Merci à tous pour vos commentaires et votre soutien si agréable. En ce moment, je suis en préparation de concours. J'ai moins de temps à consacrer à la publication. Mais ne vous en faites pas, tout finit par arriver ^^
Merci à Wyny, parce que je lui en ai fait voir de toutes les couleurs au niveau des délais, ces derniers temps, et qu'elle corrige pourtant avec un soin admirable ! S'il reste des fautes, ce sont les miennes.
RARs aux anonymes :
Exceptionnellement, j'ai placé mes réponses à la fin du chapitre, parce qu'elle prenaient beaucoup plus de place que d'habitude. Pour ceux qui ont laissé un petit commentaire anonyme, n'hésitez donc pas à aller y jeter un œil avant de lire le chapitre ^^
Résumé de l'épisode précédent :
Harry est invité par Seamus pour inaugurer son auberge. Il en profite pour y donner une interview maîtrisée à Rose Elmack, journaliste de la Gazette, et il y fait la rencontre d'Andrea, maître de la Guilde des Aubergistes du Nord, avec qui il a une conversation qui l'intrigue. A côté de ça, il comprend que son animal est duel et se réconcilie quelque peu avec sa fiancée. Les tensions à Poudlard sont toujours plus vives à cause des articles polémiques de la Gazette à propos des Mangemorts et Snape rencontre Luna pour contre-attaquer. Et la cela ne va sans doute pas s'améliorer, maintenant que le Chicaneur se met de la partie…
Harry prit le journal et s'installa. Avant de haleter, devant la Une. « Mes amis les Mangemorts ». Qu'est-ce que c'était encore que cette bêtise ?
Chapitre 7 : Les ennuis commencent
Partie 4 : Corruptions
Lundi 14 septembre - matin
Choqué par ce titre, Harry ouvrit le journal à la page indiquée. En tout cas, il n'y avait rien à redire : Luna avait un sens de la formule qui attirait indéniablement l'attention.
« Certains d'entre vous, lecteurs, ne me connaissent peut-être pas. Je m'appelle Luna Lovegood, je viens de terminer ma scolarité à Poudlard, dans la maison des Serdaigles. Je suis de ces promotions qui ont fréquenté de très prés notre Sauveur national, Harry Potter. »
Harry grimaça. Ce genre d'expression ne correspondait pas à la Luna qu'il connaissait. Peut-être son équipe de journalistes avait-elle travaillé sur cet article en même temps qu'elle ?
« Mais j'ai également visité toutes les autres maisons, et, évidemment, celle qui fait aujourd'hui la plus grande polémique : Serpentard. J'ai connu quelques uns des Mangemorts de notre époque, avant qu'ils le deviennent. Et c'est à ces personnes-là que je voudrais aujourd'hui rendre hommage.
Car il fut un temps où je les ai beaucoup fréquentés, ils ont fait partie de mon entourage, et j'ai envie de dire que, dans leur genre bien particulier, nous avons été des amis.
S'ils ont fait des choix douteux, que je réprouve de tout mon être, et qu'ils ont commis des actes condamnables sous le règne de Voldemort, j'ai envie de vous les présenter tels qu'ils auraient été dans un monde sans mage noir. Ni parfaits, ni des monstres, juste comme vous et moi. »
Harry releva la tête, à la fois perdu et impressionné par la force de caractère de son amie. Pouvoir affirmer des choses pareilles sans sembler se poser la moindre question… Luna avait toujours été un peu folle, quelles que soient les circonstances. Harry supposait que grâce à ce grain de folie, personne ne la persécuterait pour un tel article.
Mais là, ce qui l'impressionnait plus que tout, c'était qu'elle semblait parfaitement rationnelle. Elle avait probablement été un peu chahutée par les Serpentards, mais cela n'avait pas dû être réellement méchant si elle prenait leur défense aujourd'hui.
« Parce qu'il est parfois difficile de résister à son environnement, de se libérer d'un carcan familial, laissez-moi vous raconter une histoire… »
Harry tourna les quelques pages de témoignage de Luna qui relatait la jeunesse Serpentard. Presque cinq pages du journal, des photos de l'intimité de la salle commune et des chambres de Serpentard… C'était toute sa génération à lui… Luna avait toujours préféré traîner avec la génération plus âgée.
Vers la fin de l'article, il s'arrêta sur trois photos en noir et blanc qui semblaient avoir été prises à l'insu des jeunes gens qui s'y trouvaient. Ils ne regardaient jamais l'objectif, donc les lecteurs, mais on les voyait souriants.
Harry y reconnut la patte de feu Colin Crivey. Mais… Quand avait-il été en mesure de prendre ces photos, et comment Luna était-elle entrée en leur possession ?
Sur l'une d'elles, un Draco échevelé frottait la tête d'un Théodore Nott hilare, en lui emmêlant les cheveux. C'était la première fois qu'Harry voyait Malfoy décoiffé, et surtout, sans son abominable rictus. Mais le sang-pur conservait cette attitude supérieure qui le caractérisait, même dans ce qui semblait être un jeu entre amis.
La photo agaça profondément le sorcier, même s'il ne sut exactement déterminer pourquoi… Etait-ce cet air supérieur ? Ce serait étonnant. La plupart du temps, il était immunisé contre les remarques ou l'attitude de Malfoy… Pourquoi alors se sentait-il bousculé par cette simple image ? Voir Queudver ami avec ses parents l'avait souvent mis en rage. Il pensait alors que les Mangemorts étaient vils et ne méritaient aucune compassion.
Mais cette photo… Elle ne le mettait pas en colère, elle le gênait. Sans doute était-il perturbé parce que Malfoy semblait humain. Et que du coup, cette image lui rappelait sans préavis son attitude mesquine, quelques mois auparavant, quand il était persuadé que Malfoy préparait un mauvais coup. A une époque où, pourtant, l'héritier Malfoy aurait eu besoin d'aide. Avant les vacances. Avant son exil.
Harry regarda l'horloge sur le mur : elle indiquait neuf heures. Il reposa le journal, n'osant pas encore lire l'article, et alla se servir un petit verre de vodka qu'Igor lui avait fait goûter quelques jours auparavant. Tant pis pour l'heure, il avait besoin d'un bon remontant pour faire fuir la crainte qu'il ressentait.
C'était irrationnel, d'avoir peur d'un article. Surtout d'un article qui ne le concernait en rien.
Mais… Oui, il avait besoin de se mettre les idées en place…
Harry songea soudain qu'il était troublant de voir qu'après sept années à se fréquenter, il ne connaissait pas vraiment Luna, sa vie personnelle. En fait, il connaissait assez mal les membres des autres maisons. Et même les membres de sa propre maison, si l'on exceptait les Weasley et les Gryffondors de sa promotion…
Et eux, les connaissait-il vraiment ?
Une chose fut sûre, à cet instant, c'est qu'un deuxième petit verre ne lui ferait pas de mal.
Pourquoi était-il effrayé ? Affecté ? Dans la Gazette, il aurait probablement reniflé devant un article portant un tel titre, un article commençant de cette manière. Il se serait moqué, entouré de ses amis. Etait-ce parce que l'article venait de Luna ? Mais Luna avait toujours eu un petit grain de folie, n'est-ce pas ? Alors pourquoi accorder d'avance un grand crédit à ses propos ?
Parce que c'était Luna.
Harry se secoua. Il savait qu'il était surtout inquiet parce qu'il avait peur de voir cette génération sous un jour nouveau, comme des gens normaux. Il ne voulait rien éprouver envers des sorciers qui avaient torturé et tué des hommes, des femmes et des enfants.
Tous ceux-là méritaient la mort sans compassion, n'est-ce pas ? Car ils étaient des Mangemorts. Et tous les Mangemorts étaient coupables de crimes, non ? Ou était-ce seulement sa colère qui parlait ?
Il se sentait perdu.
L'article de Luna voulait défendre les Serpentards de sa génération. Pourquoi ?
L'image des premières années Serpentards, affectés et parfois tremblants sous le regard malveillant d'une poignée d'élèves, s'imposa à lui. Pour ceux-là, oui, il pouvait admettre que c'était injuste. Ils n'étaient pas coupables. Ils n'étaient pas Mangemorts. Peut-être, s'il s'en tenait à cette idée que les Mangemorts étaient coupables mais pas les Serpentards, il n'aurait plus rien à craindre de l'article ? Sans doute même était-ce ce que cherchait à faire Luna. C'était bien d'elle…
Harry s'assit enfin sur son fauteuil en reprenant le Chicaneur en mains.
Luna racontait ce qu'elle avait vécu les quelques fois où elle s'était rendue chez les Serpentards. Ils la trouvaient amusante et elle aimait bien ça. Harry secoua la tête devant la naïveté de Luna, mais fut à la fois surpris et content de constater qu'ils ne lui avaient jamais rien fait de mal. Elle aimait bien aller là-bas parce qu'elle pouvait faire ses devoirs en paix, jamais dérangée. Harry, cette fois, renifla. En paix chez les Serpentards ?
Apparemment oui. Selon elle, ils travaillaient sans rechigner, un peu comme les Serdaigles, même s'ils passaient moins de temps qu'elle sur leurs devoirs. Elle précisait même que parfois, ils finissaient par l'oublier, quand assise sur un lit, elle travaillait encore et qu'eux avaient fini.
Elle rapportait quelques conversations. Avec une curiosité qui lui faisait un peu honte, Harry redoubla d'attention quand elle mentionna les rêves des Serpentards. Ces serpents-là, ceux de sa génération, avaient-ils eu des rêves ? Quel genre de fantasmes tordus alimentait leurs ambitions ?
