The Rise and Fall

Les blas-blas de Xérès : Bonjour, bonjour ! Un petit chapitre de transition entre la folie du précédent et la chaleur hot hot hot du prochain (vous en saurez plus dans ma petite note de fin de chapitre à ce sujet !) Vous avez été très nombreux à adorer le précédent chapitre et je vous en remercie de tout cœur, j'espère que la suite continuera de vous plaire. Des chapitres intenses sont à venir, alors on repose un peu la tension artérielle avec celui-ci (ça ne veut pas dire qu'il ne contient pas des infos extrêmement importantes !) Bonne lecture et n'oubliez pas les reviews !

Merci à tous mes nouveaux followers (maliaselange, alia13, Rhaelya, haruharuka, azakiel, klm50, JaneKaleidos, FireSilver, Comeandseetheshow), ainsi qu'à Erza Robin, Lune-Bleue22, Mia, Manon.L, Carboplatine, Petitestef, PetitMilou, Eranounette, luli123, ellexa, Piitchoun, Cybella Yuitsi, sarahblue1, Goutte-de-Mer, Elena Grape, Lety31, misslilly, TatieBella, Jeny, Minioon, Criss-Pine, Laulsbm, laurat, faerycyn, jprewett, Audrey917000, BlancheDamnation, Alice Roguevans, Passion Fugace, Babar, laloudu77, Serdra, nadra, Loufoca-Granger pour leurs reviews et à tous ceux qui m'ont laissé un petit message sur Facebook !

RAR :

Manon.L : Merci pour ta review ! En ce qui concerne Hermione et l'éclair vert, c'est précisément ça que je voulais faire passer : l'idée qu'elle n'est absolument pas sûre que ça marche et pourtant elle se jette à corps perdu face à l'Avada Kedavra pour sauver Harry. Elle se dit « allez, ça a marché y'a 17 ans, il y a une toute petite chance pour que ça fonctionne à nouveau ! » Et elle fonce. C'est ça, Hermione Granger ! (et c'est pour ça qu'on l'aime). Je ne sais pas trop ce que va faire Lucius pendant la bataille. J'ai prévu une mission assez importante pour lui plus tard donc il faut que ses actions actuelles collent avec ses actions futures. Non, on ne coupera aucune testicule dans cette fic (on est pas des bêtes ! lol) Ginny et Neville vont s'en sortir, ne t'en fais pas ! ) Bon courage et à lundi prochain !

Eranounette : je ne sais pas si on peut dire que Nott aime Hermione. En tant que psychopathe, il ne ressent pas ce genre d'émotions, mais je pense que ça doit s'en rapprocher. Disons qu'il a sa manière bien à lui de la désirer. ^^ Merci beaucoup pour ta review ! Bisous

Ellexa : Théo est bizarre oui et tu n'as pas tout vu, crois-moi… En attendant, même si Hermione a peur de lui, elle reprend un peu le contrôle petit à petit, c'est l'essentiel ! Je suis contente que ce chapitre t'ait plu ! Bisous et bonne lecture !

Misslilly : merci beaucoup ! J'espère que la suite continuera de te plaire !

Jeny : wouah, les 32 chapitres d'un coup ! Chapeau bas ! Théo n'est pas « obligé de coopérer », non non non… Théo a une idée derrière la tête et coopérer fait partie du plan.. hihi J'espère que la suite te plaira et merci pour ta review !

Laurat : merci pour ta review ! C'est vrai que Théo avance ses pions petit à petit et personne ne voit rien ^^

Nadra : Presque, c'est le mot ! Merci pour ta review ! )

Chapitre 33 : Le jour d'après

Hermione avait fini par s'endormir d'épuisement et rien ni personne n'avait pu lui faire lâcher la main d'Harry, toujours au pays des songes. La Gryffondor était exténuée et sa respiration émettait encore de petits sifflements laborieux et réguliers. Elle ne semblait pas se soucier du sang qui coulait de son nez et maculait les draps et les vêtements du Survivant. Ni de la douleur qui lui déchirait les poumons à chaque fois qu'elle inspirait. Seule comptait à présent la main d'Harry dans la sienne. Draco, n'ayant pu se résoudre à la laisser de nouveau seule, s'était étendu sur un oreiller posé à même le sol mais il avait été incapable de fermer l'œil dans un premier temps, se tournant et se retournant sur sa couchette improvisée et lançant régulièrement des regards inquiets en direction du lit. Mais ni Hermione ni Potter n'esquissaient plus le moindre mouvement. Tous les autres avaient fini par aller se coucher, quelque peu secoués par les événements. Théodore, un peu affaibli par son aventure à l'intérieur du cerveau d'Harry, s'était allongé sur le canapé du salon et Blaise s'était installé dans un des fauteuils. Les yeux rivés sur Théodore, il s'était promis de ne pas le lâcher d'une semelle. C'est pourquoi il se maudit intérieurement d'avoir succombé au sommeil lorsqu'il entendit la porte de la maison se refermer en grinçant. Théo n'était plus là. D'un bond, il se leva et traversa le salon pour sortir à son tour. Le Serpentard s'éloignait tranquillement de la Chaumière, les mains dans les poches et ses cheveux noirs malmenés par le vent.

« Où est-ce que tu penses aller, comme ça ? », demanda Blaise en le rattrapant.

Théodore se retourna et un petit sourire moqueur flotta sur ses lèvres. « Quoi, je vais te manquer ? »

« Je n'arrive pas à croire que tu l'aies à nouveau embarqué dans tes histoires… », éluda Blaise en le poussant violemment des deux mains. « Hermione est encore faible. Après tout ce que tu lui as fait, c'est … » Blaise grimaça. « Elle pourrait très bien ne jamais s'en remettre. »

Théo roula des yeux. « Pitié, Blaise, épargne-moi tes sermons… », marmonna le brun en lui lançant un regard froid. « Elle s'en remettra. C'est Hermione Granger, après tout. Si elle avait voulu avoir une petite vie tranquille, elle n'aurait pas dû choisir Harry Potter comme meilleur ami. » Blaise le fusilla du regard. « Et elle est beaucoup plus solide que tu ne le crois. Ça va aller… », ajouta Théodore en se détournant à nouveau.

