Bonsoir à tous ! Voici mon prochain chapitre. Merci à Vibrasax de l'avoir relu et de m'avoir poussée à développer un peu l'action.
RAR aux anonymes :
Vicky : Je suis touchée que même dans ta période de partiels, tu prennes le temps de me laisser un petit mot. Ça me fait vraiment plaisir que cette histoire continue à te plaire ! Alors bon courage pour tes révisions et à bientôt ^^
Marie la petite : Oui, Narcissa a été imprudente. Je crois qu'elle était tellement enthousiaste qu'elle en a oublié certains principes de précaution.
Sherlock : Oui, le personnage de Philippe Piéfort va se développer au fil des chapitres, parce que… mais je te laisserai découvrir ça. Par contre, Margaux ne revient pas tout de suite (un peu trop d'intrigues plus importantes, pour le moment ^^).
Arty : Je te remercie. Pourvu que ça dure ^^
Résumé du chapitre précédent :
Les ouvriers qui travaillent au square Grimmaurd rencontrent des difficultés avec les fondations du manoir Black. Harry parvient à retirer le sortilège qui déstabilise la maison et découvre que la trappe protégée mène à un ancien coffre familial. Dans ce dernier, il retrouve les journaux personnels de Sirius et Regulus, ainsi que quelques notes d'Orion et Alphard Black sur des recherches qu'ils menaient. Harry finit par découvrir le rouleau qui les effraie tous, écrit par un certain Joseph d'Arimathie, et il décide de le traduire.
A la fin de sa journée, Ron l'invite aux tirages de Quidditch qui auront lieu en fin de semaine et lui conseille de voir Ginny, s'il veut vraiment travailler sur son image.
Chapitre 8 : Quidditch dans la tempête
Partie 3 : Tirages au sort
Lundi 28 septembre, fin d'après-midi
Harry revenait tout juste du square Grimmaurd. Il avait attendu le hibou d'Hermione, plutôt rapide étant donné que la maison Black et le ministère étaient tous deux situés à Londres. Et il avait emporté avec lui la méthode de latin de son amie et une copie du rouleau de Joseph d'Arimathie, qu'il avait déposées dans ses appartements.
Il avait employé, pour cette copie, la même méthode que lorsqu'il travaillait sur la prophétie de Percy. Aussi le parchemin n'était-il lisible qu'après activation en fourchelangue. Inquiet face aux réactions – qui pour l'instant lui semblaient un peu extrêmes – des Black, après leurs recherches, il estimait plus prudent de laisser le rouleau original en sécurité dans l'ancien coffre du manoir.
Actuellement, il attendait patiemment la sonnerie qui marquerait la fin des cours, dans un couloir proche de la salle de classe de Ginny. S'il en croyait la Carte du Maraudeur, la jeune fille devrait passer par là pour rejoindre le dortoir des Gryffondors.
Harry était un peu nerveux. Il avait été tellement pris par ses affaires courantes, ce week-end, qu'il ne s'était presque pas occupé de sa fiancée. Il savait qu'elle était sortie à Pré-au-Lard avec ses nouvelles amies, samedi, mais elle n'avait probablement pas apprécié le report de leur déjeuner en amoureux, le dimanche.
Il lui avait envoyé un bouquet de fleurs pour se faire pardonner, mais il n'était pas sûr que ce soit suffisant pour prétendre jouer le prince charmant…
Ginny était plutôt compréhensive – il suffisait de voir comment elle avait accepté qu'il la quitte pour partir à la chasse aux horcruxes – mais elle avait également le caractère vif et parfois emporté des Gryffondors et des Weasley. Et puis… c'était une fille. Si Harry avait appris une chose, à propos des filles, c'était qu'elles avaient besoin d'attention.
Quand la sonnerie retentit, il vérifia sur sa carte si Ginny avançait dans sa direction, et prononça « méfait accompli » avant de la replier. La jeune femme arriva bientôt, entourée de ses quelques nouvelles amies. Luna, qui était partie avant ses Aspics, lui manquait sans doute un peu. Mais l'année précédente, malgré son lot de malheurs, avait permis à Ginny de rencontrer Melinda, son amie Solène ou encore Fanny la Serdaigle.
Le groupe de sorcières s'arrêta en l'apercevant, et Harry fit signe à Ginny de le rejoindre. Ce qu'elle fit, accompagnée par quelques gloussements, même si son visage à elle restait neutre.
- Oui, professeur Potter ? demanda-t-elle d'un ton assez froid.
Déstabilisé par cette distance, Harry comprit que son intuition était la bonne. Elle était fâchée. Ne sachant pas vraiment comment faire pour faire passer sa demande en douceur, dans ces conditions, Harry opta pour la franchise.
- Ginny, j'ai besoin de ton aide, annonça-t-il sans préambule.
- Oh ! Mais dis-moi, lança Ginny en passant au tutoiement, que de familiarité avec ton étudiante ! Mais tu voulais parler avec ta fiancée, peut-être ? Elle t'attend toujours chez madame Rosemerta, déclara-t-elle d'un air buté, en croisant les bras.
- Gin… Je suis désolé, mais j'ai dû me rendre chez Luna en urgence. J'essaie de trouver une solution au travail de sape de la Gazette. Mon image s'écorne et je n'avais pas la tête à m'amuser.
La jeune sorcière fronça les sourcils un instant, avant de se radoucir.
- Tu ne m'avais pas dit que tu commençais à t'intéresser à ton image.
- Quand tu le dis comme ça, j'ai l'impression d'être superficiel. Mais tu sais, ce n'est pas ma « popularité » qui m'intéresse, dans mon image. Je veux simplement rester crédible. Je suis professeur, j'entame une carrière dans les affaires… C'est normal que je proteste quand on met en doute mon travail ou la valeur de mes actes.
- Je suis bien d'accord. J'ai essayé de te le dire plusieurs fois, lui rappela Ginny en décroisant les bras.
- Je sais. Pardon de ne pas t'avoir accordé plus d'attention. Tu es fâchée ?
- Oui. Enfin… un peu, répondit-elle en haussant les épaules. Ce n'est pas tant le fait que tu aies mis du temps à t'intéresser à ta réputation, même si j'avoue avoir été parfois agacée ou blessée par les articles de la Gazette, mais… est-ce que tu n'aurais pas pu tout simplement m'emmener avec toi chez Luna, au lieu de me laisser seule ?
- Je… Je n'y ai pas pensé, avoua Harry, penaud.
- Tu vois, c'est plus ça qui me fâche. Tu annules notre rendez-vous sans explication, avec un bouquet de fleurs… Tu ne penses pas à m'emmener avec toi… Et comment crois-tu que je me suis sentie ? Pour moi, ce bouquet a été plus inquiétant qu'autre chose. Et tu ne m'as même pas recontactée de la journée ! Normalement, là, je devrais t'envoyer sur les roses.
- Gin… Je suis sincèrement désolé. Je n'ai pas imaginé que ça te blesserait autant, s'excusa Harry avec un air de regret profond.
- Le problème, expliqua Ginny, c'est que j'ai parfois l'impression que tu ne me fais pas confiance ou que tu me sous-estimes. J'aurais très bien pu comprendre le problème et accepter de ne pas te voir de la journée. Ou alors t'aider. Mais tu ne me dis rien. C'est comme pour la maison.
- Je veux que ce soit une surprise, protesta faiblement le sorcier.
