The Rise and Fall
Les blas-blas de Xérès : Bonjour à tous ! Voici le nouveau chapitre de The Rise and Fall, j'espère qu'il vous plaira ! Le titre fait référence à James Bond, vous comprendrez bientôt pourquoi : dans ce chapitre et le suivant, les deux mondes magique et non-magique vont entrer en collision provisoirement… Bonne lecture et n'oubliez pas les reviews ! Votre avis m'est toujours très précieux :-)
Merci à tous mes nouveaux followers (LuxuriaDiem, Managua, Jenf97, Darling Cherry, SnitchDream96), ainsi qu'à LOUPP, babar, Little-Library, misslily, Lisa, Erza Robin, ellexa, faerycyn, sarahblue1, jprewett, Petitestef, Lune-Bleue22, AydenQuileute, PetitMilou, Serdra, TimeLady15, Passion Fugace, Nedwige Stew, Loufoca-Granger pour leurs reviews.
RAR :
Lisa : oui, c'est vrai que Ron n'aurait que ce qu'il mérite en tombant sur Draco et Hermione en train de s'embrasser dans un coin sombre ! hihi Mais on ne va peut-être pas être aussi méchantes avec lui, quoi que … Merci pour cette review et pour ta fidélité !
Ellexa : fatiguée de lire des romans, moi ? Jamais ! héhé. On va encore avoir droit à un Harry qui jouera tant bien que mal les médiateurs mais bon, inutile de préciser que la partie est déjà perdue pour ce pauvre Ron-Ron… Merci de ta review !
Babar : Yep, bientôt sur YouPorn : « Two Slytherins, One Gryffindor – teen porn amateur » lol ou pas ! Pour Harry, mes Harry sont toujours un peu comme ça : taciturnes et réfléchis (comme dans la Voix des Morts), capables de prendre du recul, de calmer les ardeurs de Ron… Pour moi, c'est un sage (et non une crise d'ado ambulante comme c'est un peu le cas à partir du tome 5^^) kissous
Chapitre 23 : Au Service de sa Majesté
Lorsqu'Hermione s'éveilla, la première chose qu'elle sentit fut la chaleur du corps de Malfoy contre le sien. Rien de bien différent des matins précédents … à quelques détails près. Ce matin-là, elle ne ressentait absolument plus aucune culpabilité. Ce matin-là, elle ne s'enfuirait pas de la chambre avant le réveil du Serpentard pour regagner celle qu'elle partageait avec Harry et Ron et faire comme si de rien n'était. Doucement, elle se tourna et se retrouva face à face avec Malfoy, encore profondément endormi. Hermione ne put s'empêcher de sourire. Il semblait si paisible, si naturel lorsqu'il somnolait. Mais elle savait déjà qu'à l'instant précis où il ouvrirait les yeux, il arborerait une expression de circonstance, savamment calculée selon son humeur et reprendrait le contrôle de la moindre de ses terminaisons nerveuses. Restait à savoir quelle expression s'afficherait sur son visage en ce matin si spécial. Un sourire narquois du type « Tu-vois-Granger-j'ai-finalement-réussi-à-te-séduire » ? Une expression glaciale indiquant que le baiser qu'ils avaient échangé cette nuit n'était finalement qu'une erreur ? Un regard mauvais lui faisant sentir qu'elle était décidément la source de tous ses problèmes ? Hermione devait avouer qu'elle n'en savait rien et redoutait d'autant plus le moment où les paupières se relèveraient sur les deux iris gris du jeune homme. Et s'il changeait d'avis ? Et s'il décidait finalement qu'une Sang-de-Bourbe n'était pas digne de le toucher ? Et si…
« Granger, tu devrais arrêter de réfléchir comme ça… tu vas finir par te faire mal », marmonna le blond, interrompant brutalement le cheminement de ses pensées.
Hermione baissa le nez et vit qu'il avait toujours les yeux fermés, mais l'un des coins de sa bouche était relevé. Le sourire narquois. Hermione faillit littéralement hurler de joie.
