The Rise and Fall

Les blas-blas de Xérès : Bonjour à tous ! Un chapitre un petit poil plus long que d'habitude (j'ai dit un poil, ne vous emballez pas ! ), où on va retrouver Poudlard, mais aussi la Chaumière. Attention, tortures, disputes et rabibochages au programme ! N'oubliez pas la petite review à la fin ! Dire que vous en totalisez plus de 500 à présent ! Merci de tout mon cœur, vous êtes vraiment formidables !

Merci à tous mes nouveaux followers (del93, Clofa, RoseLicorne9063, 2Pluiedetoiles, Lrya.91, LullyK), ainsi qu'à Erza Robin, Serdra, ellexa, sarahblue1, PetitMilou, Petitestef, DramioneTouch, liloo, MeMyselfandI, jprewett, laloudu77, Eranounette, nadra, faerycyn, Babar, Nélopée, Lune-Bleue22, Aodren, Passion Fugace, Loufoca-Granger, Manon L pour leurs reviews. Merci également à tous ceux qui ont réagi sur Facebook !

RAR :

MeMyselfandI : justement, je n'ai pas trop décidé de ce que je ferai avec Bellatrix. La plupart des personnages ont déjà leur destin programmé mais elle pas encore ^^ Ce sera sur l'humeur du moment, je pense ! Effectivement, elle pourrait être précieuse en prof d'attaque ! Et l'Impuissant des Ténèbres… mouah ahah j'ai ri :D Merci beaucoup pour ta review !

Eranounette : ahah, oui un câlin en poussant d'abord sa baguette trèèèèès très loin. XD Malheureusement oui, les mariages arrangés existent encore (trop). Je ne sais pas encore si elle changera de camp, je n'ai pas décidé. Il y a des choses qui sont déjà fixées mais ça non, pas pour l'instant mais j'y réfléchis beaucoup depuis ces derniers jours. Genre, tu vas à la plage mais pour te baigner ou juste te promener ? Parce que si tu me dis que tu es une de ces chanceuses qui vivent sous les tropiques, je vais être obligée de te demander de m'héberger le temps que l'été arrive enfin u_u huhu Bisous !

Nadra : Merci beaucoup pour tes reviews ! Une peintre, génial ! J'ai jamais été fichue de manier le pinceau, en ce qui me concerne ! Est-ce que tu as un blog ou un Instagram où tu exposes tes œuvres ? Je serais curieuse de les voir ! C'est pas faux, le Dramione, c'est guimauve. Mais en même temps, le Rogue/Hermione, c'est du détournement de mineur, difficile de faire moins fleur bleue ! lol Ne t'en fais pas, avec ce que je leur ai prévu, Draco et Hermione ne pourront pas profiter de leur bonheur bien longtemps (c'est pour ça que je leur laisse un peu de répit…). Alors pour le bal, désolée mais avec ce que je prévois pour la suite, je ne vois vraiment pas comment je pourrais caser un bal là-dedans Par contre, il y aura du duel (forcément avec Voldemort et tout…) Dans pas longtemps, même ! Bisous et merci encore !

Manon L : Hihi, merci beaucoup pour tes reviews (finalement, tu vois, au lieu de n'en laisser qu'une tu en auras mis quatre, c'est pas mal ! XD) Tes compliments me touchent beaucoup car ce sont des points qui me tenaient à cœur (la lente progression de la relation entre Hermione et Draco, pas en un claquement de doigt justement, et aussi les émotions que je voulais absolument retranscrire de manière brute et parfois brutale). Bref, ton commentaire m'indique que j'ai au moins réussi ça ! Merci mille fois et j'espère que la suite continuera de te plaire !

Chapitre 30 : Message in a bottle

Lorsque Bellatrix sortit enfin de l'infirmerie, elle comprit tout de suite que quelque chose n'allait pas. Les élèves qu'elle croisait dans les couloirs avaient tous l'air effrayé. Ce n'était pas vraiment ça le plus inhabituel, ils faisaient tous plus ou moins la même tête en sa présence. Mais cette fois, ce n'était pas elle qui les faisait trembler. La preuve : ils chuchotaient tous à qui mieux mieux (alors qu'ils étaient censés ne pas échanger un seul mot dans les couloirs, selon le nouveau règlement), ignorant superbement la présence de la Mangemorte, et leurs regards craintifs ne lui étaient pas destinés. Quelque chose avait dû se passer.

Malgré sa fatigue et l'inquiétude accumulées ces derniers jours, Bellatrix se recomposa une mine féroce et attrapa par l'épaule le plus petit et le plus chétif gamin du premier groupe qu'elle croisa. Le gosse, un première année de Pouffsouffle à en juger par son blason orné d'un blaireau et par son écharpe jaune et noire, poussa un petit cri terrifié et Bellatrix fut soulagée de voir qu'elle n'avait pas perdu en crédibilité. Cela lui mit un peu de baume au cœur.

« Dis-moi, petit oiseau… », miaula-t-elle en approchant son visage du sien. Le petit garçon rentra la tête dans son col, comme s'il voulait disparaître à l'intérieur de son uniforme. « Qu'est-ce que vous avez tous à gazouiller comme ça ? Vous ne savez pas qu'il est interdit de bavarder dans les couloirs ? Faut-il que je demande à Mr et Mrs Carrow de vous faire un petit rappel du règlement ? »

Le petit garçon secoua précipitamment la tête en écarquillant les yeux. Autour de lui, ses amis s'étaient figés, tremblants.

« Madame, s'il vous plaît … », balbutia le garçonnet tandis que Bellatrix décidait d'en rajouter une couche. Elle n'allait bien évidemment pas torturer ce pauvre môme juste pour avoir chuchoté ni même le dénoncer à qui que ce soit, elle voulait simplement que lui le croie. Elle ne s'appelait pas Alecto Carrow, non plus.

