The Rise and Fall
Les blas-blas de Xérès : Bonjour tout le monde ! Alors tout d'abord, une petite annonce que je fais passer au nom de luli123. Elle recherche actuellement une fiction qui n'apparaît plus sur le site : il s'agit d'Espoir dans la Tourmente, par MissWriter33. Si quelqu'un a donc un exemplaire de cette fic quelque part, transmettez-la à luli123 (ça lui fera très plaisir, ainsi qu'à beaucoup d'autres lecteurs qui la recherchent également !).
Passons maintenant au nouveau chapitre de « Rise », qui sera riche en émotions (surtout vers la fin, je sens que vous allez me traiter de tous les noms ). J'ai eu quelques reviews me disant que le dernier chapitre avait été une véritable torture pour la fréquence cardiaque et la tension artérielle, alors désolée mais ce n'est pas fini !hihi J'espère que vous l'apprécierez tout autant ! Bonne lecture à tous ! (Et n'oubliez pas la petite review qui fait plaise à la fin, je ne le répète jamais assez !)
Un grand merci à mes nouveaux followers (WatchHeart7076), ainsi qu'à Petitestef, DramioneTouch, PetitMilou, Erza Robin, chapou69, laloudu77, ellexa, Babar, Lune-Bleue22, luli123, jprewett, Eranounette, Elena Grape, nadra, Serdra, Audrey917000, Eliane Gil, Loufoca-Granger, sarahblue1, TimeLady15, TatieBella, miss damdam, Passion Fugace, Etoilemment pour leurs reviews. J'ai dépassé les 400 reviews cette semaine et C'EST GRÂCE A VOUS TOUS ! Merci, merci, merci, merci, merci !
RAR :
Ellexa : MDR tu transmettras mes excuses à ton frère de ma part ! lol J'assume la responsabilité de tes actes. J'espère que la scène avec Harry et Draco ci-après te plaira. Et si Hermione devait absolument sortir seule, c'est parce que … (ah ah, la suite un peu plus bas) ! Bisous et merci pour ta review )
Babar : XD oui « quand on est dans une situation tendue et que l'on se menace mutuellement avec des armes, on nous apprend à désamorcer la situation : en s'asseyant autour d'une table et d'une tasse de thé », elle était énorme cette scène. J'ai pas regardé, tiens, si ça existait les fics sur Lilyhammer Kissous partout.
Eranounette : Ne t'en fais pas, je n'ai pas l'intention de m'arrêter ^^ Merci pour ta review ! (PS : je vais changer le titre de cette fic, je vais l'appeler « Make tea, not war » MDR)
Nadra : ah mais c'est une super idée, les voyages en Europe … à la réflexion, je pourrai peut-être inclure une petite chasse à l'homme internationale à un moment donné ! Je vais étudier la question, peut-être que ce sera pour plus tard ! Merci encore pour ta review !
TimeLady15 : arf, j'espère que ton bac blanc s'est bien passé ^^ Courage, c'est la dernière ligne droite avant les vacances d'été ! Sache que tu ne m'embêtes pas du tout, j'aime lire les reviews, surtout quand elles sont déjantées et rigolotes ^^ J'espère pouvoir me régénérer aussi du coup, et continuer à écrire aussi longtemps que possible ! Merci pour tes reviews ! )
Chapitre 26 : Au bord du gouffre
La porte avait claqué derrière Hermione depuis une bonne minute lorsque Potter daigna enfin se relever. Pendant tout ce temps, il n'avait cessé de fixer Draco sans rien dire, les yeux écarquillés et les mâchoires serrées. Quant à Draco, son cerveau fonctionnait à toute allure.
Elle m'a appelé Draco.
Potter va me massacrer.
Depuis quand elle m'appelle Draco ?
Où est ma baguette ? Ah, dans ma poche, sauvé !
J'aime bien l'entendre prononcer mon prénom. Est-ce que je devrais l'appeler Hermione ?
Misère, Potter se relève. Adieu, monde cruel.
Draco fit un petit pas en arrière en voyant le Survivant poser un genou à terre et se redresser, avec des gestes lents et hasardeux, comme un automate dont le réservoir de carburant commencerait à faiblir. Il fixait toujours Draco et le Serpentard commença à se sentir franchement mal à l'aise.
« Est-ce que tu vas me frapper ? », demanda soudain le blond à Harry, impassible.
Harry fronça légèrement les sourcils.
« Je devrais ? », demanda-t-il sèchement.
Draco secoua la tête. « A mon avis, non », marmonna-t-il en reculant de nouveau d'un pas. « Mais ce n'est que mon avis, alors… »
« Alors, pourquoi est-ce que tu recules ? », ironisa Harry en avançant dans sa direction.
