The Rise and Fall
Les blas-blas de Xérès : Bonjour à tous ! Voici le nouveau chapitre de the Rise and Fall, qui a été assez difficile à écrire, je l'avoue. Je voulais y mettre beaucoup de choses, sachant ce qui allait arriver dans le chapitre 8 (la semaine prochaine), sans pour autant trop en dévoiler, bref c'était chaud. Quant au titre du chapitre Heart's a Mess, il s'agit d'une chanson de Gotye (extrait de la BO ô combien divine du chef d'œuvre de Baz Luhrmann « The Great Gatsby »). Non seulement le titre et les paroles conviennent parfaitement au sujet abordé dans ce chapitre mais je trouve le rythme et l'accompagnement musical juste divins. C'est une chanson que j'ai beaucoup écoutée lors de la rédaction de ce chapitre, donc si jamais vous avez la possibilité de lire ce chapitre avec la musique, je pense que cela peut être intéressant. J'ai également beaucoup écouté « Hungry Face » de Mogwaï (et une grande partie de la BO de la série Canal+ « Les Revenants »), simplement parce que ces morceaux sont très sombres et donc idéaux pour me mettre dans l'ambiance. Bref, retrouvons donc notre Draco, rongé, bouffé par ses pensées, ses regrets, ses questions sans réponse, « le cœur en vrac », comme le dit la chanson …
Merci à mes nouveaux followers (Naoki Akuro, shona86, nessie1022), ainsi qu'à Loufoca-Granger, Elena Grape, nadianes, lilarose12, leve la tête, faerycyn, lisou, sweet nanoute, Etoilemment, Crystallina, Hardcoredrugs, Babar (qui a lu très vite, pour une fois ! rooh je rigole) et Honni pour leurs reviews.
RAR :
Honni : ah ben tu n'auras pas attendu longtemps du coup ! J'étais sur le point de poster mon chapitre quand j'ai reçu ta review ! lol. Je te rassure, je n'ai jamais eu l'intention de faire quitter le Manoir à Hermione : comme tu l'as effectivement compris, leur relation ne pourra pas évoluer dans un premier temps s'ils ne sont pas forcés de cohabiter ! En tous cas, j'espère que ce chapitre te plaira, même s'il est assez court et qu'il ne présage rien de bon pour nos héros ! Merci pour ta review et à bientôt !
Etoilemment : ah mais oui, tiens, Brittany aussi était absente ! Je n'avais même pas remarqué !
Crystallina : bienvenue à toi ! Tu n'es pas la première à me dire « c'est la première fois que je déteste Nott ». J'avoue qu'au début de l'histoire, je ne pensais pas lui donner un rôle aussi noir, mais au fur et à mesure je me l'imagine toujours plus « Mangemort » que ses deux autres amis et je me dis qu'il ferait vraiment un grand méchant idéal et inattendu ! En tous cas, merci pour ta review ! J'espère que la suite continuera à te plaire !
Chapitre 7 : Heart's a Mess
Depuis combien d'heures était-il allongé sur son lit, à fixer le plafond d'un regard vide ? Impossible à dire. Toujours était-il que la nuit s'était achevée, le soleil s'était levé et était monté au zénith. Et il n'avait toujours pas bougé d'un poil. Son organisme tout entier semblait s'être mis en mode économie d'énergie. Il ne ressentait plus la faim, ni la soif, ni la moindre envie de bouger. Simplement de rester là, à regarder le plafond et espérer qu'il finisse peut-être par lui tomber sur la tête. Il n'avait vu personne depuis qu'il avait quitté le salon où son père l'avait frappé en public, sous le regard narquois de Théodore. Il n'avait pas vu Granger, ni Blaise, toujours enfermé dans une chambre dont la porte était constamment gardée par deux types à la mine patibulaire, il n'avait pas vu sa mère qui semblait s'être retranchée dans son monde d'indifférence et ne quittait plus ses propres appartements. Il n'avait pas vu Théodore, mais ne s'en plaignait pas. Il avait dormi, un peu. Avait tenté de ravaler l'énorme boule dans sa gorge, en vain …
Le ratage de la veille avait été complet. Ils avaient été à deux doigts de quitter pour toujours ces lieux… Et Nott avait tout foutu en l'air.
Blaise s'était un peu avancé en demandant à Granger s'ils pourraient rejoindre l'Ordre du Phoenix. Pour sa part, Draco aspirait seulement à quitter le Manoir et partir aussi loin que possible. Il n'avait jamais vraiment pensé à intégrer le camp d'en-face pour revivre exactement la même chose. En plus, aux côtés de Saint-Potter. Non, c'était inenvisageable.
