Barry s'avançait vers une porte quelques pas à côté de celle d'où Jill et Chris sortaient. C'est en s'interrogeant qu'ils le suivirent. Le petit couloir dans lequel ils entraient menait vers la gauche et donnait sur l'extérieur. Le clair de lune passait à travers les vitres qu'il y avait tout le long du côté droit. Albert Wesker attendait au bout, les bras croisés. Devant lui, une porte en bois était ouverte. On pouvait entendre le vent souffler.

Albert: Content de vous revoir vivants.

Chris: Nous aussi patron.

Jill: Oui.

Wesker: J'aimerais que vous me fassiez un petit rapport, mais avant ça, nous devons vous montrer quelque chose.

Il partait devant en passant la porte. Les trois S.T.A.R.S firent de même et arrivèrent sur un grand balcon. Totalement désordonné, il était sur la façade avant du manoir. Des plantes quasiment mortes étaient dans de magnifiques poteries en terre, fissurées ou même cassées. Une table ronde dont la plupart des chaises étaient couchées au sol se trouvait au milieu. Il y avait des bancs le long de la rambarde et contre le mur de la bâtisse. Sur l'un d'eux résidait une silhouette inerte. Jill se rapprocha pour mieux voir en raison de la pénombre et reconnut le gilet du S.T.A.R.S. Elle se retourna aussitôt vers Barry qui semblait désolé.

Barry: C'est Forest.

Jill: Forest ? Non !

Chris: Sérieux ?!

Albert: Hélas...

Jill mit sa main contre sa bouche, effarée. Chris quant à lui laissa tomber son fusil et se pencha en avant en appuyant ses mains sur ses genoux. Lui et Forest se connaissaient bien. Ils s'entrainaient au tir ensemble et se rendaient parfois dans un petit bar du centre ville de Raccoon City, appelé le "J's Bar". Barry lui fit quelques tapes sur l'épaule en l'aidant à se redresser.

Chris: Vous êtes sûrs que c'est bien lui ?

Albert: Malheureusement oui.

Chris: Qu'est-ce qu'il lui est arrivé ?

Barry: On pense qu'il a été attaqué par des oiseaux.

Chris: Des oiseaux ?

Barry: Oui.

Chris: Jill, tu peux éclairer s'il te plaît ?

Jill ralluma sa torche puis l'orienta en direction du corps. C'était bien Forest Speyer, membre de l'équipe BRAVO. Ses cheveux châtains mi-long étaient ébouriffés et des marques de bec dominaient son visage couvert de sang. Son gilet d'opération était effrité et troué. L'expression de son visage témoignait d'une souffrance effroyable. Devant cette vision cauchemardesque, Jill éteignit sa torche.

Chris: Ça fait déjà quatre personnes. J'espère sincèrement qu'il n'y aura pas d'autres victimes !

Jill: Il ne reste plus qu'Edward, Richard, Enrico et Rebecca.

Chris: Je me demande si ils savent que Kenneth et Forest sont morts.

Albert: Aucune idée. Impossible en tout cas qu'ils sachent que Joseph l'est.

Jill: Je crois que Kevin est mort aussi.

Chris: Comment ?!

Jill: Quand nous étions dehors et que Joseph était sous mes yeux, l'hélicoptère de l'équipe BRAVO était derrière. Il y avait un corps.

Chris: Merde !

Barry: Il est primordial de retrouver les autres.

Albert: Oui, ne serait-ce que pour savoir s'ils sont encore en vie.

Chris: Comment on fait ?

Jill: J'arrive à sec niveau munitions. S'aventurer comme ça davantage peut s'avérer dangereux.

Chris: J'ai plus de flingue moi, alors comme ça...

Albert: Et ce fusil là ?

Chris: Pas la moindre balle.

Barry: Tu l'as eu où d'ailleurs ?

Chris: Quand on explorait l'aile droite du manoir, on est arrivés dans une salle où il y était. J'ai juste eu à me servir.

Jill: Ça a faillit nous coûter la vie. La salle d'avant était piégée.

Albert: Comment ça ?

Chris: Bah juste avant la salle dans laquelle je l'ai trouvé, il y avait une sorte de sas. Le fusil était sur un socle qui s'est rétracté et ça a activé un piège. On s'est retrouvés enfermés dans ce sas et le plafond descendait petit à petit. On s'en est tirés de justesse.

Barry: La salle était piégée hein... Cette maison est vraiment hors du commun !

