Bonjour à tous ! Voici le premier chapitre de cette semaine. J'espère qu'il vous plaira ! Merci mille fois à Wyny pour ses corrections (vraiment nécessaires quand je lis ses remarques ^^).

Réponses aux Anonymes :

Yuuchan : Ta réflexion sur la prophétie m'impressionne, je dois l'avouer. Sans dire sur quels points, je peux te confirmer que certaines de tes hypothèses sont les bonnes. ^^ Pour le cauchemar, le « il » peut correspondre à deux personnes, en réalité. Mais il est vrai que les chaînes représentent son lien avec Harry. (Je mêle deux trois choses, c'est fait exprès.) La cause de ce cauchemar sera expliquée par la suite. Je suis d'accord avec toi : le passé fait partie de nous, il nous a construit – en bien comme en mal – et il est nécessaire de l'intégrer pour avancer. Enfin, pour l'interrogation d'Harry sur le procès… ça viendra plus tard.

Marie la petite : Pour ses camarades de classe et Ramon, je ne dirai pas quelles seront leurs réactions tout de suite. Mais j'ai trouvé ta supposition intéressante. Et rassure-toi, la coupe du monde a bien lieu entièrement dans ce tome ^^ Elle se rapproche à grands pas, même si ça ne se voit pas encore. Merci pour tes compliments et à tout bientôt !

Chat Potty, Orange : Oui, je sais, je fais subir quelques déboires à Draco. Mais il est ravi que vous compatissiez, j'en suis sûre ^^ Merci à vous de me lire et me laisser des messages.

Trolinette : Ah ! la fameuse boîte ^^ En fait, tu vas en connaître le contenu dans ce chapitre ^^ Merci.


Résumé de l'épisode précédent :

Harry découvre les "joies" de l'enseignement avec Thorn et subit une petite défaite lors d'un duel exemple. Les articles de la Gazette agitent la population sorcière et les étudiants, et remettent en cause l'héroïsme d'Harry. Celui-ci décide de réagir, tout comme Snape de son côté. La seule bonne nouvelle de cette première semaine étant qu'il a enfin découvert son animagus, dans la salle des "peut-être" de son esprit : un renard des sables...


Chapitre 7 : Les ennuis commencent

Partie 2 : Le Chicaneur

Jeudi 10 septembre - matin

Harry se leva tôt ce matin-là, réveillé par une sourde angoisse. La fin de journée, la veille, avait été étrange. Le regard des étudiants, plus méfiants, les reproches silencieux de sa petite amie pendant le repas du soir… Et tout cela à cause des derniers exemplaires de la Gazette. Ses premiers jours d'après guerre avaient été tellement calmes que la rentrée lui semblait étonnamment tendue, et les conflits entre les étudiants, nombreux.

Et ce matin, il appréhendait ce qu'il allait trouver dans l'édition du jour. Il avait demandé à Kreattur de lui apporter la Gazette dés qu'il l'aurait entre les mains. Son elfe arriva juste après sa douche et lui tendit à la fois le journal et une enveloppe.

Il ouvrit d'abord cette dernière. Il s'agissait d'une invitation de la part de Seamus, pour l'inauguration de son auberge samedi soir. Il avait ajouté une lettre dans cette enveloppe.

Bonjour Harry.

Puisque tu as insisté pour que je continue à te considérer comme un ami et non comme mon banquier, je viens te demander un service.

J'ai décidé, en accord avec les Weasley, d'inaugurer mon auberge, Au Voyageur Repus, samedi soir. Les travaux sont terminés depuis le début de la semaine, grâce aux ouvriers conseillés par Kreattur et le résultat correspond exactement à ce que nous avions projeté, l'architecte et moi. J'ai pu meubler et arranger le tout durant la semaine. Merci de m'avoir prêté ton autre elfe, également. Et enfin, les fournisseurs m'approvisionneront dés demain. Je suis prêt.

Je sais que le délai semble juste, mais j'ai l'intention de profiter de la visite de plusieurs officiels du ministère et de la presse, demain, pour annoncer ma fête d'inauguration. Eux viennent d'abord pour la cérémonie symbolique de la reprise des travaux, mais j'espère les mettre au courant pour, éventuellement, compter sur leur présence.

Et voilà donc le service que je voulais te demander : puis-je faire courir le bruit de ta venue ? Ce serait un moyen presque infaillible pour m'assurer du monde et de la publicité.

Les Weasleys m'ont prévenu que tu n'aimais pas ta renommée et encore moins te servir de ton image de Survivant. Mais je compte mettre toutes les chances de mon côté et il aurait été dommage de ne pas au moins te poser la question. Excuse-moi si je t'ai froissé.

Si tu ne m'autorises pas cette communication, ce n'est pas grave : j'ai aussi appris que le règlement de Poudlard était enfin plus libre, maintenant que Tu-sais-qui n'est plus une menace. Donc il est possible que les étudiants majeurs viennent également s'amuser.

Mais quoi qu'il en soit, tu as intérêt à venir voir par toi-même le résultat de ta confiance en moi ! Je t'attends sans faute samedi soir ! Tu vas t'amuser, je te le promets !

Seamus Finnegan.

Harry eut un léger sourire. Seamus avait bien fait de lui poser la question. Il allait effectivement se faire une joie d'être présent à cette inauguration. Car c'était sans aucun doute le prétexte qu'il cherchait pour faire parler de lui autrement… Il rédigea immédiatement sa réponse et chargea son elfe de l'apporter à Seamus, alors que lui-même attrapait le journal.

Il eut une exclamation choquée en voyant la une. La photo des corps inertes, bien que vivants, des trois jeunes terroristes de Pré-au-Lard témoignait de leur sentence. Le titre était inutile pour comprendre qu'ils avaient subi le baiser du Détraqueur. Ce qui le choquait surtout, c'était de voir Blaise Zabini dans cet état de légume : sa langue sortait à moitié de sa bouche et ses yeux tombaient. L'avoir connu étudiant, vif et moqueur, rendait les choses peut-être plus… horribles.

Il ouvrit la Gazette et attrapa quelques phrases de l'article résumant le procès. Si on lui avait posé la question, il aurait affirmé que Zabini était fou et nécessitait des soins. Car ses propos ne correspondaient pas au souvenir qu'il en avait : il n'avait jamais été le plus virulent des Serpentards. Mais ses mots et son argumentation construite, ainsi que sa haine visible envers la population moldue et de sang-mêlé, plaidaient en sa défaveur.

Il referma le journal et retomba sur la photo de une. Il avait vraiment sous les yeux trois cadavres vivants. Ils n'étaient plus des sorciers, ni même des êtres humains. Juste des corps fonctionnels. Ce n'était pas les premiers morts qu'Harry voyait, mais ceux-là le mirent vraiment mal à l'aise. En secouant la tête, il songea avec raison que le petit-déjeuner n'allait pas être de tout repos… Il valait mieux qu'il descende quand même dans la Grande Salle pour prêter main forte à ses collègues si besoin.

Quand il entra dans la Grande Salle, Harry fut surpris de constater que la tension entre les étudiants avait encore augmenté d'un cran. Les rares bruits qui se faisaient entendre étaient ceux de discussions, à voix basse, ce qui prouvait que le malaise était réel. Une seule petite flamme mettrait le feu aux poudres, il n'avait aucun doute là-dessus.

En s'asseyant à sa place habituelle, il eut le plaisir d'être au moins accueilli par le sourire de Neville.

- Salut, Harry. Tu n'as pas l'air dans ton assiette, dis-moi.

- Bonjour Neville. Ça ne va pas fort, je l'avoue. C'est cette atmosphère, j'ai un peu de mal à l'accepter.

- J'imagine… Mais avec tout ce que les procès contre les Mangemorts remuent, on ne pouvait pas vraiment l'éviter. Les vacances d'été ont été une trêve agréable, mais la guerre et les rancunes sont encore trop fortes. Et la tour Gryffondor en est bien secouée.

- C'est-à-dire ?

- J'ai cru comprendre que tu connaissais la petite Camomille ? Enfin petite, tout est relatif. Elle n'a que trois ou quatre ans de moins que nous, mais bon. C'est celle que tu as sauvée des flammes, dans le complexe de Pré-au-Lard, tu vois ?

- Effectivement.

- Elle semble à l'origine d'une partition de la maison. Je ne pensais pas que Gryffondor serait sujet à ce genre de conflit interne, mais il faut croire que rien ne me sera épargné pour ma première année en tant que directeur… Heureusement que ta fiancée m'aide à adoucir le tout. On avait déjà fait une bonne équipe pour mener la révolution ici, l'an dernier.

- En quoi est-ce que les procès actuels viennent jouer dans ton conflit ?

- Ginny m'a expliqué qu'une partie des étudiants était contre la violence faite aux Serpentards, alors que les autres estiment qu'ils sont tous coupables. Camomille semble être à l'origine du mouvement qui veut bannir la violence de l'école.

- Je comprends. Camomille a semble-t-il été témoin d'un acte de violence, il y a quelques mois, qui l'a traumatisée. D'où le fait qu'elle ne parle plus, d'ailleurs. J'imagine que l'évocation même de la violence doit la rebuter, aujourd'hui.

- Probablement. Je n'étais pas au courant pour cette histoire. Et je n'ai pas eu l'occasion de rencontrer ses parents. Ginny m'a dit qu'elle ne savait pas non plus ce qui avait provoqué ce mutisme – tu imagines bien que j'ai essayé de comprendre.

- Je te le confirme, elle ne sait rien de cette histoire. J'aimerais autant qu'elle reste ignorante à ce propos, d'ailleurs. Je ne suis pas sûre que ça lui fasse du bien…

- Très bien, comme tu veux…

Les deux hommes continuèrent le repas en silence, comme le reste de la Grande Salle. Neville semblait plongé dans ses pensées, alors qu'il observait ses étudiants. Il finit par reprendre la parole.

- Je suppose que ce ne sont pas mes oignons, mais je crois que Ginny ne va pas très bien en ce moment.

- C'est-à-dire ?

- J'ai l'impression que c'est la plus affectée par la mauvaise ambiance de Gryffondor. Elle s'est beaucoup battue avec moi, tu sais, et je sais qu'elle espérait que la fin de la guerre signifierait aussi le début du bonheur. On n'y est pas encore. C'est d'ailleurs elle-même qui est venue me parler des tensions de la Tour. Je n'avais pas remarqué la profondeur du problème. Elle aurait aimé pouvoir faire quelque chose pour ramener la paix.

- Je vois, fit Harry pensivement. Je n'ai pas l'occasion de la voir en tête-à-tête et elle ne me donne pas beaucoup de nouvelles en ce moment. La dernière fois qu'elle m'a adressé la parole, c'était pour me reprocher les articles de la Gazette. J'essaierai de lui parler ce week-end.

- C'est une bonne chose. Oh ! Et si ça te tracasse, on est nombreux à considérer que les articles de Skeeter ne valent rien. D'autant plus qu'elle a interviewé Nott, qui, on le sait, est un Mangemort recherché.

- Hum… Et est-ce qu'on sait si elle va être arrêtée pour ça ?

- Elle ne risque rien et Nott non plus. Elle a fait appel à la règle du secret et de la protection des sources. C'était écrit dans un encart, ce matin.

Alors qu'il allait développer son avis sur la question, Neville fut interrompu par l'agitation soudaine de plusieurs étudiants. Un Gryffondor de dernière année – Alcide McGregor, d'après Neville – venait de lancer un sort sur un dernière année de Serpentard qui avait immédiatement répliqué, les deux jeunes gens entraînant avec eux leurs amis dans la foulée.

La directrice McGonagall réagit immédiatement en figeant les neuf étudiants pris dans la bataille.

