Chapitre 3 : La Fuite
Partie 4 : Les préparatifs
Mardi 30 juin, après-midi
- Nous devons absolument passer chez Gringott's, dit Narcissa en arrivant sur le chemin de traverse.
- Pour quoi faire ? demanda Draco.
- Il nous faut bien te créer un compte joint avec la banque de Fineborough, puisque c'est la ville la plus proche du Palais, et te donner un moyen de retirer de l'argent aux Etats-Unis.
Une fois dans la banque, Narcissa se dirigea immédiatement vers le comptoir où elle savait que le Gobelin suivait sa famille depuis des années. Elle espérait ainsi que les démarches seraient plus simples et surtout plus rapides.
- Bonjour Gripsou, salua sèchement la sorcière. Je viens pour affaires.
- Bonjour madame Malfoy, répondit le Gobelin sur un ton mielleux. Nous sommes là pour vous servir, bien évidemment. Pour quel genre d'affaires venez-vous ?
- Pour la création d'un nouveau compte et d'un moyen de retrait associé.
- Si vous voulez bien me suivre, invita le dénommé Gripsou en descendant de son siège et en se dirigeant vers les bureaux personnalisés. Nous serons bien mieux là-bas.
Le petit Gobelin invita les deux sorciers à s'installer. Narcissa passa devant lui sans un regard, contrairement à Draco qui repéra avec étonnement la légère grimace qu'il fit en les laissant passer. Il disparut quelques minutes et un autre Gobelin entra dans le bureau.
- Madame, Monsieur, asseyez-vous je vous en prie, invita le Gobelin.
- Puis-je savoir où est Gripsou ? demanda froidement Narcissa.
- Il est retourné à l'accueil, madame. C'est moi qui m'occupe désormais de vos comptes, expliqua le Gobelin. Je me nomme Rajik. J'espère que nous ferons ensemble de bonnes affaires.
Draco jeta un œil à sa mère. Elle n'avait pas vraiment l'air d'apprécier le changement, mais puisque le Gobelin semblait prêt à travailler pour eux et qu'il les avait accueillis avec la formule des affaires, elle retint ses remarques et salua à son tour.
- Je m'appelle Narcissa Malfoy, et je viens pour faire affaire avec vous.
- Je vous écoute.
- Mon fils part aux Etats-Unis demain. Je souhaite ouvrir un coffre international à son nom et lui donner un moyen de retrait également international.
- Avez-vous l'accord du ministère ou risquons-nous des ennuis ? demanda Rajik en jetant un œil à Draco.
- Cela ne vous regarde pas vraiment, répondit Narcissa froidement, mais je vais exceptionnellement vous répondre. Mon fils a l'accord du ministère puisque c'est justement le ministère qui le bannit. Mais apprenez que nous ne venons ici que pour des affaires d'argent. Les affaires de justice ou de politique ne regardent que nous, et c'est notre famille qui prend les décisions ou les responsabilités de toute action demandée à la banque. Si vous êtes désormais notre conseiller principal, j'aimerai autant que vous ne l'oubliez pas.
- Mais bien sûr, madame, répondit le Gobelin en dévoilant ses dents pointues dans un étrange sourire. Avez-vous choisi d'installer le coffre principal chez nous ou pensez-vous à une autre banque ?
- Je souhaite conserver le coffre principal de mon fils à Londres, mais le premier relais sera à Fineborough. Il sera au nom de Draco Malfoy, mais je veux y avoir accès afin d'en contrôler le débit et de le remplir le cas échéant. Puis-je avoir la liste des montants des opérations courantes concernant un coffre international ?
- Puis-je connaître la contenance désirée du coffre, s'il vous plaît ?
- Disons… Un coffre pour dix-mille Gallions suffira pour le temps où mon fils sera à l'étranger. Mettez-y également suffisamment de place pour y stocker d'éventuels objets magiques. L'or de ce coffre devra réintégrer le caveau familial une fois que mon fils prendra l'héritage de la famille Malfoy.
- Bien. En tenant compte de vos exigences, les frais de compte seront les suivants : 10 gallions et 8 mornilles pour l'ouverture d'un coffre de cette ampleur, 25 gallions et 15 mornilles annuels pour l'entretien d'un compte international et un prélèvement de 0,3% sur chaque mouvement de fonds de plus de 50 gallions.
- Presque 26 galions annuels pour l'entretien ? Ça me paraît beaucoup pour un coffre aussi petit.
- Il s'agit en fait des frais nécessaires à l'entretien de deux coffres : l'un ici à Londres et l'autre dans la banque de Fineborough, où votre fils retirera de l'argent. Ce sont nos accords avec la ville.
Narcissa récupéra la liste des frais tendue par le Gobelin et la rangea dans la bourse de sa ceinture. Elle montrait par ce geste qu'elle acceptait les frais mais que tout changement serait sanctionné, preuve à l'appui. Elle savait de toute façon qu'il valait mieux ne pas négocier les frais de fonctionnement d'un coffre avec les Gobelins, au risque de se trouver moins bien servi par leur sécurité.
