Après sa déclaration, Wesker s'asseya à son tour sur la chaise de son bureau. Accoudée sur le sien, Jill était inquiète. Qu'est-ce que l'annonce d'Albert pouvait bien vouloir dire ? Croisant les bras et les jambes, elle souhaitait avoir des explications.
Jill: Comment ça un incident ?
Albert: Je vais tout vous expliquer quand Joseph et Brad seront là.
Jill: Quand vont-ils arriver ?
Albert: Joseph avait prit sa journée aujourd'hui, il lui faut le temps de venir ici. Quant à Brad, il devrait arriver d'une minute à l'autre.
Jill soupira discrètement puis baissa les yeux. Chris et Barry s'échangèrent un coup d'oeil soucieux en rapport avec ce fameux incident. Pour se relaxer un peu, Chris se mit à manipuler un crayon. La pièce était silencieuse, à tel point que l'on pouvait entendre la trotteuse de l'horloge murale. Dépourvue de fenêtres, la salle du S.T.A.R.S est en permanence éclairée par des lampes situées au plafond. Cela donnait donc l'impression constante d'être la nuit, bien qu'à ce moment ce fût bel et bien le cas. La porte s'ouvrit, brisant enfin le silence. C'était Brad. Lorsqu'il vit que tous étaient à leur bureau, il ne posa aucune question et fit de même. S'asseyant lourdement sur sa chaise, il s'exclama:
Brad: Bah alors, pourquoi vous faites cette tête là ?
Chris: Y'a eu un pépin. On en sait pas plus pour l'instant.
Brad: Un pépin ? Comment ça ? Avec BRAVO ?
Chris: On sait pas Brad. On attends Joseph.
De son côté, Joseph était en voiture en direction du commissariat. Ecoutant la radio en sourdine, il se demandait bien quelle est l'importance de cette réunion, capable d'interrompre sa journée de repos. N'ayant pas de femme dans sa vie, cette dernière tournait autour de son travail et de ses amis. Il était en pleine soirée avec eux chez lui quand il reçut l'appel de Wesker, à se gaver de pizza et de soda en parlant de tout et de n'importe quoi. Franchissant un dernier carrefour, c'est avec une cannette à la main qu'il se gara sur le parking du RPD. La laissant vide sur le siège passager avant, il sortit du véhicule et claqua la porte. Les S.T.A.R.S attendait toujours leur collègue, et cette attente se faisait longue. Wesker regarda sa montre, ce qui était mauvais signe. Des sourcils froncés se dessinaient sur son visage, laissant supposer un regard agacé derrière les lunettes de soleil qu'il portait. Cette réaction engendra une vague de stress parmis les membres présent. De longues minutes s'écoulèrent avant que Joseph ne fasse son entrée. Jill laissa échapper un soupir de soulagement.
Joseph: Bonjour patron ! Je suis vraiment désolé pour le temps que j'ai mis, mais je pensais vraiment pas que je serais appelé.
Albert: Assieds-toi, c'est urgent.
Joseph s'executa. Tous les S.T.A.R.S regardaient Wesker avec attention. Albert se mit debout, les mains posées sur son bureau. Il prit une profonde inspiration et declara:
Albert: Puisque Joseph a mit un bon quart d'heure à venir ici, voilà maintenant une vingtaine de minutes que nous avons perdu contact avec l'équipe BRAVO. Bien que le dernier rapport ne mentionne rien de particulier, je vous annonce que nous devons aller sur place. Nous devons vérifier si quelque chose est survenu. Etant donné qu'aucun des membres ne donne signe de vie, le pire est envisageable. Nous allons donc les rechercher et leur venir en aide si besoin est. Equipez-vous en conséquence.
Chris: Peut-on avoir des précisions ?
Jill: Ouais, des détails. Comment on va procéder ?
Albert: J'y viens. Brad se chargera de nous emmener par hélicoptère dans le secteur où ils se sont crashés. Après avoir trouvé leur appareil, nous inspecterons les lieux, rien de plus simple. Des questions ?
Jill: On délimite un périmètre spécifique à respecter ?
Albert: Bien entendu, mais je suggère de voir ça sur place ou pendant le trajet. Le temps presse. Qui d'autres ?
Wesker regarda une poignée de secondes chacun des S.T.A.R.S. mais personne ne répliqua. Il se mit alors à se taper dans les mains en haussant le ton:
Albert: Ok, dépêchez-vous ! Vous prenez le nécessaire et vous foncez dans l'hélico !
