The Rise and Fall

Les blas-blas de Xérès : Ouh là là, un chapitre riche en rebondissements que voilà. Et riche en humour aussi, pour changer ! Pas beaucoup de Dramione, mais beaucoup de Narcissa, de Lulu, de Sévychou … J'espère que vous allez apprécier le cocasse de la situation à venir. Déjà, rien qu'en choisissant le titre après avoir fini d'écrire le chapitre, je me suis marrée. J'espère que vous passerez un bon moment et bonne lecture !

Merci à mes nouveaux followers (mamaler78, TomyC, vekahere, Eriphile), ainsi qu'à Laurat, faerycyn, Petitestef, HeyLiamIsMyHero, swetty-girl-35, Noumiex3, DramioneTouch, Babar, Elena Grape, Passion Fugace, sarahblue1, Mione159, Alice Roguevans, PetitMilou, Nedwige Stew, laloudu77, Lune-Bleue22, Luna Cave et miss damdam pour leurs reviews.

RAR :

Laurat : Merci pour ta review ! Oui, je te rassure, cette fic ne sera pas abandonnée en cours de route. Pour l'instant mis à part pendant la période de Noël j'ai toujours réussi à poster un chapitre par semaine depuis le début et j'espère pouvoir garder le rythme jusqu'au tout dernier ! Merci encore )

Petitestef : Tu as raison, même si Nott est un sociopathe en puissance, il n'en a pas moins que 17 ans et reste un ado presque comme les autres et son combat ressemble en beaucoup de points à celui de l'Ordre (sauf en ce qui concerne les Moldus, mais bon ça on verra après u_u) Quant à ce que va faire Harry, cette tête de mule, je ne dis rien, héhé… Bisous

Elena Grape : Lol, non promis dans cette fiction, Ginny ne souffrira pas … beaucoup … non je plaisante, je lui fous la paix. Elle ne deviendra pas l'âme damnée de Voldy non plus (c'est pas La Voix des Morts the come-back, non plus, hihi). Bisous

Alice Roguevans : ah ah, je n'ai pas encore trop bien décidé si j'allais révéler un jour à quoi ressemblait l'arrière-grand-mère de Draco, j'avoue que ça pourrait être drôle. On verra si l'occasion se présente dans l'histoire, je glisserai peut-être une explication rigolote ! Merci pour ta review )

Chapitre 19 : La désolation de Lucius

Séverus n'avait pas pu se résoudre à rejoindre l'Ordre à la Chaumière aux Coquillages ce soir-là. Après avoir découvert Narcissa, flottant dans sa plus belle robe au milieu de cette cellule sordide telle une rose au milieu d'un tas de purin, il avait eu toutes les peines du monde à se retenir de hurler. Bellatrix avait quitté le Manoir sans demander son reste et Lucius … Lucius avait tout simplement sombré dans un état catatonique. Et Séverus l'avait laissé avachi dans son sofa, seul avec sa bouteille de gin. Il était rentré à Poudlard pour assurer ses cours et avait trouvé les lieux en pleine effervescence. Alecto et Amycus Carrow lui avaient mis le grappin dessus à peine les portes du château passées, lui affirmant que des élèves avaient sans doute fait exploser des pétards dans l'un des couloirs du septième étage, mais qu'ils étaient arrivés trop tard pour les appréhender.

Séverus avait à peine réagi à cette nouvelle, se contentant d'un amer « Trouvez-les et punissez-les, c'est ce que vous savez faire de mieux, non ? ». Alecto Carrow l'avait regardé avec une expression scandalisée, puis avait tourné les talons aussi sec. Comme un automate, Séverus avait assuré ses cours de l'après-midi (trois heures de travaux pratiques avec les cinquième année). Puis lorsque la cloche sonna la fin de la journée, il sut qu'il ne serait pas capable d'affronter Draco. Pas maintenant. Pas ce soir. Il devait d'abord avoir les idées claires. Au dîner, il vit Bellatrix faire irruption dans la Grande Salle et comme à chaque fois qu'elle entrait dans l'école, nombreux furent les élèves à se ratatiner sur leurs chaises de peur qu'elle ne les dévore tous crus.

« Où est le Maître ? Je dois lui parler ! », aboya-t-elle à Amycus, assis à côté de la grande chaise réservée à Voldemort à la Grande Table. Une place qu'il occupait cependant rarement au cours des repas, jugeant les élèves trop bruyants et agaçants.

L'homme répondit par un haussement d'épaules et avala sa bouchée d'agneau à la menthe. « Pas ici », répondit-il d'un air narquois. « Sûrement dans ses appartements. »

Bellatrix était déjà repartie avant qu'il n'ait pu terminer sa phrase et Séverus se leva pour se précipiter à sa suite. Il la rattrapa dans un couloir et la saisit par le bras pour la faire se retourner.

