The Rise and Fall

Les blas-blas de Xérès : Hello everyone ! AVANT TOUTE CHOSE, je me permets de véhiculer une information de haute importance qui m'a fait littéralement baver/hyperventiler/suffoquer devant mon PC. Le 10 octobre (jour béni), c'est la sortie du jeu de société Harry Potter, dans le style Trivial Pursuit avec des questions et des défis… (idéal pour mesurer nos connaissances du monde de Rowling entre Potterheads, celui qui perd paye le jus de citrouille of course). Et l'on peut incarner 6 personnages, dont Draco (haaaaan !). Bref, le 10 octobre ce sera mon Nowel à l'avance. En tout cas, je courrai l'acheter. Et vous ?
Bon, revenons à nos moutons. Voici le second chapitre de The Rise and Fall, j'espère qu'il vous plaira autant que le premier. Comme vous avez dû l'imaginer, il va y avoir un peu de torture par moments (mais jamais rien de trop gorissime, Hermione reste mon héroïne donc elle va en baver, oui, mais pas trop trop non plus pour le moment). J'espère pouvoir continuer de poster un chapitre par semaine ou un tous les quinze jours, mais je ne promets rien (j'ai une entreprise à faire tourner, hein …). En tous cas, je fais de mon mieux pour écrire un maximum à l'avance et pouvoir poster en temps et en heure.
Vous avez été nombreux à me suivre et à me favoritiser (le correcteur orthographique de Word n'aime pas beaucoup ce mot, mais je le trouve joli u_u) et je vous en remercie : leve la tête, pyreneprincesse, Sisika45, Heiza, labelge, Melusine78, , Valerie24, Noumiex3, Jenifael09, yu-chan-x3, m2010, lilly Granger Malfoy, kadronya, fairylilac, EinIgriV, Ange's fics, aillerose, cpier013, laguernette. Special thanks to : Erika (Erika, tu as tort la Voix des Morts c'était les bisounours à côté de celle-là XD), Lullaby (ma très enthousiaste revieweuze préférée), lilarose12, Hardcoredrugs, Juls, Kira-Adams, faerycyn, Roselia001, Loufoca-Granger, tiff, SatouneDV, bangaaarang. Pour leurs adorables reviews et compliments :) Place à la lecture !

Disclaimer : Tout est à J. , sauf l'histoire !

~o~

Chapitre 2 : QCM – Questionnaire à coups multiples

Draco referma la porte de sa chambre, les mains tremblantes, et se laissa doucement glisser contre la porte jusqu'au sol. Il avait toujours su que ce jour viendrait. Toujours su qu'un jour on lui demanderait de torturer, de tuer, de prouver sa fidélité à Voldemort. Il s'y était d'ailleurs préparé avec application, à grands coups d'alcool dans le gosier, se prenant à espérer ne jamais connaître ses victimes, les traitant avec suffisamment de détachement pour pouvoir mieux ignorer leurs hurlements, leurs pleurs et leur souffrance. Mais apparemment, ce n'était pas au programme. De toutes les personnes qu'on aurait pu lui attribuer, il avait fallu qu'il tombe sur la pire. Granger. Le pire aimant à merde qu'il n'ait jamais connu. S'il touchait un seul de ses cheveux, il devrait la tuer et cacher son corps dans un endroit très isolé pour que jamais personne ne puisse prouver quoi que ce soit. Si Potter et ses amis apprenaient qu'il lui avait fait du mal, on le pourchasserait, on le traquerait, jusqu'à ce que mort s'ensuive. Et ce genre de plans foireux ne faisait pas vraiment partie de l'avenir qu'il s'était imaginé. Tout ce qu'il voulait, c'était qu'on le laisse tranquille. Peut-être partir peinard sur une île déserte ou au Groenland … Tout valait mieux que ça.

On tambourina à sa porte.

« Draco ? », fit la voix courroucée de son père, quelque peu étouffée derrière le panneau de bois. « Veux-tu bien descendre ? J'aimerais que tu commences tout de suite. »

Il se frappa le front du poing, plusieurs fois, en silence. Il ne pourrait pas y aller comme ça.

