Chapitre 3 : La Rancœur d'un jeune Lion
Kanon se rend chez Milo, les funérailles de Patroclus commencent et des messagers se dirigent vers Athènes
Misa : Je compte bien faire de mon mieux pour ne pas te décevoir, pour les divers couples et bien j'ai évidemment mes favoris mais je compte avant tout respecter la cohérence du scénario et de la personnalité des personnages, quand bien même je pourrais trouver une excuse pour en enfermer deux dans une pièce pendant toute une journée s'il ne doit rien arriver il ne se passera rien. J'espère que tu comprends mon point de vue :)
" Gauche ! Droite ! Parez ! Fente ! Reculez ! Recommencez ! "
Dohko s'approcha du jeune lion formant son unité pour la prochaine bataille à venir. Le nombre de soldats avaient de nouveau diminué. Méchamment diminué.
" Comment s'est passée ta mission de négociation avec les rebelles, Aiolia ? " demanda l'asiatique avec un sourire et une voix douce pour apaiser la fureur visible du guerrier.
" Mal. Ils nous attendaient, ils nous ont tendu un guet-append. Heureusement une des troupes du général Scorpio passait par là et... " le jeune homme s'interrompit, bouillant de rage.
" Lâche-toi Aiolia. Ne garde pas ta rancœur pour toi. "
" Putain, Dohko! Où que j'aille c'est toujours la même chose ! Milo par-ci, Milo par-là !Quand ils ont su que ce n'était pas lui qu'Athènes envoyait ils se sont vexés et ils ont décidé de faire en sorte qu'on les prenne au sérieux. Ils ont abattu sept de mes gars et pour couronner le tout les grands manitous m'ont retiré une autre unité. Je n'en ai plus que cinq sous mes ordres. Et Milo...Milo lui il est général ! Pourquoi est-il général ? Pourquoi tout le monde l'aime ? Qu'est-ce qu'il a de particulier que je n'ai pas ? " rugit le lionceau au bord de la crise de nerfs.
" Et bien... déjà il fait confiance à ses hommes. Il ne passe pas sa journée à esquinter ses soldats à l'entraînement alors qu'ils portent le deuil de leurs compagnons. Il leur laisse prendre du bon temps, il les motive, il a même aidé le jeune Ikki, un jeune soldat très prometteur à retrouver son frère qui avait été enlevé par un groupe d'esclavagistes illégaux. Il a même embauché le jeune homme comme cocher. Milo n'est pas seulement leur général, il est aussi un soutien moral, il fait partie de la vie de ses hommes. La famille Scorpio n'a pas un passé très... pacifique mais ils n'ont jamais usé de force lorsque cela n'était pas nécessaire. Et toi tu t'efforces de t'afficher comme l'image de la force destructrice et toute puissante que tes soldats redoutent et haïssent. "
Aiolia pesta dans sa barbe, Dohko avait raison comme toujours. Vétéran d'une centaine de bataille, la sagesse incarnée. Certains prétendaient qu'il avait été béni par Athéna et Zeus à sa naissance. Et comme toujours il trouvait les mots justes.
" Et qu'est-ce que je dois faire alors ? Devenir l'ami de tout mes soldats ? Personne n'accepte de me parler, je suis un perdant. Je n'ai gagné que trois batailles au début de la carrière et depuis je n'ai fait que perdre. Pourquoi est-ce qu'ils m'adresseraient la parole ? "
" Tu es trop obsédé par la force Aiolia. La force ne fait pas tout. Juste parce que tu perds tes combats ne signifie pas que tu est une mauvaise personne. Montre-leur que la perte de tes camarades te touche. Arrête de jouer la carte de l'arrogance pour sauver ta fierté. Milo pleure aux funérailles, même des plus petits soldats. Cesse de rembarrer les petits seulement parce qu'ils sont petits. Les petits grandissent et ils seront forts quand tu seras vieux. Aujourd'hui les plus grands guerriers me demandent encore mes conseils parce que je leur ai offert toute ma confiance quand ils étaient petits. Donne-leur leur chance. À tous. Et quand ta force te quittera tu pourras compter sur la leur. " Dohko tapota l'épaule du jeune Lion et tourna les talons. Aiolia regarda ses soldats, ils avaient continué l'exercice en rythme, obéissant à leur supérieur. Les petits deviennent des grands.
