The Rise and Fall

Les blas-blas de Xérès : bonjour à tous ! Dans ce chapitre nous allons revenir quelques heures en arrière. Rappelez-vous le dernier chapitre se terminait sur Théodore passant sa soirée dans ses bouquins, mais il nous faut remonter un peu le temps pour terminer à présent la journée de nos amis au Manoir : un gala de charité est prévu chez les Malfoy, alors on se met sur notre 31, on affiche notre plus beau sourire et on se jette dans la fosse aux lions. Avec le sourire, j'ai dit ! Bonne lecture )

Merci à mes nouveaux followers (Lilange, Minioon, Louddht, Alice Potter du 55, Bichok) et à Noumiex3, Nelliel-G, Elena Grape, Petitestef, Hardcoredrugs, Passion Fugace, Rosabella01, Chapou69, Nedwige Stew, Argentspell, Babar et Loufoca-Granger pour leurs reviews.

RAR :

Noumiex3 : en même temps, il ne fallait pas que Drakychou s'attende à ce qu'elle se laisse embrasser comme ça, la petite Hermione ! La prochaine fois, il sera plus délicat, non mais ! lol Merci pour ta review !

Elena Grape : ah ah, handicapé du sentiment, c'est exactement ça !

Petitestef : c'est exactement ça ! Narcissa, elle est « tranquille » comme on dit chez nous dans le sud-ouest ! La pauvre Hermione, il faut la comprendre, elle se fait violer par un malade et puis le lendemain un autre malade (handicapé du sentiment comme le dit si bien Elena Grape) essaye de l'embrasser comme ça, pouf, sans prévenir. Quant à Blaise, il joue les médiateurs (dur métier, surtout avec des durs du ciboulot comme Draco et Mione). C'est un trio qui fonctionne bien, je trouve. Chacun sa place, un peu comme avec le trio Harry-Ron-Hermione. Enfin, c'est mon avis… Bisous et merci !

Passion fugace : oui, j'aimerais un peu plus développer Bellatrix (c'est un personnage que j'ai beaucoup aimé explorer dans la Voix des Morts et elle me manque un peu dans cette fic !). Merci pour ta review !

Chapou69 : je suis complètement d'accord avec ta critique et je pense malheureusement que pour écrire un après-viol avec toute la violence et la détresse que ça engendre, il faut l'avoir vécu. Je ne pense pas qu'un être humain puisse savoir ce qu'est ce genre de douleur sans l'avoir ressentie au plus profond de soi. C'est sûrement ce qu'il me manque à ce niveau là… De plus, j'ai tendance à toujours voir les mésaventures de mes personnages féminins à travers mes propres yeux et étant une personne très « dure », forte, parfois décrite comme froide parce que je garde tout à l'intérieur de moi, peut-être aussi que j'imagine « mon » Hermione comme étant capable de se construire une façade et éviter de tomber en miettes. Cela ne minimise pas du tout la douleur psychologique qu'elle ressent mais … par pudeur, par fierté, je ne l'imagine pas pleurer, se laisser aller, déprimer du moins pas en présence de Draco et Blaise. Et aussi, je voudrais juste montrer qu'elle déprime en restant seule dans la chambre mais va mieux en présence de ses deux anges gardiens…. Enfin bon, à part ça tu n'es pas la seule à adorer Narcissa et Blaise, et je dois dire que je m'y suis beaucoup attachée au fil des chapitres. Je ne pensais pas leur donner un aussi grand rôle lorsque j'ai commencé à écrire et puis finalement, je me dis qu'ils ajoutent du piquant et ils aident beaucoup Draco à grandir aussi ! Quant à Théo, boarf lui, il est irrécupérable… Merci pour ta review ! )

Loufoca-Granger : Oui, Draco était un boulet, mais ça c'était avant. Lol Non, sérieux, il va un peu évoluer dans ce chapitre. Bien entendu, il reste un petit con imbu de lui-même mais ce n'est qu'un retour à la normale en ce qui le concerne u_u Moi aussi Blaise et Cissy je les surkiffe, je m'éclate trop avec eux

Chapitre 12 : Happy Three Friends

Le reste de la journée se passa sans encombre pour Hermione. Elle avait passé l'après-midi seule, alternant lecture, sanglots, idées noires, lecture. Elle avait également faim mais ne pouvait pas vraiment descendre en cuisine pour régler le problème. Elle avait donc tenté de remplir son estomac à l'eau du robinet, mais lorsque Blaise était revenu vers dix-huit heures, en costume de soirée et avec un sandwich au jambon et au fromage, elle avait ressenti un tel élan de reconnaissance qu'elle avait failli se remettre à pleurer. Elle avait essuyé une petite larme d'un geste furtif et tenté une plaisanterie pour se redonner une certaine contenance.

« Pourquoi tu es déguisé en pingouin ? », demanda-t-elle en mordant dans son sandwich.

Blaise posa une bouteille de liquide boueux (qu'Hermione identifia comme étant du Polynectar) dans un coin de la pièce et baissa les yeux sur sa tenue en écartant les bras. « Je ne te plais pas ? », railla-t-il en tournant sur lui-même.

Je n'ai pas dit ça …, pensa Hermione avec un sourire. Mais ce sourire disparut lorsque Blaise reprit :

« Il y a un gala de charité ce soir au Manoir, au profit de Ste Mangouste, je crois », déclara-t-il en fronçant les sourcils. Hermione lui jeta un regard mi-interloqué, mi-horrifié et il ajouta : « Je te rassure, nous aussi ça nous fait doucement rire. Un gala de charité … chez des Mangemorts. La bonne blague. »

Hermione secoua la tête. « Et … Malfoy ? » Elle grimaça. « Je ne l'ai pas vu depuis … »

Blaise leva les yeux au ciel. « Il est furieux. Il aboie sur tout et tout le monde. Les elfes, son père, sa mère, sa tante, encore les elfes … »

« Pas sur toi ? », s'étonna Hermione.

