The Rise and Fall

Les blas-blas de Xérès : Bonjour tout le monde, ravie de voir que vous êtes toujours aussi nombreux à me suivre au 18ème chapitre (déjà !) ! Au programme, la destruction du diadème, les retrouvailles Harry, Hermione, Ron et un petit rapprochement Draco/Hermione en bonus. Bon ok, c'est un petit chapitre de transition, il y aura un peu plus d'action dans les prochains, mais j'espère que ça vous plaira quand même ! Bonne lecture à tous !

Merci à tous mes nouveaux followers (Serdra, ThuyNhyD, Meru-94, leapitchoune), ainsi qu'à Elena Grape, laloudu77, DramioneTouch, S., Serdra, Noumiex3, Babar, chapou69, Petitestef, Passion Fugace, sarahblue1, PetitMilou pour leurs reviews.

RAR :

Serdra : merci beaucoup ! ça me touche beaucoup que ma fic te plaise malgré le fait que tu n'aimes pas les Dramione ! J'espère que la suite va continuer de te plaire ! :D

Petitestef : Oui mes Ginny sont toujours des têtes brûlées. C'est comme ça que je l'imagine, tempétueuse, impulsive … peut-être à cause de son statut de petite dernière d'une grande fratrie ! Quant à Neville, c'est toujours lui qui réfrène les ardeurs de ses petits camarades lionceaux. Mais bon, on n'en voudra pas trop à Ginny, car sa bourde va quand même permettre de vaincre un peu plus Voldemort, le reste c'est du détail … hem, ou pas ?… Bisous et merci )

Passion Fugace : ça m'est arrivé aussi. Un jour pour une raison inconnue, tous les mails de notifications FFnet sont passés dans mes spams du jour au lendemain… Ah l'informatique ! Parfois, il ne faut pas chercher le pourquoi du comment ^^ En tous cas, je n'aurais pas fait hésiter Ginny et Neville très longtemps : tout simplement parce que c'est tout bénef pour tout le monde ! Si au pire ils ont tort, ils peuvent toujours lui faire mordre la poussière. Mais s'ils ont raison, c'est l'occasion de détruire un horcruxe de plus ! )

PetitMilou : merci pour ces nombreuses reviews et tous ces compliments !

Chapitre 18 : Lune

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« Chacun de nous est une lune, avec une face cachée que personne ne voit. »
Mark Twain, extrait de En suivant l'équateur

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« On y est ! », souffla Ginny avec une pointe d'excitation, alors que la porte de la Salle sur demande se dessinait progressivement sur le mur du couloir. Puis elle se tourna vers Neville, posté à l'angle du corridor. « Toujours personne en vue, Neville ? »

« Personne », répondit le jeune homme avant de la rejoindre, ainsi que Nott, en courant. « Allez, entrons avant que quelqu'un ne se pointe. »

Nott poussa la porte de la Salle sur Demande et constata avec un sourire satisfait que la bonne salle s'était dévoilée à eux : celle des objets cachés. D'immenses piles d'objets hétéroclites s'élevaient du sol au plafond, et Nott dut l'avouer, la quantité de produits provenant de la boutique des jumeaux Weasley était astronomique. Boîtes à Flemme, Chapeaux sans Tête, Crèmes Canari, Déflagration Deluxe, Feuxfous Fuseboum, Oreilles à rallonge, Pralines Longue Langue, il y en avait pour tous les goûts. Un instant, Théodore fut tenté de se remplir les poches mais Ginny se chargea de lui rappeler qu'ils n'étaient pas là pour ça.

« Et maintenant ? », fit-elle sèchement en se plantant devant Théo, les bras croisés sur la poitrine. Elle lui lança un regard de défi auquel Théo répondit par un sourire amusé.

« On va chercher le diadème », répondit-il simplement tandis que Neville s'esclaffait.

« T'es pas sérieux, Nott », ironisa-t-il en écartant les bras. « Je ne sais pas si tu as remarqué mais cette salle est immense et remplie de bazar. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin ! »

Nott émit un petit sifflement exaspéré et sortit sa baguette de sa poche. « Accio Diadème de Rowena Serdaigle ! », lança-t-il en pointant sa baguette droit devant lui. Rien ne se produisit et le seul son qui retentit dans la salle fut le rire narquois de Neville.

