The Rise and Fall
Les Blas-blas de Xérès : Un chapitre très spécial que voilà, puisqu'on va jouer un peu à un nouveau jeu que je vais appeler « L'Angleterre a un incroyable talent d'imitateur de Julie Lescaut ». Bon ok, j'ai juste eu envie de délirer un peu, vu que ce n'est pas tous les jours que je peux rallier ma première passion (Harry Potter) avec ma deuxième passion (les enquêtes criminelles sordides). Mais mis à part ce petit délire là, on va en apprendre un peu plus sur ce qu'il se passe dans la tête de Théo et les révélations vont être disons … imagées. Enfin, je vous laisse juger par vous-mêmes ! J'espère que vous allez apprécier autant que moi cette courte escapade dans le monde des séries policières et n'oubliez pas de me donner votre avis à la fin ! Bonne lecture et énormes bisous.
Merci à tous mes nouveaux followers (Niris, titine34, Yumeii, Carboplatine), ainsi qu'à Keiry95, Petitestef, Nelliel-G, sarah-blue1, chapou69, PetitMilou, Serdra, jprewett, laloudu77, Elena Grape, Loufoca-Granger, ellexa, HeyLiamIsMyHero, Passion Fugace, Ayden Quileute, Babar, Lune-Bleue22 pour leurs reviews.
RAR :
Ellexa : oui enfin, il a pensé « ma nana », pas « ma copine », ça aurait été pire. XD Harry commence franchement à avoir de gros doutes et oui, il va se creuser les méninges… espérons que la réaction ne sera pas trop explosive ! Merci pour ta review !
Chapitre 24 : Kill and Run
Ron fit glisser sa main tremblante sur les initiales gravées dans le manche du Comète. Près de lui, Harry accusait le coup. Il fixait le balai de Ginny sans un mot et si Hermione n'avait pas été suffisamment près de lui pour distinguer les cartilages de sa mâchoire se contractant nerveusement, elle aurait juré qu'il s'était changé en statue. Les lèvres pincées, elle le regardait avec une inquiétude croissante. Harry avait beau être incroyablement solide compte tenu de ses antécédents, il pouvait perdre tous ses moyens lorsque ses proches étaient en danger. Leur groupe en avait déjà fait les frais lorsque Voldemort avait soi-disant capturé Sirius au Ministère, ou lorsqu'Arthur Weasley s'était fait attaquer par Nagini. Mais comment allait-il réagir, maintenant que l'on touchait à Ginny ?
Le premier à bouger de nouveau fut Ron. Et il se jeta à la gorge de Rogue, le saisissant par le col. « Où est-elle ? », gronda-t-il, les yeux lançant des éclairs. « Où est ma petite sœur ? »
Lupin saisit Ron par les épaules et le força à reculer. Ron se dégagea d'un geste brusque et le fusilla du regard. « Tu nous prends pour des débutants, Ron ? J'ai contacté Minerva à Poudlard, dès que Séverus est revenu avec le balai », fit le loup-garou avec un grondement sourd. La pleine lune approchant, il avait tendance à perdre son calme un peu plus facilement. « Elle nous a assuré par Patronus interposé que Ginny s'était bien rendue à tous ses cours et qu'elle était actuellement en sécurité à Poudlard. Elle non plus ne comprend absolument pas ce que le balai de ta sœur faisait chez Nott. Alors par pitié, garde ton calme. »
L'idée de savoir Ginny encore à l'école sembla apaiser quelque peu Ron et Harry, tandis qu'Hermione fermait les yeux et poussait un soupir de soulagement. « Très bien, allons-y. Avec un peu de chance, on trouvera d'autres choses là-bas pour éclairer ce mystère », dit-elle tandis qu'Harry hochait la tête avec raideur.
Hermione baissa les yeux et vit qu'il serrait les poings tellement fort que ses jointures blanchissaient. S'écartant légèrement de Draco, elle prit l'un des poings d'Harry entre les siens et le caressa doucement. Harry et elle échangèrent un regard. La Gryffondor lui adressa un pauvre sourire encourageant, juste avant de déboucher sa fiole de Polynectar. Harry l'imita, bientôt suivi des autres et en quelques dizaines de secondes, le petit groupe d'adolescents avait disparu pour laisser la place à cinq adultes enfilant de longs trenchs noirs et épinglant leurs badges gouvernementaux sur leur poitrine.
