The Rise and Fall

Les blas-blas de Xérès : Bonjour à tous et bienvenue dans ce chapitre très fourni et intense ! On arrive à un point décisif de l'histoire, même si celle-ci est encore loin d'être finie. Mais c'est déjà une grosse étape de passée. Vous avez été très nombreux à me demander ce qu'il allait advenir de Narcissa, notamment. Eh bien, la réponse est dans ce chapitre. J'ai hâte d'avoir vos réactions ! Bonne lecture )

Merci à mes nouveaux followers (Sisika45, VivreVivi, lilou4, manga-13), ainsi qu'à Lily Elebore Michaels, laloudu77, chapou69, sarahblue1, Rosabella01, DramioneTouch, Babar, Elena Grape, Petitestef, BiiJou, NY0Z3KA, S., Maedaa pour leurs reviews.

RAR :

Lily Elebore Michaels : je te rassure, j'étais à fond dans les HP/DM à une époque, moi aussi. Et j'avoue que de temps en temps, j'en lis encore quelques-uns parce que le yaoi c'est la vie. u_u Mais c'est bien de changer aussi. C'est comme ne manger que des mister freeze au cola et puis un jour se dire « tiens, si j'en prenais un au citron » et être super surpris de trouver ça bon et rafraîchissant. Même si on est toujours accro au cola… Hem, je sais pas si ma métaphore est super claire, du coup … Merci pour ta review ! )

Chapou69 : ma foi, que de compliments ! En ce qui concerne Draco et Hermione, j'aimerais qu'au fur et à mesure, Hermione comprenne à quel point Draco est prêt à chambouler tout son univers pour elle, contrairement à Ron qui aurait plutôt tendance à la « prendre pour acquise » et ne fait pas plus d'efforts que ça… C'est ainsi que leur relation va petit à petit prendre forme, je pense. Quant à Narcissa, prépare les mouchoirs, car elle va faire très très fort ! Sous ses airs de bourgeoise, se cache une rebelle qui peut aussi tout envoyer valser mais ça, tu vas le découvrir très vite… Merci pour ta review !

Rosabella01 : si je ne fais pas partir Narcissa c'est parce que … ah ben non, je ne le dis pas, sinon ça gâcherait la surprise pour ce nouveau chapitre ! )

Elena Grape : mouah ah ah ah optimiste ? Oui et beaucoup trop même. Mais tu le découvriras dans quelques minutes. (rire démoniaque de l'auteure sadique).

Chapitre 16 : Liberté

Après le départ de Rogue et pendant toute la journée, Hermione avait été incapable de tenir en place. Elle avait rassemblé ses maigres affaires dans le sac déposé par Narcissa, avait soigné ses différentes blessures, essayant de les dissimuler au maximum pour avoir l'air présentable, avait coiffé sa tignasse sans grand succès une bonne dizaine de fois… Le tout sous le regard attendri de Blaise et celui quelque peu agacé de Draco. Celui-ci décida de mettre le holà lorsqu'elle fit mine de l'aider à préparer un sac en vue du départ.

« Granger ! », aboya-t-il, faisant sursauter Blaise, occupé à rétrécir ses propres affaires pour que tout rentre dans un petit sac-à-dos emprunté à Malfoy. « Pose tes fesses quelque part et arrête de tourner en rond partout, tu vas finir par me rendre dingue ! »

« Désolée », gémit Hermione en gesticulant de plus belle. « Je suis tellement… électrisée ! Je vais être incapable de fermer l'œil ce soir, je n'arrive toujours pas à croire qu'on s'en va demain ! Tu n'imagines pas à quel point je me sens mieux déjà… J'ai tout ce nouvel espoir qui me submerge et regarde ! » Elle tendit le bras. « J'en ai les mains qui tremblent, c'est dingue. Je n'y croyais tellement plus, je-

« GRANGER ! », tonna Draco en faisant trois pas menaçants dans sa direction. « LA FERME ! »

« Chhhhhh ! », siffla Blaise en jetant un regard inquiet en direction de la porte.

Hermione rougit violemment, consciente qu'elle parlait trop, puis pinça les lèvres et fit le geste de fermer une fermeture Eclair devant sa bouche. Le blond soupira et reprit la préparation de son sac. Hermione se mit alors à arpenter la pièce, mais en silence, ce qui était en soi une grande amélioration. Lorsqu'elle vit Malfoy fermer son sac et le poser à terre, un détail la frappa mais elle se souvint qu'elle n'avait plus le droit de parler. Elle eut alors un réflexe malheureux. Comme en classe, elle leva le doigt.

Draco et Blaise la regardèrent un instant, abasourdis. Puis Draco esquissa un sourire mauvais. « Je comprends maintenant ce que devait ressentir Rogue en cours de Potions », dit-il à Blaise en désignant Hermione du doigt. « Cette furieuse envie de ne pas lui donner la parole, mais d'être pourtant obligé de le faire … Tu crois qu'elle pourrait rester comme ça longtemps ? »

« Probablement », répondit Blaise en riant. « Tu veux qu'on chronomètre ? »

Hermione baissa le doigt et les fusilla du regard.

« Quoi ? Déjà ? », la taquina le blond.

