The Rise and Fall

Les blas-blas de Xérès : Bonjour, bonjour ! Un chapitre très très très laborieux à écrire, j'ai dû m'y reprendre à trois fois, n'étant jamais satisfaite, avant de finir par opter pour cette version … Beaucoup de noirceur à venir, puisque l'on va retrouver Théodore, Voldemort, Bellatrix et tous nos personnages les plus creepy. Et puis on se doute bien qu'après quelques chapitres légers et rigolos, je ne tiendrais pas longtemps avant de vous faire replonger dans le drame … J'espère que ce chapitre vous plaira ! Bonne lecture.

Merci à tous mes nouveaux followers (TatieBella,unionily, Eliane Gil, Gwen1380, The Passionate Girl, Lucky My, pitouloulou, LOUPP, kis38, Mouistiqua, Nobuta-chuunyuu, AydenQuileute), ainsi qu'à sarahblue1, Petitestef, Falbala03, laloudu77, romeo'stomboy, laurat, Little-Library, ellexa, MeMyselfandI, Lune-Bleue22, Elena Grape, Serdra, Harmony, Petitmilou, faerycyn, Nedwige Stew, MimieLMB, Nélopée, La Loutre, Nagetive, Passion Fugace, Erza Robin, ellexa, Lily, Alex pour leurs reviews.

RAR :

Petitestef : Oui, Lucius va s'en prendre un peu plein la face (en même temps, c'est un criminel on ne peut pas s'attendre à ce que l'ordre lui ouvre les bras et lui tape la bise en le voyant arriver ! mdr). L'histoire de l'enfant unique, c'est pas hyper logique. Si on prend comme exemple les familles huppées et traditionnalistes françaises telles que je les connais (un peu trop bien), on a souvent des gens très riches, avec une ribambelle d'enfants bien formatés (du moins lorsqu'ils sont jeunes). Et oui, Hermione en se taisant rend sans le vouloir Théodore encore plus dangereux. Il peut continuer à se balader pour l'instant en toute impunité … Merci pour ta review !

Falbala03 : Effectivement, Ron sait très bien que la colère et les réactions débiles énervent Hermione depuis toujours. Donc, il va tenter de la récupérer en douceur … Mais Draco n'est pas dupe, il ne se laissera pas faire ! Merci pour ta review !

Ellexa : Si jamais tu avais une idée de fic mais que tu bloques, tu peux toujours me contacter en message privé, je serai ravie de te donner quelques pistes pour t'aider à te lancer ou alors être ton béta-reader : ça sert aussi à ça FFnet ! ;-) Et désolée pour l'attente, mais j'avais décidé de faire une pause d'une semaine pour publier un OS (Flight Plan). Ce qui explique cette semaine d'absence. Merci pour tes reviews !

Lune-Bleue22 : Tu imagines les réunions de famille, une armée de blonds aux yeux gris ? *baaave* Bon courage pour le bac blanc ! Bisous

Elena Grape : Attends, pour Harry, le temps n'a pas encore rendu son verdict ! D'autres détails peuvent lui faire péter les plombs (après tout, il ne sait pas encore le nom du coupable !)

Lily : C'est marrant j'étais justement en train d'écrire quand j'ai reçu ta review pleine de coups de fouet ! Si ce chapitre est décalé d'une semaine, c'est tout simplement que j'ai publié un OS lundi dernier ) Si jamais tu as le temps d'aller faire un tour dessus, il s'intitule Flight Plan. En tous cas, j'espère que ce nouveau chapitre sera à la hauteur de tes attentes. Il est en grande partie plus sombre que les précédents, la présence de Voldychou y étant pour beaucoup ! Merci pour ta review qui m'a beaucoup fait rire ! hihi

Chapitre 21 : Into Darkness

Dans un tourbillon de vapeur noire, Voldemort fut le premier à apparaître devant les grilles du Manoir Malfoy. Autour de lui, Bellatrix, ainsi qu'une dizaine d'autres Mangemorts, se matérialisèrent à leur tour et remontèrent à sa suite l'allée de graviers qui menait jusqu'au porche de la propriété. Le visage fermé, Bellatrix faisait son possible pour afficher une expression neutre et déterminée. A la seconde, où elle avait informé le Seigneur des Ténèbres de la trahison des Malfoys et de Rogue, elle avait compris au regard furieux qu'il lui avait lancé que sa vie ne tenait plus qu'à un fil. Sans un mot, il avait quitté son siège du bureau des Directeurs de Poudlard et était sorti de l'école, rameutant d'un simple claquement de doigts tous les Mangemorts qu'il croisait sur son passage. Une fois sur la route de Pré-au-Lard, il avait simplement aboyé un « Manoir Malfoy » avant de transplaner sous les regards médusés de ses partisans. Certains avaient tenté d'interroger Bellatrix afin d'en savoir plus, mais celle-ci les avait ignorés avant de transplaner à son tour.

« Lestrange, tu nous expliques ? », marmonna Avery en suivant les autres en direction du porche du Manoir. Mais Bellatrix se sentit incapable d'émettre le moindre son. « Bordel… », marmonna Avery, que le silence obstiné de sa collègue rendait de plus en plus nerveux.

