The Rise and Fall
Les blas-blas de Xérès : Bonne année et bonne santé à tous ! J'espère que vous avez tous passé d'heureuses fêtes de fin d'année, que vous avez été gâtés par le père Noël et que vous avez su supporter les petits désagréments accompagnant généralement ce genre de réunions familiales (bébés qui hurlent, blagues débiles en fin de repas, débats politiques en cuisine, mamie Marguerite qui a un peu trop forcé sur le champagne ou tonton Georges qui se coupe un doigt en ouvrant les huîtres…). Ouais, Noël c'est chouette, hein, mais c'est tant mieux que ça n'arrive qu'une fois par an tout de même ! Je plaisante. )
Voici donc le premier chapitre de cette année 2014 (un grand cru, j'espère) et je vous souhaite une bonne lecture !
Merci à tous mes nouveaux followers (MimieLMB, caro-de-lune, Lety31, Draco Malfoy 92, Mione159, RipedPansy), ainsi qu'à Elena Grape, sarahblue1, Babar, laloudu77, chapou69, Noumiex3, Falbala03, DramioneTouch, Petitestef, Ani Black, Nedwige Stew, Harmonye pour leurs reviews.
RAR :
Elena Grape : mais naaan elle va pas mourir, attends de savoir la suite avant de chouiner ! mdr
Chapou69 : Je pense que Narcissa en avait assez de subir sans rien dire. Mais je n'ai jamais dit qu'elle allait mourir. Au contraire, nous verrons plus tard ce que son geste va déclencher et on se doute bien que Sévichou ne va pas laisser mourir sa meilleure amie ! Et Lucius peut peut-être étonner, aussi … Merci pour ta review ! ^^
Noumiex3 : que de compliments ! je rougis ! ^^ Quant à Draco et Hermione, héhé je vous fais patienter encore un peu avant que ça devienne plus chaud ! mdr Merci à toi !
Falbala03 : effectivement, Narcissa a pris une décision dangereuse mais elle l'assumera jusqu'au bout et qui sait, son sort pourrait bien ne pas être si funeste que ça !
Chapitre 17 : Aveux
Le cœur battant à cent à l'heure, Hermione franchit les quelques dizaines de mètres qui la séparaient d'Harry et de Ron. Ce fut Harry qui l'enlaça en premier et Hermione ne put s'empêcher de sentir une pointe d'inquiétude en voyant son visage fatigué et ses traits tirés, alors qu'il tentait d'afficher un sourire radieux.
« Oh, Harry … », fut tout ce qu'elle parvint à articuler lorsque ses bras se refermèrent autour d'elle. Elle grimaça lorsqu'il appuya sans le savoir sur un hématome encore douloureux au niveau de son abdomen mais n'émit pas le moindre son. Elle avait redouté le moment où ses amis constateraient ses blessures et elle sut que ce moment était arrivé en entendant Ron gronder avec rage.
« Hermione, tes mains… », fit le rouquin avec une expression scandalisée.
Hermione se détacha d'Harry et se tourna vers lui pour l'enlacer à son tour. « Ron, s'il te plaît, pas maintenant … », le supplia-t-elle tandis qu'il obéissait à contrecœur. Ce fut au tour d'Harry de pouvoir constater les dégâts que les Mangemorts avaient causés à ses ongles. Par-dessus l'épaule d'Hermione, les deux garçons échangèrent un regard sombre. Le visage d'Hermione était également marqué par de nombreux hématomes et coupures, mais ces blessures-là semblaient légèrement moins récentes et plus nettes. Tandis que ses ongles étaient pour la plupart en charpie. Qui savait bien ce que ces dingues avaient pu lui faire d'autre, cependant ?
Lorsqu'Hermione consentit enfin à lâcher Ron, elle distingua du coin de l'œil la silhouette de Draco sur la falaise. Il s'était levé et les regardait de loin. Elle ne pouvait pas voir son visage mais se doutait qu'il devait afficher une expression blessée. Harry suivit son regard et s'assombrit en voyant Malfoy.
« Harry, s'il te plaît… », bafouilla Hermione, inquiète à l'idée que ses amis réagissent mal à la présence du blond.
