The Rise and Fall

Les blas-blas de Xérès : Coucou ! Un épisode assez spécial que voilà, puisque nous avons pour la première fois presque tous nos protagonistes réunis au même endroit et cela va faire quelques étincelles ! Vous avez encore une fois été particulièrement nombreux à me lire et j'en ai été ravie ! J'espère sincèrement que ce chapitre vous plaira autant que le précédent ! Bonne lecture !

Merci à tous mes nouveaux followers (hovogliadite, Nyxie Estrella, Djianara, t-choupi, Emicia), ainsi qu'à PetitMilou, Falbala03, Babar, Lune-Bleue22, faerycyn, Elena Grape, xyz, Petitestef, Minioon, sarahblue1, aillerose, Eliane Gil, Little-Library, Cœur-de-Lys, Chapou69, Manouchka931, Alice Roguevans, Romeo'stomboy et Magdelaine pour leurs reviews.

RAR :

Lune-Bleue22 : Eh oui, le dur destin des lecteurs qui patientent chaque semaine. Courage ! hihi J'espère un peu profiter de la présence de Lucius pour faire grandir un peu Draco et le forcer à tenir tête à son paternel. Après, l'histoire nous dira si ça va marcher … Quant à Ron, j'ai décidé de te faire plaisir : il va se battre pour les faveurs d'Hermione en adulte. Avec classe. Je me suis dit que ça serait tout aussi drôle vis-à-vis de Draco. Je te laisse en juger par toi-même … Bisous !

Faerycyn : Lucius dominé, ça lui fait mal par où ça passe pour le moment, mais avec un peu de vaseline, je suppose qu'il finira par s'y habituer u_u XD

Elena Grape : on ne peut pas faire du Dramione à tous les coups, mais promis, il y en aura un peu plus cette fois !

Petitestef : ah ah merci d'avoir relevé l'ironie du « taudis de 120 m² ». Ce pauvre Lucius, forcé de vivre dans une maison de la classe moyenne. Quelle horreur ! mdr A noter aussi que j'ai volontairement alcoolisé Lulu dans le chapitre 19, sinon il aurait jamais voulu les suivre aussi facilement. Même pour sauver sa peau ! Sacré Lulu … Bisous !

Minioon : des réactions de papa Lulu, tu vas en avoir et pas qu'un peu, hihi. Et tu as raison de tenir tête à tes amis, même les pires serial killers ont toujours au moins une personne qu'ils aiment ou à qui ils tiennent. Ted Bundy ne serait pas devenu célèbre si sa fiancée de la fac ne l'avait pas si brutalement humilié ! On peut être méchant mais il reste forcément quelque chose d'humain (même si c'est pas forcément visible de suite !)

Chapou69 : Hi hi moi aussi je l'adore ma Narcissa, elle était trop souvent ignorée par JKR, alors que c'était un personnage avec un énorme potentiel ! Dans ce chapitre, tu verras Lucius s'en prendre plein la poire (le pauvre) mais encore une fois, heureusement que Narcissa est là pour le rendre disons … moins dangereux. Il pensait avoir du pouvoir sur elle mais au final, une fois libérée de cet environnement toxique de Mangemorts, c'est elle qui le manipule comme un pantin ! XD Bisous et merci !

Romeo'stomboy : C'est génial que tu aies décidé de te relancer dans la création et la lecture de fanfics et je t'encourage à mort ! C'est ça, l'esprit FFnet : partager et donner envie de créer ! :-) J'espère que la suite ne te décevra pas ! Merci pour ta review !

Magdelaine : Voici la suite ! Ca va, l'attente n'a pas été trop longue, j'étais sur le point de poster quand j'ai reçu ta review ! hihi Merci !

Chapitre 20 : Auberge espagnole

« Aïe ! », couina Hermione pour la dixième fois de la matinée.

Comme les neuf fois précédentes, Draco, assis à côté d'elle, tressaillit et jeta un regard mauvais en direction du responsable de cette douleur. Et comme les neuf fois précédentes, le responsable en question, Séverus Rogue, poussa un soupir exaspéré. Ce petit manège se répétait en boucle depuis qu'il avait commencé à soigner Hermione à l'aide de potions et substances diverses raflées dans son bureau avant son départ précipité de Poudlard.

« Miss Granger, arrêtez de bouger », grommela-t-il en appliquant tant bien que mal un épais onguent verdâtre sur les ongles meurtris de la jeune fille.

« Pardon », murmura la Gryffondor en pinçant les lèvres. Chaque nouvelle application guérissait presque instantanément les plaies mais les quelques secondes qui s'écoulaient entre la pose du remède et la guérison titillaient désagréablement ses terminaisons nerveuses. Heureusement, c'était terminé. Hermione vit Rogue refermer le petit pot d'onguent et fouiller de nouveau dans son sac de voyage.