Albert: Tu devrais le garder quand même.

Chris: Ah oui, j'avais pas l'intention de m'en séparer. Je peux toujours utiliser la crosse.

Albert: Bon, et sinon, comment ça se fait que tu n'aies plus ton Beretta ?

Chris: Je l'ai paumé dehors quand nous étions poursuivis par ces sales clébards !

Albert: C'est mauvais, ça... Jill, tu disais que t'avais plus trop de munitions ?

Jill: Oui. Forest en aurait peut-être sur lui ?

Barry: Non, nous avons déjà vérifiés.

Albert: Mais Chris, tu peux au moins prendre son Beretta. Je vais te donner des munitions, Kenneth en avait lui.

Chris: Il vous en reste beaucoup vous ?

Albert: Barry a très peu tiré. Moi, il doit me rester les trois quarts de mon chargeur actuel et j'en ai un de rechange. Je vais te le donner justement.

Chris: Non, donnez moi celui qui est déjà entamé !

Albert: Non ! La vie de mon équipe importe plus que la mienne, alors maintenant tu prends ça !

Albert tendait à Chris le chargeur plein, récupéré sur le corps de Kenneth. Il était réticent à le prendre, pensant voler le moyen de survie de son patron. Il le saisit finalement après quelques secondes d'hésitation en baissant les yeux.

Barry: Ça ira pour nous, j'ai le Magnum !

Chris: Merci capitaine...

Albert: Bon, je suppose qu'on devrait envisager autre chose maintenant. Tu me feras ton rapport plus tard.

Jill: C'est bien des oiseaux qui ont tués Forest. La raison pour laquelle les habitants de ce manoir sont comme ça toucherait aussi les animaux ?

Albert: Ouais, on dirait bien.

Chris: Vous pensez qu'il peut s'agir de quoi vous ?

Albert: Je ne sais vraiment pas...

Barry: Peut-être une nouvelle maladie ?

Chris: Une sorte de virus ?

Jill: Ça se saurait si c'était ça quand même ?

Albert: Ça veut rien dire, si comme Barry le dit il s'agit bel et bien d'une nouvelle maladie, elle peut s'avérer encore inconnue.

Barry: Oui mais après, ce qu'il faut se dire, c'est que si elle est naturelle elle serait connue justement. Or, j'ai jamais vu ça...

Chris: Elle aurait été créée ?

Jill: Ça laisserait supposer que ça vient donc d'une manipulation génétique ?

Barry: Si on ne se trompe pas c'est la seule hypothèse. Du moins, je pense.

Albert: Inutile d'émettre hypothèses sur hypothèses, attendons un peu avant, voir si on peut trouver des réponses concrètes.

Chris avait les yeux rivés sur le cadavre de Forest. Il repensait aux moments passés avec lui, les rigolades quand il tentait tant bien que mal d'attirer l'attention de la serveuse du bar où ils se retrouvaient parfois, Cindy Lennox. Une belle blonde aux cheveux longs qui ne laissait pas Forest indifférent.

Jill: Il devait intégrer l'équipe ALPHA demain...

Chris: Pfff, quelle ironie ! Repose en paix mon ami, les séances de tirs avec toi vont me manquer. Je te regretterai.

Wesker: On devrait retourner dans le hall maintenant. Ces oiseaux risquent de revenir.

Barry: Allons-y Chris, on ne peut plus rien pour lui.

Chris: Oui...

Il ramassa son fusil, puis prit le pistolet de Forest au sol. Les quatre S.T.A.R.S, encore sous le choc, retournèrent dans le hall principal. La stupéfaction était au rendez-vous. Deux personnes étaient sur la plate forme centrale, l'une semblant aider l'autre à marcher. Alertées par le bruit de la porte, elles se retournèrent. C'était Rebecca et Richard.

Rebecca: Hooo, c'est pas vrai ! Dieu soit loué !

Richard: ...Merci !

Jill: Rebecca !

Albert: Ça alors !

Chris: Richard, Rebecca !

Barry: Vous êtes vivants !

Tous étaient enjoués des retrouvailles. Les quatres officiers accoururent auprès des deux rescapés. Le visage de Rebecca était maculé de tâches de sang. Elle soutenait Richard par le biais de son épaule, il semblait blessé. Son bras dégoulinait de sang et était très boursoufflé.

Jill: Vous allez bien ?!

Rebecca: Moi ça va, mais il est blessé.

Chris: Attends, on va l'aider ça ira plus vite. Barry tu m'aides ?