« Nott n'était pas souvent dans la chambre de Malfoy, avec le reste de la bande. Il préférait rêvasser ou lire dans son coin. Du moins était-ce ce qu'il prétendait. Parfois, en passant, j'avais remarqué que c'était un carnet à croquis qu'il avait entre les mains. Mais on n'est pas un artiste rêveur, dans cette maison. Ça ne se fait pas. Quand Nott entrait dans le dortoir, il disait vouloir « s'entraîner à nouer des relations avec des politiciens pervers » Moi je sais qu'il cherchait le même genre de paix que moi…
Ce que j'en dis, c'est que son désir d'entrer dans la Guilde des peintres décorateurs était évident. Et que si on lui en avait laissé le choix, il serait devenu un maître en la matière. »
Harry cligna des yeux. Nott, un artiste ? Peut-être un artiste macabre… Fouillant dans sa mémoire, Harry s'aperçut que puisque Nott était en fuite, la Gazette n'avait pas narré ses exploits de Mangemort. Certes, il n'avait pour l'instant aucune preuve de sa culpabilité, mais il décida de ne pas s'apitoyer sur son sort – sans fermer la porte à un changement d'opinion plus tard au cas où – et continua sa lecture.
« Crabbe et Goyle étaient inséparables. A Poudlard, on disait qu'ils n'étaient pas très malins et qu'ils étaient facilement influençables. Et dans une certaine mesure, c'était vrai. Ils utilisaient surtout leurs muscles, ayant compris que c'était un de leurs seuls atouts. Ils ne quittaient jamais Malfoy.
Au-delà de leur fonction de gardes du corps, ils appréciaient surtout la tranquillité dont ils bénéficiaient à ses côtés. Malfoy et son groupe étaient parfois moqueurs, mais ils les laissaient globalement vivre dans leur coin. Dans ce cas, ils en profitaient pour faire des expériences culinaires.
Crabbe et Goyle n'étaient pas très courageux, mais dans le domaine de la nourriture, ils étaient téméraires. Ils goûtaient tout ce qui se trouvait sur leur chemin, décortiquant, cherchant à comprendre comment marier les saveurs… Ils étaient rudes, il leur arrivait souvent de me bousculer par inadvertance. Mais les voir sentir, goûter les produits qu'ils berçaient, caressaient avec douceur avait quelque chose d'étonnant et de presque sensuel.
Même s'ils savaient que leurs parents leur auraient refusé ce rêve, ils se prenaient à imaginer qu'un jour, ils pourraient ouvrir leur restaurant expérimental. Curieusement, j'ai tendance à penser qu'ils auraient eu du succès… »
Eurk ! Harry grimaça à l'idée d'un restaurant tenu par ces australopithèques. Il pouvait croire Luna, quand elle disait qu'ils avaient une certaine sensualité avec la nourriture, mais il ne pouvait pas la croire quand elle parlait de succès… Au moins avait-elle moins défendu ces deux là que Nott, quand elle parlait de leur nature de brute.
« Blaise Zabini est ce garçon qui a attaqué la nouvelle construction commerciale de Pré-au-Lard. Quand je l'ai connu, il était le plus joyeux et le plus blagueur de toute la bande. C'était assez étonnant quand on connaissait sa blessure : n'avoir jamais connu ni même su qui était son père. Madame Zabini s'est souvent mariée et n'a jamais souhaité répondre à son fils. Zabini pensait que peut-être, son père avait pu être un moldu ou un sorcier issu des moldus, et il avait choisi de les détester tous pour sa solitude.
Par défaut, dans le groupe, tout le monde avait choisi de le considérer comme un sang-pur. Nous avions sympathisé, lui et moi, probablement parce que j'avais un père et pas de mère et lui l'inverse. Zabini voulait devenir médicomage spécialisé dans les poisons, même s'il n'a jamais voulu m'expliquer pourquoi. Nott lui donnait souvent des informations sur ce métier.
Je pense qu'avoir l'attention d'un homme, d'un leader sur qui il pouvait prendre modèle, était tout ce qu'il demandait. Il est bien dommage pour lui et pour ses victimes qu'il n'ait eu comme option que Voldemort. »
Dommage, oui, songeait Harry. Il avait parfois entendu Blaise insulter des jeunes gens de Sang-de-Bourbe, dont Hermione, et ça l'avait mis en colère, mais il n'aurait jamais pu imaginer la raison. Pour lui, Zabini détestait les moldus et issus de moldus pour la même raison que les autres Mangemorts : leur prétendue infériorité.
Sans compatir tout à fait, il comprenait mieux Zabini – lui non plus n'avait pas connu son père – et il trouvait dommage que le Serpentard n'ait pas trouvé d'autre modèle que Voldemort. Il avait pourtant longtemps fréquenté Dumbledore… Mmm… L'ancien directeur n'était pas parfait, certes, mais il était bon. C'était le sentiment qu'il avait toujours dégagé. Vraiment, il était dommage que Zabini n'ait pas fait un autre choix…
« Peut-être n'a-t-il pas eu le choix, » lui chuchota sa conscience avant qu'il reprenne sa lecture.
« Pansy Parkinson était sans doute un phénomène parmi les jeunes femmes de Serpentard. Jeune fille à l'allure européenne, elle est née de l'union de sa mère et d'un sorcier d'Afrique du Sud, bien que monsieur Parkinson l'ait adoptée comme sa fille. Prompte à voir dans la moindre remarque une critique de son statut de bâtarde – bien que très peu de gens aient été au courant – elle était une des plus dures de sa génération. Elle avait un charisme qui poussait ses camarades féminines à la suivre.
Du moins était-ce ce qu'elle montrait, pour que son père adoptif soit fier et ne la renie pas au profit de ses deux petites sœurs mortes l'an dernier. Pourtant, dans l'intimité de ce groupe solidaire, elle était douce. Pleine d'imagination, elle adorait la plupart des créatures magiques et appréciait écouter mes histoires de Plumatiques et Doucabris. »
Harry secoua la tête en souriant. S'il était sûr d'une chose, c'est que les Plumatiques et les Doucabris n'existaient pas. Ce détail eut le mérite de lui faire perdre un peu les rides qui avaient recouvert son front en lisant que la jeune fille était issue d'une union hors mariage et que ses sœurs étaient mortes. Il se sentait compatissant, dans une certaine mesure.
« J'ai entendu, à une époque où la guerre m'empêchait de me rendre à nouveau dans les cachots, que Pansy s'était trouvé un protecteur en la personne de Dean Thomas.
Lui aussi est né d'un sorcier africain qu'il n'a pas connu, sa mère s'étant mariée avec un moldu par la suite. Mais il connait bien les histoires du Kgalagadi, cette province du Botswana qui possède une frontière avec l'Afrique du Sud, dont il est originaire. Connaissant Pansy comme je l'ai connue, elle a dû aimer ces histoires, et peut-être ce garçon, comme elle n'avait pu s'empêcher d'aimer la patrie de son père inconnu. »
Malfoy avait donc eu raison, ce jour-là, quand ils avaient accompagné Dean à son bateau. Dean avait bien fréquenté Pansy sans rien en dire à personne, sans rien laisser filtrer…
« Si elle était très proche de Malfoy, qui savait adoucir son caractère, j'étais contente de savoir qu'elle s'ouvrait à d'autres gens, enfin. Car Pansy n'avait sans doute jamais été aussi proche de son rêve : se créer une famille qui l'accepterait sans réserve, qui l'aimerait. Une famille qui ne lui donnerait pas cette angoisse de ne pas être à la hauteur, de pouvoir être reniée et abandonnée, une famille pour laquelle elle pourrait laisser tomber les masques. »
Harry se sentait mal. Les sentiments serpentards, couchés sur le papier par la folie de Luna, ne lui avaient jamais semblé plus réels. Il avait l'impression de voir une jeune femme où il avait longtemps vu un monstre laid et cruel… D'autant plus que Parkinson n'était accusée d'aucun meurtre.
Il se souvint de Malfoy, qui avait reproché à Dean de l'avoir abandonnée. Pourquoi ? Comment allait-elle, aujourd'hui ? La relation entre eux et la relation entre Parkinson et Dean l'intriguaient beaucoup, malgré lui.
« Draco Malfoy a parfois été appelé « le Prince de Serpentard » et honnêtement, c'était un titre mérité. Toute sa maison le suivait, il la tenait. Les conflits n'avaient pas lieu d'être une fois la porte de la salle commune passée, même entre les pro- et les anti-Voldemort. »
Parce qu'il y avait eu des anti-Voldemort à Serpentard ?
« S'il n'y avait jamais eu de guerre, il serait probablement devenu ministre, en plus de reprendre les affaires de son père. Pas qu'il soit apprécié par tous, mais il avait une aura qui effrayait et imposait une certaine forme de respect. Elle n'est plus aujourd'hui. L'esclave est resté esclave, même si le maître a changé. »
Harry ne comprit pas cette phrase, mais elle le dérangea plus que tout ce qu'il avait lu jusqu'ici.
« Après son expérience désastreuse de Mangemort, après avoir perdu l'usage de sa baguette, il a choisi de devenir médicomage et poursuit actuellement des études de magie verte. »
Il s'interrompit brusquement : Malfoy était parti pour devenir médicomage ? Il avait quelques difficultés avec cette idée, mais ça renforçait son besoin de lire le compte-rendu du procès qui l'avait condamné à l'exil. Il ne l'avait toujours pas demandé à Kreattur, mais c'était dans ses projets…
« Aujourd'hui, les rêves sont morts. Quel dommage qu'ils aient éprouvé le besoin de persécuter les autres pour se sauver, pour s'échapper du carcan familial, pour rejeter leur frustration devant les mauvais choix de leurs parents, devant leur destin déjà tracé !
