The Rise and Fall

Les blas-blas de Xérès : Bonjour à tous ! Voici un nouveau chapitre de The Rise and Fall. Les prémisses d'un plan commencent à se dessiner grâce à un précieux allié et Blaise devient le spectateur ébahi de curieux changements d'humeur … Je vous laisse découvrir sans plus attendre et vous souhaite une bonne lecture !

Merci à mes nouveaux followers (ChloetheCrazy, , MzelleCe, Etoilemment), ainsi qu'à chapou69, faerycyn, satouneDV, Elena Grape, sweet nanoute, Noumiex3, Babar, Loufoca-Granger et Nelopee pour leurs reviews.

RAR :

Noumiex3 : Narcissa n'est pas indifférente, c'est un fait ! Par contre, je ne pense pas qu'elle se préoccupe tant des prisonniers que de son fils unique. Elle sait que le destin de Draco est lié à ce qu'il fera (ou ne fera pas) dans ces cellules et elle s'inquiète des décisions qu'il va prendre ! Reste à savoir si elle le soutiendra jusqu'au bout … ou pas ! Gros bisous et merci !

Nelopee : Merci pour ta review ! En ce qui concerne la sœur de Blaise, patience, elle va avoir une certaine importance pour la suite ! Bien entendu, le personnage en lui-même restera basique, puisqu'il s'agit d'une enfant « sauvage) : elle ne sait ni parler, ni écrire, ni lire, mais ce qui est intéressant finalement, c'est son existence même, pas sa personnalité (en aurait-elle une, d'ailleurs ? Peut-on développer une personnalité et un caractère en l'absence de toute influence de la société ? Mais bref, ce sont des questions philosophiques et le but n'est pas là ^^) A bientôt pour les prochains chapitres ! Bises

Loufoca-Granger : J'espère que tu continueras à adorer Narcissa dans ce chapitre, elle y sera assez présente et on découvrira une nouvelle facette de sa personnalité ! Bisous et merci pour ta review )

GUEST : cher/chère invité(e) anonyme ! Si tu ne signes pas tes reviews et que tu n'as pas de compte FF net, je ne pourrai pas répondre à tes messages ! :( J'espère que tu seras quand même au rendez-vous pour ce chapitre. Je réponds donc à ta question : je poste en principe une fois par semaine (sauf imprévu de dernière minute, mariage/anniversaire ou excès de travail !) En tous cas, merci de m'avoir lue. (PS : une astuce pour ne pas avoir à actualiser sans arrêt la page du site, inscris-toi et mets ma fiction dans tes « alertes ». Tu recevras ainsi un mail automatique à chaque nouveau chapitre posté ! ) ) Bisous et merci encore !

Chapitre 5 : Eurêka

Lorsque Draco remonta dans sa chambre, choqué et furieux, il trouva Blaise seul, mi-éveillé, mi-comateux. Mais un seul regard suffit à l'Italien pour comprendre que son meilleur ami allait mal. Très mal.

« Théodore est parti finir sa nuit chez lui », dit-il simplement pour indiquer au blond qu'ils pouvaient parler librement. Pour toute réponse, Draco mit un coup de pied dans un coussin tombé à terre. Puis un deuxième. Et un troisième. Son visage pâle se crispait sous le coup de la colère et Blaise fronça les sourcils d'un air inquiet.

« Qu'est-ce qu'il se passe, vieux ? », demanda-t-il d'une voix qui se voulait apaisante.

« Mon père … », gronda Draco d'une voix sourde. « Mon cher père a pris la liberté de torturer Hermione pendant que tous les trois, on dormait comme des putains de princesses ! », explosa-t-il, tandis qu'une nuée de postillons explosait dans l'air saturé de la chambre à chaque « p ».

Blaise hocha la tête, comprenant enfin ce dont il retournait. Il décida d'entamer une thérapie de choc. « N'oublie pas que Granger est là pour ça, Draco. Tu ne peux pas continuer de la préserver et t'attendre à ce que les autres Mangemorts supportent ton absence de résultats avec le sourire », fit Blaise tandis que Draco le fusillait du regard. « Et surtout pas ton père. »

« Alors qu'est-ce que je suis supposé faire, hein ? Croiser les bras, abandonner et attendre qu'elle se fasse tuer ou pire, violer ? », cracha Draco en pointant un doigt vers le sol.

Blaise haussa les épaules. « J'aurais plutôt dit l'inverse, mais c'est un point de vue comme un autre… »

« De quoi ? », grogna le blond.

« Moi j'aurais dit : attendre qu'elle se fasse violer ou pire, tuer … », expliqua Blaise. « Enfin, je dis ça comme ça … »

Draco le regarda un instant, les yeux ronds comme des soucoupes. « Tu te moques de moi, en plus ? »

« Je n'oserais pas », rétorqua Blaise en levant les mains au ciel.