Bellatrix ignora ses jurons et se contenta d'aligner aussi dignement que possible son pas sur celui de son maître. Lorsque celui-ci arriva à quelques mètres de la porte d'entrée, il esquissa un geste vif de la main et les deux immenses panneaux de chêne explosèrent littéralement, projetant une pluie de copeaux bruns à l'intérieur du hall d'entrée. Crabbe (père), passée la surprise de voir son Maître s'attaquer ainsi au Manoir de l'un de ses plus fidèles serviteurs, se précipita à l'intérieur et beugla un « Hominum revelio ». Le sortilège, à la grande surprise de Bellatrix, indiqua quatre présences au sous-sol. Elle sentit un frisson parcourir son échine et se composa un visage neutre, espérant secrètement que sa sœur et sa famille ne fassent pas partie du lot. Le visage gris de Voldemort se tourna un instant vers elle et Bellatrix dut faire un effort surhumain pour contrôler le fil de ses pensées et, optionnellement, ne pas se laisser envahir par la peur.

« Par ici, en bas ! », lança Crabbe en suivant les indications de son sortilège et en partant au pas de course en direction de l'escalier qui menait aux cachots. Voldemort détacha son regard de celui de Bellatrix et suivit sans un mot. Il fallut trois bonnes secondes à Bellatrix pour retrouver l'usage de ses jambes tremblantes et suivre le groupe. Lorsqu'elle entama la descente de l'escalier, elle vit que les premiers, Voldemort inclus, s'étaient arrêtés en plein milieu. Elle fronça les sourcils et s'avança lentement. Se dressant sur la pointe des pieds afin de regarder par-dessus l'épaule d'Avery, qui éclairait le sol de sa baguette, elle parvint à discerner une silhouette, prostrée sur le sol, ainsi que de faibles gémissements. Jouant des coudes, elle se fraya un chemin parmi les Mangemorts et se figea en réalisant soudain ce qu'était la silhouette étendue sur les marches. C'était un prisonnier. Ou plutôt ce qu'il en restait : au fil des tortures, l'homme avait progressivement perdu une jambe, puis deux et l'un de ses bras manquait également à l'appel. La chose, abandonnée par les propriétaires et les autres prisonniers dans leur hâte à quitter les lieux, avait rampé tant bien que mal à la force de son seul bras depuis sa cellule et avait entrepris une remontée vers l'extérieur. Il n'était parvenu qu'à la moitié de l'escalier lorsque les Mangemorts avaient débarqué, le cernant et balayant à nouveau tout espoir de fuite.

Pendant que tous entouraient le prisonnier mutilé, un des Mangemorts avait contourné le groupe pour vérifier quelles étaient les trois autres présences signalées par le sortilège de Crabbe. Une foldingue au visage stupide occupait l'ancienne cellule de la Sang-de-Bourbe Granger, un vieillard mourant comatait sur une paillasse dans la cellule commune et un autre vieillard crachait un flot de sang dans un coin du couloir. Aucune trace des Malfoys, de Séverus Rogue ou d'Hermione Granger. Ni d'aucun autre prisonnier.

« Où sont-ils ? », siffla Voldemort en saisissant le mutilé par le cou. L'homme glapit de terreur.

« C'est la femme… qui vivait ici… », haleta le prisonnier en saisissant de son unique main l'avant-bras de Voldemort, qui lui jeta un regard dégoûté. « Elle nous a libérés ! » Il laissa échapper un hoquet de terreur et secoua de plus belle le bras du Maître des Ténèbres qui le relâcha avec une expression dégoûtée. L'homme retomba à plat ventre sur les marches de pierre avec un bruit mat. « Pitié, ne me faites pas plus de mal, pitié… », se mit-il à répéter en pleurant et tortillant lamentablement les quelques moignons qui lui restaient. Un filet de bave rosée s'échappa de sa bouche et fut projeté sur la pierre lorsqu'un des Mangemorts lui flanqua un coup de pied dans l'abdomen. « PITIÉ, je vous dirai tout ce que je sais, PITIÉ ! », brailla l'homme en se recroquevillant sur le sol. « Je rejoindrai vos rangs, pitié, je ferai tout ce que vous voulez… », sanglota l'homme tandis que Voldemort laissait échapper un rire sans chaleur.

« Et que ferais-je donc d'un Mangemort sans bras ni jambes, dis-moi ? », cracha le Mage Noir en traçant d'un geste ample les contours de l'homme à ses pieds. Autour de lui, tous les Mangemorts à l'exception de Bellatrix éclatèrent d'un rire gras.

