Chapitre 6 : Reflets d'Hermès

Milo amène son messager devant l'Assemblée d'Athènes, Kanon reprend sa filature et Camus

Misa : J'ai toujours eu du mal à écrire Camus, c'est ma plus grande faiblesse et ce qui m'énerve le plus avec mon écriture surtout quand on sait à quel point j'admire ce personnage, j'en ai sans doute fait trop mais comme tu l'a souligné, Camus passe du stade d'homme libre qui vit sa vie à celui d'esclave, donc son comportement me paraissait justifié mais ta remarque me fait me dire que j'en ai trop fait, j'espère pouvoir vite corriger dc défaut. Pour Violate elle entre bientôt en scène, quand à sa cible je te laisse la surprise. Pour Minos, la folie des grandeurs me semble être un de ses traits de caractère mais je travaillerai ce côté du personnage plus en détail ;) Et pour Aiolia, vu que faire passer Ayoros pour mort n'était pas possible j'ai changé sa manie de vouloir plaire aux autorités pour compenser les 'erreurs' de son frère en manie de vouloir plaire aux autorités par ambition (d'où le côté tête à claques)

PS : Tu me permets de me servir de ta théorie sur Saga ?

floelfe57 : Je ne compte pas forcer le destin là-dessus mais soit sans crainte, je sais où je vais ;)


Saga quitta la demeure des Scorpio un large sourire sur les lèvres alors que son jumeau gardait une pose bien plus pensive, il avait gardé un silence lourd tout le long de leur visite chez le général, il n'avait fait que marmonner des excuses au nouvel esclave roux de Milo qu'il aurait secoué lors de sa précédente visite, sans même prendre la peine de boire le verre de vin que ce dernier lui avait servi. À peine retourné chez eux Kanon repartait espionner le Roi de Crète. Mais à quoi bon espionner quelqu'un qui attend votre présence ? Peut-être avait-il déjà parlé de lui à son garde et bientôt tout Athènes saura. Il ferait mieux de disparaître, s'il ne laissait aucune trace derrière lui les gens feraient peut-être encore confiance à Saga. Il ferait mieux de ne pas l'entraîner avec lui dans sa chute. Il avait fait une erreur et maintenant l'intégrité du nom de sa famille menaçait de sombrer aussi.

La calèche ralentit dans l'allée de leur villa pour finalement s'arrêter.

Saga fit un geste pour enlacer une dernière fois son frère mais sa main se referma dans le vide. Son jumeau avait disparu, son double avait bondit hors de la calèche pour repartir vers Athènes pour remplir sa mission. Saga eut seulement le temps de voir sa silhouette s'éloigner au loin. Sans savoir pourquoi, Saga sentit son cœur se serrer. Comme s'il n'allait plus jamais revoir son jumeau. Pour la seconde fois dans sa vie il se sentait responsable de son départ. Comme ce jour où la vie de son frère s'était achevée une première fois.

Kanon traça sans s'arrêter jusqu'au centre-ville. Le soleil de Grèce tapait fort sur sa cape sombre, l'assassin de la Maison Alhen cuisait littéralement mais en ce moment il s'en préoccupait peu. Tout ce qu'il avait en tête avait les cheveux blonds. Ce type l'énervait prodigieusement. Kanon avait à peine dormi à cause de ce type, même la présence de son frère avec lui dans sa chambre pour s'assurer qu'il allait bien après sa crise de nerfs l'y avait fortement aidé.

Saga avait tenu à garder un œil sur lui, mais Kanon ne pensait qu'à son Prince de Crète. Ce fichu Prince prétentieux et orgueilleux qui se pensait invincible au point de lui donner son emploi du temps même en l'absence de ses gardes. Un sale con. Et s'il ne se rangeait pas du coté de Saga ou s'il lui prenait l'envie de s'attaquer aux Alhens il se ferait un malin plaisir de l'étriper dans une de ses ruelles dans lesquelles il s'amusait à traîner sans protection.

Kanon réalisait à peine la douleur de ses muscles et la sueur imbibant sa peau lorsqu'il mit les pieds dans le centre-ville, il fila directement vers la place des philosophes, même si Rhadamanthe ne s'y trouvait pas encore, c'est sûrement là-bas qu'il ira lorsque son garde aura le dos tourné. Il ralentit sa course, s'apercevant qu'il avait le souffle court et la gorge en flamme. Il se traîna jusqu'à la grande place et se glissa dans un recoin sombre.