Agacé, Nott lui jeta un regard meurtrier et laissa retomber son bras. Il était temps d'utiliser quelques petits trucs appris pendant ses recherches. Le jeune homme se concentra sur le diadème et la représentation graphique qu'il en avait vue dans quelques vieux bouquins. Il sentit la décharge d'énergie familière envahir tout son être et un sourire se dessina sur son visage. L'énergie montait, enflait, comme une vague gigantesque s'apprêtant à s'abattre, mais sans plus de résultat. Une autre vague, de frustration cette fois, submergea Théodore, qui commençait à perdre patience. Ce fut au tour de Ginny de soupirer.

« Tu fais quoi, Nott ? Enfin réfléchis, on parle d'un objet millénaire extrêmement puissant qui contient par-dessus le marché un morceau de l'âme de Tu-Sais-Qui… S'il suffisait d'un simple sortilège d'attraction ou de je-ne-sais-même-pas-ce-que-tu-essaies-de-faire-là, Tu-Sais-Qui serait déjà mort dix fois ! », le rabroua la rousse tandis que Neville hochait la tête avec un rictus approbateur.

Nott fit volte-face dans sa direction et Ginny fit un pas en arrière en voyant la fureur déformer les traits de son visage. Elle pointa aussitôt sa baguette vers lui et prit un air menaçant.

« Ou peut-être que toi et ton pote m'avez tout simplement roulé dans la farine ! », aboya le Serpentard, tandis que Neville brandissait sa baguette à son tour. « Le Diadème n'est pas ici, avouez-le ! Vous réalisez que vous me faites perdre mon temps ? Et celui de L'ORDRE ? » Il avait hurlé le dernier mot pour les faire culpabiliser mais cela ne sembla pas ébranler Ginny le moins du monde.

« C'est bon, pas la peine de s'énerver… », maugréa-t-elle en baissant sa baguette. « Le Diadème est bien ici et il y est depuis bien plus longtemps que tu ne le crois … du moins, il était déjà là l'année dernière », ajouta-t-elle tandis que Nott la regardait sans comprendre. Neville non plus, ne semblait pas avoir tout suivi.

« Tu peux m'expliquer ? », cracha Nott en croisant les bras.

« En fait, Voldemort est bien venu déposer quelques affaires ici récemment, mais pas le Diadème », répondit la jeune fille. « Si c'est bien ce que je crois, il était déjà là l'an dernier. Je le sais parce que… Harry et moi l'avons vu quand on est venus déposer… » Elle se tut, se rappelant du jour où Harry et elle s'étaient débarrassé du Manuel de Potions du Prince de Sang-Mêlé, puis embrassés pour la première fois, et leva les yeux au ciel. « Peu importe. A l'époque, on l'a seulement pris pour un vieux bijou moche, mais quand tu as parlé de diadème tout à l'heure, j'y ai repensé. Je voulais m'assurer que tu étais bien prêt à venir jusqu'ici et à détruire le Horcruxe avant de te le dire … Je n'étais pas vraiment sûre de tes intentions. »

Nott ouvrit la bouche mais ne trouva rien à redire. Il la referma donc et esquissa un sourire charmeur. « T'es vraiment un sacré numéro, Weaslette. Tu sais, si un jour Potter te largue, toi et moi on pourrait … »

« Va te faire voir », rétorqua Ginny avec un large sourire faux. Elle tourna les talons et fouilla dans ses souvenirs afin de retrouver le chemin emprunté avec Harry près d'un an auparavant. Malheureusement, le décor avait quelque peu changé tant la quantité d'objets apportés cette année avait été conséquente. Après quelques minutes de recherche, elle discerna soudain l'armoire à disparaître, à moitié recouverte par une pile de Boîte à Flemme, de Nougats Néansang et un grand drap crasseux.

« Par ici ! », appela-t-elle tandis que les deux garçons accouraient. « Je me souviens qu'il était sur la gauche, quelques mètres après l'armoire. Ouvrez bien les yeux. Il est dans un écrin en velours bleu nuit, si mes souvenirs sont bons. »

Le trio reprit ses recherches en silence, jusqu'à ce qu'un cri de triomphe retentisse derrière une pile de livres usés jusqu'à la corde. « Je l'ai ! », fit la voix de Neville. Théodore se retrouva presque instantanément près de lui et se pencha sur l'écrin que le jeune homme tenait entre ses mains.