- Veuillez me suivre, monsieur Malfoy, nous allons vous créer votre coffre personnel.
Sur un geste de sa mère, il se leva et suivit le petit être hors du bureau puis dans divers dédales de pierre. Il monta dans un wagon qui s'arrêta à peine trente secondes plus tard. Il faisait plutôt sombre et la pierre luisait de gouttelettes d'eau.
- Depuis la guerre, l'inondation et la destruction d'une partie de la banque, nous avons quelques problèmes d'humidité, expliqua le Gobelin en voyant Draco suivre une goutte du regard. Etes-vous prêt pour l'ouverture d'un coffre à durée limitée, monsieur Malfoy ?
- Oui.
- Parfait. Alors laissez-vous faire et tout ira bien.
Le Gobelin attrapa le poignet du sorcier blond et lui appliqua la main sur une partie lisse dans la roche du souterrain. Draco sentit une chaleur plutôt agréable se répandre le long de son avant-bras et observa la pierre tout autour de lui se modeler différemment jusqu'à ce qu'une porte de pierre apparaisse.
- Votre tout premier coffre, monsieur Malfoy. Et…
Il frappa du poing contre l'espace lisse où Draco avait appliqué sa main, ce qui produisit un étrange son métallique.
- En voici la clef, dit Rajik en ramassant une petite clef dorée tombée au sol. Faites-y attention. Les coffres intérimaires sont accessibles ici comme à Fineborough simplement avec cette clef. Nous ne serions pas responsables d'un retrait effectué sur vos comptes par un autre individu s'il la possède. Elle est le seul sésame demandé à nos comptoirs pour ce type de coffre.
- Bien sûr que j'y ferai attention, pour qui me prenez-vous ? répondit Draco avec un air méprisant.
- Je ne faisais que vous prévenir, monsieur Malfoy, dit Rajik avec le même sourire tordu qu'il avait adressé à sa mère quelques instants auparavant.
Ils remontèrent jusqu'au bureau où Narcissa les attendait. Les deux sorciers signèrent magiquement les divers papiers présentés par le Gobelin, que Narcissa lisait toujours avec attention. Elle connaissait l'esprit tordu que pouvaient parfois avoir les Gobelins, en matière d'argent. Enfin, ils purent se libérer pour commencer leurs achats dans les diverses boutiques du chemin de traverse.
Draco dut suivre sa mère qui tenait absolument à prendre la direction des opérations.
- Rappelle moi ce qu'on fait là, râla discrètement Draco alors que sa mère furetait dans l'animalerie.
- Il n'est pas question que je te laisse partir autant de temps sans avoir le moyen de te contacter, répliqua sa mère avec la voix froide et sèche qu'elle utilisait en société.
S'il n'avait pas été aussi poli et bien élevé, Draco aurait fourré ses mains dans les poches de sa robe et donné un coup de pied dans la première cage à sa portée. Il était content que sa mère se soucie un minimum de lui, mais beaucoup moins qu'elle ait envie de remplacer son ancien hibou, tué par Nagini comme sanction l'année précédente.
Alors ils étaient dans la partie de l'animalerie qui proposait divers hiboux et chouettes à acheter.
- Mon hibou grand-duc est incapable de traverser la mer pour échanger nos messages. Il nous faut un animal long-courrier, solide et endurant.
- Je ne savais pas qu'il y avait des hiboux long-courriers, remarqua Draco.
- Bien sûr qu'ils n'existent pas. On les ensorcèle, c'est tout. Tant que l'animal a un minimum de résistance, c'est tout ce qu'on lui demande… Et celui-ci me semble le plus approprié. Enfin, celle-ci, dit sa mère en désignant une chouette de l'Oural d'une soixantaine de centimètres.
Elle trônait au milieu de l'espace pour hiboux, la seule à avoir droit à tant de place et à se tenir sur un perchoir, hors d'une cage. Celle-ci, en voyant le doigt tendu vers elle, crut qu'on allait l'attaquer et elle battit furieusement des ailes avec un cri effrayant. Narcissa n'apprécia pas de voir sa coiffure malmenée par la masse d'air déplacée.
- Elle a l'air d'avoir un mauvais caractère ! remarqua Draco. Mais je la prends.
Au moins pour avoir la paix et parce qu'elle avait énervé sa mère, songea-t-il. C'était deux bonnes raisons, selon lui.