« Malf-

« Je ne t'ai pas donné l'autorisation de parler ! », l'interrompit-il, tandis que Blaise s'esclaffait. « Dix points de moins pour Gryffondor ! » Il se tourna vers l'Italien, hilare. « J'ai toujours rêvé de faire ça… »

Puis il regarda Hermione. Celle-ci l'observait avec une expression vexée mais un léger sourire flottait sur ses lèvres. Elle aussi s'amusait de la situation.

« Bon, vas-y, même si je suis sûr de le regretter dans dix secondes… », fit Draco en levant les yeux au ciel.

« Trop aimable », rétorqua Hermione. Elle s'avança vers la commode et saisit la photo de groupe qui trônait dessus. « Tu devrais la prendre. Elle est chouette », ajouta-t-elle d'une voix douce. « Là où on va, ce genre de souvenirs ça remonte parfois le moral. »

Le jeune homme s'avança et lui prit délicatement le cadre des mains. Il baissa un instant les yeux sur l'image et faillit la reposer sur le meuble. Mais quelque chose le retenait. Peut-être qu'il regretterait un jour de ne pas l'avoir emportée, qui sait ? Il la fourra donc avec le reste des vêtements, le nécessaire de toilette, le Nimbus 2001 et les quelques livres ou objets jugés utiles qui s'entassaient à présent, rétrécis, dans le sac. Hermione sourit et Draco ne put s'empêcher de penser que ce seul sourire valait bien la peine de s'encombrer d'un cadre photo.

Puis il se rappela d'une chose importante. « Moi aussi j'ai quelque chose pour toi ! », s'exclama-t-il en se frappant le front du plat de la main. Il fouilla dans une de ses poches et en sortit la baguette noire au serpent d'argent et d'émeraude de son arrière-grand-mère. Il la lui tendit et vit les yeux de la Gryffondor briller à l'idée de la tenir de nouveau dans sa main. « Je suis allé la chercher dans l'après-midi. En théorie, on a peu de chances que mon père ne s'aperçoive de sa disparition d'ici demain. Mais croisons les doigts quand même… »

Hermione saisit la baguette du bout des doigts et sentit aussitôt la douce chaleur de son pouvoir se répandre dans tous ses membres. Rayonnante, elle leva les yeux vers Malfoy et sourit de plus belle. « Merci ! », fit-elle avec chaleur. « Merci infiniment ! »

Quelque peu hypnotisé par son sourire, Draco se contenta de balbutier quelque chose d'incompréhensible et se détourna, tandis que Blaise levait les yeux au ciel.

Cette nuit-là, et comme toutes les nuits précédentes, Hermione rêva de Théodore. Son subconscient ne lui laissait aucun répit et comme à chaque fois qu'elle fermait les yeux, les images de son viol revenaient la hanter. A la différence que cette fois-ci, le rêve ne se termina pas dans un hurlement déchirant.
Alors qu'elle se débattait, elle sentit soudain le poids du corps de Théodore soulevé par une force invisible. Puis il y eut des coups, des sortilèges jetés à la va-vite, des cris... Hermione se redressa péniblement et balaya la cellule sordide du regard.

« Ron ? », fit-elle d'une voix brisée, tendant la main dans le vide. « Est-ce que c'est toi ? » Elle sentit des doigts caresser les siens dans la semi-obscurité. Une main douce, une main amie.

« Non, c'est moi… », souffla une voix. Hermione plissa les yeux et n'eut que le temps de discerner l'éclat pâle d'une mèche de cheveux platine … avant de se réveiller.

Haletante, le cœur battant, elle ouvrit les yeux et se retrouva assise dans le lit à baldaquins de la chambre de Malfoy. Mais … à quoi je rêve, moi ? Elle jeta précipitamment un œil en direction du sofa. Blaise dormait profondément. Elle tourna la tête vers la droite, pour s'assurer que Malfoy faisait de même, mais il était réveillé et la fixait sombrement. Elle voyait ses yeux briller à la lumière de la lune, qui filtrait entre les volets à moitié fermés. Hermione se figea.

« Encore un cauchemar ? », souffla-t-il avec une expression blessée.

Hermione le regarda, interdite. « Euh … oui … oui, c'est … à peu près ça », répondit-elle, bien que ce cauchemar-là ne soit pas exactement du même type que les précédents.

Pour toute réponse, le Serpentard tendit le bras et lui fit signe de venir se blottir contre lui, comme elle l'avait fait après chaque mauvais rêve depuis sa sortie des cachots. Mais Hermione ne bougea pas.

« Euh, non, c'est bon… ne t'en fais pas, ça va aller… », balbutia-t-elle, d'un air gêné. La dernière image de son rêve, où il venait la sauver, ne cessait de tourner en boucle dans sa tête.

Malfoy fronça les sourcils. « Ne sois pas stupide, Granger », la rabroua-t-il en l'attirant de force vers lui. « Cesse donc de jouer les dures. Tu as le droit de craquer de temps en temps. »

Il se méprend complètement…, pensa Hermione en s'exécutant malgré tout, mal à l'aise. « Oui mais là, ça va je t'assure … rien de bien traumatisant … » Enfin, façon de parler …, ajouta-t-elle intérieurement.