« On dirait bien que c'est le bon ! », se réjouit Théodore en gratifiant Neville d'un large sourire. « Bien joué, Londubat. Dire que j'ai toujours été persuadé que tu étais un gros balourd inutile ! »

Neville fronça les sourcils. « Pas grave, pour ma part j'ai toujours pensé que tu n'étais qu'un pauvre type tout juste bon à lécher les bottes de Malfoy. Comme quoi, tout le monde peut se tromper… ou pas », rétorqua le Gryffondor avec un rictus moqueur.

Ginny gloussa discrètement. « Bon et maintenant ? Comment tu comptes détruire ce truc ? », demanda-t-elle en reprenant son sérieux.

« J'ai utilisé le Feudeymon pour me débarrasser de la Coupe de Pouffsouffle, et comme on ne change pas une équipe qui gagne … », commença Théodore en brandissant sa baguette.

Ginny poussa un cri et retint son bras. « T'es dingue ? Tu veux lancer un Feudeymon dans une pièce remplie de vieux trucs secs et poussiéreux ? Sans compter les centaines de Feuxfous Fuseboum et autres trucs explosifs imaginés par mes frangins ? »

Nott pinça les lèvres. « C'est pas faux. On ferait mieux dans ce cas de se mettre près de l'entrée et d'être prêts à déguerpir le plus vite possible », dit-il en joignant le geste à la parole.

Ginny et Neville échangèrent un regard horrifié, puis se lancèrent à sa poursuite. Ils le rejoignirent près de la porte de la salle, alors qu'il posait prudemment le diadème sur un tas de vieux livres à quelques mètres de la sortie.

« Attends, t'es sérieux, tu vas vraiment faire brûler tout ça ? », s'exclama Neville en pensant avec horreur aux siècles d'histoire et d'objets de Poudlard qui allaient partir en fumée.

« La salle sur demande pourra contenir le Feudeymon. Le faire dans une autre salle attirerait l'attention, sans parler du risque de faire griller l'intégralité du château. Et le faire dehors est exclu, avec tous les Mangemorts qui rôdent dans le coin… », expliqua Théodore avec un haussement d'épaules. « Je comprends que tu aies des scrupules, Londubat. Cette salle est une vraie mine d'or. Mais j'ai bien peur qu'on n'ait pas vraiment le choix… »

Ginny jeta un regard désolé à Neville. « Il a raison, Neville », dit-elle doucement en posant sa main sur l'épaule de son ami. « Moi aussi ça me fait bizarre de penser que tout ça va disparaître, mais ce serait trop risqué de faire autrement. »

Neville hocha la tête. « Vous avez raison… mais n'empêche que c'est dommage. »

Théodore se tourna vers les piles d'objets divers qui s'étendaient devant leurs yeux. Lui aussi détestait cette idée, lui qui avait toujours été très attaché aux gadgets ensorcelés et autres étranges vieilleries du monde sorcier. Mais ils n'avaient pas le choix. Comment appelait-on cela ? Ah oui. Dommages collatéraux.

« Et si on faisait un petit tour et qu'on prenait chacun un souvenir ? », proposa-t-il aux deux Gryffondors.

Ginny trouva l'idée excellente et tous trois se mirent en quête de petits objets amusants à sauver avant le grand barbecue. Neville opta pour un jeu de Bavboules et un Yo-yo hurleur. Ginny se réserva une Plume à réponses intégrées et quelques Bombabouses, tandis que Théodore optait pour un Frisbee à dents de serpent et une paire de Multiplettes aux couleurs de l'équipe de Quidditch d'Irlande (sûrement rescapées de la dernière coupe du monde). Tous trois se retrouvèrent de nouveau devant la sortie et échangèrent des regards amusés en voyant ce que chacun avait rapporté.

« Prêts ? », demanda Théodore en tendant sa baguette en direction du diadème.

« Prêts », répondirent Ginny et Neville à l'unisson, tout en entrouvrant la porte pour commencer à se glisser dans le couloir.

« C'est parti ! Daemonignis ! », beugla Théodore tout en tendant son autre main, qui le démangeait à nouveau. Un gigantesque dragon de feu se matérialisa au bout de sa baguette magique mais Théodore sentait que le plus gros de l'énergie qu'il utilisait pour produire le sortilège émanait de son autre main tendue. Celle qui ne tenait pas la baguette. Le dragon, qui devait bien faire une quinzaine de mètres de long, fit le tour de la pièce, enflammant tour à tour tentures, piles de livres et boîtes de Farces pour Sorciers Facétieux. Des Feuxfous Fuseboum commencèrent à éclater dans toute la pièce, explosant en une joyeuse pétarade qui sembla se répercuter sur tous les murs du septième étage. Théodore entendit la voix affolée de Ginny dans son dos.