- Est-ce que je peux au moins choisir un animal moi-même ? demanda-t-il ensuite à sa mère. Autre chose qu'une chouette que je ne verrai probablement jamais…
Narcissa hésita quelques instants : elle aimait son fils, mais elle devait reconnaître qu'en matière de soins aux animaux, il était très mauvais. Il n'était pas assez soucieux de leur bien-être. Heureusement qu'il avait son elfe de maison pour s'en occuper, quand il était au manoir. Et encore, même là… Le cimetière pour animaux que son fils avait installé dans un coin du jardin quand il était petit était bien trop rempli pour qu'elle soit rassurée.
Cependant… Elle craquait toujours devant la petite moue enfantine que son fils arborait, quand il avait envie de quelque chose.
Et puis, il aurait au moins une présence amicale avec lui, quand il serait à l'étranger. Elle savait qu'il ne lui dirait jamais si quelque chose allait mal et ça l'inquiétait. Parce qu'elle savait qu'il loin d'être assez débrouillard pour prendre soin de lui. D'ailleurs, c'était pour cette raison qu'elle et son mari avaient décidé de lui créer un compte avec suffisamment d'argent. Pour qu'il puisse avoir de quoi vivre…
C'était encore une chose que son mari déplorait, quand ils étaient seuls à la maison. Comment croire que leur fils, déjà majeur, soit capable de gérer l'immense fortune des Malfoy, un jour… L'occasion de le voir partir aux Etats-Unis restait une opportunité à saisir pour qu'il murisse. Et si elle n'avait pas trop protesté, c'était justement parce qu'elle avait cet espoir qu'il devienne enfin un homme un peu plus accompli. Et également parce qu'elle avait négocié avec son mari l'achat d'un hibou long-courrier. Tant pis pour le prix.
En observant son fils, elle songea soudain que l'animal – ou en tout cas sa longévité – serait un bon moyen de le tester, de voir s'il avait muri ou non. Elle se mordit la lèvre, plaignit un instant l'animal qui serait choisi puis donna finalement son accord.
- Mais choisis un animal noble ! insista la sorcière, en pensant à la condition nécessaire pour avoir l'aval de Lucius.
Draco se promena dans les rayons divers. Il regarda avec mépris les grenouilles, les lapins et les rats. Il ne jugea pas les serpents pour lui, malgré sa maison d'appartenance, à cause de sa mauvaise expérience avec Nagini. Les autres animaux – tortues, chiens, araignées – semblaient ennuyeux. Il atterrit enfin dans la section des chats. Un chat, c'était indépendant. Et noble. Il observa les cages assez attentivement.
Plusieurs d'entre eux étaient mignons. Mais Draco ne voulait pas d'un animal mignon. Beau, à la limite. Majestueux, sans aucun doute. L'un des chats, gris tigré de noir, attira son attention à cause de sa taille imposante : probablement plus d'un mètre de longueur. Par contre, il avait le poil assez terne et tombant. En fait, couché de tout son long, il avait l'air déprimé.
Alors que Draco allait se détourner de l'animal, ce dernier protesta d'un miaulement indigné et se leva sur ses pattes. Il tourna sur lui-même, la tête haute, comme pour dire « tu ne m'as pas bien regardé » et Draco sourit d'amusement. Le vendeur, qui observait au loin, s'approcha.
- Qu'est-ce que c'est, comme race ? demanda Draco.
- Un Maine Coon. Une race originaire des Etats-Unis. Je pensais qu'elle aurait du succès, mais les enfants n'en veulent pas parce qu'elle est trop grosse.
L'animal poussa un nouveau miaulement de protestation. Draco songea que sa taille ne le dérangeait pas le moins du monde : il avait toujours habité dans de vastes domaines, qu'il s'agisse du manoir principal ou des manoirs secondaires.
- C'est une femelle ? Elle a l'air malade.
- Ho ! Non ! Elle va bien. Elle est juste flemmarde. Et je crois aussi que les grands espaces lui manquent. Elle apprécierait sans doute de sortir de sa cage, mais je me méfie… J'ai l'impression qu'elle se carapaterait à peine la porte ouverte.
- Je vais au Etats-Unis pour un temps. Vous pensez qu'elle s'y ré-acclimaterait facilement ?
- Sans aucun doute. Vous voulez la prendre ?
- Je ne sais pas encore.
Le chat, ou plutôt la chatte puisqu'il s'agissait d'un femelle, s'assit et fixa ses yeux noirs dans ceux de Draco. C'était un animal fier, effronté, apparemment paresseux et probablement capricieux. Mais le jeune sorcier trouvait amusant d'avoir un animal de caractère. Et celui-ci semblait en avoir à revendre.
- En fait… Oui. Je la prends. Comment doit-on la nourrir ?
- Les souris, rats et autres mulots feront très bien l'affaire. Sinon, vous pouvez également lui donner de la pâtée pour chats. Suivez-moi, je vais vous montrer les accessoires et la nourriture adaptés.
Draco prit en supplément de l'animal une dizaine de boîtes de pâtée pour chats aux divers parfums de viande et de poisson, ainsi que deux gamelles, des produits d'entretien, et deux ou trois jouets pour pallier à son ennui. Il demanderait plus tard à Pony comment il était censé s'occuper d'un chat.
