Ils étaient dans une petite salle sans fenêtre. Une armoire collée sur le mur de droite était remplie de médicaments. Un coffre se trouvait juste à sa droite, et de l'autre côté un lit muni d'un draps blanc faisait l'angle du mur. À ses pieds, un petit bureau de bois mettait à disposition une machine à écrire, accompagnée d'un calepin et d'une petite lampe. Rebecca avait prit soin d'allumer la lumière principale. La pièce était très lumineuse. Les S.T.A.R.S se trouvaient à l'étroit, en dépit de leur nombre et de l'espace qu'il y avait. Rebecca était une jeune femme de tout juste 18 ans. Le mois précédent, elle intégra l'équipe BRAVO des S.T.A.R.S en tant qu'infirmière sur le terrain. De nature intelligente, elle était plutôt mûre pour son âge. Elle était assez grande et mince et ses cheveux châtains lui arrivaient aux joues. Joueuse de Basketball hors pair, elle respirait d'ordinaire la joie de vivre. Elle se mit aussitôt à chercher quelque chose frénétiquement dans l'armoire tout en s'adressant à Chris et Barry.
Rebecca: Allongez-le dans le lit.
Chris: Qu'est-ce que tu cherches ?
Rebecca: Du sérum. Je sais qu'il y en a. Jill ? Tu peux me chercher une seringue dans le coffre s'il te plaît ?
Jill: Je veux bien, mais comment tu sais s'il y en a là dedans ?
Rebecca: Je suis venue ici avec lui tout à l'heure et j'ai fouillée brièvement. Il devrait y en avoir.
Jill: Bon, bah dans ce cas ok.
Elle confia le fusil à Wesker puis entama ses recherches dans le coffre rempli d'outils destinés aux médecins. Pendant ce temps là, Rebecca examinait divers flacons pour trouver ce qu'elle cherchait. Chris et Barry venaient tout juste d'allonger Richard sur le lit, presque inconscient. Il tremblait et toussait.
Chris: Je pense qu'il a une forte fièvre.
Barry: Il ne va pas bien du tout.
Chris: Qu'est-ce qu'il s'est passé, Rebecca ?
Rebecca: Je vais vous expliquer mais avant je dois juste trouver le sérum.
Jill tendit une pochette transparente à Rebecca. Elle contenait une seringue avec un set de plusieurs aiguilles de tailles différentes. Quand Rebecca posa les yeux dessus, son regard semblait s'illuminer.
Jill: C'est ça qu'il te faut ?
Rebecca: Oui Jill ! Merci !
Elle saisit le sachet en plastique et continua sans broncher son inspection. Au bout de quelques secondes presque interminables, elle trouva enfin le flacon qu'elle cherchait. A présent devant le lit, elle s'agenouilla puis ouvrit le sérum.
Rebecca: Tout va bien se passer Richard, je vais te faire une injection.
Richard: Arf ! ... Gggh, J'ai..ai..pe..peur... Rebe...cca ...
Rebecca: Non ne t'inquiètes plus, ça va aller maintenant.
Elle vérifia l'aiguille assignée à la seringue après l'avoir remplie de sérum puis piqua la peau au niveau d'une gigantesque morsure. Deux crochets semblaient avoir plantés le bras de Richard. La peau virait au bleu au même endroit et était bouillante. Une fois le liquide totalement administré, elle retira lentement l'aiguille puis posa la seringue sur le couvercle du coffre. Richard ferma les yeux et tentait de se calmer.
Rebecca: Bon, il est temps pour moi de vous expliquer. Je ne sais pas par où commencer...
Chris: Calme toi déjà, nous sommes là maintenant.
Rebecca: Oui... Je ne pensais pas que vous viendrez aussi rapidement.
Jill: Nous n'avons pas traînés quand les liaisons ont étés coupées, mais ce n'était pas assez rapide pour autant.
Rebecca: Pas assez rapide ?
Jill: ...
Barry: Nous aussi nous devons te dire certaines choses.
Rebecca baissa les yeux, pensant comprendre où voulait en venir Barry. Elle attendait les bras balants la triste révélation.
Rebecca: Dites moi.
Barry: Forest et Kenneth sont morts Rebecca. Je suis désolé.
Elle inspira profondément puis passa la main dans ses cheveux tout en faisant la moue. Ses yeux pétillaient, ce qui annonçait une larme iminente.
Chris: C'est un choc pour nous tous tu sais.
Rebecca: Nous avons tous passés les portes de ce manoir ensemble... C'est dur de se dire qu'ils n'en sortirons pas.
Jill: Joseph est mort lui aussi.
Albert: Oui. Quand nous sommes venus, nous nous sommes posés non loin de votre hélicoptère. C'est là que des chiens nous ont attaqués. Joseph a été submergé, ce qui nous a alertés. C'est là qu'il est mort. Nous avons prit la fuite et sommes arrivés là.