« On se retrouve là-bas », fit Rogue sombrement. « N'oubliez pas de faire plusieurs étapes avant d'arriver à destination, au cas où. Lansdowne Road, Notting Hill. » Et sur ces dernières paroles, il franchit la barrière de protection placée autour de la Chaumière et disparut avec un craquement sonore.
~o~
Lorsqu'Hermione apparut dans un petit parc boisé près de Lansdowne Road, elle pensa tout d'abord que les Nott devaient être sacrément riches pour pouvoir se payer le luxe d'habiter dans cette partie de Londres. Toute la rue était bordée de grandes maisons de pierre blanche, agrémentées de clôtures en fer forgé et de petits jardins fleuris. L'endroit aurait pu être absolument parfait, si à quelques dizaines de mètres de là, un cordon de police ne bloquait pas la circulation. Des agents au visage grave se tenaient le long des barrières, empêchant les badauds de trop approcher de la maison. Un peu plus loin, le camion noir de l'Institut médico-légal était garé près du porche, les deux portières arrière ouvertes. Une poignée de techniciens en tenue blanche et surchaussures s'affairaient près de la porte d'entrée et dans le hall, tandis qu'un inspecteur en trench beige parlait avec l'un de ses lieutenants, les mains enfoncées dans les poches et le regard songeur.
Hermione sortit de derrière ses fourrés et fit quelques pas en avant.
« Reste près de moi », fit la voix glaciale de Draco derrière elle. Hermione se retourna et sursauta en le voyant à seulement quelques centimètres. Son nouveau visage de quarantenaire mal rasé l'avait surprise, mais elle se reprit. Elle hocha la tête et attendit qu'il arrive à son niveau. Petit à petit, les autres arrivèrent à différents points de la rue et ils convergèrent vers l'un des policiers en faction.
Kingsley se présenta le premier, montrant son propre badge à l'agent.
« Kingsley Shacklebolt, conseiller du Premier Ministre, je voudrais parler à l'inspecteur Jameson », dit-il en désignant du doigt l'inspecteur qui discutait toujours avec ses subordonnés. Le policier inspecta le badge de Kingsley et fronça les sourcils.
« Depuis quand Downing Street envoie du personnel sur les lieux d'un crime ? », marmonna le flic avant de pencher la tête sur le côté et de jeter un regard interrogateur en direction de ses accompagnateurs.
Hermione décida de prendre les devants et se planta devant lui, le badge bien en évidence. « Bettina Williamson, MI7. On nous a demandé de prendre le relais sur cette affaire. Jameson est au courant », assura-t-elle avec aplomb. Elle avait dit cela complètement au hasard, ignorant même que c'était précisément le cas.
Le policier regarda tour à tour Hermione « Bettina » et Kingsley, puis souleva le cordon jaune pour les inviter à passer en-dessous. Droite comme un i, Hermione passa de l'autre côté, tandis que Kingsley se retenait d'esquisser un sourire narquois. Décidément, cette petite l'étonnerait toujours. Harry vint se poster près d'Hermione, tandis que Malfoy lui jetait un regard curieux.
« Hermione, j'espère que t'as une idée de ce dans quoi on met les pieds ? », demanda Harry en jetant des regards nerveux
Hermione esquissa une grimace. « Disons qu'avec un peu de chance, les soirées passées avec mes parents à regarder Londres Police Judiciaire et toute la panoplie des Experts vont au moins me servir à quelque chose… »
« Génial », marmonna Harry en secouant la tête. « Super plan. »
« Ah, tais-toi… », le rabroua Hermione en se mordant nerveusement l'ongle du pouce.