- Mais est-ce que les choses avancent ? Tu vois, quand tu t'éloignes de moi sans un mot ou que tu me caches trop de choses, j'ai l'impression que… J'ai peur que tu partes et je ne sais pas comment réagir, dit-elle en hésitant. Ce n'est pas… sécurisant.
- Si tes amies n'étaient pas toutes en train de nous regarder en gloussant, dit Harry à voix basse, touchée par la fragilité de sa fiancée, je te prouverais que tu n'as rien à craindre.
Ginny se retourna vers ses amies et leur lança un regard énervé qui ne fit qu'augmenter leurs gloussements. Harry sourit, amusé, et reprit.
- Je suis loin d'être le petit-ami parfait en ce moment, on est bien d'accord. Mais tu ne peux pas me retirer une chose : je te prends au sérieux et j'ai confiance en toi. C'est pour ces deux raisons que je t'ai demandée en mariage et que j'ai prêté serment devant ta famille. Quant au fait que je te sous-estime…
Harry songea qu'il était inutile d'avouer à Ginny qu'il était là sur le conseil de Ron.
- … c'est faux, puisque je viens justement te demander ton aide pour améliorer mon image publique. Alors ? Est-ce que tu penses pouvoir faire quelque chose ?
Ginny lui sourit enfin. Elle allait pouvoir lui montrer à quel point elle était capable d'être utile. Elle savait qu'elle n'était pas toujours facile à vivre. Après tout, elle avait fait beaucoup de… caprices, au début de leurs fiançailles.
Entre le stress de l'après-guerre, loin d'être aussi reposant qu'on l'attendait, la perte de Fred, sa mère obnubilée par son éducation de maîtresse de maison et un fiancé convoité par toutes les plus jolies sorcières… Elle avait peur de le perdre, lui aussi.
Mais aujourd'hui, il allait prendre conscience de ses atouts. Elle n'avait peut-être pas encore terminé ses études, mais elle avait de la ressource.
- Pourquoi est-ce que tu as ce besoin aujourd'hui, alors que ça fait plus d'une semaine que la Gazette écorne ta réputation ? Que s'est-il passé ? lui demanda-t-elle, attentive.
- Ron m'a invité pour les tirages des matchs de qualification en coupe du monde, au ministère. L'événement sera couvert par la presse de plusieurs pays et notamment par la Gazette. Si je pouvais arriver là-bas en évitant d'être ridicule, ce serait déjà pas mal.
- Ils auront lieu quand ? demanda Ginny, les yeux brillants d'excitation.
- Samedi soir prochain. Et après, il y a une réception de prévue, jusque tard dans la nuit.
- Est-ce que je peux t'accompagner aux tirages ? demanda ouvertement Ginny, que la perspective de rencontrer des joueurs de Quidditch renommés enchantait.
- A vrai dire, le ministère m'a dans le nez et je ne viens que parce que Ron m'emmène comme accompagnateur.
- Et pourquoi ne t'ont-ils pas envoyé une invitation ? demanda la jeune sorcière, sincèrement étonnée. Tu restes une figure importante du monde magique.
- Je suppose que comme l'événement concerne le Quidditch, ils invitent en priorité les sorciers dont le travail est en relation avec ce sport.
- Mouais… Dommage, ça m'aurait sans doute plu. En tout cas, tu viens de me donner une idée pour ton image. Je contacte Luna ce soir, dès que j'ai déposé mes affaires dans ma chambre. J'ai peut-être un article à lui proposer.
- Tu es la meilleure, Gin ! s'exclama-t-il, avant de chuchoter : « Je t'aime. »
- Moi aussi, répondit-elle sur le même ton, rose de plaisir.
Ils ne s'embrassèrent pas. Leurs statuts d'étudiante et de professeur ne leur permettaient pas, et encore moins dans les couloirs. Mais leurs yeux brillants montraient leur satisfaction à chacun. Ginny s'éloigna et Harry soupira, rentrant à son tour dans ses appartements. Finalement, ça s'était plutôt bien passé.
Harry venait à peine de refermer la porte de chez lui quand on frappa. Intrigué, il ouvrit et se retrouva face à Rupert Thorn. Le sorcier semblait contrarié.
- Je vous ai cherché toute la journée, lui reprocha-t-il.
- Nous n'avons pas cours le lundi, rappela Harry.
- Mais vous avez un cours demain, répliqua Thorn en grimaçant. On dirait qu'il est temps que je vous fasse travailler.
Thorn avait définitivement l'air contrarié. Pourquoi lui proposer de faire cours si cela lui arrachait la langue ainsi ?
- Quelle classe est-ce que j'aurai en charge ? demanda Harry sans laisser percevoir sa surprise.
- Vous prendrez désormais les premières années Serpentard et Gryffondor, ainsi que les secondes années de Serdaigle et Serpentard. Vous les aurez toutes les deux demain après-midi. Est-ce qu'au moins, vous êtes prêt ? lui demanda Thorn, espérant visiblement qu'il recule.
- Tout à fait ! affirma Harry, en mentant à peine.
- Très bien. Je vous aurai à l'œil : vous avez intérêt à être à la hauteur de ce qu'on attend de vous ! le prévint Thorn avant de tourner les talons.
Harry fronça les sourcils. Pourquoi cet homme insistait-il pour être toujours aussi désagréable. Et quelle mouche avait bien pu le piquer pour qu'il lui propose soudain de faire cours ? Méfiant, Harry décida de relire les notes qu'il avait prises dans ces deux cours et de retravailler un peu son programme pour adapter sa leçon du lendemain.
Tant pis pour le parchemin, la traduction passerait après. D'autant plus qu'il avait l'étrange impression qu'il allait passer un test et que tout cela cachait quelque chose…
HPHPHPHPHPHPHPHPHPHP
Mardi 29 septembre, 14 heures.
Le silence dans la pièce fut immédiat, à la sonnerie. L'habitude instaurée par Thorn dans ses cours ne cessait d'impressionner Harry qui, debout sur l'estrade pour la première fois, ne put s'empêcher de se sentir déstabilisé par les dizaines de paires d'yeux qui le scrutaient avec surprise. Les élèves de onze ans attendaient visiblement une explication.
Harry sentit dans son dos le regard scrutateur de Thorn et redressa imperceptiblement les épaules, refusant de se laisser intimider. Il n'avait pas travaillé autant ces dernières semaines à apprendre les dizaines de sorts conseillés par Igor, à travailler son programme, ses cours et sa forme physique, et à corriger des centaines de copies, pour chuter à un pas de la reconnaissance.
Il tenait à laisser à Thorn une impression favorable. Non pas parce qu'il était à la recherche de son approbation pure et simple, comme beaucoup d'étudiants avaient tendance à le faire, mais pour que Thorn le laisse libre de mener ses cours comme il le voulait.
- Bonjour à tous, commença-t-il. A partir d'aujourd'hui, je serai votre professeur de Défense attitré. Après un mois avec le professeur Thorn, vous avez appris à identifier ce que nous nommons par convention les « forces du mal » – créatures et sorciers, sorts et situations dangereux – et vous avez acquis les premiers réflexes de Défense.
Thorn, attentif, était satisfait que le jeune blanc-bec se soit sentit obligé de prendre des notes, même pendant ses cours aux premières années. Et il les avait bien prises, en plus. Il se retint de ricaner, détestant par-dessus tout les bruits parasites pendant un cours.
- Désormais, nous allons commencer à travailler sur les précautions nécessaires pour éviter les mises en danger, devant les créatures magiques les plus dangereuses pour un sorcier. Une fois que vous aurez acquis le réflexe de précaution, vous apprendrez les premiers sorts de défense indispensables en cas d'attaque.
