The Rise and Fall

Les blas-blas de Xérès : Voici enfin le chapitre 6 de the Rise and Fall, vous avez été toujours plus nombreux à découvrir cette nouvelle fiction et j'en suis ravie ! Bon, si vous me voyiez en ce moment même, les yeux rouges de larmes et le nez tout gonflé, vous ne trouveriez pas ça franchement évident mais je m'explique : je viens simplement de regarder le troisième épisode de la saison 5 de Glee (l'épisode hommage à Cory Monteith) et comment vous dire … Je ne suis pas franchement du genre à pleurer devant des séries, mais là, il fallait franchement avoir un cœur de pierre pour ne pas fondre en larmes. Lea Michele est déchirante, tout comme Naya Rivera, bref, on pleure toutes les larmes de notre corps. A noter simplement, Dianna Agron (Quinn Fabray) qui brille par son absence, mais pour tout vous dire, je ne m'en suis aperçue qu'à la fin au moment du générique. « Mais au fait, elle est où Quinn ? »
Enfin bon, j'arrête de vous raconter ma vie et place à la lecture ! Pas mal d'action dans ce chapitre, Théodore va prendre un rôle plus important et Blaise … je n'en dis pas plus … N'oubliez pas de donner votre avis sur ce qu'il va arriver à ce pauvre Blaise ! Bonne Lecture 3

Merci à mes nouveaux followers (Innocens, InfinitiPotter, elodie Nina, audrey94460, flopit28, laulsbm), ainsi qu'à EmmatomS-M, chapou69, Elena Grape, lilarose12, Etoilemment, sweet nanoute, tigrou, NY0Z3KA, Clem, nadianes, noominaome, labelge, Elisha Blue, Babar (3)et Honni pour leurs reviews.

Disclaimer : Seule l'histoire m'appartient, ainsi que les OC. Le reste appartient à J.K Rowling et le titre du chapitre à Jamiroquaï …

RAR :

EmmatomS-M : j'avoue les ongles arrachés, c'est un des rares trucs qui me fait frissonner de dégoût dans les films d'horreur XD En ce qui concerne la tension entre Hermione et Draco, j'ai toujours pensé que c'était super sexy. Deux caractères aussi forts et aussi électriques, ça ne peut que faire des étincelles. C'est pour cela que je trouve ce couple aussi intéressant dans les fictions. Ron est trop « soumis » à mon sens pour être avec Hermione. Elle le domine à tous les niveaux. Alors qu'entre Draco et Hermione, au moins, il y a du challenge ! En tous cas, merci pour ta review si enthousiaste et à bientôt !

Sweet nanoute : Blaise ? Faire des remarques ? Noooon, il ne se permettrait pas ! lol Merci pour ta review )

Etoilemment : cette larme, oui c'est de la peur, de la nostalgie, de la souffrance face à cette distance que Lucius a toujours imposée entre elle et son fils, de la terreur face aux chemins qu'il semble vouloir emprunter et qui vont au mieux l'éloigner encore un peu plus d'elle et au pire le faire tuer ! Mais bon, c'est la vie ! lol Non, Draco a des alliés, qui prennent autant de risques que lui, et l'union fait la force … enfin j'espère pour eux (hin hin hin). Merci pour ta review !

Honni : Merci pour ta review (j'en suis d'autant plus flattée si elles sont rares !) J'espère que ça continuera à te plaire. Pour info, je poste généralement le dimanche ou en début de semaine (lundi ou mardi). Merci encore et à bientôt !

Chapitre 6 : Deeper Underground

« Ils ne viendront pas », bougonna Ronald Weasley pour la centième fois de la soirée. Plaqué contre le mur derrière la porte de leur chambre du 12, square Grimmaurd plongée dans l'obscurité, il plia légèrement son genou droit, douloureux de rester immobile depuis maintenant près d'une soixantaine de minutes. Il entendit Harry lui chuchoter de se taire, depuis le placard à quelques mètres. « J'y peux rien, Harry, je le sens, c'est tout… », protesta le rouquin.

« La ferme, Ron ! », gronda le Survivant, la main crispée sur sa baguette. Lui aussi commençait à douter du plan de Rogue. Le maître des potions était arrivé en début d'après-midi, annonçant que tous devaient transférer le plus gros de leurs affaires ailleurs avant de préparer une embuscade dans la maison des Black. Avec pour ordre de laisser quelques indices montrant que plusieurs personnes vivaient effectivement à cet endroit (vêtements, chaussures, livres ou éditions de la Gazette du Sorcier à différents endroits stratégiques), ils avaient ensuite dû remplir leurs lits de traversins et autres objets pour simuler des corps endormis dans chacune des chambres. Ils devaient alors se cacher et attendre que les Mangemorts entrent subrepticement pour les tuer dans leur sommeil.