Mais Blaise ne comptait pas en rester là. « Qu'est-ce que tu lui veux au juste, à Hermione ? »

Théo se figea aussitôt et tourna ses deux iris noirs vers l'Italien. « Elle m'intéresse, c'est tout. Et quand quelque chose m'intéresse, je fais en sorte de me l'approprier », répondit-il simplement.

« Mais Hermione n'est pas une chose, c'est un être humain-

« Simple question de point de vue », maugréa Théo en balayant la remarque de Blaise d'un geste de la main.

Blaise secoua la tête, exaspéré. « Simple question de point de vue ? », répéta-t-il, incrédule. « Putain, t'es vraiment un grand malade. »

« Merci beaucoup ! », rétorqua Théo en lui adressant un large sourire.

L'Italien soupira. « Ce n'était pas un compli- » Blaise s'arrêta net et vit le regard malicieux que Nott lui lançait. Et en plus il se croit drôle, pensa-t-il avant de reprendre. « Hermione est avec Draco pour l'instant, alors sois cool, laisse tomber ok ? »

Nott lui jeta un regard perçant, toute trace de bonne humeur disparue de ses traits. « Parce que tu crois qu'il l'aime, Blaise ? Arrête ton char. »

Blaise détourna les yeux. « Je ne prétends pas savoir s'il l'aime ou pas, toujours est-il qu'elle a une bonne influence sur lui », répondit-il sombrement. « Et en tant qu'ami, c'est tout ce qui m'importe. »

« Il se sert d'elle comme d'une bouée de sauvetage, j'espère que t'en es conscient ? », fit Nott avec un petit rire sans chaleur.

« Parce que ta façon de te servir d'elle est mieux ? », cracha Blaise en essayant de ne pas trop hausser le ton pour ne pas alerter la maisonnée.

« Je n'ai jamais dit ça, mais moi au moins, j'assume… », fit Nott avec une légèreté exaspérante. « Et puis regarde un peu les choses en face. Cette fille adore se laisser utiliser. C'est ce qu'ont fait Potter et Weasley pendant 7 ans ! » Nott prit alors une voix aiguë de petite fille. « Oh Harry, laisse-moi faire ton devoir de Métamorphose, c'est bien plus important pour toi de t'entraîner au Quidditch ! Ronald, tu es complètement nul en Potions, laisse-moi passer des heures à rédiger des fiches de révision que tu ne prendras même pas la peine de lire avant les BUSE ! (Il reprit sa voix normale) Et qu'est-ce qu'elle a en remerciement ? Rien du tout. Ou seulement le droit de risquer encore sa vie pour sauver les fesses du monde entier. »

« Hermione ne fait pas les choses pour en obtenir d'autres en retour, contrairement à toi », siffla Blaise, furieux. « Elle aide ceux qu'elle aime parce que … parce qu'elle est comme ça, c'est tout ! »

Nott ricana. « Tu ne t'es jamais dit que loin de vous tous elle aurait eu une vie totalement différente ? Plus heureuse ? »

« Loin de nous, non, mais loin de toi certainement ! », aboya Blaise.

Nott le toisa de toute sa hauteur. « Bon, ça ne sert à rien de discuter avec toi, tu es têtu comme une mule », marmonna-t-il. « Dis aux autres que je serai à Poudlard dans 2 jours au lever du soleil. Je ne voudrais manquer la fête pour rien au monde… »

Et tel le chat de Cheshire, il lui sourit béatement, si bien que même après s'être évaporé sans laisser de traces, ses deux rangées de dents semblaient encore briller dans l'obscurité de la nuit. Blaise poussa un long soupir agacé et rentra se coucher.

~o~

Lucius, réveille-toi…

Une voix familière et irritante.

Lucius, bon sang…

Et maintenant, la voix s'accompagnait de légers pincements au niveau de son bras. Très agaçant. Lucius Malfoy grogna dans son sommeil.

Lucius ! Zut, à la fin !

CLAC ! Une gifle magistrale acheva de le réveiller et il se redressa dans son lit en poussant un léger cri de surprise. Non, pas son lit. Ni sa chambre. Mais la chambre des Weasleys, dans la maison des Weasleys. Misère. En revanche, c'était bien sa femme qui venait de le secouer aussi énergiquement. Celle-ci était manifestement très bien réveillée et tortillait nerveusement une mèche de ses cheveux autour de son index.

« Je rêve ou tu m'as giflé ? », siffla Lucius, abasourdi.

« On va dire que tu as rêvé », fit précipitamment Narcissa en levant les yeux au ciel. « Mais maintenant que tu es réveillé, ça tombe bien, il faut qu'on parle. »

Lucius la regarda un instant, interdit. « Maintenant que je suis réveillé ? Mais c'est toi, qui m'as réveillé ! », s'emporta-t-il en se laissant retomber sur l'oreiller en plume d'oie. Il vit les prunelles de Narcissa suivre son mouvement avec une expression agacée, comme si le fait qu'elle l'ait si outrageusement tiré de son sommeil réparateur n'était qu'un incident mineur.

« Qu'est-ce que tu comptes faire, Lucius ? », demanda-t-elle en continuant de tortiller sa mèche de cheveux.

« Là ? Me rendormir, déjà. Et j'espère bien rêver d'une autre vie, où j'aurais pris une mannequin de Sorcière Hebdo pour épouse. Mannequin, qui elle, ne prendrait pas un malin plaisir à me réveiller au beau milieu d'une nuit déjà trop agitée… AÏEUH ! » Lucius porta une main à son épaule, que sa femme venait de pincer fortement.

« Je voulais dire dans deux jours, Lucius Abraxas Malfoy », gronda Narcissa en le fusillant du regard.

