The Rise and Fall

Les blas-blas de Xérès : Bonjour à tous ! J'espère que vous vous êtes remis de ma petite torture de lundi dernier et que vous êtes prêts pour la scène de la falaise ! (Tombera ? Tombera pas ?)

IMPORTANT : Pour toutes celles qui se demanderont dans ce chapitre à quoi ressemble le Théodore que j'imagine dans ma tête, c'est très simple et ça se résume en trois petits mots : Joseph Gordon-Levitt. Je ne sais absolument pas pourquoi mais j'imagine mon Théodore avec les traits de ce type (en plus jeune, of course). Et bon bah, il faut l'avouer, le gars est quand même graphiquement optimisé. Voire même pur beau gosse. Essayez de l'imaginer ainsi dans ce chapitre, on verra si ça vous plaît comme idée… :D

Place à la lecture ! Et encore mille pardons pour vous avoir fait endurer cet affreux cliffhanger la semaine dernière. J'espère que vous ne boudez pas trop ! hihi

Merci à tous mes nouveaux followers (Manon23, KiwiRusse, dramiaccio, LouHPHL, CryingToYourHeart, Graou-Girl), ainsi qu'à FabCissy, Lisa, Petitestef, Passion Fugace, laloudu77, TatieBella, Babar, leslie, DramioneTouch, Little-Library, Elena Grape, jprewett, Kalli0pe, PetitMilou, Loufoca-Granger, Etoilemment, Erza Robin, mamamonamie, TimeLady, Audrey917000, sarahblue1, Lune-Bleue22, MioneDray4ever, Jasarita16, Lemm, nadra, luli123 pour leurs reviews.

Lisa : Merci de ta review ! Ne t'en fais pas, rien de trop méchant au programme pour Hermione (un peu traumatisant, mais rien de bien grave). Merci de ta fidélité, j'espère que la suite continuera de te plaire !

Ellexa : mais naaaan elle va pas mourir ! lol, ce serait fâcheux, un Dramione sans Mione ! Merci pour ta review et respire, tu vas en avoir besoin pour la suite ! hihi Merci à toi !

Jasarita16 : ah nooon on ne fait pas frire mon Théo ! Je proteste ! Surtout pas avant ce nouveau chapitre, d'ailleurs, ce serait dommage… J'espère que la suite continuera de te plaire (je connais un bon cardiologue, si besoin u_u). Merci beaucoup pour ta review !

Lemm : Eh non, je ne publie que le lundi, héhé. Si je commence à ne plus respecter moi-même mon planning, c'est la porte ouverte à l'anarchie u_u Merci de te review, j'espère que l'attente aura valu le coup !

Nadra : oui, j'ai des membres de ma famille qui ont fait la guerre d'Algérie et j'ai jamais réussi à en entendre parler. Autant 39-45, j'ai eu mon lot d'histoires, autant l'Algérie c'est silence radio… Tu étais en vacances là-bas ? Voir de la famille ? Je ne suis jamais allée dans ce pays encore, je ne connais pas du tout ! Merci pour ta review !

Chapitre 27 : Trompée

Hermione ouvrit brusquement les yeux, tout son corps lui hurlant que quelque chose n'allait pas. Primo, elle s'était endormie dans son lit et pourtant elle n'était pas en position horizontale mais debout. Secundo, ce qu'elle voyait devant elle n'était pas le plafond blanc et les poutres de bois brut de sa chambre à la Chaumière. Mais l'immensité de l'océan, scintillant à la lumière de la lune. Et le grondement qu'elle percevait n'était pas les ronflements de Ron mais ceux du ressac et des vagues qui déferlaient sur les rochers, quelques dizaines de mètres plus bas. La jeune fille poussa un petit cri en réalisant que ses orteils nus ne touchaient pas le sol. Seules ses plantes de pieds et ses talons étaient encore en contact avec la terre ferme. Elle se trouvait tout au bord de la falaise, sa chemise de nuit fouettant ses cuisses nues au gré du vent. Surprise, elle trébucha en arrière et tomba sur l'herbe humide de rosée, avant de battre furieusement des pieds pour s'éloigner au plus vite du précipice. Lorsqu'elle fut enfin à une distance respectable, elle se retourna et jeta un regard hébété par-dessus son épaule gauche en direction de la maison plongée dans l'obscurité à quelques dizaines de mètres de là. Comment est-ce que je suis arrivée ici ?