« Le visage, maintenant », marmonna-t-il en passant les diverses fioles en revue.

« Ne vous embêtez pas », l'interrompit Hermione avec un sourire. « Mon visage ne me fait plus mal, il vaut mieux garder tous ces traitements pour plus tard … » Son visage s'assombrit. « Des gens bien plus mal en point que moi en aurons sûrement besoin à un moment donné. »

Rogue haussa un sourcil puis jeta un regard en direction de Draco. Le blond n'avait pas l'air de cet avis. « Tu rigoles, Granger ? », s'énerva-t-il en haussant quelque peu le ton. Hermione vit du coin de l'œil la moitié des occupants de la maison se retourner vivement dans sa direction, prêts à intervenir. Les vieux réflexes avaient la vie dure… Mais le Serpentard reprit, n'ayant rien remarqué. « Je ne supporte plus de voir ces blessures répugnantes à longueur de journée. Ou plutôt non, je ne supporte plus l'idée d'être responsable de certaines d'entre elles. Alors tu vas me faire le plaisir de te laisser soigner sans discuter. »

Hermione esquissa un léger sourire et l'expression du jeune homme s'adoucit aussitôt. « Comme tu voudras », dit-elle en se tournant à nouveau vers Rogue, qui recommençait à fouiller dans ses affaires en levant les yeux au ciel. Un ricanement provenant d'un recoin du salon les fit se retourner.

Le son avait été émis par Lucius Malfoy lui-même, confortablement installé sur un rebord de fenêtre à l'écart du groupe. L'air passablement contrarié, il fixait l'océan qui s'étalait sous ses yeux et n'accorda pas un seul regard aux autres, qui s'étaient tous retournés pour le dévisager avec plus ou moins d'animosité.

« Qu'est-ce qui peut bien te faire rire, Lucius ? », demanda Séverus, sarcastique.

L'interpellé détourna son regard du paysage et ses yeux d'un gris glacial se posèrent sur son fils et sur la Sang-de-Bourbe. « Rien, je suis seulement ravi d'entendre que tu lui as quand même un peu tapé dessus, Draco… », persifla-t-il. « Après tout ce que j'ai appris ces dernières heures, je m'attendais presque à t'entendre dire que vous passiez votre temps à jouer aux cartes au lieu de l'interroger. »

Draco fit un pas en direction de son père, poings serrés, mais la main de Blaise le retint brutalement. « Laisse, Draco, il n'en vaut pas la peine », marmonna l'Italien en fusillant Lucius du regard. « Il l'a juste mauvaise parce qu'il est coincé ici. »

Rémus choisit ce moment pour venir se planter à quelques mètres de Malfoy père et lui adressa un sourire moqueur. Entre ses doigts tournoyait la canne à pommeau d'argent qui abritait la baguette de Lucius. Ce-dernier fusilla le loup-garou du regard, puis ne détourna plus les yeux de la tête de serpent qui luisait doucement entre les mains couvertes de cicatrices de Rémus. « A propos de ça… », commença Rémus avec un certain amusement. « Maintenant que tu es forcé de rester entre ces murs, il ne serait pas prudent d'y conserver ta baguette, pas vrai ? Où va-t-on donc la mettre ? », chantonna-t-il, sans cesser de faire virevolter la canne dans sa main.

« J'ai bien une idée d'où on pourrait la mettre, mais ça risquerait d'être douloureux… », maugréa Arthur Weasley depuis l'autre côté du salon, où il s'employait à mettre le couvert pour le petit déjeuner sur une table que Fleur avait agrandie d'un coup de baguette. Rogue gloussa à ce commentaire, tandis que Draco fusillait Arthur Weasley du regard avec l'air de dire « faut pas pousser, quand même. »

« J'avais pensé l'accrocher juste devant une fenêtre, là dehors, bien en évidence … », reprit Rémus, qui appréciait visiblement de pouvoir mentalement torturer le Mangemort. « Mais ça ne serait pas très prudent, pas vrai ? »

« Jetez-la dans la mer », proposa Ron en appréciant aussitôt l'expression paniquée qui flotta sur le visage de Lucius. Sa baguette, sa précieuse baguette, abandonnée dans l'océan. C'était impensable.

« Quels genre de monstres êtes-vous tous pour priver un Sang Pur de sa baguette ? », cracha-t-il en les toisant avec mépris. « Vous n'avez donc aucune pitié ? »

« Dit le type qui garde des prisonniers enfermés dans son sous-sol, sans hygiène, sans magie et selon l'humeur, sans nourriture », grinça Rogue tout en appliquant un nouvel onguent (translucide, cette fois) sur le visage d'Hermione.