« Et qu'est-ce qu'il y a dans deux jours ? », grinça Lucius (qui, au demeurant, savait parfaitement ce qu'il y aurait dans deux jours : dans deux jours, Potter allait se faire atomiser, et lui, Lucius Malfoy serait traqué, puis éliminé par ses anciens camarades…). Narcissa arbora alors une expression qui disait clairement « ne joue pas au plus con avec moi, Lucius, tu risquerais de perdre. »

Lucius soupira. Face à un redoutable adversaire comme elle, il savait déjà qu'il n'aurait aucune chance. Il se tourna vers sa femme et fronça les sourcils. « Il n'y a rien à faire », dit-il simplement avant de se retourner sur le côté. Il entendit Narcissa pousser un soupir exaspéré.

« Quoi, tu ne comptes tout de même pas rester ici pendant que tout le monde va se battre ? », s'énerva-t-elle.

« Et pourquoi pas… on est encore en pays libre, non ? », maugréa Lucius d'un air buté.

« Non, grâce à tes petits amis Mangemorts, justement », ironisa Narcissa, tandis que Lucius faisait volte-face.

« Ils ont longtemps été tes amis aussi, je te rappelle », protesta-t-il tandis que son épouse secouait la tête.

« Non, non, non ne mélange pas tout, Lucius. J'ai subi tes amis pendant toutes ces années, contrairement à Bella qui elle, les a accueillis à bras ouverts… », gronda-t-elle en agitant son index sous son nez.

Lucius haussa un sourcil. « En même temps, il faut la comprendre. Si on m'avait forcé à épouser un type comme Rodolphus… », railla-t-il tandis que Narcissa hochait la tête. « Parce que dans le genre particulier, le beau-frère… »

« On s'éloigne du sujet », marmonna Narcissa en roulant des yeux.

« Ah parce qu'il y avait un sujet ? », railla Lucius en tassant son oreiller avec la ferme intention de s'y rallonger confortablement une bonne fois pour toutes. Joignant le geste à l'idée, il laissa retomber sa tête mais au lieu de rencontrer le moelleux du coussin, celle-ci heurta douloureusement la tête de lit avec un « boink » retentissant. Narcissa avait prestement subtilisé l'oreiller avant qu'il n'ait pu s'y installer. « Mais MERDE à la fin, tu comptes me laisser dormir tranquille à un moment donné ? », s'énerva-t-il en massant son crâne endolori.

« Pas avant que tu ne m'aies juré de venir avec nous te battre », siffla Narcissa en lui jetant son oreiller au visage.

Lucius fut tellement abasourdi par ce qu'il venait d'entendre, qu'il n'esquissa pas le moindre mouvement pour rattraper le projectile, qui le frappa en plein sur le nez avant de retomber mollement sur son torse.

« Que.. de … mais … « nous » ? Tu as dit nous ? »

Narcissa opina du chef, d'un air déterminé que son époux trouva affreusement sexy. Mais…

« Il est hors de question que tu ailles à Poudlard, Narcissa », décréta Lucius en prenant l'expression la plus sévère possible. Mais elle ne se démonta pas.

« Il est hors de question que je laisse mon fils et cette pauvre petite courir au-devant du danger sans que je sois là, Lucius », l'imita-t-elle en croisant les bras.

« Mais … » Lucius ne savait même pas comment terminer sa phrase. Celle-ci resta donc en suspens de longues secondes pendant lesquelles ses lèvres s'ouvrirent et se refermèrent plusieurs fois sans émettre le moindre son. « Mais enfin on ne va pas débarquer là-bas et se battre contre notre propre camp ? »

« Ce n'est plus notre camp », déclara Narcissa en secouant la tête.

« La faute à qui, hein ? », maugréa Lucius en lui jetant un regard mauvais.

« Tu n'étais pas forcé de me suivre. Personne ne t'a pointé une baguette sur la tempe, à ce que je sache… », dit-elle tandis que Lucius ouvrait grand la bouche, outré.

« Tu ne vas tout de même pas me reprocher d'aimer encore un peu ma femme, si ? », lâcha Lucius tandis que l'expression de Narcissa s'adoucissait.

« Encore un peu ? », répéta-t-elle avec un demi-sourire.

« Oui, un tout petit peu », bougonna Lucius. « Même si tu es une traîtresse, et une bonne femme complètement lunatique et dangereusement cinglée… »

Le sourire de Narcissa s'élargit. « Et donc tu viendras ? »

Lucius poussa un soupir exaspéré et lui tourna le dos. « La nuit porte conseil, il paraît. Alors laisse-moi dormir. Merci bien », marmonna-t-il tandis que derrière lui, Narcissa esquissait une petite danse de la victoire. Lucius dut sentir le lit bouger et se douter de ce qu'elle faisait car il ajouta aussitôt : « ça ne veut pas dire oui ! »

« Mais ce n'est pas un non définitif non plus … », souffla Narcissa en se recouchant enfin.

Lucius leva les yeux au ciel, avant de les fermer. Mais la dernière lubie de sa femme ne cessait de lui trotter dans la tête. Et lorsque les premières lueurs du jour filtrèrent à travers les volets, Lucius Abraxas Malfoy n'avait toujours pas réussi à fermer l'œil.

~o~

Lorsqu'Harry Potter se réveilla enfin, il se sentit plus reposé qu'il ne l'avait jamais été. Il avait l'impression de se réveiller d'un coma profond et n'avait aucune idée de la façon dont Nott avait cherché un éventuel Horcruxe, ni même s'il avait réussi. Mais au moins, il était vivant. Il sentit alors un poids sur son ventre et une main dans la sienne. Baissant les yeux, il discerna la tignasse bouclée d'Hermione éparpillée sur le matelas et sur lui-même. La main de la Gryffondor serrait la sienne et il s'aperçut alors … qu'il était couvert de sang séché.