Harry et Ron étaient donc dissimulés dans leur propre chambre. Dans la chambre voisine, se trouvaient Rémus et Tonks, Bill et Fleur avaient élu domicile dans la chambre tout au fond du couloir. L'ancienne chambre d'Hermione avait été investie par les jumeaux Weasley, lesquels avaient également piégé la maison à l'aide de quelques-unes des Farces pour Sorciers Facétieux de leur invention. Molly, Arthur et Charlie Weasley s'étaient répartis dans divers recoins du rez-de-chaussée, tandis que Kingsley Shacklebolt s'était posté de manière à garder un œil sur l'extérieur du bâtiment. Ce-dernier avait également amené des amis de l'ancien Ministère, dignes de confiance, afin de grossir leurs rangs et Bill avait fait appel à quelques-uns de ses amis briseurs de sorts, rencontrés du temps où il travaillait encore chez Gringotts. Leur petit groupe s'était retrouvé au chômage technique lorsque Voldemort avait pris le pouvoir et remplacé le personnel de la banque par des hommes de son propre choix.

Ils étaient nombreux et cela rassurait Harry. D'autant plus que la très ancienne et honorable maison des Black ne manquait pas de recoins sombres où se terrer et attendre l'ennemi.

« On va tous mourir », fit la voix de Ron, derrière sa porte. Harry jura dans sa barbe et leva les yeux au ciel.

« Y'a cinq minutes, tu disais qu'ils ne viendraient pas. Décide-toi, Ron, mais dans tous les cas, ferme-la ! », s'énerva Harry, tandis qu'un « Chut ! » lui parvenait d'une pièce voisine.

Ron reporta le poids de son corps sur son autre jambe. Il commençait à avoir des fourmis dans les membres. Comment pourrait-il se battre correctement si tout son corps était ankylosé au moment d'attaquer ? Décidément, ce plan était le pire qu'ils aient jamais mis au point. Soudain, il regarda avec stupeur l'extrémité de sa baguette s'illuminer faiblement. Le signal. Kingsley venait de leur transmettre le signal indiquant que les Mangemorts se trouvaient devant la porte.

« Ils sont nombreux ? » chuchota Arthur Weasley, depuis le placard de l'entrée.

« Une vingtaine », répondit sombrement Kingsley depuis l'alcôve où il se dissimulait, après avoir rapidement fait le compte. « Autant que nous, je dirais. Mais faisons silence, à présent, ils approchent. »

Arthur entendit Molly expirer profondément, quelque part dans l'obscurité et son cœur se serra. Ils avaient au moins un avantage sur les Mangemorts : ils les attendaient, ils étaient prêts. Restait à espérer que l'effet de surprise leur permettrait de prendre le dessus.

Kingsley regarda discrètement par la fenêtre. Les Mangemorts étaient toujours postés devant le bâtiment. Il se souvint qu'il leur faudrait un peu de temps pour que la maison se dévoile à eux. Il remarqua Bellatrix Lestrange (née Black) et ne douta point qu'elle leur aurait expliqué comment faire apparaître la maison de ses cousins. En effet, après quelques minutes, ils avancèrent en direction de la porte d'entrée. Kingsley décrispa ses doigts autour de sa baguette magique. Le combat était imminent. En tant que membre de la famille Black, Bellatrix serait la plus à même d'ouvrir la porte sans un bruit, malgré les sortilèges de protection placés sur la maison. Rémus en avait supprimé quelques-uns (notamment les plus puissants mis en place par Dumbledore avant sa mort), pour ne pas non plus rendre la tâche trop ardue pour les Mangemorts et leur donner l'idée de revenir avec des renforts. La grande porte disparut littéralement et sans un bruit sous les yeux d'Arthur Weasley, qui se terra plus profondément dans son placard. A la place, ne se trouvait plus qu'un trou béant, à travers lequel on distinguait la lumière jaune des réverbères et la brume londonienne. Un Mangemort, puis deux, puis trois entrèrent silencieusement dans le hall. Ils se dispersèrent petit à petit dans la maison, se dirigeant vers certaines pièces que Rogue avait conseillé de laisser allumées, pour plus de réalisme et pour avoir un peu de lumière au moment du combat.

Kingsley se raidit en voyant que Bellatrix et Lucius Malfoy se semblaient pas vouloir entrer à la suite de leurs compagnons. Ils étaient en grande discussion et contemplaient la maison en souriant. Mais il était imprudent de lancer l'attaque tant que des Mangemorts restaient dehors, car ils pourraient alors transplaner et revenir directement à leur maître pour l'avertir de ce qui se tramait ici.

Allez, entrez…, supplia silencieusement Kingsley, tandis que le reste du groupe se disséminait petit à petit à l'intérieur.

Au salon, resté allumé, un Mangemort s'étonna de ne voir personne. La baguette brandie devant lui, il commençait à ressentir un certain malaise. Dehors, Bellatrix et Lucius amorçaient lentement la montée des marches du perron. Ils étaient presque entrés. Dès qu'ils seraient à l'intérieur, Arthur pourrait leur barrer la route et fermer l'entrée béante à l'aide d'un sortilège, les piégeant comme des rats. Et tous leurs fondraient alors dessus comme une nuée de fourmis sur un pot de confiture.

Un autre Mangemort entra silencieusement dans la chambre d'Harry et de Ron. Il s'approcha des lits, baguette brandie, ses dents blanches luisant doucement dans la nuit.