Draco le regarda encore quelques secondes puis se détourna pour s'accouder au rebord de sa fenêtre. Son regard se perdit dans le paysage qui s'étendait à perte de vue. Il fallait trouver un moyen de faire sortir Granger de là. Et vite.

« Et les autres prisonniers, tu comptes les aider ou bien … », commença Blaise avec un demi-sourire.

« Bien sûr que non », aboya le blond sans se retourner. « Rien à foutre des autres. »

Blaise rit doucement. « Oui, c'est bien ce que j'avais cru remarquer. »

~o~

Avec un craquement sonore, il apparut devant le portail qui marquait l'entrée de la propriété des Malfoy. D'un air sombre, il contempla quelques secondes les grilles en fer forgé, le jardin à la française soigneusement entretenu, le gravier froid qui crissait sous ses pieds. Il avait toujours détesté cette demeure et s'il n'y avait pas eu son filleul pour lui donner une bonne raison d'y venir régulièrement, il aurait bien volontiers limité ses visites.

Séverus Rogue remonta l'allée jusqu'au porche et saisit le heurtoir en forme de serpent de la grande porte. Il entendit le bruit des coups résonner dans le vaste hall d'entrée, puis la porte s'ouvrit après quelques secondes d'attente. A sa grande surprise, Rogue ne vit pas un elfe apparaître dans l'embrasure, comme d'habitude (les Malfoys ne s'abaissaient pas à ouvrir la porte aux visiteurs !), mais la silhouette longiligne et délicate de Narcissa Black, épouse Malfoy. Les longs cheveux blonds de cette dernière étaient soigneusement relevés en chignon, ce qui lui donnait un air sévère et pincé. Séverus lui adressa un discret sourire de connivence.

« Bonjour Narcissa », la salua-t-il d'un hochement de tête. Son sourire disparut. Les sourires sincères étaient dangereux par les temps qui couraient. Mieux valait adopter une expression neutre, voire légèrement méprisante pour se fondre dans la masse.

Narcissa le salua également, sans sourire. Mais Séverus vit dans l'éclat bleuté de ses yeux qu'elle était ravie de la savoir ici.

« Entre, je t'en prie », souffla-t-elle avant de jeter un coup d'œil rapide autour d'elle. Ils étaient seuls et Narcissa sembla se détendre quelque peu. « Merci d'avoir répondu à mon invitation, Séverus. Je dois dire que l'ambiance devient assez … », elle grimaça, « particulière, ces derniers temps. »

Séverus esquissa un rictus navré. « Comment va ton fils ? »

Narcissa ouvrit de grands yeux apeurés. « Pas ici, Séverus ! », siffla-t-elle en regardant à nouveau par-dessus ses épaules. « Suis-moi. »

Elle le devança et traversa le hall d'entrée pour filer, à travers les longs corridors, jusqu'au salon. Ils passèrent les portes-fenêtres qui menaient au jardin de derrière et s'enfoncèrent entre les haies de buis et les rosiers, pour s'asseoir sur un petit banc de marbre blanc au fin fond de la propriété, d'où leur parvenait la musique agréable d'une fontaine voisine. C'était le coin préféré de Narcissa au Manoir et chaque hiver, elle maudissait la neige et le froid qui l'empêchaient de venir s'y réfugier avec un bon roman ou tout simplement pour se détendre.

Une fois assis et certains d'être seuls, Narcissa soupira longuement. « Draco va mal, Séverus. Très mal. Et c'est entièrement de ma faute », souffla-t-elle soudain.

Séverus Rogue fronça les sourcils. « Bien sûr que non, pourquoi dis-tu ça ? »

« Je … », elle s'arrêta, reprit son souffle et tourna ses grands yeux désespérés vers le professeur de Potions. « Il y a deux mois, j'ai … j'ai voulu l'envoyer très loin d'ici. Pour qu'il quitte cet endroit, ces gens, cette … violence … » Elle pinça les lèvres. « Mais je n'ai pas pu. Je n'ai pas pu me résoudre à voir mon petit garçon me quitter et … » Elle plaqua une main sur sa bouche, comme si ses paroles étaient honteuses. « J'ai été tellement égoïste … »

Séverus baissa les yeux. « Tu es une mère … », fit-il simplement. Il ne voyait pas quoi dire d'autre.