Qu'est-ce que…

Il se redressa légèrement et eut un deuxième choc. Malfoy était couché sur le sol près du lit, avec pour seul matelas un oreiller. Il semblait dormir profondément à en juger par sa bouche ouverte, ainsi que par le petit filet de bave qui en sortait, et ses cheveux étaient en pétard. Il tourna la tête et vit Ron encore endormi sur le lit d'en face, tandis que … Rogue s'était assoupi sur le lit d'Hermione, un énorme livre de potions ouvert sur le ventre. Harry fronça les sourcils et se sentit soudain comme la Belle au Bois Dormant entourée de sa cour endormie pour cent ans par la méchante sorcière. Il baissa de nouveau les yeux sur Hermione et vit que le sang dont il était couvert semblait avoir provenu du nez de la jeune fille. Des croûtes de sang coagulé lui couvraient en effet les narines et le menton et Harry se demanda bien pourquoi elle se trouvait dans cet état. Est-ce qu'il avait dormi longtemps ? Est-ce qu'ils avaient dû aller à Poudlard sans lui pour tenter de sauver Ginny et Neville ? Oh non, c'était sûrement ça … qu'est-ce qu'il lui avait pris de faire confiance à Nott ?

« Harry ? », fit une petite voix, lui faisant baisser les yeux. Hermione avait ouvert les paupières et le regardait à présent comme si elle ne l'avait pas vu depuis trois siècles. « HARRY ! », glapit-elle alors en se jetant à son cou.

Les trois autres dormeurs sursautèrent et le livre posé sur le ventre de Rogue tomba à terre avec un bruit sourd.

« Her- Mione …ah … mais … ah … arrête ! », protesta le Survivant tandis que son amie semblait décidée à vouloir l'étouffer entre ses bras et à couvrir ses joues de baisers.

Sa supplication fut bientôt exaucée lorsqu'Hermione se retrouva hors d'haleine et posa une main sur sa poitrine douloureuse en grimaçant. Mais le répit ne fut que de courte durée. A peine Harry avait-il eu le temps de jeter un regard en direction du cœur d'Hermione, que celle-ci envahissait de nouveau son espace personnel pour l'assaillir d'embrassades chaleureuses.

« C'est pas trop tôt… », marmonna Rogue avant de sortir de la pièce. Mais Harry intercepta son regard et vit qu'il semblait sincèrement soulagé. Ron avait sauté sur son lit et Malfoy s'était relevé pour regarder d'un air bizarre sa petite amie couvrir de baisers son ex-pire ennemi.

« Le Survivant a encore survécu, hourra… », fit Malfoy avec une tête d'enterrement, tandis que Ron lui ordonnait d'aller gentiment se faire voir.

« Désolé de te décevoir, Malfoy », s'esclaffa Harry, qui essayait tant bien que mal de respirer entre deux étreintes.

Draco esquissa un sourire ironique et s'adossa nonchalamment au mur en croisant les bras sur sa poitrine. Ce qui équivalait en langage Malfoyien à : « quand même content de te voir en vie, Potter. »

Hermione gémit légèrement et Harry remarqua qu'elle grimaçait à nouveau. Il la repoussa doucement et lui jeta un regard inquisiteur. « Hermione, tu as mal quelque part ? »

« C'est rien, Harry, rien du tout… », assura-t-elle en essuyant furtivement quelques larmes de joie.

Harry regarda autour de lui. « Où est Nott ? Est-ce qu'il a réussi à trouver le Horcruxe ? », demanda-t-il tandis que Ron et Hermione échangeaient un regard.

« Tu ne te souviens de rien, Harry ? », lui demanda Ron en fronçant les sourcils.

« Non, j'ai dormi comme un bébé », avoua le Survivant. « Pourquoi, j'ai manqué quelque chose ? »

Hermione lui sourit et hocha vigoureusement la tête. Elle entreprit alors de lui raconter, ainsi qu'aux autres, son épopée à l'intérieur de son esprit (ignorant les gémissements de Ron lorsqu'elle relata sa rencontre avec Aragog). Harry fut d'abord furieux que Nott l'ait encore mêlée à ses histoires sans avertir qui que ce soit, mais le récit d'Hermione le captiva tellement que sa colère disparut bientôt. Et lorsqu'Hermione lui raconta comment elle avait eu l'idée de s'interposer entre lui et Voldemort pour recevoir l'Avada Kedavra à sa place, il lui jeta un regard lourd de reproche.

« Hermione, tu aurais pu mourir… », souffla-t-il en secouant la tête.

« Impossible, on ne peut pas mourir dans une Pensine, pas vrai ? Eh bien, c'était la même chose ! », se défendit-elle tandis que Draco pestait contre Nott de l'avoir embarquée dans une mission aussi dangereuse.

« Oui, enfin en théorie, les sortilèges présents dans les souvenirs ne sont pas censés vous frapper non plus… », rétorqua Harry en posant les yeux sur le torse d'Hermione. « Est-ce que tu t'es assurée que tout allait bien ? »

« Harry, c'est ridicule, je me sens parfaitement bien… », protesta la jeune fille, mais deux mains la saisirent par les épaules et la firent pivoter. Draco la maintint bien en face de lui, de manière à ce qu'elle tourne le dos aux deux autres et plongea ses iris gris dans les siens.

« Je préfère m'en assurer, si tu n'y vois pas d'inconvénient… », grommela-t-il, tandis que ses doigts s'attaquaient aux boutons du chemisier taché de sang d'Hermione.

Ron écarquilla les yeux (Non, il n'est pas en train de faire ce que je crois qu'il fait ?) puis se tourna vers Harry (Harry, est-ce qu'il est en train de faire ce que je crois qu'il fait ?). Le Survivant lui répondit par un regard tout aussi perplexe (Oui, Ron, je crois qu'il est effectivement en train de faire ce que tu crois qu'il fait.).

Pendant ce temps, Draco avait déboutonné les quatre ou cinq premiers boutons, exposant la partie supérieure de la poitrine d'Hermione, qui s'était figée, les yeux ronds, et fixait comme hypnotisée les mouvements lents des doigts du blond à proximité de son soutien-gorge. Les yeux de Malfoy s'assombrirent alors, tout comme son expression, et Harry fronça les sourcils, oubliant sa surprise alors que l'inquiétude revenait au galop.