- Mais qu'est-ce qui vous prend ! gronda-t-elle d'une voix à faire trembler les murs. Pour quelle raison idiote est-ce que vous vous êtes mis à vous battre ? Je n'ai jamais vu ça de toute ma carrière ! Même la guerre, l'an dernier, n'avait pas provoqué des réactions aussi stupides ! Est-ce que vous connaissez au moins la punition qui est réservée aux étudiants qui utilisent leur baguette en dehors des cours ? Dans mon bureau, immédiatement ! ordonna-t-elle en annulant le sort.

Les étudiants n'osèrent pas répondre, tant la directrice paraissait imposante dans sa juste colère. Du coin du l'œil, Harry vit Snape se lever. Sa voix froide résonna dans la Grande Salle qui avait retrouvé son calme.

- Je retire 20 points à chacun d'entre vous et 40 points supplémentaires à Gryffondor pour avoir débuté ce spectacle pathétique.

En constatant que les protestations à sa table s'élevaient vivement, Neville se redressa à son tour.

- Vous pouvez vous estimer chanceux que le professeur Snape ait réagi avant moi. Car je n'aurais pas été aussi clément devant un acte aussi irréfléchi qu'agressif. Si je me suis battu avec vos aînés pour vaincre Voldemort, ce n'est certainement pas pour assister à ce genre de comportement.

Harry était intérieurement impressionné par l'aura que son ami dégageait en cet instant. Neville ne se mettait jamais en colère. Mais quand il faisait entendre sa désapprobation, il était plutôt impressionnant. Pas besoin d'élever la voix : ses mots avaient fait rougir – de gêne ou de honte – certains étudiants, et toute sa table baissait à présent la tête.

Harry avait bien vu que la mention de Voldemort faisait encore frémir beaucoup d'élèves. Il devait peut-être demander quelques cours à Neville sur comment produire un discours avec de l'effet…

Alors que McGonagall, Snape et Neville sortaient, accompagnés des étudiants avec qui ils allaient avoir une longue discussion, Harry songea que décidément, cette année s'annonçait très étrange…

HPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHP

En ce vendredi matin, Harry avait décidé de rester au lit et de demander son petit-déjeuner à Kreattur. Pas qu'il ait eu envie de jouer les princesses – d'autant plus qu'il était trop tôt pour une princesse – mais il n'avait pas envie d'être une fois de plus confronté à l'ambiance désagréable de la Grande Salle. La veille, que ce soit au repas de midi ou à celui du soir, il avait été occupé à surveiller le comportement des élèves en permanence. Comme lui, ses collègues n'avaient pas eu vraiment envie de discuter.

Il attrapa le livre sur les animaux d'âme qu'il avait emprunté à la bibliothèque, ou plus précisément, dans la Réserve. Il avait désormais un accès illimité à cette pièce aux trésors, en tant que professeur assistant.

Il n'avait pas eu le temps d'y jeter un œil la veille, parce qu'il avait passé de nombreuses heures devant les copies que Thorn lui avait confiées. Il était parvenu à trouver tous les sorts demandés dans les divers livres qu'il avait achetés ou empruntés. Il avait donc pu corriger sans crainte les nombreuses questions choisies par le professeur.

Il avait aussi décidé de réserver ses lundis à s'entraîner à tous les apprendre. Il ne serait sans doute pas aussi doué qu'Hermione pour comprendre tout de suite le fonctionnement et la manière de prononcer un sort à partir d'une explication écrite, mais il allait essayer. Puisqu'il n'aurait jamais de cours de DCFM ces jours-là, il comptait bien en profiter.

La veille, il avait également pris le temps de rédiger un essai selon la consigne de Thorn. Il s'était inspiré de plusieurs notes d'auteurs qu'il avait lues dans ces mêmes livres qui détaillaient de nombreux nouveaux sorts. Il avait défini les notions de bien et de mal selon ses valeurs et ses convictions.

Il se doutait bien que Thorn désapprouverait son travail, mais il avait noté ses copies selon ce que lui considérait comme une bonne réflexion, bien argumentée, où les valeurs de « bien » et de « mal » étaient bien prises en considération. C'était presque de la philosophie, d'ailleurs. Depuis qu'il avait lu le livre d'Armande Cooker, il comprenait mieux l'importance de former son esprit pour être bon en magie. Âme, sang, esprit. Les trois éléments.

Il regrettait beaucoup de ne pas avoir pris le temps d'ouvrir ces livres, quand il était étudiant. Il comprenait mieux maintenant l'enthousiasme d'Hermione à propos de la lecture et pourquoi elle avait été la meilleure étudiante de sa promotion.

Il bailla un instant – toujours un peu dans les brumes du sommeil – avant de se plonger dans sa lecture. Le livre expliquait que les animaux d'âme véhiculaient des symboles et des valeurs qui correspondaient parfois aux caractéristiques de l'animal réel et parfois les transcendaient.

Selon la classification donnée par l'auteur, son animal était un vertébré de la classe des mammifères carnivores, parfois aussi considéré comme omnivore. Alors qu'il observait les caractéristiques qui pouvaient avoir une symbolique, il s'aperçut qu'il avait en plus hérité d'un animal complexe parmi le règne animal.

Le fennec avait les caractéristiques du renard. On l'associait donc aux notions de ruse, de mensonge, voire de malice. C'était peu flatteur, mais Harry pouvait comprendre cette partie de lui : il avait longtemps caché son enfance à ses amis, il n'avouait jamais quand il souffrait… en ce sens, il pouvait effectivement mentir.

Pour la malice, il acceptait le sens d'espiègle – il avait aimé les farces des jumeaux ou encore de son parrain – mais pas celui de méchant. Il cherchait toujours à être honnête et juste. Certes, une partie de lui avait parfois eu envie de se venger cruellement de ceux qui l'avaient fait souffrir, mais il avait dépassé ce stade. Du moins l'espérait-il.

Enfin, pour la ruse… Il aurait sans doute dû être rusé, mais son passage par Gryffondor avait fait ressortir son impulsivité et il lui semblait que la ruse n'était pas son trait de caractère principal. Pas pour le moment en tout cas.

En fait, l'association de son animal avec les renards était extrêmement révélatrice. Probablement aurait-il été un renard, s'il avait choisi Serpentard. Probablement était-il fait pour Serpentard, comme le lui avait souvent dit le Choixpeau. Mais… son choix avait modifié son animal pour en faire un renard des sables.

Par ailleurs, cet animal véhiculait une nouvelle caractéristique qu'il admettait volontiers : sa petite taille témoignait de son désir de discrétion. C'était le résultat de son aversion globale envers sa notoriété. Un animal naturellement petit signifiait souvent une certaine mesquinerie, mais pas dans son cas. Il s'agissait plus d'un pied de nez envers sa nature Serpentarde qui aurait dû pousser son côté ambitieux. Lui avait combattu ce côté.

Son animal avait une autre particulariré par rapport aux renards communs : il était associé au Soleil, à la lumière, autant qu'à l'ombre. Le jour, il vivait dans l'obscurité d'un trou ou d'un terrier et il préférait chasser la nuit. Il était donc duel. Il tuait dans le noir et se cachait des spots lumineux de la notoriété. Il aurait pu être un excellent assassin, mais son livre lui donna une information rassurante qui le fit rire tout seul dans son lit.

Il donnait l'exemple d'un animagus, en Espagne, qui avait joué les héros de l'ombre – exemple de la dualité de l'animal – et qui s'était fait appeler symboliquement Zorro. Car ce mot signifiait « renard » en espagnol. Sans s'imaginer costumé de la même façon, cela amusa beaucoup Harry de pouvoir se comparer à un héros défenseur des faibles, soucieux de conserver une vie personnelle cachée, intime… Il préférait cette possibilité-là à celle de devenir un assassin, ce qui ne l'avait jamais attiré.

Pour autant, il ne devait pas négliger cet aspect de son animal : le fennec était un grand chasseur, grâce à son ouïe et sa rapidité, sa vélocité. Car oui, Harry devait l'avouer : il aimait la vitesse et la chasse. L'un de ses grands plaisirs n'était-il pas d'attraper le vif d'or, juché sur un balai lancé à grande vitesse ?

Enfin, le renard avait une dernière caractéristique importante : il était associé à la magie. Au Japon, en plus de la ruse et de l'espièglerie, le renard – ou kitsune – était considéré comme un animal magique. Certes, Harry ne gagnerait pas de nouvelle queue à mesure que son pouvoir se développerait, mais son animal dégageait naturellement de grandes affinités avec la magie. D'où son instinct assez sûr et des facilités en la matière.

S'il résumait, Harry avait un animal dont la dualité était plus forte que n'importe quel autre animal : lumière et ombre, ruse et dévouement, désir de reconnaissance et de discrétion… Et il était également un excellent chasseur et très proche de la magie.

Harry referma son livre. Il avait un début d'explication sur la nature de son animal. Sur sa nature. Il ne doutait pas que ces informations lui permettent de comprendre autrement ses choix et sa salle des peut-être…

Mais surtout, le livre venait de préciser qu'il allait devoir modifier la structure de son esprit, s'il voulait faciliter l'assimilation de son animal. Devenir animagus n'avait rien d'évident – il ne suivait sans doute pas la méthode des Maraudeurs – mais il trouvait cela fascinant.

Il se leva et se dirigea vers sa salle de bains personnelle.

En passant à côté de sa fenêtre, il aperçut Thorn, en tenue de sport, en train de revenir vers le château. Etait-il allé courir ? Y allait-il tous les matins ? Harry fronça les sourcils en entrant dans la douche. Quels bénéfices pouvaient bien apporter la course à pieds ? Devait-il s'y mettre, lui aussi, pour améliorer ses capacités en DCFM ?

Après s'être habillé, il attrapa la Gazette du jour que Kreattur avait déposée sur son lit. Tout en descendant vers la Grande Salle, pour saluer Neville, Harry feuilleta le journal. Kathleen Moire, sorcière totalement inconnue pour lui, faisait la une du jour. Il haussa les sourcils et jeta un œil à « l'interview exclusive » délivrée par cette femme.

Le petit texte préalable à l'interview – la journaliste Elmack semblait de retour – lui permit de situer Kathleen Moire comme l'une des chanteuses les plus connues du début des années 80. Récemment détrônés par les Bizarr'Sisters, ses albums continuaient néanmoins à se vendre comme des petits pains. Harry allait refermer le journal quand il aperçu l'étrange mot « Mangemort » du coin de l'œil.

Il s'arrêta au milieu d'un couloir et se plongea plus précisément dans l'article.

- Nous avons appris hier, avec stupéfaction, que la jeune Myrtille Moire condamnée pour crimes et terrorisme était votre fille. Vous avez accepté de nous recevoir très gracieusement, compte tenu du sujet dont nous voulions vous entretenir et du deuil que vous portez. Nous vous en remercions. Pouvez-vous donc nous parler de votre fille ?

- Je ne peux que vous en dire que ce dont je me souviens, avant son enlèvement par ce Mangemort, là. Peterson. Voilà près de quatre ans que ma fille a disparu. Et malgré les lettres de chantage que j'ai transmises aux Aurors et les promesses du gouvernement, le ministère n'a jamais rien fait pour la retrouver. Il ne m'a même pas autorisée à la voir avant son procès, à lui parler. Je n'ai eu que le droit d'assister à son… exé, elle était gaie, particulièrement innocente et surtout, elle passait son temps à aider les gens autour d'elle. Beaucoup de mes amis appréciaient ses services quand elle gardait leurs enfants.

- L'avez-vous reconnue, quand elle s'est exprimée à la barre ?

- Bien sûr que non ! Comment aurais-je pu penser qu'elle était devenue une des leurs ? Comment imaginer que cette ordure ait pu la convertir ? Mais quatre années… est-ce que vous vous rendez-compte de ce que quatre années peuvent représenter, dans la vie d'une toute jeune femme ? Elle n'a jamais connu la souffrance, quand elle était petite, et je pensais qu'elle était… morte depuis longtemps. Ils lui ont ensorcelé le cerveau, il n'y a pas d'autre explication.