« J'arrive, Père », fit-il avec sa voix la plus assurée possible. « Une minute. »

Il entendit les pas de son père s'éloigner dans le couloir et souffla profondément. Il se remit debout et s'avança jusqu'à son lit. Il se mit à quatre pattes, tendit le bras sous le sommier et en retira une bouteille de vodka à moitié pleine. Il but une dizaine de larges gorgées d'affilée, faillit en recracher la moitié et reprit son souffle. Ça ferait l'affaire pour le moment.

En mode pilotage automatique, il réajusta le col de sa chemise, quitta sa chambre et descendit dignement les escaliers qui menaient au rez-de-chaussée. Il redoutait la deuxième descente, celle qui lui permettrait de rejoindre les sous-sols, car l'odeur qui s'en échappait était ignoble. Et ses cuites à répétition le rendaient de plus en plus sensible aux mauvaises odeurs. Si ça ne tenait qu'à lui, il aurait noyé la cave dans l'eau savonneuse, histoire que ça sente meilleur. Non, en fait, à choisir, il les aurait tous envoyés à Azkaban ces traîtres, mais en aucun cas …dans MON putain de sous-sol.

Mécaniquement, il descendit la seconde volée de marches, déjà terrassé par l'odeur immonde des corps sales. Théodore l'attendait déjà en bas. Ce dingue avait même l'air… impatient. A tel point que c'en était dérangeant.

« Ah, te voilà enfin, c'est pas trop tôt », s'écria-t-il joyeusement. « Avant-dernière cellule au fond à droite. » Il partit devant, sautillant presque. Draco le suivit en silence, réfléchissant à un moyen de s'éclipser ou de retourner la situation. Mais, embrumé par les abus de la veille et la longue lampée de vodka qu'il venait de rajouter par-dessus, son cerveau semblait au point mort. Théodore ouvrit la porte de la cellule et entra. Draco referma derrière eux.

Granger était attachée sur une chaise, au niveau des poignets, des chevilles et du cou. Elle était absolument incapable de bouger le moindre poil. Draco grimaça. Où était le plaisir si celui d'en face ne pouvait pas répliquer, ne serait-ce qu'un tout petit peu ? Ce n'était même plus du sport à ce niveau-là. Mais Théodore ne semblait pas en faire grand cas et il s'agenouilla devant la chaise, pour mettre son nez au niveau de celui de Granger, qui le gratifia d'un regard meurtrier.

« Coucou, Miss Je-Sais-Tout », chantonna Théodore, tandis que Draco s'asseyait sur une table, dans un coin de la pièce, refusant tout net de les regarder. « Comme on se retrouve, hein ? »

Draco leva les yeux au ciel. « Comme on se retrouve ? » Sérieusement, il ne pouvait pas trouver plus cliché comme phrase d'intro ? Bien décidé à ne participer que si Théo commençait à trouver son mutisme suspect, il ramena ses jambes en tailleur et entreprit de retendre les lacets de sa chaussure droite, avec un air de concentration qui égalait presque celui de sa mère face aux tartines beurrées.

« Tu n'imagines pas à quel point je suis heureux de t'avoir entre les mains, Granger », reprit Théo, en ôtant sa veste et en la posant, pliée à la perfection sur le dossier d'une chaise. Il retroussa ensuite les manches de sa chemise immaculée et sourit lorsqu'il vit Hermione frémir. Pour la torture, tout était dans la mise en scène. Un bon bourreau n'a même pas besoin de faire mal, en théorie. Le simple fait de sortir ses outils de la bonne manière donnait envie à l'interrogé de déballer au moins la moitié de ce qu'il savait.

« Va te faire voir, Nott », cracha Granger, même si la férocité de son regard commençait à laisser place à la peur.

Théodore porta une main à sa poitrine, comme s'il venait de recevoir une balle en plein cœur. « Oh, Granger, pourquoi tant de haine. Je suis en train de te dire combien je suis heureux de te voir et toi, tu m'insultes ? Pas très gentil, tout ça. Non, pas très gentil. »

Granger jeta un bref regard en direction de Draco, qui n'avait toujours pas bougé et qui les ignorait superbement. Ce regard n'avait duré qu'un quart de seconde, mais Théodore le remarqua et se retourna en direction de son ami. Il leva les bras en signe d'incompréhension.