« Vous êtes tout puissant, Monseigneur… », geignit l'amputé en tentant une courbette. Bellatrix se retint pour ne pas vomir tant le comportement de cette loque la répugnait. « Je sais que vous pourrez arranger cela, vous êtes le plus grand sorcier de tous les temps… »

Voldemort esquissa un rictus, qui devait s'apparenter à un sourire. Il se tourna vers ses partisans et désigna du doigt l'homme sur le sol. « Autant de bon sens dans une si petite enveloppe corporelle, vous n'êtes pas jaloux, vous autres ? », ironisa-t-il tandis que les Mangemorts arboraient des sourires pincés, ne sachant pas s'ils devaient rire à la plaisanterie de leur maître ou au contraire fuir en courant. Puis il se pencha et murmura au visage du prisonnier. « Qui es-tu, d'abord ? Je ne voudrais pas risquer de me retrouver avec un sorcier au sang souillé dans mes rangs… »

L'estropié haleta, mais avec une pointe de soulagement cette fois. « Barnabas Cuffe, ancien rédacteur en chef de la Gazette du Sorcier. Je suis un Sang Pur, simplement accusé d'avoir publié des articles qui allaient à l'encontre de votre Grandeur… » L'homme vit le visage froid de Voldemort grimacer et s'empressa de renverser la vapeur. « Mais, j'ai changé d'avis aujourd'hui… Vous êtes un grand sorcier … le-le plus grand ! », balbutia Barnabas en agrippant le bas de la robe de Voldemort. Bellatrix se détourna, incapable de supporter plus longtemps cet être infâme, qui retournait sa veste simplement pour avoir la vie sauve. Et des membres neufs.

« C'est bien … c'est très bien, mon cher Barnabas », susurra Voldemort en dégageant néanmoins sa robe d'entre les doigts crispés du prisonnier. « Maintenant, qu'avez-vous à m'apprendre que ma chère, ma très chère Bellatrix ne m'a pas déjà révélé ? »

En entendant son nom prononcé de manière aussi mielleuse, Bellatrix ne put réprimer un frisson en sentant toute l'ironie que Voldemort avait mise dans ses paroles. Elle vit le prisonnier lever les yeux pour la regarder, bouche à moitié ouverte et lui adressa un regard dégoûté, accompagné d'une certaine appréhension. Qui savait ce que cet immonde déchet pouvait avoir envie de déblatérer pour s'assurer un retour dans le monde des bipèdes.

« Elle … elle était là ! », bégaya Barnabas en tendant le bras vers Bellatrix, qui se raidit. « Je l'ai entendue parler avec Lucius Malfoy … »

« Quand ? », gronda Voldemort en plissant ses paupières, de sorte que ses iris rouges disparurent presque entièrement.

« Quand il a trouvé sa femme ici… », reprit Barnabas en se redressant un peu, appuyé sur son seul coude. Il désigna du menton la première cellule sur la gauche. « Malfoy ne savait pas quoi faire … mais elle a voulu vous prévenir tout de suite. »

Bellatrix faillit pousser un soupir de soulagement. Soulagement qui fut de courte durée lorsqu'elle entendit la question suivante de Voldemort.

« Et c'était quand, exactement ? », demanda froidement le Seigneur des Ténèbres.

« Je … je… » Barnabas regarda tour à tour les visages penchés sur lui, la panique à présent visible sur ses traits.

L'imbécile, il va me faire tuer …, pensa Bellatrix tout en s'efforçant de rester calme. Ses doigts se resserrèrent doucement autour du manche de sa baguette.

« Je ne sais pas, Votre Grandeur… », fit Barnabas, misérablement. « J'ai perdu connaissance à un instant … la douleur, voyez ? … et ensuite, dès que j'ai rouvert les yeux, je me suis mis en route vers la sortie. Mais j'ai très bien pu être inconscient cinq minutes ou dix jours, je ne saurais le dire … »

Voldemort haussa les épaules avec dédain. « Voyons, ne soyez pas stupide, Barnabas. Dix jours, vous seriez mort… », siffla-t-il, sarcastique, tandis que le rédacteur en chef laissait échapper un petit rire effrayé.

« Vous … vous avez raison, Votre Magnificence… », susurra-t-il en affichant un pâle sourire. « Ce doit être plus près de cinq minutes … »

Sale lèche-cul…, jura intérieurement Bellatrix. Mais elle se sentait un peu mieux, maintenant qu'elle était la seule à être en mesure de présenter une chronologie crédible au Seigneur des Ténèbres. Il serait forcé de la croire sur parole.

Voldemort se redressa et sembla réfléchir quelques instants. Puis il reporta son attention sur Barnabas et lui sourit de toutes ses dents. « Avez-vous autre chose pour moi ? », siffla le Mage Noir. « Car pour un journaliste, vous ne m'avez pas vraiment servi le scoop du siècle. »

« Ré-rédacteur en chef », corrigea pitoyablement Barnabas, tandis que ses yeux s'agrandissaient de terreur.

« Rédacteur, journaliste, gratte-papier, bonnet blanc et blanc bonnet… », railla Voldemort en agitant une main d'un air agacé. Il se détourna et entreprit de remonter les escaliers, sous le regard paniqué du rédacteur de la Gazette.

Avery s'élança à sa poursuite. « Maître, que faisons-nous ? », demanda-t-il tandis que Voldemort s'arrêtait sur une marche et se retournait vers lui pour le toiser.