- Qu'avez-vous ressenti, en la revoyant en photo dans le numéro spécial sur l'attentat de Pré-au-Lard ?

- De l'incrédulité, avant toute chose. Je ne pensais pas revoir un jour mon seul enfant. J'ai eu tant de mal à accepter la dure réalité de son enlèvement. Je la voyais partout, à l'époque. J'ai cru être une fois de plus victime de mes hallucinations.

- N'avez-vous pas été heureuse ?

- Ensuite seulement. Et seulement un instant. Je n'ai pas reconnu sa haine et ses mots durs envers les Moldus. Je pensais… je pensais…

Notre conversation s'arrête, pour laisser le temps à cette femme perdue et malheureuse la possibilité de se reprendre.

- Les rumeurs sur son père étaient vraies, dans une certaine mesure. Il était Moldu et s'appelait Thomas Bell. Elle le savait, je lui en avais parlé, même si je lui avais demandé de ne rien dire aux gens. Car Tom était mort depuis bien longtemps déjà, presque à sa naissance, et je voulais que son souvenir également soit en paix. Je savais qu'elle souffrait de ne jamais l'avoir connu, mais elle semblait chérir les récits que je lui en avais faits. C'est pour ça que je n'aurais jamais pu imaginer qu'elle devienne l'une d'entre eux.

- Comment et pourquoi, d'après vous, est-elle devenue Mangemorte ? Et pourquoi Vous-savez-qui aurait-il pu vouloir l'avoir dans ses rangs, si elle était de sang-mêlé ?

- L'un de ses sbires m'avait déjà approchée, lors de la première guerre. Mes chansons commençaient à marcher et ma fortune familiale représentait de toute façon une assez bonne raison. Voldemort pensait que m'avoir moi, totalement acquise à sa cause, pourrait convertir d'autres personnes. J'ai refusé, bien sûr, mais on ne disait pas non à Voldemort sans conséquences.

- N'avez-vous pas eu peur de lui ?

- Si bien sûr. Mais à l'époque, j'étais jeune, je me croyais hors de portée et intouchable, et ça m'avait motivée à lui dire non. Je n'imaginais pas qu'il puisse un jour s'en prendre à mon enfant. Je pensais, après tant d'années d'absence, qu'il avait définitivement disparu. Son retour, que le ministère de l'époque a caché si consciencieusement, m'a fait perdre ma fille car je n'imaginais pas devoir la protéger plus qu'elle ne l'était.

- Vous semblez avoir une certaine rancune envers les politiciens.

- C'est le cas. Je leur en veux d'avoir indirectement rendu cet enlèvement possible, de n'avoir rien fait pour la rechercher, peut-être parce qu'ils ne prenaient pas la menace au sérieux, et de m'avoir empêché de la voir, dans ses derniers instants. J'aurais aimé comprendre, voyez-vous ?

- Comprendre pourquoi elle avait intégré les rangs des Mangemorts ?

- Comprendre ce qu'ils avaient pu lui faire pour lui ensorceler le cerveau, pour briser toute son éducation et sa nature. Je pensais sincèrement que les médicomages allaient diagnostiquer la folie. Mais il est possible qu'ils ne soient pas compétents en la matière. Et puis pourquoi avoir commencé par de si jeunes gens alors qu'Azkaban regorge de Mangemorts adultes reconnus et confirmés ? Ou alors, le ministère était pressé que tout se termine.

- Vous avez cessé toute musique et toute apparition publique depuis l'enlèvement de votre fille, à cause de la souffrance de l'incertitude. Pensez-vous pouvoir faire votre deuil, aujourd'hui ?

- Je ne le pense pas. Pourriez-vous oublier que votre fille a été exécutée à cause d'un comportement aussi inacceptable ? Pourriez-vous supporter la culpabilité incessante, celle qui vous dit que vous n'avez pas fait assez pour elle et que vous avez élevé quelqu'un qui a tué des gens ? Elle était le dernier membre de ma famille, et la connaissance de son sort aujourd'hui est peut-être finalement pire que l'incertitude qui m'a tenaillée pendant quatre ans. La musique est pour moi définitivement morte avec ma fille, hier.

Nous avons déjà pu vous faire part, dans des articles précédents, des efforts annoncés par le ministère pour rendre ces procès plus justes et équitables et pour adapter les peines des condamnés. Est-il possible qu'il y ait eu une erreur de diagnostic ou une volonté politique pour accélérer les sentences ? Nous posons la question et espérons pouvoir vous répondre dans nos prochains numéros.

Harry feuilleta rapidement les autres pages du journal. Apparemment, il se faisait l'écho des modérés aujourd'hui… Skeeter n'avait pas signé d'article. Il secoua la tête et replia la Gazette pour la glisser dans sa robe. Il se remit en marche et entra dans la Grande Salle. Ce matin, l'ambiance lourde des deux derniers jours semblait s'être apaisée et les étudiants parlaient avec animation. Il espérait que c'était une bonne chose.

HPSSHPSSHPSSHPSSHPSS

Quand Harry sortit de son dernier cours de DCFM de la semaine, il se tenait les reins avec l'impression que le Poudlard Express lui était passé dessus. Pas qu'il ait combattu, non. Mais il avait eu devant lui les troisièmes années de Serpentard et Gryffondor… Ces enfants de treize ou quatorze ans n'étaient vraiment pas faciles à discipliner.

Pendant les deux premières années, ils étaient dociles et avides d'apprendre et de pratiquer la magie. Ils étaient même naturellement intimidés par leur environnement. Mais en troisième année, ils avaient acquis un peu plus d'assurance et d'insolence.

Entre ça et le début de la puberté, les hormones à cause desquelles ils ne tenaient pas en place, les rivalités plus fortes et les voix en pleine mue qui faisaient voler des sorts ratés en tous sens… Oui, cette classe représentait beaucoup de travail. Il avait dû admettre que l'intimidation de Thorn était un véritable bonheur quand elle leur permettait un instant de répit…

Thorn… Il lui avait d'ailleurs remis ses copies corrigées à la fin du cours. Peu avaient vraiment des bonnes notes, mais certaines étaient rattrapées grâce à leur essai. Il saurait ce qu'en pensait cet homme mardi. Ou dés lundi, s'il voulait vraiment lui faire part de son opinion.

En remontant vers ses appartements, à l'étage au-dessus, il surprit les bribes d'un débat entre un Serdaigle et un Gryffondor. Ce dernier tentait de convaincre le Serdaigle qu'il fallait dénoncer Snape, qui avait honteusement avantagé sa maison en cours de Potions, comme étant le prochain mage noir sur le point de créer une nouvelle armée de Mangemorts, grâce à son contrôle sur les Serpentards.

Que de stupidités ! C'était également ce que semblait penser le Serdaigle. Mais Harry ne réagit pas et continua sa route sans en écouter plus : il était trop fatigué moralement. Il se souvint cependant, grâce à cette conversation, qu'il devait voir Snape. Il voulait lui demander comment modifier la structure de son cerveau. Mais avant d'y aller, il choisit de faire d'abord une petite sieste réparatrice.

Plus tard, pendant le dîner, il eut le plaisir de constater que les étudiants s'étaient définitivement remis à discuter. Cela ne signifiait pas que les tensions étaient parties, mais juste que les conversations normales avaient pris le pas sur l'étrange et lourd silence qui avait sévi pendant deux jours.

- Ils parlent de l'article d'aujourd'hui, lui dit Neville.

- Pour quelle raison ?

- Beaucoup d'entre eux connaissent Kathleen Moire. Pas sous ce nom, bien sûr, mais ils ont été bercés par les chansons de Poussière d'étoile dans leur enfance, et ils savent que leurs parents ont été des fans absolus de la chanteuse. Du coup, ça leur fait bizarre de penser qu'ils ont soutenu avec conviction la condamnation de Myrtille Moire, sa fille. Ça leur laisse un goût étrange, comme s'ils avaient trahi quelque chose.

- Mais Myrtille Moire a provoqué un attentat qui a eu pour résultat de nombreux morts et de grands dégâts matériels.

- C'est juste que les débats sont houleux sur la RITM et que les questions de la nouvelle journaliste gênent visiblement les politiciens. Alors les gens s'interrogent sur le châtiment, c'est humain.

- C'est trop tard.

- Aussi.

Harry se pencha un peu pour apercevoir Snape. Que pensait-il de tout ça, lui ? Que pensait-il de l'exécution de Zabini ? Alors qu'il le voyait se lever, Harry s'excusa auprès de Neville pour le suivre. Il le rattrapa assez rapidement et eut le droit à un regard mauvais. Cela faisait longtemps.

- Que me voulez-vous, Potter ! cracha-t-il.

- Harry, pas Potter. Je voulais vous demander un service, entre collègues, répondit Harry

- Un service ? renifla l'homme visiblement de mauvaise humeur.

- C'est encore à propos des magies de l'esprit. J'ai lu quelque part que je pouvais modifier la structure interne de mon esprit. Cela veut dire que le labyrinthe inné que j'ai dans la tête pourrait être changé en autre chose. Je voulais savoir comment faire…

- Suivez moi dans mon bureau, se contenta de dire Snape, toujours aussi grognon.

Harry sourit de toutes ses dents en suivant l'homme austère, même si ce dernier n'en vit rien, déjà relancé dans sa marche rapide. Ils arrivèrent bientôt devant la porte de bois du bureau de Snape, qui rappelait à Harry de bien mauvais souvenirs. Alors qu'il entrait à la suite du maître des potions, celui-ci lança un Legilimens puissant. Oui, de bien mauvais souvenirs…

Il se calma et rejoint Snape qu'il devinait bloqué devant la porte de son esprit. Le maître des potions était actuellement en train d'essayer de craquer le code – ou plutôt son image-clef.

- Je vois que vous avez mis mes conseils en pratique, constata-t-il laconiquement. Alors vous n'aurez aucun mal à comprendre comment modifier la structure de votre esprit. Est-ce que vous savez déjà en quoi vous souhaitez changer votre labyrinthe ?

- Oui.

- …Et ? demanda encore Snape, agacé en voyant que son ancien élève ne lui répondait pas spontanément.

- Je souhaite garder pour moi le résultat final. Je veux simplement comprendre la démarche à suivre pour modifier les murs, les portes et les salles qui constituent mon esprit.

Un léger sourire tordu vint aux lèvres du maître des Potions et surprit Harry.

- J'ai l'impression que vous commencez à comprendre les principes de protection et d'intimité qui doivent régir toute magie de l'esprit. Savez-vous à quel point votre manière de penser est importante dans votre manière de pratiquer la magie ?

- Oui, oui, l'un des trois éléments de la magie, je sais.

- Bien. Dés lors, il est nécessaire que les changements que vous ferez subir à votre cerveau soient en phase avec votre magie.

- Ce sera le cas, affirma Harry.

- Alors il vous suffit de vous servir de vos mains pour façonner les murs à l'image que vous désirez. Si par exemple, vous souhaitez changer votre labyrinthe en une maison confortable, poussez les murs, changez les de place, faites quelque chose d'habitable.

- Et c'est tout ? Je me sers de mes mains en m'inspirant d'une image pour obtenir le résultat que je veux ?

- Pas tout à fait. Insufflez beaucoup de volonté dans vos actions pour que votre magie interne vous appuie et vous aide à tout réaliser. C'est ça qui reste le plus compliqué : plier votre magie interne à votre volonté.

- Y a-t-il une méthode particulière ?

- Comprendre comment votre magie fonctionne est un bon moyen de réussir. Ensuite, comme pour tout, il vous faut de l'entraînement. Beaucoup d'entrainement. Prenez des livres. Les théories de ces écrivaillons sont souvent des usines à gaz, mais les quelques exemples qu'ils donnent sont réels, donc relativement intéressants et utiles.

Harry acquiesça, les sourcils froncés. Il n'était pas au bout de ses peines.