« Moi ? Ah non … », fit Blaise avec une grimace. « Mais je ne pense pas que ce soit franchement mieux : il ne m'adresse même plus la parole et se contente de me jeter des regards qui me donnent envie de fuir en courant. Je crois qu'il est jaloux. »

Hermione roula des yeux. « Quel idiot… », marmonna-t-elle, tandis que Blaise souriait.

« Laisse-le grogner… », la rassura Blaise. « Ça lui passera. Et j'aime assez l'idée que Draco m'envie pour une fois. Généralement, c'est plutôt le contraire. »

Hermione lui jeta un regard interrogateur. « Qu'est-ce que tu pourrais bien envier à ce type ? Tu as vu sa famille ? »

« Tu as vu la mienne ? », grinça Blaise. « On m'a caché pendant 17 ans que j'avais une sœur jumelle sauvage dans le sous-sol. Crois-moi, les Malfoy sont un modèle d'équilibre et de bonté à côté de ma famille. Et puis il n'y a pas que ça. Tout le monde l'envie un peu. Comme toi, d'ailleurs. »

Hermione ne comprenait absolument pas ce qu'elle venait faire là. « Comment ça ? », fit-elle, troublée.

« Oh je t'en prie, Granger, si tu avais passé moins de temps à la bibliothèque, absorbée par tes bouquins, tu l'aurais peut-être remarqué », soupira Blaise avec lassitude.

« Mais quoi ? », s'énerva Hermione, intriguée.

« Tout le monde parle de toi. Qu'on t'aime ou qu'on te déteste, tu es au centre de beaucoup de conversations. Un peu comme Malfoy. Il est beau, il est riche, il est intouchable, toutes les filles tueraient pour être avec lui ne serait-ce qu'une nuit. Quant à toi, tu es intelligente, une sorcière remarquable, plutôt mignonne de surcroît… », ajouta-t-il avec un sourire. « Qu'on soit du bon ou du mauvais côté de la magie, ton talent est indéniable et attise les convoitises comme la jalousie. Même une star internationale du Quidditch comme Krum était impressionné par toi alors que tu n'avais que quatorze ans. Et tu n'imagines même pas le temps et les délibérations qu'il a fallu à ce bellâtre de Cormac MacLaggen avant de se décider à t'inviter au bal de Noël de Slughorn. »

Hermione frémit à ce souvenir douloureux. « Et il aurait mieux fait de s'abstenir. Ce type est un lourdaud. »

Blaise s'esclaffa. « Tu n'as même pas idée. Enfin bref… tout ça pour dire que Draco, toi, Potter, même cet imbécile de Ronald Weasley, vous êtes magnétiques. Vous attirez les gens, chacun à votre manière. »

Hermione s'assombrit. « On attire les emmerdes, surtout, oui… »

« C'est compris dans le lot, je suppose », fit Blaise en souriant. Hermione baissa les yeux et renifla. Elle aurait tout donné en cet instant pour ne plus être « magnétique ». Si elle n'avait eu aucun intérêt, elle n'aurait certainement pas été enlevée et enfermée ici. Elle n'aurait pas été torturée, frappée, violée. Elle serait en ce moment-même entourée de ses amis et de sa famille, sans d'autres soucis que les examens de fin d'année, les problèmes d'acné et tout ce qui faisait la vie d'une adolescente normale. Elle sentit la main de Blaise se poser sur son bras.

« Je suis désolé, ce n'est sûrement pas le genre de truc que tu as envie d'entendre en ce moment… », souffla-t-il. « Pardonne-moi. »

Hermione hocha la tête. « C'est rien… je suppose que j'ai … tendance à réagir un peu trop violemment à tout et n'importe quoi… » La fin de sa phrase se perdit dans les aigus. Elle avait une boule douloureuse dans la gorge et ne parvenait pas à la faire disparaître. Elle poussa un grognement de rage en sentant à nouveau des larmes rouler sur ses joues. Impuissant, Blaise la regarda se décomposer petit à petit, puis pleurer à chaudes larmes. Il l'attira doucement contre lui et la serra dans ses bras.

« Ça va aller, Granger… », murmura-t-il doucement. « Ça mettra peut-être du temps, mais je te jure qu'un jour ça ira mieux. »

« Tu n'en sais rien », sanglota Hermione en s'accrochant à lui comme à une bouée. « J'ai l'impression que le monde tourne à l'envers, je ne contrôle plus rien… »

« Ce n'est pas grave », souffla Blaise. « Tout sera bientôt fini. Je te jure qu'en moins de temps qu'il ne te faudrait pour lire l'Histoire de Poudlard version non censurée, tu seras de nouveau avec tes amis Gryffondors, presque saine et sauve. »

Hermione rit doucement entre deux sanglots. « Je ne savais pas qu'il y avait une version non censurée », renifla-t-elle.

« C'est parce que cette petite coquine de Mme Pince la cache sagement sous son oreiller », répondit Blaise, ravi de voir à nouveau un sourire, aussi larmoyant soit-il, sur les lèvres de la Gryffondor.

Hermione rit de plus belle et s'écarta un peu pour sécher ses larmes. Puis elle regarda Blaise et sourit. « Merci, Zabini… », le remercia-t-elle avant de le serrer dans ses bras. « Je ne sais pas ce que je ferais ici sans toi… »

Blaise ne répondit pas et lui rendit son étreinte. Un tantinet trop longtemps. Du moins juste assez pour que la porte s'ouvre et que Draco Malfoy ne les trouve tous deux enlacés dans sa chambre. Blaise repoussa aussitôt Hermione et regarda son ami avec une expression coupable. Quant à Hermione, elle s'était figée, interdite. Malfoy allait sûrement se mettre dans une colère noire et elle n'avait pas besoin de ça. Les yeux gris du blond flamboyaient littéralement. Il ouvrit la bouche pour parler mais quelque chose le retint et il claqua la porte, disparaissant à nouveau.

Le silence retomba dans la chambre. Blaise et Hermione échangèrent un regard gêné et la jeune fille décida de s'éloigner pour se rasseoir sur le sofa avec un livre.