Un élève de Gryffondor, Yanis Cathal, leva la main. Harry lui donna la parole, satisfait devant l'intérêt toujours renouvelé de son ancienne maison pour cette matière.
- Est-ce qu'on va apprendre à se battre ?
- Non. Vous allez apprendre à vous défendre.
- Mais ce n'est pas courageux de se défendre, protesta le garçonnet, il vaut mieux attaquer, pour éliminer le danger !
Harry fut un instant ébranlé par l'affirmation de l'enfant. Il n'était pas honorable « d'attaquer ».
- Vous avez tort, affirma Harry, même s'il savait que Thorn n'approuverait pas ce qu'il s'apprêtait à dire. Attaquer à tout va, au moindre danger, est caractéristique des animaux, pas des hommes. Nous sommes capables de mesurer nos actes et d'avoir une certaine retenue, et c'est ce qui fait notre humanité.
Harry décida d'enfoncer clairement le clou, même s'il se demanda s'il n'allait pas un peu loin.
- Voldemort…
Le frisson collectif qu'il avait toujours connu affecta les enfants aussi fort que par le passé. Le sorcier maléfique avait été si puissant, pendant un an, qu'ils avaient appris à craindre ce nom qui faisait trembler leurs parents. Harry reprit, sans s'interrompre cette fois.
- Voldemort prenait un immense plaisir à attaquer et à se battre, surtout quand il se sentait en danger. C'est pour cette raison qu'il a décidé un jour de s'en prendre à un bébé sans défense. Ce n'est pas courageux, c'est lâche. Aimeriez-vous ressembler à Voldemort, monsieur Cathal ?
- Non, répondit ce dernier, les larmes aux yeux, avec l'impression de s'être fait gronder.
Un Serpentard jeta au garçon un regard un peu moqueur, mais il cessa rapidement quand il s'aperçut que les yeux du professeur Potter, dardés sur lui, brillaient de colère. Il baissa la tête, honteux. Que ce soit Thorn ou Potter, les profs de DCFM étaient tous effrayants, pensa-t-il.
- Si cette année est concentrée sur les sorts de défense purs et durs, c'est parce que vous êtes encore tout jeunes. Vous ne maîtrisez pas encore votre magie, votre baguette et votre tempérament. Un grand duelliste est capable de lancer beaucoup de sorts différents parce qu'il est toujours maître de lui-même. Et je doute que vos parents soient contents de vous si vous vous blessiez par accident. Donc pas d'attaque cette année. Est-ce que c'est bien clair pour tout le monde ?
- Oui, professeur Potter, répondirent les élèves à l'unisson.
Pendant deux heures, Harry sut maintenir le calme et la concentration des jeunes élèves. Le fait qu'il ait préparé des illustrations et qu'il s'appuie sur des anecdotes tirées de sa propre expérience à leur âge avaient beaucoup aidé. Et sa volonté d'éviter toute monotonie en variant les exercices et les cours proprement dit, également.
A la fin, quand tous les élèves furent partis, Thorn prit la parole.
- La retenue est ce qui fait notre humanité, c'est bien ça ?
Harry se tourna vers le sorcier aux dents pointues et confirma sa position.
- Si nous ne leur inculquons pas les bonnes valeurs dès le début, comment voulez-vous faire de ces élèves des sorciers accomplis ?
- Des sorciers accomplis ? Avec votre philosophie ? sembla s'étonner Thorn. Mais ouvrez les yeux, enfin ! Vous ne ferez de ces enfants que des lavettes ! Pourquoi croyez-vous que votre pays est retombé si facilement entre les griffes de votre Voldemort ? Parce que vous, sorciers anglais, êtes incapables de réagir devant la menace. Vous attendez que les choses se passent et vous regardez ça de loin.
- Vous avez tort, Thorn. Les étudiants de Poudlard qui ont été élevés avec les valeurs que je prône se sont levés contre les Mangemorts et Voldemort. Ils se sont battus et sont parfois morts pour une cause qui leur tenait à cœur et qui était juste ! Et c'est pour cette raison qu'il est nécessaire de donner à ces enfants les moyens de différencier justice et force brute. Ils doivent être conscients des conséquences de leurs actes, dans le monde qui les entoure.
Thorn fronça les sourcils mais ne répondit rien, énervé par tant de naïveté. Il descendit de l'estrade et se dirigea vers la porte.
- Préparez-vous pour votre cours suivant, lui lança-t-il, je dois aller ailleurs. Et préparez-vous à de grandes désillusions, parce que les deuxièmes années de Serdaigle et Serpentard ont particulièrement bien appris leurs leçons de l'an dernier. Votre jolie morale ne tiendra pas.
Harry vit avec perplexité Thorn sortir et aboyer aux étudiants qui attendaient dehors d'entrer et de s'installer à leur place. Ces derniers obéirent sans broncher, mais tout comme les élèves de première année, ils étaient perplexes en constatant que c'était Harry qui était debout sur l'estrade. Ils furent encore plus surpris quand Thorn claqua la porte derrière lui, en les laissant seuls avec l'assistant.
Harry était encore plus nerveux. La mise en garde de Thorn et son absence y étaient sans doute pour quelque chose…
- Bonjour à tous, les accueillit-il. Vous aurez désormais cours de Défense avec moi. Maintenant que vous avez révisé – ou appris – les bases de première année, nous allons pouvoir nous attaquer aux premiers sorts d'attaque à maîtriser lors d'un duel ou d'un combat. Nous commencerons, ces prochains jours, par le Bloclang et le Conjonctivis, parce qu'ils diminuent fortement la capacité de votre adversaire à combattre contre vous.
Harry vit très bien quelques élèves Serpentard soupirer d'ennui à son annonce. Il savait, Neville le lui ayant expliqué en début d'année, que les élèves de cette maison étaient particulièrement doués en sorts d'attaque. Leurs parents, pour la majorité des Sang-purs, les éduquaient dès leur anniversaire de 12 ans à lancer des sorts dangereux.
Harry estimait qu'ils étaient idiots de faire courir un risque à leurs enfants en voulant leur en faire faire trop et tout de suite, mais Neville lui avait expliqué que dans plus de 90 % des cas, cette éducation portait tout de même ses fruits.
Il se sentit bête, soudain, de ne pas avoir anticipé cette donnée dans la préparation de son cours. En espérant qu'ils se tiendraient à carreaux, il leur expliqua les caractéristiques de ces deux sorts, les circonstances et les adversaires sur lesquels ils étaient les plus efficaces et inversement.
Au bout de vingt minutes plutôt calmes, un Serpentard l'interrompit en levant la main.
Willy Wallace était un sorcier brun de douze ans, dont les parents sorciers étaient tous les deux de Sang-mêlé. Eduqué principalement par son grand-père paternel, qui avait en son temps admiré les idées de Grindelwald, puis celles de Voldemort, il se considérait comme un sang-pur. Et comme son grand-père, il pensait que Voldemort, bien qu'ayant ses travers, aurait pu rendre à leur société sa gloire passée.
Par ailleurs, entouré d'adultes virulents envers Albus Dumbledore et Harry Potter, il avait développé un sarcasme et un esprit critique plutôt rares chez les enfants de son âge.
Aussi avait-il suivi avec attention les derniers articles de la Gazette, qui parlaient de la victoire surprenante de leur professeur Harry Potter sur le Lord Noir, en se demandant si ce dernier était si mauvais que cela.
Ces vingt dernières minutes, qui ne lui avaient strictement rien apporté de neuf, lui faisait penser que c'était le cas.