« Nott, grouille-toi de sortir de là ! Le bruit va nous faire repérer, il faut qu'on se tire ! », le pressa Ginny en tendant la main dans sa direction. Elle jeta un regard terrorisé au gigantesque dragon de flammes, tandis que Neville faisait le guet un peu plus loin.

« Pas question, Weaslette, je veux être sûr que le dragon atteigne sa cible ! », s'égosilla-t-il pour couvrir le vacarme. Il agita sa main gauche et à quelques mètres, le dragon esquissa le même mouvement. Théodore lui fit prendre un peu plus de vitesse avec un nouveau tour de salle, puis éleva sa main gauche au-dessus de sa tête. Le museau ardent du dragon suivit le mouvement, grimpa dans les airs et s'immobilisa près des lustres de la salle des objets cachés, attendant le prochain ordre de son maître.

« Nooooott, par pitié, accélère ! » La voix de Ginny était à présent paniquée.

« Encore un peu de patience ! », gronda-t-il, avant de baisser sa main vers le sol, d'un geste vif et puissant. Le dragon fondit vers le carrelage en pierre et vint s'écraser droit sur le diadème, provoquant une onde de choc brûlante, qui expulsa Théodore hors de la salle sur demande et l'envoya s'écraser contre une armure postée dans le couloir. Théodore et l'armure tombèrent sur le sol ajoutant au bruit des explosions celui du métal heurtant la pierre. Ginny fondit sur la porte et la referma, se brûlant au passage les doigts sur la poignée en fer forgé qui commençait à sérieusement chauffer à cause de l'incendie. Dès que la porte fut fermée, le vacarme s'atténua et la porte de la salle aux objets cachés commença à disparaître.

« Vite, il ne faut pas traîner dans le coin ! », siffla Neville avec un regard inquiet en direction de l'escalier principal. « J'entends des pas. On a dû rameuter la moitié du corps enseignant avec tout ce bazar ! »

Ginny poussa un juron, tout en tenant sa main endolorie où de petites cloques commençaient à se former au niveau de la paume. « Venez ! », souffla-t-elle en prenant la direction opposée. « Je connais un passage secret qui nous ramènera pas très loin de la tour de Gryffondor. Avec un peu de chance… »

Les deux garçons suivirent Ginny jusqu'à un portrait représentant deux sorciers du dix-huitième siècle attablés autour d'une partie d'échecs sorciers. La jeune fille s'approcha et chuchota quelque chose à l'oreille de l'un des joueurs, qui lui sourit et le portrait pivota, révélant un petit goulot sombre et humide dans lequel elle s'engouffra, bientôt imitée par les deux autres adolescents. Théodore, bon dernier, referma le portrait derrière eux à la seconde où Alecto Carrow et une douzaine d'autres Mangemorts posaient le pied sur le palier du septième étage, à l'autre bout du couloir.

~o~

« Hermione, ma chérie, tu es si maigre ! », s'écria Molly lorsque la jeune fille ôta son manteau et son pull pour se mettre à l'aise. La température de la Chaumière aux coquillages était bien plus agréable qu'au Manoir et n'étant plus habituée, elle avait eu très vite chaud dans le salon, avec les flammes crépitant dans l'âtre. Elle avait les joues en feu. « Je vais te préparer quelque chose à manger, tu dois être affamée ! Que dirais-tu d'une tourte à la viande ? », reprit Molly en posant les mains sur les hanches.

« Ce serait parfait, merci beaucoup ! », répondit Hermione avec un sourire. « Vous voulez de l'aide ? »

« Non, non, non, hors de question ! Tu as une mine terrible, la seule chose que je veux te voir faire c'est te reposer ! », la morigéna Molly en la forçant à s'asseoir sur un fauteuil du salon.