« Une mère pitoyable, si tu veux mon avis », cracha Narcissa, tandis que sa tristesse laissait place à la colère. « Et voilà le résultat : maintenant, mon fils est dans un pétrin incommensurable à cause de cette sale petite … petite … »

Séverus décida de faire comme s'il n'était pas au courant. « De qui parles-tu, Narcissa ? »

Le visage de Narcissa se releva aussi sec et elle lui jeta un regard accusateur. « Ne te fais pas plus bête que tu n'es, Séverus. Je suis certaine que tu connais aussi bien que moi les tenants et aboutissants de cette affaire. Cette … Granger … elle n'a pas arrangé la situation de Draco. Elle l'a même empirée ! », fit Narcissa avec véhémence. « Jusqu'à présent il se contentait de déprimer tout seul dans son coin, mais maintenant … » Elle secoua la tête avec mépris. « Je le sens … Il est décidé à la protéger coûte que coûte. Il désobéit effrontément à son père … et au Seigneur des Ténèbres ! »

« Tu es en colère car ton fils a relevé la tête de son océan d'indifférence pour enfin se fixer un objectif ? », demanda doucement Séverus.

« Tu appelles ça un objectif ? », ricana-t-elle. « Ce n'est qu'une gamine parmi tant d'autres. Pas un objectif. Une gamine qui va le faire tuer, ni plus ni moins. » Elle agita un doigt sous le nez de Séverus. « Car c'est ce qui attend les traîtres et les espions, mon cher ami. Oui, oui, toi aussi. Un jour, tu te feras prendre et c'en sera fini de toi. La seule chose que je te demande, c'est de ne pas entraîner mon enfant dans ta chute. »

« Je n'y compte pas », grinça Séverus en jetant un regard gêné aux alentours. Si quelqu'un les entendait, justement, ils finiraient tous les deux en cellule. « Mais pose-toi la question, Narcissa … Ne serais-tu pas fière de Draco, si … »

« Tais-toi ! », l'avertit Narcissa avec colère. « Je ne veux pas entendre la fin de cette phrase. » Mais la phrase se termina toute seule dans son crâne. Ne serais-tu pas fière de Draco s'il libérait cette fille et décidait de se battre pour une cause juste ? Les lèvres de Narcissa tremblèrent et sa colère s'envola, pour laisser à nouveau la place au déchirement. « Bien sûr que je serais fière … », souffla-t-elle.

Séverus esquissa un sourire et lui tapota le dos. Narcissa faisait toujours preuve d'un sang-froid extraordinaire en présence de son mari et de son fils. Mais lorsqu'ils étaient seuls tous les deux, ils redevenaient Snivellus et Cissy, les adolescents à fleur de peau qu'ils étaient à Poudlard. Camarades de classe, binômes en cours de potions, confidents … Ils avaient toujours parlé librement, ils se disaient tout. Si bien qu'il ne lui avait jamais caché son statut d'espion. Ni la raison pour laquelle il était devenu espion. Ainsi, depuis la mort de Dumbledore, elle était désormais la seule et unique personne au monde à connaître les sentiments de Séverus pour Lily Evans, devenue Lily Potter après s'être amourachée d'un joueur de Quidditch dont la cervelle inexistante se terrait, enfouie sous une masse informe de cheveux bruns, ragea Séverus à cette pensée.

« Une Sang-de-Bourbe, par-dessus le marché », gémit Narcissa en secouant la tête, sortant Séverus de ses sombres souvenirs. « Il n'aurait pas pu s'enticher d'une Sang-Pur, hein, je te le demande ? »

Séverus rit en silence. « Si c'était une Sang-Pur, on n'en serait pas là à se demander si ton fils va changer de camp … »

Narcissa le fusilla du regard et lui assena une tape sur le bras. « Tu vois très bien ce que je veux dire », bouda-t-elle en baissant les yeux.

Un ange passa entre eux. Séverus décida d'aborder la partie la plus épineuse de la conversation.

« Narcissa, il faudrait que tu t'arranges pour me laisser voir Miss Granger … », murmura Séverus, tandis que Narcissa soupirait.

« Qu'est-ce que vous avez tous avec cette fille ? », grommela-t-elle. « D'abord Draco, maintenant toi … »

« Cinq minutes », souffla-t-il en lui jetant un regard suppliant. « Cinq … toutes petites … minutes. »

Narcissa le regarda, amusée, puis plaqua une main sur le visage du maître des potions pour le repousser. « Cesse de me faire ces yeux-là. C'est d'accord. »

~o~

Hermione sanglotait doucement dans sa cellule. La douleur était revenue progressivement, cuisante, insidieuse, enveloppant le bout de ses doigts comme un étau de fer chauffé à blanc. Mais ce n'est pas tant la douleur qui faisait couler ses larmes. L'épuisement la gagnait. Elle avait perdu le compte des jours passés dans cette cellule miteuse, à se laisser torturer, humilier, sans intimité, sans hygiène. A chaque bruits de pas dans le couloir, elle en était venue à prier pour que ce ne soit que Malfoy. Elle avait même appris à reconnaître sa démarche, hésitante, lente, qui contrastait avec les pas lourds et empressés des autres Mangemorts. Un sanglot aigu s'échappa de ses lèvres à cette idée. Voilà à quoi elle en était réduite : espérer Malfoy. Ah l'ironie …