« Mec ?! Qu'est-ce que tu fous ? C'est ici que ça se passe ! »

Draco lui jeta un regard venimeux mais ne dit rien. « Je t'en prie, je te laisse commencer. »

Théodore haussa les épaules et reporta son attention sur Granger. « Mon ami, ici présent, n'est pas très en forme en ce moment. Les petits plaisirs de la vie, tout ça, ça le dépasse. Qu'il boude donc, on est très bien tous les deux, sans ce gros rabat-joie. Qu'est-ce que tu en penses, Granger ? », ajouta-t-il en caressant la joue de la jeune fille, qui tenta de reculer la tête. Sans grand succès.

Théodore serra le poing et frappa de toutes ses forces la joue de Granger, qui émit un craquement sinistre. Du coin de l'œil, Hermione vit Draco relever la tête au moment de l'impact. Elle n'eut pas le loisir de décrypter son expression plus longtemps car le revers ne se fit pas attendre et ce fut au tour de l'autre joue. Cette fois, Hermione ne put s'empêcher de laisser échapper un bref cri de douleur. Les larmes emplirent ses yeux mais elle fit de son mieux pour les refouler.

« Bon, qu'est-ce que t'en dis ? Si on laissait tomber les questions sur Potter, l'Ordre du Phoenix et tous ces trucs, pour aujourd'hui ? Aujourd'hui, on fait connaissance ! », fit joyeusement Théodore en levant à nouveau le poing. Mais il se figea soudain, le bras levé et ses yeux roulèrent dans leurs orbites. Hermione, les yeux ronds comme des soucoupes, vit alors Théodore s'effondrer sur le sol. Malfoy se tenait à présent à sa place, la baguette à la main, l'expression aussi vide que s'il venait d'écraser un cafard. Hermione n'osait plus bouger. Elle ne comprenait pas vraiment ce qu'il venait de se passer, si elle devait s'en réjouir ou plutôt craindre le pire.

Draco se baissa, tira le corps inerte de Théodore par les bras pour le caler contre un mur, puis plongea une main dans une des poches du pantalon de celui-ci. Il en sortit un paquet de cigarettes et un briquet et toujours sans accorder le moindre regard à Hermione, s'en alluma une. Il tira deux ou trois bouffées sans bouger avant de se retourner pour la regarder. La jeune fille n'osait toujours rien dire. Ce qu'il venait de faire n'était pas normal, absolument pas normal. Il fit deux pas en avant pour se poster en face d'elle et la considéra comme si elle n'était qu'une assiette sale dans un évier. Il brandit à nouveau sa baguette et la plaça juste devant la bouche de Granger. Celle-ci fut de nouveau prise de panique.

« Je suis désolé pour ce qui va suivre, Granger, mais c'est nécessaire », dit-il laconiquement.

« Quoi ? », fit-elle faiblement avant de l'entendre murmurer un sort. Rien ne se passa et elle jeta un regard interloqué en direction du blond… qui se pencha en avant et enfonça sa cigarette incandescente sur le bras de la jeune fille. Hermione poussa un cri strident. Dans la seconde qui suivit, un coup violent la surprit en plein milieu du visage. Elle sentit sa lèvre inférieure exploser et un liquide chaud emplir sa bouche. Sonnée, elle sentit alors Malfoy frotter ses manches contre sa bouche, couvrant sa chemise de son sang. Un coup de poing en pleine poitrine lui fit émettre un dernier hurlement rauque et elle se mit à tousser bruyamment, cherchant de l'air. Malfoy éloigna alors sa baguette de la bouche d'Hermione et se dirigea vers la porte de la cellule. Il y coinça sa baguette dans la serrure et murmura un autre sort. Les hurlements et la toux de la jeune fille résonnèrent dans la pièce, se répétant en boucle, avec quelques modulations.

Le souffle encore coupé et la tête comme une pastèque, Hermione vit Malfoy se rasseoir tranquillement sur sa table et reprendre l'étude de ses lacets.

« Qu'est-…qu'est-ce que tu fous, Malfoy ? », cracha-t-elle, en même temps qu'un peu de sang.

« Je n'ai pas envie de passer ma matinée à te taper dessus, j'ai eu une soirée et une nuit difficiles. Je veux seulement qu'on me foute la paix. Et quand je dis on, tu es comprise dedans. »

Hermione regarda, interloquée, la baguette de Malfoy qui imitait ses hurlements près de la porte et son cerveau commença immédiatement à imaginer comment elle pourrait se libérer et la récupérer.