Ils avaient des rêves, parce qu'ils n'avaient jamais eu de choix.
C'est trop tard pour eux désormais, mais… Ces gens-là, ces hommes et ces femmes qu'ils auraient dû devenir, j'aurais aimé les connaître. »
Harry déglutit lentement. Pourquoi les choses n'étaient jamais simples ? Les gentils d'un côté et les méchants de l'autre.
Aucune raison, à ses yeux, ne pouvait expliquer et excuser la cruauté des bourreaux. Aucune excuse ne devait pouvoir autoriser un acte barbare, quel qu'il soit. Mais en même temps, il ne pouvait s'empêcher de compatir pour ces gens de sa génération : le poids d'un destin tracé, ne pas avoir le choix, c'était une situation qu'il connaissait bien.
Et il savait qu'il n'y avait jamais de méchants ou de gentils purs. Parce que malgré son désir de ne jamais devenir un assassin, il aurait sans doute tué Voldemort sans hésitation si cela avait pu sauver ses parents et les gens qu'il aimait. Il savait également qu'il aurait accepté assez facilement qu'un père éploré tue le meurtrier de son fils. Là où il aurait voulu voir le meurtrier condamné, il aurait pu pardonner au père…
Pourquoi ? Parce que les raisons de ce crime étaient différentes. Pouvait-il même dire acceptables ?
La vie n'était pas rose et il n'était plus sûr que d'une chose : il détestait la violence et il haïssait bien plus encore ceux qui violentaient pour le plaisir de faire souffrir, pour écraser l'autre, pour nier sa volonté ou son humanité.
Oui. Ces gens-là n'étaient pas humains à ses yeux. Et c'était ce qui l'inquiétait, quand il se sentait des poussées de haine : devenir un monstre. C'était bien trop facile.
Il repensa à l'essai qu'il avait rédigé pour Thorn et qui dormait bien sagement dans un tiroir de son bureau. Pour lui, le bien et le mal ne se distinguaient pas d'après la séparation « magie blanche » et « magie noire » sommairement décidée par le ministère. Il avait réfléchi aux implications de certains sorts magiques, rouges, gris, noirs, qu'il avait lus dans les livres de Thorn. Il avait décidé de mettre plutôt l'accent sur la volonté de nuire à l'autre.
Tout homme pouvait penser que ses actes étaient justifiés par son objectif final. Tout homme pouvait se penser légitime et du « bon côté ». Les valeurs n'étaient pas universelles. Mais la souffrance, elle, l'était. Elle était comprise de tous. La violence pour écraser et faire souffrir l'autre, là était la limite à ne pas franchir.
Harry replia le journal et reposa la bouteille bien entamée de vodka dans son buffet. L'alcool lui avait donné chaud, mais ça ne l'empêcha pas de se rapprocher des flammes de sa cheminée. Il rêvassa de longues minutes sur cet article, tentant de déterminer ce qu'il s'autorisait ou pas à ressentir envers les bourreaux qu'étaient devenus, dans son esprit, les Serpentards de sa génération.
N'avaient-ils réellement pas eu le choix ?
Lui n'avait jamais connu ses parents. Il avait souvent senti le besoin de les rendre fier, mais il n'avait jamais cherché à suivre aveuglément leurs préceptes, ceux qu'on lui avait rapportés. Il était passé au-dessus de la haine de son père envers Snape, n'est-ce pas ? Certes, il était conscient d'être encore naturellement méfiant envers eux… Mais il ne cherchait pas à leur nuire.
Toute une génération gâchée par la folie d'un monstre, c'était quand même affligeant.
Il redressa soudain le buste, lui qui s'était avachi dans son fauteuil avec morosité, et appela Kreattur.
- Que puis-je faire pour vous aider, monsieur ?
- As-tu la possibilité de me fournir une copie du compte-rendu du procès de Draco Malfoy ? Celui où il a été condamné à l'exil, tu sais ?
- Oui, monsieur, répondit l'elfe sans relever l'état quelque peu chiffonné de son maître. Les archives des procès où la sentence a été rendue sont en accès public. Je vous ramène ça dès que possible.
L'elfe disparut en un claquement de doigts et Harry se renfonça une fois de plus dans son fauteuil. La chaleur et l'alcool aidant, lui qui buvait très peu, il s'endormit devant le feu en attendant Kreattur.
HPRTHPRTHPRTHPRTHPRT
Lundi 14 septembre – après-midi
Kreattur avait réveillé Harry à midi pour prendre le repas. Il lui avait apporté directement son plat dans ses appartements. Harry s'était excusé, il devait être encore un peu fatigué du samedi précédent. Et bien sûr, il ne l'avait pas dit, mais l'alcool et son début de matinée tendu l'avaient également vidé.
Actuellement, il avait retrouvé le confort de son fauteuil, le compte-rendu demandé à son elfe dans les mains. Il était temps de savoir ce qui avait bien pu pousser le ministère à exiler Draco Malfoy, Mangemort accusé et condamné pour deux chefs d'inculpation majeurs. Son rôle dans l'arrivée des Mangemorts à Poudlard et dans la mort de Dumbledore.
Harry grimaça. Il ne savait pas que Draco Malfoy s'était fait marquer. Il ne l'avait pas vu, malgré les quelques images qu'il était parvenu à glaner sur Voldemort. C'était plutôt étonnant, car quand Voldemort marquait l'un de ses serviteurs, il y prenait un plaisir énorme et sadique qui se répercutait jusqu'à sa cicatrice.
Au fil de sa lecture, il dut admettre que Malfoy père pouvait avoir une prose impressionnante. Car après avoir lu le rapport des accusations, qui lui semblaient insurmontables, il commençait à avoir des doutes sur la culpabilité et la volonté de nuire de Malfoy fils. Les circonstances atténuantes étaient notamment la famille et la volonté de préserver l'honneur du sang.
Sans se soucier du fait qu'il mettait le poids de la culpabilité sur ses propres épaules, Lucius défendait son fils en insistant sur son désir de les protéger de la colère du Lord noir en lui obéissant le mieux possible. Il était jeune et avait été élevé dans les traditions, selon Malfoy père. Cet argument semblait avoir trouvé un écho auprès du public de juges et jurés qui, comme Kreattur lui avait expliqué à l'époque où il avait réclamé les biens de Sirius, était composé principalement de Sang-purs accrochés aux traditions de leur société.
Il arriva bientôt à la fin du procès, quand Lucius avait présenté la baguette brisée de son fils. « Comme vous le savez, » avait-il dit, « seul le propriétaire de la baguette peut la briser sans dommage – excepté lorsque le tribunal l'ordonne, évidemment – et mon fils présente ici ses regrets de la manière la plus concrète qui soit pour un sorcier. »
Comment ça le seul à pouvoir la briser sans dommage ? Qu'est-ce que cela signifiait ? En plus d'être étrange, cet argument était un mensonge : c'était lui, Harry, qui avait brisé cette baguette qui avait fait tant de mal.
Il fut on ne peut plus surpris de la réaction démesurée de la salle à ce moment-là. La plume du greffier avait noté toutes les réactions dans l'assemblée et il semblait que plusieurs personnes étaient vraiment ébranlées. Malfoy était « comme un nouveau-né », « incapable de se défendre » ou de « lancer un sort ».
Harry lui-même se sentit ébranlé. Pourquoi tout le monde semblait plaindre Malfoy ? Il avait brisé une baguette, Draco Malfoy n'avait plus qu'à s'en acheter une autre, comme Ron à une autre époque. Y avait-il quelque chose qu'il ne savait pas à propos des baguettes magiques ?
Alors que Kreattur était resté dans les appartements de Poudlard, pour mettre de l'ordre dans certains documents officiels, Harry se tourna vers lui.
- Kreattur, dis-moi, est-ce que tu connais la magie particulière des baguettes sorcières ?
- En quel sens monsieur ?
- Pourquoi le bris d'une baguette semble-t-il si important quand il est toujours possible d'en acheter une nouvelle ?
- Je suis loin de tout savoir sur le monde des baguettes et de la magie sorcière : j'ai de meilleures connaissances sur la magie d'elfe et le partage de magie. Mais je sais que la baguette vous est souvent nécessaire : la magie sans baguette est extrêmement rare chez les sorciers. J'ai aussi entendu dire que c'était elle qui vous choisissait, qu'elle était représentative de votre magie et de votre personnalité, qu'elle vous correspondait parfaitement. J'imagine qu'il est rare que plusieurs baguettes différentes puissent vous choisir. D'autant plus après de nombreuses années de pratique : le lien doit être fort.
- Et pourquoi Malfoy dit que seul le propriétaire de la baguette peut la briser sans dommage ?
- La baguette finit probablement par être liée intimement à la magie d'un sorcier, mais je ne peux pas l'affirmer. Du coup, le bris de la baguette a peut-être une répercussion sur la magie d'un sorcier.
- Mais… Malfoy – le fils – ne m'a pas semblé gêné quand j'ai brisé sa baguette.
Kreattur fixa son maître plus intensément. Il était choqué qu'il ait pu briser la baguette d'un autre sorcier. Pour quelle raison ? Qu'est-ce qui lui avait pris ?
Il prit sur lui pour ne rien montrer de sa gêne, et il se souvint d'une fois où il avait aperçu Draco Malfoy, au sortir de la salle sur demande. Il avait eu l'impression de réagir à la magie de Malfoy, comme s'il pouvait puiser dedans, même si c'était dans une moindre mesure que pour son maître.