S'il travaillait avec logique, il devait d'abord terminer de comprendre et accepter son animal, ensuite l'apprivoiser. Ensuite, il devait connaître tous ces éléments, ces souvenirs et ces sentiments qui l'avaient façonné et qui constituaient son labyrinthe parce qu'ils l'aideraient à comprendre le fonctionnement de sa magie. Puis il devait modifier la structure de son esprit pour qu'il soit en adéquation avec son animal d'âme. Avec son âme, donc. Et enfin seulement, avec son esprit et son âme en adéquation, sa magie serait apte à le transformer en animagus.

Hé bien ! Il comprenait mieux pourquoi il n'existait que peu d'animagi dans le monde magique. Tant de méditation, tant d'exercices et de discipline… tout le monde n'aurait pas la volonté ou le courage de le faire !

Alors que les deux hommes sortaient de l'esprit d'Harry, Severus se leva pour sortir une bouteille de Whisky Pur Feu. Il proposa un verre au jeune homme, mais celui-ci avait à faire et s'excusa. Resté seul, Severus soupira. Même cet intéressant interlude ne pouvait lui faire oublier les nombreuses conversations et débats qu'il avait entendus aujourd'hui. Il devait protéger ses jeunes serpents. Il avait hâte d'être au lendemain. Il devait absolument la voir.

SSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS

Samedi 12 septembre – 10 heures

Luttant contre sa répulsion devant la maison biscornue, le professeur de potions de Poudlard traversa un jardin sauvage. Était-il seulement entretenu ? Apparemment, il venait de faire fuir une nuée de bestioles rondes, tapies auparavant dans les hautes herbes. Il était incapable de dire ce qu'elles étaient...

Il sonna courageusement à la porte branlante de cette tour tarabiscotée qui était en pleine reconstruction. Une jeune fille au teint rose et aux boucles d'oreilles en radis lui ouvrit la porte. Et quels radis ! Des vrais. C'était d'autant plus visible que pour la première fois depuis des années, le professeur Rogue voyait Luna Lovegood avec les cheveux attachés.

- Ho ! Bonjour professeur ! Je vous attendais. Voyez-vous, les Actariolles viennent de me prévenir. Ils sont très serviables depuis qu'ils ont décidé de s'installer dans le jardin.

- Vraiment ? Répondit l'austère maître des potions en tentant de ne pas paraître trop malpoli. J'en suis enchanté mademoiselle Lovegood. Mais je ne suis plus votre professeur, de ce que je sais. Vous êtes partie avant de terminer votre dernière année...

- Il est vrai. J'ai toujours trop aimé ma liberté de penser et Poudlard... Et bien, on ne peut pas dire que mes idées y étaient appréciées. Et si même ma maison fait preuve de bêtise désormais, je ne vois pas ce que je pourrais encore faire là-bas...

Snape songea que l'expression « liberté de pensée » était un bel euphémisme. Mais c'était justement pour cette liberté et cette légèreté de ton qu'il était venu ici.

- Entrez et installez-vous, je vous en prie. Je vais chercher le thé, reprit la jeune fille, rayonnante.

Le sombre professeur ne se fit pas prier et suivit son hôtesse à l'intérieur en espérant que l'étrange bâtisse ne s'écroulerait pas pendant sa visite. Il s'installa confortablement dans une espèce de fauteuil poilu et observa la jeune fille, dont la robe énorme lui faisait plutôt penser à un tonneau de tissu, se diriger vers sa cuisine...

Ou devait-il dire jeune femme ? L'étrange manière de se dandiner de son ancienne étudiante lui donnait l'impression qu'elle n'était plus aussi innocente que dans son souvenir...

Un jeune homme assez petit, au costume austère et aux lunettes carrées traversa soudain la pièce sans le saluer et disparut derrière un rideau de perles multicolores. Il secoua la tête et ne s'en formalisa pas. Quand Luna Lovegood rendait visite aux Serpentards – à une lointaine époque où le jeu principal pour ses Serpentards était encore de lui cacher cette… pouvait-on parler « d'amitié » ? – il n'était jamais parvenu à lui faire peur. Alors ses amis seraient sans doute aussi indifférents…

Quand elle revint avec une bouilloire fumante en forme de poire, il eut tout de même un léger haussement de sourcils. Où trouvait-elle toutes ces choses ? Luna lui versa une généreuse rasade dans une coupelle profonde avant de se servir. Il se méfia quand un mélange odorant de poivre et de banane lui parvint aux narines. Il avait toujours eu un odorat fort développé, seul avantage de son nez proéminent et cette odeur-là était pour le moins… peu commune.

Il ne put s'empêcher une remarque un peu écœurée.

- Vous avez des goûts bien étranges, mademoiselle Lovegood.

- Ho oui ! Je pense que c'est mon fils qui s'exprime à travers moi ! C'est adorable n'est-ce pas ?

- Votre fils ?

- Oui ! Mon bébé... Voyez-vous, professeur, il va sur ses 9 mois et il commence déjà à parler pour me donner son avis ! Il paraît que c'est normal, à 9 mois, qu'il commence à s'exprimer.

- C'est normal à 9 mois après la naissance, mademoiselle Lovegood. Ou peut-être dois-je vous appeler autrement ? demanda Snape, en ayant l'espoir d'être assez subtil pour connaître le nom de cet homme improbable qu'était le père de son enfant.

Alors que Luna secouait la tête en guise de réponse, il se vit obligé de reformuler sa question.

- Puis-je savoir qui est le père ?

- Qui était le père, voulez-vous dire, rectifia-t-elle avec une douceur et une innocence désarmantes. Ho ! Mais vous le savez bien, professeur. Mon bébé sera un beau garçon, n'est-ce pas ? Comme son père ! ajouta-t-elle fièrement.

Oui, il le savait parfaitement, au fond de lui. Il songea qu'il n'y avait bien que la fille Lovegood pour avoir été attirée par cet insupportable Gryffondor fan d'Harry Potter. Ce Gryffondor qui l'avait parfois accompagnée dans ses visites à Draco et sa bande. En même temps, il n'était pas venu souvent : il était toujours le souffre-douleur idéal de ses Serpentards dans ces cas-là…

Après quelques instants silencieux, l'homme entama quelques questions qu'il jugeait indispensables avant d'exposer le but de sa visite.

- Il parait que vous reprenez le journal de votre père. Où en êtes-vous ?

- Ho ! Tout fonctionne très bien ! J'ai racheté le matériel nécessaire et j'ai quelques membres bénévoles dans mon équipe, qui veulent travailler pour le Chicaneur. Vous savez, nous avons très bien marché l'année dernière. Je veux que ça continue de la même façon, pour pouvoir financer les expéditions et les recherches de mon père. Ça va être intéressant !

Luna sautillait presque sur son propre fauteuil.

- Quand pensez-vous imprimer le premier numéro de votre nouvelle version ?

- Je ne sais pas encore, fit la jeune fille en tripotant une mèche de cheveux qui s'était échappée de sa tresse. Peut-être lundi, parce que nous avons déjà plusieurs dossiers prêts pour la semaine prochaine… Peut-être plus tard, tout dépendra de l'actualité, s'il se passe quelque chose d'intéressant. Peut-être les Pourkités se manifesteront-ils enfin. J'ai offert un miroir à Harry pour son anniversaire, mais il semblerait que…

- Les procès actuels ne vous intéressent-ils pas ? demanda Snape en la coupant dans son élan, connaissant un peu la manière dont elle pouvait parler de choses qui n'existaient pas.

- Les procès actuels sont bien couverts par les autres médias, répondit-elle en haussant les épaules. Si un nouveau traitement original se présente à mon esprit, alors peut-être lancerai-je l'impression de mon journal. Pourquoi cette question, professeur ?

Au lieu de répondre, Severus Snape plongea la main dans l'une des poches de sa robe pour en retirer un petit paquet qu'il lui tendit.

- Il semblerait que je puisse au moins vous faire ce présent maintenant que je connais la raison de votre départ. Je pense qu'elles vous reviennent de droit.

Si le professeur de Potions avait un ton revêche et qu'une grimace déformait ses traits, Luna sut d'instinct que le paquet représenterait beaucoup pour elle. Severus Snape n'était pas homme à faire des cadeaux. Sans savoir exactement pourquoi, son cœur accéléra quand elle défit l'emballage sommaire.

Alors que la première photo s'offrait à ses yeux, elle sentit les larmes dévaler ses joues. Elle et Colin, enlacés au milieu de la chambre Serpentard… Visiblement très mal-à-l'aise, Snape reprit la parole.

- Je… Si j'avais su pour vous deux, j'aurais demandé ces photos à Draco bien avant.

- Ne vous excusez pas, fit la voix tremblante de Luna, je suis heureuse de cette surprise.

Elle regarda les photos, mélange pris par Colin Creevey et Draco Malfoy, lorsqu'il avait volé son appareil. Il lui avait dit qu'il avait détruit la pellicule, elle n'avait jamais su qu'il avait développé ces photos pour les garder. Mais en observant certaines images, où les Serpentards avaient laissé tomber leur masque, elle comprit d'instinct pourquoi il avait agi ainsi.

Ne jamais montrer qu'un Serpentard pouvait avoir des sentiments, c'était l'un des grands crédos qu'aimait à répéter Draco Malfoy. Ces photos n'étaient pas censées tomber dans les mains de quelqu'un qui n'était pas un Serpentard. Et au-delà… Les garder était logique. Posséder ce témoignage de chaleur et d'amitié, venant d'un temps moins compliqué, était sans doute un bon moyen de se sentir bien alors que Voldemort amorçait son retour.

Elle releva les yeux.

- Pourquoi m'avoir apporté ces photos maintenant ?

- Il semblerait que la population sorcière ait tendance à avoir des idées préconçues mais très ancrées sur ce qu'est la maison Serpentard. Je ne veux pas savoir comment, mais j'aimerais que vous puissiez témoigner de la fausseté de cette image. J'espérais pouvoir vous amadouer avec ces photos.

- Vous avez de la chance, il paraît que j'ai des tendances Poufsouffle, en ce moment, fit Luna avec un petit rire. Laissez-moi ces images et je me chargerai du reste. Comptez sur mon aide et n'oubliez pas votre exemplaire du Chicaneur, lundi prochain.

- Je ne comptais pas vous reprendre ces photos, de toute façon. Draco les a laissées dans sa boîte sans les emporter. Je suppose qu'elles n'avaient pas autant d'importance pour lui qu'elles n'en auront pour vous…

Satisfait, quand il sortit de la tour précaire, Severus Snape songea qu'il avait bien fait de venir la voir. C'était le meilleur moyen de prendre ses détracteurs à contre-pied. Le Chicaneur jouissait d'une liberté de ton totale qui avait fait sa renommée et son succès à la fin de la guerre. Et c'était bon pour ses affaires.

Pour la première fois, il songea que son filleul avait eu une bonne intuition en choisissant Lovegood comme passe-temps, quelques années auparavant. Il savait que Draco avait cessé de lui parler quand Voldemort était revenu au pouvoir, qu'il l'avait même insultée parfois, c'était vrai, mais elle ne semblait pas lui avoir tenu rigueur de son comportement assez lamentable de Mangemort en herbe.

De toute façon, il savait aussi que Draco l'avait très discrètement aidée, à l'époque où elle était enfermée dans les cachots Malfoy. C'était une des raisons qui avaient permis à Lovegood d'être restée toujours optimiste, presque comme si elle ne s'était pas rendue compte qu'elle était en réalité prisonnière du pire mage noir de ces dernières décennies…

L'autre raison étant sa folie douce, qu'il bénissait aujourd'hui au nom de sa maison.

HPSFHPSFHPSFHPSFHPSFHPSF

Samedi 12 septembre – 19 heures

Alors qu'il terminait de revêtir la tenue que lui avait préparée Kreattur pour l'inauguration de ce soir, quelqu'un frappa à la porte de ses appartements. Lorsqu'il ouvrit, il eut la surprise de voir Ginny.