Le petit groupe s'avança vers le porche de la résidence des Nott et l'inspecteur Jameson, un homme d'une quarantaine d'années au visage buriné et dont les cheveux commençaient à griser sur les tempes, se retourna pour les saluer. « Shacklebolt », fit l'homme avec un sourire narquois, avant de baisser d'un ton. « Quand tu m'as dit que tu allais chercher des renforts, je ne pensais pas que tu allais ramener toute ta troupe d'Houdinis sur ma scène de crime. » Il jeta un regard coquin en direction d'Hermione/Bettina, qui eut un mouvement de recul. « Williamson aurait suffi. Enfin, peu importe. Vous n'imaginez même pas à quel point ça pue la magie là-dedans. J'ai eu toutes les peines du monde à empêcher la criminelle de s'en mêler. Mais Scotland Yard a envoyé une équipe de téchos spéciale, rien que pour vous. En théorie, ils font tous partie de ceux qui savent. Quoi que j'ai encore des doutes pour le petit stagiaire, là-bas. Le con a dégueulé dans les rosiers, je vous jure j'étais à deux doigts de le coller aux archives pour les trois prochaines décennies. »
Hermione fronça les sourcils et dévisagea Jameson avec sévérité. Apparemment, cela devait être également une habitude chez Bettina car l'inspecteur n'en sembla pas surpris et gloussa. « Oh, ça va, Betty, détends-toi. Tu sais bien que j'ai toujours tendance à dédramatiser. »
« Qu'est-ce qu'on a ? », demanda-t-elle aussitôt pour remettre l'inspecteur dans le droit chemin.
Jameson gloussa de nouveau et secoua la tête. « Rien que du réchauffé », répondit-il en s'avançant en direction du porche. Il passa devant le camion de l'IML et attrapa une série de surchaussures et de charlottes qu'il distribua à tout le petit groupe. Draco, Blaise et Ron tournèrent un moment les leurs dans les mains, se demandant quoi faire avec, mais ils furent bientôt sauvés par Hermione et Harry, qui enfilèrent leurs équipements sans hésiter.
« Je disais donc, rien de bien différent des autres meurtres par magie. Deux macchab', aussi raides que les cols de chemise de mon grand-père, aucune lésion, aucune arme du crime », récita l'inspecteur en les faisant entrer dans la maison. Une odeur âcre et pestilentielle y régnait, rappelant à Hermione celle qu'elle avait humée sans arrêt pendant sa captivité au Manoir Malfoy. La même odeur de chair pourrie, d'excréments et d'humeurs, lourde, moite, qui prenait à la gorge. Hermione, Draco, Blaise et Rogue entrèrent presque sans ciller dans l'atmosphère viciée. Les autres, en revanche, eurent beaucoup plus de mal à garder le contrôle de leurs estomacs.
Jameson sembla surpris par la réaction d'Hermione et des Serpentards, un peu moins par celle du reste du groupe, tandis qu'il sortait une petite boîte de gel mentholé. « Je vous ai vus moins impassibles, vous autres », s'étonna-t-il en faisant tourner le gel, que chacun appliqua abondamment sous les narines, suivant encore une fois l'exemple de Kingsley, Hermione et Harry. « Betty, chérie, la dernière fois qu'on s'est retrouvés avec un macchab' qui puait autant, j'ai cru que tu allais partir en courant… »
Hermione le fusilla du regard. Elle n'aimait pas du tout les familiarités que se permettait cet homme avec elle. « Quoi d'autre ? », demanda-t-elle sèchement.
Jameson gloussa et désigna la porte d'entrée de la main. « Les gars de la scientifique sont en train de relever les empreintes sur la porte, mais à part celles de la famille, j'ai peur qu'on ne trouve pas grand-chose. Il n'y a pas eu d'effraction, mais bon comme vous savez ouvrir à peu près toutes les portes, vous autres… c'est pas franchement une surprise. »
Hermione leva les yeux au ciel et se retourna en direction des autres. Harry avait commencé à scruter chaque recoin avec attention, tandis que Ron semblait regretter d'avoir pris le temps de manger au petit-déjeuner. Le stagiaire n'allait peut-être pas être le seul à mettre une dose d'engrais biologique dans les rosiers…
« Des empreintes sur le sol ? », demanda Hermione, tandis que Kingsley esquissait un sourire amusé.