C'est pour cette raison que lorsqu'elle entendit des pas lourds et précipités d'homme adulte qui se rapprochaient de sa cellule, elle se raidit et la bile lui remonta vivement dans la gorge. Pitié, pas moi, pas moi …

Mais aucun dieu ne semblait écouter ces prières ce jour-là, car les pas s'arrêtèrent juste devant sa porte. Elle fit un effort désespéré pour tirer sur ses liens mais en vain. Ils ne bougeaient pas d'un pouce. C'est donc la mort dans l'âme qu'elle vit la porte de sa cellule s'ouvrir. Elle ferma les yeux aussi fort qu'elle le put, dans une dernière tentative de se réveiller de cet horrible cauchemar qu'était devenu sa vie.

« Miss Granger », chuchota-t-on.

Laissez-moi tranquille, hurla Hermione dans sa tête. Partez !

« Miss Granger ! », la voix se rapprochait, se faisant plus insistante. Une voix familière.

Pour une raison inconnue, le cœur d'Hermione se mit à battre la chamade et elle eut l'impression qu'une douce chaleur s'insinuait dans ses membres et leur redonnait vie. L'espoir ? Hermione ne comprit pas cette soudaine réaction dans ses cellules. Son subconscient devait avoir senti quelque chose de bon, de positif, mais quoi ?

Elle ouvrit un œil et releva la tête en direction du nouveau-venu. Et son cœur sembla exploser dans sa cage thoracique.

« Pr… professeur Rogue ? », fit-elle d'une toute petite voix. Le maître des Potions voulut esquisser un sourire mais il semblait hypnotisé par les bleus et les bosses de son visage, ainsi que par ses ongles massacrés. Le mieux qu'il réussit donc à produire fut un rictus étrange, à mi-chemin entre le dégoût et la pitié.

Mais Hermione s'en fichait pas mal d'être repoussante et défigurée. Elle n'avait jamais été aussi heureuse de toute sa vie. Rogue était là, il allait l'emmener loin d'ici. Peut-être même qu'Harry et les autres étaient là-haut quelque part, à faire mordre la poussière à ses geôliers.

Mais son espoir s'envola soudain lorsqu'il jeta un regard précipité derrière lui. « Miss Granger, je n'ai pas beaucoup de temps, je ne devrais pas être ici. Il faut que vous m'écoutiez attentivement. »

Le sourire d'Hermione disparut. « Vous ne m'emmenez pas avec vous ? », fit-elle d'une voix qui fleurait la panique. « Pourquoi ? Pourquoi vous ne m'emmenez pas loin d'ici ? Pourquoi ? »

Rogue la saisit par les bras et la secoua doucement mais fermement. « Miss Granger, vous devez vous taire et m'écouter ! »

« Vous ne comprenez pas », fit-elle d'une voix plaintive. « Je ne peux pas rester là, ils sont en train de … » Elle chercha ses mots, la bouche ouverte et les larmes affluant de nouveau. « Ils vont me briser, je le sens … ça prendra le temps qu'il faudra, mais ils vont y arriver … » Sa phrase se perdit dans un couinement affolé.

« Miss Granger, j'ai un plan. Alors maintenant, reprenez-vous et écoutez-moi, par Merlin ! », s'énerva-t-il.

Hermione referma la bouche, renifla, puis hocha la tête. « Je vous écoute. »

~o~

Séverus Rogue sortit des cachots aussi vite qu'il y était entré. Il rejoignit prestement Narcissa, qui faisait le guet dans le hall d'entrée.

« Tu as fait ce que tu avais à faire ? », marmonna-t-elle, les bras croisés.

Séverus acquiesça et Narcissa lui répondit par un air pincé. « Je me demande bien ce que cette fille a de si spécial, pour que vous soyez tous là à vous empresser autour d'elle … »

Séverus sourit. « Ne fais pas ta mauvaise tête, Cissy », fit-il avec un sourire. « Tu es juste jalouse de ne plus être le centre du monde de ton fils. »

Narcissa haussa les épaules d'un air buté. « Que vas-tu faire, maintenant ? », lui demanda-t-elle en le voyant remettre sa cape.

« Je ne sais pas si tu as vraiment envie de savoir… », fit-il avec une grimace.

« Alors déguerpis », plaisanta-t-elle en le poussant sans ménagement vers la porte. Séverus retint un gloussement et se retourna une dernière fois en direction de la maîtresse de maison.