« CA N'A RIEN A VOIR, SEVERUS ! », hurla le Mangemort en tapant du poing sur le rebord de la fenêtre, faisant vaciller un petit soliflore en verre posé là. « Ce sont des traîtres à leur sang et des Sangs-de-Bourbe, ils ne méritent pas de porter une baguette ! »

« T'es vraiment une sacrée ordure », gronda Rémus en s'avançant d'un air menaçant. « Ces 'traîtres à leur sang et ces Sangs-de-Bourbe', comme tu le dis si bien, te permettent actuellement de rester en vie, n'oublie jamais ça. Et si tu continues à déverser ton venin dans cette maison, il n'est pas encore trop tard pour lever le sortilège d'assignation à résidence et te précipiter dans le vide. » Il pointa son index en direction des falaises à l'extérieur. « A toi de voir, Malfoy. »

« Je préfère encore mourir que d'être le spectateur passif de cette ignominie », siffla Lucius, ivre de rage, en désignant d'un geste son fils et Hermione, sur le canapé. « Mon propre sang, qui s'acoquine et se rend coupable de trahison avec une erreur de la nature … »

« Je te préviens, Malfoy, encore un mot dans ce genre-là et je t'expédie en enfer… », fit Rémus en pointant sa propre baguette sur Lucius.

Hermione sauta soudain sur ses pieds, manquant de renverser la fiole d'onguent avec lequel Rogue achevait de soigner son arcade sourcilière gauche et fit volte-face pour se tourner vers Lucius. « ASSEZ ! », hurla-t-elle, faisant sursauter tout le monde. Avec un soupir, Rogue referma sa fiole et rangea le tout dans sa trousse. La Gryffondor ignora la main de Draco sur son bras et contourna le canapé pour venir se poster à un mètre de Lucius, qui la regardait, les yeux écarquillés de fureur et de surprise. Mais la rage d'Hermione, décuplée par tout ce qu'elle avait vécu sans broncher ces derniers temps, menaçait à présent de se déverser sur le Mangemort, tel un fleuve venant à bout d'un barrage en mauvais état.

« Laissez-moi vous dire une chose, Monsieur Malfoy », cracha-t-elle en agitant son index furieux sous son nez. « Les Moldus et les sorciers se mélangent depuis des siècles et HEUREUSEMENT, car sans cela, la population de sorciers serait fortement réduite à ce jour. Vous rêvez de suprématie des Sangs-Purs, mais concrètement qu'avez-vous fait pour assurer la pérennité de votre race soi-disant supérieure ? Je veux dire, à part massacrer des familles entières et répandre le malheur partout où vous décidez de montrer votre vilain nez ? » Lucius ouvrit la bouche pour répondre mais elle ne lui en laissa pas le temps. « Je vais vous le dire, moi : RIEN DU TOUT ! Si vous vouliez que les Sangs Purs soient plus nombreux et plus forts, il fallait créer un Club, les Sangs Purs Anonymes, qu'est-ce que j'en sais moi ? Ou tiens ! Faire plus d'enfants ! Regardez les Weasleys, sept enfants de Sang Pur, ça devrait être le pied intégral pour un type comme vous, non ? Il fallait suivre leur exemple ! Mais non, nooon, Monsieur Malfoy préfère faire la guerre, pas l'amour, c'est TELLEMENT... PLUS... SIMPLE ! »

« Granger… », fit doucement la voix de Draco dans son oreille. Mais Hermione l'ignora. Maintenant que les vannes étaient ouvertes, elle ne pouvait plus s'arrêter. Et sans réfléchir, elle se surprit à paraphraser le discours que Théodore lui avait plus ou moins tenu dans la chambre de Draco.

« Au cas où vous ne l'auriez pas encore compris, Malfoy, les Sangs-Mêlés et les Nés-Moldus sont l'avenir du monde magique. C'est grâce à nous qu'il perdure et prospère, sans ça votre race si pure se serait éteinte depuis l'âge de pierre », reprit-elle, tandis que Lucius continuait de la regarder comme s'il venait de manger un yaourt périmé. « En attendant, faites-moi plaisir, Malfoy. Faites deux ou trois enfants supplémentaires, ou même vingt-sept pour ce que j'en ai à cirer. Élevez-les comme de bons petits racistes, si ça vous chante, mais foutez la paix à Draco. Et à moi aussi, par la même occasion. »

Le silence retomba dans le salon. Rémus toisait Malfoy sans rien dire, mais il avait cessé de faire tournoyer la baguette du Mangemort entre ses doigts. Les jumeaux avaient chacun haussé un sourcil et observaient leurs parents d'un air ravi. Molly avait les joues un peu roses, gênée par la tournure intime qu'avait pris la conversation et Harry riait silencieusement depuis son poste d'observation à l'entrée de la cuisine. Fleur s'était figée, une pile d'assiette dans les mains et Arthur Weasley se grattait nerveusement l'arrière du crâne, tout en jetant des regards amusés en direction de sa femme.