« Bellatrix, attends ! », s'écria-t-il alors que celle-ci lui adressait un regard méprisant.

« Quoi ? Je sais très bien ce que tu vas me demander alors ne gaspille pas ta salive, ça ne sert à rien ! », gronda-t-elle en se dégageant. « Je vais tout lui dire, il le faut. »

« Non, je t'en prie … », fit Séverus d'une voix suppliante. « Réfléchis. C'est ta sœur, par Merlin. Ta sœur ! »

« Et une traîtresse, désormais ! », rétorqua Bellatrix en reprenant sa route. Mais Séverus lui emboîta le pas.

« Il va la tuer… tu le sais, ça ? », reprit-il en la dépassant pour l'empêcher d'avancer. « Il ne lui laissera aucune chance. » Et à nous non plus, ajouta-t-il dans sa tête.

Un éclair de tristesse passa dans les yeux de Bellatrix et elle hocha la tête. « Je le sais … maintenant, laisse-moi passer. »

Elle fit un pas en avant mais Séverus lui bloquait toujours le passage. « Non », dit-il simplement.

Elle fronça les sourcils et fit un pas sur le côté, mais il suivit le mouvement.

« Laisse-moi passer, je dois lui dire maintenant ! », s'écria-t-elle, mais sa voix se brisait petit à petit.

« Pas question ! », gronda Séverus en la retenant par les épaules. « Par pitié, Bellatrix, laisse-moi vingt-quatre heures… vingt-quatre heures, c'est tout ce que je te demande … »

Bellatrix le repoussa violemment et tourna son visage blême dans sa direction. « NON ! », hurla-t-elle dans un sanglot déchirant.

« POURQUOI ? », beugla le Maître des Potions en la secouant comme un prunier. Leurs hurlements commençaient à attirer l'attention des élèves présents dans les couloirs et les regards curieux se multipliaient. Inutile de préciser que leur altercation allait être le sujet de discussion favori de la soirée. La réponse de Bellatrix ne se fit pas attendre.

« PARCE QUE SI J'ATTENDS PLUS LONGTEMPS, JE N'EN AURAI PLUS LA FORCE ! », glapit-elle. Les yeux de Bellatrix s'écarquillèrent lorsqu'elle finit sa phrase, comme si la prononcer venait de lui faire enfin réaliser combien la trahison de sa sœur la blessait au plus profond d'elle-même. Elle passa une main tremblante sur son front. « Je ne pourrai pas… je ne peux pas… oh Merlin, c'est un cauchemar… »

Séverus la regarda se décomposer sur place, interdit. « Vingt-quatre heures… », souffla-t-il en serrant les épaules de Bellatrix entre ses doigts. La brune secoua la tête plusieurs fois, les yeux fermés, tout en passant nerveusement sa main fraîche sur ses joues et son front brûlants.

« Non, non, non, non, non … », soufflait-elle, tremblante.

« Je vais m'occuper de la mettre en sécurité… », murmura Séverus d'une voix apaisante. « C'est promis … »

Bellatrix releva vivement la tête. « Alors toi aussi, tu vas Le trahir ? Toi ? Comment oses-tu… ? », fit-elle d'une voix plaintive en lançant un regard accusateur en direction de Séverus.

« Bellatrix, ouvre les yeux, bordel… », gronda Séverus en vérifiant que personne ne les écoutait de trop près. Il baissa encore d'un ton, de sorte à ne pouvoir être entendu que d'elle seule. « Ce n'est plus qu'une question de temps avant que le Seigneur des Ténèbres ne tombe. Tout fout le camp, la chance est en train de tourner. Ceux d'en face sont toujours plus nombreux et ils travaillent jour et nuit à organiser Sa chute. Il est temps d'assurer nos arrières, tant qu'il est encore temps. »

Bellatrix, tremblante, se remit à secouer la tête comme une démente. « Oh non, non, non, non… je ne veux pas entendre ça… »

« Pourtant, c'est la vérité et tu le sais. D'abord les Zabini, ensuite Narcissa, Draco, Nott qui pète une durite, et pendant ce temps l'Ordre du Phoenix s'organise, grossit ses rangs … », reprit Séverus, impitoyablement. « C'est foutu, Bellatrix, tôt ou tard il tombera. Et il entraînera tous ceux qui le suivront dans sa chute. »

« Tais-toi… », fit Bellatrix d'une voix à peine audible. Elle traîna les pieds jusqu'à l'escalier le plus proche et se laissa tomber sur l'une des premières marches. Puis elle enfouit ses doigts dans sa chevelure folle et resta là, la tête dans les mains, immobile. Au bout de quelques longues minutes de silence, Séverus s'apprêtait à l'abandonner à son sort lorsque la voix de Bellatrix s'éleva de nouveau, rauque et faible.