Narcissa paya le tout, ainsi que le sortilège pour faire de la chouette un animal long-courrier, et les deux sorciers blonds ressortirent. Satisfait d'avoir obtenu l'animal de son choix, Draco ne protesta pas trop quand sa mère l'emmena chez madame Guipure, tout près.
- Je croyais que tu ne voulais plus venir ici. A cause des sang-de-bourbe…
- C'était vrai, mais ça sera plus pratique et surtout plus rapide. Nous n'avons que le reste de l'après-midi pour acheter tes fournitures, puisqu'on t'oblige à partir demain. Alors autant aller à l'essentiel maintenant.
Draco leva les yeux au ciel et suivit sa mère dans la boutique. Il ne dit rien mais songea que sa mère était surtout pressée de rentrer parce qu'elle n'appréciait pas de laisser son mari seul au manoir. Il la laissa discuter avec la gérante et son assistante et observa ses deux animaux. Ils semblaient se jauger du regard, chacun dans sa cage. C'était assez curieux. Il haussa les épaules et se retourna vers sa mère qui l'appelait.
- Voilà. Tu essaies ces ensembles-là. Les chauds pour le village et les vêtements légers pour le Palais.
Draco observa les deux piles de vêtement d'un air satisfait. Il aimait toujours acheter de nouveaux habits. Igor leur avait fait passer le message par Severus : le village de Fineborough – à côté du Palais – était très froid, tandis que le Palais était au cœur d'un domaine dont le microclimat était plutôt chaud.
La séance d'essayage fut assez rapide, le jeune sorcier ayant l'habitude, et il retint six ensembles – trois pour chaque climat. Ça suffirait puisqu'il avait énormément de tenues peu portées dans ses armoires qui feraient largement l'affaire. Il réussit cependant une fois de plus à convaincre sa mère de laisser choisir d'autres vêtements lui-même.
Il choisit deux écharpes, deux paires de gants et une paire de bottes en cuir de taureau. C'était peu seyant, mais très pratique pour marcher dans un environnement hostile. Il ne connaissait pas les Etats-Unis, mais il en avait l'image d'un pays de rustres. Le village de Fineborough avait-il des chemins ou des routes de bonne qualité ? Il valait mieux prévoir.
Il réussit aussi à convaincre sa mère de s'arrêter dans une boutique d'affaires de voyage, pour acheter une malle à dix serrures. Elles étaient très rares, chères, mais plus petites et plus maniables que leurs cousines aux sept serrures. Elles avaient moins de place au total, mais Draco préférait avoir plusieurs coffres de la taille d'une armoire plutôt que des coffres de la taille d'une chambre. Que voulez-vous, mauvais souvenir depuis le jour où il était tombé dedans, quand il était petit…
Enfin, toutes leurs démarches terminées, les deux sorciers rentrèrent au manoir. Une fois arrivé, Draco libéra les deux animaux qui profitèrent immédiatement de leur nouvelle liberté pour partir explorer le manoir et les jardins.
- Il faudra que tu leur trouves un nom rapidement, si tu veux qu'ils t'obéissent mieux, dit Narcissa en le voyant faire.
- Oui mère. J'y penserai.
- Bien. Va préparer tes valises avec ton elfe et sois prêt à dix-neuf heures pour le dîner, lui dit-elle en lui tendant un sac dans lequel tenaient tous les achats réduits. Je vais voir ton père.
Draco monta le sac jusqu'à sa chambre, en tentant d'ignorer son pincement au cœur : avait-il vraiment cru que sa mère viendrait l'aider à terminer son paquetage ? Pas vraiment. Mais c'était toujours une déception supplémentaire. Peut-être viendrait-elle l'aider, si son père venait jeter un œil à ses achats ? Et encore. Non…
Quand elle aperçut son visage fermé, Pony – qui l'attendait toujours dans ses quartiers – se précipita vers lui.
- Vous auriez dû m'appeler, maître Draco. Je vous aurais aidé !
- Je sais, Pony. Tu l'aurais fait, soupira Draco. Mais tu peux m'aider, maintenant : je dois préparer mes bagages pour demain.
Le sorcier blond remit ses affaires à leur taille et désigna la malle à dix serrures à Pony.
- Tout ce que j'emporte doit tenir là-dedans.
- Bien maître Draco. Que voulez-vous emmener ?
- Le strict nécessaire pour un Malfoy. De quoi m'habiller, me laver, quelques draps de soie, mon nécessaire à potion et quelques livres. Ha ! Et de quoi manger pour mes nouveaux animaux.
