The Rise and Fall

Les blas-blas de Xérès : Bonjour à tous et Joyeuses Pâques ! J'espère que vous n'avez pas fait d'overdose de chocolat ! Perso, à midi j'ai plutôt fait une overdose de bigorneaux, de chouquettes et de Pauillac rouge, mais chacun son truc !
Vous allez enfin savoir qui a crié et pourquoi dans ce chapitre et sachez que j'ai beaucoup aimé vos théories et les plans échafaudés dans vos reviews ^^ Mon homme s'est même cru dans Game of Thrones et m'a demandé si le message était du style « pique-tête-remparts » (cf. Saisons 1-2), mais je vous rassure, aucune tête ne sera empalée ici (pour le moment). Pas mal de sensations fortes dans ce chapitre, des larmes, des cris, j'espère que vous allez apprécier ! Et n'oubliez pas de me donner vos impressions ! Bonne lecture.

Merci à tous mes nouveaux followers (Sombral Gryffondor, .39, Chichichi974, Miny M), ainsi qu'à Elena Grape, Manon L., Babar, faerycyn, Audrey917000, Erza Robin, Lemm, DramioneTouch, Goutte-de-Mer, Lune-Bleue22, Ellexa, Tatiebella, jprewett, Cybella Yuitsi, TimeLady15, sarahblue1, Passion Fugace, Aodren, Serdra, MeMyselfandI, Loufoca-Granger, Petitestef, laloudu77, Nina, 14, Piitchoun pour leurs reviews.

RAR :

Manon L : aaaah bonne supposition ! Tu as bien deviné qui a crié et tu brûles en ce qui concerne le message (j'ai fait moins gore que ce que tu as supposé même si j'ai longtemps hésité à joindre une « petit bout » de Ginny au message…). Bisous et merci pour ta review !

Lemm : Merci pour ta review ! Je voulais que Lucius fasse un petit pas vers son fils, histoire de faire un peu moins sa tête de c**, mais on ne change pas un Malfoy ) Pour Bellatrix, j'avoue que je change un peu sa personnalité par rapport aux livres, mais qui ne le fait pas … (et si on respectait tout comme dans les livres, il n'y aurait même pas de Dramione et on serait tous bien malheureux ) Encore merci !

Ellexa : haaaaa, j'ai oublié de répondre à ta précédente review ! J'ai dû la zapper en reprenant la liste des reviews anonymes ! Pardon, pardon, pardon ! Ne t'inquiète pas, Ginny et Neville ne sont pas morts ! L'explication dans ce chapitre ! Bien sûr que tu peux me tutoyer, je ne suis pas un ancêtre (pas si vieille que ça, du moins ! lol). Tutoies-moi, c'est un ordre ! XD Ma petite fiction aussi douce que du chocolat ? C'est cool ça, en plus c'est mieux que le chocolat (ça fait moins de dégâts sur les cuisses…). Tu vas très vite savoir qui a crié ) Genre maintenant ! Bisous et merci pour ta review !

MeMyselfandI : Gagné, c'est bien en rapport avec l'article ! (voir ci-dessous, là, maintenant, tout de suite…) Je ne pense pas que Lucius soit un « gentil » dans le vrai sens du terme. Opportuniste, plutôt. C'est un lâche, un vrai de vrai, il profite d'être planqué à la Chaumière pour souffler un peu. Mais de là à renier ses principes et son idéalisme racial, je ne pense pas. En revanche, les atténuer un petit peu, pourquoi pas ? ) Merci pour ta review !

Chapitre 31 : Proposition indécente

Hermione avait compris à la seconde où Kingsley était apparu sur le seuil de la Chaumière, un exemplaire de la Gazette du matin dans sa main, que quelque chose d'horrible s'était produit.

Encore… mais quand est-ce que tout ça va finir…

L'ex-conseiller du Premier Ministre moldu s'avança, la mine sombre et tendit l'exemplaire de la Gazette à Harry. Il avait pris soin de tourner le dos à Arthur et Molly Weasley, ce qui n'échappa pas à ces derniers, et lorsque le visage d'Harry se décomposa littéralement, Molly sentit son estomac faire des nœuds. Fébrile, elle s'avança vers l'exemplaire de la Gazette sur la table et Kingsley la repoussa fermement en arrière, ne faisant que confirmer ses peurs.

« Kingsley, non … », protesta-t-elle d'une voix blanche, tandis que l'Africain lui adressait un regard désolé. Molly refit une tentative en tendant le bras vers la Gazette mais Kingsley la repoussa de nouveau.

« C'est Ginny, n'est-ce pas ? », glapit-elle d'une voix haut perchée, tandis qu'Harry fixait toujours la une du journal, blêmissant à vue d'œil. « MA PETITE FILLE ! QU'EST-CE QU'ILS LUI ONT FAIT ? PAR MERLIN, LÂCHE-MOI, KINGSLEY ! » Dans un mouvement de détresse, Molly repoussa violemment le conseiller puis se précipita sur le journal avant qu'Harry n'ait eu le temps de reprendre ses esprits et de le lui dissimuler. Un simple coup d'œil à la photographie qui s'étalait en première page lui fit perdre le contrôle de ses cordes vocales. De ces cris que l'on entend seulement dans une ville dévastée lorsqu'une mère découvre son enfant dans les décombres. Un cri animal. Viscéral.

Hermione, toujours assise en face d'Harry, consentit enfin à baisser les yeux sur ce qui venait (encore une fois) d'anéantir le petit monde d'Harry James Potter. Et celui de tous les Weasleys, manifestement.

Sur la première page de la Gazette, un titre en larges lettres noires annonçait la couleur.

ENNEMIS DU CHEF DE L'ÉTAT, PRENEZ GARDE !