Granger … Son expression lorsqu'elle avait posé le pied sur le perron, la façon dont ses yeux s'étaient fermés en sentant la caresse du vent sur ses joues. Comme si tout ce qu'elle avait subi jusqu'alors avait été balayé par cette simple brise de fin d'été. Il l'avait sentie revivre, espérer à nouveau. Et ce sourire … ce sourire adressé à Blaise …
Draco serra les poings. Comment arrivait-il à faire ça ? Il se pointait deux fois dans sa cellule et voilà que Granger lui souriait comme s'il était un ange descendu du ciel. Ça le dépassait. Après tout, c'était lui, Draco Malfoy, qui avait le premier tenté de la protéger. Mais non, aucune reconnaissance, tous ses sourires étaient immanquablement destinés à cet idiot de Zabini. Une minute … après tout, qu'est-ce qu'on en avait à foutre des sourires de cette greluche ? Elle pouvait bien sourire à Blaise tant qu'elle voulait, pourquoi est-ce qu'il en aurait quelque chose à faire ?
Draco se redressa sur son séant, les sourcils froncés. Ses muscles ankylosés protestèrent par un début de crampe mais il les ignora. Il avait autre chose à penser qu'aux foutus sourires de Granger. Il fallait trouver un moyen de flouer Nott, de flouer son père, de flouer Voldemort, de flouer le monde entier … Mais tout ce qu'il arrivait à voir, c'était ce sourire … à l'attention de Zabini … Misère …
Il ramena ses genoux contre son torse et y posa le menton. Et maintenant ? Nott allait surveiller le moindre de ses faits et gestes, le Seigneur des Ténèbres allait être mis au courant de ce fiasco (si ce n'était pas déjà fait), Blaise allait payer pour eux deux et Granger … Quoi, Granger ? Peu importe ce qu'on lui fait, non ? , fit une petite voix dans le crâne de Draco. Le jeune homme expira bruyamment. Il devait arrêter de penser à elle et se concentrer sur un moyen de sauver sa peau et celle de Blaise. En voilà, une bonne résolution !, continua la petite voix. Cette fille est un parasite. Elle interfère dans ton raisonnement et ne t'attirera que des ennuis. Nott a été très généreux de t'offrir cette seconde chance. Saisis-la !
Dire qu'il avait failli trahir les siens pour elle. Il avait mis en danger la vie de Blaise et celles des membres de sa famille pour elle. Qu'est-ce qui avait bien pu lui prendre ? Il s'était laissé attendrir, peut-être ? Ou bien elle lui aurait jeté un sort sans qu'il ne s'en aperçoive ? Draco serra les poings. Oui, c'était sûrement ça. Elle avait dû trouver un moyen de lui jeter un Impérius, ou un truc du genre. Cette sale Gryffondor … elle l'avait bien roulé.
D'un bond, il se leva, soudain affamé. Il décida de se rendre aux cuisines pour grignoter quelque chose, puis d'aller voir Blaise. Avec un peu de chance, il pourrait entrer dans sa chambre pour lui parler. Lui aussi avait certainement dû être ensorcelé par Granger.
Après avoir rempli son estomac, Draco monta jusqu'à la chambre de Blaise et après avoir négocié quelques minutes avec les gardes, obtint l'autorisation d'entrer. Lorsque la porte s'ouvrit, il vit son ami assis en tailleur sur le lit, l'air plus abattu que jamais. Blaise lui jeta un regard fatigué et esquissa un rictus en le reconnaissant.
« Salut, vieux … tu as réussi à passer les deux Cerbères plantés devant ma porte ? Félicitations… », fit-il avec une pointe d'amertume. « Faudra encore qu'on m'explique pourquoi toi, tu es libre de tes mouvements, mais je suis sûr qu'il y a une très bonne raison à ça… »
Draco grimaça et lui expliqua à voix basse le marché que Nott lui avait imposé après avoir stupéfixé l'Italien. Blaise l'écoutait attentivement, et son expression s'assombrissait au fur et à mesure que Draco parlait.
« J'aurais dû m'en douter », marmonna Blaise en baissant les yeux. « Ce type t'a toujours préféré, tu étais une sorte de … modèle pour lui, jamais il ne se serait risqué à te faire tomber. Ma présence a dû être une aubaine, je faisais un coupable idéal … »
« Ne dis pas ça … », souffla Draco, gêné. « Tu devrais t'estimer heureux. Théodore nous a évités de faire une monstrueuse erreur. » Il sentit que sa phrase sonnait faux avant même que son ami ne le dévisage d'un air scandalisé.