« Je te donne jusqu'à demain midi pour la sortir de là… », coassa-t-elle en relevant la tête.

« C'est bien plus de temps qu'il n'en faut », lui assura Rogue avec un hochement de tête.

« Et je lui parlerai de toi … », reprit Bellatrix avec une grimace. « Je vais être obligée de lui dire que tu es également un traître. Parce que c'est ce que tu es, manifestement. Comme tous les autres. »

Séverus baissa les yeux. S'il acceptait, c'en serait fini de sa « couverture ». Fini l'agent double, les magouilles, le poste de Directeur de Poudlard … Bonjour la cavale, l'insécurité et la peur. Mais si cela lui permettait d'éviter de voir Narcissa subir le même sort que Lily, alors il connaissait déjà la réponse. « Si c'est ce que tu penses être le mieux à faire, alors je ne te retiendrai pas », répondit-il gravement.

Bellatrix le regarda droit dans les yeux. « Je le ferai », lui assura-t-elle avec une pointe de tristesse.

« Bien », acheva Séverus en tournant les talons. Puis il se dirigea vers son bureau, afin de prendre autant d'affaires que possible avant de déguerpir. Sa cavale commençait.

~o~

Lorsque Séverus revint au Manoir Malfoy avec toutes ses affaires dans un sac, la lune était déjà levée depuis longtemps, mais il retrouva cependant Lucius Malfoy au même endroit qu'il l'avait laissé en partant ce matin. Dans la même position. Rien ne semblait avoir bougé depuis son départ, à la différence que la bouteille de gin était désormais vide et qu'elle avait été rejointe par une autre, du Whisky Pur Feu.

Une latte du parquet craqua sous le poids du Maître des Potions et il vit Lucius sursauter, comme s'il venait seulement de s'apercevoir de sa présence dans le grand salon.

« Qu'est-ce que tu fous là, toi ? », anonna Lucius en jetant maladroitement le cadavre de la bouteille de gin dans la direction de Rogue, qui l'évita sans peine.

« Je suis venu emmener Narcissa… », répondit sombrement le Maître des Potions tandis que Lucius se levait tant bien que mal, fin soûl comme il l'était.

« Depuis quand il envoie ses larbins faire le sale boulot à sa place ? », cracha Malfoy en lui jetant un regard torve. Puis il leva les bras et éclata d'un rire moqueur. « Ah, c'est vrai … depuis TOUJOURS ! »

Séverus fronça les sourcils, se demandant un instant de quoi il parlait puis comprit. « Je ne suis pas venu l'emmener pour la ramener au Maître », rétorqua-t-il en observant les gestes désordonnés de Lucius, tandis que celui-ci tentait de rouvrir le bouchon de sa bouteille de whisky, en vain. « Je veux la mettre en sécurité. »

Dans un geste de colère, Lucius envoya valdinguer la bouteille de whisky contre un mur et elle explosa, projetant du verre brisé et du liquide ambré sur les murs et les meubles alentours. « CE N'EST PAS A TOI DE LA PROTEGER ! », beugla Lucius. « C'EST MA FEMME, MON BOULOT ! »

Séverus haussa un sourcil narquois. « Oh oui, et quelle réussite ! », railla-t-il tandis que Lucius poussait un grognement de rage.

« Si tu veux l'emmener … », il tangua légèrement et se retint au dossier du sofa avant de poursuivre, « tu devras m'emmener aussi. »

Séverus grimaça. « Et tu as décidé ça quand ? »

« J'ai eu toute la foutue journée pour y penser, figure-toi », grommela Lucius en désignant le sofa d'un ample mouvement du bras, ce qui le fit tanguer de nouveau. Séverus se demanda un instant comment il faisait pour ne pas avoir le mal de mer à le regarder bouger autant. Mais il chassa cette pensée en réalisant qu'un nouveau problème se posait à présent. Lucius ne laisserait pas partir Narcissa sans se battre. Et Lucius Malfoy était aussi doué en magie noire que lui-même l'était dans l'art subtil des Potions. Même alcoolisé, il restait une menace. Il devait donc le neutraliser rapidement, ou l'emmener. Mais l'emmener où ? Séverus savait que l'Ordre accueillerait sans trop de problème Narcissa à la Chaumière, étant donné le rôle qu'elle avait joué dans la libération d'Hermione et le peu de part qu'elle prenait d'une manière générale aux actions des Mangemorts, mais Lucius … personne ne voudrait de lui, là-bas. Sans compter le problème de sécurité que cela poserait pour tous les habitants de la maison.

« Et si je décidais, moi, de ne pas accéder à ta requête ? », demanda lentement Séverus.

Lucius gloussa, comme si c'était la blague de l'année. « T'es sérieux, là ? »

« J'en ai pas l'air ? », répondit le Maître des Potions en arborant son expression la plus impassible. L'autre lui jeta un regard interrogateur et grimaça.