Hermione grimaça devant l'évidente référence au message que Ginny avait elle-même peint sur l'un des murs de Poudlard alors qu'elle n'était qu'en première année et sous l'influence du Journal de Jedusor. Quant au chef de l'état, il s'agissait ici vraisemblablement de Voldemort, autrement dit l'avertissement était destiné à tous ceux qui luttaient dans l'ombre contre sa prise de pouvoir. L'Ordre du Phoenix. Eux. Harry.

Comme c'était le cas dans tous les journaux de sorciers, les photographies bougeaient mais le mouvement de celle-ci ne provenait pas des deux personnes au centre de l'image. Les deux cibles de l'objectif remuaient à peine, si ce n'était un léger mouvement de balancier de gauche à droite. Derrière les traînées de sang et les contusions, Hermione discerna nettement les visages de Ginny et de Neville Londubat. Les deux adolescents étaient pendus par les poignets à une corde, si haut que leurs orteils effleuraient à peine le sol, leur interdisant tout moyen de soulager leurs bras du poids de leur corps. L'épaule droite de Neville formait d'ailleurs un angle étrange et Hermione réalisa avec effroi qu'elle était certainement disloquée, rendant la position encore plus douloureuse qu'elle ne devait déjà l'être. Et sous leurs silhouettes en légère oscillation s'agrandissaient deux flaques de sang, dont la couleur vermillon jurait de manière presque obscène avec la pierre grise du sol.

Sur le côté de l'image se tenait un homme et c'était de lui que venaient les seuls mouvements du cliché. Sortilèges, coups de poings bien placés, il semblait prendre un malin plaisir à torturer les deux jeunes gens. Dans le coin supérieur droit de l'article, trois autres photos plus petites, de type photo d'identité, se succédaient et l'on y voyait les visages (intacts) de Ginny, Neville … et Théodore, comme le reconnut Hermione avec un frisson.

Un véritable ram dam se fit entendre dans l'escalier et deux Malfoys survoltés apparurent dans la salle à manger. Draco brandissait même sa baguette, qu'il baissa aussitôt en réalisant que rien ne semblait menacer immédiatement la vie des autres occupants. Ceux-ci semblaient d'ailleurs tous en état de choc, plus particulièrement Mrs Weasley, qui sanglotait à présent doucement, agenouillée et recroquevillée près de la table et de Potter. Le Survivant avait la main posée sur la Gazette du Sorcier et Draco comprit aussitôt que les nouvelles du jour étaient sûrement loin d'être bonnes.

Lucius ne voulant pas avoir l'air trop concerné, jeta un simple regard à sa femme qui pinça les lèvres et lui jeta un regard bouleversé. Bon, apparemment, c'est grave. Lucius, n'attire surtout pas l'attention et va te mettre dans un coin, le temps que l'orage passe…, se dit-il en traversant à pas de loup le salon pour aller se réfugier près de Narcissa.

Hermione tourna le dos à Draco et d'une main douce, fit lâcher le journal à Harry pour le lire à haute voix, tout en essayant de faire abstraction des images crues.

ENNEMIS DU CHEF DE L'ÉTAT, PRENEZ GARDE !

Le nouveau Lord protecteur de l'Angleterre contraint de punir deux adolescents à la suite d'un attentat perpétré contre sa personne.

Malgré une passation des pouvoirs en bonne et due forme, notre nouveau dirigeant Tom Elvis Jedusor ne fait pas encore l'unanimité parmi ses citoyens. Un petit groupe de résistants aux intentions peu orthodoxes cherche encore à nuire à notre nouveau gouvernement et à ses représentants. A leur tête, l'Indésirable numéro Un, actuellement recherché dans tout le pays pour pas moins de dix-sept chefs d'accusation (dont Complot en vue de commettre un acte de terrorisme et Association de malfaiteurs), et qu'on ne présente plus tant ses actes irréfléchis ont déjà fait trembler l'ensemble du pays à maintes reprises : Harry Potter.

Ses partisans sont comme lui persuadés que notre nouveau dirigeant est un usurpateur et leur paranoïa a atteint des sommets lorsqu'ils se sont récemment mis en tête que le Gouvernement voulait leur mort. Mais comme nous le précise encore le Président Jedusor, son seul souci est de prendre soin de ses citoyens légitimes.

Légitimes …, pensa Hermione avec une grimace de dégoût. Comprendre Sangs-Purs, oui…

« Il semblerait que la folie et la paranoïa de M. Potter aient fini par gagner les esprits affaiblis de ceux qui le suivaient jusqu'alors aveuglément », nous explique le Médicomage spécialisé en psychiatrie, Dr. Kaczinsky de Ste Mangouste. « Dans le cas d'un couple, on appellerait cela 'folie à deux', mais le problème concernant tout un groupe d'individus, je pense qu'on peut sans hésitation évoquer ici la notion de secte, avec tout ce que cela implique en termes de domination mentale. » A notre question « Harry Potter serait-il donc une sorte de gourou malfaisant ? », le psychiatre a ensuite sans hésiter répondu par l'affirmative.