Elle plissa donc les yeux et le saisit cette fois par le col. « Dis-moi de quoi vous parliez. »

« Ils ont attrapé les responsables de l'incendie au septième étage, Madame ! », intervint Hannah Abbott, qui observait la scène un peu en retrait.

Surprise, Bellatrix relâcha son emprise sur le col du petit Pouffsouffle et Hannah en profita pour le tirer par le bras. Pendant que Bellatrix enregistrait l'information, Hannah se pencha à l'oreille du garçon et lui chuchota de se réfugier dans leur salle commune. Le gamin partit de toute la force de ses petites jambes et disparut aussitôt.

Bellatrix s'approcha doucement d'Hannah, qui se raidit, le cœur battant. Mais la jeune fille soutint son regard et Bellatrix esquissa un sourire. C'était beaucoup moins drôle quand les gamins lui tenaient tête. Les petits oiseaux terrifiés étaient ses jouets favoris, mais celle-ci … avait du cran. Et Bellatrix respectait cela.

« Merci beaucoup », minauda-t-elle avant de se diriger vers la Grande Salle.

« A votre service, Madame Lestrange », railla Hannah, sur un ton qui transpirait le mépris.

Bellatrix tourna la tête et lui fit un clin d'œil effronté. « N'en fais pas trop quand même, ma jolie. »

Hannah la regarda s'éloigner, les sourcils froncés. Bon sang, mais qu'est-ce qui a pris à Neville et Ginny…, pensa-t-elle en reprenant sa route jusqu'à son prochain cours. Si jamais ils sont torturés et qu'ils parlent de l'Armée de Dumbledore, on est tous morts…

~o~

Bellatrix pénétra dans la Grande Salle et vit qu'elle était vide à l'exception de Voldemort, de deux élèves à genoux sur la pierre dure, et de … Rodolphus. Cinq mois sans entendre parler de lui et voilà qu'il était à présent partout. Bellatrix retint un juron et s'approcha vaillamment. Elle vit que Voldemort ne la quittait pas des yeux depuis qu'elle avait poussé la porte.

« Maître… », le salua-t-elle en ignorant superbement le regard amer que lui jeta Rodolphus.

Voldemort ne lui répondit pas et Bellatrix eut l'étrange impression qu'il était en proie à une colère froide. Le genre de colère silencieuse mais non moins dangereuse. Etait-ce contre elle ? Ou contre les gamins ? D'ailleurs, de qui s'agissait-il ? Elle se retourna vers les deux adolescents agenouillés sur le sol et reconnut aussitôt le fils de Frank et Alice Londubat. Quel était son prénom déjà ? Nigel ? Nethel ? Non, Neville. C'était ça, Neville. Et la fille près de lui ? Avec des cheveux pareils, ce ne pouvait être que la petite Weasley. Bellatrix soupira. Ça ne l'étonnait même pas que ces deux-là soient encore mêlés à une affaire pas nette. Depuis le début de l'année, ils n'avaient cessé de multiplier les provocations.

« Voici donc nos deux délinquants qui ont fait brûler la Salle sur demande… », marmonna Bellatrix en les fusillant du regard. « Vous n'aviez pas mieux à faire ? Je ne sais pas, moi … des devoirs, par exemple ? »

Elle vit Ginny Weasley lui jeter un regard assassin, tandis que le rejeton des Londubat fixait obstinément le mur en face de lui, les lèvres pincées.

« Rodolphus s'apprêtait à les interroger de manière plus… approfondie », siffla Voldemort en faisant un geste de la main en direction des deux adolescents.

Lestrange vint se poster devant eux et les toisa de toute sa hauteur. Puis d'une voix forte, il posa sa première question. « Comment avez-vous su qu'il était caché dans la salle sur demande ? »

« Su que quoi était caché ? », rétorqua Neville sans le regarder.

« Le Horcruxe ! Qui vous l'a dit ? », beugla Lestrange, menaçant.

Ginny et Neville se regardèrent. « Le quoi ? », demanda Ginny d'un air de défi.

« Jamais entendu ce mot-là », renchérit Neville, impassible.

Lestrange les regarda tous les deux, puis un sourire mauvais fit son apparition sur ses lèvres. Sourire qui se mua bientôt en rire. Un rire si froid et terrifiant que les mains de Ginny se mirent à trembler pendant quelques secondes. Bellatrix ne pouvait l'en blâmer. Elle-même avait eu une réaction similaire la toute première fois qu'elle avait entendu son époux s'esclaffer. Lestrange se retourna vers Voldemort et désigna les deux adolescents du doigt.

« Ils en ont dans le ventre, les petits », grinça-t-il, tandis que Voldemort fronçait les sourcils. La situation semblait beaucoup moins l'amuser que son disciple, étant donné qu'il avait tout de même perdu un morceau de son âme dans l'histoire. Puis sans prévenir, Lestrange dégaina sa baguette et la pointa sur Ginny. « Endoloris ! »

Dans un effroyable hurlement, Ginny Weasley s'écroula sur le sol et s'y tortilla comme un ver arraché à la terre. Neville blêmit et l'espace de quelques secondes, la regarda se tordre de douleur, bouche bée. Puis reprenant ses esprits, il se jeta en direction de Lestrange, mais n'atteignit jamais sa cible. Voldemort, d'un simple coup de baguette, l'avait envoyé valser contre un mur et immobilisé contre la pierre.

« GINNY ! », s'égosilla Neville, choisissant donc de hurler puisqu'il ne pouvait plus bouger. Bellatrix se dirigea vers lui aussi vite que possible.