- Oui, monsieur Wallace ? l'interrogea le professeur.
- Comment avez-vous fait pour vaincre le Lord Noir avec aussi peu d'ambition ? demanda-t-il, provoquant.
Les élèves autour de lui se mirent immédiatement à chuchoter ou à ricaner, rares étant ceux qui – comme quelques Serdaigles – s'indignaient de l'interruption de la leçon pour une question si futile.
- En fait, reprit le Serpentard, enhardi par l'absence de l'effrayant Thorn, je me demande ce que vous pouvez réellement nous apprendre. Vous avez vaincu un mage noir avec un Expelliarmus, ce qui signifie soit que vous êtes un mauvais duelliste, soit que le Mage Noir était déjà sur le déclin. Dans ce dernier cas, n'importe qui aurait pu le battre.
Un silence attentif se fit, alors que les élèves attendaient la réponse d'Harry Potter. Ce dernier était un peu interloqué par le culot de son étudiant. Son discours était désagréablement tiré des remises en cause discrètes mais efficaces de la Gazette. Si un enfant de douze ans se posait ces questions, qu'en était-il de ses parents et des autres adultes du monde magique ?
- Je crains que vous ne puissiez pas nous apprendre grand-chose, étant donné que nous avons déjà pratiqué des sortilèges d'attaque un peu plus puissants en fin d'année dernière, avec Severus Snape, enfonça l'élève avec un air dédaigneux que n'aurait pas boudé Draco Malfoy dans sa belle époque.
- Pensez-vous donc être en mesure de suivre des cours de troisième année, monsieur Wallace ? demanda Harry, un avertissement clair dans la voix. Pensez-vous être en mesure de vaincre un épouvantard ? Ou, pourquoi pas, Voldemort lui-même ?
L'air sûr de lui qu'arborait Willy se fit soudain un peu moins ferme. Sans doute à cause de la voix sourde et grondante de son professeur. Il était évident pour tous les élèves que l'assistant Potter était en colère, et ses yeux noircis étaient loin d'être rassurants.
Harry, sa colère aussi rentrée que possible, fit apparaître devant lui l'armoire à épouvantard qui était stockée dans la pièce annexe, et qui avait servi lors de son examen. Les élèves furent saisis par l'apparition brusque du meuble qui avait fait disparaître l'assistant de leur vue.
Harry fit le tour, très lentement, de cette armoire. Il avait les yeux plongés droit dans ceux de Wallace, et la plupart des élèves furent ravis de ne pas avoir à subir les foudres de l'enseignant. Ils ne savaient pas si c'était fait exprès ou non, mais l'assistant avait le même regard effrayant que celui de Thorn. Aucun des deux n'était à prendre à la légère, c'était évident désormais.
En lui-même, Harry se demandait s'il devait appeler Wallace pour le laisser face à l'épouvantard, ou s'il devait lui-même se mettre face à l'armoire pour faire apparaître Voldemort.
A l'époque de son examen, l'épouvantard n'avait pas su prendre la moindre forme. D'après ses recherches approfondies en DCFM, toujours décidé à impressionner Thorn, Harry avait découvert qu'un esprit embrouillé et perdu pouvait embrouiller un épouvantard, au point de l'empêcher de choisir une forme. Aujourd'hui, il supposait que la créature prendrait la forme de Voldemort.
Ses cauchemars récurrents, avec cette main blanche et squelettique qui l'enfonçait dans la boue et cet éclat rouge sanglant, lui laissaient penser que l'épouvantard prendrait aujourd'hui la forme de Voldemort. Pas le personnage en lui-même : il l'avait vaincu. Mais ses tentatives d'interprétation lui faisaient penser qu'il avait désormais peur que quelqu'un d'autre incarne le même genre d'idées que Voldemort. Que quelqu'un d'autre prenne sa place.
Auparavant, son épouvantard était un Détraqueur et montrait sa peur de la peur… Aujourd'hui, il avait peur que les cycles des mages noirs ne s'arrêtent jamais. C'était encore autre chose.
- Quelqu'un désire-t-il se mesurer à son épouvantard ? demanda Harry dans la classe silencieuse.
Après une minute pleine, où chaque élève, l'un après l'autre, baissa la tête sur son parchemin pour ne pas être désigné volontaire, Harry reprit.
- Je vois… Savoir parler, comme la Gazette, est une chose. Savoir agir, comme un être responsable, en est une autre. Monsieur Wallace ? Vous pensiez pouvoir vous battre contre Voldemort, n'est-ce pas ?
- Ce… Ce n'est pas ce que j'ai dit, hésita l'élève.
- Je pense que si. Veuillez descendre jusqu'à moi, s'il vous plaît. Je vais ouvrir cette porte et en faire sortir mon épouvantard. Je veux que ce soit vous qui lanciez le Riddikulus sur lui. Vous savez bien évidemment comment le lancer, n'est-ce pas ?
Willy acquiesça faiblement, tout en descendant jusqu'à l'estrade et en maudissant sa fichue bouche qui le faisait ressembler à un stupide Gryffondor téméraire.
- Bien. Alors préparez-vous.
Harry ouvrit la porte et put apercevoir, comme à chaque fois, un mouvement vers l'extérieur.
Et toute la classe haleta.
Ce n'était pas Voldemort, qui faisait face à Harry.
C'était lui-même.
Un lui-même dans une version beaucoup plus noire, visiblement cruelle. Il avait les yeux luisants de haine, des reflets rouge sang les éblouissant parfois. Il se tenait légèrement vouté vers l'avant, un sourire sadique sur les lèvres alors qu'il observait les élèves encore assis à leur place. Ses doigts osseux étaient recourbés sur une baguette en bois de houx.
Harry Potter, le véritable Harry Potter, était aussi figé que ses étudiants. Il tremblait et avait l'impression que ses jambes allaient le lâcher d'un instant à l'autre. Ce n'était pas lui, n'est-ce pas ? Cela ne pouvait pas être lui ! Cette… chose si… maléfique.
L'apparition s'arrêta soudain sur Willy Wallace. Les yeux surnaturels le fixèrent et le jeune garçon s'oublia. Il fut incapable de prononcer le moindre Ridikulus, figé devant ce qu'il avait l'impression d'être le mal incarné. L'épouvantard leva la baguette vers l'enfant, lentement. Une fois en joue, il prononça distinctement et avec délectation un mot qui fit trembler d'incrédulité les spectateurs terrifiés.
- Avada…
C'est à ce moment là que le professeur réagit, non pas rationnellement, mais avec son instinct habituel devant le danger. Il se précipita devant le jeune Wallace et envoya valser l'épouvantard dans son armoire d'un Expulso puissant. Immédiatement, il referma la porte et renvoya le meuble dans la réserve annexe.
Harry, le souffle haletant à cause du rythme effréné de son cœur, se tourna vers ses étudiants. Il se rendit compte qu'il avait laissé les choses lui échapper : lui non plus n'avait pas été capable de penser au Riddikulus. Le temps que ses étudiants prennent peu à peu conscience de la fin de cette épreuve, Harry avait à peu près repris ses esprits.
- J'espère que vous avez compris qu'aucun de vous n'est encore capable de se battre réellement à l'heure d'aujourd'hui. Vous êtes là pour apprendre les bases, pour ne pas vous retrouver devant une situation que vous êtes incapables de contrôler, comme aujourd'hui. Monsieur Wallace serait mort, à cet instant, s'il s'était cru assez fort pour provoquer un combattant. Et Voldemort, à plus forte raison.
