The Rise and Fall
Les blas-blas de Xérès : Voici un chapitre hauts en émotions, rédigé d'une seule traite sans pause ni remaniement. J'ai été sacrément inspirée comme vous allez le voir, c'est aussi pour cela qu'il est beaucoup plus long que les autres… J'espère sincèrement qu'il va vous plaire tant j'ai pris du plaisir à l'écrire. Et pour celui-ci plus particulièrement, j'ai super hâte de savoir ce que vous en pensez. Bonne lecture surtout !
Merci à tous mes nouveaux followers (espe29, tulusito, cha33700), ainsi qu'à Djianara, Piitchoun, laloudu77, Elena Grape, Alice Roguevans, Cybella Yuitsi, ellexa, Manon L., doddie08, o0timetopretend0o, faerycyn, PetitMilou, Erza Robin, Serdra, Lune-Bleue22, BabarKiller, Eranounette, sarah-blue1, Goutte-de-Mer, Minioon, jprewett, Petitestef, Criss-Pine, Loufoca-Granger, Maeva, luli123 et Passion Fugace pour leurs reviews et à tous ceux qui m'ont contactée sur Facebook !
RAR :
Alice Roguevans : il ne faut pas sous-estimer le pouvoir des médias (surtout lorsqu'il s'agit de raconter des bêtises !) Merci pour ta review !
Cybella : si Théo et Mione finissaient ensemble, je crois que j'aurais une armée de lectrices en furie sur le dos ! hihi Pauvre Draco, il faut lui laisser le temps de digérer la situation Mais ça ne va pas être de la tarte, c'est sûr ! Merci pour ta review !
Ellexa : Ah les familles recomposées ou comment faire deux fois plus d'orgies alimentaires que les autres ! XD Imagine quand tu auras un copain sérieux … il faudra faire les repas avec ta famille mais aussi avec la sienne. Autant dire que tu multiplies encore par deux le nombre de repas gargantuesques (je le sais, c'est du vécu … ) Théo est effectivement lunatique (du fait de sa psychopathie) puisque les visages qu'il montre lui servent uniquement à atteindre son but. Il peut se montrer gentil, menaçant, violent en quelques secondes d'écart. Et pour les autres, je suppose qu'en temps de guerre, tout le monde a les nerfs à fleur de peau et le moindre petit truc peut faire partir en sucette… Merci pour ta review !
Eranounette : lol que du bonheur à la chaumière ? Mouaaais, je demande à voir. Pour Nott, je te laisse te faire ton opinion avec ce chapitre ! hihi, tu ne vas pas être déçue, je pense. Gros gros bisous et merci !
Maeva : Merci beaucoup, j'espère que la suite continuera de te plaire !
Chapitre 32 : De battre mon cœur s'est arrêté
« Harry… je crois qu'il vaut mieux … que tu lui demandes toi-même. »
La phrase d'Hermione bourdonnait encore dans le cerveau d'Harry Potter lorsque la porte de la Chaumière s'ouvrit et qu'un Théodore Nott horriblement souriant pénétrait dans la salle à manger. Son sourire se mua en un rictus faussement blessé lorsqu'il remarqua que tous les regards qui convergeaient sur lui transpiraient l'animosité. Sauf Hermione, qui le regardait encore comme un petit lapin effrayé, mais ça il avait l'habitude.
L'espace de quelques secondes, il n'y eut pas le moindre mouvement dans la maison. Puis soudain, Ron (dont le nez avait doublé de volume et se teintait d'une jolie couleur violette) traversa la pièce en quelques enjambées, prêt à se jeter à la gorge de Nott. Draco avait lui-même esquissé le mouvement, mais retenu par le col par la poigne ferme de Blaise, il fut stoppé net et émit un petit bruit étranglé. Se sentant agressé, Nott avait tendu la main en direction de Ron et avant que celui-ci n'ait pu serrer ses mains autour du cou de l'agresseur d'Hermione, il s'était figé et pétrifié. Aussitôt, Kingsley, Rogue, les jumeaux, Harry, Bill et Fleur avaient brandi leurs baguettes et les pointaient toutes en direction de l'adolescent, toujours souriant. Théodore leva les deux mains, cette fois en signe d'apaisement.
« Maîtresse, c'est lui qui a commencé ! », se moqua-t-il d'une voix plaintive, tandis que Blaise s'efforçait à nouveau d'empêcher Draco de déchiqueter à mains nues le nouvel arrivant.
« Libère-le, Nott », gronda Harry, sans baisser sa baguette pour autant. « Tout de suite. »
Théodore poussa un profond soupir et enfonça ses mains dans les poches de son pantalon noir. « Seulement s'il promet d'être gentil », ironisa le brun en penchant la tête sur le côté.
« Théodore, à ta place je ne pousserais pas le bouchon trop loin… », marmonna Blaise, qui venait de se prendre un coup de coude hargneux de Draco dans l'estomac.
Le nouveau venu laissa échapper un petit rire sans chaleur et regarda fixement Ron pendant quelques secondes. Celui-ci reprit progressivement le contrôle de ses mouvements et dès qu'il le put, s'éloigna aussi vite que possible de Nott, pour se poster près d'Hermione et Harry.
Théodore balaya nonchalamment la pièce du regard et ses yeux noirs s'arrêtèrent sur Lucius Malfoy. Un de ses sourcils se haussa sur son front et les coins de sa bouche se relevèrent légèrement en un sourire narquois. « Tiens donc … vous ici ? », railla-t-il tandis que Lucius Malfoy lui jetait un de ses célèbres regards méprisants copyrightés. « Je m'étais attendu à trouver votre femme, mais vous … parmi ces gens ? C'est inattendu. Pourquoi sont-ils tous encore en vie avec vous dans les parages ? »
« Ils m'ont pris ma baguette », répondit sombrement Lucius, sans pour autant cesser de toiser le jeune Nott avec dégoût.
Théodore éclata d'un rire franc et Hermione se demanda comment il pouvait être aussi détendu alors qu'une demi-douzaine de baguettes étaient actuellement dirigées contre lui, prêtes à lui jeter autant de sortilèges douloureux.
« Merveilleux ! Vous voilà aussi inoffensif qu'un chihuahua doté d'une muselière ! », reprit joyeusement Théodore tandis que la remarque arrachait un sourire moqueur à Blaise. Du coin de l'œil, Hermione vit Narcissa retenir fermement son époux par le bras, de peur qu'il ne veuille lui aussi tenter d'écraser le visage hilare de Théodore entre ses paumes.
Rassemblant tout son courage pour ne pas trembler comme une feuille en présence de son bourreau, Hermione fit quelques pas en direction de Draco, glissa sa main dans la sienne (ce qui sembla apaiser aussitôt le blond) et jeta un regard inquiet en direction d'Harry. « S'il te plaît », souffla-t-elle avec une expression suppliante. « Ecoute déjà ce qu'il a à dire, tu le découperas en petits morceaux une fois que Tu-Sais-Qui sera anéanti. Il nous reste moins de soixante-douze heures, Harry. »
« Tic-tac, tic-tac… », chantonna Théodore, juste avant de plonger sur le côté pour éviter un sortilège lancé par Fred Weasley. Celui-ci n'avait apparemment pas apprécié son imitation d'horloge.