« Bon, je … je vais essayer d'arranger ça avec lui », fit Blaise d'une voix faible. « Si jamais on ne retrouve pas mon corps, sache que j'ai été ravi de te connaître, Granger… », ajouta-t-il en ne sachant pas lui-même s'il plaisantait ou non.

« Je ne suis pas sa propriété », protesta Hermione en croisant les jambes sur le sofa. « Je serre qui je veux dans mes bras. »

Blaise hocha la tête. « Ouais, je tâcherai de lui dire ça quand il sortira mes intestins pour me pendre avec », marmonna-t-il pour lui-même.

« Quoi ? », fit Hermione qui n'avait pas entendu.

« Non, rien. A plus tard, Granger. Je verrouille la porte par sécurité, il y aura beaucoup de monde ce soir, il ne faudrait pas que quelqu'un te trouve ici par accident… », répondit-il précipitamment avant de disparaître dans le couloir.

Hermione soupira. Malfoy avait décidément un caractère bien particulier. Il était en colère contre Blaise et contre elle car ils étaient amis. Il était en colère parce qu'elle avait repoussé ses avances alors même qu'elle s'était fait agresser par un autre garçon quelques heures plus tôt. Mais à aucun moment il ne se remettait en question. Ce type était une brute épaisse. Il avait plutôt intérêt à ne pas faire de mal à Blaise, sinon elle lui ferait payer.

~o~

Blaise dévala les escaliers et arriva dans le hall au moment où Draco disparaissait par la porte d'entrée. Les premiers invités arrivaient, tous richement vêtus. L'un d'eux, un ami de son père, lui fit un signe de la main mais Blaise l'ignora et sortit à son tour dans le jardin, cherchant le blond des yeux. Il le vit tourner au coin du Manoir et s'élança à sa poursuite.

« Draco ! », appela Blaise d'une voix ferme. L'interpellé ne se retourna pas. Blaise renouvela son appel et après quelques secondes, le blond se figea et serra les poings. L'Italien le rattrapa en quelques foulées et arriva enfin à son niveau. « Ecoute, vieux … », commença-t-il tandis que Draco faisait volte-face. Son poing droit s'abattit sur la joue de Blaise, qui recula, un peu sonné. Mais cette fois, il ne comptait pas se laisser frapper sans rien dire. Il serra le poing à son tour et frappa le blond à la mâchoire. La surprise de voir son ami rendre coup pour coup sembla faire beaucoup plus de mal à Malfoy que l'uppercut en lui-même. Les yeux écarquillés de surprise, il fixa Blaise comme s'il le voyait pour la première fois.

« Mais … qu'est-ce qui te prend, tu es malade ou quoi ? », aboya Draco, la main plaquée sur le menton.

« Dit le type qui frappe en premier », rétorqua Blaise avec un regard mauvais.

« Oui mais moi, j'ai une bonne raison ! », se défendit le blond avec aplomb. « Qui t'a donné le droit de la toucher ? »

Blaise le fusilla du regard. « Elle ! Granger est la seule à pouvoir autoriser qui que ce soit à l'approcher. Un détail que tu as semblé omettre ce matin, quand tu l'as embrassée comme un sauvage, sans prévenir. Par Merlin, elle s'est fait agresser il y a moins de 24 heures et toi, tu lui sautes dessus comme si c'était journée portes ouvertes ! », beugla Blaise, tandis que Draco reculait d'un pas, surpris que son ami d'ordinaire si calme ose lui répondre ainsi.

Le blond se renfrogna. « C'est de sa faute, elle m'a posé tout un tas de questions auxquelles je ne voulais pas répondre… »

« C'est toujours la faute des autres avec toi, de toutes façons… », ricana Blaise avant de prendre une voix plaintive, digne de Mimi Geignarde. « Je suis malheureux dans mon Manoir, c'est la faute des Sangs-de-Bourbe qui se laissent torturer en bas ! Je me fais gifler par Granger parce que je lui saute dessus, ce n'est pas ma faute, elle n'avait qu'à pas m'embrouiller avec ses questions ! Mon meilleur et unique ami me met un gnon, c'est encore de la faute à Granger, tiens ! Non, mais tu t'entends ? Remets-toi en question, bordel ! »

Il s'arrêta en voyant que Draco le regardait, bouche bée. Il ne semblait absolument pas comprendre ce qu'il se passait. Jamais personne n'osait lui tenir tête ainsi. Eh bien mon coco, il va falloir t'y habituer…, pensa Blaise qui se retenait pour ne pas rire tant l'expression du blond était comique. Allez, asticotons-le encore un peu, c'est tellement drôle.

« Je te préviens, Draco », reprit Blaise avec malice. « Je t'ai laissé faire jusqu'à présent parce que j'étais persuadé qu'être avec Granger serait bénéfique pour ta foutue tête de mule. Mais si tu ne te reprends pas et que tu ne te montres pas plus patient et prévenant avec elle, alors … »

Le blond fronça les sourcils. « Alors quoi ? »

Hé hé, il tombe dans le panneau …, pensa l'Italien. « Alors, je suppose que je tenterai ma chance avec elle, une fois qu'on sera sortis d'ici et qu'elle ira mieux. Et crois-moi, on est très complices elle et moi, dans l'état actuel des choses tu n'aurais aucune chance. »

La mâchoire de Malfoy tomba encore plus bas et Blaise se retint de ne pas éclater de rire. C'était vraiment trop drôle. Le blond tenta maladroitement de donner le change.

« Qu'est-ce qui te fais croire que j'ai envie d'être avec Granger ? »

Cette fois-ci, Blaise fut incapable de se retenir de rire. « Je te ferais bien une liste, mais j'ai peur que cela ne nous prenne une grande partie de la nuit… »

Le blond fronça les sourcils et lui jeta un regard mauvais. Il semblait réfléchir intensément. « Tu crois qu'elle accepterait mes excuses ? »

Blaise soupira. « J'en suis certain. Granger n'est pas du genre à haïr les gens gratuitement. Si tes excuses sont sincères, elle te pardonnera. »

Draco hocha la tête. Il ouvrait la bouche pour reposer une question lorsqu'un couinement strident résonna dans le jardin.