La plupart des élèves, l'image d'un Harry Potter maléfique encore gravée sur la rétine, ne songèrent plus à remettre en cause son autorité. Quelques Serpentards regardaient avec mépris leur collègue tremblant et amorphe, près du professeur.
En voyant cela, Harry prévint sa classe.
- Si j'entends ne serait-ce qu'un seul bruit à propos de la peur de monsieur Wallace, si j'entends la moindre moquerie ou la moindre rumeur courir dans les couloirs, je vous promets de vous faire passer seul devant cet épouvantard, avec le reste des étudiants comme spectateurs. Est-ce que c'est bien clair pour tout le monde ?
- Oui, professeur Potter, récitèrent les élèves.
Harry pointa sa baguette sur le pantalon de Wallace et prononça discrètement un Evanesco qui fit disparaître toute trace de la peur de l'élève, pour éviter d'en rajouter.
- Veuillez retourner vous asseoir, maintenant.
Comme le lui avait annoncé Thorn, son discours était un peu moins bien passé auprès d'eux. Les Serdaigles, avides d'apprendre mais manquant parfois de discernement, avaient bien appris leurs leçons auprès des Mangemorts. Et l'endoctrinement des Serpentards avait été d'autant plus efficace que les parents des élèves croyaient eux aussi aux idées de Voldemort.
Cependant, les jeunes gens commençaient à s'interroger. Sous la tutelle d'Harry, qui les avait impressionnés, ils commençaient à percevoir les failles de l'éducation mangemoresque qu'ils avaient reçue. Probablement parce que c'était presque la première fois qu'on leur demandait de réfléchir, dans un cours de DCFM, quand ils s'étaient bornés à apprendre par cœur et bêtement ce qu'on leur disait, l'année précédente.
C'est sur les rotules qu'Harry termina cette première demi-journée de cours. Vidé par les efforts fournis et son désir d'être à la hauteur, et vidé par la tension qui ne l'avait pas quitté depuis qu'il avait vu son épouvantard, il était fâché contre lui-même. Sa leçon avec les deuxièmes années pouvait porter ses fruits, mais elle avait failli tourner au fiasco. Il ne maîtrisait pas encore les choses aussi bien que Thorn, et c'était rageant.
En plus, il était persuadé d'avoir effrayé la moitié de sa classe, avec sa version maléfique.
En gémissant, il poussa la porte de ses appartements. Il ne voulait pas penser à son épouvantard pour le moment. Il voulait oublier cette demi-journée difficile et se reposer. Il grignota un bout de pain et du fromage vite fait, avant de se laisser choir sur son lit.
Il refusa même de penser où Thorn était parti et pourquoi, et s'endormit comme une masse.
HPLLHPLLHPLLHPLLHPLLHPLLHPLL
Mercredi 30 septembre, matin
Il n'était pas encore sept heures du matin quand Kreattur apparut dans la chambre de son maître, à Poudlard. Le pop caractéristique lui fit lever la tête et il mit quelques secondes à retrouver ses lunettes et à comprendre ce qui se passait.
Kreattur le regardait avec désapprobation et Harry baissa les yeux sur sa tenue. D'accord. Il avait dormi tout habillé et son ensemble était tout chiffonné.
- Bonjour Kreattur, le salua Harry avec un sourire innocent. Que se passe-t-il ?
- Bonjour, monsieur. Je vous ramène le Chicaneur de votre amie Luna.
- Cela n'aurait pas pu attendre mon réveil ?
- Vous êtes déjà presque en retard, monsieur. Vos cours commencent à huit heures et vous n'avez pas pris votre douche ni mangé. Je pensais que vous étiez déjà levé.
Harry jeta un œil à son horloge.
- Désolé, je n'ai pas entendu mon réveil.
Il n'imaginait pas avoir dormi si profondément. Peut-être à cause du choc de la veille, qui lui avait révélé sa nouvelle plus grande peur. Lui-même. Heureusement que Kreattur était là. Il bailla largement et passa dans sa petite salle de bain pour se rafraichir un peu, sans voir son elfe secouer la tête. Son maître était vraiment négligé, parfois.
- Je reviens tout de suite, monsieur, lui dit-il depuis la chambre.
Harry s'observa dans le miroir et grimaça en s'imaginant avec les mêmes yeux cruels et rougis de son épouvantard. Heureusement, les traces d'oreiller qu'il avait partout sur le visage dédramatisaient bien les choses. Il fallait vraiment qu'il finisse de mettre de l'ordre dans son esprit et ses souvenirs. Cela empêcherait peut-être un autre épouvantard de reprendre une telle forme ?
Il secoua la tête, se déshabilla et entra dans la douche pour se rafraichir un peu et se réveiller. Quand il fut rhabillé, il passa dans son petit salon. Un plateau avec un petit-déjeuner complet l'attendait sur la table basse.
- Merci, Kreattur, dit-il à l'elfe qui attendait sagement à côté du feu.
Harry s'assit dans son fauteuil préféré et piocha un de ces croissants français si délicieux qu'il mangeait trop rarement.
- Je suis venu vous voir pour vous transmettre l'invitation à déjeuner de Luna Lovegood, ainsi qu'un exemplaire du Chicaneur de ce matin. C'est du très bon travail, approuva l'elfe. Est-ce que je peux confirmer votre présence à mademoiselle Lovegood ?
- Oui, bien sûr ! s'exclama Harry en attrapant le Chicaneur. Va-t-elle enfin me présenter son équipe ?
- Exactement, monsieur, dit l'elfe avec un sourire malicieux, avant de disparaître dans un pop.
Harry saisit le journal et observa la une. Elle était consacrée à une émeute qui avait eu lieu la veille, dans le comté de Cumbrie, où les sorciers avaient souffert de beaucoup de pertes et qui actuellement se sentaient abandonnés par le ministère. Ils avaient l'impression, probablement juste, Harry devait en convenir, que le ministère s'intéressait avant tout à lui-même et à la population sorcière londonienne.
La proximité de cette poche de population sorcière avec le château de Poudlard en avait fait un lieu privilégié pour l'arrière garde des Mangemorts. Et les sommets montagneux anglais, principalement situés dans cette région, avaient attiré les géants qui y avaient fait les plus gros dégâts.
Harry fut impressionné par l'aspect sérieux de cet article, immédiatement suivi par le rapport hebdomadaire de Xenophilius Lovegood sur son voyage en Suède et sa quête des Ronflacks cornus. Il continua de parcourir le journal jusqu'à tomber sur une rubrique « Coupe du Monde de Quidditch ».
Il pouvait jurer que c'était la première fois que le Chicaneur s'intéressait au sport. Du moins, de façon sérieuse…
Apparemment, chaque jour, le journal ferait le portrait d'un joueur qui participerait à la coupe. Les Anglais d'abord, les autres équipes ensuite. Et aujourd'hui, le Chicaneur s'intéressait à Ron, joueur réserve encore inconnu mais plein de bonne volonté.
« C'est mon meilleur ami qui m'a offert une chance de montrer mes capacités en Quidditch. Sans son soutien, je ne serais sans doute pas allé aussi loin, » disait Ron. « Harry Potter m'avait poussé à participer aux sélections de Gryffondor, dans le tournoi de Poudlard, et il a su reconnaître mes capacités. Je ne le remercierai jamais assez. »
Le fait est que le joueur de Quidditch Harry Potter a toujours eu un certain talent dans ce sport et que nombre d'équipes auraient apprécié pouvoir l'engager. Mais le vainqueur de Voldemort a préféré se consacrer à l'éducation de nos enfants et mettre son talent au service des familles sorcières. Espérons que Ronald Weasley saura nous faire profiter de ce même talent, pendant la coupe du monde de Quidditch.