« Fred ! », s'écria Hermione d'une voix stridente, terrorisée à l'idée de ce que Théodore pourrait faire pour se venger de cet affront. Mais Nott ne fit rien. Au contraire, il tendit la main en direction de la table de la salle à manger et avec son horripilant sourire plaqué sur les lèvres, proposa : « On s'assoit ? »
« Je t'en prie, fais comme chez toi », aboya Bill tandis que Fleur fusillait Théo du regard.
Comme personne ne bougeait et que Théodore était toujours cerné de baguettes brandies, Hermione décida de désamorcer la situation et se dirigea vers la table pour y prendre un siège. Elle sentait le regard de Nott tracer le moindre de ses mouvements et lorsqu'elle fut assise, il approcha à son tour et fit mine de prendre la chaise directement à sa gauche.
« Tu rêves, là », gronda Draco d'une voix sourde. Sa main s'abattit sur l'épaule de son ex-ami et le tira en arrière, avant de désigner l'extrémité la plus éloignée de la table. « Tu t'assois là-bas. »
Théo lui jeta un regard empli de malice mais obéit avec une docilité déconcertante et s'installa lentement en bout de tablée. Progressivement, à pas lents, les autres habitants (moins Arthur et Molly Weasley, toujours enfermés dans leur chambre depuis l'annonce de la capture de leur fille) prirent place et rangèrent leurs baguettes. Sauf Harry, qui laissa la sienne bien en évidence sur la table à moins d'un centimètre de sa main droite. Lucius resta debout près de la fenêtre, aussi immobile qu'une statue et les yeux toujours rivés sur Théodore.
« Hermione a dit que tu aurais une solution pour savoir si je suis un Horcruxe ? », demanda froidement Harry en toisant Théodore depuis l'autre bout de la table. Ses doigts fébriles caressaient légèrement sa baguette, prêts à la saisir au moindre geste suspect de son interlocuteur.
« Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? », demanda Rogue en se redressant sur son siège. Ron semblait également tomber des nues et Harry évita au maximum son regard.
Hermione pinça les lèvres. « Harry et moi … on a pensé que peut-être il faisait partie des Horcruxes… », commença-t-elle.
« Quoi ? », s'écria Ron, les sourcils froncés.
« Toutes les conditions de création d'un Horcruxe étaient réunies lorsque Vous-Savez-Qui a tenté de tuer Harry, c'est une hypothèse que l'on se doit d'étudier avec sérieux… », expliqua Hermione, tandis que Ron virait peu à peu au cramoisi. Il détestait lorsqu'Harry et Hermione lui cachaient des choses.
« C'est impossible de changer quelqu'un en Horcruxe », lâcha Lucius Malfoy avant de se rappeler qu'il avait pris la résolution de rester neutre et de ne s'impliquer en aucune manière. Il referma la bouche aussi sec et entrevit Narcissa lui jeter un coup d'œil narquois.
« Ce n'est pas parce que personne n'y est parvenu, que c'est pour autant impossible », intervint Théodore en levant les yeux au ciel. « Sans ça, l'être humain ne repousserait jamais ses propres limites… »
« Oh parce que c'est vrai que tu es un expert en humanité… », grommela Draco, tandis qu'Hermione saisissait sa main sous la table pour la serrer et lui intimer le silence. Cela sembla faire son petit effet et Draco en profita aussitôt pour entrelacer leurs doigts. Hermione pinça les lèvres pour dissimuler un sourire ravi.
Théodore tourna son regard noir vers Draco. « Tu devrais te détendre un peu, mon ami », persifla Nott en le fusillant du regard. « Je ne sais pas, moi… prends un petit verre, par exemple. »
Les deux adolescents s'affrontèrent du regard. Ron et Harry échangèrent un coup d'œil inquiet.
« Qu'est-ce qu'il veut dire par là ? », demanda Harry en se tournant vers Hermione.
Mais celle-ci éluda la question et se tourna de nouveau vers Nott. « Explique-lui ton idée », l'encouragea-t-elle, nerveuse.
« Elle est assez simple, en vérité », répondit nonchalamment Nott en se balançant sur sa chaise sous le regard furibond de Fleur. « Mais j'aurais besoin d'un petit coup de pouce de notre cher professeur de Potions… »
« Il manque pas de culot, le jeune… », maugréa Rogue en lui jetant un regard mauvais. « Et qu'est-ce qu'il faudrait à 'Monsieur' ? »
Théodore lui adressa un large sourire narquois et Hermione répondit à sa place. « Un peu de Goutte du Mort-Vivant », dit-elle en regardant tour à tour Rogue, puis Harry. « Il va devoir entrer dans ton esprit et ce sera plus facile, si tu es profondément endormi… », ajouta-t-elle avec une expression contrite.
« A ce que je sache, tu n'as pas besoin de potion pour le faire avec Hermione… », lâcha Harry avec un mépris non dissimulé.
« Potter, Potter, Potter… », l'interrompit aussitôt Nott avec une expression ennuyée. « Hermione et moi, c'est complètement différent, vois-tu… » Les prunelles de jais de Théo se tournèrent alors vers Draco pour le regarder fixement. « Hermione et moi … on est liés. »
Hermione réprima un gémissement de douleur en sentant les doigts de Draco écraser les siens. « Je vais te massacrer… », grogna-t-il tandis que Nott esquissait un sourire triomphant.
« Draco… », couina Hermione suppliante.
« Quoi ? Ne me dis pas que tu prends sa défense ? », s'énerva le blond en lui jetant un regard pétri d'incompréhension.
Hermione secoua la tête en signe de dénégation et grimaça. « Pas du tout, mais tu es en train de me broyer la main… »
Draco baissa aussitôt les yeux et constata avec horreur qu'elle disait la vérité. Il relâcha aussitôt la pression de son poing et Hermione poussa un soupir de soulagement, tandis que sa circulation sanguine reprenait progressivement dans ses doigts, avec quelques picotements. « Désolé », marmonna le blond en lui massant maladroitement la paume.
« Et donc tu t'attends à ce que j'accepte de prendre une potion qui va me plonger dans un sommeil presque aussi profond que la mort, pour que tu puisses t'introduire à l'intérieur de ma tête et y faire ce que tu veux ? », railla Harry tandis qu'Hermione lui jetait un regard d'avertissement. « Tu vis en plein délire, Nott. »
Théodore détacha son regard d'Hermione pour le poser à nouveau sur Harry. Il l'étudia quelques secondes puis haussa les épaules. « Comme tu voudras. » Il repoussa sa chaise, se leva et rajusta sa veste, comme s'il s'apprêtait à sortir tranquillement.