Il s'effondra presque contre un mur, mort de fatigue. Il était énervé, furieux, et exténué. Il parcourut la place du regard et tomba presque immédiatement sur la chevelure blonde, occupée à discuter avec un vieillard fripé aux longs cheveux blancs. Les yeux dorés croisèrent les siens. Encore une fois il n'avait pas mit longtemps à le repérer. Kanon ragea intérieurement, de quoi avait-il l'air en ce moment, suant à grosses gouttes dans le noir.

Rhadamanthe salua le philosophe et se dirigea vers lui. Est-ce que cet abruti allait se mettre à discuter avec lui comme si de rien était ? Il devait être tellement supérieur aux autres pour se permettre de bavasser avec un assassin qui le suivait depuis deux jours. Ce type était tout bonnement insupportable, pas étonnant que son garde soit au bord du suicide.

" Tout va bien Pollux ? " lui demanda le Prince de Crète en s'installant à ses côtés.

" Ça ne te concerne pas. " siffla Kanon avec un regard qu'il voulait méprisant.

" Reprends ton souffle avant de me mentir Kanon. " Kanon manqua de s'étrangler.

" Comment tu connais mon nom ? " gronda l'assassin furibond, bien sûr il ne s'attendait pas à garder son identité secrète très longtemps mais il ne s'attendait pas à être dévoilé si vite.

" Mon garde m'a parlé d'un influent politicien d'Athènes dont le frère jumeau était mort noyé et dont le corps n'avait jamais été retrouvé. Je n'ai pas mis longtemps à faire le lien. Castor et Pollux. Saga et Kanon. Choisis toi un surnom moins évident à l'avenir. "

" T'es qui pour me faire la morale?! " rugit Kanon Alhen en empoignant le col de Rhadamanthe, les yeux brillants d'une rage sourde, prêt à l'égorger dans la seconde.

" Je suis le Prince de Crète mais je suppose que tu le sais déjà, tu ne suivrais pas des inconnus sans savoir de qui il s'agit, n'est-ce pas ? " releva-t-il. Mais l'assassin ne décolérait pas, le Prince de Crète se retrouva plaqué contre le mur avec une dague sous la gorge.

" Donne-moi une seule bonne raison de ne pas te tuer sur le champ. " gronda l'assassin en écrasant le fil de sa lame contre la pomme d'Adam du blond.

" Si tu me tues, la Crète déclarera la guerre à Athènes. Notre flotte est plus puissante, nous gagnerons probablement cette guerre. " rétorqua le Prince, s'efforçant de garder son calme. Visiblement il avait bien trop confiant, Kanon était un assassin, et un homme mort qui plus est. Menacer la seule personne qui le reliait au monde des vivants avait été un bien mauvaise idée et une terrible erreur de calcul. Que valait sa vie face aux leurs ? " Calme-toi, je ne compte pas menacer ton existence ni celle de Saga. En revanche me tuer ne vous laissera pas la moindre chance de vous de sortir. " l'avertit Rhadamanthe, Kanon éloigna lentement sa lame de son cou, mais un coup de coude plia néanmoins le blond en deux.

" Ne t'avises plus jamais de menacer Saga. " siffla l'assassin. Rhadamanthe se redressa douloureusement, visiblement vivre à l'abri du danger l'avait rendu incapable d'interagir avec les gens comme Kanon. Peut-être ne faisait-il pas partie de l'ombre comme il le pensait. " Retourne avec tes vieux, j'ai pas envie que ton toutou ne me voie. "

Rhadamanthe s'éloigna, une boule de rage brûlante au fond de la gorge. Il n'avait pas l'intention d'en rester là.


Camus souleva le lourd panier de linge avec un soupir fatigué. Leslie avait testé son grec toute la matinée. Enfin, elle l'avait couvert de petites corvées sans intérêt en lui demandant d'écrire en grec chacune de ses actions. Elle devait sûrement le préparer à l'intendance ou à n'importe quelle tâche nécessitant de savoir gribouiller en quelques symboles sur une feuille.