« C'est si moche que ça ? », demanda Ron, inquiet lui aussi.

« Comment ça, moche ? », protesta Hermione, outrée en tournant la tête vers le roux. « Tu veux qu'on parle de tes oreilles, toi ? »

« Ce que Ron voulait dire, Hermione, c'est : 'est-ce que la blessure est moche ?' », fit Harry avant de se tourner vers Ron, qui grommelait dans sa barbe. « C'est bien ça que tu voulais dire, au moins ? »

Ron le fusilla du regard. « Bien sûr que c'est ce que je voulais dire ! », protesta-t-il avec véhémence. « Et donc, ça a l'air grave ? », demanda-t-il sèchement sans regarder Malfoy qui semblait un peu trop apprécier sa « visite médicale ».

Hermione baissa les yeux sur son torse et ouvrit la bouche en constatant qu'un immense hématome aux couleurs pourpre et noir s'étalait de son cœur aux côtes flottantes, le long de son sternum.

« Si par grave, tu veux dire qu'elle a un gigantesque bleu sur la poitrine, alors oui, c'est grave… », marmonna Malfoy sans quitter le torse d'Hermione des yeux. La jeune fille le fusilla du regard.

« Fais voir… », l'interpella Harry en tendant la main. Mais Hermione se retourna, furieuse, en serrant tant bien que mal les pans de sa blouse d'une main.

« Non, mais c'est fini, oui ? », s'énerva-t-elle en assenant une tape sur la main d'Harry. Au même moment, la porte s'ouvrit sur une Molly Weasley hystérique, qui fondit directement sur Harry pour le serrer dans ses bras, et sur Rogue accompagné par un Lucius Malfoy à la mine hésitante.

Hermione, surprise, n'eut pas le réflexe de leur tourner le dos et vit à la tête de Rogue que celui-ci avait remarqué le haut de son hématome au-dessus de sa main serrée sur son cœur. Le professeur de Potions poussa un long soupir et repartit en direction du couloir, maugréant quelque chose qui ressemblait à : « J'ai compris, je vais chercher ma mallette… »

Lucius Malfoy sembla soudain paniqué à l'idée de se retrouver seul avec les adolescents et leur jeta un regard ahuri, tandis qu'il n'osait plus faire le moindre geste. Draco lui jeta un regard inquisiteur, un sourcil levé mais cela ne semblait pas débloquer son paternel. Après de longues secondes d'attente interminable, Hermione commença à se sentir gênée.

« Vous voulez quelque chose, vous ? », aboya Hermione à l'attention de Lucius, les deux côtés de sa chemise toujours serrés dans sa main.

Lucius ouvrit la bouche, la referma, répéta ce petit manège une demi-douzaine de fois, puis sortit de la pièce aussi dignement qu'il le put. Draco le suivit des yeux, interloqué.

« Je crois qu'il essayait de communiquer… », marmonna-t-il tandis qu'Hermione haussait les épaules avec l'air de s'en préoccuper comme de sa première chaussette.

Rogue revint bientôt, sa mallette de remèdes et potions diverses à la main et fit signe à Hermione d'approcher. Sous l'air peu amène de Draco, il demanda à Hermione d'entrouvrir sa chemise pour constater l'étendue des dégâts et la jeune fille obéit.

« N'en profitez pas pour vous rincer l'œil, vous… », lança Draco tandis que Rogue et Hermione levaient les yeux au ciel à l'unisson.

« Ouais, vous n'avez plutôt pas intérêt », renchérit Ron, qui pour une fois était d'accord avec le Serpentard. « Parce qu'on sait comment ça se passe avec vous les profs… Le fantasme de l'élève modèle, tout ça… »

Hermione soupira tandis que Rogue secouait la tête tout en fouillant dans sa mallette. Et dire que l'avenir du monde magique repose en grande partie sur cette bande d'attardés mentaux…, pensa-t-il en trouvant enfin l'onguent qu'il cherchait.

~o~

Lorsque Théodore Nott arriva à destination après avoir transplané une bonne dizaine de fois, il s'étonna de la chaleur qui régnait dans la ville, alors que l'on était à peine au mois d'avril. Et dire qu'en Angleterre, on supporte encore nos capes d'hiver…, pensa-t-il en regardant un groupe de jeunes lycéennes se prélasser sur un coin d'herbe tout en dégustant des pâtisseries. Il ôta sa veste, qu'il suspendit à son bras et remonta une grande avenue jusqu'à son point de rendez-vous. Il tourna une rue plus loin et s'adossa contre un mur, à l'écart des passants et des éventuels curieux. Puis il ferma les yeux et se concentra sur un visage qu'il avait choisi depuis longtemps. Quelques minutes plus tard, il rouvrit les yeux et s'approcha de la fenêtre la plus proche pour admirer son reflet. Exit Théodore Nott, le reflet qu'il discernait à présent était celui d'un jeune homme en fin de vingtaine, aux yeux marrons et aux cheveux châtains, avec une barbe de deux jours. Parfait.

Théodore rebroussa chemin et alla s'asseoir à la terrasse d'une brasserie. Un serveur en chemise légère blanche vint aussitôt prendre sa commande et Théodore commanda un thé glacé dans un français approximatif. Mais le serveur sembla comprendre et repartit aussitôt. Cinq minutes plus tard, alors que Théodore venait tout juste de boire la première gorgée de son thé glacé, un homme se planta juste devant lui. Théodore se leva, étirant les lèvres de son visage de substitution pour lui adresser un large sourire tout en lui serrant la main.

« Pr. Jacques Lapébie », se présenta le nouveau-venu en anglais, avant de s'asseoir à son tour. Puis l'homme sourit de toutes ses dents à Théodore. « J'imagine que c'est vous, mon nouveau partenaire ? »

~o~

Lorsque Ginny Weasley ouvrit enfin les yeux, elle réalisa qu'elle ne se trouvait plus pendue par les poignets dans la cellule sordide qu'elle partageait avec Neville. Mais à l'infirmerie. A peine ses paupières avaient-elles papillonné qu'elle entendit distinctement les pas précipités de Mme Pomfresh accourir dans sa direction. Une main fraîche se posa sur son front, puis sur ses joues, et enfin le visage de Pomfresh se pencha sur le sien.