« Dis-nous ce qu'on veut savoir, gamin et tout s'arrêtera », dit-elle précipitamment, tandis que les hurlements de Ginny résonnaient toujours dans la Grande Salle. « Parle vite. Tu connais mieux que n'importe qui les effets du Doloris prolongé… »

Neville la fusilla du regard. Bellatrix n'avait pas dit cela par méchanceté mais plutôt comme un avertissement, un rappel. Mais elle vit dans les yeux du jeune homme qu'il avait complètement mal interprété ses propos. En guise de confirmation, il cracha dans sa direction.

« Allez tous vous faire foutre », beugla Neville en cherchant en vain à se libérer de l'emprise du sortilège.

Bellatrix pinça les lèvres et se retourna vers Rodolphus, qui n'avait toujours pas levé le sort. La jeune Weasley hurlait toujours de douleur, mais ses cris étaient désormais entrecoupés de râles et elle commençait à convulser.

« Rodolphus ! », l'interpella Bellatrix d'une voix forte. Mais il ne l'écoutait pas, trop absorbé par ce qu'il faisait. Un gargouillis répugnant s'éleva de la gorge de la rouquine et Bellatrix constata qu'un filet de bile jaunâtre s'échappait d'entre ses lèvres. « RODOLPHUS ! L'autre ne nous dira rien si elle y reste ! », aboya-t-elle. Son époux cligna soudain des yeux, comme s'il se réveillait d'une transe et leva le sortilège avec une moue désapprobatrice.

A terre, Ginny toussota, cracha, haleta et Voldemort ne put s'empêcher d'esquisser un rictus dégoûté par la série de bruits corporels qu'émettait l'adolescente. A une autre époque, Bellatrix aurait adoré un tel spectacle. Mais maintenant que la quasi-totalité de sa famille risquait de subir le même sort que cette pauvre gosse si on leur mettait la main dessus, elle ne trouvait plus cela aussi drôle qu'avant. L'idée même que sa sœur Narcissa ou son neveu Draco soient torturés de la sorte pendant des heures lui retournait l'estomac.

Sans attendre que Ginny ait fini de reprendre ses esprits, Rodolphus se pencha sur elle et la saisit par ses cheveux roux. « Maintenant, réponds. Qui t'a parlé du Horcruxe dans la Salle sur Demande ? Et ne me dis pas que tu étais au courant depuis le début de l'année scolaire, sinon tu t'y serais pris bien plus tôt pour lancer ta petite mission commando. Quelqu'un vous a forcément mis au courant récemment. Qui ça ? Harry Potter ? »

Ginny darda ses yeux rougis dans sa direction et cracha encore un peu de bile. « Si vous croyez que je vais parler après un petit sort de rien du tout comme celui-là, vous vous fourrez le manche à balai dans l'œil, Lestrange. » Elle plissa les yeux et tenta de maîtriser les tremblements incontrôlables de ses mains. « Je n'ai. Absolument. Rien. Senti. »

Lestrange serra les dents et Bellatrix retint son souffle. Un nouveau Doloris retentit dans la grande salle, encore suivi des hurlements déchirants de Ginny. Cette fois, Neville ferma les yeux de toutes ses forces et Bellatrix ne put s'empêcher de ressentir une pointe d'admiration. Merlin, ce n'étaient pourtant que des gamins…

Cette fois, Ginny se mit à convulser beaucoup plus tôt que précédemment. Les yeux révulsés, son torse s'agitait de puissants soubresauts et elle semblait décoller du sol à chaque secousse.

« ARRÊTEZ, IL N'Y AVAIT PERSONNE ! PERSONNE D'AUTRE, ON VOUS LE JURE ! », beugla Neville qui avait rouvert les yeux en entendant Ginny refaire son espèce de crise. « ON L'A FAIT DE NOTRE PROPRE INITIATIVE ! C'EST HARRY QUI NOUS A MIS AU COURANT POUR LES HORCRUXES. »

Lestrange cessa aussitôt sa torture et jeta un regard soupçonneux en direction de Neville, qui s'efforça de ne pas avoir l'air trop soulagé. Sa réponse n'était qu'un demi-mensonge, puisque c'était effectivement Harry (par l'intermédiaire de Ginny) qui lui avait parlé de sa mission pour Dumbledore.

Rodolphus se désintéressa totalement de Ginny pour se rapprocher de Neville, toujours plaqué contre son mur. « Tu as eu des nouvelles d'Harry Potter, récemment ? », murmura-t-il en inclinant la tête sur le côté. Neville eut la désagréable impression qu'il le sondait. Le jeune homme secoua la tête.

« Non, mes informations dataient de l'été dernier… », répondit-il en essayant de garder un visage impassible.

« Tais-toi, Neville… », gargouilla Ginny depuis le sol.

Bien joué, Ginny, pensa Neville. En me demandant de me taire, ils vont croire que je dis effectivement la vérité.

C'est alors que la porte de la Grande Salle s'ouvrit toute grande et un Mangemort, Antonin Dolohov, entra en compagnie d'un autre élève, qu'il tenait par le col de sa chemise. Neville comprit alors qu'ils étaient foutus.

Jimmy Peakes, quatrième année à Gryffondor, se laissait entraîner par Dolohov, qui le poussa sans ménagement jusque devant Voldemort. Ce-dernier lui jeta un regard agacé.

« Antonin, tu ne vois pas qu'on est légèrement occupés en ce moment ? », lâcha Voldemort d'un air las.

« Justement, le gosse dit qu'il sait quelque chose à propos de ces deux-là », fit Dolohov en désignant du menton les deux autres Gryffondors à sa droite.

« Tiens donc ? », chantonna Rodolphus en délaissant Neville, qui jetait des regards furieux en direction de Jimmy. Lequel évitait soigneusement de regarder dans sa direction.

« Il… un garçon est venu à Poudlard quand il y a eu l'incendie… », commença Jimmy. « Ils l'ont caché dans la tour de Gryffondor. »

« Jimmy Peakes, espèce de petite merde », grogna Ginny en rampant tant bien que mal sur le sol dans sa direction. Jimmy recula précipitamment hors de sa portée et Rodolphus flanqua un coup de pied dans le ventre de la jeune fille, ce qui l'arrêta net.