« Si », répondit Lucius en hochant la tête.

« J'admire ta lucidité », se moqua Séverus en levant les yeux au ciel.

« Va te faire foutre », gronda Lucius en se servant un verre. D'eau, cette fois. « Elle ne voudra pas t'accompagner si je ne viens pas. C'est ma femme, elle ne m'abandonnera pas. »

Séverus hocha la tête avec un sourire en coin. « C'est ce qu'on verra. Si tu n'y vois pas d'inconvénient, je vais aller lui demander son avis directement », dit-il en tournant les talons pour descendre au sous-sol. Lucius ponctua son départ d'un mouvement agacé de la main avant d'avaler d'un trait son verre d'eau et de s'en resservir un autre pour s'asperger le visage.

Rogue arriva devant la porte de la cellule où était enfermée Narcissa. Il jeta un coup d'œil à l'intérieur et dans l'obscurité, vit que la chaise était vide. Il murmura un « Alohomora » pour ouvrir la porte et un « Lumos » pour éclairer la pièce. Son amie était recroquevillée dans un coin de la pièce, sur un vieux matelas crasseux, la tête posée contre le mur de pierre.

« Bonjour Séverus », fit-elle d'une voix douce. « Ou bonsoir, d'ailleurs. Ce n'est pas comme si je pouvais avoir une idée de l'heure qu'il est, pas vrai ? »

« C'est le milieu de la nuit… », répondit-il en s'agenouillant près d'elle pour se mettre à sa hauteur. « Comment tu te sens ? »

« Bien… », répondit Narcissa avec un léger sourire. « Mieux. J'ai enfin la sensation d'avoir fait quelque chose de censé dans ma vie. Et Draco ? Est-il en sécurité ? »

« Je suppose que oui, sinon j'aurais été prévenu… », répondit Rogue tandis que Narcissa se redressait soudain, comme mue par un ressort.

« Tu n'es pas allé vérifier ?! », s'emporta-t-elle et Séverus eut un mouvement de recul qui faillit le faire tomber à la renverse sur le sol de la cellule.

« Je … », il lui jeta un regard hébété. « Non, je … » Elle lui jeta un regard courroucé et il se sentit soudain comme un enfant surpris en train de voler des bonbons. « Je ne pouvais pas me résoudre à affronter Draco et lui avouer ce que tu avais fait. Il m'en aurait voulu d'être rentré seul. »

« C'est toi, l'adulte », le réprimanda Narcissa, les sourcils froncés. « Tu aurais dû lui expliquer. »

« Lui expliquer quoi ? », s'emporta Séverus en reprenant un peu d'aplomb. « Lui expliquer pourquoi tu choisis de rester enfermée ici alors que tu pourrais fuir ? Narcissa, moi-même je ne le comprends pas ! »

Narcissa détourna les yeux. « C'est tout ce que je mérite. Pour avoir fermé les yeux pendant tout ce temps. Je ne mérite pas de vivre libre. »

« Arrête de dire n'importe quoi », grommela Séverus. « Tu as un fils qui compte sur toi dehors, un mari qui se soûle au rez-de-chaussée à l'idée de te perdre, aussi étrange que cela puisse paraître… », il sourit, « et un ami qui ne veux rien de plus que te garder en vie. Tu as même une sœur prête à te donner jusqu'à midi demain pour quitter les lieux avant de nous balancer tous les quatre au Seigneur des Ténèbres. »

Narcissa, qui souriait jusque-là, prit soudain une expression inquiète. « Comment ça, tous les quatre ? Toi aussi ? »

Séverus hocha la tête.

« Mais … et ta mission d'espion ? Ta couverture ? », s'affola son amie. « Et tous les enfants à Poudlard ? Tu ne peux pas la laisser te dénoncer, Séverus ! Il y a beaucoup trop de gens qui comptent sur toi ! »

Séverus leva les mains en signe d'apaisement. « C'était sa condition, si je n'avais pas accepté, on serait déjà certainement tous morts à l'heure qu'il est… C'est pour ça qu'il faut qu'on abandonne le navire. Je ne partirai pas sans toi et si tu refuses de quitter cette cellule, alors j'attendrai patiemment avec toi qu'on nous exécute, ici-même à midi tapantes. »

Narcissa ouvrit la bouche, horrifiée. « Je n'arrive pas à croire que tu me forces à faire ce genre de choix ! », protesta-t-elle avec véhémence. « J'ai décidé de rester ici et tu n'es même pas fichu de respecter ça. Tu sais très bien que je te suivrai sans hésiter, si cela doit te protéger ! »

« Que veux-tu… », ironisa Séverus avec un rictus narquois. « J'ai beau être un Sang-Mêlé, je ne suis pas un Serpentard pour rien… La question maintenant est de savoir ce qu'on fait de Lucius. Lui dit que tu n'oserais pas l'abandonner, mais rien ne me ferait plus plaisir que de le voir se tromper. »

« Si ce que tu dis est vrai, alors demain à midi, il sera également considéré comme un traître et certainement condamné à mort… », murmura Narcissa, pensive.