« Affirmatif », se moqua Jameson en imitant le ton autoritaire de « Bettina ». « On en a plusieurs exploitables à proximité des massifs. Du 40-41, des tennis relativement neuves. Les semelles ont un motif à lignes ondulées, un des téchos est quasiment sûr que ce sont des Adidas. Je vais le croire sur parole en attendant la réponse du labo, parce que moi les chaussures de mômes… » Il fit un geste évasif de la main. « L'empreinte n'est pas large ni très profonde, donc à priori notre gagnant est un poids-plume, plutôt jeune et de taille moyenne. »
« Ça pourrait très bien être celles de Th- … du fils », déclara Hermione tandis que l'inspecteur hochait la tête.
« C'est ce que je me suis dit », répondit-il en lui adressant un sourire charmeur.
Oh Seigneur, est-ce qu'il me drague ?, pensa Hermione, horrifiée. On est en train d'enquêter sur la mort de deux êtres vivants et lui, il…
« Parlons-en du fils, où est-il ? », demanda Kingsley en fronçant les sourcils.
L'inspecteur haussa les épaules. « Pas ici », lâcha-t-il simplement. « On suppose qu'il s'est posé en balai là où se trouvent les empreintes les plus profondes. Puis il est entré, a posé le balai qu'on vous a rendu ce matin dans l'entrée et ensuite, qui sait … il a trouvé ses parents raides et il s'est enfui. Ou alors il s'est fait enlever par ceux qui ont tué ses parents, mais il n'y a pas de traces de lutte c'est donc peu probable. »
Hermione sentit Draco passer près d'elle et se placer devant l'inspecteur. « Ou alors c'est lui qui a tué ses parents… », lâcha-t-il en fusillant l'homme du regard. Hermione pensa avec amusement qu'il ne devait pas non plus apprécier les manières de Jameson vis-à-vis d'elle.
« C'est une possibilité, en effet », marmonna Jameson en lui jetant un regard torve.
Hermione s'éloigna un peu et vit du coin de l'œil qu'Harry s'était baissé et mettait précipitamment un objet dans sa poche. Tout en prenant soin de le dissimuler à la vue de Jameson, elle s'approcha de lui et lui souffla : « Tu as trouvé quelque chose ? »
Harry se releva et hocha nerveusement la tête. « Une enveloppe à mon nom. C'est l'écriture de Ginny », affirma-t-il en pinçant les lèvres. « Elle s'était à moitié glissée sous le meuble de l'entrée, je suis tombé dessus complètement par hasard. »
Hermione prit une grande inspiration. « Garde-la précieusement, on la lira quand on sera un peu plus tranquilles. Je ne sais pas toi, mais je ne fais absolument pas confiance à ce Jameson. Il m'horripile à un point que tu n'imagines même pas. »
Harry acquiesça et s'engouffra dans le salon, pour continuer ses recherches. Hermione revint à pas lents en direction de Jameson. « A quand remonte le décès ? », demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
« Le légiste a dit entre 60 et 72 heures : les lividités indiquent que les victimes n'ont pas été déplacées après leur mort, ça nous facilite le travail. Un de mes lieutenants a interrogé le voisinage et à priori, l'estimation serait plausible car elle correspond à un témoignage des plus proches voisins… » Jameson sortit un petit calepin, qu'il feuilleta en fronçant le nez. « Les… Watson, qui disent avoir entendu une dispute il y a trois jours en fin d'après-midi, début de soirée. »
Hermione fit un tour sur elle-même, découvrant les lieux au fur et à mesure qu'elle avançait. La villa était digne de figurer dans un numéro de Maisons & Jardins. Des meubles anciens parfaitement entretenus se tenaient dans chaque pièce, trônant généralement sur des tapis d'orient tous plus immenses les uns que les autres. Les Nott ne vivaient manifestement pas dans le besoin. Toujours à pas mesurés, Hermione se dirigea vers une fenêtre ouverte dans le salon et sortit la tête pour regarder en direction de la rue. Les flics s'agitaient un peu partout, les badauds se pressaient toujours contre les barrières et Hermione crut voir quelques jeunes moldus prendre des photos avec leurs téléphones portables. Elle grimaça. Quel genre de tordus pouvait bien avoir envie de prendre de tels clichés ? Elle allait à nouveau s'éloigner de la fenêtre lorsqu'elle vit quelque chose qui lui glaça le sang. Quelque chose, ou plutôt quelqu'un.