" Ok, on s'arrête, prenez votre journée, non, prenez-en deux. On revient de loin. Reposez-vous. "
" Valentine, je suis de retour et personne n'a tenté de s'en prendre à moi. " annonça le Prince de Crète en franchissant le pas du salon dans la demeure qu'il occuperaient le temps de leur séjour. Le chef de la garde royale se précipita vers lui, visiblement mort d'inquiétude.
" Monseigneur ! Par tout les Dieux vous allez bien, j'ai entendu parler d'une agression dans la ville et- "
" Valentine, je vais bien. Personne ne m'a agressé et personne n'agresse un homme armé de trois lames. " le rassura le blond avec un ton tranquille.
" Avec trois armes, qu'est-ce que- " Rhadamanthe lui tendit la Harpie. Le chef de la garde prit la lame entre ses doigts, le fourreau était déjà magnifique, il la dégaina en révélant la lame acérée, effilée et d'une finesse sans égale. " Monseigneur... c'est trop beau, je ne peux pas... " bafouilla le jeune combattant confus.
" Mais si. Je tiens à te l'offrir pour toutes ses années passées à mon service et les nombreuses années à venir j'espère. " le rassura le blond.
" Monseigneur...Elle est... splendide. "
" Remercie le forgeron. " répondit Rhadamanthe, il forge des lames absolument magnifiques. "
Cheshire et Myu couraient comme des dératés dans les crevasses et les montagnes escarpées de la Grèce. Les autres messagers avaient tous été abattus. Il ne restait qu'eux. Patauds et trébuchants dans les montagnes. Pourvu que les mercenaires ne l'ai ai pas remarqués, pourvu qu'ils aient pensé que leur chute ai été mortelle. Cheshire tituba, il se heurta violemment à la roche, ses sandales de cuir ne protégeaient nullement ses orteils ni ses chevilles.
" Ches' ! Dépêche !ils vont arriver ! " couina Myu en empoignant la tunique du benjamin des messagers.
" T'occupes pas de moi ! Sauves ta peau, il faut qu'un d'entre nous arrive, on se sépare ! Cours ! On se retrouvera à Athènes ! " pesta le jeune garçon mortifié en chassant la main de son compagnon tout aussi terrifié.
" Je suis désolé Ches', on s'y retrouve, je te le promets, on se retrouve la-bas. " gémit le messager en décampant dans les ravines. Cheshire repartit en clopinant douloureusement. Il avait peur, monstrueusement peur, l'estomac déchiré par un effroi immonde. Au loin il entendait le cliquetis des armures, avec un peu de chance il n'aurait pas le temps de souffrir, avec plus de chances il penseront qu'il était le dernier messager et laisseront Myu tranquille, avec encore plus de chance ils tueraient Myu à sa place.
La peur de mourir vous rend couard. Plus que n'importe quelle autre peur.
La clameur se rapprochait et lui trébuchait beaucoup trop. Un roc percuta son orteil qui craqua sur le coup, il s'effondra sur le sol, mais aucun cri ne s'échappa de ses lèvres, il ne devait pas faire de bruit, du sang coula de sa bouche, il s'était mordu la joue pour étouffer sa douleur. Il se remit douloureusement sur ses pieds pour repartir mais sa blessure le ralentissait encore plus.
Il continua de courir en pleurant. Si les soldats le torturaient leur vendrait-il Myu ? Non ! Il devait le protéger, le devoir avant tout ! Il savait que cela pouvait arriver, il espérait juste que cela n'arriverait pas lors de son premier voyage.