Sur sa droite, elle entendit le crissement caractéristique de graviers qu'on piétine et elle tourna la tête, les yeux écarquillés de terreur. A seulement quelques pas, se tenait la dernière personne qu'elle aurait voulu voir en cet instant. Théodore Nott, les mains nonchalamment enfoncées dans les poches de son pantalon noir, se tenait debout au bord de la falaise et observait en silence le mouvement de la mer dans le lointain. Le vent avait ébouriffé ses cheveux d'un noir de jais et son col de chemise, noire également, battait au rythme des rafales chargées d'iode. Hermione sentit son cœur s'arrêter de battre. En un instant, les images des cadavres de Grégory et Romilda Nott, des photos trouvées à leur domicile, de son propre viol et de ses tortures refirent irruption dans son cerveau et elle sentit la peur lui nouer les entrailles. Instinctivement, elle porta une main sur sa cuisse droite mais sa baguette ne pouvait pas se trouver dans la poche de son jean. Et pour cause : elle ne portait pas son jean.

La Gryffondor poussa un gémissement de panique. Encore une fois, elle se trouvait sans défense, seule et à moitié nue en présence de Théodore. Mais pourquoi fallait-il toujours qu'elle se retrouve dans des situations tordues ?

« Cet endroit est vraiment magnifique », fit soudain la voix du jeune homme, qui ne cessait de contempler l'océan.

HEIN ?, pensa Hermione avant d'ouvrir et de fermer plusieurs fois la bouche comme un poisson hors de son bocal. « Que…quoi ? », balbutia-t-elle en serrant ses jambes nues contre son torse. D'un coup d'œil rapide, elle chercha un éventuel objet avec lequel se défendre. Une branche, une pierre, n'importe quoi. Si jamais ce type essayait à nouveau de l'agresser, elle n'hésiterait pas à attaquer. Plus question de revivre ça.

Théodore gloussa et tourna enfin la tête pour la regarder. Hermione n'aima pas du tout la lueur qui s'agitait dans ses yeux. De l'envie, de la convoitise. Il la jaugeait comme on regarde une coupe de sorbet en pleine canicule. Son sourire charmeur aurait pu faire fondre n'importe quelle fille normalement constituée… Mais dans le cas d'Hermione, il était plutôt annonciateur de cauchemar.

Les mains toujours dans les poches, il fit quelques pas dans sa direction et s'amusa de voir Hermione racler à nouveau ses pieds nus contre la terre pour reculer de plus belle. « Je disais que cet endroit est magnifique, c'est tout. »

Hermione lui lança un regard pétri d'incompréhension. Il la faisait sortir de la maison, par elle ne savait quel moyen et dans son sommeil en prime, pour lui parler du paysage ?! La Gryffondor jeta un bref regard en direction de la Chaumière, essayant de calculer si elle pouvait prendre Nott par surprise et courir jusqu'à la porte. Mais le jeune homme semblait lire dans ses pensées (ce qui était probablement le cas) et secoua la tête en soupirant.

« N'y pense même pas, Granger, je t'aurai maitrisée avant que tu n'atteignes le seuil… et n'espère pas non plus hurler, sinon je les tuerai tous jusqu'au dernier », souffla-t-il en la contournant pour se placer derrière elle. Hermione se contorsionna pour qu'il ne quitte jamais son champ de vision et un frisson la parcourut en constatant qu'il se laissait tomber sur l'herbe, juste derrière son dos. Elle s'apprêtait à ramper hors de sa portée lorsqu'il fit passer ses jambes de chaque côté d'elle et entoura sa taille de ses bras. Hermione allait se débattre lorsqu'à sa grande surprise, elle sentit le front de Théodore tomber lourdement sur son épaule droite. Le jeune homme poussa un soupir las et Hermione, choquée par son geste, en oublia ses réflexes de survie. Elle ne bougea plus d'un pouce, comme un lapin pris dans les phares d'une voiture. Et à son grand soulagement, Nott non plus.

Raide comme un piquet, Hermione tenta donc de reprendre le contrôle de son estomac, qui semblait se livrer à un infernal rodéo depuis que les bras de Nott avaient pris possession du haut de son corps. Terreur, haine, incompréhension, désespoir assaillaient Hermione de toutes parts et la jeune fille se sentit très vite nauséeuse. Mais elle resta néanmoins immobile, comme si elle craignait que le moindre de ses mouvements ne réveille la part sombre qui dormait à l'intérieur du Serpentard.

Après plusieurs longues minutes de silence, Hermione ne tint plus. Trop de questions se bousculaient dans sa tête. Elle devait savoir.

« C'est toi qui m'a fait descendre ? », demanda-t-elle d'une voix tremblante.

« Qui d'autre ? », rétorqua Théodore sans décoller son front de l'épaule de la jeune fille.

« Pourquoi me réveiller à quelques centimètres du gouffre ? », reprit-elle, avec un peu plus de hardiesse.

Le brun se contenta d'un haussement d'épaules. « Pour que tu comprennes… »

« Que je comprenne quoi ? »

« Que si l'envie m'en prend, je peux te précipiter dans le vide à tout moment », répondit laconiquement le jeune homme. Hermione frissonna derechef.