- Bonsoir, Harry, fit-elle avec un air contrit. J'ai… heu… Je crois qu'on doit parler.

- Effectivement, mais tu sais que je ne peux pas t'inviter à entrer, n'est-ce pas ? Je veux dire… On est à Poudlard, tu es étudiante et je suis professeur, bafouilla Harry, inquiet de peiner sa fiancée.

- Je sais. J'espérais t'accompagner à Pré-au-Lard, à l'auberge de Seamus.

- Comment es-tu au courant ?

- Mes frères. Dans les colis de farces qu'ils ont expédiés à leurs clients, ils ont ajouté une petite note sur l'ouverture prochaine d'une auberge à Pré-au-Lard où il sera possible d'acheter leurs produits. En plus, il y a un bruit qui court dans Poudlard que tu seras présent ce soir. Alors forcément, tout le monde en parle, je ne pouvais pas passer à côté.

- Et tu voudrais que je t'emmène.

- Je pourrais y aller seule, maintenant qu'ils ont remis l'ancien règlement, mais… Je me suis dit que ce serait l'occasion de discuter. En plus, je voulais… m'excuser pour la méchanceté dont j'ai fait preuve. Je sais que ce n'est pas une bonne raison, mais je suis tellement stressée en ce moment. J'ai l'impression que ça n'arrête jamais, dit-elle avec les larmes aux yeux.

Ce fut à ce moment-là qu'il remarqua que la jeune fille tremblait de froid. Il soupira après sa propre bêtise mais se décida à la laisser entrer. Elle alla directement à côté du feu et Harry s'adoucit en la regardant. La tête baissée, elle était l'image même du repentir.

- Pourquoi cette angoisse ?

- Les disputes, dans la tour. Je voulais faire en sorte que ma maison aille mieux. Je pensais que Gryffondor serait d'autant plus soudée, unie après la guerre, mais c'est tout le contraire. C'est parce que les nouveaux ne comprennent rien ! Ils ne comprennent pas à quel point on a souffert et ils défendent sans arrêt les Serpentards.

- Ginny, tous les Serpentards ne sont pas mauvais. Regarde Snape. Ils ont raison de veiller à ce que les innocents ne souffrent pas pour les coupables. Et de qui parles-tu en disant « les nouveaux » ?

- Beaucoup de Poufsouffles, des Gryffondors… Un ou deux Serdaigles. Ceux qui sont arrivés en cours de scolarité. C'est surtout cette Anna qui nous pose des problèmes ! Tu sais, celle que tu regardais, pendant la répartition, ajouta-t-elle vicieusement. Bref, peu importe. Elle s'est mis en tête que nous étions des sadiques violents et elle provoque pas mal de disputes… Elle est tellement… rageante. C'est compliqué.

- Je vois…

Harry finit de fixer les attaches de sa cape pendant que Ginny se réchauffait, puis il jeta un œil dans le miroir au-dessus de la cheminée. Ça irait. Et s'il en croyait le regard brillant de sa fiancée, Kreattur avait encore une fois bien choisi son costume.

- Tu peux laisser ton manteau ici, lui dit-il, nous allons nous rendre directement chez Seamus avec ma cheminée. Le discours d'inauguration commence dans une heure, mais il voulait me faire faire le tour du propriétaire. Tu m'accompagneras.

- Pourquoi est-ce que Seamus voudrait te faire une visite personnalité son auberge ?

- Je ne te l'ai pas dit ? J'ai investi dedans. Je suis l'un des actionnaires du Voyageur Repus.

- Non, je ne savais pas, confirma Ginny en retirant sa robe scolaire.

Harry resta stupéfié un instant en voyant la robe de soirée qu'elle portait dessous. Blanche, elle faisait ressortir sa peau bronzée et ses cheveux roux, qui retombaient en cascade sur ses épaules. Elle faisait soudain beaucoup plus âgée, dans ses hauts talons. Il bégaya un instant en essayant de former un compliment correct, avant d'abandonner et de lui tendre son pot de poudre de Cheminette.

Il la suivit en prononçant à son tour son lieu de destination. La première impression qui l'assaillit à son arrivée fut le sentiment de chaleur. A la fois pour ce qu'il pouvait apercevoir de l'auberge et pour l'accueil enthousiaste et amical de Seamus. Après l'avoir serrée dans ses bras, il invita Ginny à s'avancer près du bar pour prendre un verre. Harry en profita pour observer la grande pièce dans laquelle il avait atterri. Elle présentait trois espaces distincts.

L'espace du comptoir, d'abord, faisait vieillot avec son bois verni et ses tabourets de bar, mais invitait à la détente. On le remarquerait tout de suite en entrant par la porte principale, sur le mur de droite. L'entrée, elle, occupait l'un des angles de la pièce. La cheminée destinée à chauffer la pièce et accueillir les voyageurs était dans le coin opposé, là où il se trouvait, encastrée dans le mur.

Un miroir, derrière le bar, reflétait les nombreuses bouteilles d'alcools divers, de toutes les couleurs. Il crut également reconnaître, sur un petit meuble et accessible aux clients, un vieux gramophone moldu. Etait-il possible qu'il fonctionne ? Peut-être était-ce un des nombreux objets récupérés par Arthur Weasley… Et encore à côté, dans le coin, un espace assez large était consacré aux produits Weasley, dans une belle vitrine éclairée.

Au milieu de la pièce, sur le sol composé de larges dalles beiges, étaient disposés des tables et bancs de toutes tailles, sculptés dans le même bois que celui du comptoir et des tabourets, mais non vernis. Les pierres apparentes des murs et les poutres du plafond, loin au-dessus, donnaient à l'ensemble un effet pittoresque : Harry avait l'impression d'être ailleurs qu'en Angleterre.

Cette impression était confirmée par le troisième espace, plus contemporain, avec son très large tapis blanc en laine de mouton, qui semblait si doux, ses fauteuils d'un vert profond et ses tables basses de bois en forme de trèfle. C'était un espace qui invitait au calme, aux discussions amicales ou au travail silencieux. Seamus avait visiblement rendu hommage à son pays d'origine : une harpe accrochée au mur, des tableaux de paysages verdoyants, de moutons et de trèfles…

Seamus vint le tirer de ses pensées.

- Alors ? Qu'en penses-tu ?

- Que tout le monde peut se retrouver dans ton auberge. J'imagine bien des vieux en train de papoter au bar pendant qu'une famille mange sur une des tables et que des étudiants de Poudlard lisent, pelotonnés sur les fauteuils qui sont proches de la cheminée.

- Tant mieux ! C'est un peu ce que j'imaginais. Mais j'ai mieux pour Poudlard. Quand j'ai appris qu'ils remettraient le règlement d'avant-guerre, il y a longtemps maintenant, j'ai décidé avec l'architecte de créer un espace spécial Poudlard, le Salon de Poudlard.

- Où ça ? demanda Harry.

- Là-bas. Viens, je vais te montrer, dit-il en emmenant Ginny à sa suite.

Harry, qui était resté planté devant la cheminée depuis tout ce temps, s'avança enfin dans la pièce et aperçut, dans le coin opposé à celui qui était occupé par les vitrines Weasley, une large entrée en forme d'arche.

Il passa à côté d'un chaudron d'or rempli de fléchettes et aperçut le jeu sur le mur, avant de monter les trois marches qui menaient à une large pièce ronde recouverte d'un tapis blanc. Une banquette qui semblait moelleuse faisait le tour de la pièce, et plusieurs coffres et des coussins aux couleurs des quatre maisons étaient éparpillés ça et là.

- Regarde, fit Seamus en ouvrant un des coffres, il y a un coffre à jouets pour les plus jeunes, mais tous les autres sont remplis d'objets rattachés aux maisons et autres mascottes. J'ai réussi à récupérer un exemplaire de chaque fanion, que tu peux voir accrochés au mur. Il y a aussi plein de photos du château, dit-il en fouinant dans l'un des coffres, de certains profs, certains élèves connus et de Quidditch étudiant… Des livres d'histoires et de légendes sur Poudlard… Ici, on pourra faire du bruit et se sentir comme chez soi : il y a des sorts d'assourdissements pour ne pas gêner la salle principale. Et ça permettra aussi aux étrangers qui viennent ici, et qui n'ont jamais vu l'école, d'en avoir un aperçu.

- C'est magnifique, approuva Ginny.

- Et ce n'est pas la seule particularité de mon auberge, s'exclama Seamus en ressortant.

Harry et la jeune femme le suivirent de l'autre côté de la pièce principale, vers un petit escalier qui menait à un couloir en mezzanine, au dessus de l'espace réservé aux Weasley. La mezzanine expliquait le haut plafond. Et de là, on avait une superbe vue sur la salle principale de l'auberge.

- Et voilà, dit fièrement Seamus. Derrière cette porte de gauche, vous avez le couloir du premier étage, qui mène aux diverses chambres et aux autres étages, et au bout de la mezzanine, vous avez la porte qui mène à la tour qui domine les toits alentours, la Tour des Petites Personnes.

- C'est-à-dire ? demanda Harry, intrigué.

- C'est une tour réservée aux Elfes, aux Nains, aux Gobelins et autres créatures qui aiment des chambres bien spécifiques, spécificités que nous avons déterminées avec Kreattur et l'architecte. Il y a aussi la porte de la cave, à droite de l'entrée principale et juste à côté du bar, où nous avons installé des cercueils.

- Des cercueils ? s'étonna Ginny.

- Qui sait… Peut-être que les vampires aimeraient aussi faire les boutiques ! Pourquoi je ne profiterais pas de leurs fortunes familiales immenses ?

- J'approuve totalement l'ouverture d'esprit dont tu fais preuve, Seamus. Mais tu vas devoir en imposer pour qu'il n'y ait pas de problème entre les divers clients que tu vas avoir.

- Je n'aurais pas de problème. J'ai travaillé avec les Weasley pour créer certains produits destinés spécifiquement aux vampires, pour diminuer leur agressivité envers les humains. Des substituts de sang avec des ingrédients de leur cru. Ils m'ont aussi créé des artefacts magiques pour que je sois protégé de la force des Gobelins, de la vitesse des Vampires et de l'agressivité des humains fatigués. Je peux maîtriser la moindre bagarre et expulser les belligérants. Je n'aurais pas d'ennui, c'est dans ma charte du client.

Soudain, un bêlement sonore se fit entendre et Harry reconnut un Weasley s'esclaffer, en bas. En se penchant au dessus de la rambarde de la mezzanine, Seamus râla après Georges.

- Arrête de faire sonner ce mouton sans arrêt !

- C'est pour te rappeler qu'on a encore les plateaux garnis à installer sur les tables, lança Georges d'en bas.

Harry sourit, attrapa sa fiancée par la taille, et redescendit dans la salle principale.

- Qu'avez-vous prévu, pour cette soirée d'inauguration ?

- D'abord, un magnifique discours hypocrite écrit par mes soins, répondit Percy en passant la porte qui se trouvait entre le gramophone et le stand Weasley. Nous allons avoir des officiels, c'est toujours bon d'être dans leurs petits papiers, expliqua-t-il en déposant le plateau qu'il portait sur l'une des tables.

- Ensuite, ajouta Seamus en sortant à son tour de la cuisine les mains pleines, nous allons ouvrir le buffet surprise. Les gens pourront manger tout leur saoul, ce soir : c'est important pour moi de montrer que les spécialités irlandaises peuvent être délicieuses, si je veux que les gens reviennent et payent leur prochain repas.

- C'est aussi l'occasion pour nous de montrer nos nouvelles inventions, compléta Georges, celles que Fred et moi n'avons pas pu sortir pendant la guerre. Elles ont plein d'effets divers. Ce sera la surprise : nourriture normale ou made in Weasley ? Les deux sont mélangées sur les plateaux. J'espère que ça permettra aux gens de s'amuser et se détendre.

- Le premier verre d'alcool est offert, mais nous ferons payer les boissons suivantes, continua Percy. Si nous réussissons à créer une bonne ambiance, personne ne s'en plaindra.