De l'autre côté de la rue, juste devant l'une des barrières, se tenait Théodore, mêlé à la foule des curieux. Et il la regardait. Ou plutôt il regardait Bettina. Leurs regards se croisèrent et avant qu'Hermione n'ait pu réagir, elle le vit lever doucement un doigt sur ses lèvres, avant de lui adresser un large sourire. Il sait. Oh Merlin, il sait que c'est moi… Mais comment… ? Elle vit le visage juvénile de Théodore lui adresser un clin d'œil et la terreur accéléra soudain son rythme cardiaque.
« Herm-Williamson, ça va ? », fit une voix tandis qu'une main se posait sur son bras. Hermione fit un bond en arrière et se retourna sur Harry, qui lui jetait un regard inquiet. Aussi vite qu'elle le put, elle regarda de nouveau en direction de la rue, mais Théodore n'était plus là.
« Oui…je-tout va bien… », répondit-elle en s'éloignant d'un pas rapide de la fenêtre. Elle revint en direction de Kingsley, essayant de se recomposer un visage neutre.
« Où sont-ils ? », demanda Kingsley d'une voix grave. Jameson et lui échangèrent un regard. Il n'avait pas besoin de préciser qu'il parlait des corps. Jameson indiqua du menton la direction de l'escalier principal.
« A l'étage », répondit-il tandis qu'Hermione s'engageait sur les marches à la suite de Kingsley. « Dans le bureau. Vous pouvez pas le manquer, il y a au moins quatre ou cinq techniciens dedans. Je vous accompagne pas, m'en voulez pas ? J'ai déjà vu tout ce qu'il y avait à voir là-haut. »
Hermione s'apprêtait à suivre Kingsley à l'étage lorsque Jameson la saisit par le bras et l'attira dans sa direction. « On va boire un verre après ? Comme d'habitude ? », murmura-t-il tandis qu'Hermione se dégageait tout en s'efforçant de ne pas lui jeter un regard dégoûté. Manifestement, Williamson et ce type sont bien plus que des collègues de travail…, pensa Hermione. Bon désolée Bettina, mais ce type n'est clairement pas l'homme idéal de toute façon…
« Désolée, je-…je ne suis plus intéressée », marmonna-t-elle avant de filer au premier étage, sous le regard incrédule du policier. Draco/Adalbald dépassa Jameson avec un sourire narquois et grimpa les escaliers à son tour.
Au fur et à mesure de leur ascension, l'odeur devenait plus forte et Hermione grimaça. Elle sentait ses yeux larmoyer tant la puanteur semblait s'infiltrer par tous les pores de sa peau. Harry, Ron et Blaise, qui les avaient suivis, pâlissaient dangereusement et Ron se sentit à deux doigts de rendre son petit-déjeuner. Il émit un petit gargouillis étrange et tous se retournèrent dans sa direction.
« Je propose qu'on aille inspecter les autres pièces », bégaya Harry, qui commençait à se sentir mal lui aussi, malgré l'abondance de gel mentholé au-dessus de sa lèvre supérieure.
« Bonne idée », renchérit Ron en se dirigeant aussi sec vers la porte la plus éloignée.
Hermione le suivit du regard, sourcils froncés.
« Williamson ? », fit Rogue en arrivant à son tour sur le palier. Hermione ne répondit pas tout de suite, toujours tournée dans la direction par laquelle Ron avait détalé. « Williamson ! »
Hermione sursauta. Mince, c'est vrai, c'est moi Williamson. Elle se retourna et vit Rogue s'approcher de la porte du bureau. « Venez avec moi, nous avons quelque chose à trouver dans cette pièce. Vous vous sentez prête ? »
Hermione leva le nez vers le visage fermé de l'ancien Maître des Potions. De quoi parlait-il ?
« Je vous expliquerai tout une fois à l'intérieur, venez », marmonna Rogue en l'entraînant à sa suite.