Attends encore un peu, Ron, ne pars pas trop tôt, supplia Harry en silence. Il avait déjà appris à ses dépens que Ron ne faisait pas toujours preuve de beaucoup de sang-froid dans ce genre de situations. Derrière sa porte, Ron n'osait plus bouger ni respirer. Les yeux écarquillés dans le noir, aussi immobile qu'une statue, on aurait pu le croire pétrifié. Le Mangemort pointa sa baguette vers l'un des lits et murmura un Avada Kedavra qui firent se dresser les cheveux de Ron sur sa tête. Le Mangemort pointa sa baguette sur le deuxième lit pour réitérer son crime mais il sembla prit d'un doute subit et s'approcha du premier lit pour en rabattre les couvertures. Sa mâchoire inférieure retomba mollement sur sa poitrine lorsqu'il constata la supercherie. Harry décida qu'il fallait agir avant qu'il ne donne l'alarme.

« Stupefix », chuchota-t-il en glissant la baguette à travers l'interstice de la porte du placard. Le Mangemort se raidit aussitôt et bascula… droit sur la table de nuit. Harry se frappa le front du plat de la main lorsque le corps du Mangemort s'effondra avec grand fracas sur la lampe de chevet et le mobilier. Le vacarme ne passa pas inaperçu et les Mangemorts brandirent leur baguette à l'unisson, en direction du premier étage ou de la chambre des deux garçons, selon leur position dans la maison.

Et merde… jura Kingsley dans sa barbe en voyant que Bellatrix et Lucius s'étaient figés à deux mètres de la porte, toujours à l'extérieur.

« C'EST UN PIEGE ! », hurla alors quelqu'un dans une pièce voisine.

Et ce fut le chaos.

Harry, Ron, Tonks, Lupin, Bill, Fleur et tous ceux dissimulés au premier étage sortirent de leurs cachettes comme des diables de leur boîte, arrosant l'espace de sortilèges divers et variés. La nuit sembla s'illuminer, bariolée de couleurs comme un jour de fête nationale. Les Mangemorts, passées les deux secondes de surprise, entreprirent de riposter, ajoutant du vert et du rouge aux bleu, orange et jaune des sortilèges lancés par les membres de l'Ordre.

Sur le perron, devant le trou béant qui avait autrefois été la porte d'entrée de la maison des Black, Bellatrix fulminait. Elle fonça tête baissée dans la mêlée, ne remarquant même pas que Lucius Malfoy ne la suivait pas. Il contemplait le mélange des couleurs, interdit, ne sachant pas s'il devait joindre ses forces au reste du groupe ou rentrer avertir le Maître. Rester et prendre le risque de mourir, quitter les lieux et passer pour un pleutre. Il ne pouvait décidément pas aller rejoindre le Seigneur des Ténèbres. D'autant plus que celui-ci avait quitté le Ministère avec une pile de documents personnels pour rejoindre Poudlard et s'assurer que le diadème perdu de Rowena Serdaigle se trouvait toujours dans la Salle sur Demande. Il avait demandé à n'être dérangé sous aucun prétexte. Rentrer, c'était donc le déranger, mourir aussi ou risquer de voir Narcissa pâtir de la colère de son maître. Ou Draco. Non, il ne pouvait définitivement pas rentrer.

Il s'élança donc à l'intérieur de la maison, baguette brandie et bien déterminé à faire payer cette bande de traîtres à leur sang pour cette embuscade. Dans l'entrée, Arthur et Molly Weasley étaient aux prises avec Avery, qui les arrosait copieusement de Doloris, sans pour autant atteindre ses cibles. Un peu plus loin, des amis de Bill luttaient courageusement contre Mulciber et Rookwood, mais ces-derniers avaient clairement le dessus.

Je vais trouver Potter, se jura Lucius. Et je rapporterai sa tête.

Il esquiva de justesse un Stupefix lancé par une jeune femme blonde et plongea au sol pour lancer un Diffindo en direction des jambes de celle-ci. Le sortilège trancha allègrement dans la chair et la jeune femme s'effondra en hurlant dans une mare de sang. Il monta à l'étage, où il avait vu Bellatrix disparaître. Il la retrouva bien vite, face à ce petit morveux de Potter. Le mioche avait une lueur meurtrière dans le regard. Il n'avait apparemment pas oublié que Bellatrix avait assassiné son parrain deux ans plus tôt et semblait vouloir le lui faire payer à coups de Sectumsempra. Pour l'instant, Bellatrix riait à gorge déployée tout en parant ses sortilèges sans la moindre difficulté.

Derrière lui, Lucius entendit hurler « Expulso » et il se sentit décoller du sol puis être projeté violemment contre un mur voisin. Relevant la tête, il comprit que celui qui venait de le frapper n'était autre que Rémus Lupin. Ce sale loup-garou miteux.

« Malfoy ! », l'interpella l'ex-professeur avec un sourire. « Tu n'imagines même pas combien je suis heureux de te voir ici. » Lucius roula sur le sol et lança un Doloris en direction du loup-garou. Le sortilège passa à un centimètre de l'oreille de Lupin, dont le sourire faiblit quelque peu. Les deux se lancèrent alors dans une lutte acharnée à quelques mètres de celle que menaient Harry et Bellatrix.

Fred, George et Fleur, dans une des chambres, étaient entourés par quatre types à la mine patibulaire. Tous brandissaient leurs baguettes mais personne n'osait entamer les hostilités.