« N'importe quoi… », dit-elle simplement en rosissant. « Je ne pensais à rien du tout. »
« Bien sûr que non », se moqua le Serpentard en ouvrant enfin les yeux. « Tu avais presque des volutes de fumée qui te sortaient des oreilles, mais à part ça… »
Hermione plongea son regard dans le sien et fut rassurée d'y voir danser une petite lueur moqueuse. Aucune trace de regret ou de colère. Elle vit Draco plisser alors les yeux et hausser un sourcil. « Je rêve ou tu avais peur que je change d'avis en me réveillant ? », lâcha-t-il d'une voix soudain glaciale.
« Pas du tout », répondit précipitamment Hermione en essayant de retrouver un certain aplomb. Elle se sentit presque vexée d'avoir été démasquée aussi facilement. « Contrairement à ce que tu sembles croire, tu n'es pas au centre de toutes mes pensées, Malfoy. Je réfléchissais à autre chose. »
« Hm hm », fit simplement le blond, sarcastique. « Malheureusement pour toi, tu mens terriblement mal… »
Piquée au vif, Hermione poussa un soupir d'exaspération et fit mine de se lever. Mais le bras de Malfoy s'enroula aussitôt autour de sa taille et la refit basculer en arrière, l'attirant ensuite de nouveau dans ses filets. « Encore une minute », marmonna-t-il, tandis qu'Hermione sentait son immense sourire bête de la veille refaire surface. « Je n'ai pas encore eu le temps de me préparer psychologiquement à sortir de cette pièce. »
Hermione leva les yeux au ciel mais ne protesta pas. Mais en bon petit génie qu'elle était, les rouages de son cerveau ne tardèrent pas à se remettre en route et elle se retrouva bientôt aux prises avec un nouveau problème. Un problème qu'elle avait tenté d'enfouir au plus profond d'elle-même mais qui n'allait pas tarder à devenir de plus en plus concret.
« Qu'est-ce que je vais dire à Ron ? », marmonna-t-elle dans un souffle, plus pour elle-même que pour Malfoy. Bien qu'elle lui tourne le dos et ne voie pas son visage, elle sentit aussitôt l'humeur du blond se dégrader.
De l'autre côté de la pièce, Blaise se retourna dans son lit et posa sa tête sur sa main, le coude replié sur l'oreiller. « Le mieux, à mon avis, c'est d'être honnête. D'y aller en douceur, mais d'être honnête », dit-il simplement tandis que derrière Hermione, Draco poussait un soupir agacé.
« Je suppose que tu as raison… », souffla Hermione avec une expression inquiète.
« Non, tu as tort », lâcha sèchement Malfoy, caché derrière le dos d'Hermione.
« Plaît-il ? », ironisa Blaise en tendant le cou pour essayer de distinguer le visage de son ami derrière les épaules de la Gryffondor.
Nouveau soupir exaspéré du blond. « Personnellement, c'est moins Weasmoche qui m'inquiète que mon paternel », maugréa-t-il, tandis qu'Hermione et Blaise échangeaient un regard éloquent.
« Il n'a pas besoin de le savoir, si ce n'est que ça qui te chagrine… », fit Blaise, mais Draco poussa un ricanement sarcastique.
« Parce que tu crois que Weasmoche va prendre la nouvelle avec le sourire sans faire de vagues ? », grinça-t-il. Hermione esquissa un rictus. « Crois-moi, Blaise, à la seconde où il va le savoir, on peut être sûrs que le monde entier sera au courant. »
« Tu marques un point », murmura Blaise pensif.
« Oui mais, après tout, on s'en fiche, non ? », reprit Hermione en se tournant pour faire face à Draco. « Il n'a plus sa baguette, il ne peut rien nous faire. »
Draco lui adressa un regard sombre. « Question, petit génie : est-ce qu'il a utilisé sa baguette quand il s'est gentiment appliqué à décoller chacun des ongles de tes mains avec le sourire ? »
Hermione blêmit aussitôt et Blaise se redressa d'un bond sur son séant. « Draco ! », le réprimanda-t-il, d'une voix lourde de reproches.
« Désolé », marmonna le blond en jetant un œil en direction du visage défait de la Gryffondor.