Tout le monde se leva brusquement dans un vacarme spontané, les chaises crissant sur le parquet. Ils devaient maintenant se mettre en tenue d'intervention. Les vestiaires, situés dans l'arrière salle, contenaient plusieurs cabines leur permettaient ainsi de se changer tous en même temps. Jill, tout en enlevant ses vêtements d'officier habituels, se posait des questions. Pourquoi n'y avait-il plus aucun contact avec l'équipe BRAVO ? Est-ce que cette coupure serait en lien avec tous les meurtres perpétrés ? Cela voudrait dire qu'il leur serait effectivement arrivé quelque chose ? Une fois dévêtue, elle se mit en uniforme puis se regarda quelques secondes dans la glace, un mauvais pressentiment la rongeait. C'est en mettant son béret qu'elle quitta les vestiaires. Chris et Barry étaient déjà prêt et fouillaient dans l'armoire métallique. Quand elle fût derrière eux, Chris se retourna et lui tendit un pistolet, le beretta M92F du S.T.A.R.S.
Chris: Voilà la chose fondamentale à prendre ce soir. Il est chargé hein, et j'ai aussi activé le cran du sûreté.
Jill: Merci Chris.
Elle saisit l'arme et la mit dans l'étui qui lui était destiné, placé sur son harnet au niveau des hanches.
Barry: Tiens Jill, une torche.
Jill: Merci Barry. Vous en prenez aussi les gars ?
Barry: Oui bien sûr que oui. Tiens, voilà aussi ta radio. Y'a des chargeurs, mais faut juste que je regarde combien y'en a attends. Un, deux...
Chris: Tu devais pas partir toi ?
Jill: Bah normalement si. J'avais terminée ma journée mais bon là c'est un cas d'urgence.
Chris: Pas trop fatiguée ?
Jill: Ça commence mais bon ça va pour l'instant.
Barry: Bon tiens en voilà deux, c'est des chargeurs de 15 balles. Chris tiens je t'en donne deux aussi.
Chris: Merci mais si Wesker, Brad et Joseph en prennent t'en auras plus toi !
Joseph sortait à son tour des vestiaires. Il s'approcha des autres et semblait visiblement avoir entendu leur conversation.
Joseph: Bah a ce moment là je peut toujours prendre le fusil à pompe.
Barry: Ouais bah dans ce cas ouais, moi t'as oublié que j'ai mon Magnum Chris.
Chris: Ah oui c'est vrai ! Ouais comme ça Wesker prends deux chargeurs lui aussi et il en reste un pour Brad, je doute qu'il mette un pieds dehors.
Jill: Il est où d'ailleurs ?
Chris: Il est déjà sur le toit.
Barry: On a été les deux premiers à sortir du vestiaire. Wesker nous attendait et ils sont montés tous les deux pour préparer l'hélico.
Chris: Il était déjà prêt Wesker ?
Barry: C'est de Wesker dont on parle, alors faut s'attendre à tout, et à ça y compris.
Tout le monde se mit à sourire, l'anxiété étant predominante, la moindre parcelle de bonne humeur était à exploiter.
Barry: Faut bien détendre l'atmosphère les jeunes. Tiens Joseph, voilà le fusil. Je te donnes combien de douilles ?
Joseph: Déjà 7 pour que je le charge et puis je vais en prendre une dizaine d'autres.
Barry: Une, deux, trois,... mmmmh, sept, voilà.
Joseph: Merci.
Chris: Bon on ferait mieux d'activer.
Jill: Ouais j'allais le dire.
Au même moment, Wesker fit son entrée.
Wesker: J'espère que vous êtes prêts. Nous partons immédiatement. Allez on y va !
Barry: Merde ! Bon Joseph tiens prends ta torche et ta radio, tant pis pour les cartouches !
Joseph: Ouais merci Barry !
Joseph prit les objets que Barry lui donnait. Ce dernier referma ensuite l'armoire et suivait ses compagnons vers l'héliport du commissariat, sur le toit.
A leur arrivée, l'hélicoptère était en marche. Brassant beaucoup d'air, on aurait dit que de puissantes rafales de vent balayaient le toit. Il faisait maintenant totalement nuit. L'éclairage publique dessinait la ville dans l'obscurité. Mélangé aux panneaux publicitaires et devantures de commerce, cela donnait naissance à un florilège de couleurs. Ils montèrent à bord les uns après les autres, le dernier fermant la porte coulissante derrière lui. L'appareil prenait en altitude, la ville se découvrait de plus en plus. Pivotant sur la droite, il fit direction vers les montagnes de l'Arklay. Personne ne parlait, une sorte de règle silencieuse. Atteignant désormais les limites de Raccoon city, Jill regardait à travers le carreau. La ville rapetissait au fur et à mesure que les secondes passaient. Les lumières auparavant étincelantes, presque aveuglantes, semblait s'éteindre dans la pénombre. Quelques minutes de vol seulement suffisaient à atteindre le secteur où BRAVO était affectée. Brad alluma un gros projecteur, situé à l'avant de l'hélicoptère. Il éclairait une vaste zone. Des arbres à perte de vue y figuraient. Le projecteur fouillait le moindre recoin, jusqu'à se stabiliser sur un infime endroit déboisé de manière circulaire.
Jill: Regarde Chris !