« Pourquoi ne pas l'avoir tout simplement fait ? », souffla-t-elle tandis qu'une rafale de vent froid déclenchait une série de tremblements involontaires le long de son dos. Théodore dut sentir qu'elle gelait sur place et releva la tête pour attirer la jeune fille un peu plus contre lui. Hermione ferma les paupières de toutes ses forces pour s'empêcher de hurler, griffer, frapper. La moindre réaction trop brusque pouvait mettre tous ses proches en danger. Elle s'abstint donc.

« Pourquoi tu n'arrêtes jamais de poser des questions, Granger ? », murmura Nott en resserrant son emprise autour d'elle.

Hermione pinça les lèvres tellement fort qu'elle sentit l'une de ses canines entamer la chair. « Désolée », murmura-t-elle, apeurée.

Nouveau silence. Enfin, silence tout relatif étant donnés les mugissements incessants du vent et le grondement sourd de la mer. Même si elle était terrifiée, Hermione devait avouer que la chaleur de Nott la préservait admirablement bien de l'hypothermie, tellement bien qu'elle en vint à se demander si une partie de cette chaleur n'était pas d'origine magique. Elle serra ses pieds gelés dans ses mains et attendit. Avec un peu de chance, Nott finirait peut-être par partir ? Hermione se sentit stupide d'espérer un dénouement pareil, tant il était peu probable. Mais l'espoir fait vivre.

Alors qu'une vague bien plus grosse que les autres éclatait littéralement sur la falaise en projetant une gerbe d'écume, Nott reprit la parole.

« Tu sais, par moments je regrette… », marmonna-t-il contre son oreille.

Hermione fronça les sourcils. « Quoi ? »

« Tout ça. Ce but que je me suis fixé. Toute cette violence pour y arriver. Je me dis que la vie aurait peut-être été plus simple si j'avais fait comme Draco : l'autruche. Et qui sait ? », ajouta-t-il avec un sourire. « C'est peut-être avec moi que tu aurais fui. »

« Jamais je n'aurais abandonné mes amis pour toi, Nott », lâcha Hermione sèchement. Elle regretta aussitôt ses paroles en se rappelant avec quelle facilité il pouvait également la contrôler et la jeter dans l'océan.

« C'est bien pour ça que j'ai choisi une autre solution… », fit Théodore, imperturbable.

« Quoi, le viol ? C'est ça, ta technique de drague ? », fit Hermione dont le ton commençait à monter. Comme il ne semblait pas se montrer violent, la jeune fille reprenait peu à peu son aplomb. Et toute la colère emmagasinée depuis des jours à l'encontre du jeune homme menaçait de prendre le dessus sur la peur et de se déverser en un flot ininterrompu. « Tu n'aurais pas pu m'offrir des fleurs, comme tout le monde ? »

Théodore laissa échapper un petit rire qui énerva Hermione au plus haut point. « C'est là où tu te goures, Granger. Le viol n'était en rien une fin en soi. C'était un moyen d'arriver à mes fins, nuance. »

Hermione se tortilla entre les bras serrés de Nott pour le regarder dans les yeux. Mauvaise idée. Tout le courage qu'elle avait récupéré depuis qu'elle lui tournait le dos disparut aussitôt comme peau de chagrin. Sa lèvre inférieure se remit à trembler et paniquée, elle tenta de se dégager d'entre ses bras. Mais il resserra son étreinte, rendant toute fuite impossible.

« Que… qu'est-ce que ça veut dire ? », marmotta Hermione en tremblant.

Théo gloussa et posa son menton sur l'épaule d'Hermione. De nouveau la nausée.

« Tu veux la version courte ou la version longue ? », demanda-t-il, tandis qu'Hermione tirait la tête sur le côté pour s'écarter au maximum du souffle de Théo qui chatouillait son cou.

« Tout dépend ce que tu appelles longue », cracha Hermione sans masquer son dégoût.

Théo gloussa de nouveau et se remit à observer la lune argentée au-dessus de l'océan.

« Tu te souviens quand je t'ai dit que je pensais que les nés-moldus était une bonne évolution de l'espèce moldue ? », demanda Nott avec un sourire en coin. Hermione hocha la tête. « Disons que c'est un peu grâce à toi, Granger. »

Cette fois, Hermione tourna la tête pour lui jeter un regard interrogateur et sa curiosité était telle qu'elle en oublia d'avoir peur.