Une flèche fusa pour écorcher sa joue, les archers l'avaient en vue. Ils ne comptaient pas perdre le temps de l'interroger, au moins il ne souffrirai pas trop. Un nouveau sifflement, puis une douleur déchirante dans le mollet. Il s'effondra avec un cri strident. Court Myu. Sauve-toi. Derrière lui des rires gras se faisaient entendre. Il était fini. Il allait mourir ici. De larges mains empoignèrent ses bras fins pour le soulever du sol. Des soldats au visage déformé de sourire malfaisant.
" Alors petit, faut s'entraîner un peu plus à la course. T'es encore bien loin d'Athènes. " se moqua le gros lard devant le gamin gesticulant, la flèche toujours enfoncée dans sa jambe.
" Mais c'est qu'il s'agite le petit messager. " gronda un troisième gars en empoignant la pointe de bois, Cheshire s'époumona de douleur alors que la brûlure s'étendait dans sa jambe ensanglantée. " Tu l'entends hurler ? On dirait un goret ! "
" Ou une gonzesse ! "
" Ouais, une goret femelle ! " s'esclaffa le chef de la bande. Cheshire pleurait de douleur, s'était terminé pour lui. Pourvu qu'au moins ils ne le torturent pas trop longtemps. Un sifflement aigu retentit et le rire tonitruant s'interrompit. Le messager n'osait pas ouvrir les yeux de peur de voir le visage de Charon le passeur devant lui. Deux autres sifflements puis la prise sur ses bras se relâcha, il retomba lourdement sur un objet mou. Il rouvrit les yeux et vit le soldat sous lui, la bouche ouverte, transpercée d'une flèche.
Cheshire bondit en arrière en hurlant, il se leva et retomba presque aussitôt dans un glapissement. Sur les deux cadavres des gardes criblés de flèches. Il bondit de nouveau pour chuter immédiatement, mortifié, ne cessant de se remettre sur ses jambes pour mieux tomber, s'efforçant de s'éloigner des trois hommes en couinant. Il se sentit de nouveau soulevé du sol. Le messager se tourna pour voir un homme immense vêtu d'un casque argenté.
Le messager hurla de nouveau, terrorisé, gigotant malgré la douleur dans sa jambe.
" Du calme jeune homme, tu es sous la protection d'Athènes à présent. Laisse-nous t'aider, on va te soigner. " le rassura l'homme avec un ton autoritaire. Cheshire se calma d'un coup.
" Vous...vous êtes l'armée d'Athènes ? "
" Je suis Dante Cerberus, capitaine à la solde du général Scorpio, désormais vous serez sous sa protection. " Cheshire fondit en larmes, il était sauf, il était sauf.
Kanon s'étira avec un sourire satisfait sur les lèvres en jouant avec les mèches blondes qui traînaient sous sa main. Il adorait les cheveux blonds. Quelle idée de leur préférer des mèche de la couleur du sang. Surtout pour un soldat qui voyait cette couleur tout les jours.
" Un problème Kanon ? " demanda la voix à moitié endormie à ses côtés.
" Je me demandais comment tu pouvais préférer les roux. " s'amusa Kanon avec un air amusé. Milo se redressa pour lui faire face, avec un sourire mesquin.
" Heureusement pour toi je ne suis pas sélectif au point de bouder les autres tignasses. " se moqua le général assis sur ses hanches. " Contrairement à toi. " ajouta-t-il.
" J'aime les blondes, et si elles sont général c'est mieux. " ronronna-t-il en cajolant la nuque de Milo qui claqua la main baladeuse.
" N'abuse pas de ma patience, je t'en veux encore pour la manière dont tu as traité Camus. " siffla le blond avec un sourire entendu mais un ton menaçant.
" Je m'excuserai, tu sais comment je suis quand je suis saoul, j'ai besoin d'un peu de chaleur humaine. " minauda Kanon en caressant les cuisses de son ami.