Briser la baguette de Malfoy était peut-être à l'origine d'un lien entre son maître et Draco Malfoy. Peut-être même que ce lien magique avait eu pour conséquence le lien financier apparu chez les Gobelins… Qui pourrait bien le renseigner ? Et renseigner son maître, par la même occasion.
- Je sais que Malfoy n'allait pas bien, avant son exil, dit tout de même Kreattur. Quoi qu'il en soit, se sevrer d'une baguette est un processus long et difficile, sinon, beaucoup plus de sorciers pratiqueraient la magie sans baguette.
Harry, qui avait brisé la baguette sur une impulsion et sans se poser de question, se sentit coupable.
- J'espère qu'il en a trouvé une autre, alors. Je ne sais pas pourquoi les réactions du tribunal semblent si fortes sur le papier, et ça m'embête.
- Peut-être pourriez-vous interroger un fabriquant de baguettes reconnu pour qu'il vous explique comment fonctionne cet objet magique ?
- Ollivander ?
- Par exemple. Aimeriez-vous prendre un rendez-vous avec lui ?
Harry réfléchit quelques minutes : il n'aimait pas beaucoup Ollivander, mais il pouvait sans doute en apprendre beaucoup sur les baguettes. Et savoir si son geste était finalement aussi horrible qu'il semblait l'être.
- Oui. Prends-moi un rendez-vous pour la fin de la semaine. J'aimerais qu'on ait le temps de discuter. Peut-être devrais-je l'inviter à prendre le thé ? Quoi qu'Ollivander ne semble pas de ce genre. Peut-être l'inviter à manger ?
- Manger est une bonne idée. Je m'occupe de tout, monsieur, ne vous inquiétez pas.
Au bout de quelques secondes à regarder le compte-rendu sans le voir, Harry demanda encore.
- Est-ce que tu crois qu'il en a trouvé une nouvelle ?
- Je ne sais pas, monsieur. Mais si ce geste vous gêne, vous pourriez envoyer une lettre à Malfoy pour vous excuser, qu'en dites-vous ? proposa Kreattur en ayant parfaitement compris ce qui tracassait son maître.
- Je verrai ça, répondit laconiquement le jeune sorcier.
En lui-même, Harry se demandait s'il avait bien ou mal fait de briser cette baguette. Est-ce que le Serpentard était aussi maléfique qu'il s'était acharné à le croire tant d'années ? Il avait eu raison de dire que Malfoy préparait un mauvais coup, en sixième année. Mais en même temps, Malfoy et ses illusions étaient tombés l'an dernier. Et l'article de Luna appuyait cette idée qu'il n'était pas comme il l'avait imaginé.
Agité, il se réfugia dans la méditation. Après avoir passé la porte de son esprit, il se dirigea directement dans sa salle des peut-être. Son animal d'âme y était, semblant l'attendre.
- Je suis complètement perdu ! lui dit Harry en l'apercevant.
- Venir dans ton esprit est un bon moyen de réfléchir, mais prends garde à ne pas fuir la réalité !
- Je viens pour mieux comprendre la réalité, pas pour la fuir. J'ai peur d'avoir fait beaucoup d'erreurs.
- Comme tous les enfants et tous les jeunes sorciers.
- Je viens ici pour m'apaiser…
- J'espère que tu trouveras d'autres moyens, petit homme. Car ici n'est pas un lieu de paix. Et quand tu auras modifié le décor de ton esprit, ce ne sera pas un endroit facile à vivre.
- Comment sais-tu… Oui, bien sûr que tu sais. Tu es moi.
- N'oublie jamais que nous partageons les mêmes valeurs, les mêmes souvenirs et la même âme. C'est en tout cas une bonne idée de protéger ton esprit.
Harry perçut quelqu'un frapper à une porte. Il ouvrit en grand celle de sa salle des peut-être, mais il n'y avait personne.
- Non, c'est l'extérieur, c'est le monde réel qui se rappelle à toi. Il vaut mieux pour toi que personne ne puisse arriver ici. Ta salle intime en dit beaucoup trop sur toi. Celui qui arrivera ici aura un grand pouvoir. Il connaîtra tes moindres réactions, tes moindres pensées, il saura qui tu es…
- Qu'est-ce que je dois faire pour empêcher ça ?
- Continuer à t'approprier et te réapproprier tes souvenirs. Puis protège-les, quand tu sauras ceux qui ont le plus de valeur à tes yeux.
Puisque le bruit venait de les déranger une nouvelle fois, Harry invoqua sa porte et sortit de son esprit.
Il se leva du fauteuil en proposant à son elfe de partir travailler dans son bureau annexe : il n'attendait personne et ne voulait pas prendre le risque de dévoiler Kreattur à un importun. Il ouvrit la porte de ses appartements. Devant lui, Thorn prit immédiatement la parole.
- Avez-vous si peur de mon avis que vous ne veniez pas manger dans la grande salle ?
Un peu interloqué, Harry fronça les sourcils. Il était, à l'instant, perdu : de quoi Thorn parlait-il ?
- Autant pour moi, il semble que ce ne fut pas la raison, dit Thorn. Je viens vous voir à propos de vos corrections de mes copies.
- Entrez, invita Harry, le visage soudain éclairé par la compréhension.
Thorn s'installa sans gêne dans le deuxième fauteuil près de la cheminée et Harry vint s'asseoir en face après avoir rangé le compte-rendu dans un tiroir.
- Vous avez corrigé correctement la partie « questions » de ce test, approuva Thorn. J'ai été surpris de vos connaissances correctes en sorts de DCFM, surtout en comparaison de mes classes de septième année qui ne connaissent presque rien.
Harry ne dit pas qu'il avait dû potasser de longues heures plusieurs livres qu'il avait dû commander exprès.
- Par contre, je viens vous voir à propos de l'essai. Je voulais savoir sur quoi vous vous étiez basé pour attribuer vos notes.
Harry se leva et alla chercher son propre essai pour le tendre à Thorn.
- J'ai d'abord réfléchi à ce que j'aurais moi-même répondu à une telle question, répondit-il. Puis j'ai déterminé ce qui me semblait essentiel – les copies ne comportant pas certains éléments d'analyse ont eu de mauvais résultats – puis ce qui me semblait important ou pertinent. J'ai corrigé les copies des étudiants à partir de ça. J'ai pris divers auteurs en référence, même si je me doutais bien qu'aucun étudiant n'allait les citer.
Thorn saisit le document et le parcourut des yeux. Il renifla à la fin de son examen.
- La liberté de l'autre comme limite. Je me doutais bien que vous étiez de ce genre, dit Thorn avec un air légèrement moqueur. Savez-vous réellement ce qu'est la vie, monsieur Potter ? Le monde n'est pas aussi rose que vous vous acharnez à le croire.
- Votre vision du monde sans morale n'est pas mieux, répondit Harry sur la défensive.
Thorn observa attentivement Harry avant de reprendre la parole.
- Il n'y a que le pouvoir et les faibles qui le craignent.
- Il n'y a que la vie et la mort qui soient immuables. Celui qui ne respecte pas la vie est du mauvais côté, répondit Harry.
Encore une fois, Thorn l'observa en silence, les lèvres retroussées dévoilant ses dents pointues, dans une attitude dédaigneuse. Il finit par sourire cruellement, selon son habitude.
- Vous êtes faible, monsieur Potter. En êtes-vous conscient ? Vous n'avez pas la bonne vision des choses, la bonne vision du monde. Vous avez encore des choses à apprendre.
Thorn leva la main pour empêcher Harry de parler alors que ce dernier allait protester, et il continua.
- Vous allez me corriger les copies des trois premières années, cette semaine.
Le professeur rendit sa taille normale à un grand paquet de copies.
- Je les veux pour jeudi. Je veux aussi, en fonction des lacunes que vous aurez repérées dans ces copies, que vous me prépariez un programme de cours. Je veux savoir ce que vous valez. Si vous êtes à la hauteur de ce que j'attends, alors peut-être que je vous laisserai donner des cours aux premières années.
Harry acquiesça en se mordant la langue. Thorn agissait de la même manière avec tout le monde, même s'il semblait le mépriser un peu plus que les autres. Mais il savait que ses corrections avaient été de qualité. Maintenant, Thorn testait ses limites et sa capacité à enseigner. Il avait bien l'intention de lui en remontrer.
Quand il l'accompagna jusqu'à la sortie, Harry se jura de continuer sur sa lancée. Et s'il devait impressionner Thorn tout en gardant ses valeurs morales, il devait en imposer magiquement et physiquement. Même Neville, qui détestait le sport, était plus fort que lui à l'heure actuelle. Il avait bien l'intention de le rejoindre puis le dépasser bientôt.
Jusqu'à ce qu'il soit à la hauteur de Thorn.
Jusqu'à le dépasser.
Ce début de semaine s'annonçait résolument actif.
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Vendredi 18 septembre – après-midi
Ce fut un ministre enragé qui claqua la porte d'un bureau, au cœur du ministère de la magie anglais. Il retournait à grands pas dans son propre bureau, en lissant sa moustache blonde à cause de l'énervement.
Il avait laissé derrière lui deux hommes en colère. Le plus mince se renfonça dans l'ombre, qu'il affectionnait, pendant que son patron se renfonçait dans son fauteuil. Ce dernier se massait l'arrête du nez, essayant plus que tout de ne pas laisser la colère parler pour lui. Il avait besoin de toute sa tête. Installer durablement le ministère après une guerre n'était pas aussi simple qu'il le croyait… C'était un jeu d'échec qu'il refusait de perdre et son adversaire était peut-être plus coriace que prévu.
- Quand je disais que Potter était une épine dans mon pied, marmonna-t-il du fond de son siège de cuir.