« Tuez-les tous », déclara-t-il sur un ton léger, tandis que le hurlement terrifié de Barnabas à l'annonce de sa sentence se répercutait sans fin sur les murs des cachots. Il s'apprêtait à repartir, lorsqu'Avery l'interrompit de nouveau.

« Maître, même lui ? », insista Avery d'une voix interrogatrice.

Voldemort fit à nouveau volte-face et colla son visage à quelques centimètres de celui d'Avery, avant de hurler : « J'AI DIT, TOUS ! »

Avery déglutit et redescendit les marches d'un pas précipité, juste avant que quatre Avada Kedavra ne retentissent, faisant finalement taire à tout jamais le rédacteur en chef Barnabas Cuffe et ses trois compagnons d'infortune.

Le cœur battant à tout rompre et soulagée d'un poids, Bellatrix remonta quatre à quatre les marches jusqu'au grand hall. Arrivée en haut, elle vit Voldemort grimper à l'étage et le suivit. Elle arriva sur le palier alors que lui-même pénétrait dans ce qui avait été jusqu'à récemment le bureau personnel de Lucius Malfoy. Lorsqu'elle fit irruption dans la pièce, Voldemort inspectait les vitrines qui recelaient tous les objets, pour la plupart noirs et dangereux, que les membres de la lignée Malfoy se transmettaient de génération en génération.

« Maître ? », tenta Bellatrix en s'approchant doucement.

Comme il ne répondait pas, Bellatrix s'enhardit et contourna le bureau en acajou de son beau-frère pour rejoindre son maître devant les vitrines.

« Il a tout laissé derrière lui… », marmonna pensivement Voldemort en regardant chaque objet. « Jamais je n'aurais cru Lucius capable d'abandonner son précieux héritage pour fuir avec une traîtresse », ajouta-t-il avec un rire amer.

Moi non plus, ajouta intérieurement Bellatrix avant de lever le nez vers le visage de Voldemort. Et ce qu'elle y vit lui fit l'effet d'une douche froide.

Le doute.

Le doute transpirait par chacun des pores de la peau du Seigneur des Ténèbres, suintant sur son front, obscurcissant son regard, creusant des rides près de ses tempes, faisant pâlir ses joues et pincer ses lèvres. C'est alors que Bellatrix réalisa combien la trahison de sa sœur, de Draco ou de Rogue importait peu, au fond. Celle qui décevait le plus le Maître, était la trahison de Lucius Malfoy. Il avait encaissé les Zabini, Rogue, Narcissa, Draco, Théodore (qui s'était pourtant montré si serviable dernièrement), tout cela sans rien dire. Mais Lucius … Si Lucius se détournait de lui, alors tout n'était-il pas déjà perdu d'avance ?

Bellatrix n'avait pas besoin de lire dans les pensées de Voldemort pour savoir qu'il commençait à craindre l'issue de toute cette affaire. Craindre que tous suivent l'exemple des Malfoy en sentant le vent tourner, craindre que tous en aient assez d'être les jouets d'un tyran, craindre que ceux d'en face finissent par véritablement prendre le dessus. Ce déluge de peur et de doute se lisait sur le visage du Mage Noir aussi clairement que de l'encre noire sur un parchemin vierge.

Non, pas ça …, gémit intérieurement Bellatrix avant de tendre la main pour prendre celle de son Maître. L'idée de le voir abandonner, douter, l'idée qu'il envisage une seule seconde la défaite, tout cela était trop violent, trop déboussolant pour Bellatrix. Sa vie entière reposait sur le simple fait que Voldemort était infaillible. Si ce simple concept n'était plus une vérité, qu'allait-elle devenir ? Elle préférait ne pas y penser. En la sentant saisir sa main sans autorisation, Voldemort lui jeta un regard mi-surpris mi-agacé. L'ignorant, Bellatrix porta la main grise à ses lèvres et l'embrassa légèrement, sans quitter des yeux les prunelles écarlates du Mage Noir.

« Moi, je serai toujours là pour vous… », souffla-t-elle, d'une voix légèrement tremblante.

Voldemort sembla surpris, puis fâché. Surpris qu'elle ose le toucher ainsi, fâché qu'elle ait su lire aussi clairement en lui. Qu'elle ait capté son appréhension, son inquiétude, avec autant d'aisance que s'il les avait exprimées à haute voix.

« Je vivrai ou mourrai à vos côtés, mon Seigneur. J'ai fait ce choix il y a plus de vingt ans et je refuserai toute autre alternative… », reprit-elle en relâchant doucement la main de Voldemort. Ce-dernier la considéra encore quelques instants avec stupeur puis se détourna et lâcha un hoquet étrange, à mi-chemin entre le rire et le raclement de gorge sarcastique.

« Si on m'avait dit un jour que mon plus fidèle serviteur finirait par être une femme », cracha-t-il, tandis que Bellatrix encaissait l'insulte sans rien dire. Elle avait beau être une femme, elle avait toujours été la seule femme parmi les plus influents Mangemorts et ce poste l'avait blindée à ce genre de remarques.