Elle entendit Draco soupirer dans son dos, peut-être même murmurer sa phrase fétiche (« foutue Gryffondor »), mais elle n'aurait pu le jurer. Son attention était entièrement concentrée sur le bras de Malfoy qui l'entourait, et plus particulièrement sur sa main, qui frôlait la sienne. Comme dans son rêve.

« Non, c'est moi… », souffla de nouveau la voix dans le cerveau d'Hermione. La Gryffondor se gifla mentalement. Il était vraiment temps qu'elle sorte de ce Manoir et du huis clos de cette chambre. Sa cervelle commençait franchement à en souffrir…

~o~

A un bon kilomètre de Pré-au-Lard, le silence des Highlands fut soudain brisé par une série de craquements sonores, dérangeant de ce fait quelques oiseaux et lapins tapis dans les fourrés.

« Vous vous rappelez tous de ce que nous avons convenu ? », fit Rémus Lupin à voix basse, tandis qu'une perdrix grise, furieuse d'avoir été dérangée, s'envolait précipitamment en sifflant de colère.

Harry et Ron, accompagnés de Bill, Fleur et Tonks, hochèrent la tête à l'unisson.

« Déclenchez les alarmes, mais ne vous montrez pas », répéta Lupin pour la centième fois. « Laissez-les vous chercher, n'attaquez qu'en cas d'extrême nécessité. Le but est de gagner du temps. Et dès que je vous enverrai le signal, des étincelles bleues, vous disparaissez. Cela signifiera qu'Hermione est en sécurité et que vous pouvez regagner la Chaumière. N'oubliez pas de brouiller les pistes en transplanant à divers endroits choisis au hasard. »

« On sait… », marmonna Ron avec amertume. Il n'avait toujours pas digéré qu'on lui interdise d'aller au Manoir.

Vous avez déjà un indésirable, pourquoi en prendre deux ?, pensa le rouquin en manipulant nerveusement sa baguette. Je pourrais aller sauver Hermione au lieu de faire le guignol à Pré-au-Lard…

« Ron… », souffla gentiment Harry. « Tout ira bien. Hermione sera avec tes parents et Kingsley. Elle ne risque rien. Faisons notre travail ici et assurons-nous de leur donner tout le temps dont ils ont besoin. C'est le plus important. »

« Sages paroles, Harry », approuva le loup-garou en jetant un regard inquiet en direction de Ron. Le mauvais caractère du jeune Weasley le menait parfois à commettre des imprudences et ils n'avaient pas besoin de ce genre d'impondérables aujourd'hui. Il fallait que tout fonctionne à la perfection. « Allons-y, maintenant », ajouta-t-il en donnant une tape réconfortante sur l'épaule de Ron.

Le petit groupe se mit en route, baguettes brandies, puis ils se séparèrent pour trouver chacun une cachette à proximité de l'enceinte du village. Harry s'approcha furtivement par le côté ouest et entra dans la rue la plus proche. Aussitôt, un bruit assourdissant lui vrilla les tympans. C'est parti …

~o~

Au Manoir Malfoy, le maître de maison buvait lentement son thé matinal avec la sensation que la fortune lui souriait enfin. Tout rentrait dans l'ordre, il le sentait. La matinée s'était agréablement bien passée. Bellatrix avait fait irruption pour leur annoncer que le Maître n'était absolument pas au courant des agissements de ce petit morveux de Nott (d'ailleurs introuvable depuis sa dernière apparition), ils avaient réussi à faire parler l'un de leurs prisonniers et lui faire dénoncer le dirigeant d'un réseau de trafiquants qui délivraient de faux papiers aux Sangs-de-Bourbe, le tout avant même de prendre le petit-déjeuner… Pour la première fois depuis de longues semaines, Lucius Malfoy sentait que chaque chose était à sa place. Ils reprenaient le contrôle. Dans quelques temps, les déboires des derniers jours ne seraient plus qu'un mauvais souvenir, une blague que l'on balaierait d'un revers de la main. Restait simplement à résoudre le problème « Granger » mais chaque chose en son temps.

« Tu ne manges pas ? », s'étonna Lucius en voyant que sa femme n'avait pas touché à ses tartines beurrées.

« Manifestement », répondit Narcissa d'un air pincé.

Les bonnes femmes … jamais contentes…, pensa Lucius en réprimant un grognement. Allez donc savoir ce qu'il lui passe par la tête aujourd'hui.

Il n'eut pas le temps de se pencher plus longtemps sur la question. La porte de la salle à manger s'ouvrit toute grande et Avery, accompagné de trois autres Mangemorts à la mine patibulaire, s'avança vers la table pour y voler une tranche de bacon sous le regard désapprobateur de Lucius.

« Notre cher Yaxley a réussi à obtenir le nom de tous les autres complices du réseau », claironna Avery en faisant glisser un parchemin sur la table, en direction de Lucius. « De rien », ajouta-t-il tandis que Lucius parcourait des yeux la liste griffonnée à la hâte.

« Décidément, cette journée commence bien… », fit Lucius d'un air satisfait tandis qu'Avery ricanait.