Il chargea le panier sur son épaule et s'avança vers la villa pour changer les draps de la chambre du général. Camus ne parvenait toujours pas à l'appeler 'son maître'. Il préférait l'appeler général ou Milo. Il avait envie de se brûler la langue à chaque fois qu'il s'entendait prononcer ce mot. Ou qu'il entendait Hyoga prononcer ce mot avec un grand sourire en se réjouissant de pouvoir manger à sa faim sans plus risquer de se briser le dos dans les champs. Il ne pouvait s'empêcher de rester éveiller jusqu'à tard le soir, les yeux grands ouverts fixant le ciel visible depuis le dortoir des esclaves, le même ciel qu'il regardait alors qu'il était libre. Et il sera libre à nouveau. Il faudra convaincre Hyoga et Shina car il n'y arrivera pas tout seul. Ils pourraient profiter d'une corvée dans les vignes pour filer, peut-être assommer Milo... Assommer un général de l'armée Athénienne et sans doute un des plus redoutables que la Cité ait jamais connu. Ridicule. Mais il s'enfuirait. Il n'avait rien d'un esclave. Il est un homme libre.

Il passa sous le porche progressant tant bien que mal malgré le poids sur son épaule gauche qui lui cachait la vue. Il longea le jardin intérieur pour se diriger vers la chambre principale. Il poussa la porte d'une main et pénétra dans la pièce où raisonnaient des lourds soupirs. Camus se tourna brusquement pour voir Leslie et Moïshe, l'une contre l'autre, une lueur horrifiée dans le regard.

La brune s'enfuit en bousculant le roux qui lâcha son panier qui répandit tout le linge sur le sol avec Camus qui s'étala de tout son long.

" Moïshe ! Attends ! " l'appela Leslie en bondissant au-dessus de Camus qui peinait à se relever ou à comprendre ce qu'il avait vu. L'intendante se tourna vers l'intrus, à la fois furieuse et troublée. " Qu'est-ce que tu fous ici ? " siffla-t-elle avec un regard furibond.

" J'ai terminé de nettoyer les sols des cuisines et puisque je ne te trouvais nulle part j'ai pris la liberté de m'occuper du linge puisqu'il était sec. " rétorqua Camus en ramassant les draps pour les apporter jusqu'à la couche du général. Ignorant les yeux de Leslie.

" Comment suis-je censée te punir pour une honorable décision. Je suppose que je ne pourrais pas. " soupira-t-elle. " S'il te plaît, ne va pas le crier sur tout les toits. Les colombes de Lesbos ne sont pas bien vues, surtout lorsqu'elles sont esclaves... "

" Je pensais que nous n'avions pas le droit d'aimer sans la permission du général. "

" Tu n'aimes pas l'appeler maître je vois... En effet, nous n'avons pas le droit de nous attacher à d'autres esclaves, nous sommes la propriété de maître Milo. S'il nous protège de certains invités comme il l'a fait avec Kanon pour toi, c'est aussi pour s'assurer que nous resterons ses seules propriétés. Maître Milo déteste les mensonges et les secrets. Il déteste aussi qu'on le quitte. Il est comme ça depuis la disparition de Kanon alors qu'il n'était encore qu'un enfant, j'étais déjà à son service à l'époque, il a changé depuis. Avant, il parlait de me rendre ma liberté un jour, peut-être même me donner quelques terres pour subvenir à mes propres besoins. Maintenant je n'y crois plus. À cause de Kanon j'ai perdu l'espoir de partir d'ici un jour. Soit prudent Camus. Que tu n'obéisse pas n'est pas ce qui fâchera Milo. En revanche la trahison ne t'apportera rien de bon. "

" Comme par exemple entretenir une relation amoureuse sans son accord ? "

" Comme entretenir une relation amoureuse sans son accord, tu comprends ce que je veux dire ? " demanda l'esclave avec un sourire triste.

" Bien sûr, je n'ai rien à y gagner de toute façon. " répondit Camus en terminant de rabattre les draps. Il se redressa et quitta la pièce sans rien dire en laissant Leslie seule.


Cheshire restait littéralement planqué sous la cape du grand général athénien blond. Un pauvre petit messager comme lui allait réciter son message de la part d'Astérion devant le rassemblement athénien et probablement son Roi. Milo le fit entrer dans la grande salle remplie d'hommes de tous âges, Milo posa sa main sur son épaule et le sortit de l'ombre rassurante de sa cape pour l'exposer à la lumière de l'assemblée frémissante, parmi lesquels se trouvait le Prince blond et sa garde personnelle.