« Non, c'est bon, j'ai retenu la leçon », répondit Hermione en tentant un pauvre sourire. « Je vois où tu veux en venir. »
Draco hocha la tête gravement. « Tout ce que je veux dire, c'est que si tes amis croient que mon père est moins dangereux sans sa baguette, ils se trompent lourdement. Même si on lui taille les griffes, la tête du loup peut encore mordre. A mon avis, il n'attend qu'une opportunité de nous mettre en pièces. »
Hermione déglutit, visiblement mal à l'aise. Blaise lui jeta un regard en coin et décida de changer de sujet. « Peut-être qu'on pourrait maintenant reprendre la quête des Horcruxes là où vous l'avez laissée ? Potter m'en a parlé, il m'a dit qu'il y en avait six en tout et que vous en aviez déjà détruit trois ! »
Six… voire sept, pensa Hermione. Mais visiblement, Harry n'avait pas souhaité partager son hypothèse avec Zabini. La jeune fille décida donc de respecter ce choix. « En fait, quatre ont déjà été détruits », se souvint-elle avec un frisson. « La dernière fois que j'ai parlé à … à Nott, il s'est vanté d'avoir détruit la Coupe d'Helga Pouffsouffle à l'aide d'un sortilège de Feudeymon. » Puis soudain, elle réalisa. « Oh, Merlin, j'avais complètement oublié. Je ne l'ai pas dit à Harry ! »
Elle sauta aussitôt sur ses pieds, esquivant le bras de Draco qui cherchait à nouveau à la ramener contre lui, en vain. Le blond grogna et enfouit son visage dans son oreiller. Mais Hermione était déjà à la porte et sortait en courant.
« Bien joué, vieux », grommela Draco tandis que Blaise s'étirait en bâillant. « C'était trop demander cinq minutes de calme au réveil, il a fallu que tu la fasses fuir… »
Blaise éclata de rire et se leva à son tour.
~o~
Hermione entra dans la chambre d'Harry et de Ron, en chemise de nuit, arrachant presque la porte de ses gonds et faisant sursauter les deux dormeurs.
« Quoi ? Quoi ? On est attaqués ?! », hurla Ron en saisissant sa baguette sur sa table de nuit et en la pointant au hasard devant lui.
« Ron, c'est moi ! », s'exclama Hermione avec un soupir exaspéré. Puis elle se tourna vers le second lit, où Harry tâtonnait sur sa table de nuit à la recherche de ses lunettes, qu'il enfila en plissant ses yeux encore embués de sommeil. « Harry ! J'ai quelque chose d'extrêmement important à te dire. Je n'arrive même pas à croire comment j'ai pu oublier un truc aussi… Et dire que c'est d'une importance… Je m'en veux tellement… J'étais si heureuse de vous retrouver, ça m'est complètement sorti de- »
Les deux mains d'Harry, qui s'était levé de son lit, se posèrent à plat sur ses épaules et la diarrhée verbale d'Hermione s'interrompit aussitôt. « Hermione, temps mort », fit-il avec un soupir. « Inspire, souffle et une phrase à la fois, merci d'avance. »
Hermione inspira, souffla, ferma les yeux une seconde. « Un quatrième Horcruxe a été détruit », dit-elle d'une voix un peu plus calme et posée. Harry fronça les sourcils, interloqué.
« Quoi ? », s'exclama Ron en sautant à bas de son lit. « Mais quand ? Quel Horcruxe ? Et par qui ? Comment ? »
Harry jeta un regard courroucé en direction de Ron, comme pour lui dire « tu ne vas pas t'y mettre, toi aussi ? », avant de se retourner vers Hermione pour lui faire signe de continuer.
La Gryffondor tenta de réfléchir aussi vite que possible afin de ne donner aucune information trop … personnelle pouvant amener Harry à comprendre le « lien » qui l'unissait désormais à Nott. « Je l'ai appris quelque temps avant de fuir du Manoir et j'avais complètement oublié jusqu'à ce matin… », commença-t-elle sur un ton désolé. Harry lui adressa un sourire encourageant, pour lui montrer qu'il comprenait. « C'est Théodore Nott qui me l'a dit. »
« Quoi ? Le type de Serpentard ? », demanda Ron en fronçant les sourcils. « Depuis quand il n'est plus du côté des Mangemorts, celui-là ? »
« Il l'est toujours », répondit Hermione avec une grimace. « Enfin, d'une certaine manière. Disons qu'il n'est pas de notre côté mais que la chute de Tu-Sais-Qui arrangerait également ses petites affaires. Alors du coup, il s'est mis en tête de chercher les Horcruxes et il a trouvé la Coupe de Pouffsouffle… »
Harry semblait réfléchir intensément et une expression sombre se dessinait peu à peu sur ses traits.