« Chut, petit vermisseau », se moqua Rodolphus. « Ce n'est pas beau de couper la parole. Ta maman ne t'a donc rien appris ? »

« Et vous, je me demande bien ce que votre mère a pu vous apprendre pour que vous deveniez aussi pathétique… », rétorqua Ginny, ce qui lui valut un autre coup de pied. Celui-ci, bien mieux placé, lui coupa le souffle et elle se remit à tousser bruyamment.

Rodolphus se tourna de nouveau vers Jimmy avec un large sourire. « Continue, mon garçon… Jimmy, c'est bien ça ? »

Jimmy hocha la tête après une hésitation tandis que Ginny relevait la sienne pour le scruter avec colère.

« Est-ce que tu connaîtrais par hasard l'identité du garçon dont tu parles ? », roucoula Rodolphus, tandis que Neville poussait un grognement de rage.

Sans même s'en rendre compte, Bellatrix posa discrètement une main qui se voulait apaisante sur la poitrine de Neville. Geste inutile, puisque celui-ci ne pouvait absolument pas bouger de son mur.

« Ferme ta gueule, Peakes ou je te jure que tu le regretteras ! », beugla Neville, tandis que Jimmy baissait honteusement les yeux.

« Oui, Monsieur », répondit Jimmy d'une petite voix. « Il était à Serpentard, l'an dernier. Je crois que c'était Théodore Nott. »

Par terre, Ginny laissa retomber son front couvert de sueur sur les dalles de pierre froide. Bellatrix jeta un regard inquiet en direction du Maître et constata que la nouvelle portait un nouveau coup à sa dignité déjà quelque peu ébranlée par les multiples trahisons de ces dernières semaines. D'accord, le jeune Nott n'avait pas été un exemple de fidélité ces derniers temps (tout comme ses parents, qui avaient disparu de la circulation depuis quelque temps), il avait même été considéré comme déserteur depuis la débâcle au Manoir Malfoy, mais de là à détruire les Horcruxes ?

Rodolphus Lestrange se retourna vers Voldemort et lui jeta un regard interrogateur. Bien entendu, n'ayant pas été dans les parages depuis plusieurs mois, il lui manquait pas mal d'explications. Bellatrix pria pour ne pas être celle qui serait désignée pour les lui donner. Voldemort, d'un calme ahurissant étant données les circonstances, sembla réfléchir un instant. Puis il darda ses yeux écarlates sur Dolohov et Jimmy.

« Antonin, embarque moi ça aux cachots et fais en sorte qu'il se rappelle combien c'est mal de retenir de précieuses informations aussi longtemps. » Jimmy Peakes ouvrit grand la bouche et un cri étranglé en sortit lorsque Dolohov l'entraîna à sa suite. Neville ne put s'empêcher d'esquisser un rictus satisfait. Bien fait pour lui.

Voldemort se caressa le menton d'une main et se tourna vers Ginny, toujours étendue sur le sol aux pieds de Lestrange, puis vers Neville, cloué au mur près de Bellatrix.

« Rodolphus ? », demanda-t-il soudain d'un ton léger.

L'interpellé se tourna vers lui, esquissant une légère courbette. « Oui, Maître ? »

« Faites-moi venir un reporter de la Gazette… nous allons envoyer un message très personnel à ce cher Monsieur Potter. »

~o~

Lorsqu'Hermione se réveilla, la première chose qu'elle sentit fut le bras de Malfoy sur son ventre. La deuxième chose, fut un courant d'air frais sur son visage. Merlin, que c'était agréable. Elle sentait même les rayons du soleil matinal chauffer doucement sa joue et se dit que Blaise avait dû ouvrir les volets et la fenêtre en se levant. Merveilleuse idée. Elle s'étira et se décida à ouvrir les yeux pour pouvoir apprécier la magnifique vue du ciel bleu et du soleil printaniers qui, elle en était certaine, s'offrirait à elle.

Mais lorsqu'elle entrouvrit les paupières, le panorama s'avéra quelque peu encombré par une grande silhouette sombre. Sombre et penchée sur leur lit. Hermione ouvrit grand les yeux et se retrouva presque nez à nez avec l'expression passablement méprisante de Lucius Abraxas Malfoy. Et poussa un hurlement strident.

« AAAAH ! »

A côté d'elle, Draco se redressa d'un bond sur le matelas, brandissant sa baguette sortie de nulle part droit devant lui. Puis il remarqua son père, debout du côté d'Hermione, un sourcil levé et le dégoût suintant presque par chacun des pores de sa peau.

Draco eut un mouvement de recul si violent que l'arrière de son crâne frappa avec un bruit sourd le mur derrière la tête de lit. Il se recroquevilla aussitôt, serrant dans ses mains sa boîte crânienne en gémissant, tandis qu'Hermione restait pétrifiée à ses côtés, serrant la couverture contre elle et observant bouche bée l'homme qui les toisait.

Un silence de plomb s'abattit dans la pièce, pendant lequel Hermione et Lucius Malfoy se regardèrent longuement.

« Que… qu'est-ce que vous faites là ? », bégaya Hermione, les sourcils froncés.

« Je dis rien, mais j'en pense pas moins… », marmonna Draco, qui frottait toujours l'arrière de son crâne endolori.

Manifestement, le patriarche avait quelque chose à leur dire, mais la vue de son fils dans le même lit qu'une Sang-de-Bourbe semblait lui avoir fait perdre l'usage de la parole. D'un geste lent, il pointa un index vers la porte de la chambre, grande ouverte.