« Rendez-vous sagement et nous promettons de ne vous faire aucun mal », fit l'un des hommes, Yaxley, en dévoilant une rangée de dents pourries.

« Merci, mais je vais passer », répondit Fred en lui adressant un sourire faux.

« Fais pas des promesses que tu n'pourras pas t'nir, Yaxley », beugla un autre avec un accent vulgaire. Il loucha alors sur Fleur et ricana. « Moi, si j'la chope, j'vais lui faire beaucoup, beaucoup d'mal à cette jolie p'tite caille. »

Un beuglement assourdissant emplit alors la pièce et sidérés, les Mangemorts virent débouler Ron, baguette brandie, hurlant tout ce qu'il connaissait de sortilèges. Les trois autres profitèrent de l'effet de surprise pour lancer leurs propres sorts, si bien que les quatre types se retrouvèrent bientôt tous à terre, pétrifiés ou sans connaissance.

« On ne peut pas dire que c'était tout dans la finesse, petit frère », le félicita Georges avec un sourire, « mais c'était très efficace. »

« Promis, je ne dirai pas à Bill que tu nous as secourus uniquement parce qu'ils ont menacé ta belle-sœur de viol », renchérit Fred tandis que Fleur remerciait Ron d'une chaleureuse accolade.

Leur petit groupe s'élança alors dans le couloir pour prêter main forte aux autres combattants.

~o~

Mâchoires et poings serrés, Blaise et Draco avaient regardé les Mangemorts se préparer et partir à l'assaut du quartier général de l'Ordre du Phoenix. A peine le dernier Mangemort avait-il transplané à l'extérieur de la propriété que les deux garçons s'élancèrent au sous-sol pour gagner la cellule où était enfermée Granger.

La jeune fille les attendait avec impatience.

« Ca y est ? Ils sont tous partis ? », demanda-t-elle d'une voix inquiète lorsque les deux Serpentards ouvrirent la porte de sa cellule à la volée.

Draco refermait derrière eux tandis que Blaise s'approcha d'Hermione pour défaire ses liens d'un coup de baguette. Il hocha la tête.

« Ca y est », confirma Blaise d'une voix sourde. « Mieux vaut ne pas trop tarder, même si je pense qu'on a un peu de temps devant nous. On est jamais à l'abri d'un blessé rapatrié ou d'un retour imprévu … »

Hermione acquiesça et sauta sur ses pieds dès qu'elle fut libre. Le passage précipité en position debout la fit légèrement tituber et elle écarta un peu les bras pour reprendre son équilibre. Blaise fronça les sourcils.

« Ca va aller, tu es sûre ? », lui demanda-t-il. « Tu tiendras le coup s'il faut courir ? »

Hermione haussa les épaules. « Il faudra bien. Mais je préfèrerais qu'on n'ait pas à le faire. On ne peut pas vraiment dire que le menu de l'hôtel soit très riche en protéines et en vitamines. Malfoy, j'espère que tu ne m'en voudras pas si je ne signe pas le Livre d'Or en partant ? »

Malfoy la fusilla du regard tandis que Blaise s'esclaffait. Il secoua la tête avec exaspération et fouilla dans une de ses poches. Il en ressortit une baguette d'un noir d'ébène, ornée d'un mince serpent en argent et émeraude enserrant le manche. Hermione n'en crut pas ses yeux lorsqu'il la lui tendit.

« Cette baguette appartenait à mon arrière-grand-mère », fit le blond d'un air bougon. « Fais-y gaffe, sinon je te tue. »

Hermione la prit délicatement entre ses doigts. A la seconde où la baguette entra en contact avec la paume de sa main, une puissante chaleur parcourut tout le bras d'Hermione et de magnifiques étincelles bleues jaillirent de sa pointe. Interloquée, Hermione regarda Malfoy. Cette baguette était parfaite. La sensation qui l'avait parcourue avait été encore plus forte que lorsqu'elle avait acheté sa baguette chez Ollivander avant sa première rentrée à Poudlard. Mais ce qui étonna le plus Hermione, c'était de voir que Malfoy ne semblait pas surpris le moins du monde.

« Elle était cinglée, exaspérante et dangereuse. Et elle faisait toujours la leçon à tout le monde », crut bon d'ajouter Malfoy. « Pareil que toi, mais en plus vieux … Du coup, je me suis dit que cette baguette t'irait à merveille. »

Hermione leva les yeux au ciel. « Et ton cher papa ne risque pas de te faire payer le vol de cette baguette ? Il ne va pas être très content », railla-t-elle tandis que le blond s'assombrissait.

« On ne compte pas rester dans le coin assez longtemps pour le savoir », expliqua Blaise avec un sourire. « On part avec toi, Granger. »

Hermione lui jeta un regard surpris. « Vous êtes sûrs ? »

« Certains », fit Blaise avec un hochement de tête, tandis que son ami continuait de bouder sans rien dire. « On a eu le temps d'en discuter ce soir et … on pense que c'est ce qu'il y a de mieux à faire. » Blaise pinça les lèvres et baissa les yeux. Il semblait vouloir ajouter quelque chose et Hermione l'invita à le faire.