« Harry, j'ai été obligée de lui dire quels étaient les Horcruxes que nous avions déjà trouvés et détruits… », reprit Hermione en se mordant la lèvre inférieure.
« Obligée ? », répéta Ron, incrédule. « Comment ça, obligée ? Il t'a torturée lui aussi, c'est ça ? »
« Non ! », se défendit Hermione, ne sachant plus quoi répondre pour ne pas éveiller les soupçons. « Enfin, si, peut-être. Un peu. Je… je ne sais plus. »
Harry lui jeta un regard étrange.
« Tu ne sais plus ? », reprit Ron, qui semblait très enclin à répéter la fin de chacune de ses phrases. « Comment on peut ne pas savoir si un type vous a torturé ou pas, Hermione ? Ça n'a pas de sens ! »
« Ron… », fit Harry sur le ton de l'avertissement.
« Je ne sais pas si tu le réalises, Hermione », s'emporta le rouquin, ignorant les regards appuyés d'Harry. « Mais il va falloir que tu te décides à nous expliquer ce qu'il s'est passé là-bas ! Ce silence, c'est … » Il passa une main dans ses cheveux et serra les dents. « Merlin, tu pourrais détenir des informations utiles, il va falloir que ça sorte un jour ou l'autre ! »
Harry posa une main douce mais ferme sur le torse de son meilleur ami, pour le faire reculer de quelques pas. En parlant, il s'était en effet rapproché d'Hermione, envahissant quelque peu son espace personnel et la jeune fille avait légèrement pâli. Ron se laissa repousser doucement et se détourna pour ronchonner. Le Survivant le suivit des yeux puis reporta son attention sur Hermione, qui semblait de plus en plus mal à l'aise. « Donc, d'après ce que tu sais, il aurait détruit la Coupe de Pouffsouffle ? Comment ? »
« Feudeymon », répondit doucement Hermione tandis qu'Harry hochait la tête.
« Des raisons de penser qu'il aurait pu te mentir et ne pas avoir détruit la Coupe ? », demanda-t-il tandis qu'Hermione se mordillait la lèvre de plus belle.
Bonne question : Théodore lui avait-il menti ? Peu probable. Il lui avait expliqué sa manière de penser de A à Z, sa haine des Moldus, de cette guerre fratricide entre sorciers de différentes origines, son désir de rendre au Monde Magique la grandeur qui lui était due. Sur le moment, Hermione avait eu trop peur pour le réaliser, mais avec le recul, elle trouvait qu'il lui avait parlé relativement librement. Comme si le fait de l'avoir prise de force avait créé un rapport de domination entre eux. Il était le maître, elle était l'esclave. Désormais à ses yeux, elle devait lui appartenir et leur rencontre dans la chambre de Malfoy avait dû confirmer cette impression, tant Hermione avait été incapable de lui faire face et de lui résister. Au plus profond d'elle-même, Hermione sentait que Nott ne pouvait donc pas lui avoir menti. Merlin, il ne devait même pas réaliser tout le mal qu'il avait causé. Ce n'était sûrement qu'un détail pour lui. Il avait carrément plaisanté à ce sujet en la voyant trembler de peur sous ses yeux. Non, il n'aurait pas pu mentir. Tout simplement car à ce moment-là, il s'était senti tout puissant. Et on ne ment pas quand on se croit au-dessus de tout.
Elle secoua la tête. « Non, j'en suis presque sûre. Il disait la vérité. »
A nouveau, Harry hocha la tête, sans pour autant la quitter des yeux. « Très bien. On va se préparer, descendre manger et ensuite on en reparlera sérieusement. » Il serra doucement son bras et partit en direction de sa malle pour en sortir des vêtements propres.