« Harry, je t'en prie, c'est peut-être notre seule chance de te débarrasser de ce truc ! », s'écria Hermione, une pointe de panique dans la voix. Puis elle tendit l'index en direction de Nott et plissa les yeux. « TOI, tu reposes ton cul sur cette chaise. »
Théodore haussa les sourcils et se figea, les mains au niveau du col de sa veste. Il vit Ron lui adresser un sourire ironique et agiter son index en direction de la chaise vide, comme pour appuyer l'ordre aboyé par Hermione. Nott baissa les mains, quelque peu décontenancé par la manière dont Hermione venait de lui parler. N'était-elle pas censée être terrorisée en sa présence ? Il fallait croire que l'idée de débarrasser son meilleur ami de sa moitié « Voldemort » lui insufflait du courage. Ou bien était-ce la présence réconfortante de la quasi-intégralité de l'Ordre du Phoenix à ses côtés ? Théo se fit mentalement un pense-bête pour ne pas oublier d'y remédier plus tard, puis se rassit. Pendant ce temps, Hermione avait entamé un véritable plaidoyer visant à convaincre le Survivant de réaliser cette petite expérience.
« Tu n'as plus le temps de tergiverser, Harry. L'Ordre n'a plus le temps. GINNY et Neville n'ont plus le temps. On a trois jours pour se préparer à affronter Tu-Sais-Qui et je serai beaucoup plus tranquille à l'idée de te laisser y aller si tu n'as déjà plus cette épée de Damoclès au-dessus de la tête ! Tu imagines, Harry ? Si jamais tu n'étais pas un Horcruxe ou dans le cas contraire, si tu laissais Nott t'en débarrasser, il ne nous resterait plus que Nagini à pulvériser ! On serait prêts ! »
Les yeux verts d'Harry allèrent d'Hermione à Nott, puis de Nott à Rogue (qui arborait son expression favorite, à savoir : « je-déteste-penser-cela-mais-Miss-Granger-a-encore-une-fois-raison »), et enfin de Rogue à Zabini, qui hocha imperceptiblement la tête. Quant à Ron, assis à côté du Survivant, il ne semblait toujours pas avoir digéré qu'on lui ait caché une information aussi importante.
« Harry, je te jure que si Nott tente quoi que ce soit de tordu, je ferai en sorte de l'égorger de mes propres dents », acheva Hermione d'un air résolu, comme si son argument achèverait de convaincre Harry. Nouveau haussement de sourcil de Théo.
« Et je me joindrai à elle avec plaisir », grommela Ron en fusillant Théodore du regard, lequel leva cette fois les yeux au ciel.
« Pareil », ajoutèrent les jumeaux à l'unisson.
« Je veux bien me charger de le démembrer, pendant ce temps », fit Bill en levant une main, tel un élève sur les bancs de l'école.
« Quand vous aurez fini, faites-moi signe … », soupira Théodore en croisant les bras d'un air boudeur.
« Qu'est-ce que tu comptes faire, une fois que t'y seras ? », demanda froidement Harry, en regardant Nott droit dans les yeux.
« Où ça ? », fit innocemment Nott.
« Dans ton c- », commença Fred à mi-voix.
« Fred ! », aboya Bill, dans une parfaite imitation de Mrs Weasley, qui laissa l'interpellé sans voix.
« Dans mon esprit, Nott », articula Harry en serrant les dents.
Le Serpentard sourit et haussa les épaules. « Oh, tu sais, rien de bien méchant. Je vais regarder à droite, à gauche, retrouver tes souvenirs du jour où tu as reçu cette célèbre cicatrice… » Il se tapota le front à l'endroit où se trouvait la cicatrice d'Harry sur le sien. « Ces souvenirs seront indubitablement liés au Horcruxe et à partir de là, je pense pouvoir trouver celui-ci et le détruire… »
« Et combien de temps ça prendra ? » demanda Harry sur un ton glacial.
Nott leva les mains au plafond. « Alors là … Cinq minutes, cinq heures. Cinq jours… Qui sait ? »
« J'aimerais une estimation plus précise », siffla Harry, dont les doigts s'étaient remis à caresser sa baguette posée devant lui.
Un des coins de la bouche de Nott se releva doucement pour esquisser un sourire narquois. « J'imagine que tu pourrais me faciliter la tâche en rassemblant tous tes souvenirs de ce jour-là avant de t'endormir… Mais je ne peux rien garantir. C'est pourquoi, il vaudrait mieux ne pas trop perdre de temps. Comme l'a dit Hermione un peu plus tôt… il nous reste un peu moins de soixante-douze heures… »
Harry plissa les yeux. La façon dont Nott parlait lui déplaisait au plus haut point. Cette légèreté, ce petit ton ironique. On sentait qu'il adorait tirer les ficelles dans cette situation. Harry se doutait qu'il ne les aidait pas par simple bonté d'âme. Il mijotait quelque chose. Mais quoi ? Harry n'avait malheureusement pas le temps ni les moyens de le savoir pour le moment. Il allait devoir se lancer. Et prier pour s'en sortir vivant.
« Tu jubiles, pas vrai, Nott ? », cracha le Survivant en lui adressant un regard méprisant. « Ça te plait, tout ça… »
« Tu n'as pas idée, Potter… », répondit l'autre dans un souffle.
Hermione frémit légèrement tant la voix de Nott était devenue sinistre. Celui-ci sentit son trouble et fut rassuré de voir que les bons vieux réflexes revenaient au galop.
Sans quitter Nott des yeux, Harry s'adressa cette fois à Rogue. « Vous avez la potion qu'il demande dans votre petite mallette de Docteur Maboul, Rogue ? »
Le maître des potions fit la grimace et fusilla Harry du regard. « Oui, ainsi qu'une bonne dose de potion d'Enflure, Monsieur Potter. Encore une remarque sur ma mallette et je pourrais très bien intervertir accidentellement les fioles… »
Théodore laissa échapper un petit rire et le regard d'Harry devint venimeux. « C'est d'accord. Quand est-ce qu'on commence ? »
« Quand tu veux, Potter… quand tu veux… », chantonna Théo avant d'adresser un clin d'œil narquois à Hermione. Avec un soupir, celle-ci sentit à nouveau les doigts de Draco lui broyer la main.
~o~
Après encore maints violents débats et protestations épouvantées de Ron et de Draco (« Mais tu n'y penses pas sérieusement, Harry ! Ce type est dangereux ! » « Potter, tu n'as absolument aucune idée de ce que tu es en train de faire, pas vrai ?! »), Rogue revint avec une fiole de Goutte du Mort-Vivant qu'il posa sèchement sur la table, juste devant Nott. Ce-dernier s'en saisit et la fit tourner entre ses doigts avec un petit sourire.
« Bien, il ne manque plus qu'un petit morceau de moi dedans pour bien préparer ton subconscient à mon intrusion… », fit-il d'un ton mielleux.
« Je vous demande pardon ? », s'insurgea Rogue en lui arrachant la fiole des mains. « On ne rajoute pas d'ingrédient organique d'origine humaine dans les Gouttes du Mort-Vivant ! Ce n'est pas dans la recette ! »
Nott lui jeta un regard agacé. « Puisque je vous dis qu'il le faut, ça vous tuerait de me faire un peu confiance ? », ironisa le jeune homme.
« Aucun livre de potions ne mentionne l'ajout de ce genre d'ingrédients pour- », protesta Rogue avant d'être à nouveau interrompu.
« Aucun livre depuis la chute de l'empire Austro-Hongrois vous voulez dire », railla Nott en lui reprenant la fiole des mains. « Allez, Mamie Nova, laissez un peu tomber vos recettes ancestrales : en cuisine, il faut savoir IN-NO-VER ! »
« Laissez-le faire, Rogue », lâcha Harry, très calmement.