« Arrange-toi simplement pour que Draco aille voir Granger aujourd'hui », fit-il en lui posant une main sur l'avant-bras. « C'est impératif. »

Narcissa hocha la tête. « Je le ferai. » Elle regarda l'homme s'éloigner et referma la porte du Manoir derrière lui. Sans un bruit, elle monta les escaliers à petits pas et vint se planter devant la porte de la chambre de son fils. Elle frappa le panneau de bois et entendit des pas dans la pièce, puis on ouvrit la porte.

« Blaise ?! », s'exclama Narcissa, qui s'était attendu à voir son fils et non un autre garçon dans l'embrasure. « Où est Draco ? »

Blaise ouvrit grand la porte. Une odeur moite et acre de sueur et d'alcool agressa les narines délicates de Narcissa, qui jeta un regard affolé en direction de la fenêtre baignée de soleil. Fermée.

« Il est sous la douche… », répondit simplement Blaise en la regardant traverser la chambre à grands pas pour ouvrir la fenêtre en grand et faire entrer de l'air frais. Narcissa soupira de soulagement et remplit ses poumons avec ravissement. Puis elle se dirigea vers la porte de la salle de bain, qu'elle ouvrit sans aucune gêne malgré le hurlement de surprise et de protestation que poussa son fils.

« Mon chéri, prépare-toi à aller voir ta prisonnière aujourd'hui, il faut absolument que tu avances dans tes interrogatoires … », pépia-t-elle joyeusement tandis que Draco se tortillait pour cacher sa nudité.

« Maman, sors ! je suis sous la douche ! », aboya-t-il, rouge de honte, tandis qu'il entendait Blaise s'esclaffer derrière sa génitrice. Narcissa sembla ravie de l'entendre l'appeler maman et la tutoyer enfin comme devrait le faire n'importe quel enfant, avant de réaliser que c'était sûrement sous le coup de la colère … Mais Lucius avait toujours insisté pour mettre de la distance entre eux et leur fils. Pour en faire un homme, disait-il …

« Je vois bien que tu es sous la douche, mon chéri, je voulais juste te faire passer un petit message… », reprit-elle, sans pour autant refermer la porte.

« J'ai eu le message, merci, maintenant SORS ! »

Narcissa s'exécuta.

« Par Merlin, c'est du HARCÈLEMENT ! », beugla encore Draco après qu'elle ait eu refermé la porte.

« Madame Malfoy », l'interpella Blaise alors que Narcissa entreprenait de taper les coussins de son fils et de retendre les draps. Elle avait si peu l'occasion de faire ces gestes basiques qu'elle y prenait un plaisir incommensurable. « J'espère que ma présence ne vous dérange pas trop… J'aimerais … enfin … »

Narcissa s'arrêta, un coussin à la main et regarda Blaise avec un sourire triste. « Tu peux rester ici autant que tu veux, mon chéri. Et Draco a besoin de compagnie … » Elle reprit son travail. « Toi aussi, je suppose … »

Blaise baissa les yeux. « Un peu … » Comme il gardait les yeux baissés, il ne vit pas Narcissa s'approcher et lui déposer un petit baiser sur le haut du crâne.

« Aie confiance, reste toi-même et tu connaîtras des jours meilleurs. Tu es bon garçon, Blaise », fit-elle doucement et il la gratifia d'un large sourire.

« Merci, Madame Malfoy. »

Draco sortit de la salle de bain, encore furieux de l'intrusion de sa mère. Sa fureur redoubla d'intensité lorsqu'il vit son lit tiré à quatre épingles.

« Tu as fait mon lit ?! », aboya-t-il. Mais pour toute réponse, Narcissa fondit sur lui et le serra contre elle.

« Toute l'année, tu es à Poudlard et je ne peux jamais faire ton lit, ni te border comme avant… », s'exclama-t-elle d'une voix boudeuse, tout en ébouriffant ses cheveux humides. « Tu ne vas tout de même pas m'en vouloir de m'occuper de mon petit garçon ? »

Draco grogna et se dégagea de l'étreinte de sa mère. « Je ne suis plus un bébé… »

Narcissa soupira. « Et non … » Elle se reprit et sourit. « N'oublie pas de-

« Descendre voir Granger, merci Mère », fit sèchement Draco dont la mauvaise humeur semblait ne pas vouloir s'atténuer. Narcissa sourit à Blaise et sortit de la chambre. Elle referma la porte derrière elle et s'appuya contre le panneau de bois. Son sourire disparut et elle porta une main à sa poitrine. Une larme se fraya un chemin par son canal lacrymal mais elle la sécha d'une main rageuse et alla s'enfermer dans sa propre chambre.

~o~

Lorsque Draco arriva dans le couloir des cachots, Blaise sur les talons, il ne put s'empêcher de lui poser la même question que deux minutes plus tôt lorsque l'Italien avait annoncé qu'il l'accompagnait.

« Blaise, rappelle-moi pourquoi tu veux absolument m'accompagner ? », marmonna Draco en accélérant le pas.