Mais lorsqu'ils sentirent tous la brûlure caractéristique de la Marque des Ténèbres sur leurs bras, Lucius pensa qu'il avait peut-être parlé trop vite.

« Que se passe-t-il ? », demanda Narcissa en les voyant tous remonter leurs manches et fixer le crâne et le serpent noirs avec incrédulité.

La réponse lui fut donnée lorsqu'un Patronus en forme de crotale (celui de Goyle père) apparut au milieu de la pièce.

Indésirable n°1 détecté dans l'enceinte de Pré-au-Lard. Indésirable n°1.

Lucius bondit sur ses pieds, renversant sa tasse sur la table, un sourire carnassier aux lèvres. « Potter est à Pré-au-Lard. Je veux tout le monde sur le coup. »

Un tonnerre de cris de joie accueillit ses paroles. Avery et ses trois sbires sur les talons s'empressèrent de prévenir les autres Mangemorts présents. Lucius se tourna vers sa femme, qui regardait, comme hypnotisée, le thé brûlant se répandre lentement sur la nappe immaculée.

« Narcissa, va lever les garçons, je les veux avec moi … », ordonna-t-il.

L'interpellée leva les yeux au ciel. « Ce sont des adolescents, Lucius. Le temps que tu réussisses à les réveiller, les faire se lever, s'habiller et descendre, ton Potter sera déjà à Madagascar en train de siroter un rhum arrangé sur la plage. »

Lucius grimaça. Il détestait quand sa femme le contredisait (ce qui arrivait de plus en plus souvent dernièrement), mais il devait avouer qu'elle n'avait pas complètement tort sur ce point.

« Quand on reviendra, il faudra sérieusement que je reprenne l'éducation de ce gosse en mains », marmonna-t-il tandis que Narcissa se levait et lui tendait sa cape noire, qu'il enfila.

« Bien sûr, mon chéri », répondit-elle avec un sourire moqueur. « Surtout prenez votre temps et amusez-vous bien. »

Lucius la fixa quelques secondes sans rien dire, puis il leva les yeux au ciel et sortit de la salle à manger. Narcissa courut jusqu'à la fenêtre et attendit de les voir tous disparaître avant de grimper les escaliers quatre à quatre jusqu'à l'étage. Arrivée devant la porte de son fils, elle leva le poing pour frapper et la porte s'ouvrit quasi-instantanément.

« On a reçu un Patronus de Rogue, nous demandant de nous tenir prêts et de vous suivre. Ils sont tous partis ? », s'enquit Blaise en la voyant sur le pas de la porte.

Narcissa hocha la tête et Blaise la dépassa précipitamment, en enfilant les sangles de son sac à dos. Hermione le suivit et regarda Narcissa d'un air inquisiteur.

« Vous ne venez pas avec nous, Madame Malfoy ? », s'enquit-elle en voyant qu'elle n'avait ni manteau ni sac.

« Bien sûr que si, elle vient avec nous », gronda Draco en dévisageant sa mère avec colère. « Pourquoi n'as-tu pas préparé tes affaires ? Rogue a pourtant dû te le dire, non ? Il nous faut aller vite, on ne peut pas attendre les retardataires. »

Narcissa posa les mains sur les épaules de son fils. « Draco, mon chéri… s'il te plaît… »

L'expression de Draco passa immédiatement de la colère au désarroi. Il n'aimait pas du tout le ton doucereux qu'avait pris sa mère pour lui parler.

« Maman, tu ne vas pas rester ici toute seule, c'est hors de question ! », s'écria le jeune homme en repoussant les mains de sa mère. « Va tout de suite chercher ton sac, tu as deux minutes. »

« Draco… Je ne viens pas », reprit sa mère en lui souriant faiblement. « Ma place est ici. Je ne peux pas simplement prendre mes affaires et partir sac au dos à l'aventure…. »

« Pourquoi PAS ? », paniqua le jeune homme, qui voyait très bien où elle voulait en venir.

« Parce que j'ai fait un choix et que je ne pourrai pas honorer ce choix si je pars avec vous … », souffla-t-elle en attirant son fils contre elle. « Il me reste une chose à faire. »

Draco se laissa enlacer quelques secondes. Quelque chose au fond de lui savait qu'elle le tenait dans ses bras pour la dernière fois avant … longtemps.

« Mais une fois que tu auras fait cette chose … », reprit-il d'une voix mal assurée. « Tu nous rejoindras ? N'est-ce pas, maman ? »

Narcissa s'écarta et lui prit le visage entre les mains. Elle lui adressa son plus beau sourire malgré la boule qui se formait petit à petit dans sa gorge et hocha la tête. « Bien sûr, mon chéri. Je ferai de mon mieux. »

La mère et le fils se regardèrent longuement et Draco crut un instant que son cœur allait exploser de douleur. Elle lui mentait. Elle lui mentait délibérément.

« Maman-, tenta-t-il une dernière fois, mais elle le repoussa fermement.

« Dépêchez-vous », les pressa-t-elle. « Plus vite vous serez partis, plus vite je me sentirai rassurée. » Elle poussa doucement Draco dans le dos, l'incitant à suivre Blaise et Hermione qui dévalaient déjà les escaliers. Arrivés à la porte, Hermione se retourna une dernière fois vers Narcissa.