" La prochaine fois évite de jeter ton dévolu sur de nouveaux esclaves que j'essaie d'amadouer. "
" Pour les mettre dans ton plumard ? " Kanon se prit une gifle sur le nez.
" Arrête ton char ! Je ne force personne dans mon lit et certainement pas mes esclaves. Je leur prends leur liberté, leur passé, et leur futur. Je n'ai pas besoin de leur forcer à me donner leur corps. S'ils veulent également m'offrir leur corps ils me le disent et je suis leur serviteur le temps d'une étreinte ou plus, en récompense de tout les services qu'ils me rendent autrement. C'est ainsi que je vois les choses. "
" C'est pour ça que tu es toujours en dessous ? " Nouvelle claque. " AÏE ! C'est bon je plaisante ! Tu es quand même bizarre, ce sont tes esclaves ils sont à ton service et pas l'inverse. Si tu veux mettre le rouquin dans ton lit, fais-le. "
" Je ne veux pas. Ils me nourrissent, ils cultivent mes terres, ils me versent mon vin, ils nettoient mes sols et ils lavent mes draps et mes vêtements. Je ne veux pas leur donner de raison supplémentaire de vouloir trahir ma confiance. J'ai besoin de serviteurs pas de jouets. "
" Je ne te comprends vraiment pas. "
" Tu n'as pas besoin de comprendre, évite seulement de dévergonder mes esclaves. "
Seul un franc rire lui répondit en même temps que Kanon le retournait sur le lit sans ménagement, déjà prêt à remettre le couvert pour un troisième tour.
Saga récitait ses prières aux côtés d'Ayoros, à quelques mètres de la grand Prêtresse d'Athéna et de son garde, Shaka. La veillée allait bientôt commencer, avec elle le sacrifice et l'incinération du défunt. Saori termina ses implorations et se leva, les quelques invités avec elle. Juste les plus fervents partisans de sa cause et Saga.
" Messieurs, la veillée funéraire va commencer. Venez escorter notre cher Patroclus, patriarche de la cité d'Athènes, et mon cher grand-père, jusqu'au bûcher qui l'aidera à rejoindre sa dernière demeure, en espérant qu'Hadès aie la bonté de le guider vers Elysion. " récita l'hôte de la soirée avec une dignité émoussée par le deuil et ses yeux mouillés de larmes.
Saori entama sa route, élégante dans sa longue toge blanche, elle s'était changée pour la cérémonie pour revêtir des habits de deuil, les servants de Patroclus soulevèrent le brancard sur lequel était allongé le cadavre et entamèrent leur marche à la suite de la Prêtresse. Les autres servants, des esclaves libérés pour la plupart, en pleurs derrière le cortège. Les femmes pleuraient et se tiraient les cheveux pour en arracher de larges mèches qu'elles lançaient sur le brancard.
Saga ne s'habituerait jamais à ses rites funéraires. Était-il nécessaire d'en faire tant ? Maintenant la petite fille du défunt se déhanchait devant les flammes avant d'égorger un agneau dont le sang éclaboussa le tissu blanc, colorant la robe de mouchetures écarlates. Bientôt ils dégusteront la chair de l'animal agonisant, tous recouverts de l'odeur de viande humaine brûlée. Saori, elle allait jeûner et prier seule, pour accompagner le défunt.
Saga avait terminé son repas et quitta cette table remplie de gens qui pensaient être ses amis sans savoir qu'il œuvrait pour le camp adverse. Il s'éloigna pour trouver une terrasse, un endroit calme où regarder les étoiles. La Constellation des Gémeaux était particulièrement brillante aujourd'hui. Est-ce que Kanon était rentré à la maison ? Milo l'a-t-il raccompagné après leur sortie ? Quelqu'un les avaient-ils vus ensemble alors qu'il était à la veillée de Patroclus ? Kanon détestait la calèche, ou le four sur roulettes comme il l'appelait. Il arrivait parfois que Kanon se moque de lui en lui disant qu'il n'avait pas échappé à la noyade pour finir desséché sur la banquette d'une carriole miteuse.