L'homme sec se redressa un peu.
- Personne n'aurait pu prévoir que le héros pourfendeur des Mangemorts allait défendre l'un d'entre eux, dit-il pour rassurer le fin stratège qu'était son patron. Personne n'aurait imaginé qu'il prenne part aux débats qui secouent la population à propos des sanctions.
- Comment a-t-il pu venir témoigner dans ce procès ? Un jeudi ! Je croyais qu'il était professeur à Poudlard : il aurait dû rester là-bas.
- Il faut croire qu'il a plus de temps libre que prévu.
- En plus de ça, tout était sous contrôle : les médicomages auraient de toute façon envoyé Pansy Parkinson à Sainte Mangouste vu son état de débilité avancé. Mais il a voulu jouer les sauveurs et voilà que le ministère passe pour incapable de protéger des victimes innocentes, ragea cet homme. Tout ça parce que la prison aurait « détérioré l'état de santé déjà fragile de la jeune femme ».
L'homme sec observa les mouvements impatients et brusques. Le jeune Potter faisait peur à son patron pour beaucoup de raisons dont il ne devait même pas être conscient. Sa puissance financière et sa lignée paternelle, déjà, en faisaient un personnage de poids dans la société sorcière. Même s'il n'avait pas encore siégé dans la moindre cour ministérielle.
Son honnêteté, ensuite. Potter ne pourrait jamais entrer dans les jeux de pouvoir et les jeux politiques que son patron dirigeait, parce qu'ils exigeaient de l'hypocrisie, des chantages, des dissimulations et autres manipulations…
Et surtout, son patron le soupçonnait fortement d'être un élément de sa prophétie, celle qui guidait sa recherche du pouvoir. Après tout, il pouvait être ce « soleil » dont parlait la pyhtie. Et comme son patron ne connaissait pas son rôle exact, pour le moment, il essayait de se tenir en retrait et d'observer Potter. Mais Potter ne réagissait jamais comme on l'attendait. Tantôt impulsif, tantôt réfléchi, tantôt faible et sensible, tantôt dur et impitoyable. Il n'était pas aisé de jouer avec lui : il était récalcitrant.
Son patron avait même été obligé de placer deux ou trois « espions », si on pouvait les appeler comme ça, à Poudlard. Ils étaient à son service et faisaient des rapports réguliers sur ce qui se passait dans l'enceinte de l'école – et surtout autour de Potter – même si lui n'avait pas encore eu l'occasion de les lire.
Oui. Il faisait tout pour réduire Potter à rien du tout, pour éviter qu'il ne devienne plus tard la plus grande menace à son ascension. Quelque part, il n'avait pas tort. Potter savait faire s'agiter les foules.
La veille même, Potter avait encore joué des siennes. Alors qu'il était de notoriété publique qu'il haïssait les Mangemorts et qu'il travaillait à Poudlard, il avait tenu à venir au procès de Pansy Parkinson qui s'était déroulé ce jeudi. Certes, Azkaban semblait avoir eu un effet dévastateur sur la sorcière, qui n'avait définitivement plus toute sa tête. Mais pourquoi Potter avait-il tenu à le faire savoir à tout le monde ?
On ne pouvait pas réellement blâmer le ministère ! Après tout, il avait joué son rôle en gardant la « menace » parquée à Azkaban. Mais non. Potter estimait que tout n'avait pas été mis en œuvre. Il avait tenu à souligner le fait que tous les Serpentards qui se s'étaient retrouvés sous la coupe du Lord n'étaient pas coupables de crimes et qu'il était nécessaire de savoir faire la part des choses… Quel revirement de situation pour celui qui les avait tous combattus.
- S'il n'avait rien dit à ce foutu Chicaneur… marmonna l'homme assis, toujours énervé.
« Et quel dommage que son coup de sang ait eu un tel écho au sein de la population sorcière », compléta l'homme dans l'ombre, en lui-même.
- Alors il n'y aurait pas eu cette manifestation, effectivement, confirma-t-il.
- Ce n'est pas comme si c'était la seule ! pesta son patron. Depuis le début de la semaine, avec ce fichu article de Lovegood, la population ne cesse de s'agiter. C'est pire qu'après l'attentat !
- Vous aviez conseillé à Zorille de tuer les jeunes terroristes d'abord, mais il faut croire que cette génération ne sera jamais simple à contrôler… Ils ne sont pas aussi dociles que leurs parents.
- Nos articles de la Gazette nous assuraient jusqu'ici le soutien d'une bonne partie de la population, étant donné que nous mettons le pire en valeur… Mais ce matin, nous aurions dû faire comme le Chicaneur et parler du procès d'hier, du procès de Parkinson, soupira l'homme.
- Oui, sans doute aurions-nous dû. Et du coup, faites attention, monsieur. Si les sorciers s'aperçoivent que nous avons pris le contrôle de la Gazette et que nous sommes à l'origine de sa radicalisation, il risque d'y avoir encore plus d'agitation.
- Je sais, je sais, soupira l'homme assis. Je crois que nous allons devoir faire sauter un fusible, une fois de plus… Il faut que je reste encore dans l'ombre, donc la population ne doit pas s'intéresser à nous… Il faut que nous trouvions un moyen de concilier l'apaisement de la situation et nos intérêts personnels.
- Vous pensez à quelque chose ?
- Est-ce que tu serais intéressé par le job, mon cher ?
- Le… Le job ? C'est-à-dire ?
- Mais ministre, bien sûr !
- Je… je… oui. Euh merci monsieur, bafouilla l'homme sec en perdant un peu du sang froid qui le caractérisait.
- Je vais peut-être devoir te faire sauter aussi, mais plus tard… marmonnait l'homme imposant, pensivement. J'ai besoin de toi. J'ai plus confiance en ta maîtrise des problèmes qu'en celle de n'importe qui d'autre. Et… si tout ne se passe pas comme je vais te l'expliquer, alors nous allons encore plus avoir besoin de la presse, mon ami. Il n'est pas né celui qui m'empêchera de rebondir.
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Lundi 21 septembre – 15 heures 30
Harry Potter était dans ses appartements de Poudlard et ajustait les derniers préparatifs en méditant. Sa fin de semaine avait été plus que riche. Il avait exploré attentivement ses souvenirs toute la semaine. C'était fascinant de les revivre en tant que spectateur. Il avait remarqué des détails qu'il n'avait jamais envisagés avant.
Il avait beaucoup observé ses altercations avec les Serpentards. Ses joutes verbales, ses joutes physiques. Il avait repéré la crispation systématique de Zabini et Parkinson quand Malfoy insultait ses parents. Il avait remarqué les discrets tapotements d'épaule de Crabbe et Goyle quand Malfoy recevait ses chocolats du matin. Il avait remarqué, alors que son double fixait méchamment Malfoy en tentant de comprendre son plan de sixième année, que Parkinson et Dean échangeaient quelques regards et sourires discrets…
Harry avait été surpris de comprendre l'attitude des Serpentards et de voir au-delà. Et ça l'avait fait réfléchir. Il s'était dit que sans doute, Malfoy aurait continué à exercer sa supériorité et son mépris dans certains domaines, mais un aristocrate comme lui n'aurait jamais été porté sur le meurtre naturellement.
En fait, il avait été plus que surpris de voir que ses souvenirs avec des Serpentards étaient aussi nombreux que ses souvenirs avec ses amis. Tout comme il s'était construit grâce à Ron et Hermione, il s'était construit avec sa haine des Serpentards. Et même s'il l'abandonnait peu à peu, cette haine avait fait partie de lui.
Il avait rendu ses corrections à Thorn jeudi, comme prévu. Le professeur lui avait d'ailleurs dit ce matin qu'ils allaient faire le prochain cours pour les premières années ensemble. Il avait corrigé son programme à l'encre rouge, mais il était globalement satisfait de son approche.
Beaucoup de sorts défensifs de bas niveau – il fallait bien commencer quelque part – quelques rares offensifs, l'apprentissage des règles de duel – interdits pour les deux premières années – et la connaissance des créatures magiques dangereuses communes et les moyens de s'en défendre. C'était bien plus que ce à quoi il avait eu droit lui-même en première année.
Le jeudi après-midi, après avoir rendu ses copies, il avait décidé d'assister au procès de Parkinson. Il avait été effaré de l'état de la jeune femme. Il l'avait toujours trouvé laide – peut-être avec l'antipathie qu'il éprouvait pour elle – mais elle avait au moins toujours fait l'effort de prendre soin d'elle-même.
La sorcière qu'on avait assise sur la chaise et enchainée était pâle, échevelée, sale, et par-dessus tout, il aurait pu croire qu'elle avait déjà cédé au baiser du Détraqueur tant ses yeux étaient vides. Si elle n'avait pas eu trois crises de larmes aiguës à des moments inattendus, il aurait pu la croire morte. Le témoignage d'un Mangemort avait éclairé ce comportement.
Il avait expliqué que la jeune femme s'était refusé à tuer une petite fille pour son initiation, et qu'elle avait subi la punition réservée aux traîtres à leur sang en échange. Les médicomages avaient pu confirmer à la fois les sévices, qui avaient rendu Harry malade, et la folie avancée de la jeune femme, probablement pire après avoir été au contact des Détraqueurs d'Azkaban.
Harry, en colère de voir Parkinson dans cet état, alors qu'elle n'avait été qu'une victime, avait voulu apporter son témoignage : elle n'avait jamais levé la baguette sur lui ou ses amis. Il n'avait pas précisé qu'elle avait eu la langue bien pendue, cependant. Les juges avaient décidé de son innocence et de son inoffensivité, même s'ils avaient confisqué sa baguette, pour ne pas qu'elle se blesse par inadvertance.