« Potter, je suis désolé de t'avoir frappé », fit précipitamment le blond. « Je sais que tu dois mourir d'envie de te venger mais par pitié… n'abîme pas mon visage. »
Harry n'en croyait pas ses oreilles. « Pourquoi je m'abstiendrais alors que tu ne t'es pas privé d'abîmer le mien ? », s'insurgea-t-il en désignant sa joue rouge du doigt.
« Le tien, il est déjà- », commença Draco avant de refermer la bouche aussi sec. Bien que la répartie soit tentante, ce n'était clairement pas la meilleure chose à dire. « Je veux dire, parce qu'on est du même côté maintenant et qu'il ne faudrait pas mettre en péril le fragile équilibre qui se crée dans cette maison ? », tenta-t-il misérablement. Harry roula des yeux, avant de se détourner pour s'asseoir lourdement sur son lit.
Passant une main dans ses cheveux bruns, le Survivant poussa un long soupir. « Maintenant que je suis au courant de ce qu'il y a entre vous, je ne peux plus te frapper. Hermione m'en voudrait à mort. Enfin, encore plus qu'elle ne m'en veut déjà, j'imagine. » Draco jeta un regard curieux et méfiant en direction de Potter. « En d'autres termes, sa petite déclaration choc t'a un peu sauvé la mise », reprit le brun. « Et puis le fait qu'elle et toi avez décidé d'entamer une relation ne me regarde pas. Même si la-dite relation est bizarre, contre-nature et que je la désapprouve totalement… », marmonna-t-il.
« Ah, donc toi aussi tu crois que les Sangs-Purs ne devraient pas fricoter avec des nés-moldus ? », s'étonna Malfoy avec une grimace.
Harry leva la tête et le regarda comme s'il sortait de l'asile. « Bien sûr que non… mais un Serpentard avec une Gryffondor, en revanche… »
Malfoy hocha la tête, comme si cette explication-là était carrément plus claire. Sauf que non.
« Et de toute façon, je m'en doutais un peu… », acheva le brun avec une expression désespérée, tandis que l'autre fronçait les sourcils. Comment ça, il s'en doutait ? Ça ne fait même pas 24 heures ?
Harry leva le nez et dut trouver l'expression perplexe de Malfoy très drôle car il ricana. « Oui, Malfoy, j'ai senti qu'il se passait un truc pas net le jour-même où vous avez débarqué ici… »
« N'importe quoi », bougonna Draco en détournant le regard. Il est taré ce type, il se prend pour Blaise, à faire des allusions pareilles ?
Harry secoua la tête et son sourire faiblit quelque peu. « J'ai abusé tout à l'heure… avec elle. » Il se pencha en avant et posa ses coudes sur ses genoux. « Mais tu sais ce que c'est le pire, dans l'histoire ? Ce n'est pas contre elle que je suis en colère. C'est contre moi-même. Et plus je m'en veux, plus je décharge ma frustration sur elle. »
Draco regardait Harry avec curiosité et celui-ci se demanda pourquoi il lui racontait tout cela. N'importe qui d'autre dans cette maison (à l'exception peut-être des deux autres Malfoy qu'elle contenait) aurait fait un meilleur confident que le Serpentard. Il songea un instant à se taire et à quitter la pièce, mais maintenant qu'il avait commencé, les mots semblaient ne plus vouloir s'arrêter. Ne sachant absolument pas quoi dire et franchement gêné de la situation, Draco restait silencieux, espérant que Potter finirait par se taire. Peine perdue.
« Je sais qu'on s'était dit qu'en cas de Rafle, les autres se sauveraient si l'un d'entre nous était pris… mais… » Harry prit une grande inspiration. « C'était la pire connerie de toute ma vie. Si j'étais resté à ses côtés, rien de tout cela ne serait arrivé. »
Je rêve, il me prend pour son psy ?, pensa Draco en jetant un regard impatient du côté de la sortie. J'ai autre chose à faire moi…
« Mais non, Potter », lâcha Draco d'un air las. « Si tu t'étais fait prendre, le Seigneur des Ténèbres t'aurait buté et la guerre aurait été perdue. Alors certes, rien ne m'aurait fait plus plaisir que de voir cette planète enfin débarrassée de ta grosse tête mutilée, mais en ce qui concerne Granger, ça ne l'aurait pas empêchée d'être torturée, violée et très certainement tuée. »
Harry releva la tête et fusilla Draco du regard. « Je me demande franchement ce qu'elle te trouve… », maugréa le Survivant.