Folie à deux ? Secte ? Laissons de côté la terminologie pour s'intéresser à présent aux faits. Il y a près de deux semaines, Poudlard a fait l'objet d'un attentat au sortilège du Feudeymon. Celui-ci, d'une puissance presque inégalée dans l'histoire de la Magie, a ravagé tout une partie du Château de Poudlard, réduisant en cendres bon nombre de documents et objets importants que notre Président avait rapportés avec lui à l'école, où il a pris ses quartiers peu après son investiture. Et ce dans un but louable : « Le bien-être et l'éducation des jeunes sorciers est un des piliers fondamentaux de mon gouvernement », nous a confié le Président. « S'attaquer ainsi au corps professoral, aux symboles de la connaissance et du savoir, c'est priver toute une génération de l'éveil qu'elle mérite. Cependant, étant donné le jeune âge des responsables de cet attentat et la domination manifeste qu'Harry Potter exerce sur eux, ils seront bien évidemment punis mais ensuite pris en charge et réintégrés dans notre société. » Là-dessus, notre Président se penche vers nous avec une expression sincèrement préoccupée. « Ces jeunes gens et leurs amis doivent comprendre une chose : nous ne sommes pas leurs ennemis. »

Et ces jeunes gens, qui sont-ils ? Selon une source anonyme à Poudlard, les trois jeunes gens visibles ci-dessus (de gauche à droite : Ginevra Weasley, Neville Londubat, Théodore Nott) seraient responsables du Feudeymon destructeur. Les deux premiers, toujours élèves à Poudlard, auraient ensuite aidé le troisième (toujours selon notre source anonyme) à quitter les lieux de leur crime grâce à un balai non déclaré et vraisemblablement dissimulé en vue d'une éventuelle évasion. Ginevra « Ginny » Weasley fait partie du cercle proche de l'Indésirable numéro 1. Très proche, même. Plusieurs personnes lui prêteraient une liaison avec le terroriste et elle était à ses côtés deux ans plus tôt, lorsque Potter et ses partisans sont rentrés en toute illégalité à l'intérieur du Ministère de la Magie pour y dérober des objets précieux. Quant à Neville Londubat, qui faisait également partie de l'expédition au Ministère, ce jeune homme est la preuve vivante que la pomme ne tombe jamais loin du pommier. En effet, ses parents (Frank et Alice Londubat) étaient eux-mêmes des activistes, dix-sept ans plus tôt alors que Neville n'était encore qu'un nourrisson, jusqu'à ce que l'une de leurs opérations tourne mal et qu'ils perdent la raison. Ils sont depuis lors internés au service psychiatrique de Ste-Mangouste et le jeune Londubat a été élevé par une grand-mère déséquilibrée et tyrannique, laquelle l'aura sans aucun doute poussé à se tourner vers le crime.

Le troisième criminel, en revanche, est une exception surprenante. Fils unique d'une grande famille de Sangs-Purs, ce brillant jeune homme faisait même partie des proches de notre Président avant de sombrer à son tour dans la folie destructrice qu'Harry Potter semble laisser dans son sillage. Il est actuellement recherché dans le cadre de l'enquête sur cet attentat, menée par Rodolphus Lestrange (voir photo). Si vous voyez ce jeune homme, ne l'approchez pas et envoyez dans les plus brefs délais un hibou adressé à R. Lestrange à Poudlard, Ecole de Magie et de Sorcellerie, Highlands, Ecosse.

Hermione releva la tête de sa lecture, consternée. Ce torchon n'était qu'un ramassis d'inepties et de mensonges. Harry, un terroriste ? Mr et Mrs Londubat, ayant perdu la raison après une opération qui aurait mal tourné ? Hermione aurait pu faire une liste de toutes les bêtises que contenaient l'article, mais cela aurait été trop long. La page comportait un dernier encadré.

UNE OFFRE … POUR LA PAIX ?

« Harry… », dit-elle dans un souffle. « Je crois qu'il te propose un marché. »

Seuls les yeux émeraude d'Harry remuèrent pour la regarder et Hermione y vit alors des larmes s'amonceler, rougissant peu à peu ses globes oculaires. Cela donna à Hermione l'envie de pleurer à son tour et ses lèvres se mirent à trembler. Elle était sur le point de craquer. Au sol, Molly sanglotait toujours, à présent épaulée par Arthur, qui n'en menait pas large également. Il avait jeté un bref regard à l'image et n'avait pu supporter la vue de sa petite fille pendant au bout d'une corde telle une poupée de chiffon, tandis que son corps subissait les pires outrages.

Hermione sursauta un sentant Draco s'asseoir à côté d'elle. Elle ne l'avait pas entendu approcher. Il posa une main réconfortante sur la sienne et lui fit doucement glisser la Gazette des doigts. Elle lui jeta un regard humide et interrogateur, et il lui chuchota doucement qu'elle en avait assez fait, qu'il allait prendre le relais. Hermione eut l'impression qu'on ôtait soudain tout le poids du monde de ses épaules et les larmes se mirent à couler librement sur ses joues, tandis qu'elle utilisait à présent ses mains pour serrer celles d'Harry.

Draco prit une longue inspiration et commença à lire tout haut.

Ce message de notre Président s'adresse directement à M. Harry Potter, Indésirable numéro Un.
« Il est temps de mettre un terme à cette guérilla, M. Potter. Vous n'êtes plus le seul à souffrir de votre désordre mental. Vous entraînez d'honnêtes citoyens avec vous et cela, en tant que Lord protecteur de l'Angleterre, je ne peux le tolérer plus longtemps. Vos deux complices, que je tiens actuellement en ma possession, ont été punis pour leurs crimes mais si vous vous rendez dans les soixante-douze heures qui suivront la publication de ce numéro de la Gazette, vos amis seront pris en charge et soignés par les meilleurs Médicomages de Ste-Mangouste. Nous veillerons à ce qu'ils soient remis sur le droit chemin et réintégrés à notre société. Ils se verront également offrir le droit de terminer leurs études à Poudlard. Mais pour cela, vous devez vous rendre. Ainsi que votre partenaire, M. Nott. Pour le bien de tous, je vous le demande comme une faveur. Venez à Poudlard dans les trois jours et vos amis seront libres. Mettons ensemble un point final à cette folie. »

Hermione sanglotait carrément à présent et elle remercia intérieurement Draco d'avoir lu ce dernier passage car elle-même n'en aurait pas eu la force. La fin. C'était la fin. Ils étaient perdus. Après un tel article, une grande partie de la population ne les soutiendrait plus. Pire, ils seraient certainement dénoncés s'ils tentaient une quelconque opération en dehors de ces quatre murs. Et ils ne pouvaient pas ne pas y aller. Harry ne laisserait jamais Ginny entre les griffes de ce dingue. Elle le savait.