« Merci, Potter, enfin quelqu'un qui est de mon côté dans cette fichue baraque… », claironna Théodore avec un regard appuyé en direction de Rogue, qui grommela inintelligiblement.
« Je ne suis absolument pas de ton côté, mais on manque cruellement de temps et tu as l'air de savoir à peu près ce que tu fais. Maintenant, dépêche-toi », siffla Harry, qui commençait à s'impatienter.
Nott déboucha la fiole d'un coup de pouce et le bouton sauta joyeusement sur la table, où il rebondit plusieurs fois avec un petit bruit sec. Puis de la main gauche, il arracha quelques cheveux sur sa tête pour les glisser à l'intérieur de la mixture. Il récupéra enfin le bouchon et le replaça sur le goulot, avant de remuer énergiquement. Rogue secoua la tête, persuadé que sa potion était désormais fichue.
Harry tendit la main en direction de Nott mais celui-ci ne lui donna pas la fiole. « Tu rigoles, Potter. Pas ici. Il nous faut une pièce au calme, où tu puisses t'allonger et où je puisse être confortablement installé. »
« On ne te laissera pas tout seul avec lui », fit Hermione d'une voix qu'elle voulait ferme mais qui tremblait légèrement.
« Je n'ai jamais dit ça », répondit Nott en lui souriant de toutes ses dents. « Quelques-uns d'entre vous peuvent rester, à condition d'être sages et de ne pas faire de bruit. Je dois me concentrer », expliqua-t-il en tapotant l'une de ses temps de son index.
Harry se leva en soupirant. Théodore était franchement insupportable avec son petit air suffisant. Et très inquiétant aussi, mais encore une fois … il n'avait pas le choix. « Ma chambre », dit-il simplement en se dirigeant vers les escaliers. Ron et Blaise lui emboîtèrent le pas, ainsi que Draco, Hermione et Rogue.
« Tout ça ? », demanda Nott en regardant ceux qui semblaient vouloir s'incruster à la fête. « Il va falloir être sages, je vous préviens. »
« La ferme et avance », grommela Ron en faisant un signe en direction de l'escalier.
Une fois à l'étage, Harry se dirigea vers sa chambre, qu'il partageait avec Ron (et sporadiquement Hermione), et s'allongea tout habillé sur les couvertures de son lit. Théo lui lança la fiole, qu'Harry rattrapa au vol, et se mit en quête d'un endroit confortable où s'installer. Il opta pour le lit de Ron et se laissa tomber dessus, avant de s'y allonger sans prendre la peine d'ôter ses chaussures. Il ignora superbement le regard mauvais que Ron lui lança et positionna les oreillers dans son dos. Puis il regarda Harry et lui fit signe de boire la potion.
« Santé, Potter ! »
Harry ne répondit pas et avala une minuscule gorgée de potion, comme le lui recommanda aussitôt Rogue.
« Oublie pas de penser à ce jour-là, Potter », fit Nott en s'adossant aux oreillers, croisant les mains sur son ventre, comme s'il s'apprêtait à faire une petite sieste sous un arbre.
Harry ne répondit pas et se concentra. Le hurlement de sa mère résonnait déjà dans ses souvenirs lorsque ses paupières se fermèrent et il tomba presque aussitôt dans un sommeil profond. Doucement, silencieusement, Hermione s'assit par terre, près du lit d'Harry et s'adossa au mur. Elle fit signe aux autres de l'imiter et Ron alla quant à lui se poster près de Nott, pour le surveiller. Chacun prit place à divers endroits, Rogue sur le lit d'Hermione, Blaise à proximité de Nott également et Draco tout contre Hermione.
La respiration d'Harry se fit de plus en plus lente et bruyante au fur et à mesure qu'il s'enfonçait dans les profondeurs de la « mort vivante ».
« C'est parti… », souffla Nott après avoir pris une longue inspiration. Il ferma les paupières et expira à fond.
Plus rien ne bougea. Théodore semblait s'être figé et la respiration d'Harry finit par adopter son rythme de croisière, égrenant les secondes, les minutes, avec la régularité d'une horloge. Une demi-heure s'écoula, puis une heure. Puis deux. En bas, Ron entendit soudain les tintements caractéristiques des casseroles et de Molly (qui avait dû enfin sortir de son isolement) préparant le déjeuner. Encore une demie heure plus tard, lorsque le fumet d'un civet de lapin aux olives parvint jusqu'aux narines de Ron, l'estomac de celui-ci se mit à gronder. Hermione lui jeta un regard agacé, terrifiée à l'idée que le moindre bruit puisse mettre en péril la mission de Théodore et donc la vie d'Harry. Ron rougit jusqu'à la racine de ses cheveux roux et baissa les yeux, tandis que Draco levait les siens au ciel. Hermione fit un signe de la main pour attirer l'attention du rouquin et lorsque celui-ci consentit à relever la tête, désigna la porte du doigt pour l'inciter à aller manger. Puis elle posa un doigt sur ses lèvres pour lui ordonner de le faire en silence. Ron se leva sur la pointe des pieds et sous le regard narquois de Rogue, traversa la pièce à pas de loup et referma la porte derrière lui presque sans aucun son. Hermione soupira en silence et se radossa au mur, tout en se préparant mentalement à patienter encore de longues heures. Draco lui adressa un petit sourire d'encouragement, auquel elle répondit en posant sa tête sur son épaule. Du rez-de-chaussée, le bruit étouffé des conversations leur parvint et en saisissant le mot « Horcruxe », Hermione pensa que Ron se chargeait certainement d'expliquer certains détails de la mission de Dumbledore à ceux qui ne les connaissaient pas. La plupart des membres de l'Ordre avaient été mis au courant par Harry du contexte principal, mais certains aspects avaient été tenus secrets jusqu'alors. Vers le milieu de l'après-midi, ni Harry ni Théodore n'avaient encore bougé d'un pouce. L'estomac de Blaise, Draco et Rogue s'était également mis à gargouiller et Hermione les avait fait déguerpir à grands renforts de froncements de sourcils et de gestes silencieux en direction de la porte. Elle-même était trop inquiète pour penser à manger et pour une fois, elle dut admettre que les longues journées de diète forcée dans les cachots du Manoir lui servaient à quelque chose. Elle avait l'entraînement. Quelques minutes après le départ des trois autres en quête de nourriture, la porte s'entrouvrit et Narcissa tendit la main à l'intérieur de la pièce. L'odeur de menthe qui embauma aussitôt la chambre fit sourire la Gryffondor. Elle tendit le bras au maximum pour attraper la tasse de thé offerte et remercia Narcissa d'un sourire radieux. Mrs Malfoy jeta un regard à la fois inquiet et curieux en direction des deux corps allongés sur les lits, puis sourit à Hermione et referma silencieusement la porte.