Hermione suivit son geste de ses yeux ronds comme des soucoupes. « Vous voulez qu'on sorte, c'est ça ? »

Lucius hocha brièvement la tête. Draco releva enfin la sienne et jeta à Hermione un regard appuyé, comme pour lui demander à quoi son père jouait. La Gryffondor lui répondit par un haussement d'épaules perplexe. C'est alors que deux visages souriants apparurent dans l'encadrement de la porte, l'un juste au-dessus de l'autre. Draco haussa un sourcil en constatant que ces sourires radieux appartenaient à Blaise et à sa mère, j'ai nommés respectivement Sourire du Haut et Sourire du Bas.

Sourire du Haut prit la parole en premier. « Vieux, il faut vraiment que vous descendiez, Rogue a eu une idée de génie. »

Sourire du Bas prit la relève. « Le réveil n'a pas été trop éprouvant, mes chéris ? », minauda Narcissa, tandis que Lucius lui jetait un regard mauvais. « J'ai fait la leçon à Lucius ce matin, je lui ai demandé d'être plus gentil, mais quelque chose me dit que ce n'est pas encore gagné… »

Hermione lui adressa un sourire crispé. « Sans rire… »

La voix de Molly Weasley s'éleva alors depuis le rez-de-chaussée. « PETIT-DÉJEUNER ! FRED, GEORGE, RONALD, SORTEZ DE VOTRE COMA ET VENEZ MANGER JE VOUS PRIE ! »

« Ah ! », fit Narcissa en levant l'index. Elle baissa les yeux, Blaise leva les siens, et ils échangèrent un regard ravi. « Molly et moi avons passé la matinée à faire des cupcakes ! », déclara-t-elle joyeusement. « Si j'avais su combien il était si amusant de faire la cuisine, j'aurais débarrassé le Manoir de nos elfes il y a belle lurette… Hop, hop, hop, on se lève, on s'habille, allez, allez ! »

Et elle disparut, Blaise sur les talons.

Hermione secoua la tête en souriant mais se figea en voyant l'expression de profonde lassitude qui s'installait sur les traits de Lucius Malfoy. Elle se mordit les lèvres pour ne pas rire. Draco, quant à lui, regardait son père avec une expression incrédule. Il ne comprenait pas pourquoi il restait là sans rien faire. Ceci dit, Lucius Malfoy lui-même ne devait pas le savoir non plus. Le père et le fils se regardaient depuis un moment en chiens de faïence lorsqu'Hermione décida de couper court à cet instant hautement inconfortable et se glissa hors du lit pour filer récupérer des vêtements propres et s'habiller dans sa chambre. Lorsqu'elle repassa devant la porte ouverte, quatre minutes plus tard, père et fils n'avaient pas bougé d'un seul cheveu peroxydé. Hermione leva les yeux au ciel et descendit dans la salle à manger.

Tout le monde (à l'exception des deux mâles Malfoy) était déjà attablé autour du petit-déjeuner royal confectionné par Molly et Narcissa. Ron avait d'ailleurs déjà englouti au moins un cupcake à la fraise, à en juger par le glaçage rouge qui s'était fiché aux commissures de ses lèvres. Hermione s'assit et ouvrit la bouche pour demander à ce qu'on lui passe une assiette, mais Molly déposa aussitôt devant elle tout un assortiment de cupcakes multicolores, ainsi qu'une tasse de thé aromatisé aux fruits rouges. Hermione referma la bouche et haussa les sourcils. « Bon… euh, merci… », fit-elle, un peu gênée par tant de prévenance.

Molly passa derrière elle et lui déposa un baiser sur le haut du crâne avant de se diriger vers sa propre place à table.

« Et nous, Maman, on n'a pas droit à l'assiette toute prête et au bisou ? », se plaignit George en se servant lui-même une tasse de café.

« Quelle honte, pourtant nous sommes sa propre progéniture ! », renchérit Fred en secouant la tête.

« Pas la meilleure partie », se moqua Bill avant de se baisser pour éviter un quignon de pain lancé par George.

Hermione éclata de rire, bientôt imitée par Ron. La Gryffondor poussa un soupir de contentement. Depuis l'incident de la falaise, tout le monde avait redoublé d'efforts pour dédramatiser la situation. Même la veille, lorsque Rémus et Tonks avaient quitté la Chaumière pour rejoindre les parents de cette-dernière, ils avaient assuré à Hermione que cela n'avait rien à voir avec elle. Malgré tout ce qu'il s'était passé dernièrement, Rémus ne pouvait se résoudre à la considérer comme un danger immédiat, mais il préférait que Tonks mette au monde leur enfant dans un endroit plus calme, plus intime, voilà tout. Et lorsqu'ils reviendraient, il serait temps de préparer leur débarquement à Poudlard. Il était temps de se débarrasser enfin de Nagini et de Voldemort.

A cette idée, le cœur d'Hermione se serra. Elle avait toujours su que cela se finirait plus ou moins de cette manière. Une fois un maximum d'Horcruxes détruits, il leur faudrait attaquer Voldemort et les Mangemorts là où ils se terraient. En l'occurrence, à l'école de Magie. Hermione tenta de ne pas penser à tous ceux qui allaient sûrement perdre la vie dans l'entreprise et reporta son attention sur les jumeaux qui se chamaillaient toujours avec Bill. Un large sourire reprit sa place sur ses lèvres en voyant Fred jeter un sucre directement dans le bol de Bill, l'aspergeant abondamment de café, sous les grognements désapprobateurs de Fleur, qui accourut aussitôt avec une serviette en papier.

« Hermione ? », l'appela Harry depuis l'autre côté de la table, où il était assis avec Rogue. Ce-dernier arborait une expression grave, comme à son habitude.