Hermione esquissa un sourire gêné et suivit Molly du regard, tandis que cette dernière repartait derrière les fourneaux. Blaise emboîta le pas à Mrs Weasley, non sans avoir préalablement jeté un regard appuyé à Draco tout en désignant Hermione du doigt. Le blond fronça les sourcils, ne comprenant pas vraiment ce que voulait Blaise, puis s'aperçut qu'Hermione l'observait. Il détourna les yeux instantanément. Celle-ci s'apprêtait à lui demander comment il se sentait lorsqu'Harry et Ron surgirent du couloir qui menait aux chambres et vinrent s'installer à ses côtés.

« Hermione, on a une surprise pour toi ! », s'exclama Ron, qui tenait quelque chose derrière son dos. « Ferme les yeux ! »

Hermione fronça les sourcils. « Qu'est-ce que vous mijotez tous les deux ? », demanda-t-elle avec un rictus amusé.

« Rien du tout. Ferme les yeux, tu verras : tu ne le regretteras pas ! », renchérit Harry en lui adressant un large sourire.

Hermione s'exécuta et sentit bientôt qu'on lui déposait quelque chose entre les mains. Quelque chose de long et de fin, en bois. Elle rouvrit les yeux.

« C'est … », commença-t-elle, bouche bée.

« Ta baguette ! », acheva Ron, triomphant. « On est revenus sur les lieux de ta capture quelques jours plus tard et on l'a trouvée dans les feuilles mortes. Elle n'est même pas brisée ! »

« Oh Ron, c'est … » Hermione ne finit pas sa phrase. Elle faisait tourner entre ses doigts sa fidèle baguette, celle avec laquelle elle avait jeté ses premiers sortilèges, celle avec laquelle elle avait fait son entrée dans le monde sorcier. Elle releva la tête et vit que derrière ses deux amis, Draco affichait une mine contrariée et triste.

« C'est très gentil, les garçons, vraiment. C'est un cadeau incroyable que vous me faites et je la garderai … en souvenir… », reprit-elle tandis que les deux Gryffondors la regardaient avec une expression d'incompréhension. « …Mais j'ai une nouvelle baguette, maintenant. » Elle sortit la baguette de l'aïeule Malfoy de sa poche et la présenta à ses amis. Elle vit le blond tourner la tête vers elle. Toute tristesse avait disparu de ses traits. Il semblait à présent plus heureux que si on lui avait annoncé que Noël avait huit mois d'avance. Un sourire doux flottait sur ses lèvres pâles et ses yeux gris pétillaient tandis qu'il lui adressait un regard empli de reconnaissance. Hermione sentit son cœur battre un peu plus fort à la vue de ce regard et de ce sourire.

« Hermione, il y a un serpent sur cette baguette… », fit remarquer Harry en lui jetant un regard étrange.

A ces mots, Ron se retourna vivement en direction de Malfoy et lui jeta un regard mauvais. Malfoy le lui rendit au centuple et Hermione sentit la situation s'envenimer.

« Harry, cette baguette appartenait à l'arrière-grand-mère de Draco et elle me convient cent fois mieux que ma précédente baguette », dit-elle tout en posant une main apaisante sur l'avant-bras de Ron. « Je ne l'ai pas encore beaucoup utilisée mais ce que je ressens par le simple fait de la tenir dans ma main est tellement intense. » Elle jeta un regard complice en direction de Draco, toujours occupé à faire une bataille de regards toxiques avec Ron et rit. « Draco dit que son arrière-grand-mère était aussi têtue et exaspérante que moi et que c'est pour cette raison qu'elle me va si bien ! »

Draco abandonna son concours d'intimidation et reporta son attention sur Hermione, affichant de nouveau un sourire radieux. « C'est vrai. Vous êtes les deux plus grosses têtes de mules de vos générations respectives. Et je pèse mes mots. »

Hermione rit à nouveau. « En tous les cas, merci beaucoup les garçons ! », reprit-elle en serrant sa vieille baguette contre son cœur. « Je pensais l'avoir à jamais perdue et je suis très heureuse de l'avoir de nouveau avec moi. C'est tout de même ma première baguette et j'y tiens. »

Harry regarda tour à tour Draco, puis Hermione et esquissa un léger sourire. « De rien, Hermione. Tu n'imagines pas à quel point on est content de te revoir… »

Hermione renifla et cligna des yeux pour empêcher les larmes de les envahir à nouveau. « Si, je crois que si … »

~O~

« Arrête de bouger, Granger … Je te promets que ça va te plaire… »

Elle hurlait et se débattait mais le poids du jeune homme et sa santé plus qu'affaiblie ne lui permettaient pas de faire face. Une de ses mains se glissa autour de sa gorge et plaqua son cou et son crâne contre la pierre froide et sale.