~o~
« Vous faites ça admirablement bien », observa Molly Weasley, une tasse de café à la main, en regardant Mrs Malfoy beurrer ses toasts ainsi que ceux de son époux. Lucius retint un grognement exaspéré et Narcissa tourna un visage ravi en direction de Mrs Weasley.
« N'est-ce pas ? », s'exclama-t-elle fièrement. « Enfin quelqu'un qui apprécie mon art à sa juste valeur ! C'est rare ! »
Des bruits de pas dans les escaliers firent lever le nez des adultes et Molly esquissa un large sourire en voyant ses jumeaux, Ron, Harry, Hermione et les deux jeunes Serpentards débouler dans la salle à manger. Ron lorgnait déjà les victuailles posées sur la table et ne se fit pas prier pour s'asseoir et se servir une assiette de bacon et d'œufs brouillés. Il protesta énergiquement lorsque George passa une main par-dessus son épaule pour lui chiper une tranche de bacon et l'engloutir en un quart de seconde, tandis que Fred pinçait une oreille de son petit frère, qui rougit instantanément sous l'affront.
Ron les chassa d'un grand geste du bras. « Ah mais, zut, prenez vos propres assiettes et arrêtez de me faire ch- »
« RONALD ! Ton langage ! », le reprit Molly en jetant un regard rapide en direction de Narcissa. Même si elle détestait l'admettre, elle ne voulait pas que Mrs Malfoy croie qu'elle n'arrivait pas à faire correctement l'éducation de ses enfants. Mais cette dernière se contenta de rire doucement, tandis que Ron ouvrait grand la bouche.
« Mais, maman, c'est eux qui ont commencé ! », geignit-il tandis que Draco s'asseyait près d'Hermione en levant les yeux au ciel.
« Ce type est une pollution sonore à lui tout seul… », marmonna le blond tandis que Ron le fusillait du regard et se relevait pour aller s'asseoir de l'autre côté d'Hermione, faisant claquer son assiette sur la table en chêne massif. George en profita pour lui voler une deuxième tranche de bacon, mais Ron était cette fois trop occupé à jeter des regards venimeux en direction du blond pour le remarquer.
« 'Mione », fit Ron en se serrant un peu plus contre elle. « Tu pourrais me passer le pichet de lait, s'il te plaît ? »
Hermione tendit le bras et saisit le lait avant de lui tendre. Elle tourna la tête en entendant un grognement agacé de la part de Draco.
« Mione ? », répéta le blond avec une grimace. « Pourquoi pas Hermy ou Herm, tant que t'y es ? »
« J'appelle mon amie comme je veux, Malfoy », rétorqua Ron en se servant un verre de lait.
Non, tu n'appelleras pas ma nana par des diminutifs stupides, se retint de maugréer Draco. Mais avant qu'il ait pu formuler une répartie cinglante, sa mère répondit à sa place.
« Je pense que ce que mon garçon voulait dire, c'est qu'Hermione a un si joli prénom qu'il serait dommage de ne pas le prononcer en entier, n'est-ce pas, Draco ? », fit Narcissa de sa voix chantante, tandis qu'Hermione lui souriait de toutes ses dents.
« Par pitié, Merlin, tuez-moi », grogna Lucius en se passant une main lasse sur le visage.
« Je crains que Merlin ne soit pas disponible pour le moment, mais si vous me le permettez je me ferai un grand plaisir d'accéder à votre requête, M. Malfoy », lâcha Blaise avec désinvolture, en se servant un peu de thé au lait. Fred éclata de rire et Lucius fusilla Blaise du regard, mais avant qu'il n'ait pu ajouter autre chose, la porte d'entrée de la Chaumière s'ouvrit toute grande et Kingsley Shacklebolt, accompagné de Rogue, Rémus et Tonks, firent irruption dans la pièce, l'air préoccupé.
« On a un gros problème », annonça Kingsley en jetant un regard soucieux à chacun des convives réunis autour de la table. Puis il s'arrêta sur Molly et pinça les lèvres. « Molly, je sais que tu vas me détester pour ce que je vais te dire, mais je vais devoir emmener Harry et Ron quelques heures. Ils doivent voir quelque chose. »
Harry sauta aussitôt sur ses pieds, tandis que Ron faisait de même mais en prenant tout de même le temps d'engloutir deux tranches de bacon supplémentaires, qu'il fit passer avec une grande rasade de lait.