Il était allé la voir, samedi matin, à Sainte Mangouste. L'aile sécurisée réservée aux anciens Mangemorts n'était pas si mal, bien qu'un peu frustre, et il avait pu voir sa cellule. Elle avait des tons très clairs et bénéficiait d'un lit correct, d'un tout petit bureau avec une chaise et d'un petit coin de toilette.
Pansy Parkinson recevait la visite d'un médecin ou d'une infirmière au moins trois fois par jour. Mais l'infirmier qui l'avait accompagné avait précisé que Parkinson n'avait aucune conscience de son environnement. Elle ne répondait à personne et pire, rien ne montrait qu'elle comprenait quand on lui parlait.
Il était parti de l'hôpital très choqué, le souvenir du reproche de Malfoy à Dean très vivace dans son esprit. Oui, Dean avait été lâche d'abandonner la jeune femme parce qu'elle avait été marquée. Visiblement, c'était contre son gré et elle avait souffert. Il lui en voulait d'avoir tourné le dos à Parkinson, comme il avait tourné le dos à leur dortoir quand Harry avait annoncé le retour de Voldemort et qu'il s'était mis à sortir avec Ginny.
Il n'aimait pas le sentiment de trahison et le goût amer que cette attitude lui laissait.
Il s'était ensuite rendu au restaurant dans lequel il avait invité Ollivander à manger. Certes, c'était son elfe qui lui avait conseillé, mais il avait pris sur lui de rédiger une invitation en bonne et due forme, de façon à ce que cet homme ne puisse refuser. Ils s'étaient retrouvés devant la façade particulièrement soignée du bâtiment londonien, et le maître d'hôtel les avait conduits jusqu'à un petit salon privé.
« Avez-vous l'intention de me demander une baguette illégale, monsieur Potter ? » avait demandé Ollivander une fois l'homme parti avec leurs commandes.
- Pas du tout, pourquoi ?
- Parce qu'il arrive que des sorciers ignorants m'invitent dans ce genre d'établissement pour me demander une nouvelle baguette. Parce qu'on leur a retiré la leur, ou pour m'en demander une seconde, ce qui, soyez-en sûr, est parfaitement idiot.
- Pour quelle raison ? demanda Harry, intrigué.
Ollivander, les cheveux toujours hirsutes mais le costume impeccablement coupé, plongea ses yeux pâles dans ceux d'Harry.
- Etes-vous en train de prendre des informations pour me faire concurrence, monsieur Potter ?
- Je vous jure que non, monsieur Ollivander ! s'exclama Harry avec sincérité. Je désire seulement comprendre pourquoi la perte d'une baguette semble si importante pour un sorcier. On peut toujours changer de baguette, n'est-ce pas ?
Harry pensait à son expérience avec la baguette de Malfoy et avec la relique, en plus de sa propre baguette. Il avait certes ressenti le vide dû à la perte de sa baguette brisée, et le sentiment de chaleur et de familiarité quand il avait pu la retrouver, mais tout comme Voldemort, il avait pu changer de baguette en cours de route pour les besoins de la guerre.
- Non ! Blasphéme ! s'écria Ollivander, les sourcils froncés et l'index levé. On ne change de baguette que pour d'excellentes raisons, ce n'est jamais anodin ! Le tribunal sorcier peut vous retirer votre baguette ou vous pouvez la perdre parce qu'elle est brisée, mais jamais vous ne pouvez posséder deux baguettes en même temps ou prendre n'importe laquelle pour remplacer l'ancienne. N'oubliez jamais, monsieur Potter, ce que trop de fabricants oublient…
Ollivander baissa d'un ton pour prendre une voix plus solennelle.
- La baguette est intimement reliée à la magie d'un sorcier. Elle n'est pas un simple objet que l'on achète, que l'on prend. Pour fonctionner, elle doit vous choisir. Sentir que votre magie est en harmonie avec elle, sentir votre contrôle sur elle. Trop de gens considèrent la baguette comme un accessoire décoratif. Ils la veulent longue, épaisse, imposante, avec des fioritures quand c'est possible, dit-il dédaigneusement, mais ils oublient une chose : la nature de leur propre magie.
- Vous me perdez un peu, je l'avoue, dit Harry. Que voulez-vous dire par « nature de leur magie » ? Et par fioriture ? Et pourquoi vous demande-t-on une nouvelle baguette si c'est impossible ? J'ai utilisé plusieurs baguettes, je n'imaginais pas qu'on puisse avoir des difficultés à en trouver une nouvelle…
Le serveur leur apporta l'entrée et Ollivander décida de répondre aux questions du jeune homme. Pour une fois qu'un sorcier cessait d'être arrogant pour s'intéresser aux baguettes. Beaucoup trop de gens pensaient que le vrai pouvoir venait de la magie sans baguette. Ils avaient tort.
- N'avez-vous jamais rencontré de baguettes gravées ? demanda le fabricant à son vis-à-vis quand le serveur eut disparu.
- Non, jamais.
- Ce sont des baguettes stimulées par des runes. C'est dangereux, monsieur Potter, affirma Ollivander d'une voix basse qui ne voulait pas briser l'atmosphère feutrée de la pièce. C'est dangereux parce qu'une baguette a naturellement la fonction d'augmenter la puissance d'un sorcier, la baguette entre en résonance avec la volonté du sorcier et transforme sa magie en le sort désiré. D'ailleurs, j'ai entendu dire que vous avez tenté de lancer un doloris, monsieur Potter…
- Effectivement, même si j'aimerais que vous gardiez cela pour vous.
- Bien entendu, monsieur Potter. Toujours est-il que votre sort n'a pas fonctionné parce que vous n'aviez pas la volonté. Votre baguette obéit. Le problème d'une baguette stimulée artificiellement, c'est qu'à la moindre pensée, elle peut devenir incontrôlable. Combien de fois la Gazette a-t-elle rapporté un accident provoqué parce qu'un homme en colère a laissé un sort s'échapper de sa baguette. C'est une des raisons qui poussent le gouvernement sorcier à vous rappeler de ne pas mettre votre baguette dans votre poche arrière…
Harry fit une légère grimace à cause de l'image qui lui venait en tête. Tout en finissant de ramasser la sauce de son entrée avec un morceau de pain, il songea qu'il ne trouvait pas pratique de mettre sa baguette dans sa poche, mais il n'avait pas vraiment le choix…
- Je reviens à ce que j'appelle la nature de votre magie… Il s'agit de vos capacités et de vos facilités. Certaines personnes sont douées pour les enchantements, d'autres pour les potions… La baguette d'un enchanteur est longue, celle d'un potionniste également. Mais la baguette d'un enchanteur doit avoir un noyau puissant et celle d'un potionniste un noyau neutre. La baguette d'un maître en sortilèges est souvent plus courte… Les bois doivent aussi avoir une affinité pour que la baguette fonctionne.
- Je vois, répondit Harry. J'imagine qu'il est difficile de retrouver une baguette qui soit l'exacte copie de celle qu'on a perdue.
- De toute façon, une telle recherche est inutile.
- Comment cela ?
- Le sorcier évolue et sa baguette évolue avec lui. Si une baguette est brisée, par exemple, la nouvelle sera forcément différente. D'une part parce que le sorcier a changé, d'autre part parce que le bris d'une baguette a des répercussions sur la magie du sorcier.
- Que voulez-vous dire ? demanda Harry, soudain inquiet pour Malfoy.
- Deux situations, principalement, peuvent provoquer le bris d'une baguette. L'ordre du tribunal ministériel et une bataille, par accident. Quand le tribunal brise une baguette, il le fait selon un ancien rituel qui brise le lien entre l'objet et son sorcier sans dommage pour la magie du sorcier. Mais la conséquence est que le sorcier est incapable d'utiliser une nouvelle baguette : considérez que le tribunal a, en quelque sorte, scellé la magie du sorcier. Et seul le tribunal peut retirer le sceau et autoriser le condamné à utiliser une nouvelle baguette.
- En gros, on lui retire le droit d'utiliser la magie.
- C'est ça. Même si la magie est toujours là et que des manifestations magiques impromptues sont toujours possibles. Mais dés que le tribunal autorise un sorcier à aller acheter une nouvelle baguette, le sceau disparaît.
- Et dans le cas d'une cassure accidentelle ?
- Alors la magie de la personne souffre et le sorcier a l'impression de vivre la perte d'un membre. Ou la perte de quelqu'un de cher. Le traumatisme est plus ou moins fort en fonction de la force de caractère d'un sorcier. Le risque d'un bris de ce type, c'est de déstabiliser la magie du sorcier.
- Est-il possible que quelqu'un brisant votre baguette délibérément puisse ne pas perturber votre magie ?
- Non. Impossible.
Harry déglutit en se disant qu'il avait peut-être eu un rôle à jouer dans le fait que Malfoy s'était fait battre par des membres de Gryffondor. Igor lui avait confirmé le fait que Draco Malfoy s'était vraisemblablement fait à moitié tuer par des jeunes femmes de Poudlard parce qu'il était incapable de se défendre. Il se sentait de plus en plus mal.
- Mais dans le cas où on brise sa baguette par accident, ou dans une bataille, on peut toujours en retrouver une, n'est-ce pas ?
- Oui, on peut. C'est juste plus difficile à cause de la complexité accrue de la personnalité du sorcier. Une baguette est comme un tout jeune enfant. Elle sait ce qu'elle aime ou pas et elle a déjà des valeurs et des capacités. Mais elle n'a rien vécu. Un sorcier adulte a déjà vécu et il est plus dur, pour une magie marquée, de trouver résonance dans une baguette. Mais c'est possible. Et avec de l'entrainement, une nouvelle baguette qui a choisi un sorcier peut devenir aussi bonne que l'ancienne.