« Et ? », fit-elle avec un regard inquisiteur.

Blaise lui adressa un sourire gêné. « Est-ce que tu crois que … tes amis voudront bien de notre aide ? »

Le visage d'Hermione s'éclaira et elle sourit largement. « J'en suis sûre. Toute aide est la bienvenue. Et puis, on fait bien confiance à … » Elle s'arrêta net. Elle allait dire « Rogue », mais se souvint que le moment n'était pas encore propice aux révélations.

Blaise sembla comprendre qu'elle ne finisse pas sa phrase mais Draco manifesta son mépris par un « tsss » sonore. Hermione soupira.

« Je suis désolée, je vous promets que vous saurez tout très bientôt, mais tant qu'on est ici … », commença-t-elle.

Blaise lui posa la main sur le bras. « Ne t'en fais pas, c'est tout à fait normal. Maintenant, je propose qu'on se mette en route. Première étape : franchir les grilles. »

Hermione hocha la tête et lui sourit longuement. Elle trouvait Blaise tellement gentil. Après tout, ils n'avaient jamais vraiment pris la peine de faire connaissance à Poudlard et Blaise n'avait jamais cherché à lui faire du mal ni à l'insulter, contrairement à d'autres… Comment un garçon aussi agréable pouvait-il être ami avec cette brute de Malfoy, c'était un grand mystère…

Un raclement de gorge exaspéré de Malfoy la fit sortir de ses pensées. « On y va », fit-il en fusillant Blaise du regard. Son ami se contenta de lui répondre par un sourire moqueur et le suivit dans le couloir, Hermione sur les talons. Juste avant de passer la porte, Blaise se retourna vers elle et posa un doigt sur ses lèvres pour lui ordonner de ne pas faire de bruit. La dernière chose dont ils avaient envie était d'alerter les autres prisonniers et d'entendre des dizaines de hurlements plaintifs les supplier de les emmener avec eux. Hermione hocha la tête, pour montrer qu'elle avait compris. L'idée de laisser tous ces gens dans ces cachots la révoltait mais il était stupide de penser pouvoir s'évader en s'encombrant de plusieurs dizaines de personnes, qui plus est de personnes exténuées, mal nourries et déshydratées.

Ils remontèrent tous les trois le couloir jusqu'aux escaliers, puis Draco sortit le premier dans l'entrée pour vérifier que la voie était libre. Elle l'était. Il fit alors signe aux deux autres de sortir et ils reprirent leur expédition en direction de la grande porte. Ils poussèrent les panneaux de bois, qui grincèrent horriblement. Lorsqu'Hermione sortit, elle dut prendre une dizaine de secondes pour respirer convenablement. Elle venait de passer en quelques minutes d'une atmosphère putride à un air pur et sentit sa tête lui tourner. Merlin, que c'était bon de sentir le vent frais dans ses cheveux, sur son visage. Elle sentit une main sur son bras. Blaise.

« Tu te sens bien ? Tu veux faire une pause ? », s'enquit-il tandis que Draco s'arrêtait à son tour, fixant étrangement la main de son ami posée sur le bras maigre de Granger. Mais il ne dit rien.

Hermione inspira profondément et sourit. « Je ne me suis jamais sentie aussi bien de toute ma vie », souffla-t-elle. « Partons d'ici et vite. »

A une centaine de mètres, se dressait la grande grille qui délimitait la propriété des Malfoy et Hermione sentit son cœur bondir dans sa poitrine à chaque pas qui l'en rapprochait. Dans quelques dizaines de mètres, la liberté. Dans quelques dizaines de mètres, elle pourrait transplaner et retrouver Ron, Harry, Ginny, Fred, Georges … Cinquante mètres. Molly, Arthur, Bill, Fleur, Charlie, le professeur Lupin, Tonks …

Son torse heurta alors durement le sol recouvert de graviers et elle sentit le goût du sang dans sa bouche. Que s'était-il passé ? Devant elle, les deux garçons avaient fait volte-face et la regardaient, interloqués, alors qu'elle tentait de se redresser péniblement. Elle ressentait une pression étrange autour de sa cheville droite et se retourna sur son séant pour jeter un œil à ce qui l'avait fait trébucher. Une liane ?

Avant même d'avoir pu réaliser la situation, la liane se tendit brusquement et Hermione se sentit emportée avec force le long de l'allée, le gravier raclant sa veste, son dos, sa peau, ses bras, ses mains déjà endommagées. Elle poussa un hurlement strident lorsque la liane s'éleva dans les airs, emportant son corps amaigri avec elle. Elle entendit vaguement les hurlements des deux garçons, mais ils lui semblèrent lointains, comme si elle les entendait à travers un mur de béton. Soudain, plus rien ne bougea et Hermione réalisa qu'elle avait fermé les yeux dans la panique. Lorsqu'elle les rouvrit, elle se trouvait suspendue par un pied dans les airs, à plus de 3 mètres de hauteur. Tremblante, elle se tortilla comme elle pouvait pour chercher la source du problème, la baguette de l'arrière-grand-mère de Malfoy brandie devant elle.