Mais Harry ne l'écouta pas et avec une expression impassible, il se dirigea à grands pas vers le bord de la falaise où se tenait toujours le Serpentard. Hermione s'élança à sa poursuite et le rattrapa au moment où les deux ennemis se retrouvaient face à face. Tous deux se lançaient des regards froids et la tension était palpable. Hermione ouvrit la bouche pour leur supplier de ne rien faire de stupide et quelle ne fut pas sa surprise de voir soudain la main droite d'Harry se tendre lentement vers Malfoy. Le Serpentard sembla aussi surpris qu'elle et regarda pendant quelques instants cette main tendue sans la prendre. Hermione regarda Harry. Son expression était toujours aussi dure mais elle y discernait à présent une pointe de reconnaissance. La jeune fille sourit et sentit de nouvelles larmes de joie lui piquer le nez. Si bien que lorsque Draco saisit la main d'Harry pour la serrer, elle ne put plus se retenir.
« Les garçons … », balbutia-t-elle en riant et pleurant à la fois.
Harry esquissa un sourire puis reporta son attention sur son ennemi d'enfance. « Merci d'avoir sauvé Hermione, Malfoy », dit-il en enfonçant à présent ses mains dans ses poches. « Ça ne veut pas dire que je te fais confiance, ni que je passe l'éponge sur ton comportement à Poudlard … » Harry vit la mine de Draco se renfrogner et il réprima un rire moqueur. « Mais c'est un bon début … », acheva-t-il tandis que le blond lui jetait un regard surpris.
Hermione émit un petit bruit étrange, à la limite du couinement et les deux garçons la regardèrent, les sourcils levés. Puis avant qu'ils n'aient pu faire un geste, Hermione se jeta au cou d'Harry, puis de Draco, sans cesser de couiner. En haut de la butte, près de la maison, Ron n'avait pas bougé et les regardait. Il ne semblait pas prêt à pardonner aussi facilement à Malfoy, qu'il ait sauvé Hermione ou pas. Et la façon dont Hermione le prenait dans ses bras … Ron sentit une boule se former dans sa gorge. Le rouquin sursauta en sentant une main, puis deux, s'abattre sur ses épaules. Fred et George lui tenaient chacun une omoplate, enfonçant leurs pouces entre les muscles dorsaux de Ron, qui poussa un cri agacé.
« M'est avis qu'il va te falloir un bon coup de pied au cul, frérot », fit Fred avec un sourire amusé.
« Ouais, il semblerait que la concurrence soit rude. Si tu ne te remues pas un peu, ta copine va te filer entre les doigts… », renchérit George en ricanant.
« Hermione n'est pas ma petite amie… », ronchonna Ron, dont les pointes des oreilles avaient néanmoins rougi.
Les deux jumeaux levèrent les yeux au ciel. « C'est ça, et moi je suis le Ministre de la Magie… », se moqua George.
« Monsieur le Ministre… », fit Fred en improvisant une révérence.
Ron leva les yeux au ciel. Cependant, il sentait que ses frères avaient raison. S'il ne prenait pas les devants et n'avouait pas très vite à Hermione ce qu'il ressentait pour elle, reprenant leur histoire là où ils l'avaient laissée avant sa capture, elle lui échapperait. Et l'idée qu'elle finisse avec Malfoy était intolérable.
~o~
Ce matin-là, tapi à proximité de l'entrée de Poudlard, Théodore Nott observait patiemment les Mangemorts qui gardaient les portes, se demandant comment il allait pénétrer dans le château sans se faire remarquer. Il avait revêtu son uniforme de Serpentard, devenu légèrement trop court au niveau des manches et du pantalon, mais cela lui suffirait à passer presque inaperçu une fois à l'intérieur. Il avait fait le tour de la bâtisse mais chaque accès était surveillé par les sbires de Voldemort. De plus, alors qu'il repérait les lieux la veille, il avait vu Bellatrix Lestrange débarquer et s'entretenir avec certains de ses acolytes. Il avait le pressentiment qu'elle donnait des ordres. Peut-être même avait-elle parlé de lui aux autres, leur ordonnant de ne pas le laisser entrer ou pire, de l'abattre sans sommation si jamais il tentait de pénétrer dans Poudlard. Dans le doute, Nott avait fait profil bas et avait décidé d'attendre patiemment l'occasion à ne pas rater. Qui ne tarda pas à se présenter.
Lorsqu'il entendit les sirènes de Pré-au-Lard hurler dans le lointain, il se retourna en direction du village. Il ne voyait rien, bien entendu, mais l'incident sembla ébranler les chiens de garde postés aux entrées. En quelques minutes, les effectifs avaient diminué de moitié et la grande porte ne fut bientôt plus gardée que par un seul type. Une aubaine ! Théodore ne savait pas ce qu'il se passait là-bas, mais il s'en fichait. L'occasion était trop belle.