« Mais si on l'emmène là où je pensais t'emmener, en d'autres termes là où se trouvent notamment ton fils, Miss Granger et le jeune Zabini, cela pourrait compromettre notre sécurité, ainsi que celle des membres de l'Ordre résidant là-bas… », reprit Séverus en soupirant.

Narcissa se leva et se mit à faire les cent pas dans la petite cellule, bras croisés. Elle mordillait nerveusement l'ongle de son pouce et semblait en grande réflexion. Séverus fut également soulagé de voir qu'elle semblait petit à petit reprendre ses esprits et redevenait l'inébranlable Narcissa Black. « A moins que … non … si … non… », marmonnait-elle, sans cesser de tourner en rond.

« Quoi ? », demanda Séverus, à qui le manège de son amie commençait à donner le tournis.

« Et si… ? Non, c'est idiot, ils ne voudront jamais … », marmonna de nouveau Narcissa en secouant la tête.

« Dis toujours… »

Narcissa s'arrêta et lui fit face. « Tu te souviens, quand Draco était petit … il marchait à peine et pourtant si on ne le surveillait pas, il pouvait disparaître aussi vite que ses minuscules jambes le lui permettaient… Tu te rappelles de ça ? »

Séverus fronça les sourcils puis comprit soudain à quoi elle faisait allusion et son visage s'éclaira. « Une assignation à résidence, mais bien sûr ! », s'exclama-t-il avant de s'esclaffer. « Ah ah, il va détester ça ! »

« Il faudra lui confisquer sa baguette, bien entendu… », minauda Narcissa avec un sourire amusé. « Il va nous haïr, mais si c'est pour notre sécurité à tous … »

Un sourire carnassier se dessina sur le visage de Séverus. « Monte préparer tes affaires, Cissa, je vais me faire une joie de lui annoncer la nouvelle… »

~o~

« C'EST HORS DE QUESTION ! », beugla Lucius en pointant sa baguette sur Rogue, qui leva les yeux au ciel. Il venait de lui expliquer leur plan et manifestement, cela avait été un remède magistral contre les effets de l'alcool. Lucius Malfoy avait décuvé en moins de quinze secondes. « Assigné à résidence dans un taudis rempli de traîtres à leur sang et de racaille, vous voulez ma MORT c'est ça ?! »

Séverus haussa un sourcil et sourit. « C'est possible, oui … »

Narcissa fit son entrée dans le salon, faisant léviter deux énormes malles qu'elle déposa devant la porte d'entrée. Puis elle se tourna vers son mari avec un air sévère. « Lucius, ne fais pas l'enfant. Si tu n'acceptes pas nos conditions, tous tes amis vont débarquer ici dans exactement … (elle consulta l'horloge sur le manteau de la cheminée) 7 heures et tu te seras pris un Avada Kedavra en pleine poire avant d'avoir eu le temps de dire ouf. A toi de voir. » Et elle se planta devant lui, les mains sur les hanches, avec une expression déterminée. Lucius la dévisagea, bouche bée.

« Mais enfin, tu n'y penses pas, ces gens sont- », se défendit Mr. Malfoy en laissant retomber son bras.

« Ces gens protègent actuellement la vie de notre fils unique, Lucius, alors à ta place je me montrerais respectueux et reconnaissant ! », aboya Narcissa tandis que la bouche de son époux s'ouvrait encore plus grande. Il en était arrivé à un point où Séverus s'attendait presque à la voir se détacher et tomber mollement sur le tapis. « Dernière chance, mon chéri ! Ta valise est prête alors soit tu me donnes ta baguette et tu nous suis sans ronchonner, soit on t'abandonne à une mort certaine sans t'avoir laissé une dernière chance de voir ton fils en vie, tu choisis ! »

Les yeux de Lucius passèrent de Narcissa à Séverus, puis de Séverus aux deux grosses malles posées dans l'entrée, avant de revenir à Narcissa, bras croisés et une expression intraitable sur ses traits délicats d'aristocrate. Les deux époux Malfoy s'affrontèrent un moment du regard et Lucius constata avec effroi que sa femme ne semblait pas prête de céder. Alors il soupira, rentra sa baguette dans sa canne et la lui tendit avec une expression exaspérée. « Merlin, je sens que je vais le regretter … »

~o~

Moins d'une demi-heure plus tard, Séverus transplanait avec les deux Malfoy à son bras, atterrissant sur la falaise surplombant la mer. Au loin, dans les terres, le soleil faisait déjà rosir le ciel et une brise marine fraîche soufflait sur les touffes de bruyères qui jaillissaient entre les pierres.