" Citoyens, Silence, le Général Scorpio nous apporte un messager venu de Crète, son cortège a été attaqué par un groupe de mercenaire sur le chemin de la ville. Écoutons son message. " tonna le doyen de l'Assemblée en mettant fin au brouhaha des athéniens. Cheshire s'avança timidement au milieu de tout ses gens inconnus, soutenu par le regard protecteur du général au Scorpion doré.

" Je suis envoyé par le Seigneur Astérion, mes camarades et moi avons été envoyé pour avertir Athènes de sa mort récente et de son choix quant à son successeur. "

" Mais nous le savons déjà, Minos sera bientôt couronné Roi de Crète. " intervint un des participants de l'assemblée, Milo du presser sa paume sur l'épaule du petit messager pour le calmer.

" Silence Citoyens, laissez parler ce jeune homme ! " intervint le doyen.

" Astérion, Roi de Crète a désigné en notre présence son fils adoptif, Rhadamanthe, comme successeur au trône de Crète. " La rumeur explosa dans l'amphithéâtre. Cheshire resta pétrifié au milieu de l'assemblée rugissante.

Au milieu d'elle, une tête blonde immobile tapie dans un recoin sombre. À côté de lui quelques hommes de moins grande naissance armés de fines épées. Ses hommes, acceptés à titre exceptionnel, s'étaient levés d'un bond en piaillant avec les autres quand leur maître avait choisi de rester assis. Sa peau devenait dangereusement exsangue. Il devait serrer le poing pour dissimuler les frissons qui parcouraient ses mains. Et le vacarme ne cessait pas.

Rhadamanthe se leva lentement, ses gardes se turent instantanément, le Prince et peut-être Roi de Crète descendit les marches, avec sa progression le calme revenait, un silence à la fois respectueux et craintif, de cet être se dégageait un aura royale incontestable. Cheshire avait le regard rivés sur cet homme aux cheveux encore plus blonds que ceux de son sauveur. Il en oublia un instant de mettre genoux à terre devant son Roi. Il chût si fort sur le sol qu'il manqua d'échapper un glapissement de douleur. Le Prince resta silencieux un instant.

" Relève-toi messager. " ordonna calmement le crétois. Cheshire se redressa fébrilement, s'efforçant de contenir sa crainte, incapable de relever les yeux vers le souverain.

" Majesté. " souffla faiblement le messager en s'inclinant.

" Délivre ton message. " trancha le noble d'une voix d'un calme olympien.

" Au seuil des Enfers, Astérion, Roi de Crète, désigna son fils, Rhadamanthe, comme héritier au trône du Royaume de Crète. " récita le messager. Rhadamanthe n'ajouta rien, le silence se fit très lourd, très très lourd. Jusqu'à ce que le blond finisse par le rompre.

" Très bien, je vous prie de m'ex- "

" UN INSTANT ! " rugit une nouvelle voix, toute l'assemblée se redressa pour voir un militaire traîner un homme aux cheveux d'une couleur étrangement violacée. " Cet homme est un second messager de l'escouade de Crète, et son discours est très différent. "

" Aiolia, qu'est-ce que tu fous ? " siffla le général Scorpio. Devant lui le blondin se tenait avec un sourire victorieux, paré d'autant de bijoux que ses épaules pouvaient en porter. Il arrivait à Milo de se demander comment il avait un jour put être ami avec ce petit con arrogant, persuadé de valoir mieux que tout le monde juste parce que son père avait été à son époque le plus jeune général d'Athènes. Le plus jeune général d'Athènes avant lui.

" Commandant Aiolia ! Que signifie cette intrusion ? " gronda le doyen d'Athènes en redressa sa carcasse clinquante.

" Je viens de vous le dire, un messager de Crète, au même titre que le gamin que vous a ramené Milo, a été repêché par une de mes troupes, et il me délivre un message très différent de celui du général chéri d'Athènes. " se moqua le dernier membre de la famille Leo.