Elle trouva bien vite qui lui avait joué ce mauvais tour. Il se trouvait juste en-dessous d'elle, un large sourire aux lèvres. Théodore Nott. Des pas précipités sur le gravier lui firent tourner la tête. Malfoy et Zabini accouraient, baguettes brandies. Hermione contracta ses abdominaux pour relever la tête vers ses pieds. La liane qui entourait sa cheville n'était rien d'autre qu'une tige de filet du Diable, du même genre que Ron, Harry et elle avaient affronté lors de leur première année à Poudlard. Elle pointa la baguette d'ébène sur sa cheville. « Lumos ! »

La liane se défit instantanément et Hermione poussa un cri de triomphe… juste avant de tomber en chute libre pour atterrir durement sur le sol. L'atterrissage lui coupa le souffle et elle se mit à tousser en grimaçant. Des points blancs dansaient devant ses yeux et elle sentait ses muscles fatigués crier grâce. Mais elle rassembla ses forces et roula sur le sol pour pointer la baguette en direction de Nott. Mais il n'était plus là où il se tenait quelques secondes plus tôt. Elle poussa sur ses bras pour se relever et sentit alors l'acier glacé d'une lame à la base de son cou. Hermione se figea et vit alors les visages menaçants et quelque peu inquiets de Draco et Blaise. Tous deux pointaient leurs baguettes sur Hermione, ou plutôt sur celui qui tenait le poignard sur sa gorge.

« Pose ta baguette sur le sol, Sang-de-Bourbe », gronda Nott en appuyant un peu plus fort avec la lame. Hermione se raidit et d'un geste lent, s'exécuta. Nott y jeta un œil et renifla avec mépris. « Ce n'est même pas ta baguette, si j'en crois mes souvenirs. Qu'as-tu bien pu faire à mon ami Malfoy pour qu'il te refile la précieuse baguette de son aïeule ? Hein, dis-moi, Sang-de-Bourbe ? »

Hermione ne répondit pas et regarda les deux garçons en face d'elle. Ils fusillaient tous les deux Théodore du regard.

« Laisse-la partir, Théo », fit Blaise, sans baisser sa baguette. « Conseil d'ami. »

Nott cracha sur le sol. « Un ami ne trahirait pas ses frères d'armes, Zabini. » Il enfonça la pointe de la lame dans la peau d'Hermione, qui poussa un léger cri de terreur. « Et surtout PAS pour une Sang-de-Bourbe ! »

« Touche encore à un seul de ses cheveux et… », gronda Malfoy en plissant les yeux.

« Et quoi ? », aboya Nott en pointant sa baguette sur Draco. Le blond ne répondit pas. « J'étais sûr que t'allais nous la faire à l'envers, mon pote. Je l'ai compris à la minute où tu as insisté pour t'occuper d'elle tout seul. »

« Dans ce cas, pourquoi ne pas l'avoir dénoncé ? », demanda Blaise, avec rage. « Si tu le savais, pourquoi tu n'as rien dit ? »

« Le bénéfice du doute, mon cher Blaise. J'ai espéré jusqu'à la dernière minute que vous changeriez d'avis, que vous reviendriez à la raison … » Il ricana avec amertume. « Faut croire que j'avais tort … »

« Et alors, tu comptes faire quoi, maintenant ? », cracha Draco. « C'est bien beau de nous avoir retenus jusque-là, mais on est deux et tu es … tout seul. »

« Je ne comptais pas me battre contre vous », se défendit Théodore en s'accroupissant derrière Hermione, le couteau toujours sous sa gorge. « Vous êtes mes amis … malgré tout. On doit se serrer les coudes. Et il semble évident que c'est cette sale Sang-de-Bourbe qui vous a retourné le cerveau. Sans elle, rien ne vous aurait détourné du droit chemin. » Il fit glisser le couteau le long de la gorge d'Hermione et le fit remonter sur sa joue. La jeune fille n'osait plus bouger d'un poil. « Qu'est-ce que t'en dis, Malfoy ? Tu la trouverais toujours aussi mignonne si je lui faisais une grosse entaille ici ? », fit-il en appuyant la pointe sur la joue droite. « Ou un gros trou par-là ? », reprit-il en appuyant cette fois juste en-dessous de l'œil droit.

« Arrête tes conneries, Théodore », s'écria Blaise, qui commençait à le trouver franchement inquiétant.

« Je me fiche pas mal de quoi elle a l'air », répondit Draco en fusillant Nott du regard. « Tout ce que je veux c'est qu'elle parte d'ici. »

« Ouais, continue de te répéter ça », maugréa Nott en se relevant soudain. « Peu importe, votre petit voyage s'achève ici. »

« De quoi ? », fit Blaise en fronçant les sourcils. Puis il suivit son regard et se retourna en direction de la grille. L'équipe partie à l'assaut du 12, square Grimmaurd était de retour. Lorsqu'il se retourna vers Nott, celui-ci venait de murmurer un Stupéfix et Blaise se sentit tomber sur le gravier.