« Où ? », demanda Harry, avec une expression déterminée.
Molly se redressa et tendit les mains devant elle. « Une minute, j'aimerais en savoir- »
Mais elle fut aussitôt interrompue par Hermione, qui se leva d'un bond. « Et moi, alors ? Il est hors de question que je reste ici les bras croisés ! Alors, où est-ce que nous allons ? »
« Où est-ce qu'on va, tu veux dire », renchérit Draco en se levant à son tour, bientôt imité par Blaise. « Il est hors de question que je reste ici si elle va quelque part », dit-il en désignant Hermione du doigt.
Ron leva les yeux au ciel mais ne dit rien. Rogue et Kingsley échangèrent un regard appuyé.
« Je vous avais prévenu », marmonna Rogue avec une grimace. Kingsley hocha la tête, conscient que cela ne servirait à rien d'argumenter.
« Il y a eu un meurtre », reprit Kingsley, gravement. « Deux pour être plus précis. » Kingsley jeta un regard étrange en direction de Draco et Blaise et ajouta : « Lansdowne Road à Notting Hill. »
Du coin de l'œil, Rogue vit Lucius Malfoy tiquer et lever le nez de son café. Son fils et Blaise mirent seulement trois secondes de plus à faire le lien entre l'adresse indiquée et…
« C'est la rue de Théo », fit Blaise en fronçant les sourcils. Draco vit Hermione trembler légèrement mais quel que soit le trouble qui l'envahissait, elle se reprit aussitôt et il fut le seul à remarquer ce petit détail.
« Que s'est-il passé ? », demanda Harry en fronçant le nez. Cela faisait deux fois dans la journée qu'il entendait le nom de Nott mêlé à des affaires étranges et il commençait à avoir la fâcheuse impression qu'Hermione ne lui avait encore une fois pas tout dit.
Rogue jeta un regard nerveux en direction de Lucius, qui ne perdait à présent plus une miette de la scène qui se jouait devant ses yeux. « Je propose qu'on finisse cette discussion à l'extérieur », gronda-t-il en entraînant le petit groupe à sa suite. Draco s'apprêtait à les suivre lorsqu'il réalisa soudain ce qu'il était en train de faire. Il se figea. Une minute. Il avait dit à Granger qu'il la sortirait du Manoir mais pour ce qui était d'aider ses potes de l'Ordre, il n'avait pas signé pour ça. S'il suivait Rogue et les autres à l'extérieur de la Chaumière, il n'y aurait plus aucun retour en arrière possible. Il serait désormais impliqué jusqu'au cou, lui qui avait toujours résolument voulu jouer la Suisse tout au long de cette guerre infâme. Rester neutre, ne plus prendre parti, laisser les autres jouer aux petits soldats et souffrir pendant que lui attendrait patiemment que l'un des deux camps remporte la mise.
Hermione, qui s'élançait déjà à la suite de Rogue et Kingsley, choisit cet instant précis pour se retourner et planter ses deux yeux noisette dans les siens. Sa bouche s'étira en un léger sourire inquiet et elle pencha un peu la tête sur le côté.
« Malfoy ? », demanda-t-elle dans un souffle. « Tu viens ? »
Draco regarda un instant la main qu'elle tendait dans sa direction et derrière elle, il vit que Blaise s'était arrêté lui aussi et le fixait, dans l'expectative. Il reporta son attention sur Hermione, dont le sourire avait quelque peu faibli face à son hésitation à les suivre.
Bouge, bordel, ou tu vas tout gâcher…, fit une petite voix dans sa tête. Par réflexe, il se tourna en direction de la table de la salle à manger, où son père le fixait avec une envie de meurtre dans le regard. Draco eut soudain l'impression d'avoir à nouveau cinq ans et il réprima une envie de courir se réfugier dans les jupes de sa mère. Sa mère … qui le regardait à présent avec plus de fierté que jamais. Celle-ci hocha imperceptiblement la tête et sourit d'un air pincé. Lucius tourna aussitôt la tête vers elle, furieux, mais il était trop tard. Son geste avait eu l'effet escompté. Avant que Lucius ait pu émettre le moindre son, Draco s'était détourné, avait saisi la main d'Hermione et pressait le pas pour rejoindre le reste du groupe à l'extérieur de la Chaumière. Il tenta d'ignorer les expressions soulagées d'Hermione et de Blaise lorsqu'il se remit en mouvement et décida qu'il ne pouvait pas leur en vouloir d'avoir douté de lui.