" Général Milo, qu'avez-vous a répondre à ses accusations ? "

" Je n'ai rien à répondre Doyen. Une de mes unités m'a averti tôt le matin d'un sauvetage d'un messager venu de Crète qui refusait de délivrer son message à moins qu'il ne soit au moins général. " narra Milo en s'efforçant de garder une attitude calme et sereine.

" C'est les consignes que l'on donne aux messagers royaux. Nous avons tous eu les même. " murmura Cheshire, le regard rivé sur l'autre homme, le regard baissé, cet homme qu'il reconnaissait sans l'ombre d'un doute. " Myu, qu'est-ce que tu fais ici ? Je te croyais mort. "

" Commandant Aiolia ! Comment expliquez-vous cela ? "

" Très simplement, ce messager est un faux, il accompagnait l'escorte, comme cocher sans doute, il a du comprendre qu'il s'agissait du convoi pour annoncer la succession d'Astérion, et il a cru que ce serait une bonne idée de remplacer les messagers sauf qu'il se sera trompé de successeur, ou alors il a volontairement donné le mauvais nom pour attirer l'attention ou enfin une dernière théorie, lorsqu'il a été secouru par notre cher général Milo, il a été convaincu de donner le mauvais nom pour s'attirer l'amitié de la Crète. Nous avons plusieurs messagers qui corroborent ma version. Et seul ce gamin va dans le sens de Milo. Qui croyez-vous maintenant ? " ronronna le Commandant en brandissant le bras du messager comme un trophée, entre ses pattes il semblait flasque. Il n'avait pas ouvert la bouche une seule seconde.

" Lâchez ce messager Commandant, il n'est pas un objet. " ordonna simplement le Prince de Crète. Aiolia se tourna vers le Prince, furieux de se faire dicter ses actes par un simple crétois qui n'aurait même pas dû être admis dans l'assemblée d'Athènes.

" Pardon ? " grogna le militaire couvert de bien trop de bijoux pour qu'on le prenne au sérieux. Rhadamanthe ne prit même pas la peine de se répéter.

" Sa majesté Rhadamanthe vous a demandé de lâcher ce messager crétois. " feula Valentine qui s'était porté instantanément aux côtés de son maître. Aiolia daigna laisser le bras du messager en paix, les marques des mains du Commandant s'était imprimés sur sa peau.

" Messager. Délivre ton message. " demanda le Rhadamanthe en notant la violence qui semblait couler dans les veines de cet athénien pour qu'il blesse un homme dont il aurait du avoir la charge. Et s'étonna également qu'il ai délivré son message à un simple commandant.

" Seigneur Rhadamanthe... " couina le messager.

" Délivre ton message. " répéta le Prince sans ciller. Le messager se mit à pleurer toutes les larmes de son corps, ne répondant que par des hoquets mortifiés. " Messager. "

Myu s'effondra sur le sol en pleurant toutes les larmes de son corps. Incapable de retenir sa détresse plus longtemps. Cheshire se précipita sur son compagnon pour lui venir en aide. Mais le chef de garde claqua son fourreau contre son ventre, projetant le premier messager sur le sol. Cheshire le dévisagea sans comprendre, l'assemblée gardait un silence terrifié, comme si chacun d'entre eux risquaient de recevoir eux-même l'offensive.

" Ne bouge pas messager, il doit me délivrer son message lorsque son Seigneur le lui demande. " siffla le garde en gardant prudemment son épée dans son fourreau.

Milo aida son messager à se redresser, le Roi de Crète le laissa faire, toute son attention portée sur le messager aphone. Tout comme les Commandant Leo. Son regard était si lourd qu'il aurait pu mettre le feu à la tunique miteuse du messager, il n'avait même pas prit la peine de lui en donner une nouvelle depuis son arrivée à Athènes. Il ressemblait à un esclave. Le messager royal ressemblait à un misérable esclave, traîné de force dans une arène pour se faire dévorer par les Lions. Mais personne n'était amusé par sa performance. Personne.

" Monseigneur. " couina le messager.

" Délivre ton message. "

" Je vous en supplie... "

" Délivre ton message. " insista Rhadamanthe en gardant un sang froid inébranlable.

" Je ne veux pas avoir à vous mentir... "

" CA SUFFIT ! DONNES -LUI SON MESSAGE ! " rugit le chef de la famille Leo en plongeant vers le messager. Le garde royal se prépara au choc...qui n'arriva pas car le général d'Athènes s'était interposé lui-même. Aiolia se retrouva les quatre fers en l'air devant une assemblée tétanisée.