« Aaaah, enfin te voilà ! », glapit Pansy Parkinson en sautant aux épaules de Draco, qui frémit d'horreur. « Je te cherchais partout ! Tu ne m'as pas donné de nouvelles depuis la dernière fois », bouda la jeune fille en faisant pivoter le jeune homme vers elle.

« Et selon toi cela signifie que … », gronda-t-il tandis que Blaise en profitait pour filer loin de cette dinde de Pansy.

« Que tu es un vilain garçon qui néglige sa petite-amie », minauda la brunette en gonflant sa poitrine dans sa robe de soirée décolletée. « Mais le vilain garçon a intérêt à se rattraper ce soir… » Elle sortit une coupe de champagne de nulle part et la tendit à Draco. « Voilà pour toi ! »

Draco prit la coupe de champagne. La vue de Parkinson lui donnait effectivement envie de boire (beaucoup et vite) mais il devait garder les idées claires. La dernière fois qu'il s'était saoulé, Granger et ses ongles en avaient fait les frais et il comptait bien ne plus jamais refaire la même erreur.

« Non merci », fit-il sèchement en vidant la coupe dans le gazon sous les yeux effarés de Pansy.

Pansy, consciente que jamais elle ne pourrait obtenir quoi que ce soit de Draco sans qu'il ingurgite une bonne douzaine de verres, sentit la situation lui échapper. Quelque chose n'allait pas. C'était peut-être horrible à dire, mais un Draco dépressif et alcoolique était bien plus malléable qu'un Draco maître de lui-même et sobre. Surtout lorsqu'il s'agissait de passer la nuit avec.

« Qu'est-ce qu'il te prend ? », murmura-t-elle en plaquant sa poitrine opulente contre son torse. « Tu n'as plus envie de tout ça ? »

Draco la repoussa avec une expression dégoûtée. « Dégage, Parkinson, tu me donnes envie de vomir. » Il la contourna et s'éloigna à grands pas, tandis que Pansy restait plantée là, bouillonnant de rage. Puis le gravier crissa derrière et elle se retourna. Ses deux amies Millicent Bulstrode, boudinée dans une robe rose fuschia et Astoria Greengrass, comme toujours classique et discrète en noir, la regardaient gravement.

« Et si ce qu'a dit Théo était vrai ? … », demanda Millicent en croisant les bras. « Et s'il se passait vraiment quelque chose entre lui et cette Sang-de-Bourbe ? »

« Tais-toi, Millicent, je refuse de croire à ces bêtises », siffla Pansy en serrant les poings. Astoria s'avança vers elle et posa une main sur son épaule.

« Pansy, je suis sûre que Théodore a dit ça pour te faire tourner en bourrique », fit la jeune fille d'une voix douce. « On connaît tous Draco depuis l'enfance, jamais il ne se rabaisserait à éprouver quoi que ce soit pour une fille comme Granger. »

Pansy hocha la tête et esquissa un pauvre sourire. « Tu as sûrement raison, Astor… Je ne vais pas me laisser abattre, je serai dans son lit ce soir qu'il le veuille ou non. »

Astoria sourit. « Tu devrais lui préparer une surprise, je suis sûre que ça lui fera plaisir. Il doit sûrement être contrarié par ses devoirs de Mangemort, c'est sûrement ça qui influe sur son comportement. Un peu de réconfort ne lui fera pas de mal », fit la jeune fille avec un clin d'œil.

Millicent gloussa horriblement. « Pourquoi ne pas l'attendre dans sa chambre avec quelques bougies, du champagne, les cuisses ouvertes et tout le tralala ? Tu connais Draco, il est incapable de résister à une fille qui s'offre aussi facilement. Sûrement à cause de son ego démesuré… », railla Millicent en levant les yeux au ciel, mais Pansy sembla trouver l'idée excellente et ne releva pas l'insulte cachée derrière ses paroles.

« C'est une excellente idée, Millie ! », s'écria Pansy, tandis que Millicent la regardait avec une expression hébétée. Astoria ouvrit la bouche pour lui dire que ce n'était certainement pas la meilleure chose à faire et que Millicent avait juste dit ça par méchanceté, mais une fois que Pansy Parkinson avait une idée dans le crâne, il était impossible de la lui retirer. Et comme elle était déjà partie en direction du Manoir, les deux autres jeunes filles n'eurent pas d'autre choix que de la suivre.

~o~

Après avoir esquivé Pansy, puis une dizaine de riches Médicomages cherchant à marier leurs filles avec l'unique héritier Malfoy, Draco parvint à trouver un endroit tranquille pour s'asseoir et réfléchir. Les rires et le tintement des verres en cristal des invités lui parvenaient comme assourdis, atténués et lointains. Sa discussion houleuse avec Blaise repassait en boucle dans sa tête.

Si tu ne te reprends pas et que tu ne te montres pas plus patient et prévenant avec elle, alors je suppose que je tenterai ma chance…

Il ne pouvait pas être sérieux ? Et pourtant, la façon dont il enlaçait Granger, dont il arrivait à la faire rire et sourire… Lui, n'avait droit qu'aux larmes et aux insultes. Au mieux, un regard incrédule. Peut-être Blaise avait-il raison : son comportement devait changer. Oui mais comment savoir le genre de comportement que Granger aimerait ? Devait-il se la jouer héros blessé et meurtri à la Potter ? Devait-il être un bouffon sans aucune classe à la Weasley ? Ce-dernier semblait plus lui plaire que le Balafré, un choix qui restait d'ailleurs un véritable mystère pour Draco. Qu'est-ce qu'un Weasley pouvait bien avoir de plus qu'un Malfoy, voire même qu'un « héros » comme Potter ? Il n'avait pas la réponse à cette question. En tous les cas, Blaise avait raison sur un point : il devait s'excuser, même si cela lui en coûtait. A condition qu'elle s'excuse elle aussi de l'avoir giflé. On ne porte pas la main sur un Malfoy impunément, après tout … Après quelques minutes supplémentaires de réflexion, il avait pris une décision. Il ne pouvait pas risquer de voir Blaise ou n'importe qui d'autre lui prendre la seule personne qui avait chamboulé tout son univers. Il avait trahi les siens pour elle, il avait renié tous ses principes, il avait tenu tête à ses amis et à sa famille pour la sauver. Elle ne pouvait pas se contenter d'un merci et de sortir de sa vie ensuite. Elle n'en avait pas le droit. Dans ce nouveau monde, du côté de l'Ordre du Phoenix, où il serait un étranger, il aurait besoin d'elle pour le guider, pour l'aider, pour… Le fil de ses pensées s'arrêta là. Il aurait besoin d'elle, point. Il avait déjà besoin d'elle. Sinon il n'en serait pas là. A elle de l'accepter et de bouleverser sa vie pour lui, à présent.