Ne pouvant utiliser la magie ni la violence pour entrer (le meilleur moyen de se faire remarquer), il avait imaginé un plan très simple et avala un Nougat Néansang qu'il sortit de sa poche. En quelques secondes, son menton et son cou se retrouvèrent inondés de sang poisseux et il porta sa main à son nez, couvrant une bonne moitié de son visage, tout en s'avançant vers les portes.
« Halte-là ! », beugla le garde isolé en lui jetant un regard mauvais. Il avisa l'uniforme d'écolier, le blason de Serpentard cousu sur le revers et l'écharpe vert et argent et son expression s'adoucit quelque peu. « Ton nom ? », ajouta-t-il en sortant un parchemin de sa poche.
« G'égo'y Go'le », crachota Théodore tandis que le garde lui jetait un regard dégoûté. « Je tois aller boir Matame Pobfresh ! Je zaigne du dez ! », ajouta-t-il d'une voix stupide, comme si ce n'était pas déjà évident.
Le garde regarda à nouveau sa liste. « Qu'est-ce que tu fous dehors ? Tu n'as pas d'autorisation de sortir aujourd'hui. Aucun cours en extérieur… alors ? », aboya-t-il avec colère.
« J'édais gollé par Matame Bibine ! Bour dettoyer les veztiaires ! Zette vieille peau déteste les Zerpendards… », se défendit le jeune homme, tenant toujours son nez dans ses mains. Le sang coulait allègrement sur sa robe et sur le sol à présent. « Grouillez-bous, ça pisse ! »
Le garde réfléchit encore quelques secondes mais se décida à le laisser entrer lorsque Théodore crut bon de crachoter un peu de sang dans sa direction. Le Mangemort évita adroitement les goutelettes projetées et grimaça, avant de s'effacer pour le laisser entrer.
Hé hé … pauvre con, pensa Théodore en courant à l'intérieur. Dès qu'il fut hors de vue, il avala la seconde partie du Nougat Néansang, celle contenant l'antidote, et le sang s'arrêta immédiatement de couler. D'un coup de baguette, il effaça les dégâts de l'hémoglobine sur son uniforme et se mit en quête de la personne dont il avait besoin pour la seconde partie de son plan. Plusieurs jours plus tôt, il avait su que Voldemort avait pris ses quartiers à Poudlard, emportant avec lui tout ce qu'il avait de plus précieux et de plus secret. Nagini se trouverait donc avec lui et Nott avait des raisons de penser que le diadème de Rowena Serdaigle y serait également. Le tout était de trouver quelqu'un « de confiance » qui puisse lui dire où Voldemort avait traîné depuis qu'il avait investi le château. Il était hors de question de demander de l'aide à ses petits camarades de Serpentard, bien entendu. Après quelques minutes de réflexion, il avait pensé à quelqu'un. Quelqu'un qui savait forcément beaucoup de choses, de par sa proximité avec le Trio, mais qui avait été suffisamment éloigné du monde extérieur en raison de sa scolarité et du blocus de Poudlard. Quelqu'un qui ne serait absolument pas au courant des événements de ces dernières semaines mais qui savait pour les Horcruxes. Quoi de mieux que la petite amie du Survivant pour ça ?
En prenant soin de rester discret, Théodore se dirigea vers le portrait de la Grosse Dame, qui gardait l'entrée de la salle commune de Gryffondor. Quelques lionceaux en sortirent et à en juger par les regards effrayés ou venimeux qu'ils lui lancèrent, Théodore sentit que les Serpentards n'avaient pas franchement la cote en ce moment. Encore moins qu'avant, ce qui n'était pas peu dire.
Le portrait s'ouvrit de nouveau et un nouveau flot d'élèves en sortit, parmi lesquels ce bon vieux Londubat.
« Qu'est-ce que tu fais là, toi ? », cracha Neville en le dévisageant avec méfiance. « Fatigué de faire mumuse avec tes amis Mangemorts, tu as réalisé qu'il valait mieux revenir à Poudlard passer tes ASPIC et te dégoter un vrai métier ? », ironisa le Gryffondor, prenant Théo par surprise.
L'idiot du village s'est acheté du courage chez Zonko ou quoi ?, s'étonna Théodore en remarquant à présent le visage tuméfié et amaigri du Gryffondor. Bon Dieu, mais il s'est battu ou bien ?