" Saga, tout va bien ? " demanda une voix doucereuse derrière lui. Saga se retourna pour voir Ayoros, un sourire doux sur les lèvres, s'approcher de lui et regarder la voûte céleste. " Les Gémeaux brillent de mille feux ce soir. Kanon doit veiller sur toi depuis les étoiles, j'en suis sûr. Il doit être fier de son frère. " murmura le jeune homme élégant.
" Je n'en suis même pas sûr. Kanon n'a jamais aimé la Politique, il aurait préféré agir sur le terrain. Il a toujours été naturel et spontané. " expliqua Saga avec un air faussement peiné. Ayoros tomba droit dans le piège, une lueur de tristesse passa dans ses yeux.
" Je n'aurai peut-être pas dû t'en reparler, après tout c'est bientôt l'anniversaire de sa mort. J'imagine que se doit être encore douloureux. " s'excusa le brun avec un air désolé.
" Oui, très. Parfois j'ai encore la sensation de le voir déambuler dans la villa, ou qu'il est là, juste à côté de moi. Parfois je n'ai pas l'impression qu'il me manque, mais au contraire qu'il est un peu trop présent avec moi. " expliqua le chef de la Maison Alhen.
" J'aimerai pouvoir comprendre ta peine pour mieux te comprendre toi. Je ne peux que me réjouir de savoir mon frère vivant et en bonne santé alors que ta famille n'a jamais retrouvé le corps de ton jumeau. Tu t'es déjà demandé s'il pouvait encore être en vie ? "
" Des fois j'ai l'impression qu'il l'est encore, ici et qu'il a grandi avec moi. Nous sommes jumeaux, ils aurait du me ressembler, il est mon reflet dans le miroir, ce moi qui ne passera jamais de l'autre côté de la barrière. Mais excuse-moi si je préfère changer de sujet. "
" Oui, bien sûr. Nous sommes déjà en deuil, il est inutile d'en rajouter une couche. "
" Je te remercie. " acquiesça Saga avec un sourire faussement douloureux.
" Tu permets que je reste un peu avec toi ? Tu es le seul qui sais parler d'autre chose que de politique. " demanda le brun avec un sourire amicale. Saga hocha du chef et Ayoros se posta à ses côtés pour admirer les étoiles avec celui qu'il considérait comme son ami.
DeathMask se rendait chez son ami et client, Shura Amalthée. Il n'était pas d'humeur à subir les critiques de sa stupide femme et préférait découcher que voir sa gueule. Surtout après cette maudite journée. Il descendit la petite pente qui menait à la villa du riche métèque. Shura était un ancien soldat émérite qui avait servit d'espion pour Athènes, il aurait pu obtenir la citoyenneté Athénienne mais la fierté nationale de Shura n'avait d'égal que l'amertume du marchand d'esclave franchissant le pas de la porte avec un grognement agacé.
" Tu devrais me prévenir quand tu viens chez moi. Je m'apprêtais à lâcher les chiens. "
" Je les aurait bouffé tes chiens ! " aboya DeathMask à son ami venu l'accueillir.
" Je vois ça. Aphrodite, occupe-toi de mon invité. " ordonna le brun, l'esclave sortit de son ombre pour délester le marchand de l'étoffe qu'il avait passé sur ses épaules pour se protéger du vent. DeathMask se délecta de la beauté du nordique repartant en emportant l'étole sombre vers la salle de réception.
" J'aurai dû le garder celui-là. " s'amusa le marchand d'esclave avec un sourire distordu. Shura soupira face à la rudesse de son ami teigneux.
" Je te suis extrêmement reconnaissant de me l'avoir vendu malgré ça. Mais je ne pourrai m'en séparer à aucun prix, je m'y suis réellement attaché. " avertit l'ex-soldat.
" Et pour une nuit tu t'en sépare ? " Shura soupira de nouveau. DeathMask savait qu'en le cuisinant encore un peu il parviendrait à faire céder le chef de la famille Amalthée.