« Avant d'entrer à Poudlard, mes parents m'avaient toujours répété que les Sangs-de-Bourbe étaient des êtres inférieurs, qui ne méritaient pas leur baguette ni la magie qui coulait dans leurs veines et toutes ces conneries… » Son sourire avait disparu et une flamme de colère brillait dans ses yeux à ce souvenir. « Et puis tu as débarqué. Avec tes cheveux improbables, ta voix haut perchée absolument horripilante et cette main que tu levais inlassablement en classe, tout en te dressant sur tes petits pieds et menaçant de tomber littéralement de ton siège… » Théodore s'esclaffa doucement. « C'était du jamais vu. Et je pense que c'est pour ça que les Serpentards te détestaient autant : tu étais à toi seule la preuve vivante que tout ce que nos parents nous rabâchaient depuis le berceau n'était qu'un monceau d'inepties. Pour certains, tu n'étais que l'exception qui confirmait la règle. Mais pour moi, tu étais carrément l'Antithèse. Et plus le temps passait, plus tu devenais … » Il la regarda en réfléchissant, toute colère à présent disparue de son regard. « …ce petit rat de bibliothèque qu'on a tous appris à plus ou moins adorer et détester à la fois. Et quand je t'ai vue au bal de Noël en quatrième année … c'est très simple, j'ai décidé qu'un jour ou l'autre tu serais à moi. »

Hermione fronça les sourcils. L'idée d'appartenir à quelqu'un ne lui plaisait absolument pas, mais elle ne dit rien, trop curieuse de connaître le fin mot de l'histoire.

« L'été dernier, quand Voldemort a pris le pouvoir, j'ai compris que je ne supporterais pas ce nouveau régime », reprit Théodore en croisant les mains sur le ventre d'Hermione. « La terreur, la crise économique, je t'ai déjà parlé de tout ça… Voldemort prétend purifier le genre magique, mais il ne fait en réalité que l'affaiblir, le rendre exsangue et si ça continue, il n'y aura plus rien à en tirer et les sorciers ne seront plus qu'une page anecdotique dans l'histoire de l'Angleterre. Ça m'a coûté de l'admettre au début, mais le seul moyen de renforcer la présence magique dans le monde est d'inclure des sorciers, quelle que soit la pureté de leur sang, dans toutes les strates de la population. Le nombre de Moldus doit faiblir au profit du nombre de Sorciers. Et LA, ça ressemblera à quelque chose. »

Hermione haussa les sourcils. « Et quel rapport avec moi ? », demanda-t-elle vertement.

Théodore sourit. « Ne te monte pas le bourrichon, Hermione Granger : tu n'es pas mon arme secrète, ni l'ingrédient d'un puissant rituel visant à anéantir toute la création. Tu fais partie des choses que je veux, c'est tout. Je veux que le Seigneur des Ténèbres crève, je veux que le monde magique prenne le pas sur le monde Moldu, je veux qu'on cesse de se cacher comme des rats. Et pour cela, on a besoin de tous les nés-Moldus. Le sang magique doit se répandre parmi la population moldue : on pourrait par exemple interdire tout mariage entre deux personnes de Sang-Pur. Il paraît également que les moldus utilisent des… éprouvettes pour faire des enfants. Rien de plus simple que d'ajouter deux ou trois cellules magiques dans le mélange, non ? Enfin, bref, je ne manque pas d'idées… » Tout sourire, il leva une main et de son index, tapota le nez d'Hermione qui le regardait comme s'il était fou. « Quant à toi… tu seras disons, ma cerise sur le gâteau. Je n'ai pas foncièrement besoin de toi, Granger. Mais l'idée que cette gigantesque encyclopédie qui te sert de tête m'appartienne… me met en joie. A nous deux on pourrait totaliser une quantité de savoir et de pouvoirs inégalée. Et je suis certain qu'avec ton attirance pour le Savoir et pour les types un peu barjes, tu dois me trouver irrésistible, non ? », plaisanta-t-il tandis qu'Hermione lui jetait un regard dégoûté.

« Tu n'es qu'un porc, Nott », cracha-t-elle, tandis que le sourire de Théodore disparaissait quelque peu. « Si tu avais eu une infime chance de gagner mon cœur un jour, cette chance a totalement disparu à la seconde où tu es entré dans ma cellule pour m'agresser. Ne te cherche pas d'excuse pour m'avoir violée. Ce n'était pas un moyen d'arriver à tes fins, tu as seulement pété une durite, Nott. Point barre. »

Vif comme l'éclair, Théodore saisit le visage d'Hermione entre ses doigts, serrant ses joues si fort qu'elle en eut mal à la mâchoire. « Encore une fois, tu as tout faux », gronda-t-il en la fusillant du regard. « Je t'ai dit que je te voulais. Mais je devais trouver un moyen infaillible pour que tu m'appartiennes entièrement. Jamais tu ne m'aurais suivie de ton plein gré, tu es trop … comment dire… indépendante pour accepter d'être la propriété d'un homme. J'ai donc trouvé ce moyen au cours de mes recherches. Complètement par hasard, d'ailleurs… »

Le ton de Nott était de nouveau celui de la conversation. Il s'était calmé et avait reposé sa tête sur l'épaule d'Hermione, nouant encore ses bras sur sa taille. Même si son contact la révulsait, Hermione se sentait tout de même plus tranquille lorsqu'il n'était pas énervé. Complètement lunatique…, pensa-t-elle en frissonnant.