« Granger… », souffla à nouveau Draco dans son oreille gauche. La jeune fille frémit légèrement en sentant son souffle chaud contre son cou et ses doigts qui tiraient doucement sur sa manche. « Merci, c'est bon, on a compris. »

Hermione se retourna vers lui et vit une expression blessée sur ses traits. Puis son regard, se posa sur Narcissa, juste derrière Harry dans la cuisine et elle remarqua son sourire pincé. Oh non, qu'est-ce que j'ai dit ? Elle jeta un regard interrogateur en direction de Draco mais celui-ci l'entraîna de nouveau sur le canapé.

« Hem, bien, tout ça pour dire … », fit Arthur, brisant le silence, « euh … le petit-déjeuner est servi. »

Chacun se déplaça lentement en direction de la table, sauf Harry et Ron, qui se dirigèrent vers Hermione et Draco, et Lucius qui resta sur son rebord de fenêtre, encore sous le choc de cette gamine de dix-sept ans qui venait de lui faire une véritable crise d'hystérie.

Rogue, qui se retenait de sourire, se pencha une dernière fois en direction d'Hermione et lui adressa un regard appuyé. « Pas d'autres blessures à soigner ? »

Hermione sentit inconsciemment sa cuisse la démanger et se retint de la gratter à travers son jean. Puis elle remarqua l'expression songeuse d'Harry. Il semblait l'étudier, comme s'il essayait de s'immiscer dans ses pensées.

« Non, rien d'autre… », mentit-elle en esquissant un large sourire. Près d'elle, Draco sembla se détendre quelque peu.

« Bon, il faut laisser reposer le traitement », reprit Rogue en refermant son sac. « Normalement, tout devrait disparaître d'ici ce soir et je ne devrais pas avoir besoin d'une nouvelle application. Mais encore une fois, je ne garantis rien, je ne suis pas Mme Pomfresh… »

« On avait remarqué… », ironisa Ron en adressant un sourire narquois au professeur de Potions, tandis qu'Harry riait doucement.

« Ça ira très bien, merci beaucoup », répondit Hermione avec un hochement de tête. Rogue se leva et alla rejoindre les autres à table. Harry regardait toujours Hermione avec son expression impénétrable et la jeune fille commença à se sentir mal à l'aise.

« Qu'est-ce qu'il y a, Harry ? », demanda-t-elle avec un sourire forcé.

« Tu es sûre que tu n'as pas d'autres blessures ? », demanda-t-il en plongeant ses yeux verts dans les siens, comme pour la sonder. « Tu nous le dirais, n'est-ce pas, Hermione ? »

Hermione entendit Draco retenir sa respiration et elle jeta un regard interrogateur à Harry. Sa question était trop bizarre pour être ignorée.

« Bien sûr qu'elle nous le dirait, elle n'est pas stupide », le rabroua gentiment Ron, tout en poussant son ami vers la table du salon. Puis il se tourna vers Hermione et lui prit la main pour l'entraîner à sa suite. « Viens, tu as surtout besoin de manger. Tu es beaucoup trop maigre. »

Hermione tira légèrement sur son bras pour le retenir et Ron lui jeta un regard interrogateur. « Attends, Ron, j'ai … quelque chose à demander à Draco d'abord. Je vous rejoins tout de suite. »

Une expression déçue passa sur le visage de Ron et Hermione sentit son cœur se serrer. Mais le regard du roux se déporta sur Malfoy et les deux garçons s'affrontèrent un moment du regard. Ron consentit à lâcher la main d'Hermione, non sans un dernier coup d'œil d'avertissement à l'attention du blond et se dirigea à contrecœur vers son siège. Hermione se retourna vers Draco et s'approcha pour n'être entendue que de lui.

« C'était quoi cette tête que tu as fait après que j'ai … disons … », elle se tut, gênée.

« Pété les plombs au nez de mon père ? », proposa Draco avec un sourire en coin.

« J'allais dire … laissé libre cours à ma colère et à ma frustration, mais ta proposition marche aussi », grimaça la jeune fille. « Ta mère a semblé bizarre, également. J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? Je suis allée trop loin, certainement, mais il m'a tellement énervée avec ses bêtises sur les Sangs Purs … »

Draco baissa les yeux et haussa les épaules. « Disons que tu as comme qui dirait … mis les pieds dans le plat… »

Hermione fronça les sourcils et lui adressa un regard inquiet, l'incitant à continuer.

« Ma mère est devenue stérile après m'avoir mis au monde », reprit le jeune homme. « Des complications apparemment. Les Médicomages n'ont rien pu faire. Sans ça, je n'aurais certainement pas été fils unique … », acheva-t-il avec un petit rire amer.