" Pour le moment allons manger ensemble. " contourna Shura en ouvrant la voie à son ami visiblement amusé par la situation et excité à la vue de sa future soirée.
Milo fit monter un Kanon sacrément éméché dans sa carriole. Le soleil se levait doucement à l'horizon, tout le monde dormait dans les rues d'Athènes. Une heure idéale pour transporter un mort sans que personne ne s'en aperçoive. Le général regarda la calèche s'éloigner vers la Maison Alhen et disparaître en s'étirant légèrement. Kanon ne se couchait pas tôt mais pour le coup il avait été assez extrême. Le blond s'apprêtait à tourner les talons lorsqu'il remarqua la colonne de poussière se soulever au loin.
Son instinct de protection reprit le dessus, il bondit pour empoigner la lame qu'il laissait à l'entrée de sa demeure pour l'accrocher à sa ceinture, prêt à accueillir les inconnus comme il se doit. Il resta le poing serré sur la garde jusqu'à remarquer la bannière de ses soldats s'extraire de la déferlante de terre. Trois hommes à cheval pillèrent devant lui. Le général les reconnu sans problème et se ravisa en lâchant son épée.
" Dante, Ikki, Misty, que venez-vous faire ici ? " siffla le général irrité.
" Mes excuses Général mais nous avons une information à vous faire parvenir de toute urgence. " expliqua le chef de la petite équipée. Le blond soupira. Pas de repos pour lui.
" Bien, de quoi s'agit-il ? "
" Venez avec nous s'il vous plaît, nous pensons qu'il vaut mieux ne pas laisser la nouvelle s'ébruiter avant que vous n'ayez toutes les cartes en main. " expliqua Cerberus.
Milo soupira de nouveau et partit vers son écurie pour enfourcher son cheval à cru, pressé d'en finir pour retourner se coucher et dormir enfin.
DeathMask se redressa dans son plumard. À côté de lui la perle de beauté du nord dormait du sommeil du juste. Si le Général Milo ne s'était pas mêlé de ses oignions se serait une beauté du nord rousse qui roupillerait dans sa couche. Avec des fers aux chevilles et aux poignets s'il le fallait mais immobile et nu dans sa couche tout de même. Le blond lui avait fait perdre un beau petit lot et le marchand l'avait encore en travers de la gorge.
Il se leva prestement pour empoigner sa toge qu'il enfila à la va vite. Shura avait certes eu la bonté de lui prêté son esclave pour la nuit mais ces pertes de la journée précédente risquaient de le rendre bien plus belliqueux qu'à l'habitude. Et Shura ne méritait pas ça. Ni même le joli garçon dans son plumard qui s'était montré très doux malgré sa mauvaise humeur et le fait qu'il était responsable de sa perte de liberté.
Il raccrocha ses sandales et quitta la chambre d'ami en coup de vent.
" Je peux savoir où tu vas ? " demanda une voix rauque alors qu'il s'apprêtait à franchir le seuil de la porte. DeathMask pila avec un soupir apathique.
" Je rentre chez moi, je suis toujours de mauvais poil j'ai pas envie que tu te bouffes ma mauvaise humeur. " gronda le marchand d'esclave avec foudroyant son ami du regard.
" Tu es encore de mauvaise humeur malgré le fait que je t'ai laissé passer la nuit avec Aphrodite ? Surprenant. Tu dois avoir perdu un sacré morceau face à Milo. "
" La ferme ! Et qu'est-ce que tu fais debout, d'abord ? "
" Tu n'est pas aussi matinal que tu le crois. Qu'importe, j'ai demandé hier que l'on me prépare un déjeuner pour deux, tu ne comptes pas me faire faux-bond n'est-ce pas ? " DeathMask pesta, Shura avait toujours été son point faible, aux petits soins avec lui sans raison apparente, quoique, vu les réductions qu'il appliquait pour son ami métèque on pouvait se poser la question en toute bonne foi. Le marchand retourna vers son ami avec un sifflement désobligeant. Comme à chaque fois que Shura lui imposait son avis. Et il le lui rendait bien.