Draco avait suivi son regard et secoua la tête. « N'y pense même pas, Granger. Je l'aurai entre les mains bien avant que tu n'aies eu le temps de poser un pied par terre et pour le coup, tu m'auras mis en colère et je te garantis que tu n'aimerais pas ça. »

Hermione ne répondit rien et regarda Théodore, inconscient, assis contre le mur. Draco se leva et se tourna vers Hermione. « Merci de m'y faire penser, j'avais presque oublié ce détail. »

Quoi ?, pensa Hermione en voyant le blond asséner un coup de poing magistral dans le nez de l'autre Serpentard, qui se mit à saigner abondamment, sans pour autant le réveiller.

« Je dirai que tu as réussi à lui mettre un coup de tête et qu'il a perdu connaissance. Il risque de ne pas trop être content quand il se réveillera, mais avec un peu de chance, mon père le traitera d'incapable et ne le laissera plus revenir. »

Il allait se rasseoir quand Hermione l'interpella. « Et comment je suis censée lui mettre un coup de tête avec ce truc autour du cou, Einstein ? »

Draco se dirigea vers elle et desserra le lien qui enserrait sa gorge. Suffisamment pour lui permettre de bouger la tête et s'en servir. Puis il alla se rasseoir et ne bougea plus. Hermione en profita pour inspecter les lieux. Une pièce, ameublement spartiate, pas de fenêtres, une seule issue. Derrière cette porte, un long couloir peuplé de Mangemorts et un Manoir qui l'était tout autant. Ce n'était donc pas comme ça qu'elle allait s'enfuir.

De son côté, Malfoy avait terminé l'entretien de ses chaussures et commençait à regretter de ne pas avoir amené un bon bouquin pour se distraire. Les minutes s'égrenaient, longues, lentes, fastidieuses. Et le regard inquisiteur d'Hermione, dont le nez était maintenant rond et rouge comme une betterave, pesait sur lui, ce qui ne l'aidait pas vraiment à penser à autre chose.

« Je peux te demander pourquoi tu as fait ça, Malfoy ? », demanda-t-elle d'une voix nasillarde.

Le blond soupira. « Depuis quand je devrais me justifier auprès d'une Sang-de-Bourbe ? », cracha-t-il en la fusillant du regard.

« Depuis que tu empêches tes amis de l'interroger, peut-être ? », fit-elle en plissant les yeux. « Depuis que tu désobéis à ton maître ? »

Draco ricana. « Je n'ai pas de maître. Je veux juste qu'on me foute la paix. »

« Oui, ça tu l'as déjà dit », fit sombrement Hermione. « Moi qui pensais que tu serais le premier à vouloir te défouler sur moi … »

Il leva les yeux au ciel, exaspéré. « Mais pourquoi est-ce que tout le monde en est persuadé ? Ok, je te déteste, ok tu m'as frappé en troisième année et ok tu es la personne la plus exaspérante que je connaisse. Mais des gens comme toi, il y en a plein ce sous-sol et ce n'est pas pour ça que je passe mes journées à leur défoncer le crâne. Je suis un intellectuel, moi, pas un malade mental. »

Hermione ne put s'empêcher de laisser échapper un rire grossier. « Toi, un intellectuel ? Je t'en prie, Malfoy… »

Il la fusilla du regard. « Tu veux que je réanime Théodore, histoire qu'on rigole ? »

Hermione cessa aussitôt de rire et baissa les yeux. « Non. »

« Bien, c'est ce que je pensais. »

Nouveau silence. Hermione releva la tête et considéra longuement la tache brune qu'avait laissée la cigarette de Malfoy sur son bras. Ses hurlements tournaient toujours en boucle et leur répétitivité devenait franchement lassante. Ce devait être également l'avis de Malfoy, car il se leva et récupéra sa baguette, faisant taire l'enregistrement.

« Comment est-ce que tu comptes donner le change, si tu ne me poses pas de questions ? Tu vas mentir ? », demanda Hermione doucement.