« Oh, c'est magnifique ! », souffla Narcissa en lâchant le bras de Séverus pour s'élancer en direction du bord de la falaise et admirer les vagues qui s'écrasaient en contrebas. « Quelle vue, c'est incroyable ! »

Lucius fronça les sourcils et jeta un regard soupçonneux en direction de Séverus, qui fit comme s'il n'avait rien remarqué. « Et donc, c'est dans ces lieux à fort potentiel romantique que tu comptais emmener ma femme ? », maugréa Lucius tandis que Séverus réprimait un petit rire et murmurait une série de sortilèges, suffisamment bas pour que le bruit du vent empêche Lucius de les distinguer.

« Je ne vois absolument pas de quoi tu parles … », ironisa l'ex-Professeur tandis que l'autre lui jetait un regard assassin. Après quelques minutes supplémentaires de litanies latines, la maison apparut soudain sur la falaise et Lucius eut un mouvement de recul tandis que sa femme poussait une exclamation ravie.

« Protection anti-Mangemorts… », expliqua Séverus en apercevant l'expression incrédule qu'affichait Lucius face à la bâtisse. « On n'est jamais trop prudents… »

Le blond chancela et se laissa tomber sur le parterre de bruyères, sous le regard interrogateur de Rogue. « Quoi ? », fit ce-dernier d'une voix sèche.

Lucius leva vers lui un regard perdu. « Tu m'en veux pas, mais apprendre dans la même nuit que ma femme et le grand Séverus Rogue sont des traîtres, que mon fils a sauvé la vie d'une Sang-de-Bourbe avant de fuir avec elle et qu'on va m'obliger à croupir dans ce … taudis, d'à peine quoi ? 120 mètres carrés ?… Désolé, Séverus, mais tout homme a une limite face à l'horreur et je viens d'atteindre la mienne. »

Rogue leva les yeux au ciel et s'apprêtait à lancer une répartie cinglante, lorsque Narcissa les rejoignit, les joues rosies par la brise fraîche et les bras chargés de bruyère. « Qu'est-ce qu'il a encore ? », demanda-t-elle à Séverus en jetant un regard interrogateur en direction de son mari, assis par terre. L'ex-Directeur de Poudlard se contenta d'un profond soupir et s'avança en direction de la maison, faisant signe à Narcissa et Lucius de le suivre en silence, afin de ne pas réveiller les occupants encore endormis.

Tous trois s'engouffrèrent à l'intérieur de la Chaumière, Narcissa tenant toujours sa bruyère et s'efforçant de faire léviter les valises. Une fois à l'intérieur, Séverus fit de son mieux pour tenter d'ignorer les regards méprisants que Lucius jetait en direction du mobilier. Pourtant, Fleur avait décoré les lieux avec beaucoup de goût, donnant à la Chaumière une ambiance chaleureuse dans un esprit maison de vacances, tout en gardant une certaine touche de modernité. Mais l'humeur de Lucius était tellement massacrante qu'il aurait fait la mauvaise tête même si on l'avait conduit dans un hôtel cinq étoiles aux Bahamas. Narcissa déposa les deux malles contenant leurs affaires dans un recoin sous l'escalier, puis inspecta les lieux en souriant. Séverus leur fit signe de le suivre en direction du salon, toujours sans faire de bruit, mais alors qu'ils pénétraient dans la pièce, il se figea brusquement, fixant un point précis du salon. Lucius leva le nez et suivit son regard.

Là, sur l'un des petits canapés en tissu, enveloppé dans une couverture à carreaux en laine, dormait son fils Draco, serrant dans ses bras le corps frêle de la Sang-de-Bourbe Granger, également plongée dans le sommeil.

« J'ai changé d'avis, je préfère l'Avada Kedavra », lâcha Lucius sans quitter des yeux les silhouettes entrelacées de son fils et de Granger.

Entendant sa voix, les deux dormeurs se réveillèrent d'un bond, hébétés. C'est alors que Draco, les yeux encore embués de sommeil, distingua le sourire attendri de sa mère, le sourcil levé narquois de Rogue et … l'expression assassine de son paternel. Il fit alors la seule chose que son cerveau endormi lui permit de faire : il hurla à pleins poumons.

Cela acheva de réveiller Hermione, mais aussi tous les habitants de la maison et en moins d'une minute, les trois nouveaux arrivants se retrouvèrent cernés de baguettes brandies par une armée de guerriers en pyjamas.