Vers dix-huit heures, la situation n'avait toujours pas évolué et les garçons n'étaient pas revenus. Le silence et l'immobilité devaient sûrement leur peser sur le système, mais là encore une fois, Hermione avait bénéficié d'un entraînement tout particulier et elle parvenait à ne pas trop s'ennuyer, pensant à diverses choses qu'elle aimerait faire après la guerre. Les pays qu'elle aimerait visiter. Les livres qu'elle aimerait lire. A une autre époque, elle aurait imaginé faire toutes ces activités avec Harry, Ron, Ginny … mais aujourd'hui, deux autres personnes s'ajoutaient à cette liste. Draco et Blaise. Ils faisaient définitivement partie de sa vie à présent. Hermione faillit laisser échapper un rire en imaginant toute la bande en sortie à Aqualand, un parc de loisirs aquatiques où ses parents l'avaient emmenée lors d'un voyage en France. Ron en train de hurler dans un immense toboggan à quinze mètres du sol. Harry dans une grosse bouée ronde, malmené par le courant artificiel et riant aux éclats. Draco… en maillot de bain. Hermione se redressa vivement. N'importe quoi, ce n'était pas du tout le moment de se laisser aller à ce genre de pensées. Hermione leva les yeux au ciel. Vite, penser à autre chose. Les propriétés de l'asphodèle. L'asphodèle est une plante vivace monocotylédone, appartenant à la famille des Liliacées. La plupart des espèces poussent autour du bassin méditerranéen et ont une prédilection pour les sols calcaires. À noter cependant une espèce alpine, A. albus…
Le soleil déclinait à présent derrière les volets mi-clos et Hermione sentait ses paupières s'alourdir progressivement. Elle tenta de lutter, en vain. Après tout, pourquoi ne pas faire un petit somme, ça peut durer encore longtemps…
Et à son tour, Hermione sombra dans les bras de Morphée. L'obscurité l'enveloppa et elle l'accueillit avec un certain soulagement, après cette longue journée d'inactivité totale et d'attente insupportable. Elle s'y laissa choir avec délice, si bien qu'elle se sentit grogner lorsque l'obscurité se troua soudain de quelques rais de lumière. Les rais devinrent progressivement des images, des sons et avant qu'elle n'ait pu comprendre ce qu'il se passait, Hermione se retrouva … devant la tombe de James et Lily Potter. La jeune fille fronça les sourcils et interloquée, regarda tout autour d'elle. Oui, elle se trouvait bien au cimetière de Godric's Hollow. Le paysage était entièrement recouvert de neige, cependant elle ne grelottait pas, alors qu'elle n'était vêtue que d'un jean et d'un tee-shirt à manches longues. En se retournant, elle remarqua deux silhouettes à l'entrée du cimetière et reconnut son propre bonnet et son écharpe. Et à côté de cette deuxième version d'elle-même, se trouvait Harry, emmitouflé dans son manteau d'hiver et se penchant tour à tour sur chaque tombe pour en dégager les inscriptions de la poudreuse. Hermione fronça les sourcils. Etait-elle … en train de rêver ?
« Ah, te voilà, c'est pas trop tôt ! », fit une voix dans son dos. Hermione sursauta et fit volte-face.
Théodore était appuyé contre un des caveaux et lui souriait, les mains croisées derrière le dos.
« Qu'est-ce que tu fais encore dans ma tête ? », s'écria Hermione, furieuse. « Tu n'es pas plutôt censé t'occuper d'Harry ? »
Théo gloussa et s'écarta du caveau pour s'approcher d'elle. Il écarta les bras et fit un petit tour sur lui-même. « Mais justement, on y est ! », s'exclama-t-il joyeusement. « Bienvenue dans l'enfer personnel d'Harry James Potter ! En un mot : son subconscient. »
Hermione en resta bouche bée. « Tu veux dire … mais comment est-ce que je me suis retrouvée ici ? »
Nott soupira avec une pointe d'agacement. « Combien de fois il va falloir te le répéter ? » Il sautilla jusqu'à elle et passa sans ménagement son bras autour de ses épaules. Hermione grimaça mais avait appris à ses dépens qu'il valait mieux ne pas protester quand il agissait ainsi. « Toi et moi, on est liés. Là où tu vas, je vais, et vice versa. Je commençais à désespérer que tu t'endormes, d'ailleurs, parce que là, autant dire que je patauge. Le cerveau de Potter n'est qu'un inextricable amas de regrets et de souvenirs larmoyants, ça en devient presque insupportable. »
« Harry a perdu ses parents… », commença Hermione, en serrant les dents.
« Moi aussi, j'ai perdu mes parents ! », se défendit Nott d'un air faussement apitoyé.
« Tu les as tués ! », s'écria Hermione.
« Quelle différence ? »
Hermione soupira. Elle détestait sa petite manie de toujours avoir réponse à tout. « Bref, donc tu n'as rien trouvé ? »
« Rien du tout, je vogue d'un souvenir larmoyant à un autre souvenir larmoyant depuis des heures. Quand je suis chanceux, j'ai le droit de voir un moment où tu ris, où tu lèves ton agaçante petite main en classe, mais à part ça et cette fâcheuse manie de séparer chaque souvenir par un hurlement strident et un éclair vert, j'ai fait chou blanc … »
Hermione se dégagea de son emprise et accéléra le pas entre les tombes de Godric's Hollow.
« Où tu vas ? », la héla Théodore en lui emboîtant le pas.
« J'en sais rien, comment est-ce qu'on change d'endroit ? », marmonna Hermione en regardant autour d'elle.
Un hurlement de femme déchirant emplit alors ses oreilles et Hermione sursauta. Elle regarda en direction du Harry et de la Hermione du souvenir, mais ils étaient tous deux penchés sur une autre tombe, un peu plus loin et ne semblaient avoir rien remarqué. C'est alors qu'elle le vit. Un flux d'énergie verte se matérialisa près de l'entrée du cimetière et traversa la rue principale du village avant de disparaître aussi vite qu'il n'était apparu.
« Qu'est-ce que… », commença Hermione. Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que le sol se mit à trembler. Par réflexe, elle tenta de se retenir à une tombe voisine et regarda en direction de son autre elle-même. Un véritable séisme frappait Godric's Hollow et pourtant, ni Harry ni l'autre Hermione ne semblaient ressentir quoi que ce soit. L'instant d'après, le cimetière tout entier avait disparu et le calme des lieux se changea en joyeux tumulte. Hermione écarquilla les yeux en se retrouvant au beau milieu du Chemin de Traverse dans toute sa splendeur passée. Le bâtiment penché de Gringott's se profilait au loin et autour d'elle, des sorciers de toutes tailles aux accoutrements divers et variés se pressaient pour faire leurs emplettes, sans même s'apercevoir de sa présence ou de celle de Théodore à ses côtés.
Celui-ci semblait d'ailleurs ravi. « Regarde-moi ça, notre Chemin de Traverse comme on l'aime. »
Hermione pivota et se retrouva face à la devanture de Fleury & Bott, regorgeant de grimoires et de livres aux couleurs bariolées. Une file d'attente incroyable s'étendait jusque dans la rue et Hermione sut aussitôt pourquoi. Gilderoy Lockhart se livrait à une séance de dédicace. C'était le jour où Lucius Malfoy avait glissé le journal de Jedusor dans les affaires de Ginny. La Gryffondor avança jusqu'à la vitrine et sourit en y découvrant les couvertures de Moi, le Magicien, Une année avec le Yéti, Vadrouilles avec les Goules, Flâneries avec le Spectre de la Mort et autres exploits que Lockhart s'était honteusement appropriés.