« Tu veux dire en aspirant tout le contenu des livres de magie de ta famille ? », ironisa Hermione, furieuse. « Je n'appelle pas ça apprendre. J'appelle ça tricher. Tu n'as aucun mérite. »

« Tu dis ça parce que tu es énervée », murmura Théodore en lui adressant un nouveau sourire en coin. « Avoue. Ça t'a impressionnée. »

Hermione secoua la tête avec exaspération mais ne répondit pas. Peut-être parce qu'il avait un peu raison. Ou parce qu'il avait tort. Aucune idée. Elle n'avait qu'une hâte, que ce cauchemar prenne fin et qu'il la laisse partir. Ou qu'il la tue. Peu importait, tant que s'arrêterait enfin ce simulacre de conversation civilisée.

« Tu savais que les larmes, le sang, tous les fluides corporels d'ailleurs, ainsi que les sacrifices d'humains sont à la base-même de la magie ? Tout comme les plantes, les minéraux, les insectes et autres animaux sont à la base des potions… », demanda soudain Théodore en guettant la réaction d'Hermione. Celle-ci grimaça et Théo sourit. « Bien sûr que tu le sais, tu dois être la seule élève de toute l'histoire de Poudlard à écouter les cours de ce vieux timbré de Binns. Toujours est-il que… il y a des dizaines de milliers d'années de ça, les premiers sorciers invoquaient des puissances supérieures à l'aide de ce dont ils disposaient : leurs corps et ceux des autres. La chair, le sang, sont deux piliers de la magie ancestrale. C'est vraiment dommage que tout cela soit tombé dans l'oubli. Il y avait encore de nombreux rituels impliquant du sexe jusqu'au XVIIIème siècle, mais les épidémies de petite vérole ont eu tendance à freiner les ardeurs de leurs adeptes… », gloussa le jeune homme tandis qu'Hermione grimaçait de nouveau.

« Et donc, il n'y avait pas assez de sortilèges dans les livres depuis Jésus-Christ, il a fallu que tu ailles m'en chercher un de l'époque néanderthalienne ? », cracha Hermione sans le regarder.

« Quelle importance ? », demanda Théodore en lâchant sa taille d'une main pour en glisser les doigts dans les cheveux d'Hermione. « Ca a diablement bien marché, c'est tout ce qui compte. Maintenant, tu m'appartiens. »

Hermione ne put s'empêcher de ricaner amèrement. « Je ne t'appartiens absolument pas. »

« Et pourtant… », soupira Théodore tandis qu'Hermione le fusillait du regard. Il lui adressa un haussement de sourcil. « Tu ne me crois pas ? Regarde-toi ! Je te fais faire absolument tout ce que je veux dans ton sommeil, je peux manipuler ta mémoire comme j'en ai envie… et même sans parler de magie : depuis que je me suis assis, tu n'as presque pas tenté de fuir ou de m'attaquer. Tu m'as obéi sagement, en me lançant de temps à autre quelques regards effrayés ou inquisiteurs, au mieux. »

Hermione réalisa à quel point il avait raison. Figée par la terreur, par l'impuissance, elle s'était laissée approcher, toucher, enlacer. Elle n'avait pas tenté de fuir, n'avait pas tenté de hurler ou d'appeler à l'aide. Et d'après ce qu'il venait de dire, elle doutait que son « malaise » de l'après-midi en ait vraiment été un.

« Forcément, tu as menacé de tuer tous ceux auxquels je tiens ! », se défendit-elle, au bord des larmes.

« N'empêche », lui fit remarquer Nott. « Tu aurais quand même pu essayer quelque chose. Au moins par principe. Mais tu ne l'as pas fait. »

Hermione sursauta en sentant qu'il tirait une mèche de ses cheveux.

« Aïe », lâcha-t-elle par réflexe. « Qu'est-ce que tu fais ? »

« Arrête de bouger, j'essaie de faire une mini tresse », déclara le jeune homme comme si c'était absolument normal.

Il est sérieux, là ?, pensa Hermione tandis qu'une autre mèche près de sa tempe était douloureusement tirée vers le bas. Aouch.

Le silence retomba quelques minutes, pendant lesquelles Nott s'appliqua tant bien que mal à tresser quelques cheveux sur la droite du crâne d'Hermione. Une fois son œuvre achevée, Théodore l'observa d'un air satisfait puis reposa son menton sur l'épaule de la Gryffondor, qui priait intérieurement pour que cette nuit cauchemardesque cesse enfin.