- Je m'occuperai du bar, lança Georges avec enthousiasme.

- Et moi, dit à son tour Seamus, je ferai le tour des invités et des clients pour créer un lien entre nous et les inviter à revenir. Ça me permettra aussi de faire connaître subtilement les prochains événements que j'organiserai ici.

- Tu as l'air sacrément motivé, en tout cas, le félicita Harry avec un grand sourire. Je suis très heureux que nous soyons partenaires.

A huit heures moins le quart, tout était prêt. Seamus augmenta le feu dans la cheminée et ouvrit la double porte d'entrée, elle aussi en forme d'arche, en grand. Beaucoup de gens attendaient déjà derrière la porte, principalement des étudiants et des gens du village. C'est seulement ensuite que les bruits d'apparitions se firent nombreux, annonçant l'arrivée d'invités plus lointains.

Harry, installé au bar avec Ginny, discutait du magasin de Farces et Attrapes avec Georges, qui faisait briller quelques verres en attendant le discours de Seamus. Il regardait d'ailleurs ce dernier accueillir chaleureusement des gens qui travaillaient probablement au ministère.

Quand il vit entrer une jeune femme avec un photographe, il eut quelques craintes. Mais elle n'était pas Rita Skeeter et elle ne se précipita pas sur lui. Il eut aussi la surprise de voir entrer Hermione, au dernier moment. Elle lui sourit et vint le saluer, ainsi que Ginny, Georges et Percy, avant de s'asseoir à ses côtés.

Quand huit heures sonnèrent, Seamus grimpa sur l'une des tables en forme de trèfle pour prononcer son discours de bienvenue. Hermione se pencha discrètement vers Harry.

- Je ne savais pas que Seamus savait parler aussi bien.

- C'est Percy qui a écrit le discours, répondit Harry avec un discret gloussement.

- J'aurais dû m'en douter, j'ai presque reconnu sa patte.

- Tu t'es accordé une petite pause ?

- Je n'ai pas eu le choix. Mon chef de service est ambitieux et il pense que venir ici, où plusieurs directeurs sont présents, lui permettra de se faire bien voir. Il m'a emmenée pour montrer qu'il est chef.

- Tu n'as pas l'air d'être ravie, fit remarquer Ginny avec un sourire malicieux.

- Il refuse de me donner la moindre responsabilité tant que je ne connais pas par cœur la loi sorcière, et là, il me fait perdre inutilement mon temps. Est-ce que vous saviez qu'il y a quatre livres de loi ? Et quand je parle de livres, j'ai l'impression que ce sont les plus gros que j'ai vus de ma vie ! Il y en a un entier rien que pour les procédures et les symboliques à respecter dans le moindre événement du ministère, expliqua-t-elle avec une pointe d'incrédulité qu'elle n'était pas parvenue à cacher entièrement. C'est totalement hallucinant !

- Pourquoi dois-tu apprendre toutes ces bêtises, avant de travailler ? demanda Harry.

- Ce ne sont malheureusement pas des bêtises, soupira Hermione. Le ministère est presque entièrement composé de sang-purs qui respectent leurs traditions à la lettre. Si je veux pouvoir faire des propositions dans un dossier, il faut déjà que j'apprenne comment faire ma demande.

- Te connaissant, tu vas y arriver, je n'ai aucun doute ! la rassura Harry.

- Mais j'ai beaucoup de mal à apprendre ces choses : ça me révolte tellement de perdre ce temps et de voir certaines procédures rétrogrades que… Ah ! Je perds un temps fou à lire et accepter ce que je lis, alors forcément, je perds du temps avant d'apprendre… Et avant de pouvoir faire la moindre proposition, je devrai connaître parfaitement chaque dossier. Ils sont nombreux et épais. Je comprends mieux pourquoi le ministère est inefficace ! Mais j'y arriverai, je me battrai et je protégerai les créatures magiques !

Harry sourit en secouant la tête. Il avait l'agréable sensation qu'Hermione ne changerait jamais, quoi qu'il arrive. La défense des créatures dites « inférieures » était le combat dans lequel elle se sentirait le mieux, elle avait bien choisi. Par contre, si elle désirait faire bouger le ministère, il ne doutait pas que ça lui prendrait une vie. Il décida de lui offrir un verre pour lui remonter le moral.

- Je vous remercie donc tous d'être venus et je vous souhaite une excellente soirée ! termina Seamus sous les applaudissements des officiels et les cris d'enthousiasme de ses amis les plus proches.

Harry et Ginny descendirent de leur tabouret pour se mêler à la foule alors que le chef de service d'Hermione venait justement la voir. Ginny était accrochée au bras de son fiancée. Comme elle le lui avait dit à l'oreille : il était de bon ton que des fiancés officiels se montrent ensemble au moins au début et à la fin d'un événement public.

Ils se mêlèrent à la foule. Harry était heureux pour Seamus : les gens s'étaient déplacés nombreux et les conversations allaient bon train. Il attrapa un petit morceau de cake sur une table, au passage, et se dirigea vers le Salon de Poudlard, où il avait vu plusieurs anciens camarades se glisser.

- Harry ! l'accueillit Parvati avec un cri joyeux, les mains pleines de photos.

Harry entama une discussion joyeuse avec le petit groupe qui s'était formé là. Après une petite demi-heure à prendre des nouvelles de tout le monde, il aperçut Luna Lovegood près du jeu de fléchettes, à côté du chaudron. Elle portait une très jolie robe blanche et rose, assortie à ses radis, mais ce qui l'intriguait le plus était le ventre proéminent que la robe moulait. Il la rejoignit en laissant Ginny discuter avec ses amies de chambrée.

- Bonjour Luna.

- Salut Harry ! Es-tu content de ton investissement ?

- Comment sais-tu que j'ai investi ici ?

- Pour quelle autre raison porterais-tu ce costume noir charbon et cette cape bleu-vert ?

- Euh… Parce que ça me va bien au teint ? proposa Harry, en songeant que Kreattur avait sans doute choisi ces vêtements en toute connaissance de cause, même s'il n'avait pas expliqué ses raisons…

- Ho ! D'accord ! Je pensais que c'était pour montrer que tu avais contribué à la régénération de cette bâtisse et que tu avais prêté de l'argent avec générosité. Tu me diras, vu que tu es venu avec Ginny, tu aurais pu tout simplement vouloir dire que tu as une grande vigueur sexuelle.

- Luna ! protesta Harry. Mais qu'est ce que tu racontes ?

- Pardon Harry, dit-elle avec un sourire qui disait tout le contraire, c'est mon fils qui me fait dire des choses sensées. Je ne sais pas ce qui m'arrive, parfois,

Harry secoua la tête et ne chercha pas plus loin. Quand il ne comprenait pas Luna, il était inutile de lui demander des explications supplémentaires.

- Je ne savais pas que tu attendais un bébé. Il est de qui ?

- Mais de moi, bien sûr ! Mais il va bientôt naître, je n'ai plus longtemps à attendre. Je l'appellerai Corbin.

Harry la félicita pour le nom et cessa ses questions : il avait bien remarqué que Luna avait utilisé des pronoms singuliers. Qui que soit ou qui que fut le père, il n'était plus là pour le bébé.

- Excusez-moi, les interrompit la voix d'une jeune fille, accepteriez-vous de répondre à quelques questions, monsieur Potter ?

Harry se tourna vers la journaliste qu'il avait vue entrer un peu plus tôt dans la soirée et prit une grande inspiration. C'était le moment de confrontation avec la presse. S'il voulait rattraper son image écornée par Skeeter, c'était le moment ou jamais.

- Je vous en prie, mademoiselle… ?

- Elmack. Vous pouvez m'appeler Rose, précisa la jeune femme en rougissant légèrement sous le regard perçant d'Harry. Je souhaiterais avoir votre version de l'histoire en ce qui concerne la bataille finale qui a eu lieu au château de Poudlard. Vous comprenez, nous avons publié un article, plus tôt, qui nous a valu beaucoup de lettres de demande d'explications approfondies, alors… Pouvez-vous me raconter comment tout cela s'est passé ?

- Bien sûr ! Laissez-moi quelques instants pour me souvenir de tout.

Harry prit à nouveau une longue inspiration en se souvenant des conseils de Neville. Ne pas se vanter, mais ne jamais minimiser son courage ou ses exploits. C'était là le nerf qui poussait vos interlocuteurs à vous respecter, et certains, à vous admirer.

Harry se rappela également que préserver son patrimoine passait par la préservation de son image, comme le lui avait dit Kreattur, et que se mettre en avant était un bien petit sacrifice en comparaison avec tout ce qu'il avait vécu jusqu'ici. Il commença donc son récit – une version qu'il avait travaillée avec Kreattur pour le jour où il serait interrogé sur la guerre, une version taillée pour éviter de parler des reliques de la mort, une version travaillée avec des expressions bien choisies pour produire un effet bien spécifique.

- Cela faisait déjà plusieurs heures que les professeurs, les étudiants de Poudlard et les Aurors se battaient pour préserver le château des Mangemorts. Voldemort avait peur de moi –craignez moi vous aussi, si vous voulez être mon ennemi – et il voulait que je vienne le voir seul. Avec l'espoir qu'il se découvre enfin sur le champ de bataille si je me sacrifiais, je me suis rendu dans sa cachette, dans une grotte au cœur de la forêt interdite – je suis extrêmement dévoué à mon pays, je ne suis pas une menace malgré ma puissance.

- Vous étiez parti pour vous sacrifier ? s'étonna vivement la journaliste.

- Oui. L'euphorie de cette victoire était l'un des seuls moyens pour qu'il baisse sa garde. Autrement, son immense méfiance et sa ténacité aurait pu bientôt venir à bout des combattants – sans moi, vous étiez sur le point de perdre. Une prophétie annonçait que je serais le seul à venir à bout de Voldemort, mais cette prophétie n'annonçait pas comment. A ce moment-là, le choix de mon propre sacrifice me paraissait le plus logique pour assurer la victoire à mes amis – j'ai du courage, mais je ne fonce pas tête baissée en prenant des risques inutiles.

- Comment s'est passée votre confrontation avec Voldemort, alors ? demanda Rose, pendue à ses lèvres.

- Quand je suis arrivé dans la grotte, Voldemort m'y attendait au milieu de son cercle intime. Après une conversation brève où j'ai notamment appris que le professeur Snape subissait de plein fouet une séance de torture pour trahison envers lui – cet homme était de notre côté – il a levé sa baguette pour me lancer l'Avada Kedavra. Je n'ai pas bougé, le sort m'a frappé et j'ai été projeté loin en arrière.

La journaliste haleta, tout en prenant ses notes, mais elle ne l'interrompit pas.

- Ce que je ne savais pas, c'est que l'héritage que m'avait confié Dumbledore, le premier vif d'or que j'ai attrapé, était enchanté avec de puissants sorts de protection de son cru – ne cherchez plus jamais à comprendre pourquoi Dumbledore nous a légué d'étranges objets. Le vif a explosé en mille morceaux – ne cherchez jamais à retrouver cet objet – et, avec sans doute l'aide de la chance que j'ai eue étant bébé, le sort a rebondi une nouvelle fois – je ne suis pas surhumain, mais je suis très puissant.

La journaliste gloussa quand Harry glissa un clin d'œil au moment de mentionner sa chance. Il dédramatisait son récit sans en retirer les valeurs et l'héroïsme.

- J'étais couché par terre et j'ai entendu que Voldemort lui aussi avait été projeté au sol. Je suppose que c'était le résultat des protections diverses dont je bénéficiais. En attendant de savoir s'il était mort ou pas, j'ai fait semblant d'être mort moi-même. Comprenez bien que j'étais au milieu de nombreux Mangemorts dévoués et que me dévoiler immédiatement aurait été du suicide, un acte totalement irréfléchi – cette tactique que Skeeter annonçait bancale il y a deux jours était parfaitement logique et calculée.