Ils rejoignirent enfin les autres dehors et attendirent patiemment que l'un des adultes ne se décide à parler. Ce fut Rogue qui brisa finalement le silence.
« Pour faire bref, je suis parti ce matin très tôt chez les Nott dans l'espoir de faire entendre raison aux parents de Théodore et … », Rogue s'arrêta, ne sachant pas s'il devait parler des pouvoirs étranges que le gamin avait développés dernièrement. Il avait mis Kingsley, Tonks et Lupin au courant de tout ce qui touchait de près ou de loin à Théodore, y compris sa mésaventure avec Hermione, mais l'idée d'en parler aux amis de la jeune fille lui parut soudain incongrue. Il décida donc de garder cette partie-là pour plus tard. Hermione devait penser la même chose car elle laissa échapper un petit soupir de soulagement lorsqu'il reprit, sans entrer dans les détails. « Enfin, peu importe, le fait est que lorsque je suis arrivé sur place, la rue était barrée et toute une équipe de la police moldue était sur les lieux. »
« La police moldue ? », s'étonna Hermione en fronçant les sourcils. « Comment se fait-il que le Ministère de la Magie n'ait pas envoyé son propre personnel ? »
« Personne de chez nous n'était au courant. Ce sont des voisins moldus qui ont donné l'alerte après… » Kingsley croisa les bras. Il s'était apprêté à dire après avoir senti une odeur atroce aux abords de la maison et ne pas avoir vu les Nott depuis plus de trois jours, mais s'était ravisé au dernier moment. « Enfin, bref Séverus m'a contacté et je suis arrivé sur les lieux aussi vite que possible. Grâce à mon statut d'ancien secrétaire du Premier Ministre moldu, je dispose d'un laisser-passer dans ce genre d'affaires. Mon nom ouvre encore beaucoup de portes dans l'administration moldue… », ajouta-t-il avec un sourire en coin.
Rogue se racla la gorge et Kingsley cessa aussitôt de sourire pour en revenir aux faits. « Hum, oui, et donc je disais que le Ministère de la Magie n'avait pas encore entendu parler de ces meurtres, et par chance, la Gazette non plus… »
« Qui sont les victimes ? », demanda Blaise, déjà presque sûr de la réponse.
« Greg et Romilda », répondit sombrement Rogue, avant de jeter un regard en direction d'Harry. « Enfin, je veux dire, les Nott. »
Blaise hocha la tête. Dire qu'il ne s'y attendait pas aurait été un mensonge.
« Pourquoi Vous-Savez-Qui se mettrait à tuer ses propres partisans ? Ils l'auraient trahi ? », marmonna Ron, pensif.
A ce moment-là, Rogue, Blaise, Draco, Lupin, Kingsley et Tonks baissèrent tous les yeux ou détournèrent leurs regards, gênés. Quant à Hermione, elle ne bougeait plus d'un millimètre. Cela n'échappa pas à Harry, qui sentit une pointe de colère bouillonner en lui. Ils savaient tous quelque chose. Quelque chose dont Ron et lui étaient volontairement mis à l'écart. Et si Harry Potter détestait bien quelque chose, c'était d'être mis à l'écart. Mais il décida que ce n'était pas le moment de jouer les adolescents en crise. Il avait compris autre chose en observant leurs réactions : ils ne pensaient manifestement pas que Voldemort était l'auteur de ce double meurtre.