« Granger… »

Hermione sursauta. « Quoi ? »

« Combien de temps est-ce qu'il va encore réussir à jouer la comédie ? »

Hermione fronça les sourcils. « Qui ça ? »

Théodore gloussa. « Elle me demande : qui ça… », marmonna-t-il en secouant la tête. « Draco, tiens. »

Hermione frissonna légèrement. « Draco ne joue pas la comédie », se défendit-elle d'une voix mal assurée.

« Oh je t'en prie », fit Nott en roulant des yeux. « Tu le connais presque aussi bien que moi : c'est un trouillard, un lâche. Je ne sais pas par quel miracle il a trouvé le courage de te suivre ici, bien que je sois quasiment sûr que cette Sainte-Nitouche de Blaise y est pour beaucoup, mais ça ne durera pas éternellement. »

« Il a changé », souffla Hermione, les dents serrées. « Pour m'aider. »

« Et donc, d'après toi, combien de temps avant que le naturel ne revienne au galop ? », demanda effrontément le Serpentard en se penchant en arrière pour s'appuyer sur ses coudes. Hermione sentit toute chaleur s'évanouir, aussitôt remplacée par le vent glacial qui souleva sa chemise de nuit sur ses jambes repliées. Hermione frissonna de nouveau et se leva d'un bond. Théodore n'avait pas bougé et la regardait depuis le plancher des vaches, un sourire narquois sur ses lèvres fines. Hermione résista à l'envie de le lui arracher à la force des ongles et lui jeta un regard méprisant.

« Pourquoi est-ce que tu te sens obligé de pourrir tout ce qu'il y a de beau et de pur sur cette terre ? », cracha la Gryffondor en le toisant.

Théodore lui adressa de nouveau le sourire charmeur qu'il affichait à son réveil sur la falaise. « Parce que c'est amusant ? », demanda-t-il avec un haussement d'épaules. Hermione renifla de mépris et se détourna pour regagner la maison à grands pas. Elle entendit le jeune homme se relever derrière elle.

« Hep, Granger ! », l'appela-t-il à mi-voix. Instinctivement, Hermione se figea et se retourna dans sa direction. Juste avant de se maudire de lui avoir encore une fois obéi si facilement. Théodore se rapprocha et vint se planter à quelques centimètres d'elle. « Tu oublies un détail », lui dit-il, tandis qu'elle lui jetait à nouveau un regard inquiet.

Il leva une main et lui caressa la joue. Hermione eut un mouvement de recul. « Bonne nuit, Granger », murmura-t-il avant de plaquer sa main sur le front de la Gryffondor.

~o~

Hermione s'éveilla en sursaut et se redressa sur son séant. Ses yeux affolés scannèrent les environs avec une frénésie inhabituelle, mais elle se sentit tout de suite mieux au contact rassurant de son matelas et de sa couette. Elle était en sécurité dans son lit, Harry et Ron étaient déjà levés et un soleil radieux filtrait par les volets entrouverts. Elle n'avait donc pas quitté son lit de la nuit ? Hermione faillit éclater de rire tant elle se sentait soulagée. Un cauchemar. Tout cela n'avait été qu'un vulgaire cauchemar ! Elle se laissa retomber lourdement sur l'oreiller et prit une profonde inspiration. Bien sûr que non, Théodore ne pouvait pas approcher de la maison sans être repéré. Bien sûr que non, il ne pouvait pas la contrôler dans son sommeil au point de la faire sortir et de discuter avec elle au bord de la falaise. Quelle idée stupide !

Hermione sourit et posa son avant-bras sur son front. Puis après quelques secondes, elle passa une main dans ses cheveux pour les replacer autour de sa tête sur l'oreiller. Et sentit une résistance.

Le sourire de la jeune fille disparut. Ses doigts fouillèrent à tâtons dans sa chevelure et trouvèrent bientôt ce qui l'empêchait de faire courir ses doigts dans sa tignasse. Elle se redressa et pencha la tête en avant, pour faire pencher la mèche responsable en direction de ses yeux. Une fine tresse très serrée se balança sur son front, depuis la tempe dont elle était issue. Et c'est alors qu'elle la vit. La terre. Noire, grumeleuse, sur les draps blancs. D'un geste vif, Hermione repoussa les couvertures. Sa chemise de nuit était tachée d'herbe verte et de terre humide. Ses pieds sales avaient laissé de grandes traces sur le drap housse.