Il observa son elfe courir dans tous les sens, en donnant son avis de temps à autre. Il n'aimait pas faire lui-même ses bagages et ça l'arrangeait bien d'avoir une elfe de maison à son service. D'autant plus que, depuis le temps qu'elle le servait, elle avait appris à agir avec lui autrement que la plupart des elfes de maison de base. Elle, au moins, ne se punissait pas au moindre froncement de sourcil. Elle était relativement normale. Pour une elfe.
Il laissa vagabonder ses idées, assis dans l'un des deux fauteuils de son salon personnel. Si sa mère l'avait accompagné, il aurait peut-être mis la main à la pâte. Peut-être. Mais de toute façon, si elle était venue avec lui, elle aurait agi froidement.
C'était dans son caractère, elle était comme ça. Sauf quand son père était là. Il ne pouvait au moins pas nier qu'ils s'adoraient l'un l'autre. Ses parents étaient détestables, et il était le premier à l'admettre au fond de lui, même s'il les défendait bec et ongles. Mais ils redevenaient humains quand ils étaient l'un avec l'autre.
- Voudriez-vous emmener votre équipement de Quidditch, maître Draco ? proposa Pony en désignant un ensemble d'entrainement presque neuf.
- Non, Pony, Laisse-le dans un coin. Je n'en ai pas besoin.
Bien qu'elle désapprouve son maître, étant donné qu'elle jugeait le balai pratique pour fuir en cas de nécessité, elle obéit.
Draco, lui, songeait que ce nécessaire à Quidditch avait bel et bien eu une certaine valeur sentimentale, mais il ne voulait plus l'utiliser. Le balai aurait pu encore beaucoup servir, puisqu'il n'avait servi en tout et pour tout qu'une seule fois. Mais il lui manquait la moitié des poils et le manche était un peu tordu.
Malgré son désir de le faire, il n'était jamais totalement parvenu à s'en débarrasser. En fait, il vouait à l'objet une sorte de culte tordu, entre l'amour et la haine. Il était le symbole qui l'avait poussé à s'endurcir et à se protéger des sentiments qui ne pouvaient que décevoir… Encore et toujours…
Il se souvenait parfaitement du jour où il avait pris cette décision. Il venait d'avoir neuf ans et ses parents lui avaient offert un équipement de Quidditch d'entrainement, juste au moment du dessert, aux alentours de deux heures de l'après midi. Pour la première fois de sa vie, il avait possédé un ensemble complet. Un des plus coûteux du marché, même, car le balais et les accessoires grandissaient pendant plusieurs années pour accompagner le développement du jeu de l'enfant.
Il faisait très beau et il allait pour la première fois voler sans contraintes, sans limitation de hauteur et de vitesse, en parfaite autonomie. Il s'était précipité dans le jardin, pressé d'essayer cette merveille, ses parents sur ses talons. Son père l'avait guidé quelques minutes, le temps qu'il s'habitue à un balai normal, puis Draco avait essayé de reproduire les figures illustrées dans ses livres d'images.
Si aujourd'hui, il savait que ces figures étaient simples, il avait eu à l'époque l'impression de réaliser des exploits. Il avait vu ses parents l'applaudir, au début, puis il avait été tellement pris par le plaisir de voler qu'il n'avait plus fait attention à son environnement. Quel imbécile il était.
Il avait réussi le premier looping de sa vie à force de témérité – ce qui était loin d'être inné chez lui – et il s'était tourné vers ses parents en espérant voir dans leurs yeux une étincelle de fierté. Mais ils étaient partis, rentrés au manoir pour il ne savait quelle raison. Il se souvenait avoir eu le sentiment d'être abandonné.
« Va jouer dehors et laisse-nous un peu tranquilles ! » Voilà ce qu'il avait compris de leur attitude. Pourquoi n'étaient-ils pas restés ? C'était son anniversaire ! Le cadeau couteux était une chose, mais pouvoir partager des instants de plaisir avec ses parents en aurait été une autre…
Il avait été tellement déçu qu'il avait décidé de s'enfuir. Ses parents ne le retrouveraient jamais, puisqu'ils ne s'intéressaient pas à lui. Il ne savait pas, à l'époque, que le vaste domaine Malfoy était entouré de barrières qu'il n'aurait jamais pu franchir. Il s'était dirigé vers la forêt, au loin, sans savoir qu'elle appartenait à ses parents. En fait, à l'époque, il ne savait rien sur rien.
Il s'en était aperçu en survolant les arbres. Il ne savait pas que c'était un coin propice aux mouvements de masses d'air, s'entrechoquant violemment. Il avait été balloté dans tous les sens. Entre la colère et la peur, il n'avait pas eu les bons réflexes. Il avait bien tenté de reprendre la maîtrise du balai en poussant la vitesse à son maximum, pour sortir de ce guêpier, mais cela avait été pire que mieux.