Il avisa un plat de mini-éclairs au chocolat, tartelettes aux fraises et autres douceurs. Après tout, Christophe Colomb avait bien apporté de l'or et des bijoux aux indigènes d'Amérique en gage de paix. Bon d'accord, ça ne s'était pas franchement bien fini pour les indigènes en question, mais c'est l'intention qui compte, non ? Il saisit une assiette et la remplit de tout ce qu'il put trouver de plus sucré sur le buffet. Puis il se dirigea vers les escaliers, croisant sa mère qui discutait avec l'épouse du directeur de Sainte-Mangouste.

Sa mère s'excusa auprès de son invitée et se pencha vers son fils. « Tu la sauves pour pouvoir mieux la tuer ensuite à coup de diabète ? J'avoue que je ne vois pas trop où est la logique là-dedans, mon chéri… », souffla Narcissa avec une expression amusée.

« J'ai pensé que ça lui ferait plaisir », marmonna Draco en la fusillant du regard. « Est-ce que tu pourrais t'assurer que Père ne me dérange pas pendant un moment ? »

« Hmm hmm », fit Narcissa, pensive. « En tous cas, si tu veux te faire pardonner ton petit dérapage, il va falloir bien plus que 3 000 calories par bouchée pour ça… J'espère que tu as préparé un petit discours d'excuse ? »

Draco regarda sa mère, choqué qu'elle soit au courant du baiser volé. Puis comprit. « Blaise… », gronda-t-il en se renfrognant.

Narcissa soupira et lui tapota le dos. « Heureusement que ce cher petit est là pour prendre soin de toi… Maintenant file, je vais m'assurer que ton père ne te demande pas pendant les trois ou quatre siècles à venir. C'est à peu près le temps qu'il faudra à cette pauvre petite pour se remettre du choc et te pardonner cette indélicate agression. »

Draco poussa un grognement et allait rétorquer vertement, mais sa mère éclata d'un petit rire haut perché, piqua une tartelette aux fraises dans son assiette surchargée et s'éloigna pour rejoindre un petit groupes de sorciers endimanchés à quelques mètres. Il la suivit des yeux, soupira puis se remit en route.

~o~

Lorsque la poignée de la porte de la chambre se mit à tourner frénétiquement, Hermione bondit sur ses pieds et retint son souffle. Tendant l'oreille, elle entendit des voix de l'autre côté de la porte. Des voix féminines.

« C'est fermé ! », fit une première voix plaintive.

« Et alors ? Tu es une sorcière ou une andouille, Millicent ? », fit la voix agacée et reconnaissable entre toutes de Pansy Parkinson.

Hermione sentit son cœur manquer un battement et plongea sous le lit. Elle se tortilla sur le sol, essayant d'ignorer la poussière et les divers objets abandonnés sous le sommier, pour se placer au centre du grand lit, le plus loin possible des bords et de la lumière. Elle tentait également de calmer sa respiration saccadée lorsqu'elle entendit la voix de Parkinson s'élever à nouveau.

« Alohomora ! »

La porte s'ouvrit avec un cliquetis caractéristique. Hermione se figea, tous les sens en alerte.

« Tu vois, ce n'était pas si difficile ! », reprit Pansy en se tournant vers Millicent. « Parfois, j'ai vraiment l'impression que tu n'as rien d'autre que du yaourt entre les oreilles. Sans vouloir t'offenser ! », railla Pansy en avançant dans la pièce, un seau à glace et une bouteille de Dom Pérignon à la main. Millicent lui tira la langue et Astoria leva les yeux au ciel.

« Et maintenant ? », fit cette dernière en refermant la porte derrière elle. « Qu'est-ce que tu comptes faire ? »

Mais Pansy semblait soucieuse. Elle inspectait la pièce, les sourcils froncés et les mains sur les hanches.

« Quoi ? », fit Millicent en la regardant d'un air interrogateur.

« C'est bien la première fois que je vois sa chambre aussi bien rangée… », marmonna Pansy en se tournant vers ses amies.

Astoria s'esclaffa. « Alors ça, c'est du travail de détective ! », fit la jeune fille. « C'est la première fois que je vois sa chambre aussi bien rangée », répéta-t-elle dans une parfaite imitation de Pansy. « Je ne pense pas que ce genre d'argument soit recevable devant un tribunal ! »

Pansy soupira, agacée. « Je disais juste ça comme ça ! », cracha-t-elle, vexée. « Peu importe. Que penses-tu de quelques bougies autour du lit et de pétales de rose sur les couvertures ? »

Astoria roula des yeux. « Oh oui, Draco est vraiment du style à adorer les pétales de rose et les bougies odorantes… Sérieusement, Pansy, pour ce type le comble du romantisme consiste simplement à enlever ta petite culotte. Pas la peine de sortir le grand jeu pour ça. »

Pansy lui jeta un regard scandalisé. « Mais j'ai envie de quelque chose de spécial ! », protesta-t-elle tandis qu'Astoria levait les mains en signe d'apaisement. « Tu l'as vu, tout à l'heure, il est à cran ! Il a besoin de moi ! »

Derrière Pansy, Millicent jeta un regard éloquent à Astoria et secoua la tête. Sous le lit, Hermione respirait tout doucement, priant pour que les trois filles quittent la pièce avant qu'un mouton de poussière ne finisse par la faire éternuer. La poignée de la porte tourna à nouveau. C'est pas vrai, cette chambre est un véritable moulin …, pensa Hermione en soupirant mentalement.