« Comment vous sentez-vous, mon enfant ? », demanda l'infirmière d'une voix douce.

Ginny fit rapidement un check-up de ses sensations et le fait était qu'elle se sentait particulièrement bien, compte tenu des circonstances. A peine une petite douleur au niveau du dos.

« Bien… Très bien, même… », fit Ginny en se redressant, aidée par Mrs Pomfresh. « Quel jour on est ? », demanda-t-elle soudain.

L'infirmière pinça les lèvres et esquissa un rictus. « Si vous voulez savoir si vos amis ont déjà répondu à la prétendue offre de paix de notre cher Lord Protecteur, la réponse est non. Il leur reste encore deux jours. »

Ginny poussa un soupir de soulagement. « Et où est Neville ? »

« J'ai au moins obtenu de Vous-Savez-Qui qu'ils le détachent, sous peine de le voir finir dans un sale état lui aussi… », répondit Pomfresh. « Mais il est toujours enfermé. »

« Alors, pourquoi est-ce que je suis ici, moi ? », demanda la rousse en fronçant les sourcils.

« C'est cette femme… Bellatrix Lestrange, qui vous a amenée ici », maugréa l'infirmière en s'assurant que personne ne les écoutait. « Vous étiez presque morte. »

Ginny frémit. « Peut-être que ça aurait été mieux si c'était le cas… », souffla-t-elle en baissant les yeux.

Mme Pomfresh lui jeta un regard scandalisé. « Ne dites pas ça, jeune fille ! Il n'y a rien de bon à mourir si jeune. Pourquoi diable est-ce que cela aurait été mieux ? Vous avez pensé à la peine que vous feriez à votre famille ? »

Ginny tourna la tête. « Moi vivante, ils vont vouloir venir me chercher. Et sans vouloir être pessimiste, je ne sais pas s'ils ont une chance… » La jeune fille releva la tête vers son aînée et son menton se mit à trembler. « Je préfèrerais encore mourir que de les voir tous tués dans une tentative foireuse pour venir me sauver. »

Mrs Pomfresh entoura Ginny de ses bras et la tête posée sur l'épaule de l'infirmière, la petite Gryffondor se mit à pleurer à chaudes larmes.

~o~

« Il ne viendra pas… », maugréa pour la centième fois Lord Voldemort en arrachant un grain de raisin de sa grappe pour l'écraser entre ses doigts.

Rodolphus Lestrange se retint de lever les yeux au ciel. « Bien sûr que si, il viendra, Maître », répondit-il avec une pointe d'agacement. « J'en mettrai la deuxième main de Queudver à couper… » Rodolphus se retourna en direction de Peter Pettigrew, assis un peu plus loin à la Grande Table. « Sans vouloir t'offenser, cher ami. »

Pettigrew ne répondit pas et baissa son horrible nez busqué sur son assiette.

« Si ce gamin avait ne serait-ce qu'une once de bon sens, il ne viendrait pas », s'énerva Voldemort en fusillant Rodolphus du regard.

« Mais nous savons tous qu'il n'en est rien. Potter a toujours eu beaucoup de mal à s'empêcher de voler au secours de ceux qu'il aime », fit Rodolphus d'une voix mielleuse. « Il n'y a qu'à voir avec quel empressement il s'est pointé au Département des Mystères pour sauver son parrain soi-disant en danger… Quel idiot. »

« J'avoue … », railla le Seigneur des Ténèbres avec un rictus appréciateur. « Mais imaginons qu'il ne vienne pas. Je dis bien, imaginons… »

« Alors ce ne sera vraiment pas de chance pour ses deux petits amis… », siffla Lestrange, les yeux brillants. « En particulier, la gamine. Je me demande bien quel goût peuvent avoir les femelles Weasley… »

~o~

Le soleil déclinait sur les falaises lorsque Molly Weasley déclara le dîner servi. Arthur et elle semblaient avoir repris leurs esprits et l'espoir était quelque peu revenu depuis le réveil d'Harry. Maintenant qu'il ne restait plus qu'un seul Horcruxe à détruire, un poids s'était définitivement dégagé des épaules du Survivant et il se sentait plus confiant qu'il ne l'avait jamais été depuis le début de sa cavale après le mariage de Bill et Fleur. La journée s'était écoulée rapidement, au rythme des plans d'attaque échafaudés autour de la table, des récits d'Hermione face aux souvenirs de Harry et des étranges allées et venues d'un certain Lucius Malfoy qui se soldaient cependant toutes par une série de mimiques et de rictus hésitants sans que le moindre mot soit prononcé.

Harry avait vu Draco observer à plusieurs reprises son père d'un air suspicieux mais avait décidé de ne pas intervenir. Si Mr. Malfoy avait quelque chose à dire, il finirait bien par le dire tout seul à un moment ou à un autre. Et ce moment fut celui du dessert. En l'occurrence une délicieuse tarte au citron.

Draco observait encore une fois son paternel mais également sa mère, qui ne cessait de donner des coups de coude à son époux avec une expression courroucée. Lucius Malfoy semblait quant à lui malheureux comme les pierres, mais finit par se lever solennellement … non sans jeter un regard hautain à l'ensemble des convives.

Un silence de mort s'abattit dans la pièce et Lucius Malfoy sentit soudain tout le poids de seize regards pleins d'animosité sur sa petite personne. Il s'éclaircit la gorge et jeta un dernier regard suppliant en direction de sa femme avant de finalement abandonner.