« Ce cher Gilderoy ! », s'exclama Théodore, hilare. Il s'était à son tour approché de la vitrine et regardait les livres avec un petit sourire. « Quelqu'un sait ce qu'il est devenu au fait, ce pauvre type ? »
Le sourire d'Hermione s'effaça et elle haussa les épaules. Bien sûr qu'elle savait, même si elle n'avait pas été présente. Ron lui avait ramolli le cerveau avec sa baguette cassée. En regardant à l'intérieur de la boutique, elle vit Lucius Malfoy toiser Arthur Weasley, une minuscule Ginny à ses côtés levant le nez vers la silhouette imposante du patriarche Malfoy. Hermione plissa les yeux et de là où elle se trouvait, vit nettement Lucius ajouter un petit livret noir à la pile de grimoires de seconde main de Ginny. « Quel sale type », marmonna-t-elle entre ses dents. « Elle n'avait que onze ans, la pauvre… »
Le hurlement strident retentit à nouveau et Hermione regarda fébrilement autour d'elle. Si Nott disait vrai, alors la prochaine étape serait l'éclair vert, ensuite le tremblement de terre et le changement de décor.
Comme prévu, l'éclair apparut au niveau de la devanture de Florian Fortarôme, remontant la rue au milieu des passants complètement ignorants du phénomène et disparut devant les portes de Gringotts. Le sol se mit à trembler, plus violemment cette fois et sans le faire exprès, Hermione se rattrapa au bras de Nott, qui en profita pour la serrer contre son torse.
Dès que le sol se fut à nouveau stabilisé, Hermione le repoussa comme s'il avait la gangrène et il la gratifia d'un sourire moqueur.
« Au fait, ça fait combien de temps que je suis parti ? », lui demanda-t-il en la regardant s'éloigner.
« J'ai commencé à piquer du nez quand le ciel devenait orange, alors je ne sais pas … il devait être près de sept heures du soir… », dit-elle en étudiant les environs pour savoir où elle se trouvait. Il faisait nuit noire dans ce souvenir et d'après ce qu'elle voyait … elle se trouvait dans la Forêt Interdite. Génial.
« Déjà ? », s'étonna Théo en grimaçant. « Le temps s'écoule différemment ici, je ne l'ai pas vu filer… »
Mais Hermione ne l'écoutait plus. Elle avançait, les sourcils froncés, cherchant frénétiquement dans ses propres souvenirs ce qu'Harry pouvait bien lui montrer à présent. Mais en vain, elle ne se rappelait pas avoir mis les pieds dans cette partie de la Forêt. Soudain, des hurlements d'enfants lui parvinrent et avant même que Théodore ait pu la retenir, elle s'élança dans leur direction.
Après quelques minutes de course effrénée, Hermione s'arrêta net et poussa un hurlement d'effroi. Une gigantesque araignée de plusieurs mètres de haut se dressait sur ses pattes et des centaines d'autres araignées plus petites (mais tout de même trop grandes au goût d'Hermione) pullulaient tout autour. C'est alors qu'elle comprit. Elle ne pouvait pas se souvenir de cette nuit, car elle n'était pas là mais pétrifiée dans un lit à l'infirmerie. C'était la nuit où Harry et Ron étaient allés trouver Aragog.
« Putain, c'est quoi ce monstre ? », s'écria Théodore, qui venait de la rejoindre.
« Aragog », répondit Hermione, les yeux écarquillés d'horreur face à la taille de l'Acromantula. Elle comprit alors que Ron avait à peine exagéré le tableau lorsqu'il lui avait affirmé avoir affronté « une araignée de trente étages » et se promit intérieurement de s'excuser pour s'être moquée de lui.
« Cette chose a nom ? », s'égosilla Théodore pour couvrir le vacarme que faisaient les milliers de pattes sur le sol de la forêt et les couinements stridents des arachnides.
« Aragog était l'animal de compagnie d'Hagrid », expliqua Hermione, élevant elle aussi la voix.
Théodore écarquilla les yeux. « T'es sérieuse, là ? Pourquoi j'ai pas vu quoi que ce soit concernant ce truc dans ta tête, alors ? »
« Je n'étais pas là ! », fit Hermione en se retournant vers Aragog, juste à temps pour voir la Ford Anglia bleue d'Arthur Weasley apparaître et récupérer les deux jeunes garçons terrorisés. « Le Basilic m'avait pétrifiée, j'étais à l'infirmerie. »
Le hurlement strident couvrit sans peine les mugissements furieux d'Aragog voyant ses proies lui échapper. Est-ce qu'il serait possible que ce hurlement soit celui de Lily Potter lorsqu'elle est morte ?, pensa Hermione avec un frisson. Mais elle n'eut pas le loisir d'approfondir plus longtemps sa réflexion. L'éclair vert apparut près d'un gros chêne centenaire … et fondit droit sur elle. Le flux d'énergie la frappa de plein fouet et Hermione se sentit soulevée et projetée en arrière. Dans le lointain, elle entendit Nott hurler son prénom à pleins poumons. Lorsqu'elle retomba sur le sol (qui s'était mis entre temps à trembler), Hermione fut prise d'une magistrale quinte de toux. La chute lui avait coupé la respiration.
Le « tremblement de terre » cessa et avec lui, le vacarme des acromantulas. A présent, le silence était retombé, seulement ponctué par les toussotements d'Hermione.
« Hermione ! »
Des pas précipités lui indiquèrent que Théodore l'avait rejointe.
« Oh, est-ce que ça va ? Ce truc t'a frappée en pleine poitrine ! »
Hermione toussa à nouveau et se redressa sur un coude. « Ça va, ça va… juste… une minute… »
« Comment c'est possible ? », continua Théodore, qui perdait visiblement son calme. « Rien de ce qu'il se passe dans les souvenirs n'est censé nous voir ou nous heurter, on n'existe pas ! »
Hermione toussa encore un peu puis réussit à respirer convenablement. Elle allait se relever lorsque la main de Théodore surgit brusquement devant son nez. Hermione leva les yeux. Il voulait l'aider à se relever ?
« Allez, c'est bon, on a pas toute la nuit… », maugréa celui-ci en agitant la main pour l'inciter à se presser.
Hermione le fusilla du regard mais accepta néanmoins son aide pour se relever. L'éclair l'avait quelque peu secouée et elle n'était pas contre un peu d'assistance. Une fois sur pieds, elle épousseta son pantalon et son tee-shirt en prenant de lentes et profondes inspiration.
« Tu sais, j'étais allé te voir… », dit soudain Théodore en guettant sa réaction.
« Où ça ? », demanda machinalement Hermione.
« A l'infirmerie. En deuxième année. »
Hermione arrêta son geste et le dévisagea. Puis elle détourna les yeux. « J'ai pas envie de savoir ça », lâcha-t-elle en s'éloignant. Où étaient-ils à présent ? Hermione commençait à en avoir assez de ce voyage initiatique avec Nott. Elle voulait rentrer à la Chaumière. Serrer Harry dans ses bras. Et Draco. Et Ron. Et Blaise et tous les autres. Il leur fallait trouver le Horcruxe et vite. C'est alors qu'elle eut une espèce de révélation.