« Merci pour tout, Madame Malfoy », fit Hermione tandis que Narcissa souriait. « Êtes-vous vraiment sûre que vous ne voulez pas venir avec nous ? »

Les trois adolescents la regardèrent longuement, dans l'attente de sa réponse. Mais elle fit un geste de la main et s'esclaffa. « Et dormir à la belle étoile ou dans un abri de fortune ? C'est bon pour vous les jeunes, ça. Moi, j'ai besoin d'un minimum de confort… », plaisanta-t-elle en désignant le hall d'entrée du doigt. Hermione esquissa un rictus tant la bonne humeur de Mrs Malfoy sonnait faux. Mais elle décida de respecter sa décision et suivit Blaise à l'extérieur. Draco enlaça une dernière fois sa mère.

« Je reviendrai te chercher », lui promit-il.

« Ne sois pas stupide, Draco », le rabroua-t-elle gentiment. « Je n'en vaut pas la peine… »

Elle repoussa doucement les bras de son enfant et le poussa vers la sortie. « Allez, file, maintenant. »

Draco s'exécuta et courut pour rejoindre Hermione et Blaise qui étaient déjà à mi-chemin du portail. Lorsqu'Hermione posa le pied à l'extérieur de la propriété, elle vit surgir des fourrés Kingsley Shacklebolt, accompagné de Mr et Mrs Weasley, et se jeta dans leurs bras.

« Hermione, ma petite chérie ! », s'écria Mrs Weasley en la serrant à l'étouffer. « Oh Merlin, nous étions si inquiets ! »

« Molly, je suis tellement heureuse de vous voir », renchérit Hermione qui sentait les larmes lui piquer les yeux.

Kingsley regarda autour de lui d'un air inquiet et fit signe à Draco, le retardataire, de se presser un peu. « Les effusions seront pour plus tard, il nous faut déguerpir d'ici au plus vite », ordonna-t-il. « Vous voyagerez en transplanage accompagné, car nous ne pouvons pas encore vous donner notre destination. Ne lâchez pas nos bras, d'accord ? »

Hermione s'accrocha désespérément au bras de Mrs Weasley, tandis qu'Arthur prenait celui de Blaise. Kingsley attrapa Draco par l'épaule à la seconde où celui-ci les rejoignit enfin. « On se retrouve là-bas », fit Kingsley à l'attention des deux Weasley. « N'oubliez pas. Au moins sept étapes avant la destination finale. Minimum. Nous ne sommes pas suivis mais, on n'est jamais trop prudents… »

Les deux autres adultes hochèrent la tête et avec un craquement sonore, ils disparurent.

Sous le porche du Manoir, Narcissa Malfoy regarda disparaître son fils et ses amis. Au moment où ils transplanèrent, elle retint son souffle. Puis d'un geste lent, elle rentra de nouveau à l'intérieur et au lieu de fermer la porte derrière elle, l'ouvrit toute grande. Le vent s'engouffra dans le hall d'entrée, emportant avec lui quelques feuilles mortes qui se déposèrent sur le carrelage de marbre. Puis elle se détourna et en prenant soin de respirer par la bouche pour atténuer les relents pestilentiels qui s'en échappaient, elle descendit aux cachots. Une fois en bas, elle sortit sa baguette de sa poche.

« Alohomora », murmura-t-elle en tendant sa baguette droit devant elle. Avec des cliquetis sonores, tous les verrous de toutes les cellules s'ouvrirent simultanément et les portes grincèrent en pivotant. Malgré tout, il n'y eut pas un bruit, pas un mouvement à l'intérieur des cellules.

« Sortez ! », aboya-t-elle d'une voix forte. « Sortez tous, avant que je ne change d'avis. Et bonne chance. »

Quelques frottements se firent entendre dans les différentes pièces. Quelques têtes abasourdies et sales apparurent dans l'obscurité des cellules. Un à un, les prisonniers assez valides pour se déplacer sortirent de leurs cellules, à pas mesurés, comme s'ils craignaient que tout cela ne soit encore qu'un mauvais tour des Mangemorts pour les torturer. Tous regardaient Narcissa avec stupeur. Mais celle-ci ne leur rendit pas leur regard. Elle fixait ostensiblement un point imaginaire au fond du couloir et ne fit pas un geste pour les retenir lorsque les premiers passèrent près d'elle pour remonter les escaliers qui menaient à la liberté. Les premiers sortis donnèrent du courage aux autres, qui les suivirent bien plus rapidement. En quelques minutes, Narcissa se retrouva seule avec quelques cadavres oubliés et les prisonniers qui n'avaient pas assez de forces (ou de membres restants) pour se déplacer seuls. Il restait également la « copie » d'Hermione Granger, qui n'avait même pas réalisé que les portes s'étaient ouvertes.