Ce n'était pas un rêve…

Le cœur au bord des lèvres, Hermione bondit hors de son lit. Elle saisit sa baguette sur la table de nuit et tremblante, murmura aussitôt un Récurvite, faisant disparaître toute trace de terre sur la literie. Puis elle roula en boule draps, taie d'oreiller et housse. Même si le sortilège les avait rendus comme neufs, son côté moldu lui hurlait qu'ils ne seraient pas propres sans une bonne dose de savon et d'eau. Un peu comme elle-même, d'ailleurs. Hermione ne se posa pas la question de savoir pourquoi elle éprouvait ce besoin impérieux de laver et frotter chaque parcelle de son corps, comme la dernière fois au Manoir… Elle connaissait la réponse. En un sens, Théodore l'avait violée une deuxième fois. Pas dans son corps, mais dans son esprit. Et encore une fois, elle se sentait souillée, salie…

Empoignant ses draps et des vêtements propres, elle se faufila sans un bruit jusqu'à la salle de bains et déposa les draps dans la panière à linge. Puis elle entra dans la baignoire en chemise de nuit et tourna le robinet. L'eau dégoulina sur ses cheveux, ses épaules, imbibant la chemise de nuit qui s'alourdissait progressivement et collait à ses jambes terreuses. Un filet de liquide marron s'écoulait au fond de la baignoire et disparaissait en tourbillonnant par la bonde d'évacuation. Hermione ôta sa chemise de nuit et sa culotte, et entreprit de les rincer et de les laver avec un peu de savon. Elle eut soudain l'impression désagréable d'être un criminel en train de se débarrasser de preuves accablantes.

Une fois ses vêtements de nuit lavés, rincés et essorés, elle tendit le bras pour les suspendre sur le portant des serviettes, puis frotta ses cheveux avec du shampooing. Ses doigts osseux tremblaient en défaisant précipitamment la tresse que Théodore s'était amusé à lui faire pendant leur « conversation ».

Pourquoi ?, avait-elle envie de hurler. Pourquoi me harceler, comme ça ? Pourquoi être venu, puis reparti sans rien faire d'autre que discuter ? Ça n'a aucun sens !

Une fois propre, elle sortit de la baignoire et se sécha. Elle était sur le point de se poster devant le miroir (qui avait été réparé depuis la veille) pour coiffer ses cheveux mouillés lorsqu'une désagréable impression de déjà vu la saisit. Elle se revit couchée dans cette même pièce, entourée d'éclats de verre. Qu'avait-elle vu dans ce miroir pour l'avoir désintégré avant de perdre connaissance ?

Toi et moi on ne se quitte plus, Granger. Hermione se souvint alors. Le miroir. Son reflet. Celui de Théodore. Cette voix dans sa tête. Un hurlement et puis plus rien. Comment avait-elle pu oublier ? Reculant d'un pas, elle prit soin de ne pas s'approcher plus de la glace et coiffa ses cheveux à l'aveuglette. Elle les sécha ensuite d'un coup de baguette, s'habilla et quitta la salle de bains, emportant au passage sa chemise de nuit et ses sous-vêtements humides, qu'elle alla poser sur les barreaux de son lit. La chambre était toujours vide. Aucune trace d'Harry ou de Ron.

Descendant au rez-de-chaussée, elle perçut plusieurs voix, graves, tendues, et son cœur se serra. Que se passait-il encore ? En arrivant dans le salon, elle vit que l'intégralité des occupants de la Chaumière était réunie autour de la table basse. Lorsque tous les visages convergèrent sur elle, Hermione constata que l'heure n'était pas vraiment à la rigolade.

« Hermione, où étais-tu cette nuit ? », demanda calmement mais fermement Harry, assis sur le canapé.

Hermione se tendit. Elle chercha Draco du regard, espérant y trouver de quoi se rassurer, mais le blond la dévisageait, sourcils froncés. Avec la même expression que tous les autres. A l'exception peut-être de Narcissa et Molly, qui semblaient toutes deux avoir du mal à se retenir de la serrer dans leurs bras et de la bercer comme un bébé. Et de Lucius, qui la regardait comme si elle n'était qu'une vermine. Mais ça, ce n'était pas franchement un scoop.

« Nu-nulle part », fit Hermione, peu convaincante. Ce n'était pas franchement un mensonge, puisque théoriquement, elle n'avait pas quitté la propriété de Bill et Fleur.

« Je t'ai entendue te lever cette nuit », reprit Harry sans s'énerver. « J'ai cru que tu changeais de chambre, comme les autres nuits. Mais Malfoy dit que tu ne l'as pas rejoint. »

Hermione regarda tour à tour Draco, puis Lucius, et comprit pourquoi Mr. Malfoy la dévisageait avec tant d'animosité. Il venait d'apprendre que son fils dormait régulièrement avec une Sang-de-Bourbe et cela n'avait pas dû arranger son humeur déjà quotidiennement massacrante.

« Je repose ma question, Hermione », fit Harry posément. « Où étais-tu cette nuit ? »

La lèvre inférieure d'Hermione se mit à trembler et elle sentit les regards devenir plus pesants, plus étouffants, plus insupportables.