« Une femme, oui », répondit Bellatrix en levant le menton, « mais une femme qui n'a jamais failli dans son devoir envers vous, contrairement à beaucoup d'hommes. »

La remarque ramena un sourire confiant sur les lèvres fines de Voldemort. « C'est vrai… », admit-il en s'éloignant entre les vitrines. « L'exception qui confirme la règle, en un sens. »

Bellatrix esquissa un sourire pincé, soulagée de voir à nouveau l'assurance et la détermination reprendre leur place sur les traits du Mage Noir. Il se remit à inspecter les objets, s'arrêta devant l'emplacement de la baguette volée par Draco et fronça les sourcils.

« Il manque quelque chose ici… », fit-il tandis que Bellatrix accourait pour vérifier ses dires. En effet, un grand espace vide était visible sur l'un des présentoirs. Celui des objets ayant appartenu aux grands-parents de Narcissa et Lucius. Bellatrix pinça les lèvres.

« Je ne sais pas ce qu'il pouvait y avoir là… », dit-elle en levant le nez vers Voldemort, qui fit claquer plusieurs fois sa langue contre son palais.

« Tut tut tut, ce n'est pas la bonne question. La bonne question est : pourquoi prendre cet objet et pas les autres ? », fit doctement le Seigneur des Ténèbres. « C'est absurde, connaissant Lucius et son attachement pour toutes ces vieilleries, il aurait tout emporté ou rien du tout. »

« Alors ce n'est pas lui qui a pris cet objet… », marmonna Bellatrix tandis que Voldemort hochait la tête.

« Précisément », ajouta-t-il. « Reste à savoir qui… »

~o~

Hermione faisait nonchalamment tourner entre ses doigts la baguette d'ébène et d'argent de l'aïeule Malfoy, jetant de temps à autres quelques petits sortilèges de base, afin d'apprendre à la maîtriser progressivement. La baguette, docile, répondait au moindre de ses gestes, avec une rapidité et une précision qui l'étonnaient chaque fois un peu plus. Elle avait d'abord fait léviter le canapé, mis le couvert du dîner, allumé un feu dans la cheminée à la nuit tombée… Ravie, elle multipliait les essais, essayant d'ignorer les regards furibonds que Lucius Malfoy lui jetait depuis son coin fétiche près de la fenêtre. Les habitants de la Chaumière s'étaient vus forcés de rester à l'intérieur depuis quelques heures, toute sortie ayant été rendue impossible depuis que la pluie s'était mise à tomber avec force. La proximité avec Lucius Malfoy était donc plus étouffante que jamais et chacun tentait à sa manière d'ignorer la haine qui irradiait littéralement de l'espace réservé au Mangemort.

Draco, installé dans un fauteuil, encourageait Hermione ou lui demandait d'effectuer telle ou telle action afin de tester de nouveaux sorts. Harry se prêta même au jeu en lui commandant un muffin au chocolat et Hermione finit par en faire apparaître de quoi nourrir un régiment entier (pour la plus grande joie de Ron). Le Survivant, bien que légèrement dérangé à l'idée que son amie utilise la baguette d'une famille de sorciers pas toujours très nets, devait admettre qu'Hermione était encore meilleure qu'avec son ancienne baguette. Plus réactive, plus précise, elle faisait les choses en grand et son visage s'illuminait à chaque nouveau sortilège lancé. Harry décida donc que c'était le résultat qui comptait et non le moyen pour y arriver. Mais visiblement, tout le monde n'était pas de cet avis.

« Être forcé de voir une Sang-de-Bourbe manipuler la baguette de mon ancêtre… », maugréa pour la énième fois Lucius Malfoy, tandis qu'Hermione lançait un sort sur un muffin pour lui donner la taille d'une pastèque, sous les applaudissements ravis des jumeaux et de Ronald.

Blaise, qui lisait la Gazette du Sorcier assis sur le canapé, balança nonchalamment une boulette de papier journal dans sa direction, atteignant le patriarche Malfoy au front.

« Laisse-le, Blaise », gronda Draco en jetant un regard mauvais en direction de son père. « Il finira bien par se lasser de toujours rabâcher les mêmes vieilles rengaines. »

« Ou alors je pourrais changer le papier journal en plomb, histoire de voir si ça rebondit aussi bien… », soupira Hermione, tandis que Draco laissait échapper un petit rire. Elle regarda dans sa direction et ils échangèrent un regard complice. Nouveau grognement de Lucius. Blaise prit une autre page de la Gazette pour en faire une boulette, et se figea, prêt à la lancer.

« Ouvrez encore une seule fois la bouche, et je fais tout le journal comme ça, une page après l'autre… », fit posément Blaise en jetant un regard torve au Mangemort.

« Oh là, mon garçon, une minute … », fit Arthur Weasley en se précipitant vers Blaise. Il se pencha par-dessus l'épaule du Serpentard et feuilleta les dernières pages de la Gazette avant d'en extraire deux, qu'il garda avec lui. Blaise lui jeta un regard interrogateur. « Les pages Sport », se justifia Arthur avec un sourire. « Je n'ai pas encore eu le temps de lire les résultats de la quinzième journée de Ligue de Quidditch, ni de la finale de Course sur balai… »

« C'est Jonah Ellerby qui a remporté la course, papa », fit Fred avec une moue de déception.

