Jill: Heuuu, bien reçu.

"Nous vous attendons, terminé."

Jill regardait Chris soucieuse. Il fit la moue et inspira profondément.

Chris: J'aime pas ça.

Jill: Ah ça non, moi non plus.

Chris: Bon, on rebrousse chemin jusqu'au hall ?

Jill: J'en sais rien. On pourrait pas le raccorder avec cet escalier là ?

Chris: Il mène à l'étage. Ce manoir m'a l'air immense, ce doit être facile de s'y perdre.

Jill: La salle où il y a deux zombis risque d'être dangereuse. L'un d'eux était juste derrière la porte.

Chris: Alors on monte et on voit jusqu'où on peut aller ?

Jill: Bah...mmmmmh, mouais. Ce que j'ai peur c'est de pas avoir le temps de tirer sur on revient en arrière.

Chris: Bah reste à distance, moi j'ouvre la porte et tu t'occupes de lui.

Jill: Non ! Je veux pas que ces saloperies te touchent ! Je ne veux pas prendre le moindre risque.

Chris: C'est vrai que rien d'avoir à l'idée qu'ils posent leurs mains sur moi me dégoûte !

Jill: On monte et puis c'est tout.

Elle ouvrait le chemin, prête à tirer. L'escalier virait vers la droite en son milieu, formant ainsi un angle droit. Il aboutissait à un petit couloir en large, où un zombi les attendait. D'une pâleur semblable au marbre blanc, il restait immobile le regard dans le vide, titubant et semblant avoir des spasmes. La chemise blanche qu'il portait de son vivant était maculée de sang séché, partant de l'épaule droite et s'étendant jusqu'au flanc du même côté, signe caractéristique d'une hémorragie sévère. Un vrai cadavre ambulant, tant pour l'apparence que l'esprit.

Jill: Il ne nous voit même pas !

Chris: Il est vraiment immonde. Je pensais pas que ça pouvait exister.

Jill: Je pensais pas non plus.

Chris: On se croirait dans un film d'épouvante !

Jill: Ouais, mais dans un film, tu risques pas ta vie !

Elle visa sa tête puis tira. Le corps déjà sans vie tomba juste après la détonation. Une fois les escaliers montés, le couloir dans lequel ils étaient s'enfonçait à gauche et une porte était tout de suite à droite. Un zombi au bout du couloir commençait à se rapprocher d'eux. Jill le braqua aussitôt, mais Chris intervint en posant sa main sur l'arme.

Chris: Il te reste combien de balles ?!

Jill: Heuuu... je ne sais pas, très peu !

Chris: On devrait les garder ! Si on en a besoin alors qu'on en a plus ça risque de nous coûter la vie !

Jill: Mais on fait quoi ? Il se ramène !

Chris ouvrit la porte en invitant Jill à le suivre. Une fois rentrée dans la nouvelle pièce, Chris refermait la porte. La poignée lui resta dans la main.

Chris: Bon, bah on pourra plus l'ouvrir celle-là !

Jill: Et bah bravo ! On fait comment maintenant si le bon chemin est au bout du couloir qu'il y avait ?

Chris: Bah je sais pas, on peut toujours l'enfoncer.

Le zombi frappa violemment la porte et grattait frénétiquement le bois. Chris se recula rapidement, surprit. Jill visait la porte par sécurité, mais arrêta rapidement son geste lorsque la créature renonça.

Jill: Tu crois qu'ils ont encore une conscience ?

Chris: J'en doute.

Jill: J'ai encore du mal à y croire. C'est pas des zombis, c'est impossible !

Chris: Tu les qualifierais de quoi alors ?

Jill: Je ne sais pas, mais attends, des zombis quoi ! C'est impossible...

Chris: Pour le moment, on ne sait pas ce qui s'est passé ici. Peut-être qu'on en saura plus après.

Jill: Oui...

Ils prirent alors le temps de regarder autour d'eux. Ils étaient dans une bibliothèque où plusieurs étagères présentaient une multitude de livres. Jill jeta un oeil rapide dans les ouvrages. Tout était classé très soigneusement par catégorie et par ordre alphabetique dans ces dernières. Des romans, des livres d'histoire, des encyclopédies et même des guides culinaire. Une véritable mine de connaissances. De son côté, Chris examinait un petit espace où il y avait un bureau tout en pagaille. La petite lampe qu'il y avait dessus était le seul éclairage de la pièce, mais suffisant pour y voir bien clair. Un échiquier dont la partie n'était pas terminée dépassait du rebord et manquait de basculer.

Chris: Je pense qu'il n'y a rien ici.

Jill: Ouais. Je viens de regarder rapidement dans les bouquins là, c'est juste des livres normaux.