Barry: Bien sûr !

Chris: Tiens Jill !

Il donna son fusil à Jill pendant que Barry rangeait son Magnum dans son étui.

Jill: Que s'est-il passé pour qu'il ait un bras comme ça ?!

Rebecca: Je... Je vais vous expliquer mais on doit l'emmener dans la salle...

Albert: Quelle salle ?

Rebecca: Une petite salle où... Il y a du sérum, je...

Elle était totalement perdue dans ses pensées. Chris et Barry soutenaient Richard, qui semblait souffrir. Il se plaignait, gémissait et respirait difficilement.

Chris: Il ne va vraiment pas bien !

Albert: Bon, Rebecca ! On te suit !

Rebecca ouvrait aussitôt le chemin en direction de la porte qui était en face de celle où ils étaient. Barry et Chris guidaient Richard, comateux. Wesker et Jill concluaient la marche. Un autre balcon était derrière la porte. Il était encore plus spacieux que le précédent. Là aussi, il y avait des plantes abîmées et des bancs. Des lanternes éteintes étaient suspendues sur deux pilliers en fer forgé. Le vent soufflait plus fort qu'avant, entraînant ainsi un véritable vacarme dans les arbres. Par les fenêtres, on pouvait voir l'étage supérieur de la salle à manger, qui ne faisait rien d'autre que le contour de la pièce. Le haut de l'horloge était visible. Au bout du balcon, un petit rebord virait sur la droite à l'angle du mur. Rebecca y allait, muette.

Jill: Tu es sûre de savoir où tu vas ?

Rebecca: Oui, on n'est plus très loin.

Chris: L'état de Richard empire seconde par seconde on dirait !

Rebecca: C'est pour ça que nous devons faire vite, je vais tout vous expliquer mais ne traînons pas !

Une fois l'angle dépassé, une petite porte métallique entrouverte les invitait à entrer. La pluie commença à tomber en petite gouttelettes. Une fois entrés, Wesker referma la porte.

Albert: Au moins nous sommes abrités !

Rebecca hurla aussitôt. Une escalier menant vers le bas était devant eux, mais un zombi les empêchait de descendre. Il était couvert d'impact de balles, mais entamait tout de même l'ascension des marches en rampant comme il le pouvait.

Rebecca: Je suis certaine de l'avoir tué celui là !

Chris: Même dans la tête ?!

Rebecca: Je ne sais pas !

Albert: On va voir ça !

Il braqua son arme en direction du cerveau presque à vif de la créature et lui asséna le coup fatal. Le zombi fut aussitôt inerte.

Albert: Pour les tuer une bonne fois pour toute, une balle en pleine tête semble être le seul moyen.

Rebecca: Je ne savais pas...

Albert: Maintenant si.

Rebecca: C'est.. c'est par là !

L'entrée de l'escalier était à leur opposé. Pour pouvoir descendre, il fallait qu'ils fassent le tour de la rambarde. Rebecca le fit en courant et s'arrêta net au moment de poser les pieds sur les marches.

Rebecca: Il est bien mort ?

Albert: Normalement oui, mais si tu doutes je peux toujours passer devant ?

Rebecca: Non, monsieur Wesker, vous avez sûrement raison...

Elle s'avança en restant méfiante puis enjamba rapidement la dépouille ensanglantée. Wesker avait dépassé les autres et suivait Rebecca de près. Quand ce fut au tour de Chris et Barry, un problème se présenta. Portant Richard, ils ne pouvaient descendre avec le cadavre au beau milieu des marches.

Chris: Ça va pas là, on peut pas descendre à trois si ce machin est encore là.

Albert: Vous pouvez pas le pousser ?

Chris: J'en doute, c'est déjà assez galère comme ça de maintenir Richard, alors si en plus on doit le pousser...

Barry: Il faut le tirer d'en bas.

Rebecca: Hooo, c'est déguelasse !

Barry: Il n'y a pas d'autres choix !

Albert: Bon, ok, ok ! Attendez !

Il remontait au niveau du torse du zombi et le poussait avec le pieds. Le corps glissait le long des marches, jusqu'à atteindre le rez-de-chaussée après les quelques efforts du capitaine. Le dernier qu'il fit servit à coller le zombi contre le mur, permettant ainsi à Chris et Barry de passer aisément. Rebecca ouvrit une petite porte juste à côté de l'escalier, que Jill referma une fois que tout le monde était entré dans la pièce où elle menait.