- Je vous le concède, marmonna la journaliste, sa plume grattant le parchemin le plus rapidement possible.

- Quand j'ai entendu qu'il n'était toujours pas mort, j'ai continué de feindre en cherchant un nouveau plan pour aider mes compagnons. Trop effrayé pour venir voir lui-même si son sort avait fonctionné correctement, il a envoyé madame Malfoy. Elle lui a menti pour mon bénéfice et Voldemort s'est dit que ce serait un bon coup à infliger au moral des combattants que de leur montrer mon supposé cadavre.

La journaliste avait maintenant un teint verdâtre, et Harry s'aperçut enfin que plusieurs groupes autour d'eux avaient cessé de discuter pour l'écouter raconter son histoire. Il ne s'arrêta cependant pas.

- Quand nous sommes arrivés sur le champ de bataille, les combattants ont refusé de se soumettre. Et grâce à Neville Longdubat, qui a créé une diversion en tuant le serpent de Voldemort, j'ai pu m'éloigner un peu de la scène. Il y a eu un mouvement de foule vers le château, et Voldemort et moi nous sommes retrouvés face à face.

- Qu'avez-vous ressenti ?

- Je ne me souviens pas de tout, mais j'étais à la fois en colère pour les morts que j'avais pu apercevoir, en colère contre ce monstre qui ne respectait aucune vie – ni de ses ennemis, ni de ses propres gens. Et en même temps, infiniment soulagé de sentir la fin de cette guerre arriver. J'avais peur, mais suffisamment confiance en moi pour terminer enfin ce que la société sorcière attendait de moi depuis tant d'années – vous m'avez tous mis ce fardeau sur les épaules et je me suis acquitté de ma tâche, ne l'oubliez pas.

- Comment avez-vous pu tuer Voldemort ?

- Je ne l'ai pas tué directement. Je n'ai jamais eu grand plaisir à imaginer que je tuerai quelqu'un un jour, même un monstre – je suis profondément bon et fiable – alors je voulais surtout lui prendre sa baguette pour éviter qu'il ne fasse un massacre. Comme nous avons prononcé notre sortilège en même temps, ils se sont télescopés en se rencontrant, et l'Avada s'est redirigé vers Voldemort. Encore l'effet de ma chance, peut-être, mais surtout l'effet de ma volonté de le vaincre – respectez le combattant que je suis. Mais c'est aussi à cause de l'effort intense que j'ai consacré à me battre et que j'ai mis dans mon dernier sort que je suis tombé épuisé à la fin des combats.

- Nous savons que les Aurors sur place ont procédé à toutes les arrestations qu'ils ont pu, en effet. Et qu'avez-vous fait, après cela ? Certains ont fait courir le bruit que vous vous étiez enfui, mais je ne le crois pas vraiment. Qu'en est-il ?

- Je vous l'ai dit. J'étais épuisé. Cela faisait un an que je me battais sans relâche pour nous libérer de cette menace qu'était Voldemort. Une année entière que je ne trouvais pas le repos en pensant à tous ceux qui souffraient, en pensant que le moindre moment de sommeil pouvait permettre à mes ennemis de me surprendre. Je suis resté plusieurs jours dans un coma magique profond – je me suis battu pour vous jusqu'au bout de mes forces.

- Ho ! Je suis désolée, nous ne savions pas.

- C'est bien normal. L'infirmière Pomfresh, qui s'était occupée de moi à ce moment-là, a tenté par tous les moyens de me permettre de me reposer et de me remettre. Et puis, tant de gens avaient de la famille à pleurer. Que je sois dans le coma n'était pas la priorité, j'approuve la décision de madame Pomfresh de ne pas faire étalage de mon état : cela prouve un réel respect envers les familles en deuil – je compatis à votre douleur à tous, alors ne me reprochez rien. J'ai tout donné pour vous.

- Je crois pouvoir dire au nom de tous les sorciers que nous vous sommes reconnaissants pour votre dévouement. Avez-vous des projets plus personnels, maintenant que vous avez ramené la paix ?

- Quelques uns, oui. Je travaille beaucoup sur les programmes de Défense contre les Forces du Mal de cette année, notamment. Pour ce qui est de mes projets personnels, comprenez-bien que je préfère les garder pour moi, conclut Harry avec un sourire complice – cette conversation est maintenant terminée.

- Merci beaucoup de m'avoir consacré ce temps, monsieur Potter ! dit la journaliste avec enthousiasme.

Les gens qui avaient écouté la conversation s'étaient tous remis à discuter entre eux. Sauf que l'un de leurs sujets était désormais le Survivant. Harry se tourna vers Luna, qui était complètement ailleurs en mâchant son petit toast, et il lui sourit chaleureusement. Il sut, en voyant la journaliste Elmack travailler avec frénésie, qu'il avait réussi son premier test devant la presse. Sa première interview réellement maîtrisée.

- J'espère, fit la jeune femme en relevant la tête, que grâce à vous, je serai enfin reconnue dans le monde journalistique. Merci.

Harry lui fit un petit signe de tête. Il avait soif. Puisque Luna, après avoir décliné son offre de lui offrir un verre, s'approchait de la journaliste pour jeter un œil à ses notes parce qu'elle aurait peut-être « quelques conseils à lui donner », Harry se dirigea seul vers le bar.

Alors qu'il commandait une simple Biéraubeurre à Georges, un homme à sa gauche lança un « c'est pour moi » amical. Harry se tourna vers lui et le détailla.

C'était un homme de taille moyenne, avec un ventre bombé qui révélait son plaisir de la nourriture et de la boisson, et probablement dans la quarantaine, au vu de ses petites rides. Il avait cependant une barbiche bien rousse, de la même couleur que les cheveux qui entouraient son crâne un peu dégarni.

Ses vêtements semblaient plutôt couteux. Pourpoint de velours bleu, ceinturon de cuir assez large à la boucle d'argent, médaillon brillant autour du cou – probablement un mélange d'argent et de cuivre. La fourchette et le couteau croisés gravés sur le médaillon étaient un indice de plus sur le caractère bon vivant de cet homme.

- Je suis Andrea Kczmarek, se présenta l'homme, chef de la guilde des aubergistes du Nord. Et vous êtes Harry Potter. Je suis enchanté de vous rencontrer.

- Et moi de même. Excusez-moi si je prononce mal votre nom.

- Ho ! Ne vous en faites pas pour ça, tous les anglophones souffrent en prononçant mon nom de Polonais ! Appelez-moi Andrea et tout ira très bien.

- Très bien Andrea. Merci pour le verre, dit Harry en levant sa chope vers lui.

- De rien ! Je vous devais au moins ça ! Je suis content de voir que l'auberge de la Tête du Sanglier a été remplacée si vite. Je déplore la perte de mon vieil ami Abelforth, qui est parti je ne sais où sans me dire au revoir, mais je suis content d'accueillir ce jeune Finnegan dans nos rangs. Je trouve ça amusant qu'un Irlandais s'installe en Ecosse pour promouvoir son pays.

- Pourquoi amusant ?

- Nos cuisines ne se marient pas toujours très bien. Si ce n'est l'enthousiasme de ce jeune homme qui lui permettra une bonne intégration dans le coin, je lui aurais même conseillé de renoncer. Mais c'eut été dommage, vu le résultat de son travail…

- Je vais sans doute vous paraître ignorant, commença Harry, mais je ne sais pas exactement ce que vous entendez par la guilde des aubergistes du Nord…

- N'avez-vous pas encore parlé à notre Maître ?

Le froncement de sourcils d'Harry était une réponse largement suffisante.

- De quel maître parlez-vous ? demanda-t-il.

Il détestait cette appellation qui rappelait fortement Voldemort. Mais dans sa mémoire, ce nom faisait écho. Le jour où madame Malfoy l'avait emmené dans les appartements de Snape pour voir son fils dans le coma, ils étaient passés dans un couloir étouffant. Il avait été alpagué par une tapisserie sombre, qui lui avait parlé de son maître…

- Le Maître Artisan qui nous dirige tous, nous les guildes, répondit Andrea. Je pensais qu'il vous avait déjà contacté depuis longtemps… Mais il le fera sans doute, ne vous inquiétez pas.

- Je ne suis pas inquiet, je ne sais même pas ce qu'est une guilde.

L'homme resta un instant silencieux en jaugeant Harry. Finalement, il lui demanda s'il souhaitait quelques explications et Harry accepta.

- Une guilde, dans le monde juridique magique, a un statut bien particulier. Les guildes sont des regroupements de marchands et autres commerçants qui partagent des intérêts communs. Il y a bien longtemps, les guildes étaient uniquement locales : les marchands d'une ville qui se rassemblaient pour réclamer par exemple un nouveau taux de change ou une nouvelle législation. Aujourd'hui, la société sorcière compte principalement des guildes de professionnels, qui représentent tout un secteur de l'économie.

- Comme par exemple les auberges.

- Par exemple. Nous représentons les bars, les auberges, les maisons d'hôtes – ce genre de services-là.

- Et vous n'êtes donc plus des guildes locales.

- Ce n'est pas tout à fait ça. Disons que nous sommes mieux organisés qu'avant. Il y a La Guilde. Elle est nationale et regroupe les représentants nationaux de toutes les professions. Chaque représentant négocie au nom de toutes les guildes de sa profession. Et les guildes « locales », mais dans un sens large comme le nord du pays par exemple, font remonter au représentant les besoins spécifiques de leurs marchands locaux.

- Mais vous parlez de négociation… Qu'est-ce que vous négociez ?

- La Guilde négocie les taxes avec le ministère et sert de groupe de pression en matière de législation nationale. Les guildes locales – les Aubergistes du Nord ou les Bars Orientaux, pour prendre notre exemple – sont chargées de la fixation des prix, plus ou moins harmonisés, de veiller à ce que leurs membres respectent les réglementations en vigueur et, plus simplement, se chargent de l'intégration des nouveaux membres. Et en cas de catastrophe, également, nous sommes solidaires et levons des fonds pour venir en aide aux sinistrés de notre profession.

- Alors à quoi sert ce maître, dont vous parlez ?

- Le Maître Artisan est le dirigeant de tous les représentants des guildes, qui eux nous dirigent. Pour simplifier, il est le chef de tous les artisans et les commerçants de proximité qui sont réunis dans nos guildes. Sa parole a une grande valeur.

- Pourquoi est-il au-dessus des autres ?

- Il est reconnu par tous comme un Grand Maître dans sa spécialité au sens où son talent et son habileté ont su imposer le respect nécessaire pour en faire notre maître incontesté.

- Et quelle est la spécialité de votre Maître Artisan actuel ?

- Il est tisserand.

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Il était un peu moins d'une heure du matin quand les derniers invités sortirent de l'auberge Au Voyageur Repus. On aurait dit qu'un troupeau d'Hippogriffes était passé par là. Mais Seamus était extrêmement content de sa recette de la soirée. Il avait bon espoir d'être à peu près rentré dans ses frais de bouche et c'était pas si mal.

- Tu sais quoi ? lança George, songeur, depuis le bar où il lavait les verres. Puisque les gens ont autant apprécié nos amuse-gueules surprises et les goûts originaux de nos produits, tu devrais inventer des cocktails spéciaux pour les surprendre.

- C'est vrai, songea Seamus tout haut en passant le balai, que Madame Pieddodu est connue pour ses jus de fruit et que Madame Rosemerta reprend le marché des alcools forts, d'autant plus que le frère de Dumbledore est parti sans reconstruire son auberge… Et moi, j'ai de la cuisine traditionnelle mais pas vraiment de boisson spécifique…

- Si tu veux garder ton originalité, reprit Georges, tu devrais faire un mix des deux. Des alcools doux pour jeunes et vieux, des cocktails carabinés pour les amateurs de sensations fortes… Tu vois le genre ?