Hermione ouvrit la bouche et écarquilla les yeux, mortifiée. « Oh mon Dieu, quelle … quelle idiote…, je… »

« Tu ne pouvais pas savoir », dit précipitamment Draco en regardant ailleurs. Puis il passa un bras autour des épaules d'Hermione et l'entraîna doucement. « Allez, viens t'asseoir à table, avant que ton amie la belette ne dévore notre part… »

Hermione se gifla mentalement et son regard s'aventura en direction de Narcissa. Celle-ci, assise à côté de Molly, n'avait pas manqué une miette du petit aparté entre son fils et Hermione. Morte de honte, Hermione lui adressa un regard navré auquel Narcissa répondit par un léger sourire et hocha la tête pour lui faire comprendre qu'il n'y avait pas mort d'homme.

Pas étonnant qu'elle soit prête à tout pour Draco, dans ces conditions …, pensa Hermione en prenant place entre le blond et Ron.

Hermione redoutait que le repas se termine par un meurtre mais étonnamment, Ron semblait s'être acheté une conduite et ne cessait de se montrer tour à tour drôle, enjoué et attentionné. Il lui resservit trois fois des œufs brouillés et du bacon, et lorsqu'Hermione le supplia d'arrêter de remplir son assiette, il entoura sa silhouette de ses bras.

« Sérieusement, Herm', regarde ça ! Si mes bras étaient un poil plus longs, je pourrais faire deux fois le tour ! », exagéra-t-il, en la serrant contre son torse. Il jeta un regard narquois à Draco, par-dessus les épaules d'Hermione et le blond le fusilla du regard. En face d'eux, Blaise cachait son sourire derrière son bol de lait chocolaté, tandis qu'Hermione tentait désespérément de faire lâcher prise à Ronald.

Près de Blaise, Harry ne cessait de fixer Hermione du même regard étrange que précédemment. Il était si peu discret que Rogue finit par en avoir assez. « Un problème, Monsieur Potter ? », demanda-t-il sèchement.

Les yeux émeraude d'Harry (et de Lily) se détachèrent d'Hermione pour venir se poser sur lui. « J'en sais rien, peut-être… », répondit Harry avec plus de dureté qu'il ne l'aurait voulu. Rogue fronça les sourcils. Il avait l'impression que le gamin savait quelque chose, ce qui n'aurait pas été étonnant avec sa manie de toujours se mêler des affaires des autres et de fureter constamment. Se souvenant soudain des séances d'Occlumencie au cours desquelles Potter s'était honteusement immiscé dans ses souvenirs, Rogue ferma son esprit. Même s'il doutait que ce sale gosse soit assez doué pour s'introduire spontanément dans sa tête, la dernière chose dont il avait envie était que Potter déniche ses souvenirs de la nuit où Draco avait vu Nott violer Granger. Mieux valait être prudent et éviter un drame.

Harry détourna le regard, comme s'il savait que Rogue venait de protéger son cerveau de toute intrusion et les iris verts vinrent à nouveau se fixer sur Hermione.

« Lucius », fit la voix chantante de Narcissa depuis la table. « Tu devrais vraiment manger quelque chose, tu sais bien que le petit-déjeuner c'est… »

« Le repas le plus important de la journée », acheva Lucius en maugréant, sans pour autant bouger de son perchoir.

« C'est vrai, quoi, Lucius … », railla Rémus en prenant une voix haut perchée, dans une parfaite imitation de Narcissa. « A ta place, je profiterais de ce repas … des fois qu'on déciderait de ne plus te nourrir ensuite. »

Fleur soupira, saisit une assiette vide et commença à la remplir pour la porter à Malfoy, mais Bill la retint par le bras. « Chérie, tu n'es pas son elfe de maison. S'il veut manger, il n'a qu'à se déplacer, mais en ce qui me concerne, ça ne me dérange pas plus que ça qu'il reste à l'écart… »

Fleur laissa retomber l'assiette sur la table et se rassit avec une expression désapprobatrice. Dans son coin, Lucius leva les yeux au ciel, mais l'odeur du café chaud, du pain grillé et du bacon commençait à lui donner faim. Surtout qu'il n'avait dans l'estomac qu'une bouteille de gin et une demi-bouteille de Whisky depuis près de vingt-quatre heures. Traînant les pieds, il se leva et se dirigea vers la table, là où Narcissa s'était assise. Molly le suivait des yeux, épiant le moindre de ses gestes et pinça les lèvres lorsqu'il s'assit aux côtés de son épouse. Un silence de plomb s'abattit alors dans la pièce. A la seconde où Lucius avait pris place, tout le monde s'était arrêté de manger, comme si sa seule présence à la table était décidément le signe que le monde ne tournait plus rond. On aurait pu entendre une mouche voler. Mais le silence fut bientôt brisé par le tintement de la fourchette de Fred qui retombait sur son assiette.