Draco rangea sa baguette puis lui lança un regard torve. « Pas du tout, j'espère juste qu'au bout d'un certain temps, mon père me fera remplacer par quelqu'un d'autre et crois-moi, là, tu parleras. Et moi, je pourrai vaquer à mes occupations et oublier que tu croupis sous mes pieds. Et tout rentreras dans l'ordre. »

Hermione déglutit. « Tu es encore pire que tes collègues, Malfoy. Eux au moins, ils ne font pas semblant d'ignorer ce qu'il se passe ici. Tu me dégoûtes. »

Le blond haussa les épaules. « Je me fiche pas mal de ce que tu penses, Granger. Bonne journée. »

Il lança un sort sur Nott, qui secoua la tête et poussa un cri de douleur en réalisant que son nez était cassé. « Mais qu'est-ce que … ? », balbutia-t-il, tandis que Draco l'aidait à se relever.

« Elle t'a sonné, mon pote. Viens sortons, il faut te remettre le nez en place », lui ordonna-t-il pour l'empêcher de sauter à la gorge de Granger.

« Quelle espèce de petite salope », jura Théodore, la main en coupe sous les narines. « Elle ne perd rien pour attendre. » Il avisa alors les manches tachées de sang de Draco. « Je vois que tu as enfin décidé de rejoindre la partie. »

Draco ne répondit pas et le poussa hors de la cellule. Il jeta un dernier regard inexpressif en direction de Granger et claqua la porte.

Hermione entendit leurs pas s'éloigner dans le couloir. Elle laissa son menton retomber sur sa poitrine et se mit à pleurer.

~o~

Lorsque Théodore fut reparti chez lui, Lucius Malfoy prit son fils à part pour lui demander une explication. Draco s'en tint à sa version des faits, que Granger s'était débattue et qu'un lien mal serré autour de son cou lui avait permis de mettre un coup de tête magistral à Nott. Cet imbécile s'était effondré et Draco s'était lui-même occupé d'arranger le portrait de la Gryffondor, jusqu'à ce qu'il se lasse. Lucius Malfoy avait réagi exactement de la façon qu'il avait espérée, traitant Nott d'imbécile et confiant à son fils l'entière responsabilité de Granger. A condition d'obtenir des résultats plus concluants très rapidement. Sinon, il enverrait quelqu'un d'autre. Draco avait hoché la tête lentement, puis demandé l'autorisation de ne reprendre l'interrogatoire que le lendemain, prétextant une douleur au poignet.

Lucius Malfoy avait accepté mais exigé qu'il obtienne au moins des informations concernant le lieu où se terraient les principaux membres de l'Ordre. Draco était monté dans sa chambre, avait terminé sa bouteille de vodka et sombré dans un sommeil sans rêve jusqu'au lendemain.

~o~

Lorsque Draco se présenta au petit-déjeuner, légèrement en retard et nauséeux, il trouva sa mère seule à table et ses tartines déjà servies.

« Bonjour, mon chéri », roucoula-t-elle avec un large sourire. Draco grinça des dents. Elle se permettait toujours de l'appeler par des surnoms ridicules lorsque Lucius n'était pas à portée de voix.

« Bonjour Mère », répondit-il sèchement. « Où est Père ? »

Narcissa roula des yeux. « Au travail. Il a négligé le repas le plus important de la journée, tu te rends compte ? » Non, Draco ne se rendait pas compte. Il aurait lui-même préféré être à des millions de kilomètres de cette table en chêne. « Mais tu le connais, quand il y a de nouveaux arrivants, on ne le tient plus. Mais toi, mange bien, il faut que tu reprennes des forces ! Comment va ton poignet, pas trop douloureux, j'espère ? »

Draco la regarda fixement. « Je suis terrassé par la douleur », fit-il, d'une voix neutre. « Granger a la tête dure. »

Narcissa parut ravie de la nouvelle. « Je demanderai aux elfes de préparer des cubes de glace, il ne faudrait pas que tu te blesses inutilement. »

« Trop aimable », railla Draco en plongeant le nez dans son bol de thé.