Alors on est deux, grinça intérieurement Draco avant de reprendre à haute voix. « Bref tout ça pour dire : non, ce n'était pas une connerie », acheva le Serpentard en enfonçant les mains dans ses poches d'un air buté. « Je déteste devoir dire ça, mais encore une fois, Harry Potter a sauvé le monde. Hourra. »
Harry esquissa un sourire sarcastique. « Le monde, vraiment ? »
« Bon ok, l'Angleterre », corrigea Malfoy. « Ce qui, entre nous, est déjà pas mal. »
Harry secoua la tête et se mit à fixer Draco, les sourcils froncés.
« Quoi ? », fit le blond avec une grimace.
« J'espère sincèrement pour toi, Malfoy, qu'Hermione ne s'est pas trompée sur ton compte », lâcha lentement Harry en le sondant littéralement du regard. « Que tu as vraiment changé. Mais si jamais c'est encore une de tes combines de sale Mangemort pour nous nuire… je te le ferai regretter. Amèrement. »
Draco releva le menton et toisa Harry de toute sa hauteur. Ce-dernier fut alors surpris de la ressemblance entre Draco et son père dans cette position. « Potter, si jamais je devais trahir Granger… », gronda Draco tandis que ses iris gris lançaient des éclairs. « Je viendrai te supplier moi-même de me tuer. »
Nouveau silence. Potter parut extrêmement satisfait de sa réponse et Draco jeta un regard insistant en direction de la porte de la chambre. Il brûlait d'envie de planter Potter et de rejoindre Gr-Hermione. Hermione. La seule idée de prononcer ce prénom était étrange. Etrange et agréable. Mais surtout étrange. Ou agréable ? Impossible de le savoir. Et ce n'était pas en restant dans cette chambre avec Potter qu'il le découvrirait. Mieux valait prendre la poudre d'escampette pendant que le Balafré était de nouveau plongé dans ses pensées. Draco fit un pas, puis deux, puis trois en direction de la sortie, tentant de faire le moins de bruit possible.
« Merlin, mais qu'est-ce qu'on va dire à Ron ? », murmura Potter alors que Draco n'était plus qu'à deux pas de la liberté. Le bras à moitié levé en direction de la poignée de la porte, Draco se figea, maudissant intérieurement Potter et ses questions. Avant de réaliser qu'il ne lui devait rien. Il pouvait très bien faire comme s'il n'avait rien entendu et rejoindre Hermione. Hermione, Hermione, Hermione. De moins en moins bizarre et de plus en plus agréable. Il saisit la poignée de la porte.
« Ça va l'anéantir », reprit Potter, qui semblait ignorer tout de son petit manège près de la sortie.
Draco roula des yeux et se retint de grogner. Il fit volte-face. « Potter, écoute-
C'est alors qu'un hurlement d'horreur, en provenance de l'une des pièces voisines, leur vrilla littéralement les tympans.
~o~
Hermione claqua la porte de la chambre, puis s'appuya un instant contre le panneau de bois. Reprendre son souffle. Ravaler la boule dans sa gorge. Ne pas donner un coup de poing dans le mur. Hermione inspira profondément et essuya furtivement une larme solitaire au coin de son œil droit. Elle tourna la tête dans le couloir et avisa la porte qui menait à la salle de bains de l'étage. Un peu d'eau fraîche sur le visage lui ferait le plus grand bien. Elle se décolla de la porte et traîna les pieds jusqu'à la salle d'eau, refermant derrière elle. Nouvelle inspiration profonde. Elle devait se calmer. Harry avait les nerfs à fleur de peau depuis qu'ils avaient émis l'hypothèse qu'il était le septième Horcruxe. Il y avait de quoi, il fallait l'avouer. Mais elle avait toujours l'impression qu'il lui en voulait d'avoir eu cette idée, comme si cela faisait d'elle la responsable de tous ses malheurs. C'était idiot, elle le savait. Mais il n'était jamais aussi dur avec Ron, malgré les bourdes accumulées par le rouquin au fil du temps. Elle, était toujours irréprochable, vive, réactive. Elle n'avait fait qu'une seule erreur, celle de se laisser attraper, et Harry lui était tombé dessus comme si c'était la deux centième.
Hermione renifla et tête baissée, se dirigea vers le lavabo, dont elle fit tourner le robinet d'eau froide. Mettant ses mains en coupe sous le flux d'eau fraîche, elle attendit que le niveau d'eau monte suffisamment et y plongea son visage. La caresse de l'eau glacée sur ses joues en feu lui fit le plus grand bien. Elle réitéra son geste, puis frotta ses paupières pour les débarrasser du surplus d'eau. Elle tâtonna sur sa gauche et trouva sa serviette de bain laissée à sécher sur le portant. Elle la saisit et enfouit son visage à l'intérieur, tamponnant délicatement sa peau pour ne pas la faire rougir encore plus. Baissant la serviette, elle leva alors les yeux pour constater les dégâts dans le miroir qui surmontait le lavabo. C'est là, dans son dos, entre elle et la porte fermée, qu'elle la vit.