Un silence de plomb s'abattit dans la pièce, seulement troublé par les sanglots déchirants de Molly et par les reniflements de Ron, que son nez tuméfié n'aidait pas à pleurer discrètement. Un léger raclement de gorge fit lever le nez de Draco et il vit que Blaise tentait discrètement d'attirer son attention. Draco fronça les sourcils en voyant le regard appuyé que lui lançait son ami.

Blaise articula silencieusement un mot. « Thé-o. »

Nouveau froncement de sourcil de Draco. Blaise hocha la tête en signe d'approbation.

Est-ce qu'il essaie de me faire croire que Théo peut nous aider ? Après ce qu'il a fait à Hermione ? Draco serra les poings, se contrôlant du mieux qu'il pouvait pour ne pas se lever et aller les coller dans la figure de Blaise. L'Italien dut sentir la colère du blond car il le fusilla d'un regard semblant dire « N'essaie même pas. » Puis il inclina la tête en direction de la sortie et se leva pour quitter la pièce. Après une hésitation, et voyant qu'absolument personne ne prêtait plus attention à eux, Draco se leva et le suivit. Hermione ne s'aperçut même pas de son départ, trop occupée à tenter de réconforter Potter.

Une fois à l'extérieur, Blaise se retourna et une expression de surprise apparut sur son visage lorsque le blond se jeta sur lui et le saisit par le col.

« Il est hors de question qu'on demande de l'aide à cet enfoiré ! », beugla Draco tandis que Blaise se dégageait de son emprise et rajustait son col froissé. « Pas après ce qu'il lui a fait ! », ajouta-t-il en désignant la Chaumière du doigt.

« Réfléchis, merde ! », le réprimanda Blaise. « Tu as entendu la même chose que moi, non ? Mieux que ça, tu l'as lu de tes propres yeux ! Le Seigneur des Ténèbres les veut tous les deux. Et même si je déteste l'admettre, Théo est devenu carrément puissant dernièrement et ça pourrait nous être utile. Ça pourrait même faire toute la différence, une fois sur le champ de bataille. »

« Ne prononce pas un seul mot de plus, ou je te jure que je te démolis la tête… », gronda Draco en faisant un pas menaçant dans sa direction.

Mais Blaise ne recula pas et le regarda avec colère. « Dis-moi, Draco, tu es en colère contre moi parce que j'ai eu cette idée ou parce que tu sais pertinemment qu'Hermione saura que j'ai raison et que c'est la seule solution dont on dispose ? »

Draco ouvrit de grands yeux. Blaise avait certainement raison, mais Draco avait atteint sa limite. Son poing déjà endolori frappa la mâchoire de Blaise et celui-ci tituba en arrière sous le choc.

« Désolé, mais je t'avais prévenu », grinça Draco en secouant sa main, dont la douleur s'était réveillée. « Tu m'as énervé. »

« Pourquoi ? Parce que je lis en toi comme dans un livre ouvert ? », railla Blaise en se tenant la mâchoire d'une main.

« Pour ça et pour un millier d'autres choses », rétorqua Draco en levant les yeux au ciel. « Je me demande pourquoi je suis encore ton ami. »

« Tu m'adores, ne dis pas le contraire… », marmonna Blaise en ouvrant et refermant la bouche plusieurs fois pour tester le fonctionnement de ses maxillaires.

~o~

Ginny ouvrit brusquement les yeux en entendant une porte grincer puis claquer dans un couloir adjacent, son corps fut agité d'un sursaut qui la fit se redresser sur ses pointes de pieds et les chaînes qui la maintenaient désormais par les poignets cliquetèrent allègrement dans la pénombre. A côté d'elle, les chaînes de Neville cliquetèrent également et elle sut qu'il avait entendu lui aussi.

« Neville… », gémit-elle d'une voix cassée d'avoir hurlé des heures durant. « J'ai tellement sommeil… et froid… »

Ses pointes de pieds se tassèrent de nouveau sur le sol et elle bascula légèrement en avant, jusqu'à ce que les chaînes la re-balancent finalement en arrière. La jeune fille ne sentait plus aucune douleur dans ses bras depuis maintenant plusieurs heures et c'était un soulagement, car ses épaules avaient été douloureusement mises à mal par le poids de son propre corps. En fait, cela faisait un moment qu'elle n'avait plus mal nulle part. Elle s'était même surprise à somnoler doucement.

« T'endors pas, Ginny… », fit Neville d'une voix rauque. « Continue de me parler. Tes vacances d'été. »

Ginny oscilla de nouveau d'avant en arrière et sa tête dodelina doucement sur la gauche. « Je t'ai déjà parlé de mes vacances… » Tête sur la droite. « Le mariage de Bill… »

« Recommence », la pressa Neville en tirant sur sa chaîne d'une main pour bouger un peu son autre bras.

« Il y avait une … »

Neville tourna la tête mais ne discernait que la silhouette de Ginny dans l'obscurité.

« Ginny ? »

Pas de réponse.

« GINNY ! »

Nouveau cliquetis de chaînes.

« Quoi ? », fit la jeune fille en sursautant légèrement. « Je… j'ai juste fermé les yeux… J'ai tellement sommeil, Neville. »

« Qu'est-ce qu'il y avait au mariage de Bill et Fleur ? », demanda le Gryffondor en ravalant ses larmes.