Il avait glissé et chuté de plusieurs mètres, chute à peine amortie par les nombreuses branches d'arbre qui avaient croisé sa route. Il avait attendu trois heures durant sur le sol, avec le sentiment très ancré d'avoir été définitivement abandonné. Quand ses parents l'avaient retrouvé, il était en larmes, à cause de la peur. Son père avait cru que c'était la tristesse d'avoir perdu son balai et il lui en avait acheté un autre en lui expliquant que les Malfoy ne pleuraient pas.
En fait, le balai avait été retrouvé rapidement par Pony, mais Draco avait refusé de le monter à nouveau. Il en avait alors utilisé le nouveau, uniquement pour le labeur et plus du tout pour le plaisir. Il s'était entraîné avec son père, pour perpétuer la domination des Malfoy en toutes choses. Car un Malfoy se devait d'être le meilleur.
Ce jour-là, il avait pris la décision de ne plus s'attacher à qui que ce soit, dans sa petite tête d'enfant qui se sentait abandonné. Et il avait tenté de s'y tenir depuis lors. D'autant plus qu'il savait, aujourd'hui, que ses parents ne s'étaient inquiétés de sa disparition qu'à l'heure du dîner, quand ils s'étaient aperçus de son retard…
Encore aujourd'hui, il pensait avec force que sa sensibilité, son sentimentalisme et sa faiblesse devaient être éradiqués.
Draco poussa un énorme soupir et songea que, s'il ne s'était pas encore assez endurci, son exil aux Etats-Unis l'aiderait. Il était heureux d'abandonner une partie de son passé derrière lui : c'était un nouveau départ. Il se détacherait de tout ça. Il ferait en sorte de ne plus être déçu…
- Pony a fini, maître Draco. Voulez-vous venir voir ?
- J'arrive, dit Draco en sortant de ses pensées et en se levant. Vas-y, explique-moi.
- Alors. Dans le premier coffre, il y a vos livres, des parchemins, des plumes et de l'encre, ainsi qu'un petit panier de nourriture sous sort de conservation, immédiatement accessible au cas où, maître Draco.
Pony ferma le couvercle, fit un nouveau tour de clef, rouvrit le coffre et continua son explication. Et ainsi de suite.
- Dans le deuxième coffre, vous trouverez vos sous-vêtements et habits de tous les jours. Dans le troisième, les vêtements pour le palais et dans le suivant les vêtements chauds. Dans le cinquième, vous trouverez vos affaires de toilette, les serviettes et les draps de soie que vous vouliez. Dans le sixième vous trouverez les affaires de vos nouveaux animaux, et j'ai mis dans le septième le nécessaire à potions et ici, à part, vos paires de chaussures. J'ai laissé libres les trois suivants afin que vous puissiez y mettre vos achats et les affaires que l'on vous donnera au Palais. Est-ce que ça vous convient, maître Draco ?
- C'est parfait, Pony, c'est parfait, acquiesça-t-il d'un air absent, avant de descendre pour le diner.
HPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHP
Mardi 30 juin, fin de soirée
La tour Gryffondor était particulièrement bruyante, ce soir-là. Si quelqu'un était passé devant le tableau de la Grosse Dame, il aurait pu entendre des cris, des rires et un mélange de musiques moldues et sorcières assez étonnant. Les étudiants avaient décidé que c'était un soir de fête. Dean Thomas avait reçu son certificat d'aptitudes en enchantement la veille et il partait pour commencer son tour du monde le lendemain.
Ses camarades de chambre, Harry en tête, avaient organisé cette petite soirée pour fêter sa réussite et son entrée dans le monde adulte. Harry s'était dit que ça serait une occasion pour sa petite amie de se détendre. Les mots de Melinda à son propos l'obsédaient et il se refusait à la faire souffrir, alors que le monde magique était enfin en paix.
- Une tournée supplémentaire pour tout le monde ! cria Ron joyeusement en sortant des bouteilles de Whisky pur Feu, sous le regard ennuyé d'Hermione.
- Comment fais-tu pour tenir encore debout ? lui demanda-t-elle pour la forme.
- Mione, détends-toi ! On a passé la journée d'hier à réviser.
- La matinée, seulement, crut bon de préciser la jeune fille, puisque tu es parti avec Harry tout l'après-midi.
- Oui, mais grâce à nous, on a plein de bouteilles de Whisky pour faire la fête ! conclut Ron sans saisir le reproche contenu dans les propos de sa petite amie.
- Laisse-le s'amuser un peu, dit Harry à Hermione en passant à côté d'elle. Et profite ! On a presque fini l'année scolaire !
- Tu parles d'une année scolaire, justement, grommela la jeune fille pour elle-même. On n'a même pas eu un seul cours ! Et les notes des autres ont plein de lacunes, et…
Hermione s'interrompit alors qu'une idée lui traversait l'esprit. Comment personne n'avait pensé à ça avant elle ? Oui, il fallait faire ainsi, se disait-elle en construisant mentalement un meilleur plan de travail. Tout en réfléchissant, en ayant le sentiment de faire quelque chose d'utile, elle se permit de trinquer avec Ron et de profiter de la musique qui s'était un peu adoucie.