« Bien, détendons l'atmosphère avec une petite devinette : quelle est la seule bonne manière d'accueillir un Mangemort à sa table ? », fit le jeune homme en tentant de dissimuler son sourire.

« Fred… », commença sa mère, sur le ton de l'avertissement.

Le jeune homme attendit quelques secondes en regardant autour de lui mais comme personne ne semblait vouloir tenter une réponse, il reprit :

« La réponse est : dans un plat, avec une pomme dans la bouche ! », acheva le rouquin en levant sa main droite pour que George tape dedans (ce qu'il fit sans se faire prier).

Ron gloussa, manquant de s'étouffer avec son bacon. Molly enfouit son visage entre ses mains, désespérée du comportement de Fred, tandis qu'Arthur et Rémus retenaient sans grand succès un ricanement. Draco regardait Fred d'un air pincé, un sourcil levé, comme s'il hésitait entre lui sauter à la gorge et le féliciter.

Lucius Malfoy, une expression peu amène sur le visage, se servit brutalement trois tranches de bacon en maugréant. « Un jour, je vous le ferai payer… tous autant que vous êtes… », gronda-t-il, les doigts crispés sur ses couverts. Un rire narquois s'échappa d'entre les lèvres de Séverus.

« Très bonne idée, mon chéri ! Faire des projets, c'est excellent contre la dépression… », chantonna Narcissa en se tournant vers lui, théière à la main. « Du thé ? »

~o~

Dans l'après-midi, les garçons décidèrent d'improviser un match de Quidditch dans la zone sécurisée autour de la maison et Hermione les suivit, inquiète de voir le jeu prendre une tournure funeste entre Ron, Harry et Malfoy. Mais encore une fois, elle dut se rendre à l'évidence : le comportement de Ronald était devenu exemplaire depuis ce matin, à tel point que cela en devenait étrange. Néanmoins rassurée, elle avait donc décidé de profiter de ce temps libre pour reprendre ses recherches sur les Horcruxes. Et plus particulièrement sur la possibilité de changer un être vivant en Horcruxe. Elle trouvait logique de penser que le serpent monstrueux qui accompagnait toujours Voldemort était l'un d'entre eux, mais elle voulait d'abord s'assurer que c'était scientifiquement possible. Enfin, scientifiquement, façon de parler … Automatiquement, avoir la réponse à cette question lui indiquerait si Harry pouvait lui aussi être un Horcruxe. Auquel cas … elle préférait ne pas encore envisager cette éventualité et les conséquences que cela pourrait avoir.

Elle s'était donc installée dans le salon, enroulée dans la couverture avec laquelle Draco l'avait enveloppée pas plus tard que cette nuit. Elle avait souri à ce souvenir et resserré un peu plus contre elle le carré d'étoffe, avant d'ouvrir un premier livre de magie ancienne dont un des chapitres traitait des Horcruxes. Mais elle avait oublié un détail. Un détail plus que dérangeant.

Le regard furieux de Lucius lui brûlait littéralement la nuque et quoi qu'elle fasse, il lui semblait impossible de se concentrer sur sa lecture tant le Mangemort, toujours tapi dans son coin près de la fenêtre, transpirait le mépris et la haine. A chaque fois qu'elle tournait la tête, il était là, à la toiser en silence, une insulte suspendue à ses lèvres. Seule la présence d'autres personnes dans les alentours l'empêchaient très certainement de la traiter de tous les noms, voire de l'étrangler de ses propres mains. L'humeur de l'homme n'avait cessé de se dégrader au fil de la journée, atteignant son paroxysme lorsque Rémus et Bill étaient finalement sortis trouver une cachette adéquate pour sa baguette et sa canne. Après avoir tenté en vain de l'ignorer pendant vingt bonnes minutes, elle avait fini par abandonner et battre en retraite à l'étage. Mais à présent qu'elle se trouvait seule, elle sentait un malaise d'un autre genre la gagner.

Autrefois, Hermione n'avait jamais eu de problème avec la solitude. Au contraire, elle appréciait tout particulièrement d'échapper quelques heures au tumulte de la salle commune de Gryffondor pour aller travailler dans un coin tranquille et isolé de la bibliothèque de Poudlard. Mais à présent, solitude était synonyme de peur, d'angoisse et la simple vue d'une porte fermée sur une pièce vide lui donnait envie de hurler. D'un geste agacé, elle referma son livre et l'envoya valdinguer sur le matelas, avant de redescendre au rez-de-chaussée, où Molly et Narcissa buvaient un thé en compagnie de Fleur. Elle repassa devant Lucius, qui la considérait d'un air moqueur et ne put s'empêcher d'en rajouter.