L'article de Luna se terminait sur cette note positive pour lui et Harry était impressionné qu'elle ait su faire de cette page sportive une tribune, pour rappeler son travail et lui lancer des fleurs.
Harry replia le journal. Utiliser le sport pour défendre son image était une excellente idée qu'il ne doutait pas de devoir à Ginny. S'il se défendait dans les pages plus politiques ou plus polémiques, il ne pourrait sans doute pas soulever la moindre sympathie.
Il aurait peut-être eu du soutien de la part de ceux qui prennent son parti, mais il n'aurait pas pu avoir cette chance de rassembler tout le monde autour d'une valeur commune. Le Quidditch. Surtout dans cette année de coupe du monde.
Vraiment, il remercierait sa fiancée dés qu'il la verrait…
Mais Harry ne la croisa pas. Ni en se rendant à son cours, ni en retournant à ses appartements sur le coup de midi. Kreattur l'attendait déjà dans son salon. Harry prit juste le temps de se rafraichir un peu : même si ce n'était pas lui le professeur ce matin, travailler avec des enfants sur la Défense contre les Forces du Mal n'était jamais simple ou reposant.
- Je suis prêt à voir Luna, Kreattur, dit Harry en se penchant vers son elfe.
Ce dernier les fit tous les deux transplaner jusqu'à Loutry Ste Chaspoule et il laissa son maître pénétrer sur les terres des Lovegood. Luna arrivait justement à sa rencontre.
- Bonjour, Harry ! Je suis contente que tu aies pu venir, l'accueillit-elle d'une voix aérienne. Si tu veux bien me suivre.
- Bonjour Luna. C'est un plaisir de te voir. Comment vas-tu ?
- Très bien ! Corbin me donne pas mal de coups, maintenant. Il va bientôt naître, d'après le médicomage.
- Tu n'aurais pas dû te déplacer jusqu'à moi, lui reprocha Harry en l'observant se dandiner dans l'herbe.
- Mais j'y tenais ! La dernière fois que tu es venu, je n'ai presque pas eu le temps de te voir. Et toi qui voulais rencontrer mon équipe… Tu étais tellement déçu…
Harry secoua la tête, amusé, alors que Luna poussait la porte de la tour Lovegood. Il n'avait pas été déçu, dimanche. Il avait demandé seulement par curiosité. Qui pouvait bien avoir décidé de travailler pour le Chicaneur ? Pas que le nouveau quotidien soit aussi déjanté que quelques années auparavant, mais… Il se demandait quand même qui avait voulu travailler pour les Lovegood.
- D'ailleurs, reprit Luna en refermant derrière lui, je te remercie pour ma dernière recrue.
- Moi ?
- Mais oui ! s'exclama joyeusement la jeune femme blonde. Entre, je vais te présenter.
Harry la suivit dans un petit salon arrondi en traversant un rideau de perles multicolores. Une table avait été installée au milieu de la pièce, autour de laquelle quatre personnes l'attendaient.
Un jeune homme, fort petit pour autant qu'il puisse en juger, était vêtu d'un costume austère et de larges lunettes carrées. A côté de lui, un petit bout de femme, aussi large que haute, aux joues rondes et aux yeux bleus pétillants, lui souriait gaiement. Un petit garçon, dont la jambe bougeait sans cesse, était assis à côté d'elle et se mordillait l'ongle du pouce.
Enfin, une femme aux longs cheveux roux lui tournait le dos.
- Harry, je te présente l'équipe qui travaille avec moi depuis plusieurs semaines maintenant : Herman Hotspot, dit-elle en désignant le petit bout d'homme, Alizée Vendebout, Tim Turpin et Ginny Weasley. Enfin, Ginny ne travaille avec nous que depuis aujourd'hui, officiellement.
Harry haussa les sourcils en voyant sa fiancée se tourner vers lui avec un grand sourire.
- Surprise ! fit-elle.
- Je vous présente à tous Harry Potter. Assied-toi, Harry, l'invita Luna. Je vais chercher les plats.
Harry obéit et s'installa à l'une des places libres, à un bout de la table.
- Alors euh… Vous vous occupez de quoi, chacun ?
- Le domaine politique et les enquêtes de société, répondit succinctement Herman.
- Pour moi, c'est l'actualité people, musicale, littéraire et le courrier du cœur, répondit Alizée. J'ai toujours aimé les rencontres frivoles, dit-elle avec des yeux encore plus pétillants.
Tim cessa de mordiller son ongle, le temps de répondre d'une voix tremblotante, avant de le reprendre dans sa bouche.
- Je suis à plein temps sur les procès actuels et je suis les équipes d'Aurors dans leurs recherches de Mangemorts disparus.
- Aussi jeune ?
Tim lui jeta un regard noir avant de lui répondre, hautain, qu'il était majeur depuis probablement plus longtemps que lui.
- Tim est le grand frère de Lisa, que tu as probablement connue, dit Luna en faisant léviter plusieurs plats fumants devant elle. Elle était à Serdaigle et vient d'obtenir son diplôme, comme toi cette année. Même si souvent, les gens pensent que Tim est son petit frère.
Ce dernier se renfrogna quelques instants, avant que son assiette ne se remplisse des divers mets que Luna avait rapportés.
- Et toi, Ginny ?
- Je me suis arrangée avec la directrice McGonagall et avec Luna pour prendre en charge une rubrique sportive au Chicaneur.
- Je pense que je ne m'y connais pas aussi bien qu'elle en Quidditch, dit platement Luna. Et cela m'arrange de pouvoir me consacrer aux Ronflacks et aux Langueboucs. Et puis… Cela prend tellement de temps de gérer les impressions et les envois.
- Je vais pouvoir interviewer des joueurs tous les soirs ! J'ai le droit à deux heures à l'extérieur du château, s'enthousiasma Ginny. Par contre, si mes notes baissent, mon autorisation de sortie sera retirée, avoua-t-elle avec plus de retenue.
- Je ne comprends toujours pas comment tu as réussi à faire ça, dit Tim la bouche pleine. Même quand j'étais majeur, je devais toujours présenter une pièce d'identité et une autorisation ne serait-ce que pour aller à Pré-au-Lard.
- Je suppose qu'elle m'encourage sur la voie professionnelle que j'ai choisie, avança la jeune femme.
- Et vous, monsieur Potter ? Qu'en est-il de votre voie professionnelle ? demanda Alizée.
- Vous pouvez m'appeler Harry. J'avoue éprouver quelques difficultés devant mes étudiants, il est vrai. Mais je pense que c'est normal, pour ma première année d'enseignement.
- Et vous ne regrettez pas de ne pas avoir choisi la carrière de joueur professionnel, Harry ? demanda-t-elle ensuite en faisant rouler son prénom. Je pense que vous auriez été pris tout de suite en tant qu'attrapeur, si j'en crois les éloges de Tim et Ginny.
- Je ne regrette rien, non. Même si c'est difficile, je trouve gratifiant de montrer la voie aux futures générations.
- Et puis, continua Ginny pensivement, je pense qu'il y aurait eu une lutte entre Harry et Kirley Sky. Le nouvel attrapeur de l'Angleterre est presque aussi téméraire que lui, en matière de Quidditch, mais il a déjà plus d'expérience dans le domaine professionnel.