Draco les regarda s'éloigner, une expression inquiète sur ses traits. Mais l'idée de se retrouver face à deux nouveaux cadavres eut raison de lui et il opta pour rejoindre les autres dans les pièces voisines. Il se dirigea sans hésiter vers ce qui avait été la chambre à coucher de Théo, et en poussant la porte, il vit que Blaise avait eu la même idée. L'Italien et les deux Gryffondors déambulaient entre les meubles, scrutant chaque recoin d'un air grave. Ils levèrent les yeux lorsque Draco entra dans la pièce, puis se remirent à chercher en silence.
« Dire qu'on est venus ici des dizaines de fois… », marmonna Blaise, en fourrant les mains dans les poches de son trench. « C'est tellement bizarre. »
Draco haussa les épaules. « Tu as trouvé quelque chose ? »
Blaise répondit par la négative. « Rien que des trucs … normaux. » Il se mordit la lèvre. « Merde, bien sûr que tout semble normal. Je veux dire … c'est Théo ! Notre pote. On jouait aux pirates dans cette putain de chambre. Alors ok, il a légèrement déraillé ces derniers temps, mais qui n'a pas déraillé à un moment donné depuis le début de cette foutue guerre ? » Blaise passa une main dans ses cheveux et fit un tour sur lui-même. « Mais à ce point-là ? C'est insensé, non ? Y'a forcément un truc. »
Un grincement puis un grand fracas métallique retentit derrière eux et les deux Serpentards se retournèrent, pour découvrir Ron agenouillé sur le sol, une petite grille d'aération en fer forgé à la main.
« Euh… désolé … je … euh… c'est presque tombé tout seul », fit Ron en tentant maladroitement de remettre la grille en place. En vain.
« Ron… », soupira Harry avec une pointe d'exaspération.
« C'est pas ma faute, Harry », se défendit aussitôt le jeune homme avec une grimace. « Je te jure, j'ai à peine touché et ça m'est tombé dans les mains. »
Draco leva les yeux au ciel et se laissa tomber sur le fauteuil près de la fenêtre, tandis qu'Harry lui jetait un regard agacé. Mais Blaise n'avait pas bougé. Il fixait la bouche d'aération désormais dénudée avec une expression songeuse.
« Quoi ? », fit Ron avec une grimace. « C'est bon, c'est pas comme si les propriétaires allaient revenir pour se plaindre… »
D'un bond, Blaise fut à quatre pattes et enfonçait le bras entièrement dans la bouche d'aération, tâtonnant la conduite à la recherche de … de quoi, en fait ? Il n'en avait aucune idée. Mais dans cette maison toujours si parfaitement tenue, l'idée même qu'une bouche d'aération soit mal fixée était stupide. C'était forcément intentionnel.
« Qu'est-ce que tu fous ? », demanda Draco, depuis son fauteuil.
Les doigts de Blaise effleurèrent alors quelque chose et l'objet racla contre la paroi de la conduite avec un bruit caractéristique. Les trois autres garçons se redressèrent aussitôt et Blaise esquissa un sourire tout en s'efforçant d'avoir une meilleure prise sur ce qui était caché dans la ventilation. Soudain, ses doigts se refermèrent sur ce qui semblait être une boîte cartonnée et avec un cri de triomphe, il l'extirpa de sa cachette.
« Weasley, ça va très certainement m'arracher la bouche de te dire ça, mais … tu es un génie », gloussa Blaise en montrant sa prise aux autres.
« Ouais, ouais, on sait, Weasley est notre Roi », chantonna Draco tandis que Ron lui jetait un regard venimeux. « Ouvre-la. »
Blaise ne se fit pas prier et ôta le couvercle de la boîte, un large sourire aux lèvres. Sourire qui se figea aussitôt lorsque la première chose qu'il vit dans la boîte fut le visage d'Hermione qui lui souriait de toutes ses dents. Des photographies. Des dizaines de photographies et coupures de la Gazette plus ou moins récentes s'entassaient à l'intérieur. Blaise se dirigea lentement vers le lit et retourna le contenu de la boîte sur l'édredon. Les clichés s'entassèrent mollement sur le tissu et Blaise constata avec un malaise grandissant que les mêmes personnes se retrouvaient systématiquement sur le papier glacé. Des photos volées, prises à distance, des coupures de journaux, dont notamment l'article La blessure secrète de Harry Potter, le mal aimé. Harry le reconnut tout de suite et s'en saisit. Rita Skeeter ne l'avait pas épargné à cette époque, décrivant joyeusement ses troubles d'adolescent à l'ensemble du public de la Gazette. Mais ce n'étaient manifestement pas les déboires du Survivant qui avaient forcé Nott à conserver cet article. Certains passages étaient même soulignés.