« Trois cerveaux valent mieux qu'un pour trouver un plan », fit simplement Blaise avec un sourire. « Vu que Granger compte pour deux … »

Draco se figea et se retourna vers son ami. « Et donc le troisième serait ? »

« Le mien, bien entendu … », fit Blaise, ravi.

Draco lui jeta un regard mauvais. « Bien entendu … »

Ils parvinrent à la porte de la cellule de Granger et Draco la déverrouilla d'un coup de baguette. Granger les attendait, mais à la grande surprise du blond, elle ne semblait plus du tout abattue et désespérée. Pire, elle souriait. Jusqu'à ce que Blaise entre derrière lui.

« Qu'est-ce qu'il fait là, lui ? », fit-elle, quelque peu effrayée.

« Du calme, Granger », fit Blaise tandis que Draco insonorisait la pièce et posait un bocal contenant une lumière verte près de la porte. « Je suis venu vous aider à trouver un plan pour te sortir de là. »

« Alors tu arrives trop tard, Zabini, parce que j'en ai déjà un », maugréa Hermione en regardant le bocal avec curiosité.

Blaise lui adressa un sourire conquis, la désigna du doigt et se tourna vers Draco. « Cette fille est décidément merveilleuse. »

« Qu'est-ce que c'est ? », demanda Hermione en regardant Malfoy et son bocal.

« Pas tes oignons, Granger », grogna le blond.

Blaise rit. « Ne fais pas attention, il est d'une humeur massacrante aujourd'hui. C'est une alarme pour éviter qu'on ne s'aperçoive que la pièce est insonorisée. Dès que quelqu'un approchera trop près de cette cellule, la lumière verte deviendra rouge, afin de nous avertir qu'il faut lever le sortilège. »

Hermione hocha la tête. « C'est plutôt malin », admit-elle.

« Merci, c'est une idée à moi », s'empressa d'ajouter Blaise.

« Quel sortilège as-tu utilisé pour cela ? », demanda Hermione, dont la nature de Je-Sais-Tout reprenait le dessus.

Mais un raclement de gorge grossier les interrompit. Draco les regardait tous deux avec stupéfaction. « Ça va, tranquilles, tous les deux ? Je ne vous dérange pas trop ? »

« Si, un peu, mais ce serait grossier de ma part de te demander de quitter ton propre Manoir … », plaisanta Blaise avec un large sourire. Son ami lui répondit par une tape sur le haut du crâne.

« Aïe », protesta Blaise, laconiquement, tandis que Draco prenait une chaise pour se poster en face de Granger.

« Bon, on était venus mettre au point un plan mais si ton incroyable cervelle de Je-Sais-Tout a déjà fait le travail, je propose qu'on écoute ton plan d'abord et qu'on avise ensuite … », fit Draco, sans s'empêcher de jeter un regard dégoûté au désastre qu'étaient devenues les mains d'Hermione.

Blaise et Hermione ne manquèrent pas ce regard.

« Si je te dégoûte, Malfoy, surtout ne te fais pas prier pour le dire », cracha Hermione avec animosité.

« Oui, Granger, tu me dégoûtes », lâcha le Serpentard, les yeux plissés. « Tu es une erreur de la nature, un simulacre de sorcier, un-

« Dans ce cas, pourquoi tu ne me tues pas tout de suite, tu serais débarrassé ! », s'emporta la Gryffondor.

« Vous êtes vraiment adorables tous les deux, mais on n'a pas toute la journée », lâcha Blaise avec amusement. « Granger, ton plan. »

Les deux ennemis se lancèrent un dernier regard furieux, puis Hermione se détourna et s'adressa directement à Blaise.

« Bon, disons que je vous donne de faux tuyaux ? », proposa-t-elle. « Des infos véridiques mais qui ne sont tout simplement … plus d'actualité. »

« Ça ne va pas leur plaire, tu risques d'en payer les conséquences… », marmonna Malfoy, qui pensait surtout aux conséquences que cela aurait pour lui-même. Mais peut-être qu'après deux ou trois fausses informations, on le tuerait et il pourrait mener une vie heureuse dans l'au-delà. Ce serait sûrement mieux que de rester ici.

« Oui mais au moins, on gagnera du temps… », fit Blaise en croisant les bras. « Quelles infos de ce genre tu pourrais donner ? Il faut que ce soit crédible et suffisamment important pour les faire se déplacer. »

« L'adresse du QG de l'Ordre. Bien entendu, ils vont vider les lieux aujourd'hui, alors ce ne sera plus vraiment le QG, mais … »

Les deux garçons lui jetèrent un regard suspicieux.

« Comment tu peux savoir ce qu'il va se passer aujourd'hui chez tes amis, alors que tu es ici depuis plusieurs jours ? », fit Draco en la fusillant du regard.