La silhouette de Théodore se reflétait dans le miroir, à gauche de son propre visage.
Etouffant un cri, Hermione saisit aussitôt sa baguette dans sa poche et en moins d'une seconde, elle se retourna, la pointant devant elle. Mais elle était seule. Avec un gémissement de panique, elle balaya toute la pièce du regard. Rien. Sa respiration s'accéléra. Elle devenait folle. Elle commençait à le voir partout.
Le cœur battant, Hermione se rapprocha de nouveau du lavabo, guettant du coin de l'œil le moment où elle se verrait de nouveau sur le miroir. Elle poussa un nouveau gémissement en constatant, que Théodore, lui aussi, y était à nouveau visible. Sans quitter son reflet (et Nott) des yeux, Hermione tendit un bras derrière elle et tenta de le toucher. Elle vit son bras traverser le torse de Nott dans le miroir, mais dans la réalité, sa main ne rencontra que du vide. Sous ses yeux horrifiés, elle vit Théodore lui adresser un sourire coquin et lui faire un clin d'œil. Hermione eut l'impression qu'elle allait faire une crise cardiaque. Du moins le pensait-elle, jusqu'à ce que …
Toi et moi on ne se quitte plus, Granger…, fit la voix amusée de Nott. Directement dans son cerveau.
Brandissant sa baguette droit devant elle, Hermione pulvérisa le miroir, et hurla comme elle n'avait jamais cru pouvoir un jour hurler.
Dans la chambre voisine, Harry et Draco se précipitèrent dans le couloir. Le hurlement avait été précédé d'une petite explosion, les deux garçons avaient donc aussitôt saisi leurs baguettes, guettant le moindre signe d'attaque. Dans le corridor, ils regardèrent fébrilement autour d'eux, cherchant d'où pouvait bien venir le vacarme. Un bruit de chute provenant de la salle de bains les aida à se décider et ils s'élancèrent.
Draco fut le premier arrivé à la porte et l'ouvrit. Poussant un juron, il découvrit Hermione inconsciente sur le carrelage blanc de la salle d'eau, entourée des débris de ce qui avait été le miroir surmontant le lavabo.
« Hermione ! », hurla Harry en se jetant sur le sol, ignorant jusqu'aux débris de verre qui s'enfonçaient dans ses genoux à travers le pantalon. « Hermione, réveille-toi ! »
Des bruits de pas dans les escaliers leur indiquèrent que les autres occupants de la maison avaient également entendu le hurlement de la Gryffondor. Ron et Rogue furent les premiers à arriver sur le seuil et se poussèrent mutuellement des coudes pour entrer à leur tour dans la salle de bains.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? », aboya Rogue en soulevant Hermione par les épaules pour la redresser. « Miss Granger ? Miss Granger, vous m'entendez ? »
« On-on n'a rien vu, elle est partie seulement deux minutes », bredouilla Harry, impuissant.
« Enervate », marmonna Rogue en pointant sa baguette sur Hermione, qui battit aussitôt des paupières. Une simple perte de connaissance ?, s'étonna Rogue en constatant avec quelle facilité le sortilège avait fonctionné.
« Hermione, est-ce que ça va ? », s'écria Ron en se penchant sur elle.
Hermione fronça les sourcils et regarda autour d'elle, constatant que beaucoup de monde était penché sur sa petite personne et que d'autres têtes émergeaient également par la porte de la salle de bains.
« Bien sûr que ça va », répondit-elle, avec une pointe d'étonnement. Elle baissa les yeux, remarqua les éclats du miroir autour d'elle et sembla également noter qu'elle était à moitié couchée par terre et à moitié dans les bras de Rogue. « Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ici ? »
« On comptait un peu sur toi pour nous le dire », répondit laconiquement Draco, qui tentait de dissimuler son inquiétude derrière un froncement de sourcil.
Ron lui jeta un regard stupide. « Merci de ta participation, Malfoy. C'est sûrement la remarque la plus pertinente qui soit jamais sortie de ta bouche… », cracha le rouquin tandis qu'Hermione tentait de se relever en évitant de toucher les éclats de verre éparpillés sur le sol.
« Ça suffit, les garçons », protesta-t-elle en inspectant ses bras et ses mains à la recherche d'éventuelles coupures. Mais par le plus grand des miracles, elle n'avait rien. Elle releva la tête et se mit à réfléchir. Elle n'avait absolument aucune espèce d'idée sur ce qui avait pu causer un tel capharnaüm. Elle se souvenait parfaitement s'être disputée avec Harry, avoir claqué la porte et foncé dans la salle de bains pour se rafraîchir. Elle s'était séché le visage avec sa serviette mais ensuite… Rien. Le trou noir. « Qu'est-ce qui a bien pu m'arriver ? », marmonna-t-elle en ramassant sa serviette tombée sur le sol.