Chris: Bon, et bien il ne reste plus qu'à avancer. Il y a une porte ici.

Jill: Allons-y alors. Je prie pour qu'on arrive bientôt au hall, parce que...

La radio de Jill coupa son élocution.

"Jill ? C'est Barry. Vous allez bien ?"

Elle saisit son Talkie-Walkie puis appuya sur le bouton de communication.

Jill: Barry ! Oui. Et vous ?

"Aaaaaah ! Vous êtes sain et sauf ! Nous n'avons pas bougés alors tout va bien pour nous. Nous vous attendons toujours dans le hall, qu'est-ce que vous faites ?"

Jill: Nous cherchons un chemin pour y accéder mais je pense qu'on s'est perdus.

"Ah d'accord ! Vous voulez qu'on vienne à votre recherche ?"

Jill: Non. Ne prenez pas de risques, on devrait plus être très loin.

"Comme vous voulez. Je m'inquiétais parce que j'ai essayé de contacter Chris en premier et j'avais pas de réponses !"

Jill: C'est normal. Quand on tentait d'échapper aux chiens dehors, il est tombé et a perdu sa radio.

"Merde ! Fais attention à la tienne !"

Jill: Oui.

"Bon, dépêchez-vous. Je suis pas rassuré de vous savoir seuls je ne sais où."

Jill: On fait attention Barry, t'en fais pas !

"Je sais que vous êtes des grands, mais ici ça ne change rien que vous soyez débrouillards ou non."

Jill: Je sais bien.

"Restez prudents. Terminé"

Elle rangea sa radio dans la pochette attachée à son harnet.

Jill: Bon, la seule issue c'est cette porte ?

Chris: Oui.

Jill: Allons-y.

Chris ouvrit doucement la porte pour s'assurer qu'il n'y avait aucun danger derrière celle-ci. Le diagnostic était impossible car le nouveau couloir qui se présentait à eux était dans le noir total.

Chris: Putain, on voit rien du tout !

Jill: Ah oui effectivement ! C'est le noir complet. Attends.

Elle prit sa torche en main et l'alluma. Le faisceau lumineux éclairait d'une vive lueur circulaire.

Jill: Ça me stresse !

Chris: Je suis pas rassuré non plus.

Jill: Putain mais... t'es sûr qu'on fait pas fausse route ?

Chris: J'en sais rien moi. On peut plus reculer de toutes façons, alors...

Jill: Bon sang...

Ils commencèrent à avancer dans le couloir silencieux, à tel point que l'on pouvait entendre battre le coeur affolé des agents. Du mobilier était collé au mur. C'était un buffet en chêne, recouvert d'une nappe protectrice. Après quelques mètres, un rideau de couleur rosée marquait un détour sur la droite où un miroir brisé était accroché au mur. Les éclats de verre jonchaient la moquette du sol. Contraints de marcher dessus, les S.T.A.R.S attirèrent l'attention d'un zombi. Jill éclaira rapidement en face d'elle. Les pas du monstre se rapprochaient lentement mais rien n'était en vue, et pour cause, un second détour au bout de l'allée cachait la créature. Elle déambula jusqu'à sortir de sa cachette, les bras balants. Comme elle éclairait, Jill visa la tête du mort-vivant d'une seule main. C'est en tremblant qu'elle appuya sur la détente. Le zombi était au sol, terrassé. Ils attendirent quelques secondes afin de s'assurer qu'il ne se relève pas, puis continuèrent leur avancée quand une porte s'ouvrit au-delà du détour, laissant entrer une lueur orangée. Chris et Jill se regardèrent stupéfaits.

Barry: Chris ? Jill ?

Jill: Barry !

Chris: Barry !

Ils accoururent au bout du couloir. Barry se tenait effectivement devant eux, le sourire aux lèvres. Après avoir franchis la porte, ils avaient enfin rejoints le hall d'entrée du manoir.

Chris: Hooo putain, enfin !

Jill: Dieu merci !

Barry: Je suis content de vous retrouver !

Chris: Ah bah de même pour nous !

Jill: Comment ça se fait que tu aies ouvert la porte comme ça ?

Barry: J'ai entendu un coup de feu, alors j'ai ouvert la porte pour voir et comme je voyais ta torche j'ai pensé que c'était vous.

Jill: Ah oui, ma torche. Il faut que je l'éteigne tiens.

L'étage du manoir était simple. Il s'agissait juste d'une plate-forme suivant le contour de la salle. Un accès coupait en travers pour accéder plus rapidement de l'autre côté.

Chris: Où est Wesker ?

Barry: Suivez-moi, mais préparez vous à un choc.