Narcissa prit une longue inspiration. L'énorme poids qui avait accablé ses épaules depuis des mois avait enfin disparu. Avec un sourire apaisé, elle se dirigea lentement vers la première cellule du couloir, désormais vide et en ouvrit entièrement la porte. La pièce ne contenait qu'une chaise et une table et Narcissa s'en approcha. Du bout des doigts, elle effleura l'accoudoir en bois brut et une fine pellicule de crasse, de sang et de matières fécales recouvrit immédiatement sa peau claire. Elle observa un instant la tâche brune sur ses doigts puis les essuya calmement sur sa robe en velours bleu nuit. Elle saisit le dossier de la chaise et la plaça au milieu de la pièce, l'assise orientée vers la sortie, et y prit place, en mettant un point d'honneur à répartir harmonieusement les pans de sa robe autour de ses jambes. Puis elle croisa les mains sur ses cuisses et droite comme un i, attendit le retour de son époux et de ses acolytes, un sourire déterminé et apaisé plaqué sur les lèvres.

C'est ici qu'est ma place, Draco… Ici.

~o~

A Pré-au-Lard, les recherches battaient leur plein. Dès les premières secondes d'alarme, les habitants s'étaient retranchés dans les boutiques et les maisons, comme les Mangemorts le leur avaient demandé en cas d'alerte et attendaient, tremblants et les mains plaquées aux murs, qu'on vérifie leur identité. Au centre du village, Lucius beuglait des ordres en gesticulant.

« Trouvez-le ! Trouvez-moi Potter ! », hurlait-il tandis que les Mangemorts se déployaient et ratissaient le périmètre. « Et faites-moi taire ce vacarme ! », ajouta-t-il en désignant les sirènes.

Un Mangemort s'exécuta et les neutralisa d'un coup de baguette.

« On ne s'entend plus hurler … », maugréa Lucius en observant à travers les vitres les habitants de Pré-au-Lard, sagement alignés. Coopératifs. « Bon, où est-il ce gamin ? », reprit-il en hurlant de plus belle.

« Il a déclenché l'alarme dans cette ruelle ! », lui annonça un Mangemort en désignant la rue en question du doigt.

« Et il y a quelqu'un dans cette ruelle ? », beugla Malfoy bien que son interlocuteur se trouve à moins d'un mètre.

« Non, mais nous y avons placé un homme, qui surveille la zone », s'empressa de répondre le sbire en grimaçant. « En fait, nous avons des hommes dans chaque ruelle du village. »

« Et ? », s'impatienta Malfoy en scrutant les environs.

« Rien, Monsieur. Rien du tout. »

Lucius pinça les lèvres. Il n'aimait pas ça. « Continuez de chercher ! », hurla-t-il à l'attention de tous les Mangemorts présents. « Il est forcément quelque part ! »

Une explosion, suivie d'une étouffante fumée noire, retentit dans le village et un concert de toussotements et de cris rauques s'éleva.

« Par ici ! », s'égosilla Lucius en désignant le foyer de l'explosion.

Derrière l'écran de fumée, Ron abandonna précipitamment son matériel de feux d'artifices Weasley et courut pour rejoindre sa cachette à l'extérieur du village, déclenchant à nouveau les alarmes au grand dam de Lucius, qui se remit à tempêter contre leur bruit assourdissant.

Comme ils localisaient enfin le foyer de l'explosion, Lucius se baissa et ramassa un emballage aux couleurs des Farces pour Sorciers Facétieux et le jeta au sol en maugréant. « J'aurais dû m'en douter… CE SALE GOSSE SE FOUT DE NOUS ! »

« Je les vois ! », hurla Yaxley, à l'autre bout du village. Dans le coin nord, Lupin se figea, aux aguets. Harry avait-il été repéré ? Le loup-garou crispa ses doigts sur sa baguette, prêt à intervenir. Mais les Mangemorts s'étaient éloignés et il ne percevait plus leurs conversations.

Dans un fourré du côté ouest, Ron rejoignit Harry en rampant. « Ils nous ont vu ? », souffla Ron, inquiet.

Harry sourit et lui répondit par la négative. « J'ai jeté un Imperius à cet idiot de Yaxley. Je lui ai ordonné de dire aux autres qu'on était en route pour Poudlard. Et Rogue a confirmé à Lucius qu'il nous avait également vus détaler en direction du château. Ils partent tous dans la mauvaise direction à l'heure qu'il est. »

Ron étouffa un rire. « Quelle bande de nazes. Pas étonnant que Tu-Sais-Qui ait pris une assurance Horcruxe avec des bras cassés pareils. A chaque fois qu'ils partent en mission, ils le précipitent un peu plus vers sa chute. »

Harry sourit et lui fit signe de le suivre. Ils remontèrent vers le Nord et finirent par retrouver Lupin et Tonks, qui semblaient paniqués.

« Vous êtes là ! », fit Tonks avec un soupir de soulagement. « On croyait qu'ils vous avaient repérés. »

Harry répéta le stratagème qu'il avait mis en place et Rémus lui adressa un sourire approbateur. « Tout à fait le genre de trucs que James aurait fait… Sauf peut-être la partie impliquant Snivellus… », souffla-t-il en lui faisant un clin d'œil. « Bon, je suggère qu'on retrouve Fleur et Bill et qu'on fiche le camp d'ici. Le Patronus d'Arthur est venu m'annoncer que leur mission était accomplie. Tout va bien, Hermione est saine et sauve. »

Le visage de Ron se fendit d'un sourire démesuré et Harry poussa un soupir de soulagement. Le Trio serait à nouveau bientôt au complet.