« Tu ne te rappelles de rien ? », demanda Blaise, dont la tête dépassait derrière les épaules des jumeaux, dans l'embrasure.
Hermione secoua la tête. « Non. Enfin, si. Je me suis rafraîchi le visage et puis la seconde d'après, je me réveille et vous êtes tous là, penchés sur moi comme si … comme si j'avais fait un malaise ou quelque chose comme ça. »
« Tu as hurlé à pleins poumons, Hermione », fit Ron sur un ton qui donna à Hermione l'impression désagréable d'être un patient en asile psychiatrique.
« Je ne m'en souviens pas », répondit-elle sèchement. « J'ai dû… glisser et me frapper la tête contre le miroir. »
« Tu n'as rien à la tête », fit Rémus depuis le pas de la porte. « Mais tu as eu ton lot d'émotions ces derniers temps, tu es exténuée. Tu devrais peut-être aller t'allonger. »
Hermione pinça les lèvres. Elle détestait avoir l'impression de manquer quelque chose. Mais ce qu'elle détestait encore plus, c'était qu'on la prenne pour une petite chose faible. Surtout depuis…
« Je vais bien », fit-elle à l'attention de Rémus, esquissant un sourire rassurant. « Mais vous avez raison, je me coucherai plus tôt ce soir. J'imagine que j'en ai besoin. »
Rémus hocha la tête, souriant à son tour. Hermione se fraya un chemin entre les spectateurs pour sortir de la salle de bains et échapper à tous ces regards inquiets, qui la mettaient hors d'elle. Elle fut surprise de voir que Lucius Malfoy avait également fait le déplacement. Bon, il n'avait pas du tout un regard inquiet et il était resté en retrait du groupe, près des escaliers. Mais il était monté. Hermione trouva cela étrange et lui jeta un regard méfiant. Pour toute réponse, il la toisa de toute sa hauteur et Hermione dut se retenir de lever les yeux au ciel. Génial, pensa-t-elle, et dire que je vais devoir demander de l'aide à ce sale fils de Scroutt si jamais on ne trouve pas d'autre solution. Au fait, Malfoy, j'ai embrassé votre fils. Alors ça vous fait quoi de savoir que mes lèvres de Sang-de-Bourbe ont souillé celles de votre descendance ? Bien entendu, Lucius ne lisant pas ses pensées, son expression hautaine ne varia pas d'un centimètre. Magnifique, alors si vous me donnez votre bénédiction…, ironisa-t-elle intérieurement.
Hermione le dépassa et descendit au rez-de-chaussée. Un malaise. Elle avait fait un malaise. Du moins ne voyait-elle pas d'autre explication.
~o~
Après le dîner, Harry sortit la lettre de Ginny de sa poche et demanda à tous les résidents de la Chaumière de se réunir dans le salon. Mrs Weasley fit littéralement une crise d'hystérie lorsque Rémus, avec tout le tact dont il était capable, lui avoua qu'ils avaient retrouvé le balai et la lettre de Ginny au domicile des Nott. Il s'empressa d'ajouter qu'il avait eu confirmation de Minerva McGonagall que la jeune fille se portait bien et assistait à ses cours normalement, mais Mrs Weasley ne l'écoutait plus et avait fondu en larmes. Une bonne demi-douzaine de sortilèges apaisants plus tard, Molly finit par tomber dans une espèce de léthargie éveillée et Harry put enfin déplier la lettre, qu'il commença par lire à haute voix.
Harry,
Je profite du passage de Nott à Poudlard pour te faire parvenir cette lettre, en espérant qu'elle arrivera à bon port. Je ne supporte plus de ne pas avoir de nouvelles de vous tous. Rien depuis le mariage de Bill et Fleur ! (Harry prononça Fleur, mais Ginny avait en réalité écrit Fleurk, le surnom dont elle avait « amicalement » affublé sa nouvelle belle-sœur) Et on est bientôt au mois de mars ! Alors, je sais ce que tu vas dire : la sécurité avant tout… Mais toute seule ici, sans nouvelles, c'est l'horreur.
Enfin passons. A Poudlard, deux dingues élitistes, les Carrow, ont pris le pouvoir et passent leurs journées à punir, torturer et menacer tout ce qui n'est pas un Serpentard, soit 75% des effectifs de la prison, pardon je veux dire de l'école. La volière est interdite d'accès, tout comme le terrain de Quidditch, et aucun élève n'a le droit de se déplacer dans les couloirs en dehors des intercours. Bref, on tourne en rond, tout le monde a peur et je regrette d'avoir laissé maman me convaincre de revenir. Mais ce qui est fait est fait.