C'était un genre de slow.
Elle regarda son petit ami qui riait avec Dean Thomas et haussa les épaules. Hermione aimait un peu de romantisme de temps en temps, mais elle avait mieux à faire pour le moment. De nouvelles idées pour améliorer son plan de travail lui arrivaient sans cesse, et elle en profitait pour faire une liste de ce qui lui restait à réviser, intérieurement. Elle allait montrer à ses parents qu'ils pouvaient être fiers d'elle et lui faire confiance : elle allait se trouver une bonne place dans le monde de la magie.
De son côté, Harry prit son courage à deux mains et emmena sa petite amie sur la piste improvisée au milieu de la salle commune. Il n'aimait pas vraiment danser, et il fut aussi gauche que lors du bal du Tournoi des Trois sorciers, mais c'était un bon prétexte pour se coller à sa petite amie et la rendre joyeuse.
- Tu as eu une bonne idée, Harry. Tout le monde était plongé profondément dans les révisions, ces derniers jours. Au moins, là, ils peuvent se détendre.
- Et toi ? Tu es détendue ? Est-ce que tu te sens bien ou est-ce que tu es fatiguée ?
Ginny sourit, attendrie. Harry était toujours prévenant, doux, attentif. Il cherchait en permanence à lui faire plaisir : elle ne pouvait pas trouver meilleur petit ami. Si toutes les autres filles l'enviaient pour le statut d'Harry, Ginny pensait surtout que son futur mari était un homme comme on les rêvait. Une sorte de prince charmant, en fait. Et certes, il dansait bien mal pour un prince, mais il était craquant dans sa bonne volonté.
- A l'instant, je me sens parfaitement heureuse, mon chéri. Ça te rassure ?
- Evidemment, dit-il en souriant. Mais tu sais que ça n'était pas exactement ce que je voulais savoir.
- Eh bien, le reste du temps, je suis comme tout le monde, je suppose. Plutôt stressée. Mais tu t'en étais déjà aperçu, avec ma colère sans objet il y a quatre jours. Avec mon fichu caractère, ajouta-t-elle en souriant.
- Mais je l'aime bien, moi, ce fichu caractère, murmura Harry à son oreille, charmeur. Ne le change surtout pas…
- Très bien, je ferai attention, répondit-elle sur le même ton.
Harry la serra encore plus étroitement contre lui et elle se laissa bercer par le reste de la chanson, grisée par le parfum masculin du sorcier. Harry songeait quant à lui que le bonheur n'était peut-être pas si loin. Lui aussi devait apprendre à se détendre.
Ce n'était pas parce qu'il ne savait toujours pas quoi faire de son avenir, à l'heure actuelle, qu'il n'allait pas trouver sa voie le lendemain ou le mois suivant. Il ferma les yeux et tenta d'ignorer la boule d'angoisse qui lui montait à chaque fois dans le ventre, quand il pensait à son avenir flou. Au moins, il était sûr d'une chose. Il aurait une famille pour l'aimer et à aimer.
Les deux jeunes gens quittèrent la piste quand Celestina Moldubec se mit à hurler le dernier tube à la mode. Harry capta une brève image de Melinda qui se déhanchait aux côtés de son amoureux, avant de s'asseoir dans le fauteuil que partageaient déjà Ginny et Hermione. Cette dernière se moqua légèrement d'eux, preuve qu'elle avait finalement partagé plusieurs Whiskys pur Feu avec Ron.
- Vous savez quoi ? Vous devriez peut-être boire un petit coup avec moi. Peut-être qu'après, vous saurez danser droit !
- Hé, mais c'est méchant de dire ça ! grogna Harry pour le jeu.
- Je sais, gloussa Hermione. Mais tu devrais peut-être apprendre à danser quand même. Sauf si…
Elle fit semblant d'être songeuse et ajouta :
- … sauf si tu veux redonner le sourire aux gens. Alors là, pour le coup, je n'aurais rien à dire ! Chapeau !
Harry lui donna un léger coup d'épaule et elle gloussa une nouvelle fois. C'était quand même étrange de l'entendre glousser : c'était loin d'être un son ordinaire, chez elle. Ce devait être les effets de l'alcool. Elle était justement en train de se servir un nouveau verre. Au moins, il savait comment il se vengerait de sa moquerie : le lendemain, il lui ferait un beau sermon sur les excès de l'alcool !
Il remarqua alors que les réserves de boissons et ne nourriture étaient presque vides et il décida d'aller aux cuisines pour un réapprovisionnement. Il réussit à convaincre Ginny de l'accompagner grâce à deux arguments chocs : ils seraient seuls, tous les deux, et elle pourrait en profiter pour s'excuser auprès de Kreattur pour son agressivité de la dernière fois.
