Ils venaient enfin de trouver l'hélicoptère de l'équipe BRAVO, éclairé par le projecteur du leur. Un endroit dégagé quelques mètres plus loin leur permettrait de se poser eux aussi. Brad, pilotant l'appareil, activa le mode stationaire et se tourna vers Wesker.

Brad: Qu'est-ce qu'on fait patron ?

Albert: La surface dégagée en face me paraît un bon créneau, pose toi là-haut. Après on descendra et on entamera les recherches à partir de là. Comme c'est pas trop loin, ça ira. Bon, c'est parfait, vas-y !

Brad aquiesca d'un mouvement de tête et se dirigea vers le point d'atterrissage. Une fois au-dessus, ils se posèrent lentement. A présent sur la terre ferme, Brad coupa le moteur pendant que les autres détachaient leur ceinture. Barry ouvrit la porte et sortit le premier. Les autres suivaient, allumant un à un leur lampe torche. Wesker fût le dernier à sortir, bien que Brad était derrière lui.

Albert: Brad, tu restes ici. Faut qu'on se tienne prêt à décoller, ça pourrait être speed.

Brad: D'accord, bon bah je reste ici alors. Quelqu'un veut mon flingue ? On sait jamais, si vous avez besoin.

Joseph: Je peux le prendre ?

Chris: Moi j'en ai pas besoin.

Jill: Nan moi non plus, j'en ai déjà un. Barry ?

Barry: Je vous le laisse, moi j'ai mon Magnum.

Albert: Prends le Joseph.

Joseph: Super ! Merci.

Albert: Bon écoutez, vous prenez chacun une orientation. En se dispersant en cercle, on devrait couvrir un bon périmètre. Ne vous éloignez pas de trop non plus. C'est difficile d'établir une limite à respecter alors, restez à portée de voix. Gardez malgré tout le contact radio. Vous revenez ici si vous ne trouvez rien.

Chacun entreprenaient maintenant son chemin dans des directions différentes. Il faisait nuit noire et particulièrement frais. Le vent secouait les arbres tout en s'engouffrant entre eux, ce qui provoquait un sifflement plutôt angoissant. Le sol était couvert de mousse et jonché de feuilles mortes. Quelques dizaines de mètres plus loin, Joseph aboutit en face de l'hélicoptère de l'équipe BRAVO. Ce dernier n'était que partiellement endommagé, bien qu'un reste de fumée s'en évacuait. Il décida alors de l'inspecter. Il s'approcha pas à pas vers l'engin, écrasant les feuilles sèches dans un bref craquement. La première chose qui l'étonna, ce fût la porte grande ouverte, comme si personne n'avait prit la peine de la refermer. La deuxième était l'odeur qui embaumait l'intérieur. Une odeur méconnue et plutôt mauvaise. Pensant qu'elle devait sûrement provenir d'un gaz d'échappement, il grimpa à bord mais découvrit rapidement la source. Le cadavre de leur pilote, Kevin Dooley, gisait sur son siège à l'avant. Couvert de sang, il semblait visiblement avoir été lui aussi dévoré, tout comme les personnes retrouvées et a priori, les personnes disparues. Prit d'effroi, il tomba à la renverse dans un gémissement de malaise. En relevant la tête, il vu qu'un grand trou était au milieu du pare-brise, comme si quelqu'un ou quelque chose était rentré dedans à toute vitesse. Il sortit du véhicule et prit sa radio en main afin de prévenir les autres. Ces derniers continuaient leurs recherches aux alentours, sans se douter de la découverte de leur camarade. Pensant s'être aventurée trop loin, Jill s'arrêta et se mit à rebrousser chemin. C'est alors qu'un cri de terreur suivit d'un coup de feu déchirèrent le souffle du vent. Complètement perdue en raison de l'écho, Jill ignorait quelle direction prendre. Les tirs se multipliaient dans la pénombre. Tentant de s'orienter comme elle le pouvait, Jill accourait en direction de la fusillade. Après quelques secondes, elle arriva devant une scène macabre. Joseph, allongé au sol, se faisait attaquer par une sorte de meute. Il tentait de s'extirper en vain, appuyant par désespoir sur la gâchette du pistolet désormais vide, que Brad lui avait donné. Le cliquetis avertissant de l'absence de balles dans le chargeur se répètait, encore et encore, étouffé de temps à autres par les cris de l'homme. Jill assistait à la scène complètement sous le choc, littéralement pétrifiée de terreur. Les bêtes s'acharnaient sur Joseph, lui mordant les poignets, les côtes et les chevilles. C'est en lui arrachant un dernier souffle de vie que l'une d'elles se tourna vers Jill, un morceau de chair entre les crocs. L'animal ressemblait fortement à un chien de garde, mais il y avait tout de même une différence majeure. Il était comme en décomposition, on pouvait voir ses os et sa chair à vif. C'était à glacer le sang, et Jill ne pouvait toujours pas bouger. Il était clair que la jeune femme était la prochaine victime. La créature se rua vers elle puis bondit pour la mordre à la gorge. Jill ferma les yeux, pensant subir le même sort que son compagnon, mais un autre coup de feu en décida autrement. Chris se tenait à coté d'elle et venait de lui sauver la vie.