« ROGUE, qu'est-ce que c'est que ce bordel ? », aboya Arthur Weasley en désignant Lucius Malfoy du menton. Quant au chef de famille Malfoy, il fixait son fils dans les yeux, sans bouger d'un poil. Draco avait mis quelques dizaines de seconde à se remettre de ses émotions, puis s'était posté devant Hermione. Tous deux avaient également brandi leurs baguettes et lorsque l'éclat brillant du serpent entourant le manche de la baguette d'Hermione scintilla à la lumière du soleil levant, Draco vit soudain les yeux de son père devenir ronds comme des soucoupes. Draco récita mentalement toutes les prières païennes qu'il connaissait et se prépara à mourir. Mais étrangement, il n'en fut rien.

Séverus leva les mains en signe d'apaisement. « On se calme, nous lui avons confisqué sa baguette, il ne mordra personne… », dit-il, tandis que Narcissa trépignait à ses côtés.

« Est-ce que je peux aller embrasser mon fils, maintenant ? », demanda-t-elle d'une petite voix et avec un sourire radieux en direction d'Arthur. Celui-ci regarda Rogue qui hocha la tête doucement pour lui faire comprendre qu'il n'y avait rien à craindre, et Arthur lui fit un signe de tête approbateur. Narcissa plongea littéralement sur Draco et le serra à l'étouffer.

« Oh mon chéri, mon tout petit… », couina-t-elle, oubliant toute retenue. Draco se laissa embrasser, cajoler, décoiffer, le tout sans rechigner. Quand sa mère consentit enfin à le lâcher, ses cheveux étaient plaqués sur un côté de son crâne et tout ébouriffés de l'autre. Derrière lui, il entendit Hermione rire doucement. « Et toi, Hermione… Oh, tu as repris un peu de couleurs, déjà ! C'est bien ! », s'écria-t-elle, complètement euphorique, en lui pinçant une joue.

Hermione répondit par un sourire mais ne cessait de jeter des regards inquiets en direction de Lucius, quelques mètres plus loin. Narcissa suivit son regard et agita la main en direction de Lucius, comme pour balayer une mauvaise odeur. « Ne t'en fais pas pour lui, ma chérie, il n'a plus sa baguette et on lui a fait la leçon. Il ne fera rien de stupide, n'est-ce pas Lucius ? », acheva-t-elle sur un ton féroce qui fit autant sursauter Draco que son paternel.

Lucius lui jeta un regard mauvais. Puis il regarda autour de lui et sembla compter silencieusement toutes les baguettes pointées dans sa direction. « Bien … entendu … », articula-t-il, conscient que c'était la seule réponse acceptable dans l'état actuel des choses.

« Parfait ! », reprit Narcissa, ravie. Autour d'elle, rien n'avait bougé. Les membres de l'Ordre menaçaient toujours son mari de leurs baguettes et Lucius faisait toujours la même tête d'enterrement. Mais cela ne l'empêcha pas de papillonner de plus belle. Elle tourna sur elle-même, dévisageant tous les occupants de la maison avant de s'arrêter devant Mrs Weasley, qui lui jeta un regard interrogateur. « Ah ! Molly Weasley, c'est bien ça ? », demanda Narcissa tandis que Molly opinait du chef. Narcissa fondit sur elle et la serra dans ses bras, sous les regards médusés de l'assistance. « Merci ! Merci d'avoir pris soin de mes trois petits ! »

« Euh… », fit Molly, incapable de trouver mieux.

Un peu plus loin, Draco vit Blaise lui sourire en secouant la tête d'un air amusé. Les coins de la bouche de Draco se soulevèrent légèrement mais la présence de son père l'empêchait inconsciemment de faire plus.

« Et si nous allions préparer le petit-déjeuner, Molly ? », reprit Narcissa avec toujours autant d'entrain. « Le temps que Séverus démêle la situation, je suis certaine que tout le monde appréciera de manger quelque chose… Vous savez que le petit-déjeuner est le repas le plus important de la journée ? », pépia-t-elle, tout en entraînant Molly par le bras en direction de la cuisine.

Hermione pinça les lèvres pour s'empêcher de rire et suivit les deux femmes des yeux. Puis elle reporta son attention sur le drame qui se jouait dans le salon et son regard accrocha un instant celui de Ron. Il la regardait. Ou plutôt, il les regardait, elle et Malfoy, encore à moitié enveloppés dans leur couverture à carreaux. Hermione sentit son cœur se serrer en voyant l'expression blessée sur les traits de Ron et elle baissa le nez. Pendant ce temps Rogue s'était lancé dans une série d'explications impliquant Narcissa, Bellatrix et un délai expirant aujourd'hui à midi. Hermione l'écoutait d'une oreille distraite, tant elle se sentait préoccupée par le regard que Ron venait de lui lancer. Elle devait tant le décevoir… Pourquoi n'était-elle plus capable de revenir vers lui, de lui avouer enfin ses sentiments, comme elle aurait dû le faire depuis longtemps ? Pourquoi se sentait-elle à présent tellement plus à l'aise avec Malfoy ? Draco Malfoy, par Merlin !