Miss Granger, une jeune fille ordinaire mais ambitieuse, semble éprouver pour les sorciers célèbres une attirance particulière que Harry ne peut satisfaire à lui tout seul. Depuis l'arrivée à Poudlard de Viktor Krum, l'attrapeur de l'équipe de Quidditch de Bulgarie et héros de la dernière Coupe du Monde, Miss Granger paraît s'amuser beaucoup de l'affection que lui portent les deux garçons. Krum, qui s'est de toute évidence pris de passion pour la tortueuse Miss Granger, l'a déjà invitée à lui rendre visite en Bulgarie pendant les prochaines vacances d'été et ne cesse de lui répéter qu'il n'a « jamais ressenti quelque chose d'aussi fort pour une autre fille ».
Il n'est toutefois pas certain que ce soit le charme discutable de Miss Granger qui ait eu sur le malheureux un tel pouvoir d'attraction.
« Elle est vraiment laide », n'hésite pas à affirmer Pansy Parkinson, une jeune fille vive et séduisante, élève de quatrième année. « Mais elle est très ingénieuse et serait bien capable d'avoir fabriqué un philtre d'amour. Je crois que c'est comme ça qu'elle y arrive. »
Harry fronça les sourcils et plongea la main dans la pile de photographies, en sortant une poignée au hasard. Beaucoup d'entre elles représentaient Hermione à Poudlard, au détour de couloirs, dans les tribunes de Gryffondor, à Pré-au-Lard ou encore (et Harry sentit son sang ne faire qu'un tour) en vacances sur les plages de France avec ses parents.
« C'est quoi ce bordel ? », souffla Ron en passant en revue les photographies éparpillées sur les couvertures. D'autres visages connus apparaissaient sur les différents portraits. Colin et Dennis Crivey, Justin Finch-Fletchey, Dean Thomas, Pénélope Deauclaire, Mandy Brocklehurst, Megan Jones, Sally-Anne Perks... Tous des nés-Moldus. Mais il leur était impossible de nier l'évidence : le visage le plus récurrent était sans conteste celui d'Hermione Granger. Par réflexe, Blaise et Draco échangèrent un regard rapide. Mais manifestement pas assez. Harry les vit et sa colère déborda littéralement, tel un volcan en éruption. Il jeta les photographies qu'il tenait à la main sur le haut de la pile et poussa un juron.
Blaise et Draco lui jetèrent un regard inquiet. Ron s'était quant à lui penché sur les photos qu'Harry venait de reposer et sa bouche s'ouvrit et se referma plusieurs fois en silence. Si Draco n'avait pas été aussi terrifié à l'idée de voir Potter imploser, il en aurait certainement profité pour se foutre ouvertement de la tête stupide de Weasley. Mais ce n'était clairement pas le moment.
« C'est lui, n'est-ce pas… ? », gronda Harry d'une voix si rauque que Blaise sursauta légèrement.
« Potter… », commença Draco sur le ton de l'avertissement. « La ferme. »
« Pourquoi est-ce que votre pote a des photos d'Hermione en maillot de bain ? », s'énerva Ron, tellement stupéfait qu'il n'avait pas encore remarqué le psychodrame qui se jouait entre les trois autres adolescents. « C'est quoi, une espèce de mauvaise blague franchement douteuse ? », ajouta-t-il en se redressant pour regarder tour à tour les deux Serpentards. Mais Draco et Blaise ne lui accordèrent pas une seule seconde d'attention. Ils étaient tous les deux tournés vers Harry dont le visage d'emprunt se creusait progressivement de rides de colère, déformant ses traits.