~o~

« Je veux que cette petite garce paie ! », hurla Lucius Malfoy pour la énième fois depuis qu'ils étaient rentrés au Manoir. Il tournait comme un lion en cage dans son salon, où s'entassaient déjà ses collègues blessés, plus ou moins gravement. « Non seulement elle nous a envoyés dans la gueule du loup, mais en plus elle a réussi à embobiner l'un d'entre vous pour se sauver pendant qu'on avait le dos tourné … »

« Calmez-vous, Mr Malfoy », fit la voix moqueuse de Théodore. « Tout s'est bien passé au final. Même si Blaise a fait preuve de faiblesse en essayant de libérer Granger, Draco et moi l'avons empêché d'aller plus loin et l'avons rattrapé avant qu'il ne commette l'irréparable. N'est-ce pas ainsi que cela s'est passé, Draco ? »

Lucius se tourna vers son fils, assis sur le rebord d'une des fenêtres du salon, la mine sombre. Il leva les yeux vers Théodore et les deux garçons échangèrent un regard. Ce taré de Nott avait absolument tout prévu, pensa Draco. Alors que les Mangemorts regagnaient le Manoir, Théodore avait stupéfixé Blaise sous ses yeux. Puis il avait pointé sa baguette sur le blond et avait murmuré : écoute-moi bien, mon pote. Blaise a fait sortir Granger par faiblesse. Parce qu'il est perturbé à cause de cette histoire de sœur jumelle. Mais toi et moi, on l'en a empêché. On l'a persuadé de rester de notre côté. Et ensuite, avec l'épuisement, le stress, il s'est évanoui. Cet alibi, c'est le seul moyen pour qu'on s'en sorte tous les trois. Tu m'as bien compris … mon frère ?

Il avait craché les deux derniers mots avec mépris et fixé Malfoy avec un regard d'avertissement. Draco avait serré la main autour de sa baguette, si fort que ses jointures avaient blanchi. Il ne comprenait absolument pas ce qu'il se passait dans la tête de Nott. Puis il avait jeté un rapide regard en direction de la grille, où se formait déjà un petit groupe de Mangemorts. Il vit les cheveux platine de son père. Il vit la masse informe brune de sa tante Bellatrix, et tout le courage qui l'avait rendu capable de mettre au point avec Blaise cet embryon de plan, s'envola aussi sec. S'il refusait de confirmer l'histoire de Nott, il serait perdu. Blaise serait perdu. Granger serait perdue. Puis, il avait jeté un coup d'œil en direction du Manoir. Au deuxième étage, il vit la silhouette de sa mère l'observer derrière une fenêtre. Son attention se porta de nouveau sur Nott, qui tenait à présent Granger par les cheveux, et baissa sa baguette. Théodore comprit que la partie était gagnée car il esquissa un sourire et projeta la Gryffondor avec force sur le sol, avant de ramasser la baguette d'ébène et de la fourrer dans sa poche. Tu as pris la bonne décision, mon pote, avait-il dit alors que les premiers Mangemorts approchaient. Je te rendrai ça, un peu plus tard. Je suis sûr que tu n'as pas envie d'expliquer à ton paternel pourquoi cette baguette ne se trouve plus dans son bureau, sagement rangée dans sa vitrine…

« Draco ! », aboya son père, le faisant sursauter. « Tu l'as entendu ? Est-ce que c'est bien comme ça que cela s'est passé ? »

Le jeune homme hocha la tête. « Oui, Père. C'est bien comme ça. »

Lucius Malfoy reprit ses allées et venues. Draco eut une pensée pour son ami Blaise, que l'on avait transporté, encore inconscient, jusqu'à une chambre sous surveillance. Ses parents avaient été prévenus et à leur arrivée, Théodore leur avait servi le même ramassis de conneries qu'à son père. La mère de Blaise avait fondu en larmes, terrorisée à l'idée de perdre le seul enfant qu'elle ait pris la peine d'élever.

« Ta tante Bellatrix est partie à Poudlard… », marmonna Lucius en regardant Mulciber passer près de lui, le visage recouvert de pustules rose bonbon, qui éclataient avec un bruit rappelant étrangement celui d'un anus dérangé. Ces deux imbéciles de jumeaux Weasley lui avaient envoyé en plein visage quelque produit de leur invention et depuis quelques minutes, le visage de Mulciber pétaradait joyeusement, en répandant de petites gouttes de pus rose princesse. Draco ne put s'empêcher de penser que Mulciber était plus séduisant ainsi et eut du mal à se retenir de rire, lorsqu'un nouveau pet sonore retentit dans la pièce et qu'une nouvelle gerbe rose passa à deux doigts du visage de son père. Lucius Malfoy grimaça de dégoût et s'écarta pour laisser Mulciber passer à distance suffisante.