Elle fut tirée de ses pensées par une exclamation provenant de la cuisine.

« Il n'y a pas d'elfes de maison ? », s'écria Narcissa avec toute la surprise qu'elle pouvait mettre dans une seule et même phrase. « Tant pis ! Je suis certaine que c'est aussi amusant de tout préparer sans leur aide ! »

Un fracas de vaisselle cassée retentit alors et Hermione vit Fleur grimacer.

« Je crois que je vais aller les aider … », fit la jeune Française en s'éclipsant illico presto.

Harry la regarda partir, puis lança un regard à Hermione (regard qu'elle trouva extrêmement étrange) et désigna Lucius Malfoy d'un mouvement agacé de la baguette. « Et donc vous pouvez m'expliquer pourquoi vous n'avez pas laissé celui-là sur place ? Il n'était pas encore assez dangereux à votre goût ? », fit le Survivant à l'attention de Rogue, qui soupira.

« Croyez-moi, M. Potter, si ça ne tenait qu'à moi, il serait encore sur son sofa à cuver son whisky… », fit Rogue avec une pointe de dépit dans la voix.

« Tu dis qu'il n'a plus sa baguette ? », demanda Arthur Weasley, soupçonneux. Pour toute réponse, Rogue sortit la canne à tête de serpent de sous sa longue cape et la lança à Arthur, qui l'attrapa au vol, la faisant tourner entre ses mains.

Lucius jeta un regard venimeux en direction de Mr. Weasley, comme si le contact de ses mains pouvait salir sa précieuse baguette.

« Narcissa a également soumis l'idée de lui jeter un sort d'assignation à résidence, ce qui ne pourra être fait que par Bill ou Fleur … », reprit Rogue avant d'être interrompu par deux beuglements indistincts. Le premier sortait de la bouche de Ronald et le second, de celle de Draco.

« Il est hors de question qu'il reste ici ! », hurlèrent les deux jeunes hommes à l'unisson, avant de se jeter mutuellement des regards assassins.

« On n'a pas vraiment le choix », fit Harry avec une moue désapprobatrice. « Maintenant qu'il est là, soit on le tue, soit on l'oblige à rester entre ces murs. Mais il ne peut pas repartir, ce serait trop dangereux pour nous tous… » Il remarqua l'expression scandalisée de Ron et ajouta : « Oui, Ron, bien plus dangereux que de le garder avec nous ! »

« Ou alors on pourrait le jeter du haut de la falaise … », marmonna Fred. « Rapide, propre, écologique… »

« C'est tentant… », renchérit George.

« J'avoue… », grinça Rémus, qui se prenait au jeu.

« Non, mais vous êtes tous frappadingues ou quoi ? », s'emporta Draco tandis qu'Hermione le retenait par le bras. « OK, c'est pas un saint mais c'est de mon père que vous parlez, là ! »

« T'as raison, Blondinet, c'est peut-être pas si écologique que ça, en fait », plaisanta George, tandis qu'Hermione redoublait d'efforts pour empêcher Draco de lui sauter à la gorge.

« Tu vas voir ma main dans ta gueule de roux, si c'est écologique », gronda Draco, alors que Rogue se passait une main sur le visage avec lassitude.

« Bon, quand vous aurez fini, on pourra peut-être sérieusement statuer sur son cas ? », s'impatienta Séverus.

« Je suppose que l'assignation à résidence est une bonne idée », reprit Arthur avant de se tourner vers Bill. « …enfin, si toi et Fleur êtes d'accord, bien entendu… »

Bille hocha la tête. « Tant qu'il est désarmé et qu'il se tient à carreaux, je n'y vois pas d'inconvénient. Mais à la première incartade … », il se tourna vers la fenêtre, désigna l'océan du doigt puis dévisagea Lucius avec animosité. « Falaise. Rochers. Plouf. »

Un long soupir désespéré s'échappa d'entre les lèvres de Draco et tous se tournèrent vers lui, y compris son père, qui n'avait cessé pendant tout ce temps de dévisager d'un air furieux Hermione, serrée contre son rejeton.

« Génial … », grommela le blond, tandis que la Gryffondor posait une main réconfortante sur son bras. « Absolument génial… »

oOoOoOoOoOoOoOoOoOo

Alors, alors ? Comment avez-vous trouvé ce chapitre ? J'espère que vous avez ri, car en tous cas, moi j'ai beaucoup ri en l'imaginant et en l'écrivant ! Cela fait du bien, un peu d'humeur légère après tous les évènements des derniers chapitres ! J'ai hâte d'avoir vos réactions et vous remercie tous d'avoir encore été au rendez-vous cette semaine ! A lundi prochain !

Xérès