Chris: Jill, putain faut vite se barrer !

Il agrippa son avant bras et la fit passer devant. Ensemble, ils entamèrent une folle course vers leur hélicoptère. Les canidés les poursuivaient, se rapprochant un peu plus chaque seconde. Une lumière vive éclaira rapidement le sol. Les deux compères levèrent alors les yeux au ciel. Ce qu'il virent suffit à les stupéfier sur place. Brad s'en allait sans eux. Ils étaient complètement paniqués.

Chris: Hey, Brad ! Putain mais qu'est-ce qu'il fout ?!

Jill: Il oserait pas nous abandonner ?! Putain !

Ne regardant pas devant lui, Chris trébucha sur une racine d'arbre et s'effondra par terre. Il laissa malencontreusement tomber son arme dans sa chute, et l'impact de son corps sur le sol projeta sa radio. Il n'avait pas le temps de les rechercher, et se relevait en hâte en s'aidant de ses mains pour reprendre d'emblée son sprint, désormais sans ligne d'arrivée. Il se retourna un court moment pour vérifier l'avancée des molosses mais allait rapidement le regretter. L'un d'eux s'apprêtait à sauter pour l'attaquer. Braquant son bras devant son visage, il croyait que c'était la fin pour lui. La vie allait se finir là, bêtement. Il aurait aimé avoir une mort différente, tout naturellement. La bête se mit à japper, Wesker venait de la repousser en lui tirant dessus.

Albert: Chris ! Par ici !

Barry était derrière lui et tirait sur les chiens. Le plus important maintenant était de trouver un endroit où aller pour se réfugier. Pourtant, il n'y avait que des arbres à perte de vue, et les S.T.A.R.S se fatiguaient de plus en plus. Tous semblait perdu, mais une lueur d'espoir se présenta. Un gigantesque manoir se dressait devant eux au loin, majestueux. A leurs yeux, il représentait leur unique moyen de survie, et l'était sans aucun doute. Le chemin était en ligne droite, comme indiqué. Après plusieurs mètres encore de course, ils franchirent une vieille grille de fer toute rouillée. Elle était ouverte, les invitant à la dépasser. La porte d'entrée de cette immense maison était à présent à portée de main. Jill eût le privilège de l'ouvrir, avec un seul mot ancré dans son esprit: sécurité. Après que Chris soit rentré à son tour, Barry et Wesker refermèrent brutalement la double porte une fois à l'intérieur. Jill se cambra vers l'avant, complètement éssouflée et trempée de sueur, les mains sur les genoux. Elle haletait tout comme ses partenaires. Elle avala sa salive et se remit bien droite. Ils étaient dans un grand hall d'entrée. Le sol était fait de dalles en marbre, et l'architecture du plafond rappelait celui des églises. Un tapis rouge partait de la porte d'entrée, et s'étendait jusqu'en haut d'un escalier se divisant en deux après plusieurs marches. Un énorme lustre digne d'un château de la renaissance éclairait la pièce. Le moindre bruit résonnait tellement elle était vaste. Au rez-de-chaussée se trouvait une porte à gauche et deux à droite.

Barry: C'est quoi cet endroit ?

Albert: On voit pas ça tous les jours !

Chris: C'est le moins qu'on puisse dire, regarde tout ces détails !

Jill: Je m'attendais pas à arriver dans un endroit pareil...

Chris: Vous croyez que BRAVO est arrivée ici elle aussi ?

Albert: Il n'y a qu'un moyen de le savoir.

Barry: Entamer d'autres recherches ?

Albert: Exactement.

Chris: Par où commencer ?

Jill: Ça a l'air facile de s'y perdre.

Albert: On va se séparer une nouvelle fois, mais dorénavant, plus question d'être chacun de son côté.

Barry: On aurait qu'à faire des binômes ?

Albert: Oui voilà. Chris et Jill, vous partez ensemble. Donc je reste avec Barry. Vous prenez la porte de gauche, nous, on va prendre celle en face.

Jill: A vos ordres !

Chris: Patron !

Barry: Bonne chance, restez vigilants !

Albert: En cas de problèmes, on se retrouve ici. Soyez prudents !

S'en allant à la porte qui leur avait été désignée, les deux duos se séparèrent.