Draco Malfoy, son assiette de pâtisseries à la main, apparut sur le pas de la porte. Au bord de la crise cardiaque, il vit Pansy, Millicent et Astoria plantées au milieu de la pièce. Aucune trace de Granger, cependant.

« Qu'est-ce que … », commença-t-il, mais la surprise était telle qu'il en restait sans voix. Et oubliait même d'être en colère.

« Oh Dracooo », couina Pansy en s'approchant de lui. « Je voulais te faire une surprise », fit-elle en désignant la bouteille de champagne plongée dans les glaçons. « Tu n'étais pas censé- oooh, mais tu m'as amené des petites douceurs ! », glapit-elle en remarquant son assiette chargée de mini-desserts.

« Quoi ? », il baissa les yeux sur son plat, puis releva la tête. « Non ! Ne touche pas à ça ! »

Pansy se figea et prit un air de chien battu. « Pourquoi es-tu aussi méchant avec moi ? Tu détestes les sucreries, pourquoi en aurais-tu pris autant dans ce cas ? »

« Bon, ça devient franchement gênant, on va vous laisser », marmonna Astoria en se dirigeant vers la sortie, Millicent sur les talons.

« Ouais, faites donc ça ! », fit Draco, enchanté en poussant également Pansy vers la sortie. Mais la jeune fille se débattit.

« Non ! Il faut qu'on ait une discussion sérieuse, Draco ! A propos de nous ! », glapit Pansy, tandis que ses deux amies déguerpissaient sans demander leur reste.

Draco pinça les lèvres, posa son assiette de gâteaux sur la commode et croisa les bras. « Très bien, tu veux du sérieux ? Voilà du sérieux. Avant je n'aimais pas le sucré et maintenant j'ai changé d'avis. Tout comme avant, je trouvais agréable de coucher avec toi et maintenant, plus du tout. Tu devrais être contente pour moi : on dit que seuls les imbéciles ne changent pas d'avis ! » Il ouvrit la porte en grand, saisit Pansy par le bras et la poussa hors de la pièce.

La jeune fille le regardait, verte de rage, bouche bée en se massant l'avant-bras. « J'espère que tu vas t'étouffer avec tes petits fours, Draco Malfoy ! Et plus jamais tu ne me toucheras, espèce de pauvre type. »

« Super, maintenant je sais qu'on est sur la même longueur d'ondes. Passe une excellente soirée, Parkinson ! », fit-il joyeusement avant de lui refermer la porte au nez.

Derrière le panneau de bois, il entendit Pansy pousser un hurlement de rage et s'éloigner en faisant claquer ses talons sur le parquet. Il poussa un long soupir, pinça l'arête de son nez entre ses doigts et se retourna en direction du lit. Pas un bruit, pas un mouvement.

« Granger ? », souffla-t-il en balayant la pièce du regard. « Granger, tu es là ? »

Un frottement se fit entendre et une main apparut sous le lit, s'agitant comme pour lui dire bonjour.

« Je suis ici ! », fit une toute petite voix sous le matelas.

Draco poussa un soupir de soulagement, oubliant même qu'il était censé être en colère contre elle. Il se laissa tomber à plat ventre sur le sol et vit la Gryffondor, couchée sur le dos, coincée entre le sommier et le plancher, avec pour seule compagnie quelques moutons de poussière et autres petits objets hétéroclites oubliés là.

« Elles ne t'ont pas vue ? », demanda Malfoy tandis qu'Hermione secouait la tête. « Tant mieux », reprit-il avec un sourire. Ils se regardèrent en silence, puis Draco se souvint pourquoi il était là et grimaça. « Je voulais m'excuser pour … enfin, pour mon comportement… », fit-il maladroitement.

« Je serai ravie d'entendre ça, Malfoy, mais est-ce que tu pourrais m'aider à sortir de là d'abord ? Je commence à devenir un peu claustrophobe … », le coupa Hermione avec un petit rire forcé.

Malfoy tendit un bras et elle le saisit avec une hésitation. Il tira doucement pendant qu'elle poussait le sol avec ses talons et elle finit par s'extirper de sa cachette, couverte de poussière. Ils se relevèrent tous deux et Malfoy épousseta ses vêtements avec une grimace.

« Tu n'as pas fait du très bon boulot… », fit-il en regardant la poussière virevolter devant ses yeux.

« J'insiste, Malfoy. J'ai rangé, je n'ai pas nettoyé », se défendit Hermione avec une moue désapprobatrice.

« Pourquoi ? Ce n'est pas vraiment le temps qui te manquait pas vrai ? »

Hermione se renfrogna. « Je croyais que tu étais venu t'excuser… », fit-elle avec une pointe d'agacement.

Draco se frappa mentalement : il l'avait encore mise en colère. Il se retourna donc et prit l'assiette de gâteaux sur la commode. « Une petite douceur ? », tenta-t-il tandis qu'Hermione lui jetait un regard perçant.

« Tu crois franchement t'en sortir avec des sucreries ? », siffla-t-elle en croisant les bras. « Il va falloir franchement revoir tes techniques relationnelles avec les femmes, Malfoy. »

Draco fronça le nez. « Bon, si tu n'en veux pas … », fit-il en se dirigeant vers sa poubelle de bureau. Il se figea en voyant Hermione tendre la main dans sa direction.

« Tu ne vas pas les jeter ! », fit-elle scandalisée.

« Je n'aime pas ça et si tu n'en veux pas … », fit-il avec amusement.

« Donne-moi ça, serpent de malheur », grommela Hermione en récupérant le plat avec empressement. Draco le lui tendit avec un large sourire. Elle se détourna et engloutit en mini-éclair au chocolat. Le paradis sembla exploser dans sa bouche et elle se retint de pousser un soupir d'extase. Elle n'avait rien mangé d'aussi bon depuis une éternité.

« Pas si mauvaises que ça mes techniques relationnelles, donc ? », plaisanta Draco en voyant Hermione apprécier son éclair.