« Tu te fous de moi, j'espère ? », s'emporta l'Italien en se redressant. « Ok, je meurs de trouille à l'idée de ce qu'on va faire de moi, mais jamais je ne regretterai une seule seconde ce qu'on a tenté de faire ! » Il lui jeta un regard courroucé. « Parce que c'était la bonne décision. Et tu le sais ! »
Draco fronça les sourcils. « Je n'en suis plus si sûr. On a pris beaucoup trop de risques pour elle. Ce n'est pas un comportement que j'aurais eu en temps normal, elle a dû nous ensorceler… », murmura-t-il.
Zabini éclata d'un rire sec et sarcastique. « T'es vraiment qu'un gros con, Malfoy », cracha-t-il. « Un gros con égoïste … et aveugle, avec ça ! »
Draco fronça le nez, n'appréciant pas du tout la façon dont Blaise lui parlait. « T'as plutôt intérêt à expliquer ce que tu veux dire par là avant que je ne décide subitement de te démonter la tête… », gronda-t-il en se redressant, menaçant.
Zabini se releva lui aussi, mais sur le lit, ce qu'il fit qu'il dominait maintenant Draco d'au moins cinquante bons centimètres. « Tu veux que je t'explique ? », s'époumona-t-il, tandis que Draco jetait précipitamment un sort d'insonorisation pour couvrir ses hurlements. « Mon pauvre ami, l'espace d'une minute, tu as éprouvé de la compassion, de la pitié, une envie de protéger un être humain ! Le voilà ton méchant sortilège, Draco ! La voilà ta malédiction : ça s'appelle une ÂME, pauvre crétin ! »
Le blond regarda son ami, interloqué.
« Ah ah, tu dis plus rien ? Franchement, tu croyais vraiment que Granger nous avait jeté un sort ou je ne sais quoi ? Me fais pas rigoler… », cracha Blaise en sautant à bas du lit et en se mettant face à lui. « Mon pauvre Draco, tu es devenu tellement froid et distant que tu ne fais même plus la différence entre des sentiments et un sortilège. Tu me fais pitié. »
Le coup de poing partit tout seul. Blaise tituba en arrière sous la violence du coup, tandis que Draco se massait les doigts en grimaçant. L'Italien sembla sur le point de répliquer mais il se ravisa et se contenta de lui jeter un regard meurtrier. « Si tu réfléchissais sincèrement et sans te mentir à toi-même pendant cinq minutes, tu verrais que le sort de Granger t'importe un peu plus que tu ne t'évertues à le penser. Tu verrais aussi que c'est quelqu'un de bien, qui a mis presque tous ses préjugés de côté pour se rallier à nous, même si au final on a échoué. Tu verrais qu'elle a fait naître en toi l'espoir de quelque chose de meilleur… » Ils échangèrent un regard.
« Qu'est-ce que tu peux en savoir, toi ? », grinça le blond, tout en reprenant son calme.
« Il me suffit de te regarder », dit simplement Blaise, dont le ton s'adoucissait également. « Juste de te regarder. »
Le blond se détourna. « Tu dis n'importe quoi … »
« Fais comme tu veux », fit Blaise en haussant les épaules. « Continue de te persuader que tu étais ensorcelé ou un truc du genre, continue de faire l'autruche … Tu finiras par t'étouffer, la tête dans ton sable. Mais peut-être que c'est ce que tu veux ? », acheva-t-il sèchement.
Draco ne répondit rien. Il n'était plus capable de penser convenablement. Une marée de sentiments contradictoires l'assaillait de toutes parts et lui donnait la nausée. En temps normal, il aurait fait taire ces sentiments avec une bonne rasade d'alcool mais depuis que son père avait profité de sa soulographie pour faire mumuse avec Granger, il avait décidé de rester aussi sobre que possible. Ça promettait d'être dur, si le monde entier se liguait contre lui comme en ce moment … Et on en revenait toujours au même point : Granger. Cette petite chanson était répétitive et le refrain commençait franchement à l'agacer. Granger, Granger, toujours Granger …
« Qu'est-ce que tu as décidé de faire ? », demanda alors Blaise, le tirant de ses pensées.
« Pour ? », fit le blond, qui avait complètement perdu le fil de la conversation.
L'Italien lui jeta un regard exaspéré. « Pour tout ça ! Tu vas appuyer le mensonge de Théo ? », expliqua-t-il, tandis que Draco haussait les épaules.
« Je n'ai pas encore vraiment décidé … », fit-il, mais Blaise ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase.