« Hein ? », fit faiblement Ginny dont la tête avait recommencé à tanguer dangereusement d'un côté et de l'autre.

« Tu as dit : il y avait une … »

Ginny redevint silencieuse et Neville pensa qu'elle avait à nouveau sombré dans les bras de Morphée. Il s'apprêtait à lui hurler de se réveiller, lorsqu'elle reprit la parole.

« Une sculpture de glace… », acheva-t-elle dans un souffle. Puis elle émit un petit gargouillis étrange que Neville identifia ensuite comme un rire. « Ron en avait découpé un petit bout… il l'a glissé dans le dos d'Hermione… »

« C'est tout Ron, ça », l'encouragea Neville. « Quoi d'autre ? »

« Neville… laisse-moi seulement … cinq minutes … dormir… », souffla Ginny d'une voix éteinte.

« Pas question, ma vieille, sinon Harry va m'en vouloir jusqu'à la fin de ses jours … », grogna-t-il. « Alors cette sculpture de glace, elle représentait quoi ? » Le silence était retombé dans la pièce et Neville commença à paniquer. « Ginny, la sculpture. » Toujours pas de réponse. « GINNY ! »

Mais seul le bruit lointain du vent s'engouffrant dans un couloir lui répondit.

« MERDE, GINNY ! » Neville s'appuya au maximum sur ses orteils et se redressa pour hurler à pleins poumons. « AU SECOURS ! NOUS LAISSEZ PAS CREVER ICI COMME DES CHIENS ! ELLE EST EN TRAIN DE MOURIR, PAR MERLIN, FAITES QUELQUE CHOSE ! »

Un frottement dans le couloir lui indiqua que quelqu'un était effectivement à portée de voix.

« HÉ, VOUS ! VOUS DANS LE COULOIR ! », s'égosilla Neville. « JE VOUS ENTENDS ! PAR PITIÉ, AIDEZ-LA ! S'IL VOUS PLAÎT ! »

A quelques mètres de là, bien plaquée contre un mur, se trouvait Bellatrix, le nez enfoui dans le foulard de Narcissa. Seuls ses yeux écarquillés et nerveux témoignaient de la bataille qui faisait rage dans son cerveau. Intervenir ? Ne pas intervenir ? Quitter les lieux ? Sauver la gosse ? Si je la sauve, je pourrais être accusée de faiblesse ou pire de traîtrise. Mais d'un autre côté, morte, elle ne serait plus d'aucune utilité au Maître et Potter ne se rendrait jamais…

Pendant qu'elle débattait intérieurement, les hurlements de détresse de Neville se changeaient peu à peu en beuglements de colère. « POURQUOI VOUS NE FAITES RIEN ? AIDEZ-NOUS PUTAIN, NOUS LAISSEZ PAS CREVER COMME ÇA, ESPÈCE DE LÂCHE ! »

Bellatrix ferma les yeux de toutes ses forces tout en se rongeant nerveusement l'ongle du pouce. Puis elle se détourna et se dirigea à grands pas vers la sortie. Loin de ces cachots. Loin des beuglements du gamin Londubat. Loin de sa propre lâcheté. Mais, la main sur la poignée de la porte au fond du couloir, elle se figea.

« Et merde… », jura-t-elle tout haut avant de repartir en sens inverse. Elle remonta en trottinant le couloir jusqu'au cachot qui renfermait les deux adolescents et ouvrit la porte toute grande. Neville s'était aussitôt arrêté de hurler en voyant que la nouvelle venue n'était autre que celle qui l'avait privé de ses deux parents.

« Tu vas la fermer, gamin ? », grinça-t-elle avec un rictus effrayé mais que Neville prit pour du mépris.

Puis elle se tourna vers la petite rouquine, qui semblait avoir perdu totalement connaissance. Londubat avait peut-être raison, elle était probablement en train de mourir. Ce qui ne serait pas étonnant après les heures de sévices que lui avait fait subir Rodolphus. Bellatrix s'avança vers le petit corps frêle suspendu et lui releva la tête par le menton. Aucune réaction. De surcroît, elle était brûlante de fièvre. Bellatrix eut une hésitation. Et si c'était une ruse ? Un moyen pour qu'elle la détache et qu'elle lui saute dessus ensuite ? Bellatrix posa deux doigts sur le cou de la jeune fille, cherchant son pouls. Rien, ou plutôt presque rien. Ce n'était définitivement pas du cinéma.

« S'il vous plaît », supplia doucement Neville. Surprise, Bellatrix tourna la tête et croisa le regard du garçon. Il avait senti son hésitation, il avait senti sa compassion. Deux sentiments beaucoup trop dangereux lorsqu'on était Mangemort. Bellatrix s'approcha donc de lui et saisit durement sa mâchoire entre ses doigts pour maintenir son visage près du sien.

« Ecoute-moi bien gamin, je ne vais pas le faire pour vous », gronda-t-elle d'une voix ferme. « Je vais le faire parce que Potter ne voudra jamais se rendre si elle est morte. Ne t'avise pas d'aller raconter à je ne sais qui que j'ai eu pitié de vous, est-ce que c'est clair ? »

Neville hocha précipitamment la tête, avant de jeter un nouveau regard inquiet en direction de Ginny, toujours inerte. « Très clair », répondit-il aussitôt. Bellatrix opina du chef puis repartit vers Ginny. Elle brandit sa baguette sur les chaînes, les fit disparaître et fit léviter le corps de Ginny hors de la pièce, laissant Neville désormais seul avec ses pensées.