« Et toi ? », railla le Serpentard en désignant son visage du doigt. « Tu as enfin opté pour un ravalement de façade complet ? Remarque, vu ta tête, ça ne pouvait que t'arranger… »
Neville le fusilla du regard et se détourna.
« Une minute ! », le héla Théodore, sentant que le garçon pouvait lui être utile malgré tout. « Désolé, je voulais juste t'embêter un peu. Alors, il t'est arrivé quoi ? Par pitié, dis-moi que t'as foutu une raclée à l'un de ces idiots qui gardent les portes, ça me ferait le plus grand bien d'entendre ça… »
Neville se retourna, incrédule et Théodore s'efforça d'afficher son expression la plus amicale.
« Non, j'ai été collé par Amycus Carrow en cours d'Art de la magie noire… », répondit Neville en fronçant les sourcils, méfiant. « Lui et sa sœur adorent torturer les Gryffondors, c'est leur truc … Mais tu devrais être au courant, non ? »
Théodore fronça les sourcils. « Des sorciers qui se battent contre d'autres sorciers … Décidément je ne m'y ferai jamais… », murmura-t-il juste assez fort pour que Neville l'entende. Il devait à tout prix gagner la sympathie du Gryffondor. Si Neville lui faisait ne serait-ce qu'un tout petit peu confiance, il lui serait plus simple d'aborder Ginny Weasley. Il décida de lancer l'offensive.
« Ecoute-moi bien, Londubat », reprit-il en l'entraînant doucement vers un recoin sombre. « Je suis ici de la part de l'Ordre. J'ai un message pour Ginny Weasley. Est-ce que tu sais où je peux la trouver ? »
Neville se dégagea de son emprise et recula d'un pas. « Qu'est-ce que tu racontes ? Tu crois que je suis idiot à ce point ? », cracha-t-il avec colère. « Tu cherches à nous attirer des ennuis, à nous faire trahir nos amis. Voldemort n'attend que ça pour utiliser Ginny et forcer ses parents à se rendre. Je ne te laisserai pas faire ! » Et à la grande surprise de Théodore, Neville sortit sa baguette et la pointa dans sa direction.
« Oh là, Londubat, doucement ! », s'exclama Nott en jetant des regards nerveux autour de lui. Par chance, le corridor était vide. « Tu vas nous faire repérer ! », siffla-t-il en écartant les mains, bien en évidence. « Je ne veux pas me battre contre toi, je suis de votre côté ! » Il fit un pas en avant, les mains toujours en l'air. « Je connais la mission de Potter ! La mission que Dumbledore lui a confiée… je sais pour les Horcruxes ! »
Neville lui jeta un regard abasourdi et sa bouche s'ouvrit toute grande. Théodore sut qu'il avait gagné et sourit.
« La ferme, tu es dingue de parler de ça ici ! », siffla Neville en s'assurant qu'ils étaient seuls. Puis il lui jeta un regard soupçonneux, tout en réfléchissant à ce que Nott venait de lui révéler.
« Londubat, sérieusement, il faut que tu m'amènes Ginny Weasley », reprit Théodore à mi-voix. « J'ai de bonnes raisons de croire qu'au moins un des Horcruxes se trouve ici, à Poudlard. Il faut qu'on s'en débarrasse. »
Neville ouvrit et referma la bouche plusieurs fois comme un poisson hors de son bocal. La situation lui paraissait tellement irréelle qu'il était à deux doigts de se pincer pour se réveiller. Il passa une main dans ses cheveux et soupira, ne sachant pas quoi faire. « Bon, disons que je te crois … je t'avertis, Nott. Donne-nous une seule raison de penser que tu nous mens ou que tu cherches à nous attirer des ennuis et je t'assure qu'on n'hésitera pas à te maudire jusqu'à la dixième génération, pigé ? »
Nott lui adressa son plus beau sourire. « Compris. »
Neville lui fit signe de le suivre et après s'être assuré que personne ne traînait dans le couloir, prononça le mot de passe (« Résistance ») et s'engouffra dans la salle commune de Gryffondor. Il revint quelques minutes plus tard, accompagné d'une Ginny furieuse.