« Je suis descendue prendre l'air, c'est tout… », mentit-elle, tandis que Ron secouait la tête avec une expression exaspérée. « P-pourquoi ? »

« Miss Granger, qu'avez-vous fait du livre ? », demanda sèchement Rogue, qui semblait en avoir assez de la technique d'interrogatoire plutôt mollassonne du Survivant.

Hermione fut choquée de la tournure que prenait la conversation. Elle avait été tellement focalisée sur sa rencontre nocturne avec Théodore qu'elle n'avait pas imaginé qu'il pouvait s'agir d'autre chose.

« Comment ça, qu'est-ce que j'ai fait du livre ? Où est-il ? », demanda-t-elle en remarquant que le drap replié sur lequel le grimoire des Nott était posé la veille, était désormais vide.

Rogue poussa un grognement et se pinça l'arête du nez.

« On ne t'accuse pas, Hermione », ajouta précipitamment Harry, qui semblait décidé à la prendre avec des pincettes depuis leur dispute de la veille. « Mais tu as quitté ton lit vers deux heures ce matin et personne ne t'as vue ensuite pendant plus d'une heure. Et au lever du jour, le livre n'était plus là. »

Hermione sentit son cœur s'accélérer de manière incontrôlable. Tout comme elle s'était vaguement vue découvrir le reflet de Théodore dans le miroir un peu plus tôt, une espèce de flash se déclencha dans son esprit. Elle se vit alors endormie, traversant le salon d'un pas traînant en direction de la porte qui menait au jardin, côté falaises.

Ramène-moi le livre… Hermione sentit entre ses mains la brûlure du cuir ensorcelé, comme si le grimoire s'y trouvait encore. Elle l'avait sorti de la maison, l'avait donné à Théodore. Puis celui-ci l'avait fait se rapprocher de la falaise, encore et encore, jusqu'à ce que ses orteils soient suspendus dans le vide. C'était là qu'elle s'était réveillée. Et encore une fois, elle avait oublié.

C'était donc ça !, pensa-t-elle, tandis qu'une boule se formait douloureusement au fond de sa gorge. Il n'était pas venu simplement pour me parler ou me faire peur. Il était venu récupérer son maudit bouquin.

Hermione porta inconsciemment une main à son ventre, avec la sensation qu'elle allait se trouver mal. Il l'avait laissé chez lui pour que je le touche et que le lien s'établisse. Mais maintenant que c'est fait, il lui fallait le reprendre. Merlin, je ne suis qu'une idiote. Une idiote. Une idiote…

« Hermione, tu te sens bien ? », fit une voix assourdie par les battements de son cœur résonnant jusque dans ses tempes. Elle sentit une main anonyme se poser sur son épaule. D'un geste vif, elle se dégagea et trébucha en direction de la porte, par laquelle elle était sortie quelques heures plus tôt.

« Il faut que je sorte », gémit-elle, la main toujours plaquée sur son estomac. Elle entendit Rogue pousser un long soupir de colère. Mais elle l'ignora et quitta en courant l'atmosphère oppressante du salon. Une fois à l'extérieur, la fraîcheur du vent lui fit du bien et elle fit encore quelques pas avant de se laisser tomber sur l'herbe chauffée par le soleil printanier. A quelques mètres seulement de là où Théodore l'avait menacée et emprisonnée dans ses bras quelques heures plus tôt. Hermione éclata en sanglots.

A l'intérieur, Draco fit un geste pour s'élancer à sa poursuite mais une main ferme se plaqua sur sa poitrine. Potter s'était levé et lui barrait le passage. Le blond s'apprêtait à l'envoyer paître lorsque le Survivant désigna du doigt Weasley, qui avait déjà atteint le seuil et sortait rejoindre Hermione.

« C'est le moment », marmonna Harry en jetant un regard d'avertissement à Malfoy. « Ils doivent parler. Laisse-les. »

Les deux garçons s'affrontèrent un instant du regard. La porte claqua derrière Ron. Un silence pesant retomba dans la pièce, où tous les habitants s'observaient en chiens de faïence. Manifestement, leur seul espoir de maîtriser les nouveaux pouvoirs de Théodore Nott venait de s'envoler en même temps que lui.

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Et voilà, ce sera tout pour aujourd'hui ! Dans le prochain chapitre, vous aurez enfin la CONVERSATION entre Ron et Hermione. Vous avez vu, je suis sympa, je n'ai pas fait un trop gros cliffhanger cette fois ! Maintenant dites-moi : qu'avez-vous pensé de cette nouvelle rencontre entre Théo et Hermione ? Vous aviez deviné qu'il se servirait d'elle ainsi pour récupérer son grimoire ? Et que pensez-vous de Théo dans ce chapitre : il y a un côté sexy dans sa sociopathie, vous ne trouvez pas ? C'est peut-être juste moi, alors

J'ai hâte d'avoir vos réactions !
Bisous et à lundi prochain !

Xérès