~o~

Lorsque Molly, Arthur et Kingsley, ainsi que les trois adolescents, arrivèrent enfin à la Chaumière aux Coquillages, Draco eut l'impression que Granger avait été remplacée par sa dingue de sosie. Elle riait et pleurait en même temps, poussait des cris de joie à chaque fois qu'une personne de plus sortait de la maison et la serrait dans ses bras. Blaise souriait lui aussi, mais il semblait quelque peu mal à l'aise. Tous ces gens étaient pour la plupart des étrangers et à en juger par les regards que certains leurs lançaient, ils n'étaient pas vraiment ravis de voir débarquer les deux Serpentards. Le blond n'avait qu'une envie. Fuir. Planter tous ces gens aux regards étranges et commencer une nouvelle vie très loin d'ici. Au Brésil, peut-être ? Ou au Japon ? En tous cas, très très loin. Et il était à deux doigts de le faire lorsqu'il sentit la main d'Hermione se glisser dans la sienne et l'entraîner en direction du groupe.

« Certains d'entre vous les connaissent déjà, mais pour les autres, je vous présente Draco Malfoy et Blaise Zabini. » Hermione se retourna en direction des deux garçons et sourit. En moins d'une seconde, Draco oublia le Japon, le Brésil et tout le reste. Il ne bougerait plus d'ici. Pas tant que la main de Granger serait dans la sienne. « Ils m'ont sauvée. Ils ont pris d'énormes risques pour moi, alors s'il vous plaît, accueillez-les comme il se doit », reprit-elle tandis qu'une larme de joie roulait sur sa joue.

Draco vit les deux jumeaux échanger un regard plein de sous-entendus. Un autre Weasley, à en juger par ses cheveux roux, leur tendit la main, qu'ils serrèrent. « Charlie Weasley », fit le jeune adulte avec un sourire pincé. « Bon boulot, les gars. »

Kingsley tapota maladroitement l'épaule de Draco sans rien dire. Il leur faudrait certainement un peu de temps pour accepter la présence du rejeton Malfoy parmi eux, mais si son comportement était exemplaire, peut-être finiraient-ils par lui faire un peu confiance. L'autre gamin, Blaise, semblait plus heureux d'être là. Il saluait tout le monde tour à tour, serrait des mains et répétait combien il était heureux d'avoir pu aider Hermione.

A un moment, Hermione lâcha la main de Draco pour échanger quelques mots avec Kingsley Shacklebolt et Arthur Weasley. Sa main se sentit soudain extrêmement seule et le Serpentard réalisa à quel point il n'était pas à sa place ici. Si loin de l'état de liesse générale, si loin du soulagement que tous ressentaient manifestement. Pour la première fois depuis des jours, il ressentit l'envie de boire mais en jetant un coup d'œil en direction de la chaumière ancienne, il douta trouver quelque bonne bouteille de champagne ou de Whisky quelque part là-dedans. Pris d'une légère nausée, il s'éloigna de quelques pas, puis contourna seul la maison, découvrant de l'autre côté une immense falaise, en bas de laquelle les vagues s'écrasaient en grondant. Il devait avouer que malgré l'apparence désuète et miséreuse de la maison, la vue n'en était pas moins magnifique. Il se dirigea donc à pas traînants vers le précipice et se laissa tomber sur l'herbe verte, à quelques mètres du bord. Il entendait des éclats de voix joyeux provenir de l'autre côté de la bâtisse et discerna parmi eux le rire ravi de Granger.

Malgré tout ce qu'elle avait pu dire, plus rien ne serait comme avant. Elle le délaissait déjà, quelques minutes seulement après avoir quitté le Manoir, elle goûtait au bonheur d'être à nouveau entourée de ses proches et l'oubliait, lui. Il n'arrivait pas à l'en blâmer, cependant et se trouva bien égoïste d'avoir de telles pensées, mais il n'y pouvait rien. Ses doigts glissèrent dans l'herbe et y trouvèrent un petit caillou. Il le saisit et le jeta avec force dans le vide. Il était tellement absorbé dans ses sombres pensées, qu'il n'entendit pas quelqu'un approcher dans son dos.

« Malfoy, qu'est-ce que tu fais ? », fit la voix d'Hermione, le faisant sursauter. Il ne se retourna pas et trouva un autre petit caillou qu'il envoya rejoindre le précédent.

« Rien. J'avais envie d'être seul… », dit-il sèchement. Il la vit se figer du coin de l'œil et regretta aussitôt ses paroles. « Enfin, non, tu peux rester. J'ai envie d'être seul, mais être seul avec toi, ça me va aussi… », bougonna-t-il.

Hermione sourit et vint s'asseoir dans l'herbe à côté de lui. Le silence retomba entre eux, uniquement rythmé par le bruit du ressac en contre-bas et les cris des mouettes au-dessus de leurs têtes. La jeune fille renversa la tête en arrière, appréciant la douce chaleur du soleil sur son visage, et poussa un soupir de contentement. Draco tourna la tête vers elle et esquissa un sourire.