« Tu te crois drôle peut-être ? Pourquoi Harry me ferait-il passer un message et par Merlin, pourquoi te choisir toi comme messager ? », aboya-t-elle, une fois que tous trois se furent enfermés dans une salle de classe vide. « Réponds-moi ou je te jure que je te-
« …maudis jusqu'à la dixième génération », acheva Théo en soupirant. « Merci, Londubat m'a déjà mis au courant ! »
Ginny fronça les sourcils et agita sa baguette sous le nez de Théo pour l'inciter à continuer.
« Ecoute-moi bien, Weaslette », reprit Théodore avec un sourire séducteur. « Comme tu dois le savoir, juste après la destruction du médaillon de Serpentard, Granger a été faite prisonnière mais Draco, Blaise et moi, nous faisons tout notre possible pour la sortir de là. Nous avons décidé de vous aider à détruire les Horcruxes, et sans me vanter je me suis déjà débarrassé de la Coupe de Helga Pouffsouffle avec brio … »
Ginny ouvrit la bouche, n'en croyant pas ses oreilles. Mais il ne lui laissa pas le loisir d'en placer une. « Granger pense que le serpent qui accompagne le Seigneur des Ténèbres est également un Horcruxe. Il faudra donc le détruire en temps voulu. Je sais également de source sûre qu'il a récemment emporté de nombreux documents et objets importants avec lui, ici. J'ai des raisons de penser qu'un autre Horcruxe, le diadème de Rowena Serdaigle, en fait partie. »
Neville et Ginny échangèrent un regard. Théodore savait qu'en mentionnant Granger, il les avait eus. Si Hermione lui faisait confiance, alors ils devaient le croire, non ?
« Pourquoi tu aurais besoin de nous ? », demanda Ginny en croisant les bras. Elle ne le menaçait plus de sa baguette, ce qui était déjà un grand pas en avant.
« Peut-être que vous avez vu Vous-Savez-Qui errer dans les couloirs … Je doute qu'il laisse ses affaires dans le bureau de Dumbledore. Poudlard a été sa maison et il en connaît les moindres recoins. Y aurait-il un endroit où il se rend souvent ? », demanda Théodore tandis que Ginny pinçait les lèvres.
Les deux Gryffondors semblaient effectivement connaître la réponse et ils ne cessaient de se regarder d'un air gêné. Un petit effort, pensa Théodore. Ils sont à deux doigts de cracher le morceau.
« Bon écoutez », s'énerva le Serpentard. « Je chercherai avec ou sans votre aide. » Il les regarda tour à tour, suppliant. « Mais ce sera plus long sans votre aide. »
Théodore vit le visage de Ginny s'adoucir. Bingo…
« Eh bien … », fit la rouquine avec une grimace. « Parvati Patil l'a vu roder au septième étage, pas très loin de la tapisserie de Barnabas le Fol… Elle pense qu'il cherchait la Salle sur Demande. »
Théodore éclata de rire. « Je parie que personne n'a pensé à lui dire que cette salle a été utilisée par l'Armée de Dumbledore il y a deux ans et qu'elle est donc à peu près la cachette la moins sûre de toute l'Ecosse… », s'esclaffa-t-il tandis que Ginny esquissait un sourire gêné. Elle commençait à se détendre et Théodore s'en trouva ravi.
« Et pas seulement … la moitié des élèves l'utilisent pour planquer des objets interdits. La salle des Objets cachés pourrait presque être le fournisseur officiel des Farces pour Sorciers facétieux ! », ironisa-t-elle en pensant à toutes les boîtes mauve et orange qui s'entassaient dans ladite pièce.
Théodore redoubla d'éclats de rire et soupira. « Parfait, je suppose que je vais aller y jeter un œil dans ce cas ! » Il s'apprêtait à partir quand la main de Neville s'agrippa à sa cape.
« Hep, si tu crois qu'on va te laisser y aller seul, tu te fourres le doigt dans l'œil jusqu'au coude », gronda Neville, menaçant. « Je ne serai tranquille qu'une fois que je t'aurai vu réellement détruire ce Horcruxe. Au cas où tu ne l'aurais pas compris, on ne te fait pas vraiment confiance. »
Théodore haussa les épaules et sourit. « Pas de problème, plus on est de fous, plus on rit ! »
Ginny et Neville se regardèrent, ébahis. Si ce matin on leur avait dit qu'ils se retrouveraient à s'associer avec un Serpentard pour détruire des morceaux de l'âme de Voldemort, ils auraient certainement ri aux éclats. Et pourtant, ils étaient là, suivant Théodore Nott dans les couloirs qui menaient à la Salle sur Demande. Ginny aurait bien voulu avoir la confirmation de l'histoire de Nott avant de se lancer tête baissée à l'aventure, mais le courrier sortant de Poudlard était systématiquement contrôlé et ils n'avaient pas mis de code en place pour « un Serpentard est passé de notre côté et veut nous aider à tuer Voldemort ». De plus, Ginny devait avouer que l'idée d'un peu d'action après ces semaines de torture, de punitions et de soumission n'était pas pour lui déplaire. Et si jamais Théodore cherchait à leur faire un coup bas, elle lui jetterait un maléfice de Chauve-Furie dont il se souviendrait longtemps. Tout irait bien, Ginny en était persuadée.
