Chris: Tu devrais recharger ton flingue.

Jill: Oui.

Jill pressa le bouton au sommet du manche de l'arme qui permettait d'ôter le chargeur. Ce dernier se décrocha, glissa puis tomba au sol.

Jill: Merde...

Chris: Laisse le par terre, on s'en fou tu crois pas ?

Jill: Hum...

Elle saisit un autre chargeur dans sa petite sacoche noire située au bas de son dos, puis l'enclencha dans le Beretta. Le cliquetis indiquait qu'il était en place.

Chris: Parfait. Bon, une porte à droite et une porte en face.

Jill: Tu veux aller où ?

Chris: Commençons par celle qui est la plus près.

Il s'agissait de la porte de droite. Elle était en métal et toute rouillée, et semblait donc ammener vers l'extérieur. Les deux S.T.A.R.S étaient assez réticents à s'aventurer dehors. Chris prit la poignée en main, la tourna puis tira la porte. Elle grinçait, et donnait effectivement vers l'extérieur sur une terrasse. Il faisait sombre, le clair de lune éclairait grossièrement la forêt d'Arklay. On distinguait à peine ce qu'il y avait quelques mètres plus loin. Une clôture de bois délimitait l'enceinte de la terrasse. Pleins d'outils de jardinage étaient en vrac sur le sol et les différentes tables qu'il y avait. Craignant la présence d'un autre chien, Chris refermait rapidement la porte, rompant ainsi le chant des criquets.

Chris: Qu'est-ce qu'on fait ?

Jill: Hors de question que j'aille dehors moi !

Chris: De toutes façons c'est qu'une terrasse, je doute qu'il y ai quelque chose.

Jill: Bon bah alors allons voir ce qu'il y a derrière l'autre porte.

Ils s'avancèrent dans sa direction puis l'ouvrirent. C'était une salle de bain. Le néon au dessus du miroir surplombant le lavabo était allumé. Des ustensiles de toilettes étaient posés à proximité de ce dernier. L'eau s'en écoulait goutte par goutte, comme s'il n'avait pas été refermé à fond ou si le joint était usé. La baignoire était vide et les WC ouverts.

Chris: Bon, il n'y a rien ici non plus.

Jill: Ça avait l'air d'être des gens normaux. Tu crois qu'il s'est passé quoi Chris ?

Chris: Je ne sais vraiment pas. Le plus important pour moi, c'est qu'à l'heure actuelle, ils ne le sont plus, normaux.

Jill: J'aimerais savoir ce qui est arrivé ici.

Chris: Peut-être que tu auras des réponses avant qu'on reparte ? Parce que j'ai bien l'intention de partir moi !

Jill: Oui bien sûr, moi aussi !

Ils retournèrent dans la salle où ils étaient avant, qui continuait plus loin encore. Suivant le chemin, ils aboutirent à deux autres portes. Une à gauche et l'autre à droite.

Chris: Rhoooo, j'en ai marre de pas savoir où aller !

Jill: Au moins le couloir se termine, c'est l'une ou l'autre. On est sûrs de sortir de cette pièce.

Chris: Oui.

Jill: Prenons celle là.

Elle désignait du doigt la porte de gauche. Ils entrèrent dans une salle carrée, sans aucun mobilier. Des fresques murales représentaient la mort de certaines personnes, comme un genre d'avertissement. Seule une porte était en face de la leur.

Chris: Plutôt glauque comme déco...

Jill: C'est vrai que c'est particulier.

Chris: Il ne nous reste plus qu'à avancer.

Ils entrèrent dans une salle plongée dans le noir. Une fois la lumière allumée, ils découvrirent avec étonnement une pièce poussant à la relaxation. Des canapés, des plantes vertes, une cheminée et même un lecteur de cassettes audio.

Chris: Wahouuuuuu ! Enfin une salle normale !

Jill: Hoooo, j'en profite pour me poser un peu !

Elle s'asseya lourdement sur un des canapés et posait ses pieds sur la table basse juste en face. Chris s'allonga entièrement sur l'autre, les mains sous la tête et recroquevillant ses coudes sur ses joues.

Chris: Aaaaaah, ce que je suis content de me poser un peu !

Jill: Je te le fais pas dire !

Elle parcourait la pièce du regard et un détail lui sauta aux yeux. Elle se leva d'un bond.

Jill: Chris, regarde ça ! Un fusil à pompe !

Chris: Hein ?!

Il se redressa aussitôt. L'arme était posée sur un socle de fer le long d'un mur. Jill la prit en main, et tout à coup un mécanisme sembla s'enclencher.

Chris: C'était quoi ce bruit ?

Jill: Je sais pas, c'est arrivé dès que je l'ai prit.

Chris: Hum... Bon, pas grave. Fais voir !

Jill: On a de la chance.

Chris: Attends bouge pas... Hop ! Ah merde ! Il est pas chargé !

Jill: Bah si il était là c'est qu'il doit bien y avoir des munitions quelque part ?

Chris: Bah peut-être mais tu sais bien qu'on peut pas trop traîner.

Jill: Bah on le garde, tu peux toujours te défendre avec la crosse.

Chris: Oui, et puis si on tombe sur des munitions ce sera encore mieux ! Que demande le peuple !

Jill: Bon, allons-y.

De nouveau dans la salle carrée, Jill referma la porte derrière elle, qui se verrouilla aussitôt. C'est alors que le plafond se mit à descendre petit à petit, provoquant des tremblements dans les murs.

Chris: Merde ! Faut se barrer !

Jill: Ouvre l'autre porte, vite !

Chris tenta alors d'ouvrir la deuxième porte, verrouillée elle aussi. Ils se mirent tout deux à paniquer.