« Pitié … Nott, pitié … », s'entendit-elle hoqueter mais son assaillant semblait en transe et ne l'entendait pas. Elle s'égosillait pour rien. Personne ne viendrait la sauver. Personne ne viendrait l'empêcher …

Hermione poussa un hurlement déchirant et se redressa sur son séant dans la chambre plongée dans l'obscurité. Le souffle court, elle regarda autour d'elle et vit que Harry et Ron, tous deux dans des lits séparés placés dans les coins de la pièce, dormaient toujours profondément. Son hurlement résonnait encore dans ses oreilles mais pourtant ils n'avaient rien entendu. Peut-être avait-elle juste rêvé avoir crié… seulement ça lui avait paru tellement réel …

Hermione réprima un haut-le-cœur et crispa ses doigts sur les draps. Machinalement, elle passa une main sous sa chemise de nuit, la glissa entre ses cuisses et gratta furieusement la croûte qui subsistait de la griffure de Nott. Cela faisait maintenant plus d'une journée que cette blessure ne la démangeait plus mais dès qu'elle la voyait ou pensait à ce qu'elle avait vécu, sa main se portait toute seule dessus et frottait, frottait, comme si elle espérait que cela la ferait disparaitre. Peine perdue, lorsqu'elle retirait sa main, la griffure rouge et boursouflée, parsemée de petits points durs, était toujours là. Parfois en grattant un peu trop fort, l'une des minuscules boules rouges sautait et une minuscule perle de sang écarlate gonflait et coulait sur sa peau blanche.

Elle balaya à nouveau la pièce obscure du regard et se demanda quelle heure il pouvait bien être. Elle se rappela alors qu'Harry et Ron avaient rapatrié toutes ses affaires après sa capture et qu'elle avait donc à nouveau sa petite montre moldue dont les aiguilles brillaient dans le noir. Elle la consulta, tout en chassant de son esprit la pensée sinistre qu'elle avait même perdu le réflexe idiot de regarder une montre au cours de sa captivité. Trois heures du matin. Elle savait déjà qu'elle ne pourrait pas se rendormir. Pas sans … Draco, acheva une petite voix dans son crâne.

Ses yeux se posèrent sur le lit de Ron, dans le coin opposé de la pièce. Le rouquin dormait comme à son habitude sur le ventre, les bras et les pieds dépassant de chaque côté du lit et la couverture pendant à moitié sur le sol. Bouche ouverte sur l'oreiller, il ronflait doucement et Hermione envisagea un moment de se glisser contre lui, comme elle l'avait fait avec Malfoy pour réussir à dormir après ses cauchemars. Mais elle voyait déjà la scène, comme si elle l'avait vécue … Ron grognerait, il lui faudrait le pousser de toutes ses forces (dont elle manquait encore cruellement, par ailleurs) pour avoir un peu de place et il ne cesserait de lui donner des coups de coude ou de genoux jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'un gros hématome géant. La Gryffondor sourit à cette idée, puis son sourire se figea en pensant que ce dont elle avait réellement besoin se trouvait tout simplement dans l'une des autres chambres de la maison.

Lentement, à pas de loups, elle s'extirpa de son lit et sortit de la pièce sur la pointe des pieds, en prenant soin de ne pas faire de bruit en ouvrant et refermant la porte. Elle ne vit pas Harry ouvrir les yeux et la suivre du regard. Elle ne le vit pas non plus se redresser sur son séant et fixer, abasourdi, la porte qui se refermait doucement derrière elle.

Une fois dans le couloir de l'étage, elle tenta de se rappeler dans quelle chambre Blaise et Draco s'étaient installés. Ils partageaient celle de Fred et George, si ses souvenirs étaient bons. C'était l'avantage des maisons de sorcier : chez les Moldus, avoir beaucoup d'invités signifiait préparer des matelas gonflables, des lits d'appoints et essayer de caser tout ce beau monde là où on le pouvait. Tandis que les sorciers se contentaient de rajouter des pièces et du mobilier à l'intérieur de leurs maisons, sans travaux d'agrandissement. Facile.