« Quelque chose vous tracasse, ma chère ? Vous voulez en parler ? », se moqua-t-il tandis qu'elle le fusillait du regard.

« Vous êtes vraiment la dernière personne à qui j'aurais envie de parler … », siffla Hermione, et le Mangemort prit une expression faussement blessée.

« Vous m'en voyez désolé », grinça-t-il avant d'afficher un sourire carnassier et d'ajouter : « …ou pas. »

Hermione fit claquer sa langue contre son palais avec une pointe d'agacement et sortit dans le jardin, le laissant à nouveau seul.

« Hermione, tout va bien ? », fit une voix dans son dos.

Elle se retourna. Harry était assis sur l'herbe, adossé contre la maison, son balai posé sur le sol. Elle hocha la tête. « Qu'est-ce que tu fais là, tout seul ? », demanda-t-elle avant de lever le nez en direction des autres garçons s'échangeant un vieux Souafle aux couleurs passées par le temps.

Harry lui sourit de toutes ses dents et haussa les épaules. « Ron et Malfoy semblent avoir de petits comptes à régler entre eux et ils font de ce match une affaire personnelle… Ça a d'ailleurs l'air de bien faire marrer Zabini », acheva-t-il en secouant la tête.

Hermione se laissa tomber près de lui en souriant elle aussi, mais n'ajouta rien.

« En fait, ça tombe bien que tu sois là … », reprit le Survivant en jouant avec une petite poignée de gravillons. « Je voulais te parler, seul à seule. »

Le sourire d'Hermione s'effaça quelque peu mais elle s'efforça de garder bonne figure. Elle avait redouté ce genre de conversation depuis son retour mais savait que tôt ou tard, Harry, Ron ou quelqu'un d'autre finirait par poser la question.

« Qu'est-ce que tu veux savoir ? », demanda-t-elle doucement sans le regarder.

Harry ramena ses jambes contre son torse et posa ses coudes sur ses genoux. « Bon, tu me connais je n'aime pas vraiment tourner autour du pot, pas vrai ? » Il lui sourit mais Hermione fronça les sourcils, attendant qu'il crache enfin le morceau. La question fatidique.

« Pourtant c'est ce que tu es en train de faire », répondit Hermione, d'un ton un peu sec qu'elle regretta aussitôt. La griffure entre ses cuisses la démangeait tellement à cet instant, qu'elle se demanda comment elle pouvait rester aussi calme.

Harry perdit son regard dans le lointain et soupira. « Je vous ai entendus cette nuit… », lâcha-t-il. Il grimaça en voyant la tête d'Hermione se redresser vivement avec une expression hébétée.

« Tu m'espionnais ? », souffla-t-elle pour ne pas alerter les joueurs de Quidditch.

« Non, Hermione », protesta son ami avec une expression navrée. « Je- je t'ai entendue te lever et je suis descendu m'assurer que tu allais bien. Et puis tu as commencé à parler avec Malfoy et … j'étais figé, je ne me voyais pas du tout vous interrompre mais en même temps, je ne pouvais pas me résoudre à remonter dormir en te sachant seule avec lui. Et puis il y a eu cette phrase … »

Harry se tut et fronça les sourcils. Lorsqu'il regarda à nouveau Hermione, il lut sur ses traits qu'elle savait exactement de quelle phrase il parlait.

« Tu n'as rien dit à Ron, n'est-ce-pas ? », le pressa-t-elle, inquiète. « Je t'en prie, Harry, dis-moi que tu vas te taire. »

« Je devrais, d'après toi ? », lui demanda-t-il avec une expression amère. « Au contraire, je pense qu'il a le droit de savoir. Votre relation … vous ne pourrez jamais être ensemble si tu ne lui dis rien, Hermione. »

« Je le sais », souffla la jeune fille en baissant la tête. Le silence retomba entre eux et Harry eut soudain la confirmation de ce qu'il avait pressenti depuis le retour de son amie.

« Mais peut-être que ce n'est plus ce que tu veux ? », reprit-il doucement.

Hermione secoua la tête. « Harry, à l'heure qu'il est, je ne sais absolument pas ce que je veux, mais ce qui est sûr c'est que rien ne pourra plus être comme avant. »

Il y eut un silence et Harry regarda ailleurs. Un peu plus loin, on entendit Blaise hurler « ET 50 à 30, DANS LES DENTS, LES WEASLEYS ! ». Hermione regarda en direction du match et un sourire flotta sur ses lèvres lorsqu'elle vit les deux Serpentards se livrer à une petite danse de la victoire sur leurs balais. Danse interrompue lorsque George contourna Malfoy et lui jeta de toutes ses forces le Souafle, qui le frappa à l'arrière du crâne. Eclat de rire des jumeaux. Hurlement furieux du Serpentard. L'espace d'un instant, Hermione se sentit de nouveau à Poudlard, où la rivalité entre Gryffondor et Serpentard se limitait alors à de simples farces au détour d'un couloir. Avant que cela ne devienne plus que ça. Avant que cela ne devienne une guerre sans merci…
C'est alors qu'Harry reprit la parole et sa question fit à Hermione l'effet d'une douche froide.