« Je crois que c'est ça qui m'a le plus manqué », dit-elle en ramenant ses genoux contre sa poitrine. « Le soleil. La chaleur. Le vent. Le calme … C'est idiot, mais on ne pense pas à quel point toutes ces choses sont magnifiques et agréables, jusqu'à ce qu'on vous en prive … »

« Fais attention, Granger, tu parles trop et tu commences à dire des conneries… », se moqua Draco, tandis que la jeune fille lui assenait une tape sur le haut du crâne.

Ils échangèrent un regard complice, puis Hermione reporta son attention sur le spectacle des vagues et de l'écume, emplissant ses poumons d'air marin.

« Je ne te remercierai jamais assez, Malfoy. Pour tout ce que tu as fait », dit-elle en repoussant une mèche de cheveux malmenée par le vent.

« Tu veux dire pour t'avoir torturée et insultée ? Merci, si c'était à refaire, je n'hésiterais pas une seconde… », railla Draco tandis qu'Hermione levait les yeux au ciel.

« Crois-moi, avec tout ce que toi et Blaise avez fait par la suite… vous êtes pardonnés. Et puis… je sais que tu ne le voulais pas vraiment… », déclara-t-elle avec une grimace. « Je n'avais jamais réalisé à quel point la vie d'un enfant de Mangemort devait être rude. Et violente. Et injuste. Après avoir vu toutes ces choses dans ton sous-sol, je … » Elle se tut, fronçant le nez. Les larmes menaçaient à nouveau de couler. « Je me sens tellement désolée pour toi, Malfoy… »

Le jeune homme lui jeta un regard abasourdi. C'est elle qui se sent désolée pour moi ? Merlin, autant de compassion et de bonté dans un seul corps, comment fait-elle pour ne pas imploser ?, pensa le blond, incrédule. Et moi, comment n'ai-je pu pas voir avant combien cette fille est formidable ? Comment ai-je pu être aussi con ?

Hermione dut remarquer son air stupide car il s'aperçut qu'elle le fixait avec une expression narquoise. Il se reprit et afficha donc un sourire de séducteur. « Arrête la flatterie, Granger, je vais encore me sentir obligé de t'embrasser… », railla-t-il, certain que cela la ferait sortir de ses gonds.

Il s'attendit à recevoir une tape, ou une réflexion mordante, ou un refus pur et simple. Mais il n'en fut rien. Elle se contentait de le regarder, d'un air quelque peu surpris, sans se mettre sur la défensive. Il n'en croyait pas ses yeux.

Ils restèrent un moment à se regarder, en silence, comme s'ils essayaient de savoir lequel des deux avait l'air le plus surpris. Imperceptiblement, le visage de Draco commença à se rapprocher de celui d'Hermione, et celle-ci sentit qu'elle devait d'abord lui avouer quelque chose.

« Malfoy, cette nuit j'ai rêv-

« HERMIONE ! »

La Gryffondor sursauta et se retourna vivement, tandis que le Serpentard reculait en maudissant tous les dieux de la création. Harry Potter et Ron Weasley se tenaient à quelques dizaines de mètres, près de la Chaumière, le sourire aux lèvres. Hermione reporta son attention sur Malfoy. Il ne la regardait plus et une expression sombre flottait de nouveau sur son visage. Hermione n'en revenait pas d'avoir été sur le point de lui avouer qu'elle avait rêvé de lui cette nuit. Qu'elle avait rêvé qu'il la sauvait des griffes de Théodore. Mais Harry et Ron avaient hurlé son prénom à cet instant précis. Très certainement un signe. C'était peut-être mieux comme ça, finalement.

Elle se leva et posa une main sur l'épaule de Draco. « Ne saute pas de la falaise sans moi, d'accord ? », souffla-t-elle doucement, tandis que le jeune homme levait les yeux au ciel.

« C'est bon, va rejoindre tes amis. » Il avait voulu lui parler avec douceur mais l'amertume était tellement palpable qu'Hermione se sentit mal.

« Malfoy, ne le prends pas comme ça. Quoi que tu puisses penser, je vais avoir besoin de toi ici, à mes côtés. »

Il lui jeta un regard interrogateur mais elle ne dit rien de plus, se contentant de sourire avec douceur. Il hocha donc la tête et sourit à son tour.

« Mais j'y compte bien, Granger. »

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*internally screaming* J'ai adoré écrire ce chapitre, tout particulièrement cette dernière scène, ainsi que la libération des prisonniers par Narcissa. J'espère que vous aussi et j'ai hâte de lire vos reviews à ce sujet. Je sais que beaucoup d'entre vous adorent Narcissa et que vous serez sans doute très touchés par son geste. Ne vous inquiétez pas, je n'abandonne pas son personnage, elle sera encore présente par la suite ! Beaucoup de Dramione dans ce chapitre, j'ai décidé de leur donner un bon coup de pied aux fesses et maintenant que Ron va être dans les parages, ça ne va pas être de tout repos pour le pauvre petit Malfoy ! Vite, vite, aux reviews, tout le monde. Je vous embrasse très fort et encore merci de m'avoir lue !

Xérès