« Blaise a dit que vous avez eu une espèce d'idée… ? », demanda-t-elle en se levant, tasse de thé et cupcakes à la main, pour s'asseoir un peu plus près d'eux. « Qu'est-ce que c'est ? »

Rogue et Harry échangèrent un regard. « Quelque chose que Dumbledore a déjà recommandé pour un cas similaire… », reprit Harry en lui adressant un sourire doux. Puis il se désigna lui-même du doigt. « Le cas, c'était moi. » Il tourna ensuite son index sur Rogue. « La recommandation, c'est lui. »

Hermione fronça d'abord les sourcils mais il ne lui fallut que deux petites secondes pour comprendre. « L'Occlumencie… », murmura-t-elle tandis que Rogue acquiesçait. Hermione but une gorgée de thé et soupira. « Je ne sais pas si ça peut marcher contre ce lien que Théodore a établi, mais je suppose que ça vaut le coup d'essayer. Après tout, ce n'est pas comme si on avait une meilleure solution pour le moment. »

« Je ne doute pas une seule seconde que vous y arriverez, Miss Granger », la rassura Rogue avant de jeter un coup d'œil narquois en direction d'Harry. « L'art de l'occlumencie est une discipline complexe pour les esprits limités… (- Harry tourna lentement la tête vers lui et le fusilla du regard -) …mais vous êtes brillante, je ne me fais aucun souci pour vous. »

Hermione esquissa un sourire amusé. « Je n'étais pas inquiète pour ça », dit-elle en pinçant les lèvres. « J'avais plutôt peur que cela ne soit d'aucune utilité contre cette forme de magie. »

« On ne peut pas le savoir avant d'avoir essayé, Hermione », fit Ron, qui s'était silencieusement approché du trio. Le rouquin, enhardi par l'absence temporaire du blond, s'assit à côté d'Hermione et posa une main sur son bras. Hermione se crispa légèrement, sachant très bien ce qui se cachait derrière ce geste. L'espoir de la récupérer.

« Il faut y croire, en tous cas », reprit Harry en posant sa main sur son autre bras.

Hermione lui sourit et hocha la tête. C'est alors qu'un raclement de gorge agacé les fit se retourner. Draco semblait avoir enfin échappé aux regards meurtriers de son paternel et s'était habillé pour descendre. Bras croisés sur le torse, il regardait à présent les deux Gryffondors tripoter impunément Hermione.

« Je ne vous dérange pas, surtout ? », lâcha-t-il de sa voix traînante.

Ron poussa un grognement. « Et dire que j'étais persuadé ce matin en me levant qu'un énorme troll l'avait kidnappé et utilisé comme coton-tige pour se nettoyer les oreilles… », maugréa le rouquin en retirant néanmoins sa main du bras d'Hermione. « Ça devait être un rêve… »

« Eh non, je suis là et bien là », rétorqua Malfoy en lui jetant un regard mauvais.

« Pourtant, on dirait que tu as encore du cérumen de troll sur la tê- », commença Ron en désignant les mèches blondes de Draco du doigt. « Ah non, pardon, ce sont tes cheveux… »

« Ron ! », le réprimanda Hermione, sans pouvoir s'empêcher d'esquisser un sourire narquois. Après tout, se moquer de Malfoy avait été leur sport favori pendant près de six ans.

« Et toi, dans quel orifice de troll a-t-on dû plonger ton horrible tronche pour qu'elle ressorte avec cette couleur et toutes ces taches ridicules ? », répliqua le blond en serrant les poings.

Ron se leva d'un bond et se planta sous le nez de Malfoy, la fureur faisant rougir son visage. « Si tu me cherches, tu vas me trouver, Malfoy… », gronda-t-il, tandis qu'Hermione et Harry se levaient à leur tour.

Autour d'eux, tout le monde s'était figé et observait la scène avec une certaine appréhension. Hermione tenta de tirer Ron par le bras pour qu'il recule, mais en vain. « Ron, arrête, s'il te plaît… », le supplia-t-elle, mais il se dégagea.

« Laisse, Hermione, c'est entre ce type et moi. Ça fait déjà trop longtemps qu'on aurait dû régler ça… », fit Ron sans quitter Malfoy des yeux.

« Pour une fois, je suis d'accord avec toi, Weasmoche », répondit Draco sur le même ton.

« Les garçons, par Merlin, un peu de tenue ! », s'égosilla Mrs Weasley depuis l'autre bout de la salle à manger.

« Vous trouvez qu'ils manquent de tenue, là ? », ironisa Blaise en remuant nonchalamment son café. « Attendez un peu qu'ils se lancent dans un concours de bites… »

Fred ricana et Blaise jeta un regard consterné en direction des deux rivaux. Ces derniers se fixaient toujours dans le blanc des yeux et l'atmosphère devenait de plus en plus électrique.

Hermione retenta une approche pacifiste et saisit à nouveau le biceps de Ron entre ses deux mains. « Ron, allez, s'il te- » Mais elle ne put pas aller au bout de sa phrase. Et pour cause. Tout alla si vite que personne n'eut le temps de réagir.

« C'EST PAS VRAI, HERMIONE, JE T'AI DIT DE NOUS LAISSER RÉGLER CA ! », beugla Ron en la repoussant. Plus violemment qu'il ne l'aurait voulu. Déséquilibrée par son geste, Hermione bascula en arrière et ses reins allèrent cogner durement contre un coin de la table. Elle poussa un petit cri de surprise (et de douleur) et vit Ron faire volte-face, l'air aussi surpris qu'elle, avant d'ouvrir la bouche pour s'excuser. Mais il n'en eut pas le temps.

Le poing de Draco s'abattit avec force sur sa mâchoire, qui émit un craquement sinistre. Ron s'écroula sur le sol, mais le Serpentard n'en resta pas là. Il le saisit par le col de sa chemise et frappa de nouveau. Puis une troisième fois. Il relevait le poing pour un quatrième direct du droit, lorsqu'Arthur Weasley fut le plus rapide à réagir et l'entraîna de force pour le maintenir à distance de son fils cadet. Sur le sol, Ron saignait abondamment du nez et de la lèvre supérieure et il mit ses mains en coupe sous son menton pour essayer d'empêcher le sang de couler. Autour d'eux, tout le monde était frappé de stupeur par la violence de l'échange, mais surtout de la rapidité avec laquelle la situation avait dégénéré. Draco pointa un doigt en direction de Ron et plissa les yeux.