Puis sans prévenir, il saisit Draco/Adalbald par le col de son trench et le plaqua violemment contre le mur le plus proche. Draco se laissa faire, pris par surprise. « Je t'ai posé une question, Malfoy », reprit Harry, les dents serrées. « Est-ce que … c'est lui ? »
Draco détourna le regard en direction de Blaise, puis reporta son attention sur Harry dont le visage n'était plus qu'à quelques centimètres du sien. Il cligna lentement des paupières, pinçant les lèvres. La pression des poings de Potter sur son col se réduisit aussitôt et il sentit leur poids disparaître progressivement. Le blond se détendit quelque peu en voyant le Survivant reculer, saisir les photos à pleines mains et les fourrer de nouveau dans la boîte, sous le regard perplexe de Ron.
« Harry, c'est quoi le problème ? », demanda Ron, inquiet face au comportement de son meilleur ami.
Harry ne lui répondit pas, finissant de ranger les clichés et refermant la boîte, qu'il enfouit sous son trench. Puis il se dirigea vers la porte de la chambre et se retourna une dernière fois, la main sur la poignée.
« Je rentre à la Chaumière », gronda-t-il en fusillant Malfoy du regard. « Quand vous aurez fini, dis à Hermione que je l'attends dans notre chambre et qu'il va falloir qu'on ait une petite discussion tous les deux. »
Il allait sortir quand Malfoy l'interpella. « Hermione parlera si elle a envie de parler, je refuse de-
« JE NE ME RAPPELLE PAS T'AVOIR DONNÉ LE CHOIX ! », aboya Harry avant de désigner du doigt la bosse que formait la boîte sous son trench. « Ca, là... ça va trop loin. J'estime avoir été suffisamment patient mais maintenant, il est temps. »
Il s'engouffra hors de la pièce et disparut, bientôt suivi par Ron, qui n'avait absolument aucune idée de ce qui était en train de se passer, si ce n'est que la situation était manifestement grave. Le souffle coupé, Draco se radossa au mur et se laissa lentement glisser jusqu'au sol, se prenant la tête à deux mains.
« Il a pété un câble », murmura Blaise en se laissant tomber sur le lit de Théodore.
« Ouais, c'est pas un scoop », marmonna Draco encore sous le choc de s'être fait hurler dessus par son ennemi de toujours. « Ça doit être sa cicatrice qui le travaille. »
Blaise fronça les sourcils. « Pas Potter », corrigea-t-il. « Théo. »
« Ah », fit simplement Malfoy, la mine sombre. Ouais, c'est vrai, lui aussi…
Blaise croisa les bras et fixa l'édredon où se tenaient encore les photos quelques minutes plus tôt. « A quoi ça rime, tout ça ? », demanda-t-il tandis que Draco suivait son regard, pensif. « Toutes ces photos de nés-Moldus, d'Hermione… bordel, mais qu'est-ce qui peut bien lui passer par la tête ? »
« Théo a apparemment expliqué à Granger qu'il pensait que les véritables ennemis étaient les Moldus, mais que les Sangs-de-B… les nés-Moldus étaient en quelque sorte une évolution bénéfique de leur race… », répondit Draco en levant les yeux au ciel. « T'es d'accord avec moi, c'est stupide. »
Blaise lui jeta un regard désapprobateur. « Attends, tu n'aurais pas embrassé l'une de ces 'évolutions stupides' pas plus tard que la nuit dernière ? », se moqua gentiment Blaise avec un sourire narquois.
« C'est pas pareil », se défendit Draco en se relevant dignement. « Granger, c'est la plus d- » Il se tut. Il venait de réaliser pourquoi le visage d'Hermione était celui qui revenait le plus souvent sur les clichés de Théodore. Il se tourna vers Blaise et à voir son expression grave, il sut que lui aussi avait compris.
« La sorcière la plus douée de sa génération », acheva Blaise lentement. « Exactement. »
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C'est terminé pour cette semaine ! Alors, alors, alors ? J'espère que vous vous êtes bien amusés à jouer les Experts dans la première partie du chapitre (moi en tout cas, j'ai bien rigolé^^). Et que pensez-vous de la découverte des photos ? C'est sinistre, non ? Inquiétant ? Pervers ? Et la réaction d'Harry ? Elle n'augure rien de bon … N'oubliez pas les reviews ! En attendant, je vous fais de gros bisous et vous remercie tous d'avoir encore été là cette semaine ! A lundi prochain !
Xérès