Jill: Je pense que Kevin aussi.
Rebecca: Oui, il est mort aussi. C'est ça qui nous a permis de se rendre compte du danger qui rôdait dehors. Nous sommes restés un moment à l'extérieur avant de devoir fuir. Edward a été tué dans la forêt par ces bêtes lui aussi.
Chris: Edward aussi ?!
Barry: C'est pas vrai ?!
Jill: Putain ! Et Enrico ?
Rebecca: Il n'est plus dans le manoir.
Albert: Comment ça il n'est plus dans le manoir ?!
Rebecca: Il a trouvé une issue. Nous étions en route pour le rejoindre quand nous avons été confrontés à lui.
Jill: Lui ?
Rebecca: Je vais vous expliquer. J'explorais le manoir aux côtés de Richard quand nous avons reçus un appel radio d'Enrico. Il disait être dans la cour arrière du manoir et qu'il y avait un chemin, alors nous devions nous y regrouper pour continuer ensuite. Sauf qu'en cherchant un moyen de rejoindre le point de rassemblement, on s'est retrouvés dans une sorte de grenier. Un serpent gigantesque nous a attaqué et en tentant de me sauver la vie, Richard s'est fait mordre. On s'est barrés le plus vite possible mais il ne se sentait déjà plus très bien, alors comme je suis venue ici une première fois tout à l'heure et que j'ai aperçue le sérum, j'ai décidée de venir lui faire une injection. C'est en sortant que nous sommes tombés sur vous.
Chris: Un serpent géant ?
Jill: Ça devient ridicule là !
Chris: Inutile de dire que ça paraît invraisemblable, mais j'en ai vu assez pour te croire sur parole.
Barry: De plus, on ne peut pas dire que la morsure sur le bras de Richard est bénigne.
Jill: Un serpent géant comment ?
Rebecca: Géant comme on ne peut l'imaginer. S'il vous plaît, dites moi que vous savez ce qu'il se passe ici !
Albert: Nous savons simplement que rien n'est normal.
Rebecca: Il faut que je vous montre ça alors !
Elle ouvrit sa sacoche au niveau du bas de son dos et sortit un petit journal froissé. Elle parcourait les pages attentivement, jusqu'à s'arrêter à l'une d'elle. En maintenant ouverte cette même page, elle tendait le journal à Jill.
Rebecca: Vous devriez lire ça.
Jill: Qu'est-ce que c'est ?
Jill prit en main l'ouvrage. C'était une sorte de journal intime, écrit à la main et au crayon de bois. Elle inspira puis commençait la lecture à partir de la page que Rebecca avait retenue.
"9 mai 1998 :
Ce soir, j'ai joué au poker avec Scott, Steve le chercheur et Alias le garde. Steve a beaucoup gagné, mais je pense qu'il a triché. Saloperie !
10 mai 1998 :
Aujourd'hui, l'un des principaux chercheurs m'a demandé de m'occuper d'un monstre qui ressemble à une sorte de gorille sans peau. Il m'a dit qu'il fallait le nourrir d'animaux vivants. C'est carrément glauque !
Lorsque je lui ai jeté un cochon, le monstre a commencé par jouer avec… puis il lui a arraché les pattes et les viscères, avant de commencer à le dévorer. Cette fois s'en est trop, dès que j'ai la moindre opportunité, je me casse d'ici !
11 mai 1998 :
Vers 5 heures du matin, Scott est venu me réveiller. Il m'a vraiment foutu les boules. Il portait une combinaison de protection, un peu comme celle des astronautes. Il m'a dit d'en enfiler une moi aussi.
J'ai compris qu'un accident s'était produit dans le labo du sous-sol. Je savais que ça arriverait un jour. Ces bouffons de chercheurs ne dorment jamais, même pendant les vacances. Pas un seul jour de repos depuis je sais même pas combien de temps !
12 mai 1998 :
Je porte cette saleté de combinaison depuis hier. J'ai la peau sale, je me sens poisseux. En plus ça me démange c'est horrible. Les chiens me regardent d'un drôle d'air. Pour leur apprendre, je ne les ai pas nourris aujourd'hui. Bien fait pour eux. C'est vexant de se faire toiser comme ça.
13 mai 1998 :
Je suis allé à l'infirmerie parce que mon dos était tout gonflé et me démangeait. Ils m'ont bandé le dos et le docteur m'a dit que je n'avais plus besoin de porter la combinaison. Je n'ai qu'une seule envie : dormir.
14 mai 1998 :
Lorsque je me suis réveillé ce matin, j'ai découvert une autre ampoule à mon pied. C'était pas une petite amoule de merde, incroyable ! Tellement grosse que j'ai dû traîner du pied pour aller au chenil. Les chiens ont été étonnement calmes toute la journée.