" Qu'est-ce que tu fous Aiolia ? Ça veut dire quoi tes conneries ? " gronda le blond. Milo s'était tenu jusque là mais il ne comptait plus supporter l'humiliation du lionceau.

" Ça te la fous mal, hein ? De te faire gruger ? " ronronna le commandant en se relevant lentement. Milo était à deux doigts d'étriper Aiolia, et ce dernier pavanait tranquillement devant lui. Le petit lionceau frottait son museau sur le dard acéré du scorpion.

" Suffit. Nous emmenons les deux messagers avec nous le temps de tirer cela au clair. Lorsque nous sauront qui est le menteur il sera jugé pour parjure selon les lois de Crète. " trancha Rhadamanthe à bout de nerfs, ces imbéciles d'athéniens et leurs complots commençaient à l'agacer, et l'envie de raser cette ville commençait à devancer sa volonté de garder son calme.

" Qu-quoi ?! Non ! Demandez-lui encore ! Il va vous dire que j'ai raison ! " paniqua le lionceau en voyant le garde aux cheveux roses relever le messager et entraîner l'autre avec lui.

Erreur qui n'échappa pas au Scorpion qui arma son dard, prêt à frapper.

" Et bien alors Aiolia ? Tu as peur que ton messager change de version en ton absence ? " s'amusa le général avec un sourire mauvais étirant ses traits.

" N-non, je ne crains rien. Et toi encore moins. Je sais ce que ce messager m'a dit. "

Les crétois s'éloignèrent en silence, la mascarade athénienne était loin de leur plaire.

" GENERAL MILO ! COMMANDANT AIOLIA ! " les deux militaires se tournèrent vers le doyen. Craignant tout les deux la rage des citoyens humiliés.

" Que signifie cette comédie, vous nous avez tout les deux humiliés devant la famille royale de Crète ! Général Milo ! Êtes-vous sûr de votre source ? " gronda le doyen.

" Absolument, doyen. " confirma le général sans ciller.

" Pouvez-vous le confirmer ? " demanda le vieillard en se penchant vers le blond.

" Je pense bien oui. Les vêtements des cochers et des messagers ne sont pas les mêmes, j'ai gardé ce qu'il restait de sa tunique, ce devrait être suffisant pour prouver qu'il est messager et non pas cocher comme le prétends Aiolia. " trancha le général.

" Et si le cocher avait chipé ses sapes avant de s'enfuir pendant l'attaque ?! " aboya Aiolia.

" Parce que bien sûr lorsque tu es attaqué par une troupe de mercenaires armés jusqu'aux dents ta première idée c'est de te changer en t'enfuyant ? " siffla Milo.

" Vous n'avez pas la parole Commandant ! Le Général Milo est votre supérieur hiérarchique, vous ne devez pas lui couper la parole ! Surtout après votre intervention intempestive ! Et depuis quand êtes-vous averti de la présence de ce second messager ?! "

" Depuis ce matin. " répondit le chef de la famille Leo.

" Et vous avez attendu le soir et la présence de la famille royale de Crète pour faire votre intervention ?! Pourquoi ne pas avoir averti le conseil dès son arrivée comme l'a fait le général Milo ?! " rugit le doyen en soulevant sa vieille carcasse.

" Je n'y ai pas pensé... " souffla le Commandant.

" Vous n'y avez pas pensé ?! Au contraire ! Je crois que vous y avez bien pensé ! Vous vouliez attirer l'attention et humilier votre supérieur ! Votre attitude est déplorable ! Au lieu de cela vous avez humilié toute la ville d'Athènes devant la famille royale de Crète ! Vous êtes la honte de notre armée ! Vous êtes radié de notre ordre ! " tonna le doyen.

" Attendez ! " cria Aioros en se redressant de toute sa hauteur.

" Qu'y a-t-il Ayoros ? Vous opposez-vous a cette décision ? Niez-vous votre honneur face à l'humiliation infligée par votre frère ? " siffla le doyen en se tournant vers lui.

" Je ne nie rien du comportement déplorable de mon frère. Mais s'il s'avère qu'il a eu raison de s'opposer aux information apportées par Milo alors il est injuste de le sanctionner si durement. " raisonna le chef de famille défendant son jeune frère, encore une fois.