- Attention à l'alcoolisme sur la voix publique et aux accidents, intervint Percy en débarrassant les tables. Et attention aussi à la réputation de l'établissement. Une auberge connue pour ses divertissements, son originalité et son accueil chaleureux, c'est bien. Une auberge connue pour ses bagarres – sachant que nous attendons déjà une clientèle très variée et qui ne plaira pas à tout le monde – c'est beaucoup moins bien.

- Ça peut être intéressant, dit à son tour Harry, mais seulement si tu n'oublies pas que ton auberge va accueillir un public de voyageurs fatigués qui ne veulent que le calme et de familles qui viendront chercher un endroit pour occuper les enfants…

- C'est vrai, confirma Ginny qui aidait Percy, il ne faut pas t'attendre à avoir beaucoup d'étudiants de Poudlard comme clients. Nous, majeurs, avons l'autorisation de rentrer jusqu'à une heure et demi du matin le samedi, mais… N'y compte pas trop. On travaille beaucoup et on s'ennuie rapidement à Pré-au-Lard. Je pense que ton auberge sera l'endroit de référence pour les visiteurs extérieurs, si tu continues sur cette lancée, mais que tu auras peu de locaux. En plus, ils sont habitués à madame Rosemerta…

Alors qu'elle disparaissait dans la cuisine attenante, Harry retint un rire en voyant la surprise se peindre sur les traits de Percy.

- J'oublie parfois qu'elle grandit, confia-t-il à Harry en lançant des sorts au tapis de laine pour qu'il redevienne parfaitement blanc.

- Comment est-ce que tu connais un sort comme ça ? coupa Georges en désignant le tapis.

- Pénélope est pour le partage des tâches, dit Percy en grimaçant. Il a bien fallu que j'apprenne. D'ailleurs, elle va être un peu fâchée si je ne rentre pas bientôt…

- Vas-y, lui proposa Seamus. Et remercie-la de ma part de t'avoir libéré ce soir. Et toi aussi, Ginny, tu devrais y aller. Le couvre feu du samedi est à une heure et demie, si je me souviens bien.

- Je sais. Je ne suis pas encore en retard, je peux t'aider à terminer le rangement.

- Pas d'inquiétude, la rassura Seamus, je vais pouvoir me débrouiller.

- Et moi je reste ici, de toute façon, dit Georges. Il faut bien que j'aide ce jeunot à faire ses premiers comptes !

- Très bien. Alors je ramène Ginny à Poudlard, déclara Harry. Très bon travail, Seamus. Je suis content d'être venu.

- Je te l'avais bien dit ! s'exclama ce dernier avec un gigantesque sourire.

Il accompagna le couple jusqu'à la cheminée et leur tendit le sachet de poudre de Cheminette qu'il réservait aux clients. Une fois de plus, Harry attendit que Ginny parte avant de la suivre dans ses appartements. Un dernier signe aux deux courageux qui rangeaient et il disparut.

Quand il trébucha sur le tapis de son petit salon, il maudit les voyages par cheminée. Rapide, pratique, certes, mais salissant. Il détacha sa cape et la posa sur le dossier du fauteuil libre avant de se laisser tomber dedans. En face de lui, Ginny était déjà installée.

- Ça fait du bien de s'arrêter une seconde, n'est-ce pas ? dit-elle en souriant. Je n'ai plus envie de bouger maintenant. Et puis j'ai mal aux pieds, geignit-elle sans perdre son sourire.

- J'ai vu tes chaussures à côté de la cheminée, effectivement… Tu veux que je masse tes pieds ?

- Tu ferais ça ? demanda-t-elle avec des yeux brillants.

Pour toute réponse, Harry s'avança vers elle, s'assit sur le sol et attrapa la cheville dénudée. Il massa doucement le pied qui portait la trace des lanières des talons haut. Les soupirs de bien-être qu'il récoltait en retour lui firent plaisir. Quand il releva les yeux vers le visage de Ginny et vit le regard intense que sa fiancée lui lançait, il s'aperçut que l'ambiance entre eux avait subtilement changé.

Son massage se mua en caresses encore plus douces. Il n'était que rarement attiré physiquement par Ginny. Mais ses yeux sombres sous l'effet du désir, sa robe blanche si claire, si épurée, voilà qui donnait à sa petit amie une aura de feu et de glace qui ne le laissait pas indifférent. Sans lâcher son regard, il se mit à genoux et se rapprocha d'elle. Il abandonna la cheville, mais sa main remonta intuitivement le long de son mollet et de son genou, jusqu'à l'ourlet de la fine robe. Il ne manqua pas le frisson qui secoua sa fiancée et sentit lui-même sa main trembler, hésitante.

De son côté, Ginny ne désirait qu'une chose, qu'il l'embrasse. Elle ne voyait plus rien d'autre que son visage, sa bouche bien dessinée. La mâchoire carrée de son fiancé et ses yeux qui semblaient luire de pouvoir lui donnèrent l'impression étrange d'être une proie devant un chasseur impitoyable. Qu'est-ce qui faisait qu'il avait ce regard, aujourd'hui ? Pour quelle raison avait-il enfin aujourd'hui le regard qu'elle rêvait qu'il porte sur elle ?

Avec la chair de poule, réaction qu'elle n'avait que rarement, Ginny s'avança doucement jusque sur le bord du fauteuil. Lorsqu'il l'enlaça étroitement contre lui, elle soupira de bien-être et dut se retenir à la veste noire pour ne pas chanceler. Elle ferma les yeux et ses poings agrippèrent plus fort le vêtement quand il l'embrassa.

Harry se sentait bien. Ce n'était pas exactement comme les baisers et les caresses qu'ils échangeaient depuis plusieurs mois. Cette fois, il avait l'impression que rien n'était contrefait, joué, conventionnel. Pour une fois, il se sentait plus libre. Et ce corps, chaud sous ses mains, ce corps qu'il serrait toujours plus fort contre lui, lui faisait envie pour la première fois. Il était sûr qu'elle pouvait s'en rendre compte, ce n'était pas possible autrement.

Il descendit ses mains jusqu'au bas de la robe et glissa doucement ses mains à l'intérieur avant de remonter le long de ses courbes. Jusqu'à la décharge.

Harry se rejeta en arrière comme Ginny de son côté, dans un même cri de douleur. Bêtement, Harry regarda sa petite amie pester.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- Le collier ! Ce fichu collier ! Je ne savais pas que ça faisait si mal !

Sans pouvoir s'en empêcher, Harry gloussa en voyant l'air outré de sa fiancée.

- Hé bien au moins, on sait quand s'arrêter. Heureusement que ton collier est là, quand j'oublie les bonnes manières.

Sans le dire, Ginny pensa très fort qu'il pouvait se mettre ses bonnes manières dans le… Ouais, il savait sans doute où se les mettre, non mais ! Si seulement elle pouvait trouver un moyen de retirer le collier sans dommage…

- Ce n'est pas grave, lui dit-il. J'ai quelque chose qui va te consoler. Ça fait une semaine que je dois te le donner.

Il se leva et se dirigea vers le buffet, à côté de l'entrée. Il retira un petit papier cartonné d'un tiroir et revint vers elle pour lui tendre.

- C'est Ron qui te l'offre. Un passe personnalisé pour venir voir son équipe. Il espère que tu en feras bon usage.

Quand elle comprit ce qu'elle avait entre les mains, elle bondit de joie, toute sa fatigue et sa mauvaise humeur envolées. Alors qu'Harry l'aidait à remettre sa robe d'écolière et qu'elle rechaussait ses talons, elle ne cessa pas de babiller sur les possibilités que ça lui ouvrait. Elle était encore plus enthousiaste que lui en matière de Quidditch.

Il vérifia que personne ne traînait dans les couloirs et l'accompagna jusqu'à la Tour Gryffondor, avant de rentrer chez lui. Cette soirée avait vraiment été agréable.

HPHPHPHPHPHPHPHPHPHP

Lundi 14 septembre – matin

Harry trouva la Grande Salle plus bruyante que d'habitude ce matin-là. Les élèves de la maison Serpentard, plutôt discrets d'ordinaire, avaient la tête haute et le regard plus fier qu'ils ne l'avaient jamais eu depuis la rentrée. Ils rappelaient à l'assistant en DCFM l'ancien comportement des Serpentards qu'il avait lui-même bien connus à son époque. Mais il fut incapable de dire ce qui avait pu les mettre de bonne humeur ce matin, ce qui avait pu changer de l'ordinaire.

Rien dans la Gazette, hormis l'interview retranscrite fidèlement par la jeune Elmack, n'était vraiment intéressant ou nouveau.

Quand les hiboux étaient arrivés, ils avaient distribué aux étudiants du courrier et quelques journaux, et depuis, les Serpentards souriaient. Peu, mais suffisamment pour qu'il puisse le remarquer. Contrairement aux souvenirs de sa propre scolarité, Harry avait constaté que les Serpentards recevaient assez peu de lettres de leur famille. Harry s'était vaguement demandé pourquoi au début de l'année scolaire, mais il n'avait jamais cherché plus loin.

Le jeune sorcier, comme ses collègues professeurs, observait attentivement le déroulement du petit-déjeuner. Certains élèves de Poudlard, et notamment à la table des Gryffondors, n'appréciaient visiblement pas le comportement inhabituel des Serpentards.

Pourtant, ces derniers n'avaient pas ouvert la bouche. Ils ne parlaient jamais au petit-déjeuner. Finalement, ils baissèrent à nouveau les yeux devant ceux qui avaient une attitude ouvertement hostile et menaçante. Mais Harry aperçut quand même cette pointe de rébellion, de fierté, persister dans leurs yeux. Et étrangement, ça lui fit du bien.

Le jeune assistant pouvait les voir s'échanger quelques coups d'œil furtivement joyeux et quelques minces sourires. C'était pour lui très étrange à voir : il s'était habitué à leurs mines renfrognées. Quelque chose lui avait échappé, mais si ça rendait les Serpentards joyeux, il lui faudrait rester un peu plus sur ses gardes…

Seul le professeur Snape gardait les yeux baissés sur son petit-déjeuner, sans faire attention au tumulte qui grandissait dans la Grande Salle. Harry aurait parié qu'il savait ce qui se tramait. Du coup, il fut un peu soulagé. Il n'y pouvait rien : il lui faisait désormais confiance.

Quelques exclamations furent poussées aux autres tables de Poudlard. Les Serpentards relevèrent les yeux : ils regardaient les autres tables s'agiter sans un mot. Des grappes d'élèves se formèrent autour de quelques uns de leurs camarades qui tenaient en leurs mains un journal grand ouvert. C'était un comportement grégaire assez étrange compte tenu des quelques autres journaux abandonnés sur les tables. Et la Grande Salle fut bientôt silencieuse, hormis quelques cris de surprise poussés ça et là. Parfois, on pouvait voir un journal passer de main en main.

Quand il rentra à son appartement, il n'avait pas pu voir ce que les étudiants lisaient avec tant d'attention. Mais Kreattur, qui l'accueillit à son arrivée alors qu'il n'était que rarement là, lui tendit un journal. Le Chicaneur de Luna. Au moins, il savait maintenant ce qui avait fasciné la Grande Salle, ce matin.

- Vous feriez mieux de le lire, monsieur, dit-il avant de disparaître.

- Voyons voir ce que notre rêveuse a bien pu écrire, marmonna Harry pour lui-même. Elle a découvert une colonie de Ronflacks cornus quelque part, c'est ça ?

Harry prit le journal et s'installa. Avant de haleter, devant la une du journal : « Mes amis les Mangemorts ». Qu'est-ce que c'était encore que cette bêtise ?


J'espère qu'il vous a plu et que vous attendrez la suite avec impatience ^^ N'hésitez pas à me donner votre avis : positif ou négatif, c'est ma récompense. :) Et surtout, n'hésitez pas à aller faire un tour sur le profil de ma bêta, Wyny, pour la remercier de son travail. Vous apprécierez sans doute Le Nettoyant de la mère Gisèle ! ^^

Lena.