Un cri sourd en provenance de la cave perturba le silence de la salle à manger et Narcissa poussa un soupir exaspéré. « Voilà ! Voilà pourquoi je n'aime pas quand ton père saute le petit-déjeuner. Pas moyen de manger en paix. »

Draco reposa son bol vide et lui adressa un sourire glacial. « Si vous voulez, mère, je leur demanderai de crier moins fort en descendant, tout à l'heure. »

« Tu ferais ça, mon chéri ? », s'exclama Narcissa, qui n'avait pas saisi le ton sarcastique de son fils. « Tu serais vraiment un amour ! »

Draco quitta la table, encore plus dégoûté qu'à l'arrivée et amorça sa descente au sous-sol. Son père voulait des résultats. Ce qui signifiait que le grand chef en désirait aussi. Il aurait pu demander à un autre Mangemort de prendre sa place, mais il se taillerait une réputation de poltron. Mieux valait encore passer pour un incapable. L'incapable, on le laisse tranquille. Alors que le poltron… Il chassa cette pensée. Il fallait attendre que l'ordre de le relever de ses fonctions vienne de plus haut. En attendant, il devait tout de même montrer qu'il ne passait pas ses séances à se tourner les pouces.

En bas, il trouva son père qui s'essuyait les mains sur une serviette blanche. Blanche et tachée de rouge. « Ah, Draco ! Tu tombes bien. J'espère que tu es prêt, ce matin, il nous faut des réponses. Les jolies couleurs, les creux, les bosses, ce que tu as fait hier sur Granger, c'était très joli artistiquement parlant mais ça ne nous fait pas vraiment avancer. J'espère qu'on s'est compris ? »

« Oui, Père », marmonna Draco en se dirigeant vers la porte de la cellule.

« C'est pour cela que je t'ai attribué un nouveau … camarade de jeu », reprit Lucius Malfoy. Draco se figea et pivota lentement. Et c'est alors qu'il remarqua, dans l'ombre, un deuxième type. Un colosse qui tenait un attaché-case à la main. « Il t'aidera à recueillir des informations. »

« Mais… », commença Draco mais son père le fit taire d'un geste. Le colosse rejoignit Draco dans le couloir et plus il se rapprochait, plus Draco devait lever la tête pour le regarder dans les yeux. Ce type était immense mais son air stupide laissait entendre qu'il n'avait pas inventé la poudre. Le blond pensa qu'il n'aimerait pas du tout être à la place de Granger en ce moment-même.

Il recula jusqu'à la cellule et ouvrit la porte. Granger était toujours attachée à sa chaise. Elle leva le nez en les entendant entrer et fronça les sourcils en avisant l'homme qui accompagnait son ex-camarade de classe. Celui-ci déposa son attaché-case sur l'une des tables et se figea, attendant des instructions. Draco referma la porte et mal à l'aise, ne cessant de regarder tour à tour Hermione et le grand costaud. Il devait avoir du sang de géant dans les veines, pensa Draco. Une telle armoire à glace, ce n'était pas humain.

« Granger… », commença-t-il, sans quitter le type des yeux. « Aujourd'hui, il va falloir que tu répondes à nos questions et… »

Le colosse regarda étrangement le jeune homme, comme s'il venait de parler en chinois. Draco supposa donc qu'il parlait trop gentiment. Il se racla donc la gorge et prit sa plus grosse voix, regardant Hermione droit dans les yeux.

« Tu vas parler », dit-il simplement.

Hermione s'assombrit. « Et toi, tu peux crever. »

Idiote !, jura Malfoy intérieurement. Tu ne vois donc pas que ce type va te réduire en bouillie ? Pourquoi tu ne veux pas juste nous dire ce qu'on veut et on te laissera tranquille !

Comme plus personne ne bougeait dans la pièce, le colosse se retourna vers son attaché-case et l'ouvrit. Du coin de l'œil, Draco perçut l'éclat argenté de dizaines d'outils plus perfectionnés les uns que les autres. Pinces, extracteurs, scalpels, râpes, pointes, il y en avait pour tous les goûts. Granger dut les voir aussi car elle laissa échapper un tout petit gémissement et se tortilla sur son siège. Le Serpentard se sentit trembler de tous ses membres, lorsque le gros tas de muscle sortit une pince coupante de son étui et se tourna vers Hermione, lorgnant ses doigts.