« Attends, qu'est-ce que tu disais ? », demanda-t-elle vivement en se retournant vers Nott.
Celui-ci lui jeta un regard perplexe. « Euh … Que j'étais allé te voir quand tu étais pétrifiée à l'infirmerie ? », demanda-t-il en arquant un sourcil.
Hermione poussa un cri exaspéré. « Mais non ! Avant ça ! Tu as dit qu'on n'existait pas ! »
« Oui, pas dans les souvenirs, on les regarde seulement comme dans une Pensine et donc personne ne peut nous voir… »
« Et rien ne peut nous arriver ! », jubila Hermione, à la limite de l'hystérie.
« Euh, ouais, je ne vois pas en quoi c'est une bonne nouvelle, mais ouais… », grommela Théodore qui ne semblait pas saisir le cheminement de ses pensées.
Hermione se mit à sautiller d'excitation sur place, sous le regard perplexe de Nott. « Alors c'est ça ! Le voilà notre Horcruxe ! C'est l'éclair vert ! C'est la forme qu'il a pris à l'intérieur d'Harry ! »
Nott ouvrit la bouche, il venait de comprendre. « Oh et si l'éclair avait fait partie des souvenirs normaux, il n'aurait pas pu te faire de mal ! »
« Exactement ! », s'écria Hermione, ravie. « Ah ah ah ! ça fait du bien d'arriver enfin à pondre quelque chose d'utile ! Ça faisait des mois que j'avais l'impression de m'être fait lobotomiser dans mon sommeil… »
« Si ça peut te rassurer, je n'avais rien à voir avec ça », ironisa Nott tandis que toute joie désertait le visage d'Hermione et qu'elle lui jetait un regard furieux. « Oh, ça va, je plaisantais. T'es complètement lunatique comme fille… »
Hermione lui tourna le dos et partit droit devant, en quête du prochain souvenir. Ils étaient à nouveau en pleine nature et ce n'est qu'après quelques minutes qu'Hermione reconnut la forêt de Dean. La tente qu'elle partageait alors avec Harry et Ron devait se trouver dans les parages. En effet, au détour d'un gros rocher, elle se trouva gémissant sur le sol, pleurant toutes les larmes de son corps après le départ de Ron, tandis qu'Harry s'était retiré seul dans la tente. Hermione s'observa longuement, les mâchoires serrées, tandis que sa version antérieure sanglotait sans relâche. Nott aussi regardait et Hermione se sentit gênée qu'un instant aussi intime soit vu par quelqu'un d'autre qu'elle-même ou Harry. Heureusement, Théodore ne posa aucune question. Pas par pudeur, pensa alors Hermione, mais certainement parce qu'il a déjà trouvé la réponse en fouillant dans ma propre tête.
« Bon, comment on fait pour détruire un flux d'énergie ? Ce n'est pas comme un objet ou une personne, on ne peut pas juste taper un grand coup dedans et voir ce qu'il se passe… », marmonna Théodore en se détournant de l'Hermione sanglotant près de la tente.
L'Hermione actuelle lui jeta un regard moqueur. « Et bien alors, je croyais que tu savais comment faire, monsieur l'Expert en Magie Millénaire ? »
« J'aurais su faire si le Horcruxe avait pris une forme différente, plus … aboutie. Mais là, je suis un peu perdu, je t'avouerai… », s'énerva Nott. « Et fais attention à toi, je trouve que tu as pris un peu trop confiance avec moi, ces derniers temps. »
Hermione leva les yeux au ciel et secoua la tête. « En attendant, sans ça, tu 'voguerais encore d'un souvenir larmoyant à un autre' », bougonna-t-elle en imitant son air hautain et ironique. « Moi, au moins je fais avancer les choses. »
Nott soupira. Presque au même moment, le hurlement de Lily Potter résonna dans toute la forêt. « Pas trop tôt, on commençait à s'ennuyer, non ? », s'exclama le jeune homme, tandis que l'éclair vert traversait à nouveau le paysage, cette fois sans passer par Hermione. Celle-ci le regarda déchirer l'atmosphère, la mine songeuse. Comment arrêter ce flux d'énergie et le détruire ? Le sol se mit à trembler. Hermione commençait à s'y habituer et elle ne chercha même pas à se rattraper à un élément du paysage. Celui-ci disparut d'ailleurs et fut remplacé par … une chambre d'enfant. Un petit lit à barreau trônait dans un coin de la pièce, surmonté d'un mobile qui égrenait lentement les notes d'une douce musique. Hermione tourna la tête vers la fenêtre et reconnut la rue en contre-bas. Cette rue, elle l'avait remontée au bras d'Harry, quelques mois auparavant. Ils étaient de retour à Godric's Hollow, mais cette fois… Harry Potter n'était âgé que d'un an. Hermione se précipita vers le petit lit et se pencha par-dessus la rambarde. Un jeune enfant aux yeux vert émeraude et aux cheveux bruns, vêtu d'un minuscule pyjama, gigotait joyeusement sur le matelas, entouré de jouets et de peluches. Hermione éclata de rire.
« Salut, Harry… », souffla-t-elle en souriant à l'enfant. Celui-ci ne pouvait évidemment pas la voir et Hermione regretta de ne pas être en mesure de le prendre dans ses bras, de l'emmener loin d'ici, avant que Voldemort ne le trouve. « Tu es drôlement mignon sans ta cicatrice… beau gosse, même », plaisanta-t-elle en tendant la main pour tracer du doigt le contour de la joue rebondie du nourrisson.
« Quand je vais dire aux autres que j'ai vu Potter en couches culottes », railla Théodore dans son dos.
Hermione soupira et ferma les yeux. Je l'avais presque oublié, lui …
« Quoi ? », demanda-t-il en l'entendant soupirer bruyamment.
« Rien », répondit sèchement Hermione.
Nott ouvrit la bouche pour ajouter quelque chose lorsqu'une femme aux cheveux auburn et aux yeux verts entra précipitamment dans la chambre, verrouillant la porte puis brandissant sa baguette devant elle.
« Lily Potter… », souffla Hermione, fascinée en s'approchant du souvenir de la jeune femme pour la regarder de plus près. Soudain, Hermione se sentit secouée par une force invisible. Elle se retourna en direction de Théodore, qui fronçait les sourcils.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? Qu'est-ce qu'il m'arrive ? », demanda-t-elle, paniquée.
Nott secoua la tête, il ne semblait pas en avoir la moindre idée. Mais la réponse leur parvint sous la forme d'une voix lointaine. Hermione ! Hermione !
Hermione écarquilla les yeux. « Draco ? » Elle réfléchit un instant. « Il doit essayer de me réveiller ! », comprit-elle, une pointe panique dans la voix.
Nott la saisit par les épaules et la secoua comme un prunier. « Tu dois l'ignorer, Hermione ! On est prêts du but, j'en suis sûr, tu ne peux pas le laisser te réveiller maintenant, tu m'as bien compris ? »
Hermione hocha précipitamment la tête et se concentra de toutes ses forces sur une seule chose. Harry. Sur leur droite, la porte vola littéralement en éclats et Voldemort apparut sur le seuil.