« Je te le demande comme une faveur … », déclara Blaise avec un regard déterminé.
« Quoi ?! », demanda Draco, avec inquiétude. « Tu veux que je confirme que tu es un traître ? Tu veux mourir ? »
« Parfaitement ! », répondit Blaise, avant de se reprendre. « Je veux dire, je veux que tu confirmes ses dires, pas mourir. Je vais avoir besoin de toi pour donner des détails factices. Il faut que tu insistes sur mon désespoir, mes doutes face à ma situation familiale chaotique, face à tous ces mensonges que m'ont servi mes parents. Dis-leur que j'ai pété un plomb, mais que je suis revenu à la raison. Il le faut. C'est le seul moyen pour espérer me garder en vie. Théo n'osera jamais te contredire puisqu'il a été l'instigateur de ce mensonge, il ne peut que te laisser parler en espérant que tu ne le balances pas. On a un avantage sur lui, au moins. »
Le blond lui jeta un regard d'incompréhension. « Je le ferais, si tu me le demandes, mais je-
« Draco, tant qu'on est tous les deux en vie et hors du radar du Seigneur des Ténèbres, on peut espérer fuir à nouveau … », fit-il précipitamment. « Je n'abandonnerai pas Granger, tant que je serai en vie. Libre à toi de me suivre ou non, mais ne me mets pas plus de bâtons dans les roues… »
Le blond réfléchit un instant. Aussitôt, il revit le sourire que Granger avait adressé à Blaise alors qu'ils étaient sur le perron. Il revit la main de l'Italien sur le bras de la Gryffondor alors qu'elle se relevait péniblement de sa chaise. Il les imagina partir tous les deux de cet endroit, sans lui … Pour une raison qu'il ne s'expliquait pas, cette idée lui était intolérable. S'ils partaient, alors il partirait aussi. Hors de question de rester seul ici.
Draco hocha la tête. « C'est d'accord. »
Blaise sourit faiblement. « Maintenant, il ne reste plus qu'à espérer que le Maître ne me change pas en pâtée pour Nagini et se contente de quelques Doloris… ça, au moins, je pourrai gérer … »
Le blond frissonna. Ce serpent était la chose la plus immonde qui lui avait été donnée de voir. Il ne supportait pas de se trouver dans la même pièce. C'était comme si l'animal n'avait pour vocation que d'insuffler la crainte et le dégoût. Pourquoi Voldemort ne s'en séparait jamais, c'était un mystère. Lui, n'aurait jamais supporté d'avoir cette chose dans les pattes à longueur de journée.
~o~
Au domicile de Bill et Fleur, qui servait désormais de quartier général à l'Ordre du Phoenix, l'ambiance était plus que tendue. Harry et Ron se regardaient en chiens de faïence, Molly Weasley tentait de passer ses nerfs sur une pâte à tarte, tandis que Fred et Georges se lançaient silencieusement une petite balle multicolore pour passer le temps. Personne ne parlait. Les heures qui suivraient seraient décisives. Alors que Tonks et Lupin avaient transplané à Sainte-Mangouste pour accompagner les blessés graves (pour la plupart des amies de Fleur, ainsi que Charlie qui avait eu le bras gauche presque arraché par un sort explosif et un ex-collègue de Bill), le reste de la famille Weasley, Harry et Kingsley s'étaient regroupés à la Chaumière aux Coquillages. Ils avaient protégé les lieux à l'aide de tous les sortilèges nécessaires et désœuvrés, attendaient à présent que Rogue récupère Hermione, comme il était convenu. Celle-ci devait quitter le Manoir Malfoy, transplaner plusieurs fois à différents points du pays pour brouiller les pistes, avant de retrouver le Maître des Potions dans une petite boutique de Birmingham.
Ils avaient réussi à faire trois prisonniers dans la bataille, mais n'avaient pas pu les garder longtemps. Un Mangemort dans les parages était aussi dangereux que de se promener avec une balise GPS. Après avoir tenté de leur soutirer quelques informations, en vain (Voldemort n'était pas du genre à révéler à ses sous-fifres l'emplacement des Horcruxes), ils avaient effacé leur mémoire et les avaient expédiés sur le continent. Tout reposait donc à présent sur Rogue et Hermione. Inutile de préciser que Ron n'aimait pas du tout cette idée.
La porte d'entrée s'ouvrit soudain et Arthur bondit sur ses pieds pour pointer sa baguette dans la direction des nouveaux arrivants. Rémus et Tonks apparurent dans l'encadrement mais Arthur ne se détendit pas pour autant.