« Quel balai ? », demanda Arthur en se tournant vers son fils.

« Margotin 90 », renchérit George en arrachant un gros morceau dans le muffin géant d'Hermione. « Pas de surprise, donc. Ce balai a un correcteur de trajectoire en option… »

Arthur soupira et rendit donc l'une des deux pages à Blaise. « Bon, il ne me reste plus qu'à lire les résultats du Quidditch. Ça fera une page de plus pour toi… »

Blaise gratifia Mr. Weasley d'un sourire éclatant et Lucius Malfoy se ratatina sur son siège, affichant une mine boudeuse.

« Hermione, tu devrais goûter à ce muffin, tu l'as extrêmement bien réussi ! », claironna Ron, pour changer de sujet.

« Ron, on sort de table, comment est-ce que tu peux encore manger autant ? », le rabroua-t-elle gentiment, tandis qu'il s'approchait d'elle avec un gros morceau et lui tendait. « Bon, juste pour goûter, alors », admit-elle en tendant une main vers la pâtisserie. Mais Ron le mit hors de sa portée, un sourire malicieux aux lèvres.

« Ouvre grand ! », fit-il en faisant mine de vouloir lui mettre lui-même dans la bouche.

Hermione éclata de rire lorsque Ron lui tapota le bout du nez avec le morceau de muffin. « Arrête, Ron ! », s'esclaffa-t-elle tout en essayant d'éviter les coups de muffin. Harry rit doucement en les regardant puis tourna la tête en direction de Draco. Lui, ne riait pas du tout. Le blond se pencha en direction de Blaise, lui arracha la boulette de papier initialement prévue pour son père, et la lança à la tête de Ron, qui protesta par un « hey ! » énergique. Hermione profita de cet instant d'inattention pour lui arracher le morceau de muffin des mains et l'engloutir en riant.

Depuis la cuisine, où elle buvait un thé en compagnie de Fleur et Narcissa, Molly Weasley sourit, heureuse de voir le Trio enfin réuni. Et de voir Hermione sourire. Depuis qu'elle était rentrée, une ombre sinistre planait continuellement sur les traits de la jeune fille. L'espace de quelques secondes, alors qu'elle savourait son bout de muffin dérobé à Ron, cette ombre avait presque disparu et Molly avait retrouvé l'Hermione qu'elle avait toujours connue. Mais le répit ne fut que de courte durée et l'ombre, tenace, insidieuse, réapparut presque immédiatement derrière le fragile sourire. Narcissa, qui avait suivi le regard de Molly, posa une main sur la sienne. La rousse sursauta à son contact, avant de tourner son regard vers elle.

« Elle ira mieux… un jour… », souffla doucement Narcissa avec un sourire entendu. Molly frissonna. Elle doutait, à l'instar d'Harry, que quelque chose d'affreux était arrivé à Hermione et les paroles réconfortantes de Narcissa ne firent que confirmer ce doute. Avec un frisson, Molly hocha la tête et replongea le nez dans sa tasse de thé, afin de cacher son trouble.

A quelques mètres, Draco et Ron s'étaient lancés dans un concours de remarques acerbes sur les taches de rousseur de l'un et les cheveux blonds platine de l'autre, tandis qu'Hermione tentait de les ramener au calme et que Blaise et Harry observaient la scène, hilares.

Molly poussa un soupir d'exaspération, tandis que Narcissa riait à son tour.

« A votre avis, Narcissa, qui va gagner ? », demanda Molly en secouant la tête.

Narcissa tourna ses yeux bleu électrique vers Molly, parfaitement consciente que la rousse parlait de Draco et Ron, mais surtout d'Hermione. Narcissa prit une petite gorgée de thé et avec un sourire en coin, répondit : « Mon fils, bien sûr, c'est le plus beau. »

Molly étouffa un rire sarcastique. « Oui mais le mien n'a pas passé les six dernières années à la traiter de tous les noms… », railla-t-elle tandis que Narcissa levait les yeux au ciel.

« C'est Lucius qu'il faut blâmer pour ça, pas moi … », maugréa Mrs Malfoy tandis que Molly riait doucement.

Les deux mères observèrent à nouveau les jeunes gens dans le salon et Narcissa souffla un « ha ha ! » de triomphe en voyant Hermione prendre Draco par les épaules et lui faire gentiment la leçon. Le visage de la jeune fille était tout proche de celui de Draco et celui-ci s'en rendit compte. Il se redressa brusquement et ne put s'empêcher de rougir violemment avant de tenter misérablement de reprendre une expression impassible. Derrière Hermione, Ron semblait quant à lui déçu de ne pas être à la place de son rival, mais choisit de ne rien dire. Quant à Lucius Malfoy, il semblait avoir littéralement envie de se pendre.

« Malfoys 1 – Weasleys 0 », chantonna Narcissa en dissimulant son sourire derrière sa tasse de thé fumante.

« Les Weasleys ont peut-être perdu cette bataille, mais ils n'ont pas encore perdu la guerre, figurez-vous… », rétorqua Molly sur le même ton. Les deux femmes échangèrent alors un regard amusé et éclatèrent d'un rire silencieux.