« Je suppose que vous comprenez que le Seigneur des Ténèbres doit être mis au courant … », reprit-il en se tournant de nouveau vers Draco et Théodore. « C'est malheureux pour votre ami, mais nous ne pouvons pas lui cacher quelque chose d'aussi grave. Espérons qu'il mettra ce comportement inacceptable sur le compte du désespoir et que sa punition prendra en compte le fait qu'il ait changé d'avis au dernier moment. La famille Zabini n'a pas franchement besoin d'un nouveau scandale, c'est le moins qu'on puisse dire … »

« Je suis entièrement d'accord avec vous, Mr Malfoy », claironna Théodore tandis que Draco le traitait mentalement de lèche-bottes. « Je plaiderai la cause de notre ami Blaise auprès du Maître, tout en insistant sur le fait qu'il doit être puni pour ce qu'il a fait… » Théodore se tourna vers Draco. « Car c'est vraiment inacceptable, n'est-ce pas Draco ? »

La menace n'était même pas dissimulée. Draco haussa les épaules. « C'est la faute de Granger … », répéta-t-il simplement, en bon petit perroquet. Même si c'était en partie vrai, après tout. Si cette imbécile de Gryffondor n'avait pas été là, il aurait pu continuer à se saouler tranquillement dans sa chambre et attendre la fin de la guerre. Mais elle était arrivée et tout avait changé. Tout s'était compliqué. Et maintenant, voilà que Nott avait retourné la situation à son avantage et le faisait chanter…

« Granger… », maugréa Lucius en serrant les poings. « Si cette gosse n'était pas aussi importante, je me serais déjà fait un plaisir de la tuer de mes propres mains. Vivement que le Seigneur des Ténèbres mette la main sur son précieux petit Potter, qu'on puisse lui régler son compte. »

Draco serra les dents mais ne dit rien.

« Prout ! », fit l'une des pustules de Mulciber à l'autre bout de la pièce. Théodore esquissa un sourire moqueur.

« Des victimes, dans l'autre camp ? », demanda-t-il nonchalamment, tandis que Draco relevait la tête, intéressé.

Le regard de Lucius Malfoy se perdit dans le vague. Il haussa les épaules. « Quelques-unes. J'ai coupé les jambes d'une greluche qui avait osé lancer un sort dans ma direction. Elle ne sera pas prête de remonter sur un balai de si tôt, si tu veux mon avis. »

Théodore éclata de rire et Draco grimaça. Comment pouvait-il rire dans un moment pareil ? Après ce qu'ils avaient fait ? Il ne pouvait pour sa part penser à rien d'autre qu'à Granger, qu'on avait ramenée dans sa cellule miteuse. Son expression vide, comme si tout espoir l'avait à jamais quittée, le hantait. Ses grands yeux ternes, la mollesse de ses mouvements, son expression soumise. Jamais Draco n'aurait pensé un jour regretter la lionne qui se battait becs et ongles, qu'il avait connue et appris détester à Poudlard. Et pourtant … il aurait tout donné en cet instant, pour revoir la lueur féroce qui avait animé son regard le jour où il l'avait vue dans son hall d'entrée, parmi les autres prisonniers fraîchement débarqués.

« Trois des nôtres sont également restés sur place, je suppose qu'ils seront interrogés par l'Ordre … », continua son père à mi-voix. Son expression furieuse et soucieuse trahissait son inquiétude. A la minute où le Seigneur des Ténèbres serait au courant de cette débandade, leur destin à tous pouvait prendre une tournure sacrément funeste. « Mais on a aussi causé des dégâts dans leurs rangs, je tâcherai de mettre ce point en avant quand le Seigneur des Ténèbres me demandera des comptes. Avec un peu de chance, je serai encore vivant demain pour aller flanquer une raclée à cette sale gamine… »

« Il n'en est pas question… », protesta faiblement Draco mais un seul regard de son père le fit taire. Du coin de l'œil, le blond vit Théodore sourire méchamment.

« Ta prisonnière a tenté de se faire la malle avec ton ami, à ta place je ferais profil bas », dit sèchement Lucius en croisant les bras.

« Je ne peux pas la surveiller 24 heures sur 24 », renchérit son fils, exaspéré. « Elle aurait trouvé un moyen de se tirer de toute façon. »

Son père explosa littéralement. « Ne t'avise surtout pas de servir cette excuse minable à ton Maître, car il pourrait très bien décider de t'enfermer avec elle, histoire que cet incident ne se reproduise plus ! »

« On ne sait jamais, Mr Malfoy », se moqua Théodore sans cesser de fixer Draco dans les yeux. « Peut-être que Draco adorerait ça … »

C'en était trop pour le jeune homme, il tendit la main vers sa baguette dans sa poche pour faire ravaler ses miaous à Nott, mais un coup de poing magistral de son père l'atteignit au visage et l'arrêta net.

« Ça suffit, tous les deux », fit-il d'une voix à peine audible. « Disparaissez de ma vue. »

Draco ne se fit pas prier et quitta le salon, le visage rouge de honte et de rage. Il résista à l'envie de descendre voir Granger, car il savait que Théodore le suivrait de près et analyserait le moindre de ses mouvements. Il monta donc directement dans sa chambre, claqua la porte et se laissa tomber sur son lit.

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Et voilà, c'est terminé pour aujourd'hui ! Qu'est-ce que vous en avez pensé ? Bien entendu, nous reviendrons dans le prochain chapitre sur l'état de nos amis de l'Ordre. Je ne voulais pas trop en dévoiler dans celui-ci, mais à partir de maintenant, les évènements vont s'accélérer sensiblement…
J'espère que vous avez trouvé Théodore ignoble à souhait ? J'aime l'idée d'en faire le grand méchant de l'histoire. Mais qui sait, cela pourrait se retourner contre lui, non ?

N'oubliez pas la petite review qui fait plaisir et gros bisous !

Xérès !