Hermione se raidit et les regarda tour à tour. « Je … je ne peux rien dire, pas pour le moment. »

Draco poussa un cri de rage et donna un coup de pied dans la chaise d'Hermione, avant de se pencher vers elle, furieux. « GRANGER ! Comment est-ce que tu veux qu'on y arrive, si tu ne joues même pas franc-jeu avec nous ? Tu trouves qu'on ne s'est pas assez mouillés pour toi ? Tu trouves que ce qu'on fait pour toi, ce n'est pas assez dangereux ? »

Hermione ne put s'empêcher d'être parcourue d'un frisson de terreur. Même s'il semblait désireux de l'aider, Malfoy restait Malfoy. Un type instable, colérique et fils de Mangemort par-dessus le marché. Sans oublier qu'il me déteste, pensa la Gryffondor avec une pointe d'angoisse.

« J'en suis tout à fait consciente, Malfoy », souffla-t-elle, trouvant son visage rageur beaucoup trop près du sien. « Mais disons que … notre ami commun se dévoilera à toi lorsqu'il le jugera nécessaire. En attendant, j'ai juré de me taire ! »

Le blond ne recula pas et Hermione n'osait plus bouger. Non pas qu'elle pouvait bouger, de toute façon, attachée comme elle l'était. Mais elle semblait comme hypnotisée par les yeux gris et terrifiants du serpent, convaincue qu'au moindre geste, il l'égorgerait. Mais Zabini posa une main sur l'épaule de son ami et le força à reculer. Hermione put alors respirer normalement.

« Je trouve ça logique », fit Blaise avec un sourire bienveillant, tandis que Draco se retournait vers lui avec un regard d'incompréhension. « Ils assurent leurs arrières. Ils te testent pour savoir si tu vas oui ou non être digne de confiance sans pour autant montrer toutes leurs cartes. Au cas où tu les balancerais. » Il désigna Hermione du menton. « Granger prend d'énormes risques à ce petit jeu, tu devrais au moins pouvoir comprendre ça. »

Hermione jeta un regard reconnaissant à l'Italien et le blond sembla se calmer quelque peu. Il se rassit.

« Bon, et que se passera-t-il une fois qu'ils seront là-bas ? »

Hermione pinça les lèvres. « Eh bien, j'imagine que les membres de l'Ordre qui seront restés en embuscade leur tomberont dessus … Le but étant d'affaiblir les rangs. »

Draco écarquilla les yeux. « Tu sous-entends qu'on les envoie au casse-pipe ? » Devant le regard gêné d'Hermione, sa fureur remonta d'un seul coup. « Tu réalises qu'on parle de ma famille, des familles de mes amis ? Des gens que je connais depuis des années ? »

Ce fut au tour d'Hermione de laisser éclater sa colère. « Et moi, alors ? Tous les membres de l'Ordre sont aussi mes amis, ma famille ! Et tu sais mieux que personne, Malfoy, pourquoi ils sont devenus ma seule famille ! Comment oses-tu imaginer que tu seras le seul à perdre des gens auxquels tu tiens dans cette foutue guerre ? Comment oses-tu penser que pour nous c'est PLUS FACILE ? »

Les deux jeunes gens s'affrontèrent du regard. Blaise baissa les yeux. Granger avait raison, rien n'était plus facile depuis longtemps. Et eux, au milieu de tout ce chaos, le savaient plus que tous les autres.

« Malfoy », reprit Hermione d'une voix plus douce. « Avec un peu de chance, ils quitteront les lieux en comprenant qu'ils sont moins nombreux ou moins forts … Le tout c'est de donner à Voldemort un morceau d'os à ronger et montrer à tes pairs que tu arrives à me faire parler, à me faire donner de véritables informations. Le temps d'organiser ma sortie. »

La voix douce d'Hermione remua quelque chose de profondément enfoui à l'intérieur du blond. Quelque chose qui l'apaisa. Il se détendit et la regarda, mais il n'y avait plus aucune colère dans ses yeux. Seulement de la crainte, mais aussi de la détermination. Blaise ne put s'empêcher d'ouvrir la bouche de stupeur, tant l'ambiance dans la pièce était devenue plus apaisée et moins électrique. Il avait rarement vu une personne capable de déclencher autant d'émotions, bonnes comme mauvaises, chez son ami d'habitude si glacial et indifférent. Mais à bien y réfléchir, cela avait toujours été le cas. A Poudlard, Draco pouvait tout supporter, presque sans broncher : Pansy, les défaites cuisantes contre Potter au Quidditch, les différentes blessures et autres heures de colles récoltées à cause de ce même Potter … mais un seul regard, une seule parole de Granger pouvait le faire sortir de ses gonds de manière incontrôlable. Et voilà qu'il découvrait qu'elle pouvait également avoir l'effet inverse. Fascinant.