« Hum Potter », grommela-t-il en se tournant vers un Harry abasourdi. « Je voulais … enfin, euh … je veux dire … eh bien… »

« Tu la sens toute l'autorité parentale décrédibilisée en deux secondes ? », ironisa Blaise en se penchant vers l'oreille de Draco. Le blond ne put s'empêcher de ricaner, mais son père le fit taire d'un seul regard.

« Potter », reprit Lucius, sur un ton désormais relativement agacé. « Je veux venir à Poudlard avec vous. »

Le silence retomba autour de la table. La bouche de Ron (pleine de tarte au citron) s'ouvrit toute grande, tandis que les yeux d'Hermione semblaient vouloir s'échapper de leurs orbites. Draco fronça les sourcils. Molly tourna la tête en direction de Narcissa, comme pour lui demander silencieusement confirmation. Mrs Malfoy arborait un sourire ravi. Et c'était bien la seule.

« Poisson d'avril ? », tenta misérablement Fred tandis que son jumeau riait sous cape.

« C'est une blague ? », demanda Draco avec agressivité.

« On peut savoir d'où est-ce que ça sort, cette subite envie de retourner votre veste ? », demanda Bill en lui jetant un regard mauvais. « Non pas que ce soit franchement étonnant, venant de vous. »

« De nulle part, il veut juste récupérer sa baguette pour tous nous massacrer », ironisa George, tandis que Lucius levait les yeux au ciel d'un air las.

« Alors là, pas question ! », protesta Fred. « Il y a déjà bien assez de Malfoys armés dans cette maison… »

« Ils ont un problème, Dupond et Dupont ? Ils veulent que je leur refasse le portrait ? », grommela Draco tandis que Blaise éclatait de rire.

« Sans déconner, Harry, tu ne vas pas rendre sa baguette à ce tordu ? », reprit George en ignorant les regards furieux des Malfoys, père et fils.

Harry leva une main pour ramener le calme et se tourna de nouveau vers Mr. Malfoy. « Pourquoi ? », demanda-t-il simplement.

Tous les regards convergèrent à nouveau vers Lucius, mais cette fois avec curiosité.

« Il se trouve que j'ai réfléchi … », commença-t-il, mais il fut interrompu par Fred qui se leva de sa chaise pour applaudir à tout rompre.

« Bravo, Monsieur Malfoy, on savait que vous y arriveriez ! Bravo ! », s'écria-t-il tandis que Blaise s'esclaffait sans retenue.

Harry pinça les lèvres pour ne pas rire. « Laisse-le parler, Fred… »

Lucius détacha son regard meurtrier du jeune Weasley et reprit. « Pour faire bref, si vous perdez la bataille, le Maître nous traquera, moi et ma famille, sans relâche jusqu'à ce que mort s'en suive. Si je lutte à vos côtés et que vous gagnez, j'assumerai mes actes passés et me livrerai sans discuter à la justice une fois la guerre terminée, à la seule condition que ma femme et mon fils ne soient jamais inquiétés. »

Nouveau silence. Hermione et Draco échangèrent un regard interrogateur, tandis que tous les autres tentaient d'assimiler les informations. Ainsi donc, Lucius Malfoy, ex-Mangemort en fuite, ex-bras droit de Lord Voldemort, élitiste notoire, acceptait de collaborer en échange d'une assurance sécurité pour sa famille ?

« Sans vouloir vous vexer, Lucius… », fit Arthur Weasley avec un rictus narquois. « C'est une idée de merde. »

« Là, je suis d'accord », renchérit Rogue en secouant la tête.

Lucius ouvrit la bouche pour leur adresser une répartie cinglante mais Harry ne lui en laissa pas le temps. « Je trouve ça plutôt correct, au contraire… », fit le Survivant, s'attirant des regards interloqués.

« Harry, il va nous trahir à la première occasion venue ! », intervint Kingsley en fronçant les sourcils.

« Non, je ne crois pas », fit le jeune homme en regardant Lucius droit dans les yeux. « Même s'il nous trahit, Voldemort les tuera, lui et sa famille, à la seconde où il ne lui sera plus utile. Et il le sait. »

Lucius Malfoy hocha la tête. « Soyons bien d'accord, Potter. Je ne suis pas pour autant un amoureux des Sangs-de-Bourbe, ni un sympathisant de votre cause. Je n'agis que pour le bien de ma famille. »

« Au moins, ça a le mérite d'être clair… », marmonna Ron, qui avait grincé des dents en entendant l'insulte réservée aux nés-moldus.

« Je reste sur la première impression d'Arthur : idée de merde », renchérit Rogue tandis qu'Arthur Weasley levait les deux pouces vers lui en souriant.

~o~

Après le repas et son annonce « choc », Lucius Malfoy avait fini par s'enfermer dans la chambre qu'il partageait avec son épouse, agacé par les regards venimeux et les réactions désobligeantes de chacun. Draco avait quitté la table d'un pas rageur et était sorti sur la falaise plongée dans l'obscurité. Hermione, Harry, Ron et les autres restèrent un moment à peser le pour et le contre de cette proposition étrange, tandis que Blaise aidait Fleur, Mrs Weasley et Mrs Malfoy à débarrasser. Une fois sa tâche terminée, l'Italien se dirigea nonchalamment vers les escaliers, comme s'il s'apprêtait à aller se coucher, mais bifurqua au dernier moment pour entrouvrir une porte et se glisser à l'intérieur. Personne ne l'avait vu faire et lorsqu'il ressortit, les mains derrière le dos pour cette fois se glisser à l'extérieur de la maison, seule Hermione entrevit sa silhouette disparaître par la porte d'entrée.

Blaise contourna la maison, son précieux butin serré dans sa main droite. De la gauche, il sortit sa baguette et la brandit devant lui.

« Lumos », souffla-t-il tandis que la pointe de la baguette s'éclairait.

Il partit en direction des falaises et discerna bientôt la silhouette de Draco près du bord. Le jeune homme était assis en tailleur sur le sol, les coudes posés sur les genoux et le menton dans ses mains. Il semblait d'une humeur massacrante, c'est pourquoi Blaise ne put s'empêcher de sourire.