« Qu'est-ce que j'ai dit à Ginny lorsqu'elle s'est laissée posséder par le journal de Tom Jedusor au cours de sa première année à Poudlard ? », demanda Arthur à Lupin. La question faisait partie de celles qu'ils avaient décidé d'utiliser pour s'identifier. Si Rémus ne répondait pas …
Le loup-garou sourit faiblement. « Ne te fie jamais à quelque chose capable d'agir et de penser tout seul si tu ne vois pas où se trouve son cerveau. »
« Tu vois Fred », murmura Georges, « c'est pour cette raison que je t'ai toujours dit qu'on ne pouvait pas faire confiance à Ron… » Ron fut le seul à entendre la remarque et répliqua en jetant un vieux journal à la figure de Georges, qui l'évita avec une facilité déconcertante et un sourire narquois.
Arthur sourit à l'attention de Rémus. « Bonne réponse. Ravi de voir que vous allez bien tous les deux », dit-il en abaissant sa baguette.
« Toujours pas de nouvelles de Snivellus ? », demanda Lupin en reprenant une expression sérieuse.
Harry secoua la tête en signe de dénégation. Hermione et Rogue auraient déjà dû revenir, ce n'était pas normal. Il ne fallait tout de même pas autant de temps pour semer d'éventuels poursuivants et revenir de Birmingham (du moins pas pour un sorcier en âge de transplaner). Il avait dû se passer quelque chose.
Les jumeaux se remirent à lancer leur petite balle en rythme et Molly à pétrir sa pâte nerveusement. Fleur refit le tour de chacune des personnes présentes avec sa trousse de potions médicinales, afin de vérifier que les petites blessures guérissaient normalement, mais le cœur n'y était pas.
Enfin, après vingt longues minutes d'attente supplémentaires, un craquement sonore retentit sur la falaise et tous les occupants de la Chaumière sautèrent sur leurs pieds. On frappa à la porte et Fleur se précipita pour ouvrir. Rogue apparut… et il était seul.
Ron pointa immédiatement sa baguette sur lui et hurla. « OU EST HERMIONE ? POURQUOI N'EST-ELLE PAS AVEC VOUS ? »
Rogue eut un mouvement de recul, puis fusilla le rouquin du regard. « Le plan a échoué », commença-t-il en fronçant les sourcils mais Ron ne lui laissa pas le temps de continuer.
« Le plan a échoué ? », répéta-t-il d'une voix sarcastique. « Tu parles d'un scoop ! J'ai su à la minute où vous avez ouvert la bouche au 12, square Grimmaurd que ce plan était foutu pourri d'avance. »
« Ronald, s'il te plaît », fit Molly d'une voix lasse.
« Que s'est-il passé ? Est-ce qu'Hermione va bien ? », demanda Harry d'une voix sourde.
Rogue hocha la tête. « Aussi bien que possible, compte tenu de la situation, mais cela pourrait changer très vite. »
« Pourquoi n'a-t-elle pas pu sortir ? Le jeune Malfoy n'était-il pas censé l'aider ? », demanda Arthur Weasley en croisant les bras.
« Si. Blaise Zabini était également avec eux. Et ils ont presque réussi », répondit Rogue, la mine sombre. « Lorsque je suis arrivé au Manoir, le fils Nott m'a fièrement servi une histoire à dormir debout, selon laquelle Zabini aurait tenté de délivrer Miss Granger, mais que Draco et lui avaient pu l'arrêter à temps… »
« Je savais bien que Malfoy n'était pas digne de confiance ! Ce n'est pas faute de vous l'avoir dit ! », s'emporta Ron en agitant son index sous le doigt de Rogue.
« Si vous vouliez bien me laisser finir, Mr Weasley… », gronda le Maître des Potions avec rage. « Comme je l'ai dit, cette histoire était tellement tirée par les cheveux, que j'ai mené ma propre enquête. J'ai pu parler avec Narcissa. Elle a tout vu et d'après elle, Draco, Blaise et Miss Granger étaient à quelques mètres de la grille de la propriété lorsque Nott leur est tombé dessus. Il a menacé Miss Granger avec un couteau, puis il a neutralisé Blaise lorsque les autres sont revenus du square Grimmaurd. Ensuite, Narcissa l'a vu parler à son fils. Mais elle ne sait pas ce qu'ils se sont dit. Tout ce qu'elle sait, c'est que Draco s'est rendu, s'est ensuite enfermé dans sa chambre et refuse d'en sortir depuis lors. »
« Nott doit le menacer de dire la vérité ou de faire du mal à Hermione…. », pensa Harry à voix haute.