Alors qu'elle se dirigeait vers la chambre où elle pensait trouver les Serpentards, elle discerna une lueur en bas de l'escalier. Apparemment, elle n'était pas la seule à ne pas trouver le sommeil. Elle décida donc de descendre et de découvrir l'identité de l'insomniaque. Au rez-de-chaussée, elle entra dans le petit salon chaleureux et n'y vit personne. Hermione fronça les sourcils, puis sursauta lorsqu'une voix s'éleva derrière elle.

« Qu'est-ce que tu fiches ici ? », fit la voix bourrue de Malfoy.

Hermione fit volte-face. Le Serpentard, seul, s'était assis sur un rebord de fenêtre et regardait la pleine lune argentée se refléter sur la mer en contrebas. Une fois la surprise passée, Hermione sourit.

« En fait, je te cherchais… », dit-elle en tirant légèrement sur le bas de la chemise de nuit prêtée par Fleur. Ce n'était ni plus ni moins qu'une chemise de nuit bleu layette en coton grossier mais à présent qu'elle était debout, Hermione réalisait combien elle était courte. Trop courte à son goût du moins, au vu des récents événements.

Draco observait son manège avec un sourire en coin. « C'est bon, Granger, je t'ai vue bien plus déshabillée que ça, tu te rappelles ? »

Hermione lui jeta un regard noir. « Justement, oui. J'en fais encore des cauchemars… », rétorqua-t-elle en venant s'asseoir près de lui sur le rebord.

Le jeune homme réalisa son manque de tact et grimaça. « Désolé, je … enfin, tu as encore fait un mauvais rêve ? », demanda-t-il pour changer de sujet.

Hermione hocha la tête. « Oui. Mais ce n'est rien … je suppose qu'il va falloir m'y faire. »

« Je doute que tes amis soient ravis de te voir te glisser dans mon lit chaque nuit, donc oui, je suppose qu'il va falloir t'y faire… » Il détourna les yeux et un sourire malicieux flotta sur ses lèvres. « Ou alors tu pourrais directement venir dormir avec moi, comme au bon vieux temps. Ça éviterait les aller-retour … »

Hermione gloussa. « C'est bon de voir que le grand et généreux Draco Malfoy ne perd pas le Nord… », railla-t-elle tandis que le blond souriait de plus belle. Le silence retomba entre eux et Hermione se mit elle aussi à regarder le paysage nocturne. En tendant l'oreille, elle percevait légèrement le bruit du ressac sur les falaises et se sentit aussitôt apaisée. « Et toi, qu'est-ce que tu fais ici à cette heure ? »

« Comme toi », répondit-il tandis que son expression s'assombrissait.

« Quoi ? Toi aussi tu t'es fait violer par un malade ? », plaisanta Hermione, tandis que son estomac se nouait. Elle avait pensé pouvoir tenter une plaisanterie mais il semblait que c'était encore trop tôt. Néanmoins, l'expression qui apparut alors sur le visage du Serpentard fut tellement comique qu'elle décida que cela en valait la peine. Quelque part dans la maison, une latte de parquet craqua et Hermione jeta un regard en direction de l'escalier mais ne discerna que l'obscurité.

« Non ! », protesta le blond avec un sourire mi-amusé, mi-dégoûté. « Je veux dire que je n'arrive pas à dormir, c'est tout. »

« Ça j'aurais pu le deviner toute seule », se moqua Hermione tandis que Draco levait les yeux au ciel.

« Très drôle, Granger. C'est juste que … » Son expression s'assombrit de nouveau et il détourna le regard en direction de la lune, au-dessus de l'océan. « Séverus devait revenir ici ce soir, c'est Lupin qui me l'a dit. Mais… il s'est jamais pointé. »

Hermione fronça les sourcils, inquiète.

« Lupin l'attendait avec moi, mais il a fini par aller se coucher sur les coups de une heure du matin. Il m'a dit que ça ne servait à rien de m'inquiéter, qu'il avait peut-être eu un empêchement et qu'il viendrait sûrement demain. Mais je n'ai pas pu me résoudre à aller me coucher. »

Hermione ne dit rien. Et pour cause. Rien de ce qu'elle pourrait dire ou faire ne parviendrait à apaiser le Serpentard. Elle savait que ce n'était pas tant la santé de Rogue qui l'inquiétait mais plutôt d'avoir la confirmation que sa mère, restée seule au Manoir, allait bien.