Je suppose que tu dois déjà être au courant, vu que ce vantard de Nott ne va certainement pas se faire prier pour te l'annoncer, mais Trevor(Harry comprit qu'elle faisait allusion à Neville et non à son crapaud) et moi l'avons aidé à localiser et détruire un des Tu-Sais-Quoi. Celui de Rowena. Nott t'expliquera tout en détails, j'imagine. J'avoue avoir eu du mal à le croire lorsqu'il m'a dit vous avoir rejoints. Mais il nous a vraiment aidés à détruire l'objet et ne nous a pas dénoncés, du moins pas à l'heure où j'écris cette lettre. Je ne prétends pas savoir ce qu'il a derrière la tête mais j'ai décidé de tenter le tout pour le tout et le croire sur parole… Après tout, les ennemis de nos ennemis sont nos amis, non ? J'espère seulement ne pas m'être trompée, sinon les Carrow me feront passer un sale quart d'heure. Eux ou leur Grand Manitou, d'ailleurs.
Tout le monde vous attend avec impatience, Harry. On croit en vous. Surtout ne baissez pas les bras. Embrasse papa et maman pour moi, ainsi que ma ribambelle de frères. J'espère qu'Hermione va bien également. Elle me manque terriblement. Nott m'a dit qu'elle avait été faite prisonnière ! Je n'arrive pas à croire que vous ne m'ayez rien dit ! Enfin, d'après lui, Malfoy et Zabini l'auraient aidée à s'enfuir… Tu diras à Hermione que cette information ne fait que confirmer quelque chose que je lui ai dit il y a deux ans. Si elle ne voit pas de quoi je parle, donne-lui ces indices : cinquième année, toilettes, robe rose. Elle saura.
Harry jeta un regard interrogateur en direction d'Hermione qui réfléchit trois secondes avant de soudain réaliser de quoi parlait Ginny. La Gryffondor devint aussitôt rouge pivoine, tandis que tous les regards convergeaient sur elle. En effet, Ginny lui avait fait part, au cours d'une session bavardage dans l'intimité des toilettes des filles, des regards insistants de Malfoy lors du Bal de Noël du Tournoi des Trois Sorciers, l'année précédente. Hermione s'était moquée d'elle, en disant que Malfoy n'avait même pas réalisé que c'était elle, la Sang-de-Bourbe, qui dansait au bras du célèbre Viktor Krum. Mais Ginny n'en démordait pas. Selon elle, Malfoy avait dévoré Hermione des yeux tout au long de la soirée.
La brunette se racla la gorge, gênée et fit signe à Harry de continuer sa lecture, tandis que Ron et Draco jetaient des regards curieux en direction de la jeune fille.
J'espère aussi que tous les autres se portent bien. Comment va Dora (là encore, Harry comprit qu'elle parlait de Tonks) ? Le bébé ne devrait plus tarder, je crois ?
J'ai tellement de questions que je préfère m'arrêter avant d'y passer la nuit… Vous me manquez tous terriblement. Et toi surtout, Harry. Je voudrais tant te serrer dans-
Harry se tut subitement et toussota, tandis qu'Arthur dissimulait un sourire derrière sa main et que Ron levait un regard scandalisé en direction de son meilleur ami.
« Je peux savoir pourquoi ma petite sœur voudrait tant te serrer dans ses bras ? », s'indigna le rouquin tandis que Fred et George ricanaient.
Le Survivant replia précipitamment la lettre sans la finir et la fourra dans sa poche. « On s'éloigne du sujet. Ce qui est essentiel dans cette lettre, c'est que Nott a demandé l'aide de Ginny et Neville pour détruire un nouveau Horcruxe. »
Ron ouvrit la bouche pour protester mais Arthur Weasley l'en empêcha en prenant la parole en premier. « Je suis un peu perdu… Ce gamin est avec nous ou contre nous ? »
Hermione se redressa sur son siège et expliqua sans entrer dans les détails ce que Nott lui avait dit au Manoir.
« Tu es en train de nous dire que ce gamin veut que les sorciers dirigent le monde ? Sangs-Purs, Sangs-Mêlés et nés-Moldus confondus ? », demanda George avec un large sourire. Hermione acquiesça d'un signe de tête. « Bah alors, qu'est-ce qu'on attend ? Joignons-nous à lui ! », reprit-il en écartant les bras.
Molly lui assena une tape sur la tête avec un claquement de langue réprobateur. Elle semblait légèrement émerger de sa catatonie.
« Sans rire, maman », reprit George. « Tu imagines si les sorciers n'avaient plus à se cacher ? Tu penses à tous les nouveaux clients que ça ferait pour notre boutique ? Les Moldus aussi pourraient acheter nos produits ! »
Rémus et Harry rirent doucement, en imaginant les malheureux moldus déguster des Pralines Longue Langue ou des Pastilles de Gerbe.