« C'est aussi mon avis, Mr Potter », approuva Rogue.
Le silence retomba dans la Chaumière. Harry se passa les mains sur le visage. C'était un cauchemar et il allait se réveiller. Mais lorsqu'il rouvrit les yeux, il était toujours dans cette maison au bord de la falaise, et Rogue faisait toujours sa tête d'enterrement.
« Et maintenant ? Que va-t-il arriver à cette pauvre petite ? », demanda Molly dont les yeux se remplissaient de larmes.
« Je vais retourner là-bas et faire mon possible pour calmer les esprits. Inutile de vous préciser que les équipes n'ont pas vraiment digéré le petit piège du square Grimmaurd », fit Rogue en grimaçant. « J'ai même cru comprendre que Bellatrix était partie à Poudlard pour prévenir le Maître … »
Un même frisson de terreur parcourut toutes les échines. Si Voldemort décidait de s'en prendre à Hermione, ils ne donnaient pas cher de sa peau.
« Alors qu'est-ce que vous faites encore là ? », s'énerva Ron. « Hermione est dans un pétrin incommensurable et vous êtes quasiment le seul à pouvoir veiller sur elle là-bas. Vous devriez déjà être parti. »
Rogue soupira et tourna les talons. Il allait sortir lorsqu'Harry l'interpella une dernière fois. « Il faut trouver un autre moyen de la récupérer et vite. Est-ce qu'on peut compter sur vous, cette fois encore ? »
Rogue tourna la tête et dévisagea Harry, ses grands yeux verts assombris par la douleur et la guerre. Les yeux de Lily. Il sentit une douleur vive traverser ses entrailles. « Bien sûr, Potter, je trouverai un moyen. » Il referma la porte derrière lui et s'éloigna suffisamment de la Chaumière avant de transplaner jusqu'au Manoir Malfoy.
~o~
Lorsque Rogue parvint au Manoir, la première chose qu'il entendit furent des hurlements et des sanglots déchirants. Il accéléra le pas, traversant le hall d'entrée à toute vitesse, et déboula dans la salle à manger. Il vit d'abord Bellatrix, de dos et penchée sur une victime à terre, puis Draco assis en tailleur sur un fauteuil, blanc comme un linge et aussi immobile qu'une statue de sel. Puis enfin, Narcissa droite comme un i et plaquée contre un mur, comme si elle espérait pouvoir se fondre avec la tapisserie. Bellatrix se retourna en entendant les portes de la salle à manger s'ouvrir et sourit d'un air méchant en voyant qu'il s'agissait de Séverus. Narcissa ferma brièvement les yeux, comme si son arrivée était un soulagement, quant à Draco … il ne bougea pas d'un poil. Il semblait être à des milliers de kilomètres de là, dans un endroit où ne résonnaient sûrement pas les hurlements de la personne que Bellatrix torturait. Cette dernière fit deux pas sur le côté et Séverus constata avec effroi qu'il s'agissait de Granger. La jeune fille se tortillait sur le sol, comme en proie à une douleur intense. Le Doloris, très certainement…
« Je peux savoir ce qu'il se passe ici ? », fit froidement Séverus en jetant un regard méprisant en direction de Bellatrix. « Que fait cette prisonnière hors de sa cellule ? Une tentative d'évasion, ça ne te suffit pas, Bellatrix ? Tu veux remettre ça ? »
L'interpellée rétorqua par un signe de la main grossier et enjamba le corps maigre de Granger pour se poster près de sa tête. Elle poussa du bout du pied le crâne de la jeune fille, qui gémit de plus belle, puis éclata de rire. « Justement, mon cher Séverus, je suis en train de passer l'envie à cette petite de se carapater… Peut-être même pourrais-je lui couper les jambes. Après tout, pas besoin de guibolles pour parler. Seulement d'une langue… », susurra-t-elle en caressant la joue d'Hermione à l'aide de sa chaussure. Les yeux d'Hermione s'écarquillèrent de terreur à cette idée.