« Je suis sûre que Narcissa se porte comme un charme », commença-t-elle tandis que le blond fronçait le nez. Il détestait qu'elle lise en lui comme dans un livre ouvert. C'était vraiment trop bizarre. Mais la Gryffondor reprit. « C'est une femme formidable, elle saura quoi faire. »

Draco ouvrit la bouche pour répondre mais aucun son n'en sortit. Hermione vit ses doigts se refermer et ses poings se serrer si fort que ses ongles laissèrent de petites marques en demi-lune sur ses paumes lorsqu'il les desserra enfin.

« J'aurais dû insister… », souffla-t-il doucement. « J'aurais dû la forcer à partir avec nous. Je le sens pas, j'ai l'impression qu'elle a décidé de faire quelque chose de stupide et je n'aime pas ça… »

« Ne te monte pas la tête », fit doucement Hermione en glissant une de ses mains dans la sienne pour la serrer aussi fort que ses doigts le lui permettaient. « Si ça se trouve, elle ne va rien faire du tout et elle attend juste le bon moment pour envoyer ton père et tous ses potes à capuches se faire voir chez les Gobelins. »

Draco esquissa un rictus et se tourna vers elle. Hermione lui sourit, ravie de voir qu'il avait de nouveau ce petit air moqueur et un brin supérieur qu'elle lui avait toujours connu. Elle se rappelait avoir détesté cet air autrefois mais à présent, il était pour elle le signe que Draco Malfoy se portait bien. Et elle brûlait maintenant de le voir s'afficher sur ses traits, plus que n'importe quelle autre expression.

« Ah, Granger … », soupira-t-il en secouant la tête.

« Quoi ? », fit l'interpellée avec un sourire en coin.

« Rien. Viens par là… », s'esclaffa le blond en passant un bras autour des épaules de la jeune fille pour l'attirer contre lui. Hermione protesta un peu, pour la forme, mais se laissa enlacer en riant doucement. « Merci d'être là, petit castor », la remercia-t-il en enfouissant son visage dans ses boucles brunes.

« De rien, sale fouine bondissante, merci à toi », répondit Hermione en levant les yeux au ciel, tandis que l'autre s'esclaffait.

A quelques mètres de là, près de l'escalier, caché dans l'ombre, Harry Potter tentait de ne pas hurler.

« Comme toi. »

« Quoi ? Toi aussi tu t'es fait violer par un malade ? »

La scène se rejouait en boucle dans sa tête mais malgré tout, il n'arrivait pas à intégrer ce qu'il venait d'entendre. Puis le Survivant revit le regard gêné de Lupin lorsqu'il lui avait demandé pourquoi sauver Hermione était devenu tellement urgent subitement. Il avait senti que Rogue et Lupin lui cachaient quelque chose, c'était certain, mais ça ? Son Hermione. Son amie inébranlable depuis maintenant sept longues années. Son Hermione si loyale et si droite. L'idée qu'un type ait pu la violenter de cette manière le rendait malade. Et pourquoi ne lui avait-on rien dit ? Si Malfoy était au courant, alors lui aussi aurait dû l'être. Et Ron ? Harry eut un pincement au cœur en pensant à la réaction de Ron à l'annonce de cette nouvelle. Et soudain il comprit. Il comprit pourquoi Hermione n'avait pas encore abordé le sujet de son séjour dans les geôles de Voldemort. A cause de Ron.

Dans ce cas, si elle tenait encore à Ron à ce point, pourquoi se laissait-elle ainsi enlacer par Malfoy ? Pourquoi laissait-elle ce fils de Mangemort la toucher, l'approcher ? Même s'il l'avait sauvée, il restait le lien entre Hermione et ce qu'elle avait vécu au Manoir. Harry en était persuadé : pour aller mieux Hermione devrait se détacher de tout ce qui lui rappelait ces jours d'horreur. Malfoy inclus. Si Hermione voulait sortir de ce cauchemar et reprendre une vie normale, Malfoy devait partir. Ils reformeraient alors le Trio. Elle, Ron et lui. Ils n'avaient besoin de personne d'autre.

Personne.

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C'est tout pour aujourd'hui ! Alors comment trouvez-vous ce début de relation à l'air libre ? Prometteur, non ? Pour l'instant, Ron ne s'est pas trop déchaîné mais ça ne saurait tarder. Surtout si Harry décide lui aussi de mettre des bâtons dans les roues de Draco … N'hésitez pas à me laisser des reviews, je les apprécie beaucoup ! A la semaine prochaine !

Xérès