- C'est vrai que sa figure du têtard inversé est assez impressionnante ! s'exclama Tim.
- Le têtard inversé ?
- Oui ! En vol, il a une manière de sauter sur le côté de son balai et de se laisser tomber en arrière en ne se tenant plus que par les jambes assez impressionnante ! Je crois que c'est la réalisation la plus fluide de cette figure jamais réalisée. Comme ça, il surprend à la fois son adversaire, qui regarde au loin mais n'imagine pas que le vif soit plus bas que la trajectoire du balai, et le vif lui-même, qui ne s'enfuit pas toujours à son approche.
- C'est surtout une des figures les plus dangereuses qui soit, le calma Herman. Il suffirait d'un cognard bien placé pour qu'il chute ou ne puisse plus contrôler son balai. D'ailleurs, tu remarqueras qu'il a toujours de grandes difficultés à remonter sur son balai une fois qu'il a effectué sa figure.
Harry suivit distraitement le débat qui animait désormais Tim, Herman et Ginny à propos du joueur, gêné par les regards brillants d'Alizée et l'observation perçante de Luna, à l'autre bout de la table.
HPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHP
Samedi 3 octobre, début de soirée
Harry attendait Ron sans ses appartements de Poudlard et tournait en rond. Si la soirée était aussi mauvaise que sa journée, il n'allait pas s'amuser. Oui, il était frustré et inquiet.
Il avait passé sa matinée à travailler sur le rouleau de Joseph d'Arimathie, maintenant que les choses s'avéraient un peu plus calmes, mais il avait été incapable de traduire plus de trois phrases par heure. Le latin était déjà compliqué. Si en plus, la ponctuation était presque inexistante pour séparer les différentes phrases, il n'était vraiment pas sorti de l'auberge…
Il avait espéré un après-midi plus productif, en se consacrant à l'analyse et l'appropriation de ses derniers souvenirs marquants. Il avait été plutôt efficace : voilà plusieurs semaines qu'il suivait ce processus assidûment.
Il était enfin parvenu à déterminer quels souvenirs étaient, selon lui, importants et lesquels ne l'étaient pas. Ou si peu. Il avait espéré pouvoir les classer en deux groupes, pour faciliter ensuite le modelage de son esprit et son nouveau classement, mais il avait besoin d'un coup de pouce de Severus Snape. Quelle mauvaise idée il avait eue là !
Il avait buté contre un mur d'hostilité qu'il n'avait plus vu depuis longtemps.
- Potter ! aboya Snape. Que faites-vous dans mes cachots ?
- Euh… Je viens pour un conseil…
- Vraiment ? Alors en voilà un ! Ne vous avisez plus de faire peur à mes serpents comme vous vous êtes amusé à le faire mardi dernier. Autrement, je vous jure que je viendrai en personne pour vous donner des cauchemars chaque nuit !
Le professeur de Potions avait tourné les talons aussi sec et Harry n'avait eu d'autre choix que celui de retourner chez lui. Frustrant. Enervant. D'autant plus que ça lui avait appris que ses élèves Serpentards de deuxième année faisaient des cauchemars sur lui… Ce n'était vraiment pas le but de la manœuvre ! Et qu'en était-il des Serdaigles ?
Harry était allé voir Filius Flitwick qui lui avait confirmé la crainte de ses élèves. Mais le petit professeur trouvait cela amusant et leur avait fait un discours à propos des figures du bien et du mal, et l'esprit analytique de ses étudiants avait repris le dessus. Si Harry Potter avait consacré sa vie à défendre les autres et que sa plus grande peur était de devenir quelqu'un de mauvais, alors il était forcément bon.
« Epouvantard intéressant, d'ailleurs, monsieur Potter, » avait conclu le professeur d'Enchantements.
Cessant un instant sa ronde, Harry observa les flammes de sa cheminée virer au vert. Visiblement, Ron arrivait au moment idéal pour le distraire de ses pensées.
- Bonsoir Harry ! lança chaleureusement ce dernier, vêtu aux couleurs de l'équipe nationale de Quidditch, en arrivant dans le salon. Eh bien ! Dis-moi ! Tu t'es mis sur ton 31 !
C'était encore une idée de Kreattur. Le costume anthracite aux fines rayures grises vieillissait Harry et lui donnait une stature plus imposante. Et les fils d'argent brodés sur sa cape noire rappelaient sa richesse et sa condition d'investisseur.
- Et toi, lança Harry en lui serrant la main, tu es impressionnant dans cette tenue.
Derrière Ron, les flammes restées vertes dévoilèrent l'arrivée d'Hermione. Celle-ci, en phase de connaître tous les règlements du premier livre que lui avait donné son patron, comprit immédiatement les implications d'une telle tenue. Ne vous moquez pas de moi, j'ai de l'influence et vous pourriez le regretter. Elle-même avait choisi une austère robe grise avec l'écusson ministériel de son département, pour éviter qu'on ne l'ennuie lors des festivités nocturnes.
- Bonjour Harry. Je suis contente de te voir.
- Moi aussi, Hermione, lui dit chaleureusement Harry en l'embrassant sur la joue. Tu es prêtes pour un énième week-end à travailler pour le ministère ?
Elle soupira mais acquiesça.
- J'aurais préféré rester à la maison avec Ron, mais j'imagine que passer la soirée ensemble n'est pas si mal, dit-elle en se rapprochant du sorcier roux.
Alors qu'il prit sa petite amie d'un bras pour l'approcher encore un peu de lui, les flammes laissèrent passer une troisième personne. Ginny, qui s'était rendue chez Luna presque tout l'après-midi, avec l'autorisation de son directeur de maison, venait de débarquer.
- Bonjour à tous ! lança-t-elle joyeusement.
Sa silhouette féminine était maintenue dans un tailleur noir, sur lequel un badge blanc à son nom la présentait comme journaliste pour le Chicaneur. Elle avait dans la main un carnet de parchemin et une plume. Une seconde plume était glissée derrière son oreille, en cas de besoin. Harry posa un baiser sur son nez avant de lui demander ce qu'elle faisait là.
- Je vous accompagne au ministère pour les tirages, répondit-elle en brandissant une carte de journaliste au nom du Chicaneur. Je vais profiter de cet événement pour essayer de prendre un rendez-vous avec le reste de l'équipe nationale et avec les entraîneurs étrangers. Peut-être que certains d'entre eux m'autoriseront à interviewer leurs joueurs dans les prochaines semaines.
Son évidente joie fit s'esclaffer Ron.
- Je crois que c'est le même genre d'enthousiasme à la mode Weasley qui a plu à l'entraîneur, en me voyant jouer.
- Bien. Et comment se rend-on au ministère ?
- Rejoins-moi, dit Ron. Mon invitation sert de portoloin pour deux personnes, quand on prononce les mots magiques.
- Et vous deux ? demanda Harry aux deux jeunes femmes devant lui.
- Mon chef m'a confié son invitation, puisqu'il est déjà sur place, lui dit Hermione. Alors j'en profite pour emmener Ginny avec moi.
- C'est parti ! s'exclama Ron joyeusement. « Tirages de Quidditch ».
Les trois mots déclenchèrent le dispositif sur le carton d'invitation et Harry se sentit tiré par le nombril, comme à chaque fois.
Ils atterrirent dans un Hall du ministère qui n'était pas le Hall principal et constatèrent que de nombreux sorciers ou autres couples atterrissaient là également. Ils suivirent le mouvement jusqu'à l'une des grandes portes, d'où provenait un bruit continu de rires et de discussions.