~o~
« Je n'aime pas ça du tout … », murmura pour la énième fois Lucius Malfoy, les dents serrées.
Ils cherchaient depuis déjà vingt minutes la moindre trace, le moindre signe de vie, la moindre preuve du passage de l'Indésirable n°1 aux abords de Pré-au-Lard, puis sur la route du Poudlard, mais c'était comme si le gamin s'était volatilisé. Ou n'avait jamais été là.
« On devrait reprendre nos postes, Malfoy », fit l'un des Mangemorts chargés de la surveillance des entrées. « Si jamais quelqu'un a tenté d'entrer dans le château, les gars restés là-bas nous le diront. »
Malfoy hocha la tête et les gardes repartirent en direction des portes, sans cesser d'ouvrir l'œil en chemin.
« C'était peut-être une fausse alerte », glissa Rogue en haussant les épaules, narquois. « Votre système de sécurité ne doit pas être aussi infaillible que ça, finalement… Poudlard, en revanche, est une véritable forteresse. » Il mentait bien entendu. En tant que Directeur, il avait ajouté quelques failles aux protections placées autour du château, afin de faciliter l'entrée de l'Ordre le jour où l'attaque serait lancée. Mais ça, Lucius Malfoy et les autres n'en savaient rien.
Lucius le fusilla du regard. « Bien sûr, tout ce que tu fais est parfait, c'est bien connu… », grommela l'homme tandis que le Maître des Potions riait sous cape. Il rajusta son manteau, rangea sa baguette dans sa canne et releva le menton dignement. « Je rentre au Manoir, m'assurer que tout va bien. »
« Je t'accompagne », s'empressa d'ajouter Séverus tandis que l'autre levait les yeux au ciel.
« Par Merlin, pourquoi faire ? Tu n'as donc pas des Pouffsouffles à torturer, des points à enlever, des essais ratés à corriger ? », persifla Lucius.
« Juste une dizaine de minutes, je te rappelle que je planche sur des potions afin de rétablir Miss Granger et réparer les conneries de l'autre imbécile », rétorqua Rogue sur le même ton. Il vit Lucius soupirer et transplaner aussitôt. Il s'empressa de l'imiter. L'excuse qu'il lui avait servie était bien entendu un mensonge. La seule raison pour laquelle il revenait au Manoir était pour s'assurer que les trois adolescents aient bien mis les voiles et que Lucius ne déchargerait pas sa colère sur Narcissa en s'apercevant de la disparition de son fils.
Lucius se trouvait à quelques mètres de lui lorsqu'il arriva au Manoir. Il ne bougeait pas et fixait un point en direction du Manoir. Séverus fronça les sourcils et suivit son regard. Les portes de la grande bâtisse étaient ouvertes aux quatre vents et la brise fraîche s'engouffrait allègrement dans le hall d'entrée. Lucius reprit le contrôle de ses membres et s'avança lentement, puis de plus en plus vite en direction du porche. Il courait lorsqu'il pénétra à l'intérieur. A peine avait-il posé un pied sur le carrelage de l'entrée qu'il baissa les yeux avec une expression d'horreur. Le marbre d'ordinaire immaculé était à présent souillé de traces de pas crasseuses, de traînées de sang. Un vieux tee-shirt raide de saleté et de fluides corporels avait été oublié près de l'escalier principal. Rogue observa à son tour la scène et faillit sourire. Narcissa était donc partie avec les enfants. Et avant de quitter les lieux, elle avait donné la clé des champs à tous les pensionnaires du sous-sol. Il jeta un regard en coin à Lucius, qui regardait le sol boueux comme pétrifié et se réjouit à l'idée que lorsqu'il se rendrait à la Chaumière aux Coquillages ce soir-là, il retrouverait enfin son amie d'enfance libérée du joug de son époux tyrannique. Il retrouvait sa Narcissa. Il pourrait la serrer dans ses bras sans craindre de réveiller la colère de Lucius. Il pourrait …
« NARCISSAAA ! », hurla Lucius en grimpant à toute vitesse l'escalier qui menait à l'étage. Rogue l'entendit ouvrir et claquer des portes. Un autre cri retentit tout à coup. « DRACO ! »
Bien entendu, personne ne lui répondit et Rogue se sentit soulagé de savoir son filleul également hors de danger. Lucius redescendit les escaliers, le visage blême et sans accorder la moindre attention à Séverus, toujours planté au milieu du hall, se dirigea vers la porte qui menait au sous-sol, également ouverte.