Harry savait que l'elfe passait tout son temps dans les cuisines, quand il n'avait pas besoin de lui. Il aidait Winky à s'occuper des petits. D'autant plus qu'elle n'avait pas vraiment le temps de se charger de leur éducation, étant donné que son devoir de servir les sorciers du château lui prenait presque tout son temps. Les deux petits ne quittaient plus Kreattur.
Les deux jeunes gens traversèrent Poudlard, sans grande crainte de Rusard. Ce dernier semblait absent, tellement on le voyait peu. Et il semblait préoccupé, les rares fois où des élèves le croisaient. Même Miss Teigne n'apparaissait plus que rarement.
De toute façon, la directrice n'interdisait pas aux étudiants de circuler tard le soir, tant qu'ils ne dérangeaient pas les autres occupants du château. Le couvre feu qu'elle avait instauré ne concernait que les sorties à l'extérieur de Poudlard.
Quand la poire chatouilleuse leur ouvrit le passage, ils furent accueillis royalement par une dizaine d'elfes de maison. Ginny demanda à voir Kreattur et Harry commanda quelques friandises et des boissons pour ses camarades de Gryffondor.
La jeune fille fut conduite à l'autre bout de la cuisine, et dut s'arrêter à côté d'une porte ouverte qui donnait apparemment sur le dortoir des elfes. Trop grande, elle patienta en attendant qu'on lui ramène Kreattur, actuellement en train de border les deux petits de Winky. Il arriva tranquillement en s'essuyant les mains sur un tablier aux couleurs de Poudlard, qu'il portait autour de la taille.
- Mademoiselle Weasley, que puis-je pour vous ? demanda-t-il poliment, mais méfiant.
La jeune fille jaugea l'elfe domestique du regard. Elle n'avait pas encore parlé de lui à Hermione : elle préférait qu'Harry le fasse, seul. Elle n'avait pas envie de voir son patrimoine géré par un autre qu'elle, et encore moins par un elfe. Parce que sa mère lui avait appris que les elfes servaient surtout les familles pratiquant la magie noire et que Ginny préférait s'occuper elle-même de son mari et de ses enfants.
Il ne fallait pas faire confiance aux mauvais elfes, qui pouvaient vous trahir. D'ailleurs, Kreattur avait déjà trahi Harry une fois, alors qu'il était son maître. Grâce à son statut d'elfe domestique, il avait encore plus de liberté. Alors comment lui faire confiance ?
Même avec les explications d'Harry sur les avantages réciproques, elle n'était pas convaincue. Elle avait peur de beaucoup de choses : la première était de perdre Harry. Et elle pensait sans cesse aux pires scénarios. Si l'elfe trahissait Harry et le menait aux quelques Mangemorts encore dans la nature, comment pourrait-elle l'aider ? Et la seconde chose qui l'effrayait était de vivre à nouveau dans la misère, parce qu'il aurait vidé les comptes…
Elle s'accroupit devant lui.
- Bonsoir Kreattur. Je viens m'excuser : je suis désolée d'avoir été aussi agressive avec toi, il y a quatre jours. Je ne cherche pas spécialement à jouer les tyrans auprès des elfes de maison. Je me suis seulement laissée emporter.
- Elfe domestique, la corrigea Kreattur.
- Elfe domestique, si tu veux. Mais je vais être honnête avec toi. Quand je serai devenue ta maîtresse, nous te libérerons. Tu as dis que le choc serait rude, mais je te promets qu'on prendra toutes les précautions nécessaires pour que tu y survives. On te trouvera même un nouveau maître, si c'est vraiment ce que tu désires. Mais comprends-moi : je ne veux pas d'elfe de maison à notre service. Je suis capable de prendre seule ma famille en main.
La jeune fille se détourna finalement et retourna auprès de son fiancé, qui l'accueillit chaleureusement. Kreattur, lui, ne savait pas comment réagir face à cette annonce.
Certes sa future maîtresse – pour l'instant – ne voulait pas jouer les tyrans ni le blesser. Mais elle était prête à le faire souffrir pour le libérer d'une condition qu'il avait choisie lui-même. Avait-il une attitude égoïste en voulant prolonger cette situation ? En voulant garder Harry Potter comme maître ? Peut-être. Mais il tenait réellement à le servir et à faire de son maître une figure encore plus grande du monde magique. Il avait tellement de potentiel…
Ce qui était sûr, c'est que ce court échange renforçait son désir de trouver un meilleur parti à son maître. Ainsi, il servirait autant les intérêts de sa nouvelle famille que les siens propres… Il se souvint de la rencontre qui était convenue le lendemain avec les Gobelins. Peut-être pourraient-ils l'aider ?
Mais il verrait ça plus tard. Pour l'instant, il était temps de finir de conter aux deux petits monstres l'histoire qu'il avait commencée.
Edité le 13-02-16