Elle se retourna et lui jeta un regard mauvais. « Même pas en rêve. Je déteste le gaspillage, c'est tout. »

« Bien sûr… », lâcha-t-il avec un rictus moqueur.

« Et j'attends toujours tes excuses… », reprit Hermione en choisissant à présent une tartelette au citron meringuée.

« C'est vrai … », fit le blond avec un hochement de tête. « Et bien voilà, Granger, c'est officiel, je m'excuse pour mon comportement inacceptable. Je m'excuse de t'avoir embrassée sans ta permission. Je m'excuse de t'avoir insultée lorsque tu m'as repoussé. Et je suis sincère. »

Hermione le dévisagea. En effet, il avait l'air de le penser vraiment mais une étincelle de malice brillait toujours dans ses yeux. Il préparait quelque chose, manifestement.

« Bien, disons que j'accepte tes excuses », fit doucement Hermione, soupçonneuse.

« Parfait ! A ton tour, maintenant ! », fit-il, triomphant.

Nous y voilà…, pensa Hermione. « De quoi suis-je censée m'excuser, au juste ? », s'étonna-t-elle.

« De m'avoir frappé. D'avoir porté atteinte à mon physique avantageux… je suis presque sûr qu'il y a une petite marque. Je pourrais te demander des dommages et intérêts pour ça ! », ajouta-t-il en agitant un index en direction de sa joue … indemne.

« Tu n'as absolument rien, Malfoy. A part peut-être à ton égo », se moqua Hermione, après avoir tout de même fait quelques pas dans sa direction pour s'en assurer.

« Quand même », insista le jeune homme. « J'aimerais que tu t'excuses. Tu me dois bien ça ! »

Hermione le regarda, bouche bée. Il avait un sacré culot, mais elle ne se sentait pas la force de déclencher une nouvelle dispute. Il lui tendait la main, c'était déjà assez exceptionnel en soi, elle n'avait plus qu'à la saisir. Ce qu'elle fit.

« Très bien ! », céda-t-elle. « Je m'excuse de t'avoir giflé. J'ai plus frappé par réflexe qu'autre chose, d'ailleurs. J'ai été prise de court, c'est tout. »

Malfoy rayonnait et Hermione fut surprise de voir un sourire aussi sincère sur son visage d'ordinaire si dur. « Magnifique ! Promis, la prochaine fois, je m'assurerai que tu es d'accord avant de tenter quoi que ce soit ! »

Interdite, Hermione prit le temps de digérer ce qu'elle venait d'entendre. « Que… quoi ? Quelle prochaine fois ? », balbutia-t-elle, tandis que Malfoy se laissait nonchalamment tomber sur le lit et croisait les bras derrière la tête sur l'oreiller. « Tu n'es pas sérieux ? », fit-elle avec une grimace.

« Pourquoi pas ? », reprit le blond en lui jetant un regard amusé. « J'ai trahi, menti et comploté contre les miens pour toi. Tu m'es redevable. Bien entendu, je serai patient. J'attendrai aussi longtemps qu'il le faudra. Mais je ne te lâcherai plus, Granger. Pas après tout ce que j'ai fait pour toi. »

Hermione le regarda, le souffle coupé. Il avait de nouveau cet air arrogant et narquois qu'elle lui avait toujours connu à Poudlard. Il transpirait la suffisance et la fatuité. Draco Malfoy, le vrai, l'unique. Il était enfin de retour et Hermione avait tendance à trouver cela rassurant. Du moins beaucoup plus rassurant que le Malfoy alcoolique et dévasté, ou encore le Malfoy furieux et en colère contre le monde entier. Néanmoins, ce Malfoy-là semblait oublier un détail essentiel.

« Et si je ne vais jamais mieux ? Ou si je n'ai simplement jamais envie d'être avec toi ? », souffla Hermione, inquiète de sa réaction. Le sourire du blond disparut. Visiblement, il n'avait pas envisagé une seconde l'éventualité qu'une fille ne veuille pas de lui. Hermione fut surprise par l'expression blessée qui passa sur son visage. Pendant quelques secondes, elle sentit que sa question avait réveillé une douleur au plus profond de lui. Mais il reprit aussitôt ses esprits et haussa les épaules d'un air méprisant.

« Je suppose que je n'y pourrai rien … », marmonna-t-il, la mine sombre. « Mais je préfèrerais que ce ne soit jamais le cas. »

Hermione retint son souffle. Même si elle n'éprouvait en cet instant rien de plus que de la curiosité et un peu de crainte à l'égard de Malfoy, elle devait avouer que cette discussion était de loin la plus romantique qu'elle ait jamais eue avec un garçon. C'était dire si Ron et le romantisme étaient aussi éloignés l'un de l'autre que l'étaient le Soleil et Pluton. D'ailleurs, à bien y réfléchir, Ron ne lui avait encore jamais fait de déclaration. Elle sentit son cœur se serrer à cette idée. Ronald… Pourraient-ils à nouveau être aussi proches maintenant que son cœur et son corps avaient été réduits en cendres ? Elle ne se voyait même pas lui expliquer ce que Nott avait fait, alors comment pourrait-il jamais comprendre ce qu'elle ressentait ? Zabini et Malfoy comprenaient, eux. Ils l'avaient vue, dévastée, salie. Ils avaient été là, à ses côtés, ils l'avaient sauvée. Pour Ron et Harry, cette partie de sa vie dans les cachots ne serait qu'une histoire racontée, un fait abstrait, alors que pour elle et les deux Serpentards, c'était du vécu, du ressenti. Sans le vouloir, Nott avait créé un lien entre elle, Malfoy et Zabini, et il en avait détruit un autre entre elle, Ron et Harry. C'était comme ça et elle ne pouvait plus rien y faire. Elle devait l'accepter et faire avec.

Elle releva la tête et vit que Draco la regardait intensément. « A quoi tu penses, Granger ? », demanda-t-il en fronçant un sourcil.