« Ça suffit, Bella », souffla Narcissa en essayant de prendre un air dégoûté et indifférent. « Je ne veux pas de son sang sale sur mes tapis persans. »
Sa sœur éclata de rire. « C'est tout toi, ça, Cissy », fit Bellatrix, tandis que Narcissa et Rogue échangeaient un regard entendu. « Toujours à te préoccuper de ton petit intérieur propret… » Elle enjamba de nouveau la jeune fille et lui flanqua un coup de pied dans les côtes, puis s'agenouilla près d'elle pour lui murmurer : « Ne t'en fais pas, jolie petite fille, mon Seigneur et maître sera bientôt là. J'ai hâte de savoir comment il va vous punir pour cette petite escapade, le petit Zabini et toi… » Elle se releva, le sourire aux lèvres. « Peut-être même qu'il me laissera te couper tes petites jambes de gazelle… »
« Tu es complètement cinglée, ma pauvre Bellatrix », grommela Séverus. « Le Maître sait à quel point cette fille compte pour Potter, jamais il ne se risquera à la tuer ou à la mutiler aussi gravement tant que Potter ne sera pas à sa merci. Si tu veux vraiment faire plaisir au Maître, sers-lui donc la tête de Potter au dîner, ce sera plus utile. Mais tu n'as même pas été capable de le battre lorsque vous vous êtes retrouvés face à face cette nuit. Que crois-tu que le Maître penserait de ça ? »
Bellatrix n'apprécia pas du tout la remarque. « Va te faire voir, Séverus », cracha-t-elle. « Je te ferai remarquer que tu as eu Potter sous la main pendant 6 ans… SIX ANS ! », répéta-t-elle en montrant 6 doigts manucurés de vernis rouge sang. « Tu n'avais qu'à refermer les doigts pour écraser ce petit connard et tu n'as rien fait. Pourquoi ? »
« J'étais pieds et poings liés tant que Dumbledore le protégeait et tu le sais très bien… », rétorqua Séverus en serrant les dents.
« Alors il fallait tuer ce vieux fou plus tôt, à moins que tout cela n'ait été qu'un plan… », gronda Bellatrix en fusillant Séverus du regard. « J'avoue que l'idée m'a traversé l'esprit. Je ne t'ai jamais fait confiance mais après cette nuit dans la tour d'Astronomie … encore moins. »
« Bellatrix, je t'en prie », intervint Narcissa. « Le Maître lui fait confiance. Si ce n'est pas ton cas, tu pourrais être accusée de remettre en question sa parole. Et tu sais qu'il n'aime pas ça… »
Bellatrix regarda sa sœur et réfléchit, puis elle renifla avec mépris. « Peu importe », grommela-t-elle en reportant son attention sur sa prisonnière. « En ce qui te concerne, petite garce, ton sort sera fixé dès ce soir… »
Séverus vit Draco frémir sur son fauteuil. Il leva des yeux terrifiés et croisa le regard de son parrain. Celui-ci s'en voulut aussitôt de ne toujours lui avoir rien dit sur son statut d'espion. Mais il avait pris la bonne décision : leur plan ayant échoué, les trois jeunes gens étaient toujours aux mains de Voldemort et si celui-ci décidait de sonder les esprits de Draco et Blaise (qui n'étaient pas entraînés à l'Occlumencie, contrairement à Hermione)… Séverus préféra ne pas y penser. Les deux garçons ne savaient rien et ne pourraient s'en porter que mieux. Restait à prier pour que Miss Granger tienne le coup.
« Je vais la ramener à sa cellule », fit Séverus en faisant un pas en direction d'Hermione. Mais s'était sans compter sur Bellatrix, qui s'interposa.
« Tut tut tut », chantonna-t-elle en se plantant face à lui. « D'abord j'aimerais que Draco fasse quelque chose pour moi… »
L'interpellé se figea. « Quoi ? », demanda-t-il d'une voix beaucoup trop aiguë.
« Les fermiers marquent bien leur bétail, pour qu'on reconnaisse leurs bêtes si celles-ci s'échappent… » Bellatrix fouilla sous sa cape et en sortit un petit poignard, dont le pommeau d'argent abritait quelques émeraudes taillées en gouttes. Elle le tendit à Draco, manche en avant. « Sois créatif, impressionne-moi… », souffla-t-elle tandis que Draco regardait le poignard, les sourcils froncés.
« Bella… », la héla Narcissa, d'une voix hésitante. « Je suis fatiguée, est-ce qu'on pourrait juste laisser tomber pour le moment ? Laisse-la redescendre, le Maître en fera ce qu'il voudra. »
« Ferme-la, Cissy. Je veux que ton fils me montre qu'il est un homme. » Puis à l'attention de Draco : « Dépêche. »
Draco se leva doucement de son fauteuil, tentant de maîtriser les tremblements de ses mains lorsqu'il prit le poignard et s'avança lentement vers Hermione, toujours à terre. Derrière Bellatrix, Narcissa enfouit son visage dans ses mains et secoua la tête. Séverus fut le seul à remarquer son geste.