« Qui c'était ? »

Hermione se tourna vers lui avec une expression courroucée. « Pourquoi tu aurais besoin de savoir ça ? Ça changerait quelque chose ? Est-ce que tu trouverais cela moins horrible s'il s'agissait d'un beau jeune homme musclé ou au contraire serais-je plus à plaindre si c'était un gros pervers bedonnant et sale ? » Hermione prit soudain conscience qu'elle avait légèrement haussé le ton et prit une grande inspiration, avant de se forcer à réduire le volume sonore. « Peu importe qui l'a fait. C'est fait et c'est ça mon plus gros problème. »

Harry sentit un frisson de rage le parcourir des pieds à la tête. « C'est Lucius Malfoy, c'est ça ? »

« Harry, NON ! », aboya Hermione en tapant du poing sur le sol. « Laisse tomber, d'accord ? Ce n'est pas lui, sinon on ne l'aurait pas emmené avec nous. Réfléchis, un peu ! », acheva-t-elle dans un souffle agacé.

Harry laissa à Hermione le temps de se calmer de nouveau puis prit sa main dans la sienne. Hermione sursauta légèrement à son contact, puis regarda avec douceur la main brune de son ami autour de ses doigts pâles. De sa main libre, elle essuya furtivement une larme sur sa joue et esquissa un pauvre sourire.

« Peut-être que tu devrais justement te détacher de tout ce qui te rappelle ce … ce que tu as vécu », reprit Harry en jouant avec l'un des doigts d'Hermione, à présent presque guéris. L'onguent de Rogue avait fait des miracles.

Hermione fit semblant de ne pas comprendre ce qu'il insinuait et rit : « Oui, ça tombe bien, je suis revenue auprès des gens que j'aime, c'est un bon début, non ? »

« Ce n'est pas ce que je voulais dire… », marmonna Harry avec une grimace.

« Je sais très bien ce que tu voulais dire, Harry et je te conseille, encore une fois, de laisser tomber… ok ? C'est à moi de décider ce qui est bon pour moi et ce qui ne l'est pas. A moi seule. »

« Ron ne va pas s'en remettre si tu le laisses tomber pour Malfoy », fit remarquer le Survivant tandis qu'Hermione le fixait, éberluée.

« Tu n'as pas l'impression d'extrapoler légèrement ? », s'exclama-t-elle en secouant la tête. « Pour l'instant, je ne lâche personne pour personne. Ma priorité, c'est d'aller mieux. Pour les histoires de cœur, on verra après », se défendit la brunette, bien que sachant pertinemment qu'Harry avait raison. Le silence retomba entre eux et Harry sembla ne plus vouloir aborder le sujet, ce qui réconforta quelque peu Hermione.

« Un câlin ? », fit soudain Harry en écartant les bras.

Hermione lui jeta un regard étrange. « Là, maintenant ? », demanda-t-elle en haussant les sourcils.

« Oui, ça m'a manqué de ne plus pouvoir le faire après ta disparition », fit-il tandis qu'Hermione le serrait dans ses bras. Puis il s'esclaffa et ajouta : « Et aussi parce que Malfoy nous regarde et qu'il n'a pas l'air content du tout. »

« Lâche-moi tout de suite, démon », gloussa Hermione en resserrant néanmoins son étreinte autour de son meilleur ami. « Tu m'as manqué, Harry. »

« Plus jamais je ne laisserai quelqu'un te faire du mal, Hermione », répondit le jeune homme en la serrant à l'étouffer.

« C'est promis ? », fit la voix d'Hermione contre son oreille.

Il hocha la tête et lorsqu'il sentit une petite goutte froide couler le long de son cou, il sut qu'elle pleurait à nouveau.

oOoOoOoOoOoOoOoOo

Et voilà, ce sera tout pour cette fois ! Promis, un peu plus de Dramione à venir mais j'espère quand même que ce chapitre vous aura plu. Comme je l'avais dit, il n'y a pas beaucoup eu d'action mais c'est normal, il faut un peu de temps avant qu'Hermione ne soit totalement remise et que la quête des Horcruxes puisse reprendre son cours ! Dans le prochain chapitre, on retrouvera également Bellatrix, qui va devoir tout avouer à son maître et croyez-moi, ce qu'il va entendre ne va pas lui plaire. N'oubliez pas les petites reviews qui font plaisir et à lundi prochain !

Xérès