Hermione secoua la tête pour chasser ses idées noires. « Au désastre qu'est devenu ma vie… », fit-elle avec une voix qui se voulait détachée, mais elle était à nouveau à deux doigts de pleurer. Malfoy dut le sentir car il sauta sur ses pieds et s'approcha d'elle. Mais alors qu'il tendait le bras pour l'attirer à lui, il se figea, semblant se rappeler qu'il lui avait promis de ne plus la toucher sans son consentement. S'ensuivit un moment extrêmement gênant, pendant lequel Draco, le bras en l'air, regardait Hermione comme si elle était susceptible de le frapper à tout moment, tandis qu'Hermione, les yeux pleins de larmes, l'observait avec crainte, comme s'il allait la manger tout rond. Le Serpentard laissa retomber mollement son bras et soupira. Comme il se détournait, agacé, Hermione prit la parole en sanglotant.

« Est-ce qu'on pourrait d'abord commencer par être amis, si tu veux bien ? », balbutia-t-elle en frottant ses yeux mouillés.

Il la regarda et sourit faiblement avant de hocher la tête.

« Parfait, alors quand des amis voient un autre ami en train de pleurer, ils ont le droit de l'enlacer, sans que ça soit bizarre… ? », reprit Hermione en reniflant.

« Justement… », fit le blond avec une grimace, « là, c'était bizarre… »

« Peut-être mais j'ai vraiment besoin d'un ami, tout de suite… », fit Hermione tandis que sa voix se brisait. A peine avait-elle fini sa phrase que les bras de Malfoy se refermèrent autour d'elle pour la serrer contre lui. Hermione ferma les yeux et laissa libre cours à ses larmes.

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Rémus Lupin sirotait un thé brûlant près du feu lorsque Séverus Rogue, en tenue de soirée, entra dans la Chaumière aux coquillages. Le loup-garou haussa un sourcil et regarda d'un air moqueur le maître des Potions sur son trente-et-un.

« Sans commentaire », grogna Rogue en se laissant tomber sur le sofa, près de lui. « Où sont les autres ? », demanda-t-il.

« Au lit, il est près de minuit », fit simplement Rémus en posant sa tasse dans sa coupelle. « Tu viens d'où comme ça, Snivellus ? »

Séverus le fusilla du regard en entendant son surnom. « Du Manoir. Gala de charité », grommela-t-il en se passant une main sur le visage. Il esquissa un rictus en entendant Rémus s'étrangler avec son thé.

« C'est une blague ? », souffla le loup avec un demi-sourire.

« Lupin, on se connaît et on se pratique depuis suffisamment longtemps pour savoir que je ne plaisante jamais … », railla l'espion tandis que l'autre ponctuait ses paroles d'un hochement de tête narquois. « Peu importe. Ce n'est pas le problème. Il est arrivé quelque chose à Miss Granger. »

Lupin se raidit. « Rien de grave ? Tu veux que j'aille réveiller Harry et Ron ? »

« Et je répondrai à ces deux questions par oui à la première et par un non ferme et définitif à la seconde », marmonna Séverus, tandis que Lupin se faisait plus attentif. « Théodore Nott l'a … agressée sexuellement », expliqua le professeur avec une expression mauvaise.

« Tu veux dire que … »

« Oui », opina le Directeur de Serpentard.

« Merlin… Où est-elle maintenant ? »

« En sécurité, disons que nous avons mis en place un stratagème provisoire, qui va nous permettre de l'extraire du Manoir avec un peu plus de discrétion… », murmura Rogue. « Mais il faut faire vite. Draco et le jeune Zabini prennent soin d'elle, j'imagine, mais elle est encore en danger tant qu'elle reste là-bas. »

« Il faut prévenir les garçons », protesta Lupin en faisant mine de se lever. Mais Rogue le retint fermement.

« Non. Connaissant Miss Granger, elle n'aimerait sûrement pas qu'une autre personne qu'elle les mette au courant de cet incident… disons, intime. De plus, tu connais Potter et Weasley aussi bien que moi, leur annoncer la nouvelle ne ferait que les pousser à commettre une idiotie qui pourrait tous nous faire tuer. »

Lupin devait avouer que le dernier argument était valable. Les deux garçons allaient réagir violemment à cette nouvelle, ils voudraient sûrement récupérer Hermione illico presto, ils commettraient des imprudences et ils ne pouvaient pas se le permettre.

« Tu dois avoir raison », fit Rémus sombrement. « Mais il faut organiser sa sortie dans les plus brefs délais… Pauvre enfant… », ajouta-t-il à mi-voix. « Et Nott, j'imagine qu'il a quand même été puni pour ce qu'il a fait ? »

Rogue ricana. « Pas même une petite tape sur la main », cracha Séverus avec animosité. « Je ne sais même pas si le Maître a été mis au courant. Mais je vais te dire une chose, Rémus, ce gamin m'inquiète. Il commence à devenir un plus gros problème encore que le Seigneur des Ténèbres lui-même, et je pèse mes mots… »

Rémus fit tourner sa cuillère dans son thé, jouant avec la rondelle de citron qui baignait dedans. « Tu suggères de l'éliminer ? », fit-il doucement. « Par Merlin, ce n'est qu'un gamin… un de tes élèves, par-dessus le marché… »

Séverus plongea son regard noir dans les flammes. « Crois-moi, ce gamin est plus dément que la plupart de ceux qui portent cette marque », gronda-t-il en relevant sa manche pour dévoiler la Marque des Ténèbres qui s'y trouvait. Les deux hommes échangèrent un regard. Rémus hocha doucement la tête.

« Dans ce cas, l'Ordre s'en occupera également. »

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Wouhhh un long, très long chapitre, cette fois ! Ça rattrape un peu les précédents … Que pensez-vous de tout ça ? Draco qui reprend du poil de la bête et prend des DECISIONS (ça change), la résistance qui s'organise, Hermione qui tente de se reconstruire petit à petit, Blaise et Narcissa fidèles à eux-mêmes … Il fallait que la situation se débloque entre Hermione et Draco avant qu'ils ne changent d'environnement. Car après, avec Ron et le reste, ça risque d'être très très compliqué pour eux. Surtout pour lui, en fait ! x)

J'ai hâte d'avoir votre avis ! A la semaine prochaine !

Xérès