" ...Certes. Nous attendrons le jugement des crétois. Mais s'il s'avère qu'il a raison il ne recevra aucune récompense, en compensation de son comportement ridicule. La séance est levée " clôtura le doyen.


" Milo ! Qu'est-ce qui s'est passé ? Tu nous avais bien dit que Rhadamanthe devait être le Roi de Crète ? Pourquoi Aiolia avait-il un messager qui prétendait l'inverse ? " demanda Saga, s'efforçant de se contenir, et puisque Kanon était occupé à filé le peut-être Roi de Crète, il ne serait pas là pour le retenir si jamais les réponses de Milo ne lui convenait pas.

" Je te signale que le messager d'Aiolia n'a rien dit. C'est Aiolia qui affirme que c'est le cas. Et tu sais bien ce que je pense d'Aiolia et de ces affirmations. Un homme qui pense que l'apparence définit l'âme n'est pas homme de confiance. " siffla le général furibond.

" Quelqu'un comme moi ? " demanda le chef de la famille Alhen radoucit.

" Pfft ! Chez les hommes d'apparence il y a toujours un petit groupe de personnes qui savent ce qui se trame au fond de leurs âmes. Je suis très fier de faire partie de ceux-là en ce qui te concerne toi et Kanon. Mais cela ne change rien. Aiolia a réussit à semer le doute dans le cœur du conseil. Ce doute va me suivre un bon moment. Même s'il n'a pas eu tout l'impact qu'il souhaitait il a quand même mis un boxon incroyable. Avec mon intervention on s'attirait l'affection des îles de Crète et leur guerre civile les aurait affaiblis en prime, maintenant même s'il vont se tomber dessus quoiqu'il arrive ce sera bien plus compliqué de se faire apprécier là-bas. Nous sommes les coupables maintenant, plus les sauveurs. " siffla le général.

" Je suis désolé. " répondit Saga. " J'aurai dû intervenir contre Aiolia. "

" Non, c'est mieux que tu te soit tût. Ayoros aurait compris que vous jouez en camps opposés. Et je crois me souvenir que tu as encore besoin de lui. Ne t'inquiète pas, ce n'est pas la première fois qu'Aiolia me met des bâtons dans les roues. Cette fois-ci le coup est dur mais s'il pense que je ne m'attendais pas à ce qu'il me joue des tours il se leurre. "

" Je vois. J'espère que ce second messager ne va pas contredire ton propre messager. " souffla le chef de la famille Alhen non sans une pointe de reproche.

" Saga, tu es bien placé pour savoir que je ne laisserai pas Aiolia se relever de cet affront. Mais j'aimerai bien savoir où est passé Kanon ? " éluda le général.

" Il est partit espionner les crétois. Je ne sais pas ce qui lui prends mais il est sur les nerfs ses temps-ci. Apparemment Rhadamanthe l'a vu mais j'ignore pourquoi il continue de le filer. J'ignore ce qu'ils se sont dit, et j'ai un peu peur que Kanon ne puisse pas se contrôler très longtemps. Tu sais comment il est lorsqu'il se sent menacé. " soupira Saga, abattu.

" J'espère que tout ira bien pour lui, tu veux que je lui parle un peu ? Oh et puis de toute manière je le ferai, il vaut mieux que Kanon ne fasse pas de conneries pour le moment. "

" Je te remercie. J'espère que tu passeras tout de même une bonne soirée. "

Milo haussa les épaules, si Leslie était d'humeur à le rejoindre dans son plumard oui peut-être, mais il n'avait pas envie de trop rogner sur ses heures de sommeil. Déjà que Camus savait pour ses absences nocturnes, il n'avait pas envie que ce dernier finisse par se rebeller. Les nordiques n'oubliaient jamais comment se battre.


Voilà pour le chapitre 6, j'espère ne pas vous avoir trop fait attendre ^^'

Je reprends bientôt les cours mais je continuerai d'écrire régulièrement et j'espère que ce nouveau chapitre et les suivants vous plairont,, n'hésitez pas à poster vos commentaires/reviews/avis, je les lis tous et ils me sont très précieux car ils m'aident à progresser :)

Merci d'avoir lu ce chapitre et à bientôt j'espère