Au centre de la pièce, Lily Potter se mit à reculer en direction du lit d'Harry, où le petit garçon s'était redressé sur ses pieds et s'accrochait aux barreaux pour observer la scène. La jeune femme se mit à supplier Voldemort de ne pas faire de mal à son bébé et celui-ci éclata d'un rire qui fit se dresser les cheveux d'Hermione sur sa nuque. Sans autre forme de procès, Voldemort tua Lily, qui s'écroula sur le sol, les yeux grands ouverts. Hermione eut la désagréable impression qu'ils étaient fixés sur elle.
C'est comme ça… en s'interposant qu'elle l'a protégé de la mort. Et si, c'était pareil pour… ?
Hermione tourna la tête en direction de Voldemort, qui s'avançait lentement, baguette brandie, en direction du bébé sagement agrippé aux barreaux de son lit, lequel le dévisageait de ses grands yeux verts.
Si j'ai raison, l'éclair ne me traversera pas… Il ne touchera pas Harry…
« Je crois que je sais comment faire… », murmura-t-elle, plus pour elle-même que pour Nott.
« Quoi ? », fit celui-ci en lui jetant un regard paniqué. Il avait beau jouer les durs, la scène qui se déroulait devant ses yeux était tellement historique, tellement légendaire, qu'il semblait aussi bouleversé qu'elle. Voldemort tendit sa baguette sur Harry et au moment où il prononçait le premier mot de la formule funeste, ignorant les hurlements de Nott, Hermione s'élança.
L'Avada Kedavra destiné au petit Potter la percuta de plein fouet, en plein cœur, tout comme le précédent éclair, quelques souvenirs plus tôt. A la différence que celui-ci lui fit souffrir le martyre. Le visage de Voldemort, puis celui inerte de Lily Potter, défilèrent devant ses yeux, tandis qu'une douleur monstrueuse s'insinuait dans sa poitrine, déversant son venin dans ses artères, irradiant tous ses membres. Hermione hurlait à pleins poumons. Elle entendait plusieurs voix hurler son nom également. Nott ? Draco ? Comment savoir ? Elle sentit tout son corps projeté en arrière et le goût métallique du sang envahit sa bouche. Le souffle coupé, elle s'arrêta aussitôt de hurler. Son corps retomba sur le sol de la chambre d'enfant et sa tête heurta le plancher, juste à côté de celle de Lily Potter. Sa vue se troubla sous le choc mais elle croisa tout de même le regard mort de la mère d'Harry … et eut un mouvement de recul. Lily Potter souriait.
Hermione eut soudain l'impression qu'on la sortait d'une gigantesque piscine, comme si deux bras plongés dans l'eau la soulevaient et la ramenaient à l'air libre. Elle tenta par réflexe de remplir ses poumons d'oxygène et émit un râle désagréable, suivi d'une énième quinte de toux. Ses paupières papillonnèrent et elle vit qu'elle ne se trouvait plus avec Harry et le cadavre de Lily Potter dans la nursery. Quel serait ce nouveau souvenir ? Quand cela allait-il se terminer ?
Elle discerna le visage de Draco penché sur elle, ainsi que celui de Rogue. Quel genre de souvenir était-ce donc ?
« Hermione ? Hermione ! Est-ce que tu m'entends ? »
Hermione fronça les sourcils et sa vision se stabilisa. Elle tourna lentement la tête sur la droite et vit le lit à barreaux de Ron, sur lequel Nott s'était installé le matin même. A gauche, le lit d'Harry où celui-ci était toujours étendu, inconscient. Elle était de retour. Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais ne réussit qu'à crachoter un peu de sang. Elle comprit en déglutissant qu'elle saignait abondamment du nez, et à la douleur à l'intérieur de sa bouche qu'elle avait dû se mordre l'intérieur des joues en dormant.
« Ha-rry… », gargouilla-t-elle.
« Hermione, qu'est-ce qu'il s'est passé ? » La voix de Ron cette fois. Il semblait pris de panique.
« Par Merlin, Weasley, laissez-la respirer ! Vous savez quoi ? Tirez-vous, ce sera mieux. » Rogue, ça c'était Rogue.
Hermione s'arc-bouta et se dégagea de l'emprise de Draco pour ramper avec difficulté en direction du lit d'Harry. La douleur dans sa poitrine était toujours cuisante mais peu lui importait. Elle n'avait qu'une seule chose à l'esprit. Harry.
Sur le lit de Ron, Nott s'éveilla à son tour, en bien meilleur état qu'elle, et sauta sur ses pieds.
« Qu'est-ce que tu lui as fait, sac à merde ? », beugla Ron, que Bill retenait tant bien que mal par les deux bras.
Nott l'ignora superbement et se précipita vers Hermione mais Blaise s'interposa et le repoussa violemment en arrière. « C'est quoi ce bordel, Théo ? Ce n'était pas censé se passer comme ça ! T'as intérêt à avoir une bonne explication ! »
Derrière eux, Hermione avait réussi à se mettre sur ses genoux et se serrait à présent contre Harry, maculant allègrement de sang le haut de sa chemise. Incapable de trouver quelque chose à dire (ce qui n'aurait pas été très utile de toutes façons, étant donné que le Survivant était toujours plongé dans le sommeil), elle fit la seule chose qu'elle se trouva apte à faire : elle éclata en sanglots. Joie, tristesse, soulagement, fatigue, douleur, elle n'aurait su dire pourquoi elle pleurait, mais elle pleurait. Quelque part dans la maison, une horloge sonna trois heures du matin.
Entendant les sanglots d'Hermione, ce fut au tour de Draco de se tourner vers Théo, la rage déformant ses traits. « Je vais te démolir le portrait, Nott… »
Mais celui-ci observait Hermione, un large sourire sur ses lèvres fines. « Elle a réussi, vieux… », souffla doucement Théo en la dévorant des yeux. « Elle a détruit ce putain de Horcruxe à elle toute seule. »
Stupéfait par la phrase que Nott venait de prononcer, Draco se figea et se tourna en même temps que Ron, Blaise et tous les autres, alertés par le vacarme, en direction d'Hermione prostrée sur Harry, profondément endormi. Hermione Granger venait de détruire l'avant-dernier Horcruxe.
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Ouaaaaaah vous n'imaginez même pas dans quel état je suis. J'ai vécu à fond l'aventure d'Hermione dans les tréfonds de l'esprit d'Harry et ai écrit l'intégralité de ce chapitre d'une seule traite sans lever une seule fois le nez de mon écran. J'étais tellement prise dans l'écriture que j'ai plusieurs fois oublié de respirer ! hihi Je n'ai jamais vécu la rédaction d'un chapitre aussi violemment que celui-ci et c'est pour ça que j'espère de tout cœur qu'il vous aura plu ! J'ai vraiment hâte d'avoir votre avis, parce que ce chapitre a été carrément intense à écrire et j'espère vraiment que cette intensité se ressentira à la lecture ! J'ai hâte, hâte, hâte d'avoir vos réactions, vraiment !
Bisous, bisous et à lundi prochain !
Xérès