" Tu as un plan pour les récupérer où tu comptes les lui laisser ? " demanda le brun.
" J'aimerai les récupérer, pratiquement tout les esclaves de Milo m'ont été soufflé sous le nez, mais comment je pourrai m'approprier les prises d'un général que tout Athènes révère ? " ragea le marchand d'esclave avec de grand gestes.
" Je n'en sais rien, mais j'ai la sensation que quelque chose se prépare. La paix ne dure jamais indéfiniment, et lorsqu'elle ne sera plus je serai plus puissant que tout ses toutous habitué à gagner sans jamais perdre. " DeathMask sourit. Il se rappelait pourquoi il adorait Shura. Comment l'avait-il oublié ?
Minos regarda les mercenaires agenouillés devant lui. Les dominant de toute sa hauteur. Ses types faisaient le double de sa taille pourtant leur regard était envahi d'une terreur sourde. Personne ne tenait tête au Roi de Crète.
" Je suis désolé Seigneur Minos. Nous ne pouvions pas prévoir qu'une compagnie- "
" Silence ! Il n'y a aucune excuse à votre échec. Vous avez voulu jouer plutôt que de faire votre travail proprement. On m'avait vanté vos mérites mais je vois que j'ai été trompé. Par votre faute ses informations viennent de nous échapper. Votre attitude est impardonnable. "
" Monseigneur, nous- "
" SILENCE ! Je ne vous ai nullement donné la parole ! Gardes ! Emportez ses gens et jetez-les au cachots, les Dieux décideront de leur sort. En s'il sont aussi justes qu'ils le prétendent ils les mettront à mort. " siffla le Roi en se levant, furibond.
" NON ! MONSEIGNEUR JE VOUS EN SUPPLIE LAISSEZ-NOUS UNE AUTRE CHANCE ! "
" Une autre chance ? Si vous y tenez je vous enverrez tous en première ligne face à toute l'armée d'Athènes. Il n'existe pas de seconde chance. Vous ne la méritez nullement. "
" Fumier ! Nous ne mourront pas dans un cachot humide ! " rugit le mercenaire en empoignant sa dague pour fondre sur le Roi. Pour s'empaler sur la longue lance d'un des gardes royaux tapi derrière le trône. Minos se pencha vers l'Homme livide dont la vie ne dépendait plus que de l'arme planté dans son torse, sa bouche emplie de fer rouge et coulant.
" C'est ainsi que tu aurais dû faire. Rapide et efficace. " le garde ôta sa lame et le colosse s'effondra sur le sol. Devant le Roi un petit tas de mercenaires mortifiés tremblaient comme des feuilles. " Emmenez-les. S'il se rebellent tuez-les. Tous. "
Les soldats embarquèrent les racailles et le Roi quitta la salle du trône pour retourner dans le jardin, retrouver Eaque près des orangers.
" Tu tires une de ses têtes. De mauvaises nouvelles à l'horizon ? " demanda le Roi des Myrmidons avec un grand sourire éblouissant.
" Rien n'est moins sûr pour l'instant. " trancha le crétois.
" Je vois, sinon, tu n'aurai pas vu la belle brune d'hier ? Elle s'est envolée et je n'ai aucune idée de l'endroit où elle se trouve. " demanda Eaque, Minos sourit, plein de gratitude.
Voici pour le troisième chapitre, je suis enchantée par l'engouement qu'elle suscite et je ferai de mon mieux pour satisfaire vos désirs
N'hésitez pas à laisser vos commentaires, critiques, suggestions, ils me sont précieux, je les lis tous et j'y répondrai volontiers :)
Pour ceux qui suivent 'Cent Chevaliers' je suis actuellement bloquée, à fixer mon écran comme un poisson mort, je ne compte pas l'abandonner mais l'attente risque d'être encore assez longue :/