« Draco, tu n'es pas obligé », dit-il d'une voix douce. « Seul le Maître peut t'obliger à faire une chose pareille. Si tu as envie de quitter cette pièce, tu le peux. »
« Quoi ? », s'égosilla Bellatrix en levant les mains d'un geste vif. « Tu n'essaierais pas de protéger cette Sang-de-Bourbe, par hasard ? »
« Et toi, tu donnes des ordres A LA PLACE DE TON MAÎTRE ? », aboya Séverus, qui jouait là sa dernière carte. « Tu te prends pour son égale ? Comment oses-tu donner des ordres à ses serviteurs et en son nom ? »
Bellatrix referma aussitôt la bouche, soufflée. Séverus n'attendit pas une seconde de plus et saisit Hermione par les cheveux pour la faire se lever. « Toi, tu viens avec moi », gronda-t-il, sans douceur, pour ne pas éveiller plus de soupçons. Hermione poussa le vice jusqu'à hurler un peu lorsqu'il l'entraîna à sa suite en direction des cachots, pour achever de convaincre Bellatrix et les autres, mais soupira de soulagement lorsqu'ils eurent passé les portes et descendu les escaliers.
« Merci, professeur », marmonna Hermione en se rasseyant sur sa chaise, dans sa cellule. Rogue hocha la tête et entreprit de la rattacher.
« On ne vous laisse pas tomber, Miss Granger. Je vous le promets. Laissez-nous le temps de nous réorganiser et on retentera notre chance. Bientôt », lui assura-t-il.
Hermione sourit faiblement. « Comment vont les autres ? », s'enquit-elle. « Tout le monde se porte bien ? »
« L'un des aînés Weasley est à Sainte-Mangouste, mais il s'en sortira. Globalement tout le monde est en forme », marmonna Rogue, avec une pensée agacée pour Ron, qui ne cessait de lui hurler dessus à chaque rencontre. « Votre ami Ronald passe son temps à me crier après, les jumeaux ne perdent pas leur sens de l'humour, ce qui est assez rassurant et Potter … » Il soupira. « Il reste lui-même. »
Hermione sourit. Les relations entre Harry et Rogue avaient été électriques depuis le premier jour d'Harry à Poudlard. Hermione avait compris que Rogue voyait en lui la copie presque parfaite du garçon qui l'avait maltraité lors de ses jeunes années, son père James. Cela n'expliquait pas franchement l'intégralité des réactions de Rogue à son égard, mais Hermione se voyait mal lui demander des explications en ce moment. Elle se contenta de hocher la tête et de murmurer : « Je suis contente que tout le monde aille bien… »
« Pour le moment, l'important, c'est que vous alliez bien », lui rappela Rogue en la regardant dans les yeux. « Le Seigneur des Ténèbres sera là ce soir, ce qui signifie que vous devez rassembler vos forces pour lui barrer la route de votre esprit. Sinon … »
« Vous et moi serons perdus… », acheva Hermione dans un souffle.
« Sans parler de mon filleul et de son ami », ajouta Rogue en fronçant les sourcils.
Hermione hocha la tête. « Je ferai de mon mieux. »
Rogue pinça les lèvres et lui jeta un dernier regard avant de quitter la cellule. Hermione inspira profondément pour empêcher ses larmes de couler. L'idée d'un face à face le soir-même avec Voldemort la terrorisait. Mais elle devait faire abstraction de sa peur … et se concentrer sur les techniques d'Occlumencie apprises quelques mois plus tôt. Elle devait se montrer forte. Pour elle, pour Rogue, mais aussi pour Draco, Blaise, Harry, Ron et tous ceux qui l'attendaient à l'extérieur. Elle y arriverait. Hermione s'en fit la promesse.
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Eh oui, je sais, ce chapitre est extrêmement court, mais je n'avais pas le choix ! En effet, je voulais absolument raconter la prochaine scène d'une seule traite, sans coupure et cela n'aurait pas été possible de tout faire dans ce chapitre (ou alors, vous auriez dû patienter une semaine de plus, le temps que j'écrive tout !). J'espère quand même que ce chapitre « de transition » vous aura plu, car il est assez net que Draco commence à se poser des questions sur ce qu'il ressent, même s'il n'arrive pas franchement à l'expliquer. Mais ce chapitre annonce malheureusement une suite d'événements qui ne sera pas de tout repos pour les petits nerfs d'Hermione et de Draco, mais qui n'en sera que plus délectable. Au fait, pour ceux qui ont découvert la suggestion musicale, vous en avez pensé quoi ?
N'oubliez pas la petite review qui fait plaize et je vous fait des gros bisous à tous.
Xérès !