Bellatrix traversa le château en se maudissant intérieurement, le corps de Ginny flottant à mi-hauteur dans son sillage. Direction l'infirmerie. Lorsqu'elle entra, le regard féroce que l'infirmière lui adressa la fit frémir. Mme Pomfresh vit alors le « colis » apporté par la Mangemorte et s'empressa de la prendre en charge. Une fois que la rouquine fut entre de bonnes mains, Bellatrix quitta précipitamment l'infirmerie et s'apprêtait à mettre autant de distance que possible entre elle et ces lieux, lorsqu'un claquement de langue réprobateur la fit sursauter.

« Tt tt tt tt, non mais tu te crois où, Bella ? »

Une voix glaciale, ironique, insupportable. Elle la reconnaissait entre mille. Sans se retourner, elle répondit à son époux.

« C'est une école, ici. Un établissement où l'on enferme les gosses pour les éduquer, pas pour les tuer », rétorqua-t-elle froidement.

La main de Rodolphus la saisit par l'arrière du crâne et tirant sur ses cheveux noirs, la força à se retourner. Ce qu'elle fit, non sans grimacer de douleur.

« Je crois qu'il serait temps que tu fasses le point, ma femme », gronda Rodolphus en collant son visage au sien. « Sais-tu au moins dans quel camp tu es ? »

« Si la fille meurt, Potter ne se rendra pas, imbécile », cracha Bellatrix en le repoussant violemment. Il arracha au passage quelques mèches de ses cheveux mais elle n'émit pas le moindre cri de protestation. « Et je sais parfaitement dans quel camp je me bats : n'importe lequel du moment que ce n'est pas le tien. » Tournant les talons, elle descendit quatre à quatre les escaliers jusqu'au rez-de-chaussée et sortit prendre l'air.

~o~

Epuisée d'avoir pleuré, Hermione était montée dans la chambre de Draco pour s'allonger, incapable d'écouter plus longtemps les sanglots intarissables de Mrs Weasley et de supporter les mines graves des autres. Un peu de solitude et de calme lui feraient du bien, le temps de reprendre ses esprits et de pouvoir à nouveau penser convenablement. Sans même s'en rendre compte, elle s'était endormie, les yeux bouffis par de nouvelles larmes et le nez rougi. Mais très vite, Hermione grogna dans son sommeil. Un petit bruit agaçant et répétitif près de son oreille la tirait lentement de sa torpeur. Comme un claquement de doigts. Encore un. Encore. Elle grogna de nouveau.

« Allez, Princesse, ouvre les yeux… »

Hermione ouvrit les paupières toutes grandes et un frisson lui parcourut l'échine. Cette voix. Il était là à nouveau. Elle poussa un cri en réalisant qu'elle ne se trouvait pas dans le lit de Draco, comme cela aurait dû être le cas. Mais dans une grande pièce sans fenêtres ni porte, décorée à la manière d'une suite d'hôtel de luxe. Elle-même était allongée sur un gigantesque sofa de velours noir et en face d'elle, séparé par une table basse en verre étincelant, se trouvait un fauteuil assorti. Et sur ce fauteuil… Théodore. Il avait croisé les jambes sur la table, posé la tête sur sa main gauche et l'observait avec son petit sourire tordu.

« Que… comment m'as-tu amenée ici ? », s'écria Hermione avec une pointe de panique dans la voix. « Tout le monde est réveillé et rassemblé dans la salle à manger, je n'aurais pas pu sortir de la maison sans qu'ils me voient. Que leur as-tu fait ? »

Le ton d'Hermione devenait de plus en plus aigu et Théodore leva les yeux au ciel, en même temps qu'une main pour la faire taire.

« Détends-toi… on est nulle part, d'une certaine manière », répondit-il, tandis que son sourire s'élargissait.

« Quoi ? », glapit Hermione en fronçant les sourcils, décontenancée.

Pour toute réponse, Théodore appuya son majeur et son index contre sa tempe et tapota plusieurs fois. « On est dans ta tête… La falaise, c'est sympa, mais c'est assez venteux et humide à cette période de l'année. »

Hermione resta bouche bée et jeta un regard incrédule autour d'elle.

« Oui, tu m'en veux pas, j'ai un peu arrangé la déco… Je ne voulais pas risquer de me retrouver dans une version tentaculaire de la bibliothèque de Poudlard ! », plaisanta Théo avec un petit rire.

La jeune fille restait incapable de parler. Elle n'arrivait pas à croire que tout cela n'était pas réel. Si Théodore disait vrai et qu'ils étaient véritablement dans son subconscient, alors il lui suffirait de se réveiller pour se retrouver à nouveau en sécurité à la Chaumière. Elle se concentra et pensa de toutes ses forces à une façon de sortir de son propre cerveau.

Théodore fit claquer sa langue contre son palais avec une expression profondément ennuyée. « T'épuises pas, tu sortiras d'ici quand je l'aurai décidé. Point final. »

Hermione lui jeta un regard abattu. Manifestement, le meilleur moyen de se réveiller serait de lui donner ce qu'il cherchait. « Qu'est-ce que tu me veux ? », demanda-t-elle en ramenant ses genoux contre sa poitrine.

Avec un rictus, Théodore se leva et se mit à arpenter la « pièce », les mains dans les poches et avec une lenteur exaspérante. « Tu m'as menti, Hermione… », souffla-t-il en passant dans son dos. Hermione se retourna pour ne pas le laisser quitter son champ de vision. Elle commençait à avoir l'habitude de son petit manège et de ses techniques d'intimidation, et bien qu'elle ne soit plus aussi terrorisée que les premières fois, elle préférait l'avoir à l'œil à n'importe quelle seconde.