« Ecoutez, je ne comprends pas pourquoi on devrait aller là-bas », reprit Harry. « De plus, je ne pense pas que la police moldue accepte de laisser entrer cinq mineurs sur une scène de crime pour qu'ils fourrent leur nez partout… »
« Sans compter qu'on est recherchés dans tout le pays. Vous vous rappelez ? Indésirables n°1 et n°2 », renchérit Ron en désignant Harry du doigt avant de pointer son index sur sa propre cage thoracique. « Et Hermione. Si un espion de Voldemort la voit avec nous et … eux (il désigna Draco et Blaise du doigt), on est tous foutus. »
Lupin prit alors la parole pour la première fois depuis son arrivée. « Très juste, Ronald. C'est pourquoi nous allons utiliser du Polynectar, ainsi que les identités d'anciens Aurors de liaison qui travaillaient jusqu'à récemment de concert avec certains services de police moldus. Ainsi, personne ne saura qui vous êtes et vous pourrez inspecter les lieux à votre guise. »
Ron sembla trouver l'explication satisfaisante et Rogue entreprit de distribuer des fioles de Polynectar, ainsi que de longs trenchs noirs et des badges, à chacun des adolescents. Hermione baissa le nez sur son badge et découvrit le visage qu'elle allait revêtir au cours des prochaines heures. Une femme d'une trentaine d'années, au visage froid et mince encadré de cheveux noirs mi-longs la dévisagea depuis la photo d'identité.
Bettina Williamson, Bureau britannique des affaires criminelles. MI7
« MI7 ? », s'étonna-t-elle en relevant la tête en direction de Kingsley. « Je connaissais le MI5, le MI6 mais pas le MI7… »
« C'est une autre division des services secrets britanniques, plutôt orientée vers le monde magique », expliqua patiemment le métis. « C'est le pont entre nos deux mondes, très utile dans ce genre de cas lorsque ces mondes entrent en brutale collision…. »
« Adalbald Fiertalon ? », cracha Draco en lisant son propre badge avec une expression horrifiée. « Vous vous foutez de moi ? »
Ron éclata de rire, bientôt imité par Blaise et Hermione. Mais Harry, lui, ne riait pas. Au contraire, il fixait Kingsley avec une expression qui commençait à mettre l'ex-Secrétaire du Ministre réellement mal à l'aise. « Il y a tout de même un détail qui me chiffonne, sans vous manquer de respect. »
« Je t'en prie, Harry », répondit Kingsley avec un sourire pincé.
« En quoi est-ce qu'on pourrait vous être d'une quelconque utilité là-bas ? Ça, je vous avoue que ça m'échappe. »
Les quatre adultes échangèrent des regards gênés et la bonne humeur d'Hermione s'envola comme peau de chagrin lorsqu'elle sentit une boule se former dans son ventre. Elle n'aimait pas ça du tout.
Kingsley poussa un long soupir et pinça les lèvres. « J'ai des raisons de penser que vous pourriez peut-être identifier certains objets sur place, notamment l'un d'entre eux… »
« Je n'ai jamais mis les pieds chez les Nott et Ron non plus, comment on pourrait reconnaître quoi que ce soit là-bas ? », insista Harry.
Kingsley se tourna vers Tonks et lui adressa un signe de tête entendu. Celle-ci eut un instant d'hésitation puis contourna la maison pour se diriger vers une stère de bois de chauffage. Derrière le tas de bûches, elle se baissa et ramassa quelque chose qu'ils avaient dû laisser ici avant d'entrer. Un balai. Un vieux balai. Elle revint et le tendit alors en direction de Ron. Le jeune Weasley sentit son petit-déjeuner remonter dans sa gorge. Deux petites lettres rondes étaient gravées dans le bois patiné, à l'extrémité du manche du vieux Comète qu'il ne connaissait que trop bien : GW.
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C'est fini pour aujourd'hui ! alors, comment avez-vous trouvé ? D'après vous que va-t-il se passer chez les Nott ? Vont-ils trouver la lettre ? Le livre ? Théo ?
Pauvre Mrs Weasley, je n'aimerais pas être là quand ils lui annonceront qu'ils ont trouvé le balai de sa fille sur les lieux d'un meurtre, alors qu'elle est censée être à Poudlard à des centaines de kilomètres de là !
J'espère que ça vous a plu et n'oubliez pas de reviewer pour me donner votre avis ! Il m'est très précieux !
Bisous et à la semaine prochaine !
Xérès