~o~

Les Mangemorts étaient en effectifs réduits depuis que Voldemort avait quitté Poudlard au moment de la pause déjeuner, mais après les incidents de la veille à la Salle sur Demande, les Carrow et leur bande ne cessaient de patrouiller dans l'école, jetant des Doloris à tous les élèves qui croisaient leur chemin. Pour l'exemple. Ginny avait donc trouvé plus sage d'enfermer Nott dans la tour de Gryffondor, le temps que les choses se tassent. C'était encore l'endroit le plus sûr, étant donné que McGonagall avait toujours refusé de laisser le moindre Mangemort passer le portrait de la Grosse Dame. Mais après deux jours, Théodore avait demandé à quitter le navire.

« Tu es sûr que tu ne veux pas rester un peu plus longtemps ? », s'enquit Ginny en croisant les bras sur son ventre.

Nott secoua la tête.

« Ouais, il est sûr », marmonna Jimmy Peakes, un quatrième année, que la présence de Nott dans la tour mettait extrêmement mal à l'aise. « Et j'avoue que je serai pas fâché de ne plus avoir ce serpent dans les parages. »

Ginny se retourna vers le jeune homme et lui lança un regard désapprobateur. Sur le sofa près du feu, Parvati et Lavande échangèrent un regard éloquent. Elles partageaient toutes deux l'avis de Jimmy mais sans oser le dire tout haut. Lavande tout particulièrement. Malgré les airs amicaux de Nott, la jeune fille sentait ses entrailles se nouer et frémissait inexplicablement de dégoût à chaque fois qu'il posait son regard sur elle. Lavande ne comprenait même pas comment Ginny Weasley pouvait faire confiance à ce type. Si la politesse et les bonnes manières ne l'en avaient pas empêchée, Lavande aurait tout simplement pris ses jambes à son cou pour mettre autant de distance que possible entre elle et le Serpentard.

« Je dois rentrer au QG de l'Ordre, ils m'attendent », mentit Nott à mi-voix. Puis, il offrit à Ginny son plus beau sourire faux et reprit. « J'ai été ravi de collaborer avec toi, Weaslette. »

Ginny leva les yeux au ciel, puis ramassa son balai, posé contre le canapé. « Je l'avais gardé caché dans la tour pour les cas d'urgence… », dit-elle avec un rictus incertain. « Et je suppose que c'est un cas d'urgence… N'oublie pas de le rendre à mes frères. Ce n'est que le vieux Comète de Fred, mais quand même j'y tiens ! » Puis elle plongea la main dans une de ses poches pour en ressortir une enveloppe, qu'elle tendit également à Théodore. « Est-ce que tu pourras donner ça à Harry, de ma part ? », demanda-t-elle tandis qu'il saisissait la lettre.

Elle me prend pour un hibou…, pensa Nott en se retenant de lever les yeux au ciel. « Pas de problème », répondit-il en fourrant la lettre dans sa poche, tout en sachant très bien qu'il n'en ferait rien.

Ginny se dirigea vers la plus large fenêtre de la tour et l'ouvrit, avant de jeter un regard inquiet en contrebas. « Mince, y'a tout un tas de types dehors, comment tu vas faire ? »

Nott haussa les épaules. « Un simple sortilège de Désillusion devrait faire l'affaire… », lâcha-t-il, tandis que le fourmillement familier dans son bras droit lui indiquait déjà que ce qu'il lancerait serait bien plus puissant qu'un sortilège de Désillusion.

Ginny secoua la tête. « Non, Neville et moi on a déjà essayé de passer devant eux comme ça, mais ils sont entraînés à en repérer les effets, tu vas te faire remarquer… Pour devenir complètement invisible, il faut que le sort soit extrêmement puissant et seuls des sorciers comme Dumbledore savent faire ce genre de-… » Entendant ses camarades pousser des exclamations de surprise, Ginny se retourna et vit que Nott, ainsi que le balai qu'il tenait à la main, avaient entièrement disparu.

« Faut croire que je me suis entraîné », railla la voix de Nott, à quelques centimètres de son oreille. Ginny sursauta. Profitant de son invisibilité, il s'était rapproché d'elle sans un bruit. Beaucoup trop à son goût. Elle recula donc de quelques pas, butant contre la fenêtre ouverte.

« Faut croire, ouais… », souffla-t-elle en fronçant les sourcils. Elle sentit Nott la frôler lorsqu'il passa près d'elle pour grimper sur le rebord de la fenêtre, puis entendit les montants grincer sous son poids.

« Allez, à plus Weaslette », fit la voix ironique de Nott, juste avant que les montants de la fenêtre ne grincent de nouveau. Il avait décollé. Sans un mot, Ginny referma les battants et se retourna vers les autres occupants de la salle commune. Jimmy Peakes avait la bouche grande ouverte, Neville gardait les bras croisés sur la poitrine et fronçait les sourcils, tandis que Lavande et Parvati se jetaient des regards effrayés. Puis Lavande se tourna vers Ginny et la jeune fille entendit la panique dans la voix de l'ex-petite amie de Ronald.