« En quoi est-ce que ce serait un scoop ? », ironisa-t-elle. « Tu es un ennemi, non ? »

Théodore afficha une expression faussement blessée. « Je suis peiné que tu me considères comme tel, moi qui ai été si bon avec toi… »

Hermione grimaça et ne s'abaissa même pas à répondre.

« Tu ne veux pas savoir à quel sujet tu m'as menti ? », demanda Théodore en s'arrêtant de lui tourner autour pour se planter à sa droite.

Hermione rassembla tout son courage et leva le menton d'un air de défi. Après tout, on est dans ma tête, il ne peut pas me tuer ici… non ? « Dis-moi plutôt à propos de quoi je ne t'ai pas menti, ça ira plus vite… », bluffa-t-elle. Théodore s'esclaffa.

« Quel courage, quelle hargne… j'ai toujours adoré ça, chez toi… », fit-il avec un sourire en coin. Puis son expression changea du tout au tout et en clin d'œil, il était sur elle, la colère déformant ses traits. « A propos des Horcruxes, Hermione », gronda-t-il en serrant sa gorge d'une main. Hermione trouva que pour un étranglement virtuel, tout cela était extrêmement douloureux. Elle regretta aussitôt son attitude bravache et commença à paniquer légèrement. « Tu m'as dit qu'il y en avait six. »

Les yeux de la Gryffondor s'écarquillèrent et il sut qu'ils étaient à présent sur la même longueur d'ondes. La pression sur sa gorge se dissipa aussitôt et il se laissa retomber en arrière, s'asseyant confortablement sur le sofa, tandis qu'Hermione reprenait son souffle et attendait que les petits points blancs devant ses yeux disparaissent. Elle recula jusqu'à l'autre bout du sofa, le plus loin possible de lui, mais il ne semblait pas décidé à la laisser s'en tirer comme ça. D'un simple mouvement de la main, une force invisible l'attira en sens inverse et elle se retrouva bientôt sur ses genoux, la taille emprisonnée par ses bras. Son premier réflexe fut de se débattre et de frapper des poings et des pieds, mais il la maîtrisa aussitôt sans le moindre effort.

« Je suis désolé de t'avoir étranglée », dit-il sur un ton pas désolé du tout. « Mais avec les filles dans ton genre, il faut savoir être ferme… Si tu es gentille, ça se passera bien. »

Hermione eut envie de vomir à ces mots mais comprit l'allusion et ne bougea plus d'un cheveu.

« Pourquoi tu ne m'as pas dit que Potter était lui aussi un Horcruxe ? », demanda-t-il calmement, tout en jouant avec une mèche de cheveux bouclés. « Et n'essaie pas encore de me mentir, je l'ai vu dans ta tête. »

Hermione ferma les yeux et inspira à fond. Elle détestait se sentir aussi faible, aussi vulnérable. Il avait une complète emprise sur elle et il le savait. C'était d'ailleurs pour cela, selon elle, qu'il ne cessait de la toucher et d'envahir son espace personnel. Parce qu'à moins de cinquante centimètres de distance, son pouvoir d'intimidation était total et il gagnait.

« Dans ce cas, tu devrais également avoir vu qu'on n'en est pas sûrs du tout », souffla-t-elle en rouvrant les yeux.

« N'empêche, tu aurais pu me faire part de votre théorie… », fit Théodore avec une moue boudeuse. « Je déteste quand mes camarades me mettent à l'écart. »

Hermione le fusilla du regard. « Si je te l'avais dit, tu aurais tué Harry. »

Théodore fronça les sourcils et réfléchit. « Hmm, oui peut-être à une époque, mais ça aurait été idiot. »

Comme Hermione ne disait rien de plus, il reprit. « Potter nous sera utile pour zigouiller Tu-Sais-Qui. Et puis vous avez besoin de nous deux vivants pour récupérer vos amis, non ? »

Hermione baissa les yeux. « Tu as lu la Gazette… »

« Affirmatif », fit Nott d'un ton léger. « Je me suis d'ailleurs senti très flatté d'avoir ma tête en première page, ça grille un peu ma couverture mais il fallait bien que les masques tombent à un moment ou à un autre… »

Parler du journal fit remonter les larmes dans les yeux d'Hermione et elle frotta son nez du dos de la main. « C'est de ta faute, ce qui est arrivé à Ginny et Neville… », gémit-elle tandis qu'un flot de larmes roulait à nouveau sur ses joues.

Le visage de Théodore s'assombrit et il détourna les yeux. « Crois-moi, Granger, je n'ai jamais voulu ça. » Hermione laissa échapper un sifflement méprisant qui lui indiqua qu'elle n'en croyait pas un traître mot. « Je ne plaisante pas, Weaslette est une fille cool. Brillante, même. Et Londubat … bon, il est ce qu'il est mais ça reste un brave type. Sans eux, je n'aurais jamais trouvé le diadème dans tout ce foutoir … »

« N'empêche », reprit Hermione entre deux sanglots. « Tu n'étais pas forcé de les impliquer comme tu l'as fait. »

« Weaslette ne m'aurait jamais laissé y aller tout seul ! », protesta-t-il en écartant les bras. « Elle voulait me voir détruire le Horcruxe, pour être sûre que je n'étais pas un espion de Tu-Sais-Qui à la pêche aux informations… Quant à Londubat, il n'aurait jamais laissé Weaslette partir seule avec moi. Tu les connais mieux que moi, tu sais que j'ai raison. »

Hermione renifla et sécha ses larmes. Ce que disait Théodore était probablement vrai. Enfermée depuis septembre à Poudlard, Ginny avait dû sauter sur l'occasion pour avoir enfin un peu d'action, sans vraiment mesurer toutes les conséquences de ses actes. Et compte tenu de toutes les aventures qu'elle-même avait vécues avec Harry et Ron à l'école de Magie, Hermione ne pouvait pas vraiment l'en blâmer.