Il entreprit de descendre les escaliers et Séverus décida de le suivre, afin de profiter du spectacle des cellules vides et de l'expression hébétée de Lucius. Mais lorsqu'ils arrivèrent au pied des escaliers, ils réalisèrent qu'ils n'étaient pas seuls. Bellatrix se tenait au milieu du couloir, les poings serrés, aussi immobile qu'une statue de sel. Toutes les portes autour d'elles étaient ouvertes elles aussi et elle regardait à l'intérieur de la première cellule sur la gauche, une expression d'horreur et de dégoût plaquée sur le visage. La seule chose qui bougeait était l'une de ses mèches folles, qui se soulevait et s'abaissait au rythme de sa respiration saccadée.
« Bellatrix ? », fit Rogue en fronçant les sourcils, tandis que Lucius s'approchait doucement de sa belle-sœur, baguette brandie.
« C'est toi qui-… », gronda Lucius en la fusillant du regard.
Bellatrix ne lui accorda pas même un regard. Elle continuait de fixer ce qui se trouvait dans la première cellule du couloir. « Je suis rentrée plus tôt », dit-elle simplement. Mais il était impossible de savoir à qui s'adressaient ces paroles.
« Qu'est-ce que tu as fait ? », gronda Lucius en approchant prudemment. « Où sont ma femme et mon fils ? Où sont tous les prisonniers ? »
Comme Bellatrix ne répondait pas, il franchit les derniers mètres qui les séparaient et se décida enfin à regarder ce qu'elle fixait avec tant d'insistance. Il plissa les yeux, laissant à ses yeux le temps de s'habituer à l'obscurité qui régnait dans la cellule en question. Un visage le fixait dans la pénombre. Un visage familier, aux traits fins, harmonieux, aristocratiques. Il baissa les yeux et discerna une longue robe richement brodée, une robe qu'il ne connaissait que trop bien. Il retint un hoquet de surprise et reporta son attention sur le visage au-dessus de la robe.
« Ciss-… », siffla-t-il tandis qu'un mauvais pressentiment lui nouait les entrailles. Il fit un pas en direction de sa femme mais sentit la poigne ferme de Bellatrix le tirer en arrière.
Séverus arriva à son tour et regarda avec inquiétude à l'intérieur de la cellule. Narcissa était paisiblement assise sur la chaise crasseuse réservée aux prisonniers, les mains croisées sur son giron, le menton levé et une expression froide sur ses traits délicats. Elle fixait sans mot dire les yeux furieux de sa sœur et l'expression indescriptible de son mari. Lorsque son regard de glace se posa un instant sur l'expression de douleur qui venait d'apparaître sur le visage de Rogue, son masque d'indifférence sembla quelque peu flancher mais elle se reprit très vite.
« Bellatrix, ne sois pas stupide, c'est ta sœur ! MA femme ! Elle n'a pas pu … » Lucius Malfoy se tut, puis se retourna vers Narcissa dans sa cellule. Elle n'avait toujours pas fait un geste. « Dis-leur, toi ! Dis-leur que tu n'as rien fait ! », hurla-t-il d'une voix blanche.
La tête de Narcissa pivota légèrement dans sa direction et ses lèvres bougèrent mais Lucius eut l'impression qu'elle lui parlait à des centaines de kilomètres de distance. « Ce serait mentir que de dire une telle chose », articula-t-elle lentement, tandis que son époux sentait ses genoux trembler.