« Ginny, merde ! », s'écria-t-elle, tremblante. « Il n'a même pas utilisé sa baguette ni prononcé un mot ! »

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Plusieurs heures de vol plus tard, Nott atterrit en douceur derrière la haie de troènes de la villa de ses parents et redevint progressivement visible aux yeux du monde. Il poussa la porte et s'engouffra à l'intérieur, s'étonnant de ne voir aucune lumière au rez-de-chaussée.

Il s'apprêtait à appeler pour signaler sa présence lorsqu'il vit une lueur à l'étage. Théodore serra les dents. La lumière venait plus précisément du bureau, chose étrange puisqu'il se rappelait avoir verrouillé la pièce en partant. Il déposa le balai de Ginny et la lettre destinée à Potter sur le sol, près du vieux Comète, avant de grimper les escaliers et d'approcher silencieusement de la porte. Ses parents étaient tous les deux à l'intérieur de la pièce, assis sur le sol et cernés de tous les livres que Théodore avait vidés lors de sa dernière petite séance de « recherches ».

« Greg, je ne trouve rien ici… », fit la voix désespérée de sa mère en refermant un énième livre. « Ils sont tous vierges. Séverus s'est trompé. »

« Romilda, il nous en reste encore plusieurs dizaines à vérifier… », la réprimanda son époux, même si lui-même commençait à douter.

Théodore, aussi silencieux qu'une ombre, se posta dans l'encadrement de la porte. « Je peux savoir ce que vous foutez là ? Je croyais avoir été clair. Personne dans cette pièce », gronda-t-il d'une voix menaçante.

Sa mère poussa un hoquet de surprise et lâcha le livre qu'elle tenait entre les mains. Grégory sauta sur ses pieds et pointa aussitôt sa baguette sur son fils unique.

« Dans ta chambre, tout de suite », hurla Grégory Nott d'une voix qui se voulait autoritaire, mais sa main tremblait. Romilda le vit, et Théodore aussi. Il se contenta de regarder son père calmement, avec un mépris démesuré. « J'ai dit : DANS TA CHAMBRE ! », répéta son paternel tandis que Romilda se levait à son tour, apeurée à l'idée de voir la situation dégénérer.

« Ou sinon quoi ? », fit Théodore, en esquissant un sourire.

Mr. Nott regarda son fils, incrédule. « Tu oses discuter mes ordres ? », aboya-t-il en faisant un pas en direction de Théodore, qui continuait de sourire effrontément.

« Je vais même faire mieux que ça… », souffla-t-il en levant sa main droite en direction de son père.

Romilda Nott poussa un hurlement déchirant.

Dans la maison adjacente, Mr et Mrs Watson, les voisins, levèrent le nez de leur rediffusion de Great British Bake Off et Mrs Watson saisit la télécommande pour couper le son.

« Robert, ça hurle encore chez les Nott… », fit Isabella d'une voix inquiète. « Est-ce qu'on ne devrait pas appeler … quelqu'un ? »

Sur le petit écran, Mary Berry, Mel Giedroyc et Sue Perkins goûtaient le dessert meringué des candidats avec des hochements de tête appréciateurs. Robert Watson secoua la tête avec exaspération. Un nouveau hurlement retentit dans la maison voisine, puis un silence de mort retomba, pesant, dans le petit quartier tranquille.

« Pas la peine, tu vois ? C'est déjà fini… », grommela Robert tandis que sa femme jetait un regard inquiet en direction de la fenêtre. « Maintenant, tu voudrais bien remettre le son, s'il te plaît ? »

Isabella Watson poussa un soupir et appuya à nouveau sur la touche « Mute » de la télécommande. Les Watson n'étaient pas forcément en bons termes avec les Nott. C'était une famille étrange, aux accoutrements étranges et aux habitudes étranges. En d'autres circonstances et pour n'importe quels autres voisins, Mrs Watson serait allée s'assurer que tout allait bien. Mais ils allaient bientôt donner les notes des différents gâteaux meringués. Et Robert ne semblait pas se faire plus de souci que ça. Et il lui aurait fallu s'habiller un peu plus correctement pour sortir dans la rue et se présenter à la porte de ses voisins. Tout cela pour constater au final que tout allait bien … Mrs Watson chassa de son esprit toute inquiétude et reporta son attention sur le concours de pâtisserie. Une décision raisonnable. Décision qui lui permit, contrairement à Romilda et Grégory Nott quelques dizaines de mètres plus loin, de rester en vie.

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C'est tout pour cette fois ! J'espère que The Rise and Fall ne vous a pas trop manqué pendant ces deux semaines et j'en profite pour remercier ceux d'entre vous qui avez lu et aimé « Flight Plan », lundi dernier ! Alors dites-moi, que pensez-vous de ce chapitre ? Je l'ai remanié et réécrit tellement de fois que je ne sais plus quoi en penser ! Il a vraiment été difficile à écrire^^

N'oubliez pas les petites reviews qui font plaisir et à lundi prochain !

Bisous

Xérès