Ron fit entrer Harry à sa suite, et Hermione et Ginny présentèrent chacune leur badge justificatif à l'entrée, avant de les rejoindre. La large pièce était richement décorée, comme dans les meilleurs étages du ministère, et une grande scène fortement éclairée avait été installée contre l'un des murs. Pour le moment, seule une table recouverte d'un drap noir et d'une coupe argentée y prenait place.
Ron les entraîna jusqu'à ses co-équipiers et fit les présentations. Avec les remplaçants comme lui, les sorciers vêtus aux couleurs nationales étaient plutôt nombreux. Ginny entama immédiatement une discussion avec eux, discussion facilité par sa rencontre avec John Stubborn, l'un des batteurs remplaçants dont elle avait fait le portrait la veille.
Harry en profita pour observer la foule. Des groupes de sorciers visiblement étrangers étaient éparpillés un peu partout, aux couleurs traditionnelles de leurs pays. Il aperçut Zorille en train de discuter avec les deux conseillers qui l'avaient déjà suivi lors de sa rencontre à Poudlard. Gharib tourna les yeux vers lui, en se sentant observé, et fronça les sourcils.
Pour éviter toute confrontation – ce n'était pas encore le moment – Harry tourna la tête et continua son observation. Bientôt, les flammes des torches baissèrent sensiblement et tous les regards se tournèrent du côté de la scène. Huit sorciers de différentes nationalités – la Commission sur la Coupe du monde de Quidditch – étaient apparus derrière la table, sur scène.
- Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, soyez les bienvenus pour la 423éme édition des tirages au sort de la Coupe du Monde de Quidditch.
Les applaudissements enthousiastes des spectateurs résonnèrent dans la salle, tandis que les photographes des journaux mitraillaient la scène et que les journalistes radio pressaient leurs micros devant la table de la Commission.
- Comme vous le savez, 24 équipes nationales ont été sélectionnées, depuis l'an dernier, pour participer à cette édition. Ces équipes s'affronteront en 8 poules de 3 équipes. La Coupe de Plumpton va maintenant tirer pour nous les équipes qui joueront dans la première poule.
Harry observa la coupe argentée et repensa à sa quatrième année. La coupe du feu avait été une bien mauvaise surprise pour lui… La Coupe de Plumpton se mit à briller, jusqu'à ce qu'une balle d'argent en soit expulsée. L'un des membres de la commission l'attrapa au vol et l'ouvrit, avant de lire le papier roulé à l'intérieur.
- Fera partie de la poule n°1 : l'Irlande !
L'entraîneur et son staff, tous vêtus de robes vertes, applaudirent leur nomination. Harry n'écouta que distraitement la suite des tirages. En soi, c'était surtout long et ennuyeux. Il retint surtout la présence de l'Angleterre dans la poule n°5, avec l'Italie et la Pologne. Si l'Italie risquait de jouer la faute et de bloquer le jeu anglais, c'était surtout la Pologne qui inquiétait les co-équipiers de Ron. Eux avaient un jeu très dur et se fichaient de perdre des joueurs blessés en vol, tant qu'ils gagnaient.
- Merci à tous de votre attention. Nous comptons sur vous pour faire honneur à vos pays, et nous vous donnons donc rendez-vous aux Etats-Unis pour le premier match de qualification, le samedi 13 mars. Bonne fin de soirée à tous !
A nouveau, la salle retentit sous les applaudissements, alors que les sorciers de la Commission faisaient disparaître la coupe, la table, et faisaient place au groupe montant des Magic Bounding.
En constatant que sa fiancée était en pleine discussion avec Ron et plusieurs autres joueurs de Quidditch, Harry prit le parti d'aller leur chercher des boissons. De chaque côté de la salle, des tables nappées de blanc présentaient divers petits fours et des verres que divers serveurs sorciers remplissaient d'alcool et autres boissons, à la demande.
En s'approchant de l'une d'elles, Harry surpris la discussion de deux petites filles qui ne devaient pas avoir plus de 6 ou 7 ans.
- Et s'il ne veut pas te servir, tu feras quoi ?
- Je lui jetterai un sort et je lui piquerai la bouteille. Tu me suis ?
- Evidemment !
Harry haussa les sourcils et s'adressa à elles.
- Vous voulez que je vous serve quelque chose, mesdemoiselles ?
Les deux petites filles aux longs cheveux bruns se tournèrent vers lui. Elles se ressemblaient beaucoup, avec leurs joues rondes et leurs yeux marron aux éclats rouges. Harry ne put s'empêcher d'être mal à l'aise devant le regard de pur mépris que la plus grande lui lança, alors que la seconde lui posait une question.
- Et qu'est-ce que vous voulez nous, servir, monsieur ?
- Hé bien… commença Harry. Il y a tout un tas de jus de fruits divers. Un jus de citrouille, peut-être.
Les deux filles se tournèrent l'une vers l'autre et pouffèrent. Il avait apparemment dit une bêtise.
- Les filles ! tonna une voix à côté de lui. N'importunez pas monsieur Potter et retournez auprès de votre mère.
Les deux gamines s'éloignèrent en courant, obéissant immédiatement à l'ordre. Harry se tourna vers Ahmès Neb.
- Je vois que vous avez fait la rencontre de mes filles, monsieur Potter. Ne sont-elles pas adorables ?
- Bien sûr, monsieur Neb.
- Elles tiennent plus de leur mère que de moi, physiquement, mais elles ont déjà un caractère bien trempé, comme leur père.
Harry acquiesça, avec la désagréable sensation qu'on le fixait hostilement. Il se tourna en direction de la source de son malaise, en faisant semblant de suivre les deux fillettes des yeux. Le ministre Zorille et Gharib le fixaient méchamment.
- Je pense qu'elles ont pris un peu de vos yeux, dit Harry au sorcier albinos. Ces éclats rouges sont pour le moins originaux.
Neb se rengorgea un peu, assez fier du compliment.
- Envisagez-vous d'avoir des enfants, monsieur Potter ?
- Pas pour le moment. Ginny, ma fiancée, est encore bien trop jeune.
- J'ai moi-même rencontré ma femme à l'âge de 18 ans, commenta Neb. Mais nous avons attendu quelques années avant d'avoir des enfants.
Harry pouvait constater l'agacement grandissant de Zorille, un peu plus loin. Le ministre s'approcha d'ailleurs un peu et fit signe à Neb de le rejoindre.
- J'arrive, monsieur le ministre, lança ce dernier. Monsieur Potter, ce fut un plaisir. J'espère que nous aurons d'autres occasions.
Alors que Neb rejoignait Zorille, Gharib s'approcha d'Harry.
- Bonjour, monsieur Potter. Puis-je vous demander comment vous avez trouvé cette cérémonie, à laquelle, par chance, vous avez pu assister ?
- Plutôt agréable, même si je ne peux pas comparer. C'est la première fois que j'assiste à ce genre d'événement officiel.
- J'espère que vous avez pu en profiter. Qui sait quand vous pourrez à nouveau participer à un tel événement ? lui dit Gharib.
Harry, que cette menace à peine voilée agaçait, choisit de répondre avec ironie à cet homme aux doigts osseux, juste avant qu'il ne s'éloigne.
- Ho, vous savez… à mon âge, j'aurais encore bien des occasions.
« C'est ce qu'on verra, » murmura Gharib pour lui-même, sans qu'Harry ne s'en aperçoive.
Voilà pour aujourd'hui. En espérant que cela vous ait plu ! N'hésitez pas à me laisser votre avis en partant : j'apprécie ^^
Lena.