« Frappe-la, pousse-la ou touche-la encore une fois… une SEULE fois, Weasley… et tu es mort », siffla le blond, tandis que Narcissa et Molly sortaient à leur tour de leur état de choc et se précipitaient vers Hermione. Celle-ci s'empressa de leur souffler que tout allait bien et qu'il valait mieux s'occuper du nez de Ron. Là-dessus, Draco tourna les talons et grimpa les escaliers quatre à quatre. Une porte claqua à l'étage et le silence retomba dans la maison. Hermione se décolla doucement de la table, contre laquelle elle s'appuyait toujours et grimaça en sentant une légère douleur dans son dos. Arthur et Molly aidèrent leur fils à se relever et Molly tenta de lui appliquer un chiffon sur le nez, le temps de trouver un moyen plus magique et définitif de le soigner. Mais il repoussa son geste et se tourna vers Hermione.

« Du vois, Herbiode », fit-il d'une voix étrange, comme s'il était enrhumé. « Du vois za vraie perzodalité à ze type ? »

Hermione fronça les sourcils, jeta un regard furieux en direction de Ron. Et le gifla. Du coin de l'œil, elle vit Rogue esquisser un rictus ravi mais choisit de l'ignorer. Ron, en revanche, semblait tomber des nues.

La Gryffondor lui jeta un dernier regard furibond et s'apprêtait à partir à son tour lorsqu'une main ferme et peu amicale s'abattit sur son épaule pour la retenir. Hermione leva les yeux vers le propriétaire de cette main et eut à peine le temps d'enregistrer qu'il s'agissait de Lucius Malfoy, que celui-ci était déjà parti sur les traces de son fils.

~o~

Draco donna un coup de pied rageur dans le cadre de lit, le faisant se déplacer en grinçant de quelques centimètres. Il avait littéralement pété un plomb lorsqu'il avait vu Weasmoche pousser Hermione si violemment. Déjà parce qu'entendre Hermione pousser un cri de douleur lui rappelait beaucoup trop les cris qu'il lui avait lui-même fait pousser quelques semaines plus tôt. Et surtout parce qu'il n'aurait jamais pensé que le responsable de ces cris puisse un jour être l'un des deux meilleurs amis d'Hermione. C'était ça qui l'avait rendu fou. Le fait d'imaginer que même eux pouvaient encore lui faire du mal, alors qu'elle était censée être à l'écart de tout ce qui pouvait la blesser.

Draco grimaça et serra contre son ventre son poing endolori. Les dents de Weasley avaient creusé de petites plaies sur ses jointures et le sang de Weasley se mêlait peu à peu au sien. Il plia et replia les doigts plusieurs fois. C'était douloureux mais pas atroce. Il survivrait. Sa dignité et sa réputation au sein de la Chaumière, en revanche, beaucoup moins.

Frapper Weasley une fois aurait pu passer. Il se serait écroulé comme une merde, il aurait retenu la leçon. Mais continuer de le rouer de coup alors qu'il était à terre… Même si cela avait été jouissif de pouvoir enfin passer ses nerfs sur le visage rougeaud de cet attardé mental, Draco ne pouvait s'empêcher de penser que c'était mal. Vil. Bas et mesquin. Digne d'un vrai Malfoy, en somme. Draco réalisa qu'il n'en voudrait même pas à Hermione si elle décidait de s'éloigner de lui après un coup pareil. Et pour la première fois depuis le jour où il était arrivé à la Chaumière, Draco fut repris par ses vieux démons.

Mon Manoir pour une bouteille… Oh wait, je n'ai même plus de Manoir. Ah ah.

Il entendit la porte de la chambre s'ouvrir puis se refermer dans son dos et il ferma les yeux. C'était sûrement Hermione. Qui venait lui dire que tout était fini entre eux. Il se retourna lentement et se prépara à faire face à son destin.

Mais le destin ne mesurait pas un mètre soixante-cinq, n'avait pas de longs cheveux bruns bouclés et d'adorables yeux en amande. En l'occurrence, ce matin-là, le destin s'appelait Lucius Malfoy. Alias papa.

Draco se figea et le regarda, interdit. Se demandant ce qu'il foutait là. C'était la deuxième fois qu'il se retrouvait seul face à son père en moins d'une heure, soit deux fois plus que les 8 derniers mois confondus. Le Serpentard ne savait s'il devait s'en réjouir ou pas. Réflexion faite, peut-être pas.

« Qu'est-ce que ça va être cette fois ? Une nouvelle leçon sur la bonne manière de faire sauter les plombages d'un traître à son sang ? Un énième règlement interdisant de nouer des liens avec les Sangs-de-Bourbe ? Allez, un petit effort, Père, je sens que vous en brûlez d'envie… », gronda Draco en prenant un mouchoir en tissu pour envelopper temporairement son poing sanguinolent.

Lucius haussa un sourcil et croisa les mains dans son dos. « Ma foi, il me semble que la leçon sur les plombages est parfaitement maîtrisée. Quant à ta deuxième proposition… » Il grimaça. « Ça m'ennuierait de vomir les délicieuses pâtisseries que ta mère a confectionnées avec amour, alors évitons ce sujet si tu veux bien… »

Draco le fusilla du regard et secoua la tête avec lassitude. Puis il vit les coins des lèvres de Lucius se relever légèrement. Son père aurait-il fait une tentative d'humour ? Peu importait. Draco n'était pas d'humeur à plaisanter.