Blaise fut tiré de ses pensées par l'expression inquiète d'Hermione. Elle regardait fixement un point derrière eux.

« Euh, dites … », fit-elle en pointant un doigt valide en direction de la porte. Les deux garçons se retournèrent comme un seul homme et constatèrent que la lumière du bocal … était rouge.

« Draco », souffla Blaise, tandis que le jeune homme hochait la tête et sortait sa baguette pour lever le sort d'insonorisation.

« 12, square Grimmaurd à Londres », débita Hermione précipitamment. « Mais il ne faut pas qu'ils y aillent avant ce soir, l'ordre doit avoir le temps de s'organiser ! »

Blaise hocha la tête et se baissa pour mettre son visage à la hauteur du sien. « Je suis désolé, Granger », chuchota-t-il avec une expression indéfinissable.

« Que … quoi ? », fit Hermione en écarquillant les yeux. Puis elle vit Blaise écraser son poing sur sa main gauche et par la même occasion, sur ses ongles qui commençaient à peine à cicatriser. Elle poussa un hurlement déchirant, tellement atroce que Malfoy se retourna avec une expression horrifiée en l'entendant. Mais il n'eut pas le temps de demander à Blaise la raison de cette agression. Le visage de Lucius Malfoy apparut dans la petite grille située en haut de la porte en bois. Il semblait réjoui.

« Je vois que ça travaille bien, ici ? », fit-il joyeusement, tandis qu'Hermione se remettait à pleurer et que Draco serrait discrètement les poings. « Tu as un nouveau partenaire, Draco ? »

« Bonjour Monsieur Mafoy ! », le salua Blaise sur le même ton joyeux.

« Je … Nous sommes sur le point d'obtenir l'adresse du quartier général de l'Ordre du Phoenix. Je pense qu'une attaque pourra être prévue dès cette nuit », fit sombrement Draco, tandis que derrière lui, Blaise continuait de trouver un moyen de faire pousser des cris inhumains à la Gryffondor. Il n'osait pas se retourner mais l'air ravi de son paternel suffit à l'assurer que Blaise faisait du bon boulot.

« 12, square Grimmaurd à Londres ! », clama Blaise avec entrain. « Effectivement une attaque nocturne serait plus appropriée. L'effet de surprise, vous comprenez … »

« Parfait ! Parfait ! », s'exclama Lucius sans cesser de regarder le spectacle qu'offraient Granger et Blaise. « Vous faites du bon travail, les garçons. Je vais prévenir tout le monde que nous serons de sortie ce soir. »

Sitôt qu'il eut disparu, Draco soupira et Blaise cessa de sourire pour s'agenouiller devant Granger, qui pleurait à chaudes larmes. « Désolé, Granger, mais il le fallait … », dit-il doucement avec une grimace.

« Va te faire foutre, Zabini ! », cracha Hermione en le fusillant du regard. « J'en ai assez que vous vous excusiez tous les deux à chaque fois que vous me faites du mal. Comme si ça pouvait effacer l'ardoise, pour mieux recommencer le lendemain. Espèce de-

Mais elle se tut en réalisant avec stupeur qu'elle ne ressentait plus aucune douleur. Elle leva le nez et vit Malfoy, baguette pointée sur elle.

« Et maintenant, c'est mieux ? », demanda-t-il doucement.

Hermione regarda ses mains. Elles avaient toujours un aspect repoussant mais elle pouvait bouger les doigts sans ressentir la moindre once de douleur. Même les contusions de son visage semblaient moins cuisantes. Elle reporta son attention sur le blond et hocha la tête.

« Merci, Malfoy », fit-elle d'une voix presque inaudible. Ils échangèrent un long regard et Hermione sentit une bouffée de reconnaissance l'envahir. Peut-être allaient-ils vraiment arriver à s'en sortir, après tout.

« Intéressant, très intéressant … », marmonna Blaise en les regardant tour à tour avec un large sourire. Draco leva les yeux au ciel et reprit aussitôt un air bougon avant de quitter la cellule à grands pas.

« Qu'est-ce qui lui prend ? », s'étonna Hermione en le regardant partir.

« Je n'en ai pas la moindre idée », minauda Blaise avec un sourire qui disait tout le contraire.

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Et voilà, c'est fini pour aujourd'hui ! comme vous l'aurez deviné, le prochain chapitre sera mouvementé et on retrouvera une grande partie de nos personnages dans la mêlée. Bien entendu, tout ne se passera pas vraiment comme prévu et il y aura des conséquences … Bref, j'ai hâte d'avoir votre avis sur ce chapitre, ces nouvelles alliances … et j'espère que vous serez au rendez-vous la semaine prochaine pour le chapitre 6 ! Bisous.

Xérès !