Théodore soupira et pencha la tête sur le côté pour accrocher son regard. Dès que leurs yeux se croisèrent, son sourire narquois réapparut sur ses lèvres. « Bon, figure-toi que j'ai une proposition pour ton ami le Survivant. »

Hermione lui jeta un regard méfiant. « Si tu crois qu'Harry va écouter ce que tu as à dire, tu te fourres le doigt dans l'œil. »

Théo éclata de rire. « Arrête ton char, à époque désespérée, mesures désespérées. Je le sais, tu le sais, Harry le sait. Et depuis la parution de la Gazette ce matin, l'ensemble de la famille Weasley le sait. Ils m'écouteront. »

Hermione lui jeta un regard méprisant. « On dirait que toute cette situation te fait plaisir, tu me dégoûtes. »

Le jeune homme ricana. « Que veux-tu ma douce, je suis un indécrottable optimiste. » D'une main, il saisit le menton d'Hermione et attira son visage près du sien, pour y plonger ses deux iris d'un noir de jais. Hermione se tendit, terrorisée. « Allez, demande-moi en quoi consiste mon idée. »

Hermione déglutit et ses lèvres tremblantes s'ouvrirent pour articuler doucement. « En … en quoi consiste ton idée ? »

Théodore sourit de nouveau.

« Je pense connaître un moyen de séparer Potter de son propre Horcruxe. »

~o~

Hermione se redressa d'un bond dans le lit de Draco, le cœur battant. D'un coup d'œil rapide, elle consulta sa montre. Elle avait dormi près d'une heure. Enfin dormi, façon de parler. La conversation qu'elle venait d'avoir avec Théodore dans son subconscient était de loin la plus intéressante de toutes celles qu'elle avait pu avoir avec ce dingue pour le moment. Pour un peu, elle en aurait presque oublié que ce type était dangereux. Restait à présent à trouver les mots pour en convaincre les autres. La magie dont avait parlé Nott pouvait effectivement fonctionner et débarrasser Harry de sa moitié Horcruxe, et avec un peu de chance sans le tuer. Et si jamais Hermione et Harry s'étaient trompés et qu'Harry n'était pas un Horcruxe, le rituel serait théoriquement sans effet. Ils n'avaient absolument rien à perdre à essayer.

Hermione bondit hors du lit et dévala les escaliers à toute allure. En bas, des éclats de voix lui indiquaient que l'on se disputait violemment.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? », demanda Hermione en trouvant Blaise et Harry face à face et poings serrés, tandis que tous les regardaient avec une certaine anxiété. Hermione remarqua que Molly et Arthur manquaient à l'appel et en déduisit qu'ils avaient dû s'isoler également. A peine était-elle arrivée que la main de Draco se glissa dans la sienne et elle lui adressa un léger sourire.

« Zabini veut qu'on s'allie à Nott contre Voldemort, sous prétexte que Nott a développé de puissants pouvoirs, mais c'est HORS DE QUESTION ! », cracha Harry, furieux. « Proposer une chose pareille … après ce qu'il t'a fait, Hermione ! C'est monstrueux. »

Hermione vit Blaise serrer les dents et soupira. Harry n'allait pas aimer ça…
« Je suis d'accord avec Blaise », déclara Hermione, tandis que plusieurs exclamations étranglées (dont une émise par Draco) retentissaient dans la salle à manger.

Zabini adressa un regard reconnaissant à Hermione, qui lui sourit d'un air pincé avant d'ajouter : « Mais pas pour les mêmes raisons. »

« Enfin, Hermione, c'est du DELIRE ! », s'écria Harry en faisant un pas vers elle. « Tu ne peux p- »

Hermione leva une main pour lui intimer le silence. « Je viens de parler avec Nott. »

Nouvelles exclamations dans l'assistance. Si la situation n'avait pas été aussi grave, Hermione en aurait ri.

« On a eu une petite discussion pendant que je dormais », expliqua-t-elle tandis que Draco se renfrognait.

« Miss Granger, je ne sais pas si vous réalisez combien ce lien peut être dangereux… », commença Rogue en fronçant les sourcils.

« Si vous le voulez bien, on débattra de ce qui est dangereux ou pas une autre fois… », fit fermement Hermione, avant de se tourner à nouveau vers Harry. « Harry… Nott a peut-être un moyen de savoir si une partie de toi est un Horcruxe… et si c'est le cas, de t'en débarrasser. »

Harry referma la bouche et fixa Hermione, incrédule. « Qu- quoi ? Mais c-comment c'est possible ? »

A cet instant, quelqu'un frappa un petit rythme entraînant et joyeux à la porte de la Chaumière, faisant sursauter tout le monde. Il disait vrai, pensa Hermione en regardant en direction de l'entrée, tandis qu'une légère appréhension lui serrait les entrailles. Les barrières de protection de Rogue ne lui font aucun effet. Elle se retourna de nouveau en direction d'Harry, dont les yeux étaient à présents ronds comme des soucoupes.

« Harry… je crois qu'il vaut mieux … que tu lui demandes toi-même. »

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Ouiiiii oui, je sais, encore un cliffhanger à la con, je suis ignoble, tout ça tout ça… Mais allez avouez, c'est quand même plus rigolo comme ça, non ? Alors qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? La bataille contre Voldychou se profile ! Qu'avez-vous pensé de Neville ? De cet enfant de salaud de journaliste et de son tissu de mensonges ? De Théo, qui propose son aide ? J'espère que tout ça vous a mis en appétit pour la suite ! J'ai hâte d'avoir vos messages ! Gros bisous à tous et à lundi prochain !

Xérès