« Rassurez-vous Père, il n'y aura bientôt plus de sujet du tout. Elle ne voudra certainement plus m'approcher après ça… », reprit le jeune homme en se laissant tomber sur son lit. « Maintenant, si c'était possible d'avoir un peu d'intimité, je voudrais pouvoir me morfondre en paix. »

Lucius leva les yeux au ciel et ouvrit la bouche pour dire quelque chose. Une chose qu'il allait, il le savait, regretter pour le restant de ses jours. « En fait, elle serait ici si je ne l'en avais pas empêchée. Et elle a giflé le rouquin quand il a enfin réussi à se relever… »

Draco lui jeta un regard interloqué. Hermione avait giflé Weasmoche ? Et il avait raté ça ?
« Quoi ? », éructa Draco, les yeux ronds.

« On ne dit pas 'Quoi ?', on dit 'Comment ?' », corrigea Lucius avec une expression désapprobatrice.

Draco lui jeta un regard exaspéré et Lucius soupira. « Peu importe », marmonna le patriarche, réalisant que toute tentative d'éducation était désormais inutile avec son fils unique.

« Elle l'a giflé ? », répéta Draco à mi-voix. « Pour moi ? » Un sourire idiot faisait son chemin jusqu'à ses lèvres et Lucius ne put s'empêcher de grimacer de nouveau.

« Par Merlin, je commence à regretter ce bon vieux temps où tu n'étais amoureux que de la bouteille… », grinça-t-il tandis que le sourire de Draco s'effaçait aussitôt.

Je vous emmerde, Père. Bien cordialement, jura intérieurement le jeune homme.

« Et sinon, pourquoi vous êtes venu à sa place ? A choisir, j'aurais préféré l'avoir elle, en face de moi », rétorqua Draco en lançant un regard noir en direction de son paternel.

Lucius fit quelques pas en direction de la fenêtre et se pencha pour regarder à l'extérieur. « Ta mère m'a demandé d'être… plus compréhensif avec toi », maugréa-t-il comme si c'était la pire corvée qu'on lui ai jamais attribuée. « Je lui ai dit que je ferais des efforts. Ça ne veut pas dire que je cautionne tes … agissements avec cette … (Regard noir de Draco)… cette née-Moldue… »

« Elle a un nom… »

« Cette Granger, peu importe », lâcha Lucius en balayant sa remarque d'un geste de la main.

« Her-mione », aboya Draco en serrant son poing valide.

« Je vais m'arrêter à Granger, ne pousse pas le bouchon trop loin », gronda son père en le fusillant du regard.

Draco secoua la tête. Le silence retomba dans la pièce et après quelques secondes, Lucius cessa d'observer le paysage pour se retourner vers son fils, qui fixait obstinément ses chaussures.

« Ça fait maintenant près de deux semaines que je suis coincé dans cette misérable masure, Draco … », commença-t-il en désignant d'un geste de la main la pièce et la maison autour d'eux. « J'ai eu le temps d'observer ces gens. Ta mère a raison, ils auraient pu refuser de nous héberger. Nous tourner le dos. Nous mettre à la porte. Nous laisser à la merci du Seigneur des Ténèbres. Nous condamner à une mort certaine… »

« Ça va, je crois que j'ai compris le message », grommela Draco en triturant nerveusement son bandage improvisé.

« Le fait est que, même si j'exècre cette idée, nous leur sommes redevables. Ne te méprends pas, Draco, j'ai adoré te voir réduire en bouillie cette grosse tête de mule, là en bas », fit son père d'un ton léger. Draco releva la tête et Lucius se retint de ricaner devant son expression scandalisée. « Mais je pense que ce genre de comportements pourrait dangereusement compromettre notre présence en ces lieux, et donc notre sécurité. Auquel cas, je te demanderai de ne pas recommencer. »

Draco plissa les yeux. « Donc en gros, vous me demandez de m'écraser face à Weasmoche pour que vous puissiez continuer de vous planquer ici et attendre tranquillement la fin de la guerre aux frais de la princesse ? »

Lucius fit semblant de réfléchir quelques secondes. « Hmmm, oui, c'est à peu près ça. En gros, pour ne pas te paraphraser. »

Draco haussa brièvement les sourcils. « Je vois… » Il secoua plusieurs fois la tête de haut en bas en pinçant les lèvres. « Non, y'a pas à dire, chez les Malfoys, on sait avoir la classe tout en restant quand même de bons gros connards. »

Lucius gloussa. « Content de voir que tu apprécies enfin nos principes familiaux à leur juste valeur », ironisa-t-il tandis que son fils esquissait un rictus narquois malgré lui. La porte d'entrée de la maison claqua au rez-de-chaussée. Lucius jeta un bref coup d'œil par la fenêtre, mais ne vit personne à l'extérieur.

Après quelques secondes de silence, Draco ouvrit la bouche pour reprendre la parole, mais sa phrase resta à tout jamais en suspens.

Un hurlement déchirant venait de retentir dans la salle à manger.

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Et voilà c'est fini pour aujourd'hui ! D'après vous, qui a crié et pourquoi ? La réponse au pourquoi est dans le chapitre, vous ne pouvez pas ne pas être passés à côté ! Et sinon, qu'avez-vous pensé de l'interrogatoire de Ginny et Neville ? Et du comportement de Ron ? Exécrable, non ? Et enfin, ce petit interlude Père/fils ? J'ai bien aimé écrire cette distance entre eux, ni l'un ni l'autre n'ose dire tout haut ce qu'il pense tout bas. Ils se tournent autour, se toisent, essaient de deviner lequel va mordre en premier… bref, deux gros handicapés du sentiment, quoi… J'ai hâte d'avoir vos avis (reviews, messages privés, Facebook, etc, etc, etc…) ! En attendant, je vous fais d'énormes bisous et à lundi prochain !

Xérès