- C'est un peu plus compliqué que ce que j'imaginais, marmonna Harry.
- C'est la raison pour laquelle il existe peu de fabricants reconnus. J'en fais partie, bien évidemment. C'est que nous sommes des artisans. Nous écoutons le bois, les noyaux, les magies. Nous nous plions à eux. Nous ne choisissons pas la forme de la baguette, c'est elle qui nous parle, qui nous guide. Les marchands qui produisent à la chaîne ne peuvent créer que des baguettes moyennes !
- Y a-t-il des fabricants reconnus, aux Etats-Unis ?
- Pour quelle raison vous intéressez-vous aux Etats-Unis, monsieur Potter ? demanda Ollivander avec un regard perçant. Et au bris de baguette ?
- J'ai lu le rapport du jugement de Malfoy. Je n'ai pas compris la réaction choquée des juges.
- Ah oui ! Le jeune Malfoy… Une baguette des plus intéressantes, si vous voulez mon avis. On en fait rarement d'aussi étranges.
- Que voulez-vous dire ?
- Crin de licorne au cœur d'un bois d'aubépine. L'innocence de la licorne et l'aubépine, complexe s'il en est. Le bois d'aubépine est rarement utilisé pour les sorciers, plus souvent pour les sorcières : c'est un bois qui symbolise la pureté virginale, l'innocence, la prospérité et la fidélité conjugale. Nos ancêtres druides considéraient l'aubépine comme un arbre sacré dont la destruction présageait une catastrophe imminente pour son auteur. Il ne faut pas toucher à une telle baguette au risque de provoquer le pire… Enfin, ce sont des légendes.
Harry fronça les sourcils pendant qu'Ollivander continuait sa digression.
- Mais l'aubépine est aussi un bois agressif. Il pique. La baguette de l'héritier Malfoy symbolisait la générosité du cœur dans un corps entouré d'épines. J'avoue avoir été surpris que ce soit cette baguette duelle qui le choisisse. Je n'associais pas Malfoy avec l'innocence, vous me comprendrez.
- Effectivement, marmonna Harry, un peu secoué par les mots choisis. Y a-t-il de bons fabricants de baguettes aux Etats-Unis, alors ? demanda-t-il en se reprenant.
- Certainement pas ! Ce sont des producteurs à la chaîne. Ils sont les meilleurs fournisseurs de potions et de produits magiques communs, mais notre art leur passe au-dessus de la tête. Leurs baguettes sont inintéressantes au possible.
Intéressante, cette conversation l'avait été, assurément. Il avait envoyé une lettre d'excuses à Malfoy en lui avouant avoir brisé sa baguette. Il s'en voulait. Il était surtout secoué d'avoir appris que la magie de Malfoy s'accordait avec une baguette « innocente et virginale ». C'était tellement loin de l'image qu'il en avait…
Et puis hier, il avait eu la surprise de recevoir un courrier officiel du ministère de la magie. Un dimanche.
Aujourd'hui, il allait recevoir – chez lui à Poudlard – le ministre Zacharie Zorille. Kreattur lui avait préparé des petits sandwiches et des petits biscuits pour aller avec le thé de l'après-midi. Et il venait juste de finir de disposer le tout selon ses conseils. Il était un peu nerveux. L'objet de la visite n'avait pas été précisé dans la lettre.
On frappa à sa porte à seize heures pile et il ouvrit au ministre qui fut suivi par deux autres personnes. Il avait déjà vu le premier : il était venu inspecter le château début août, avant que son chef aigri autorise l'organisation des examens. Le second était ce sorcier albinos qui avait participé à l'inauguration du complexe de Pré-au-lard. Ahmès Neb. Il faisait probablement partie de l'équipe proche du ministre. Deux Aurors restèrent à l'extérieur pour garder sa porte.
Harry suivit les consignes de réception qu'il avait apprises de Kreattur, plusieurs jours auparavant. Son elfe avait un peu plus de temps et laissait le chantier du square Grimmaurd à Bris. Du coup, il lui donnait des leçons pour faire de lui un chef de famille respecté par tous, même par les sang-purs.
Après les politesses d'usage, le ministre entra de lui-même dans le vif du sujet.
- Monsieur Potter, le ministère a quelques difficultés à maintenir le calme dans la société et les querelles entre sorciers se multiplient. Vous qui avez vaincu le Lord Noir, vous jouissez d'une bonne réputation et de leur oreille attentive. Pourriez-vous, s'il vous plaît, apporter votre appui à notre gouvernement. Il est difficile de gérer l'après-guerre quand une guerre civile menace.
- Je vous remercie de votre confiance, monsieur le ministre, mais je n'ai pas le crédit que vous me prêtez. J'ai un travail qui me demande déjà toute mon énergie, je ne peux me permettre de me disperser. Par ailleurs, en tant que professeur, je souhaite rester neutre aux yeux des étudiants. Je ne peux pas vous aider.
- Mais vous ne comprenez pas ! pressa l'homme après s'être tourné vers les deux hommes, probablement des conseillers. Un renversement du pouvoir à l'heure actuelle signifierait beaucoup de troubles. Les risques d'émeutes sont réels : en ce moment, la population est insatisfaite, quoi que l'on fasse. Un peu de crédit et une pause nous sont nécessaires pour reconstruire le ministère solidement.
- Non, continua calmement Harry. Je crois que c'est vous qui ne comprenez pas. Je ne souhaite pas utiliser mon image de cette manière.
- Et comment voulez-vous l'utiliser ?
- Je n'ai pas encore choisi la cause qui me semblera la plus intéressante, dit Harry pensivement en se demandant qui aurait le plus besoin de son aide, s'il pouvait être utile.
- A combien considérez-vous votre image intéressante, monsieur Potter ? demanda le ministre avant que ses conseillers ne réagissent.
- Vous souhaitez me payer pour que je dise du bien du ministère ? demanda Harry incrédule. C'est non. Même pendant la guerre, on ne m'a pas fait une proposition aussi…
« Scandaleuse » était le mot qu'il avait en tête, mais il avait devant lui le ministre, alors il se contenta de prononcer « loin de mes convictions personnelles ». Le débat qu'ils entamèrent ne fit pas revenir Harry sur sa décision, mais il lui fit prendre conscience du naturel avec lequel le ministre parlait de corruption et d'argent.
Finalement outré, le ministre sortit de la pièce, suivi de près par Ahmès Neb, qui avait observé l'échange avec une très grande attention. L'homme qui était déjà venu à Poudlard s'approcha d'Harry.
- Monsieur Potter, salua-t-il. Nous nous sommes déjà rencontrés : je m'appelle Gharib Heqat.
- Oui, je me souviens. Comment allez-vous ?
- Assez bien… Si je puis me permettre, monsieur Potter, vous auriez dû accepter la proposition du ministre.
- Pour quelle raison ?
- Le ministre a le bras long. Et s'il en vient à vous considérer comme un opposant, que pensez-vous devenir ?
- Que pourrait-il faire ?
- Utiliser la presse pour vous décrédibiliser, par exemple. Vous n'auriez plus aucun poids politique.
- Je n'ai aucune intention de faire de la politique, dit Harry en fronçant les sourcils.
- Mais votre parole a un poids, quoi que vous en disiez. Je voulais juste vous prévenir des risques à jouer seul. Un ministre pourrait faire de votre vie un véritable enfer. Peut-être même au point de vous faire regretter le temps de la guerre.
Harry secoua la tête, toujours aussi incrédule quant à la réaction du ministre et aux menaces, qui lui paraissaient totalement disproportionnées. Il accompagna Gharib jusqu'à la porte où attendaient encore le ministre Zorille, Neb et les deux Aurors.
Le ministre lui tourna immédiatement le dos de mépris et repartit en compagnie des autres hommes. Harry les suivit du regard quelques instants et pu apercevoir Thorn, qui passait par là, saluer ces hommes bien bas. Neb et Gharib le saluèrent de la tête en retour, tandis que le ministre passait sans faire mine de le voir.
Cette rencontre avait été pour le moins étrange… Et Harry rentra chez lui.
SSIMSSIMSSIMSSIMSSIMSSIMSSIM
Vendredi 25 septembre – fin de soirée
Le professeur Snape avait invité Igor, comme presque tous les soirs, pour partager un petit digestif après les repas agités dans la grande salle. Encore une fois, le dîner n'avait pas été des plus calmes : le nombre de bagarres était en constante augmentation depuis deux semaines, depuis l'article du Chicaneur. Snape était satisfait du bruit de cet article, qui poussait les gens à s'interroger à propos des Serpentards.
Anna O'Brien était un nom qui se répandait sur toutes les lèvres, que ce soit pour discuter de son acharnement à défendre les Serpentards ou critiquer son caractère pleurnichard, louer ses charmes ou se moquer de ses rondeurs et de la tâche de naissance qui s'étalait sur la partie gauche de son visage.
Igor lui-même avait souvent affaire à elle, que ce soit pour la soigner des blessures témoins de sa bêtise et de son emportement, ou pour soigner ses victimes qui ne cessaient de se plaindre d'elle. « Une Poufsouffle ne se bat pas, » entendait-il souvent de la part de la maison Gryffondor voire de Serdaigle. Il était apparemment admis que Poufsouffle était une maison douce et serviable… Igor n'était pas vraiment d'accord.
- La presse s'est rarement aussi bien portée, n'est-ce pas ? demanda Snape, amusé, à son ancien élève officieux.
