavant, Uryuu ne l'aurait jamais cru si possessif.

Ses pensées de la veille lui revenaient. Pendant quelques minutes, il avait cru de tout son cœur qu'il serait assez courageux pour résister à son père, quel qu'en soit le prix.

Il se trouvait pitoyable.

Il avait consciemment provoqué son père, mettant un ami cher en danger Et quand Ryuken l'avait puni, au lieu de persister, de lui prouver qu'il ne lui appartenait pas, la douleur et l'humiliation l'avaient de nouveau soumis à lui. Oh, c'était pathétique. Et maintenant, couché dans un lit d'hôpital blanc et déprimant, il se complaisait sur son sort plutôt que de préparer une fugue.

Il commençait à se rendre compte qu'il était terrorisé.

Ce que Ryuken lui avait faire subir ces derniers jours l'avaient suffisamment marqué pour qu'il perde le peu de courage qu'il lui restait.

Il avait été dressé.

Comme un animal de compagnie.

Il passa sa main devant ses yeux, surpris d'y sentir des larmes couler.

Il faudrait bien qu'il trouve le courage de fuir. Supporter ça encore un an ? En six mois, Ryuken l'avait quasiment détruit.

Merde...

A quel moment exactement était il devenu cette petite chose soumise et craintive ?

Non. Ça n'avait pas été un pallier. Il n'y avait pas eu de frontière. Le viol qu'il subissait était devenu un genre de routine pernicieuse, érodant lentement les barrières qu'il avait érigé pour protéger son intégrité. Était-ce seulement encore un viol ? Uryuu résistait à peine.

Une envie désespérée de renoncer le prit à la gorge. Cesser de lutter. Accepter de n'être que le jouet docile de son père, jusqu'à ce qu'il se lasse de lui. Oublier ses derniers espoirs de conserver sa fierté et son humanité... L'attirance malsaine que Ryuken éprouvait pour lui finirait par s'étioler. Alors, il disparaitrait. Après n'avoir vécu que pour protéger les ruines de son corps et de son esprit vide, il se fondrait parmi les ombres et cesserait d'exister sans s'en rendre compte, déjà mort des années auparavant. Mais...

Il cesserait d'avoir mal… Il cesserait de se mépriser...

Oh, comme l'apathie qui lui tendait les bras était douce.

Il sursauta en entendant toquer et sécha rapidement ses larmes. Sans attendre de réponse, Inoue poussa timidement la porte, mais resta debout sur le seuil.

-Euh, dit Uryuu d'une voix dont il tentait de dissimuler les tremblements, bonjour. Tu sais (il inspira profondément. Il était devenu doué à faire semblant de ne pas pleurer) tu peux t'asseoir si tu veux.

Il nota qu'elle semblait au bord des larmes.

Un compte à rebours se mit en place dans sa tête. 5… 4… 3… 2… 1…

Elle lui sauta au cou.

Embarrassé, Uryuu tapota son dos. Il ne savait pas trop quoi lui dire. Inoue s'était sans doute beaucoup inquiété à son sujet depuis quelques mois. Il avait pas mal maigri, parlait de moins en moins, ses notes avaient baissé pendant un temps –puis s'étaient relevées quand son père lui avait signifié qu'il voulait qu'il reste premier- il se joignait plus rarement à eux lorsqu'ils allaient traquer un hollow, et Morgane lui avait fait remarquer une fois que le sourire derrière lequel il se cachait était tout sauf joyeux.

Inoue finit par le lâcher et l'examina. Puis elle se mit à le sermonner, comme elle seule savait le faire.

-Ne me dis pas que tu es tombé dans un escalier cette fois. Regarde l'état dans lequel tu es ! Tu t'es encore battu avec ton père ?

-... Ce n'est qu'un entrainement.

Après tout, cette théorie l'arrangeait. Et il était devenu suffisamment cynique pour la trouver merveilleusement ironique.

-Un jour, vous finirez par vous entretuer.

C'était fort possible. Uryuu baissa la tête, cachant un sourire amer au travers de ses longues mèches de jais.

-Mais non, ne t'inquiète pas pour moi.

Inoue soupira, puis s'assit sur la chaise à côté du lit.

-Maintenant, laisse-moi te soigner.

Uryuu hésita une seconde. Il n'aimait pas se laisser guérir par la jeune fille. Il ne savait pas comment marchait son don et craignait qu'un jour, elle découvre que la plupart des blessures qu'il portait, dans ses moments là, n'étaient pas situées à un endroit où elles auraient dû être. Mais il avait mal. Et il savait que son père ne désapprouvait pas qu'elle le soigne, et –se rendre compte qu'il accordait de l'importance à l'opinion de son père le laissa encore un peu plus déprimé.

Inoue le regardait, les sourcils froncés devant son absence de réponse.

-De toute façon, reprit-elle, ce n'était pas vraiment une question.

Uryuu sourit.

-Je... Merci.

Il ferma les yeux, laissant la rousse invoquer le bouclier des Deux Cieux, Sooten Kisshun. Au début, la sensation douceâtre et piquante qu'il éprouvait lorsque son corps se régénérait le dérangeait. Puis, au fil du temps, il avait appris à l'apprécier. A l'intérieur du bouclier, on ressentait toujours un léger froid. Il faudrait qu'il demande aux autres qui l'avaient testé si c'était leurs cas aussi.

Uryuu, sentant peu à peu ses chairs se refermer, ses os se ressouder, la douleur disparaître peu à peu, ouvrit les yeux. Il se sentait… Serein. Il croisa le regard soucieux d'Inoue à travers la lumière orange de Sooten Kisshun. Elle ne comprit pas la gratitude qu'elle lu en eux.

Il avait envie de pleurer.


Une chapitre assez court aujourd'hui, par rapport aux derniers. Mais je l'ai posté vite! Bon, il ne s'y passe pas grande chose, ok. Et pas de lemon. Juste un baiser. Mais les introspections sont un passage obligatoire pour la suite qui s'annonce un peu plus mouvementée.

Aujourd'hui, c'est mon anniversaire! J'ai droit à une review? S'il vous plait *.*