Il fit alors la première chose qui lui passa par la tête. Draco se jeta sur Hermione et lui asséna une demi-douzaine de coups de poings au visage. Le colosse, interdit, arrêta son geste et reposa sa pince coupante. Draco pensa avec soulagement, qu'il était effectivement là pour prendre le relais au cas où le jeune homme ne serait pas « assez performant ». Donc tant qu'il frappait Granger, l'autre ne s'interposerait pas. Il renversa la chaise d'un coup de pied, pour qu'Hermione se retrouve au sol et il se plaça au-dessus d'elle, pour bourrer son ventre de coups de pied. Puis, tournant le dos au Mangemort, Draco baissa le visage vers celui, sanguinolent et tuméfié, de la jeune fille et chuchota : « Tant que c'est moi qui frappes, lui ne te touchera pas. Crois-moi, c'est mieux comme ça. Alors par pitié, réponds. »

Hermione gémit de douleur et il prit ça pour un oui. Il se releva, jeta un regard haineux et quelque peu inquiet au géant, puis redressa la chaise. Granger pleurait en silence.

« Bien, première question : où se cache Harry Potter ? »

Hermione sanglota. « Je ne peux pas. »

Le géant fit un mouvement vers son attaché-case mais Draco tendit le bras dans sa direction et aboya : « C'EST BON, ça va, je gère. Vous êtes pressé ou quoi ? » L'autre le regarda d'un air stupide mais ne rabaissa pas pour autant son bras. « Bon, vous l'aurez voulu. » Draco sortit dans le couloir, fit signe à son père d'approcher et prit son air le plus sérieux.

« Père, je ne peux pas travailler dans ses conditions. Ce type là … c'est comme si vous ne me faisiez pas confiance. C'est vexant. »

Lucius considéra un instant la chemise couverte de sang de son fils, ainsi que ses poings meurtris d'avoir tant frappés et parut satisfait. Il passa la tête à l'intérieur de la cellule, apprécia les nouveaux motifs qui étaient apparus sur le visage de la prisonnière et fit signe à l'autre de sortir. Le grand rangea sa pince, ferma son attaché case et disparut derrière Lucius. Draco referma la porte et se laissa tomber sur le sol, respirant profondément. Granger continuait de sangloter doucement, mais il sentit qu'elle aussi semblait plus détendue depuis que l'autre était parti. Il releva la tête et la regarda. Avec un frisson, il observa les plaies rouvertes et le sang sur les vêtements de Granger. Il n'avait pas retenu ses coups. Mais s'il l'avait fait, l'autre aurait pris le relais et ça aurait dépassé les limites que Draco s'était fixées.

Il se releva, épousseta son pantalon et s'approcha de la chaise de Granger, qui releva la tête vers lui.

« J'étais obligé », dit-il simplement.

Hermione cracha un peu de sang par terre et Draco grimaça de dégoût. « C'est faux. »

Il serra les poings. « Pardon ? J'aurais très bien pu laisser ce type t'écorcher les plantes des pieds ou t'arracher les ongles, te couper les doigts. A ce que je vois, tu as encore tous tes membres et c'est grâce à moi. Tu devrais me remercier », cracha-t-il en la fusillant du regard.

Hermione émit un petit rire hystérique. « Te remercier ? Tu te prends pour un bon samaritain ? Si tu désapprouves les agissements de tes pairs, il fallait rejoindre l'Ordre et te battre à nos côtés. Te contenter de regarder sans rien faire, c'est encore pire. Tu n'es qu'un lâche, Malfoy. »

« Ne pas vouloir participer à la torture ne signifie pas pour autant que je suis un amoureux des Moldus, Granger. Enfonce-toi bien ça dans le crâne. »

Hermione renifla. « Tu pourrais tout simplement dire que tu ne veux pas le faire. »

Draco éclata de rire. « Et être accusé de traîtrise ? Non merci, ces cachots sont tout sauf confortables. »

Hermione lui jeta un regard dégoûté. « Sans déconner ? »

Draco haussa les épaules. « La question n'est pas là, Granger. Le fait est que quand je sortirai de cette cellule, il faudra que je leur donne des informations. Donc que tu le veuilles ou pas, il va falloir te mettre à table, sinon la grosse brute de tout à l'heure reviendra et tu le regretteras amèrement. »

« Je ne peux pas te dire où est Harry, Malfoy », répondit-elle simplement.