- Les batailles entre les différents titres sont épiques, effectivement… confirma Igor avant d'avaler une petite gorgée de son verre.
- Les batailles dans Poudlard également, continua Snape, toujours étrangement amusé. Qui aurait cru que la petite Weasley puisse être aussi teigneuse ? Je la savais redoutable. Quand elle faisait tourner les Carrow en bourriques, l'an dernier, elle le faisait même au sens propre. Mais aussi vicieuse… C'est un adversaire non négligeable, tu ne trouves pas ?
- Je vous l'accorde. Elle est assez amusante, dans son côté fierté blessée. Elle ne supporte pas la campagne de calomnie actuelle sur l'assistant Potter. Elle me l'a dit après un séjour à l'infirmerie…
- Encore O'Brien ?
- Oui, encore elle. Il est étonnant qu'elle s'acharne encore à se battre alors qu'elle doit déjà passer toutes ses soirées en retenue jusqu'à la mi-novembre…
Snape se tut un instant en sirotant son propre alcool. Il était pensif pour deux raisons. Il finit par s'adresser à Igor.
- Que penses-tu de cette campagne de calomnie sur Potter ? Je sais que je ne suis pas neutre, je déteste ce garçon. Mais toi, qu'en penses-tu ?
- Moi je ne connais pas bien Potter. Mais votre Gazette ressemble parfois aux journaux de propagande de notre pays…
- Vous avez des journaux sorciers ?
- Oui. Etrange, n'est-ce-pas ? demanda Igor. Quand on sait que le gouvernement chasse les sorciers… Mais certains d'entre eux se sont mis au service des moldus et envoient des prospectus sorciers et non sorciers dans les coins réputés magiques pour faire fuir les sorciers et sensibiliser les autres, pour qu'ils dénoncent les personnes qui leur semblent étranges.
- C'est comme ça que ça s'est passé, pour toi ?
- Je préfère ne pas en parler, si cela ne vous dérange pas…
- Tu fuis, dit Severus. Comme tu fuis la jeune O'Brien, d'ailleurs.
C'était là la deuxième chose qui perturbait Snape. L'attitude d'Igor dès qu'O'Brien était en vue était étrange. Il semblait fuir. Et elle semblait le chercher et tentait toujours de lui parler.
- Je sais.
- Pour quelle raison ? demanda Severus en constatant qu'Igor n'allait pas parler.
- Elle me fait peur.
- A toi ?
- Le jour où les Temps Sombres menaceront, les gardiens se rassembleront. Quand les gardiens sont appelés, c'est une preuve supplémentaire que l'équilibre ploie. Tout comme le fait que votre filleul ne soit pas encore mort de ses visions. Le rêveur ultime n'a jamais été aussi près d'exister vraiment. Ce sont des signes et ils m'inquiètent.
- Tu veux dire qu'O'Brien est comme toi ?
- Oui. Une porte. C'est probablement l'appel inconscient du rêveur qu'elle a entendu. Et la voici. Moi, je n'avais rien entendu. C'est sur votre demande que je suis ici. Et c'est un espoir qui me reste : ce n'est pas le rêveur qui m'a appelé, on a peut-être un répit.
- Alors si c'est mon filleul qui l'a appelée, pourquoi reste-t-elle ici au lieu de se rendre aux Etats-Unis ? C'est parce qu'elle reste avec toi que tu es inquiet ?
- Elle reste parce qu'elle peut jouer son rôle de gardienne de l'équilibre ici. Mais elle est encore trop jeune et un peu trop immature pour comprendre que les Temps Sombres ne sont pas un jeu. Elle reste aussi parce qu'elle cherche à comprendre pourquoi elle ressent un résidu de la magie du rêveur à Poudlard.
- Et tu sais pourquoi, toi ?
- J'ai des soupçons. Il existe un lien magique entre le jeune Potter et l'héritier Malfoy, j'en suis certain. Sa trace le suit. D'ailleurs, l'assistant doit s'en douter également. Il me pose beaucoup de question sur votre filleul depuis quelques jours…
- Il vaut mieux qu'il ne s'aperçoive pas du lien qui existe entre eux.
- Vous le connaissez ?
- Une dette de vie.
- Oh. Alors j'ai peur que nous soyons déjà entrés dans la phase de corruption.
- Corruption ?
- C'est ce qu'on dit, en médicomagie, quand les tissus du corps commencent à s'abimer, à pourrir… C'est la première phase avant la déchéance. Viendra ensuite la mort du malade. C'est la même chose pour la progression des Temps Sombres. Si le rêveur est enchaîné, s'il perd sa liberté, tous les gardiens savent que l'équilibre est en jeu.
- Tu peux faire quelque chose contre ça ?
- Je ne suis pas sûr. Je ne comprends pas encore quel est le rôle du jeune Potter dans ce jeu d'équilibre. Il ne semble pas vouloir déclencher les Temps Sombres, alors pourquoi est-ce à lui qu'est enchaîné le rêveur ?
- Il faudrait libérer mon filleul.
- Une dette de vie ne s'annule pas aisément, vous le savez bien, marmonna Igor. Peut-être que mettre Harry Potter au courant de ce lien pourrait être une bonne idée ?
- Non, refusa catégoriquement le maître des potions.
- Pourquoi ?
- Parce qu'être maître d'une vie corrompt inévitablement. Je le sais mieux que quiconque. Et je refuse que le fils devienne un jour comme le père. Et non, ne me pose pas de question, ajouta-t-il en levant la main. C'est une chose dont je ne veux pas parler.
RARs aux anonymes
Arty : Ravie que cette interview t'ait plue ^^ Rose est naïve et Kreattur subtile et manipulateur, mais c'est comme ça qu'on l'aime ! ) Sinon, ben cette partie est sur Harry. Mais promis, la prochaine partie sur Draco est plus longue ^^
Sherlock : Ravie que Luna te plaise ! Merci ^^ Sinon, non, je ne suis pas malade, mais très chargée avec peu de temps libre - -'
Marie la petite : Ce n'est pas grave de m'écrire un message ressemblant à chaque chapitre. Je ne me laisserai jamais de savoir que cela vous plaît ^^ Mon angoisse s'envole à chaque fois. Merci beaucoup pour tes deux commentaires, donc.
Vicky : sois la (re)bienvenue ^^ Dois-je être contente de te distraire de ta dissertation ? J'ai envie de dire oui. Pour Harry : je suis contente que le fennec te plaise (pour Ginny en batman, j'ai bien ri ^^). Je voulais quelque chose de différent et je n'ai encore jamais vu cet animal ailleurs. Harry commence à creuser. Doucement d'abord, mais il va s'améliorer : son animal est un bon creuseur, après tout ^^ Moi aussi j'adore Luna. D'où sa place dans ce tome :) Oui, les héros se sont battus pour un peu plus de tolérance, mais ils ont oublié, sûrs de leur bon côté. Or, rien n'est noir ou blanc, et c'est ce que je montre dans ce chapitre, d'ailleurs. Je trouve aussi que le fait qu'Harry ne soit pas un assassin est intéressant. Mais Skeeter est connue pour chercher la petite bête (sans mauvais jeu de mot ^^). Ravie que l'interview t'aie plue en tout cas ! Pour Draco : je me suis inspirée de la répartition d'Harry, parce que comme ça, son choix de Gryffondor sera plus facile à comprendre pour lui, par la suite. Non, mon histoire ne s'étale pas sur 12 ans mais sur 5 ans + l'épilogue. Sinon, je vais conclure en disant que je suis ravie que la réputation de Draco t'amuse, que l'histoire aztèque ait éveillé ton intérêt et que tu apprécies mes réponses. J'apprécie moi-même tes commentaires, merci ^^ A bientôt ! (Je serai moins longue dans les prochaines réponses : normalement, je n'ai pas le droit - -')
TG-K : Enchantée de rencontrer un nouveau lecteur ^^ Il n'y a pas forcément d'explication à ta préférence : les parties Harry / Draco sont appréciées différemment par chacun. Mais je suis très heureuse de savoir les raisons qui te font apprécier cette histoire ! Merci beaucoup pour ta review : j'apprécie beaucoup ^^ A une prochaine !
Yuu : Arf, je sens que je vais encore faire un pâté ^^ Tu as une belle façon d'expliquer la Coupe aux Etats-Unis. L'artefact n'est effectivement pas anodin, mais il n'est pas encore entré en jeu. De la même manière, tu m'impressionnes parce que tu sais prendre les diverses pistes (les Gobelins, les Aztèques, la légende des temps sombres) que j'ai laissées et tu sais les relier. Tu n'as pas encore deviné l'intrigue de l'histoire, mais je crains chaque semaine que tu t'en rapproches un peu plus ^^ Car oui, par exemple, Harry et le soleil de la prophétie pourraient être liés. Je ne dirais rien sur « l'héritière », car vous n'avez pour l'instant pas assez d'indices pour savoir ce qu'il en est. Quant à la peur de monsieur X envers Harry, tu auras quelques réponses dés ce chapitre (ou tu les as eues), donc je ne m'attarde pas non plus. Contente que tu aies apprécié l'interview, l'animagus d'Harry et le collier de chasteté ^^ Oui, la phrase révèle une certaine faille dans le couple. Je m'arrête ici avec un grand merci pour ton commentaire impressionnant, et à une prochaine pour une autre réponse ! ^^
Si j'ai oublié certains d'entre vous : n'hésitez pas à me le faire remarquer dans votre review, ce n'était pas voulu. ^^
Voilà. J'espère que cela vous plaît toujours. N'hésitez pas à me laisser un petit mot en partant (ou un grand ^^) et à la semaine prochaine pour la suite ! :D
Lena.