« Si on pouvait revenir au sujet qui nous intéresse », maugréa Rogue en fixant 'le sujet', posé sur la table basse du salon. Tous les regards convergèrent vers le grimoire, posé sur une nappe pliée en deux. « A savoir, le rejeton des Nott et ses nouveaux pouvoirs. »
« Bonne idée », fit Arthur en se penchant sur le livre. Les artéfacts détournés, c'était son rayon et ce spécimen lui semblait particulièrement puissant. « Hermione, tu disais avoir ressenti des picotements en manipulant les livres de la bibliothèque des Nott. Mais Séverus ne semble pas avoir remarqué quoi que ce soit, n'est-ce pas ? »
Rogue secoua lentement la tête.
« Avez-vous essayé de toucher ce livre-ci, Séverus ? », demanda Arthur en pointant son index sur le grimoire.
« Certainement pas », répondit Rogue en fronçant les sourcils. « Quand Miss Granger l'a saisi, elle a semble-t-il eu des visions et s'est mise à convulser. La magie n'a été d'aucune utilité pour lui faire lâcher prise, j'ai été forcé de frapper sa main de toutes mes forces avec un énorme Dictionnaire de Runes anciennes… » Rogue se tut progressivement. Tous le fixaient d'un air horrifié, à l'exception de Lucius qui souriait dans son coin, comme si c'était la plus belle chose qu'il ait entendue depuis des lustres.
« C'est une blague ? », cracha Draco en regardant son parrain comme s'il allait le mordre.
« Je n'ai pas trouvé d'autre solution ! », se défendit Rogue en écartant les bras.
Draco se leva de son siège et se dirigea vers la cheminée. Il saisit le tisonnier en fer, le soupesa tranquillement entre ses mains, puis vint se poster à un mètre de Rogue. « Allez-y », lâcha-t-il de sa voix traînante.
« Quoi ? », fit Rogue en regardant tour à tour l'expression mauvaise de Draco, puis le tisonnier.
« Touchez-moi ce bouquin », ordonna le blond en pointant le tisonnier en direction du grimoire. « Vous avez réussi à faire lâcher prise à Hermione avec un énorme pavé, je pense que j'y arriverai sans problème avec un tisonnier… Alors bon, je risque de manquer ma cible et de frapper répétitivement votre boîte crânienne, mais peu importe puisqu'on n'a pas trouvé d'autre solution ! », aboya-t-il, furieux.
Pour la première fois depuis son arrivée à la Chaumière, Ron jeta un regard absolument ravi en direction de Draco. Rogue en revanche, semblait l'être beaucoup moins. Le blond se retourna en direction d'Hermione et vit que celle-ci le regardait étrangement. Un léger sourire flottait sur ses lèvres et ses joues étaient légèrement roses. Draco réalisa alors qu'il l'avait fait. Inconsciemment, naturellement. Si naturellement qu'elle avait été la seule à le remarquer. Il l'avait appelée par son prénom. Soudain gêné, il s'éclaircit la gorge et reporta son attention sur Rogue, faisant un geste pour l'inciter à toucher le livre.
L'ancien Maître des Potions regarda tour à tour chacun des occupants de la pièce, espérant que l'un d'entre eux lui viendrait en aide.
« Le jeune Malfoy a raison, Snivellus », fit Rémus avec une expression bien trop ravie pour être honnête. « C'est le meilleur moyen d'être fixés ! »
« Traître », gronda Rogue à son attention. « Tu peux toujours courir pour ta potion Tue-Loup, la semaine prochaine. »
« J'ai fait des réserves », rétorqua Lupin avec un large sourire.
Rogue soupira et se pencha en avant, tendant un bras en direction du livre. Il prit une grande inspiration, se préparant au pire et posa la main sur la couverture en cuir.
Rien ne se produisit.
Il laissa sa main contre le grimoire, attendant encore quelques secondes, puis la retira. Draco et Ron poussèrent simultanément un grognement de déception et Hermione ne put s'empêcher de rire doucement. Enhardi par l'échec de Rogue, Harry posa à son tour la main sur le livre, obtenant la même absence de résultat.
« Il semblerait qu'Hermione soit la seule à réagir… », marmonna le Survivant, tandis que Draco reposait à contrecœur le tisonnier sur son socle. « Qu'est-ce que tu as vu, exactement ? »
Hermione adressa à Harry un regard entendu. « Rien que des scènes du passé, pendant lesquelles je me suis retrouvée face à Théodore. Au Manoir principalement », répondit-elle en baissant les yeux. Parfait, évasif sans trop l'être. « J'ai eu l'impression… » Elle se tut, ne sachant pas comment formuler ce qu'elle ressentait. Elle avait un sentiment bizarre, depuis leur retour à la Chaumière ce matin. Celui d'être observée… de l'intérieur. Mais c'était idiot. Tellement idiot. « C'est comme si pendant l'espace d'un instant, j'étais connectée avec Nott. »
« Mais dès que tu as lâché le livre, ça s'est arrêté ? », reprit Harry, tandis qu'Hermione se mordait la lèvre inférieure.