Bellatrix serra les dents si fort qu'à côté, Rogue entendit l'une d'elles grincer. Soudain, Lucius Malfoy sembla pris de folie et se mit à arpenter le couloir en vérifiant toutes les cellules. « Draco ! DRACO ! Où est mon fils ? Mon fils ! »
Rogue continuait de fixer Narcissa assise sur sa chaise. Ce n'était pas comme ça que c'était censé se passer. Il aurait dû arriver ce soir à la Chaumière aux Coquillages. Elle aurait dû l'attendre là-bas, souriante et libre. Il aurait dû la serrer dans ses bras. Il aurait dû l'emmener sur la falaise voir le soleil se coucher. Ils auraient pu parler librement et refaire le monde comme avant. Ils auraient dû …
« Draco est parti », fit la voix de Narcissa lorsque Lucius eut fait le tour des cellules et fut revenu à son point de départ, chancelant. « Tout comme Blaise. Et Hermione Granger. »
A ces mots, Lucius sortit de sa transe et regarda en direction de l'ancienne cellule de Granger. « Tu perds la raison … Elle perd la raison », hurla-t-il à l'attention de Bellatrix, qui continuait de fixer sa sœur, impassible. « La Sang-de-Bourbe est toujours dans sa cellule, toujours complètement folle ! »
Narcissa éclata d'un rire qui lui fit froid dans le dos. « Cette chose là-bas n'est pas Miss Granger, mon cher époux. La vraie Miss Granger est en sécurité à présent. Avec mon fils et le jeune Blaise. Loin de tout ça, loin de toi, loin de vous tous. »
« J'en ai assez entendu », gronda Bellatrix en pointant sa baguette sur la porte de la cellule.
« Quoi ? », s'affola Lucius, qui ne semblait pas prêt à condamner sa femme aussi vite malgré ses aveux accablant. « Non, attends, Bellatrix, tu ne peux pas… »
Bellatrix murmura un « Collaporta » et la porte de la cellule claqua violemment, le son du verrou se répercutant à l'infini sur les murs du sous-sol à présent quasiment vide.
« Non… », souffla Lucius en passant une main dans ses cheveux longs. « Non, c'est un cauchemar… »
Bellatrix le regarda glisser sur le sol avec une expression méprisante. Puis, elle jeta un dernier regard en direction de sa sœur à travers le fenestrou de la porte et remonta les escaliers jusqu'au hall d'entrée. Lucius était toujours à terre, sous le choc. La disparition de son fils, la traîtrise de sa femme, la menace d'une peine de mort imminente pour faute grave, tout s'abattit sur lui en un instant et il eut l'impression que ses poumons manquaient d'air.
Quant à Séverus, toute son énergie était concentrée sur son visage. Il luttait pour ne pas montrer le moindre signe de désarroi. Il s'approcha à pas lents de la porte close, enjambant en partie Lucius prostré sur le sol et regarda en direction de Narcissa. Leurs yeux se rencontrèrent et son amie esquissa un triste sourire. En un instant, Rogue sentit toute sa rancœur envers Lucius disparaître : la seule chose qui importait à présent était de la sauver. Même si pour cela il fallait le sauver lui aussi.
« Vous pourriez partir », dit-il sombrement sans quitter Narcissa des yeux. « Lucius, tu pourrais l'emmener très loin, le temps que la guerre se termine. »
Sur le sol, Lucius éclata d'un rire nerveux et fou. « Et finir comme les Zabini ? A errer on ne sait où, dans la terreur incessante d'être retrouvés et abattus ? Et abandonner notre fils ? Notre Manoir ? Jamais … Tu m'entends, JAMAIS ! Les Malfoys ne fuient pas et ne se terrent pas comme des RATS. »
Rogue pinça les lèvres. A l'intérieur de la cellule, une petite voix douce, rassurante, s'éleva. « Tout ira bien, Séverus. Tout ira bien. »
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Bon, je sais, c'est pas cool de terminer ce chapitre ici mais après 2 semaines d'absence pendant lesquelles je n'ai pas eu le temps d'écrire un traître mot, c'était ça ou rien ^^ Je me fais pardonner avec quelques bonnes avancées dans l'intrigue, avant d'attaquer une partie un peu plus … guillerette, disons, avec la cohabitation Draco-Ron-Harry-Hermione et ça risque de ne pas être triste ! J'espère que ce chapitre vous aura plu. En tous cas, vous êtes toujours plus nombreux à me suivre, tout particulièrement au mois de Décembre et ce fut pour moi un véritable cadeau de Noël à part entière. Alors merci à tous pour votre fidélité, votre soutien, vos agréables reviews et je vous souhaite encore une fois une merveilleuse année 2014 ! MERCI !
Xérès