Le Serpentard poussa un cri d'exaspération. « C'est pas vrai, t'es inconsciente ou stupide ? Tu n'as pas vraiment le choix, là. »

« Je ne peux pas te dire où est Harry, tout simplement parce que je n'en ai aucune idée », s'énerva-t-elle.

« Tu te fous de moi ? »

Hermione secoua la tête. « Harry, Ron et moi, on était partis pour… », elle s'arrêta, cherchant ses mots. « Bref, on était partis et on avait mis au point un système. Si l'un de nous trois ne revenait pas au camp provisoire après une mission, les autres avaient l'ordre de plier bagage et de quitter les lieux aussi vite que possible. Donc non, Malfoy, je ne me fous pas de toi quand je dis que je n'ai absolument aucune idée de l'endroit où Harry se trouve. »

Le silence retomba dans la cellule. Draco sentit sa tête tourner. Si elle répondait ainsi à toutes les questions, ça allait être sa fête à lui aussi. Il se laissa tomber contre un mur et ferma les yeux.

« Vous étiez partis pour quoi, au juste ? », demanda-t-il après un temps de réflexion.

Hermione réfléchit. Elle pouvait le dire, après tout Voldemort devait être au courant de leur quête des Horcruxes. Ils en avaient déjà détruit trois, Voldemort ne pouvait pas l'ignorer. Si elle arrivait à faire croire à Malfoy que l'information qu'elle lui donnait était d'une importance capitale, elle gagnerait du temps.

Comme elle ne disait rien, Malfoy prit cela pour de la résistance et changea de ton. « Allez Granger », fit-il doucement, « si tu me donnes une seule info, ce sera tout pour aujourd'hui et je te foutrai la paix jusqu'à demain. »

La jeune fille se décida donc à lui parler des Horcruxes. Comme elle s'y attendait, Voldemort n'avait pas été assez fou pour dévoiler à ses troupes ce moyen de l'exterminer. Malfoy prit donc l'histoire pour une info de premier ordre et sembla satisfait.

« Bien, je tiendrai donc parole et tu auras la paix jusqu'à demain. Tu comprends vite, Granger, quand tu veux… », fit-il avant de quitter la pièce sous le regard narquois de la Gryffondor.

Malfoy remonta donc le couloir du sous-sol, puis les escaliers en sifflotant. Il trouva son père dans le hall d'entrée, en grande discussion avec un inconnu. Ce-dernier lui jeta un regard bizarre et Draco se souvint alors qu'il avait la chemise et les bras tachés de sang.

Lucius se retourna et remarqua son fils. A sa grande surprise, il sourit et lui fit signe d'approcher.

« Draco, je te présente le nouveau responsable du Bureau de contrôle des identités. Monsieur, voici mon fils Draco. »

Draco prit un malin plaisir à tendre sa main meurtrie et sanglante en direction de l'homme. Celui-ci la serra avec une pointe de dégoût et Draco pensa avec amertume qu'il n'y avait pas de raison qu'il soit le seul à se salir les mains. S'il avait pu, il aurait forcé ce type en costume impeccable à lécher le sang de Granger sur son poing. Mais il se contenta de lui adresser un large sourire faux, tandis que son père reprenait.

« Ah oui, désolée pour sa tenue ! Draco travaille en ce moment même sur un gros dossier. Un proche de l'Indésirable numéro Un. » Lucius Malfoy tapota fièrement l'épaule de son fils, tandis que l'homme hochait la tête lentement.

« Vous et moi, nous faisons un peu le même métier, en somme », fit le responsable d'un ton affreusement léger. « Vous leur retirez leur dignité et moi leur baguette. »

« Très amusant », cracha Draco avec une expression glaciale. « Père, permettez-moi de me retirer pour me changer. »

« Hmm oui, oui, Draco, tu viendras me faire ton rapport ensuite, merci. » Il s'éloigna avec l'homme du Ministère et Draco s'éclipsa dans sa chambre.

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C'est tout … pour le moment ! Bon, ça commence un peu à chauffer pour le matricule d'Hermione, non ? Si elle continue à ne pas vouloir parler, ça ne va pas s'arranger ! Mais il se pourrait que CERTAINS évènements changent la donne, mais ça, vous le saurez dans les prochains chapitres… Je ne vous en dis pas plus. N'oubliez pas de me donner votre avis !

Enormes bisous.

Xérès !