La Gryffondor fut tentée un instant de répondre oui. Mais quelque chose au fond d'elle lui soufflait que ce n'était pas le cas. Une petite voix étrange, comme assourdie par un mur épais, lui hurlait que cette connexion n'avait jamais vraiment cessé d'être.
« Je ne sais pas trop… », souffla-t-elle en triturant nerveusement un bouton de sa veste. « Un tel lien peut-il être rompu une fois qu'il a été établi ? »
Rémus et Rogue échangèrent un regard. « A priori, pas vraiment », répondit Rémus d'un air sombre. « Comme n'importe quelle forme de magie, cela a dû laisser des traces. Traces qui pourraient permettre à cette connexion d'être rétablie lorsque certaines conditions sont réunies, par exemple. »
« Et en tant que spécialiste des liens psychiques à la con, laisse-moi te dire que ce n'est absolument pas une bonne nouvelle, Hermione… », marmonna Harry en fronçant les sourcils.
~o~
Malgré ses protestations, Hermione avait fini par se laisser convaincre de monter se coucher. Lupin lui avait fait avaler trois rangées de chocolat et lui avait ordonné d'aller se reposer. Elle avait donc laissé tout le monde dans le salon, pour monter à l'étage et se glisser entre ses draps, dans la chambre d'Harry et Ron. Draco n'avait pas pu la suivre par souci de discrétion (bien que personne ne fut dupe, à part peut-être Lucius et Ron) et Hermione dut s'avouer que sa présence réconfortante dans son dos lui manquait terriblement. Si elle avait jusqu'alors ressenti une certaine fatigue physique et mentale, le simple fait de se retrouver à nouveau seule dans le noir lui donna une décharge d'adrénaline et elle tourna quelque temps dans son lit avant que le sommeil ne la surprenne. En sentant ses paupières se fermer, Hermione pensa vaguement que le chocolat de Lupin devait être légèrement amélioré, puis elle sombra dans un sommeil exceptionnellement profond.
Tellement profond qu'elle n'entendit même pas Ron et Harry se coucher, de longues heures plus tard. Et les ronflements de Ron ne lui firent même pas entrouvrir un œil.
Tous les habitants de la maison étaient profondément endormis lorsqu'Hermione se mit à s'agiter légèrement. Lentement, progressivement, son sommeil devenait moins profond, au fur et à mesure qu'une petite voix la tirait de son état quasi-comateux.
Sur la falaise…
Hermione balança la tête sur le côté et gémit légèrement.
Sur la falaise… Viens…
Lentement, les yeux toujours clos, Hermione se redressa sur son séant, avant de faire basculer ses jambes sur le côté du lit.
Par ici…
Ses pieds traînant lourdement sur le parquet ciré, Hermione se dirigea lentement vers la sortie, comme un somnambule. Sa main se souleva d'elle-même jusqu'à la poignée de la porte, qu'elle fit tourner et le panneau s'ouvrit en grinçant doucement sur ses gonds. Dans son lit, Harry s'éveilla au son familier de la porte qui se refermait sur Hermione. Il y était habitué désormais. Après tout, ne se levait-elle pas chaque nuit pour rejoindre Malfoy depuis qu'elle était revenue de sa captivité ? Si. Et ce fut précisément la raison pour laquelle Harry ne la suivit pas pour s'assurer que tout allait bien. Ramenant douillettement la couverture sur ses épaules, il se rendormit quasi-instantanément. Mais cette nuit-là, Hermione n'était pas réveillée. Elle n'alla pas rejoindre Malfoy. Cette nuit-là… serait différente.
oOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo
Ah ah ah ah ah ah, au moment où j'ai posé ce point final, je me suis dit : ils vont me détester.
Oui, je suis ignoble. J'en suis parfaitement consciente. Je me soigne, croyez-le bien !
Bon qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? De ce suspense atroce ? Et la réaction d'Harry en début de chapitre ? J'ai décidé d'arrêter la crise d'ado : maintenant qu'il est calmé, il tente de réfléchir en adulte. (J'ai dit il tente, ça risque encore de foirer par moments, sinon ce ne serait pas drôle). Bref, j'ai hâte d'avoir vos réactions ! Vous savez bien qu'elles comptent énormément pour moi ^^
Gros bisous et à lundi prochain !
Xérès