Je me suis ensuite aperçu que certains d'entre eux s'étaient enfuis. C'est peut-être leur moyen de se venger après trois jours de jeûne. Si quelqu'un s'en aperçoit, je vais me faire dépouiller !
16 mai 1998 :
J'ai entendu dire qu'un chercheur qui avait tenté de s'échapper du complexe a été tué la nuit dernière. Tout mon corps me brûle et me démange la nuit.
Lorsque j'ai gratté mon bras enflé, un morceau de chair pourrie est tombé.
Bon sang, qu'est-ce qu'il m'arrive ?
19 mai 1998 :
Plus de fièvre mais démangeaisons. Très faim aujourd'hui, mangé nourriture des chiens.
21 mai 1998 :
Ca gratte, gratte Scott venu sale tête alors je l'ai tué, Délicieux.
22 mai 1998
Gratte. Délicieux."
L'écriture des derniers jours est d'une précision infantile, tremblante et disproportionnée. C'est avec un regard troublée que Jill referma le journal.
Il contenait beaucoup d'indices sur ce qui était survenu dans cet immense manoir. Ils avaient enfin une piste, un début d'explication. Ils connaissaient désormais l'existence d'un laboratoire souterrain où il y avait des "spécimens".
Chris: Rebecca, tu as trouvée ça où ?
Rebecca: Dans une petite chambre tout à l'heure avec Richard.
Chris: Bon et bien, on en sait un peu plus.
Barry: Ce serait donc une maladie ?
Albert: On dirait bien. Par mesure de sécurité, plus personne ne porte ses mains à sa bouche ou à son nez.
Jill: Hoooo, nan ! Putain ça va me faire flipper !
Chris: Relax ! Relax ! On ne sait même pas si ça se transmet par voie aérienne où si ça se transmet tout court. Si il dit ça, c'est par assurance c'est tout.
Jill: Je déteste ce genre de truc !
Chris: Ça se comprend.
Barry: Dans le laboratoire du sous-sol disait-il...
Albert: Ça devait sûrement rester secret et ne pas s'ébruiter.
Chris: Je suppose.
Albert: Nous avons un début d'explication. Maintenant, nous devons retrouver Enrico.
Barry: Il faut trouver le chemin.
Rebecca: Pour ça, je n'ai qu'à lui demander.
Albert: Vous avez un contact radio ?!
Rebecca: Oui, mais le dernier était pour nous avertir du point de rassemblement. Je ne l'ai pas recontacté depuis.
Albert: Il n'est pas au courant pour Richard ?
Rebecca: Non.
Chris: Et les autres ?
Rebecca: Je l'ignore complètement.
Albert: Je vais lui passer l'appel. Vous êtes sur quel canal ?
Rebecca: 140.85.
Albert prit sa radio et régla la fréquence en tournant le tuner.
Albert: Enrico ?
"Wesker ?!"
Albert: Enrico ! Oui, c'est moi !
"Ho la vache ! Vous êtes là ! Mais depuis quand ?!"
Albert: Depuis une heure, peut-être deux.
"Vous êtes où ?"
Albert: Dans une sorte d'infirmerie dans le manoir avec Rebecca et Richard.
"Bon bah écoutez, heuumm... J'arrive hein, là je suis derrière. Dans une dizaine de minutes je devrais être là. On se rejoint où ?"
Albert: Il y a un soucis Enrico. Je dois te dire certaines choses.
"Qu'est-ce qu'il y a ?"
Albert: Kenneth, Kevin, Edward et Forest sont morts.
"Je savais pour Kevin et Edward, mais je pensais que Forest et Kenneth étaient encore en vie..."
Albert: Je suis désolé. De plus, Richard est dans un état grave.
"Hooo, c'est pas vrai !"
Albert: De notre côté, Joseph est mort. Tu vas bien ?
"Ouais ouais, ça va, ça va. Je suis désolé par rapport à Joseph."
Albert: Tu penses être en sécurité là où tu es ?
"Là où je suis non, mais si je reviens un peu en arrière oui."
Albert: Nous allons venir. Tu peux nous guider ?
"Comment ça vous allez venir ? Non, je veux pas ! Albert, moi je suis seul alors ne vous mettez pas en danger. Je serais là d'ici dix minutes à peine."
Albert: Tu te mets à l'abri et tu nous attends. Tu as beau être le capitaine de l'équipe BRAVO, je suis celui du S.T.A.R.S en plus d'être celui d'ALPHA. Ce sera plus sûr de venir à plusieurs que toi seul.
"Bon, comme tu voudras. Je vais vous aiguiller du coup."
Albert: Depuis le hall, tu pourrais nous dire où aller ?
"Le hall d'entrée ?"
Albert: Oui.
"Ho bah ouais sans problème."
Albert: Bon, nous y allons, je te recontacte dès que nous y sommes. Terminé.
"Restez prudents tous, terminé."