Jill: Nan ! C'est pas vrai !

Chris: Putain !

Il frappa la porte à plusieurs reprises avec le pied, essayant de l'enfoncer. Voyant qu'elle ne cédait pas, il entamait des charges avec son épaule tout en prenant de l'élan, mais malgré ça, elle ne bougeait toujours pas. La plafond descendait de plus en plus et atteignait désormais le niveau de la porte, obligeant Jill et Chris à s'accroupir.

Chris: Jill, tire dans la serrure vite !

Jill: Oui !

Il reculait afin d'être en sécurité. Elle braqua son arme vers la serrure et fit feu. Chris se dépêcha de redonner un grand coup de pied dans la porte. Elle était ouverte. Le temps qu'il sorte en premier, le plafond était à mi hauteur de la porte. Jill était allongée sur le ventre, tendant sa main à Chris et le suppliant de lui sauver la vie. Il saisissa sa main et la traîna au sol pour la faire sortir. Le plafond commençait à écraser son pied, mais il l'extirpa juste à temps.

Chris: Ho putain ! Jill ça va ?!

Jill: Oui ça va, ça va...

Chris: Hoooo, j'ai eu peur !

Jill: Je croyais que c'était la fin...

Chris: Mais nan mais nan.

Jill: Pfiou ! Merci Chris...

Chris: C'était vraiment moins une. C'était un piège. Voilà pourquoi cette salle était si particulière.

Jill: C'est vraiment une baraque de fous ici !

Chris: Je veux pas dire, mais je crois bien qu'on est pas encore au bout de nos peines.

Jill: Pourtant, je veux pas en voir plus.

Chris: Ah bah ça non, moi non plus. Mais pour sortir d'ici il faut bien continuer. Il faut vraiment rester prudent, on est plus qu'en danger ici. Nos vies sont en jeu...

Jill: ...

Chris: Bon, aller, aller, continuons !

Jill: Oui !

Jill se relevait, Chris s'essuyait le front. Il prit une profonde inspiration en regardant Jill, puis se tournait vers la dernière porte qu'il restait. Ils entraient dans une salle tout autant obscure. Deux portes sur la droite se présentaient à eux, ainsi qu'une troisième au fond à gauche. En face d'elle se trouvait un petit renfoncement, mais quelque chose les empêchait d'y accéder: un zombi. Jill le visa aussitôt instinctivement, mais l'apparition d'un deuxième depuis le renfoncement changeait la donne.

Jill: Hooooo, merde !

Chris: On se barre ! Vient on prend la première porte à droite vite !

Ils accoururent et refermèrent presque la porte au nez du zombi. Ils étaient dans un petit couloir et pensaient être hors de danger, mais il n'en était rien. Un autre les attendaient derrière la porte qu'ils venaient de prendre.

Chris: Pas le choix, bute le !

Sans un mot, Jill se mit à tirer sur le cadavre ambulant. Entre deux détonations, on pouvait entendre ses râles et ses plaintes, aussi grave l'une que l'autre. Les balles semblaient à peine le déranger, il continuait sa marche vers les deux S.T.A.R.S.

Chris: Jill, dans la tête !

La dernière balle qu'elle tira s'en alla tout droit dans le cerveau de sa cible, qui tomba comme une masse la seconde d'après.

Jill: Bien vu Chris !

Chris: Je me suis rappelé ce qu'on dit Barry et Wesker tout à l'heure. Tu sais ? Comme quoi une seule balle dans la tête leur a suffit à tuer celui sur lequel ils sont tombés.

Jill: Oui, on sait que c'est leur point faible maintenant.

Chris: Qu'est-ce que ça pue !

Jill: C'est...baaaaah ! J'ai jamais sentis une odeur pareille de toute ma vie je crois bien.

Chris: Hum...Bon on s'attarde pas, vient.

Ils enjambèrent le cadavre nauséabond et aspergé de sang. Au fond du couloir se trouvait un escalier permettant d'accéder à l'étage du dessus et une petite porte. Un papier avec une flèche la désignant indiquait "Réserve".

Chris: On fait quoi ? On monte ?

Jill: Bah je sais pas, regarde. Une réserve ça doit pas être bien grand.

Chris: Tu veux vérifier ce qu'il y a dedans ?

Jill: Bah tant qu'à faire, on sait jamais ce qu'il y a dedans.

Chris: Ouais, mais si y'a un zombi dedans ?

Jill: Attends.

Elle enleva son chargeur du pistolet et appuya sur la petite languette qui dépassait. Elle permet de compresser le ressort pour rajouter des cartouches dans le chargeur et de voir combien il en reste. Après un bref instant d'examen, elle le remit dans le Beretta.

Jill: J'ai encore 6 balles dedans. Alors, une petite dans la tête c'est rapide.

Chris: Bon, bah allons-y alors.

Ils entraient dans la réserve. La lumière était éteinte mais celle de la salle où ils étaient laissait voir un petit cagibi. Il n'y avait rien d'autre que des produits d'entretien. Un bidon d'essence et un sac de désherbant différaient du reste. Jill éclairait la réserve à l'aide de sa lampe torche. Il n'y avait rien d'intéressant pour eux. C'est alors que sa radio grésilla.

"Ici Barry, Jill tu me reçois ?"

Jill: Barry ? Oui, très bien.

"Vous allez bien les jeunes ?"

Jill: Ouais, on a frôlés la mort mais tout va bien pour nous, et vous ?

"Nous allons bien aussi. Où êtes vous ?"

Jill: Position inconnue.

"On se rejoint dans la hall, vous devriez venir voir ça."