« Princesse Malfoy fait du boudin ? », demanda Blaise avec légèreté.

« Hilarant », maugréa Draco en lui jetant un regard mauvais. Avant de se fixer sur la chose que Blaise tenait à la main.

« Qu'est-ce que … où as-tu trouvé ça ? », s'étonna-t-il, tandis que Blaise s'asseyait tranquillement sur le sol à côté de lui. L'Italien posa devant lui une bouteille de vin rosé français.

« Je l'ai piquée aux Weasleys, dans le placard sous l'escalier. J'ai trouvé leur petite cachette le premier jour… Je cherchais les toilettes et-»

« T'as volé une bouteille de vin à Bill Weasley ? », répéta lentement Draco sur un ton lourd de reproches.

« Oh ça va, desserre le slip, j'ai pris du bas de gamme », grommela Blaise, tel un enfant pris la main dans la bonbonnière.

« Tu réalises que c'était peut-être la seule bouteille qu'ils pouvaient se payer de toute leur vie ? », railla le blond avec un rire sardonique.

Blaise s'esclaffa. « Détrompe-toi, ils ont de bons crus… La Delacour a l'air de s'y connaître en spiritueux. Tu remarqueras d'ailleurs qu'elle ne nous en a jamais servi une seule bouteille depuis qu'on est là. Elle doit se les garder pour elle… »

« Ce qui est totalement stupide, vu qu'après-demain on sera tous certainement morts ou sur le point de l'être… quel gâchis… », ironisa Draco en secouant la tête.

« Et Merlin sait si on aurait eu besoin de s'en jeter un après le scoop de malade que ton père a balancé au dessert… », fit Blaise en faisant sauter le bouchon de liège d'un coup de baguette. Celui-ci partit avec un « pop » retentissant et les deux garçons se retournèrent en direction de la maison, de peur d'être entendus. Mais rien ne bougea.

Draco grimaça. « M'en parle pas, j'ai failli faire une attaque … », grinça-t-il. « Je me demande ce qu'il a derrière la tête. »

« Tu n'imagines pas une seule seconde qu'il ferait uniquement ça pour vous sauver, toi et ta mère ? », demanda Blaise avant de prendre une première gorgée de vin directement au goulot. A la guerre, comme à la guerre.

Draco haussa les épaules. « Peut-être que c'est le cas, mais je ne préfèrerais pas… », dit-il simplement avant de prendre à son tour la bouteille. Puis grimaça. Merlin, qu'est-ce que je hais le vin.

« Comment ça ? », s'étonna Blaise, perdu.

Une vague s'écrasa bruyamment en contrebas et Draco se pencha en avant pour la regarder éclater sur les rochers éclairés par la lune. « Disons que ces derniers temps, j'ai vécu en essayant de me persuader que mon père était un salaud. J'y suis arrivé brillamment d'ailleurs et maintenant que le concept est bien ancré dans mon cerveau … il fait un truc comme ça. Et ça m'énerve. »

Blaise fronça les sourcils et reprit une gorgée de vin. « Ca ne devrait pas plutôt de faire plaisir ? »

« Non ! », protesta Draco comme si c'était évident. « Il ne mérite pas que j'arrête de le détester. S'il fait des choses bien, je ne pourrai pas m'empêcher de le détester un peu moins. Et ça ne doit PAS arriver. »

Blaise pinça les lèvres, tandis que Draco buvait à son tour. Lorsque le blond eut reposé la bouteille, l'Italien lui jeta un regard en coin. « A cause de ce qu'il a fait à Hermione ? Tu crois que si tu te mets à le détester un peu moins, ce serait mal vis-à-vis d'elle ? »

Draco soupira et tourna la tête vers son meilleur ami. « Je déteste quand tu fais ça… », marmonna-t-il en lui redonnant le vin.

« Ca quoi ? », fit innocemment Blaise en refermant sa main sur le récipient. « Oh tu veux dire, lire en toi comme dans un livre ouvert ? Oui, c'est un sport de haut niveau que je pratique depuis de nombreuses années déjà. Tiens, qu'est-ce que tu dis de celui-là ? Toi, Draco Malfoy, en viens à regretter ces moments où toi et Hermione passiez des heures à vous insulter et à vous chamailler, parce que c'est comme ça que vous vous adorez… »

« La ferme… », maugréa le blond, tandis que Blaise éclatait de rire. « Qu'est-ce que tu veux que j'y fasse, on est entourés de Gryffondors ancienne et nouvelle génération confondues… je suis sûr qu'Hermione serait ravie de se faire une bonne vieille joute verbale lion versus serpent de temps en temps, mais je ne pense pas que les autres comprendraient et apprécieraient… Alors je m'abstiens… »

« C'est tout à ton honneur », ironisa Blaise en hochant la tête. « Parce que c'est quand même difficile de passer des journées entières en face de Granger sans faire une seule remarque sur ses cheveux… »

« Tu n'as pas idée… », s'esclaffa Draco, avant de se souvenir de quoi ils parlaient. « Non sérieux, c'est flippant, on dirait que tu es dans ma tête… »

Le rire de Blaise résonnait encore sur la falaise lorsqu'une porte claqua derrière eux. Quelqu'un sortait.

« Les garçons ? », fit la voix d'Hermione quelque part dans la nuit.

Draco et Blaise échangèrent un regard paniqué.

« Planque la bouteille », chuchota Draco tandis que Blaise retirait son pull pour le jeter par-dessus la bouteille coincée entre ses jambes. « Si elle la voit, elle va nous pulvériser. »

Hermione les rejoignit et se laissa tomber sur le sol près de Draco, tandis que Blaise, en chemise, lui adressait un sourire radieux tout en essayant d'oublier que les nuits d'avril était décidément bien fraîches dans cette partie de l'Angleterre.

« Qu'est-ce que vous faites ? », demanda-t-elle avec un regard inquisiteur. « Tu n'as pas froid, Blaise ? »

« Pas du tout », répondit Blaise en se retenant de claquer des dents. Draco se mordit la lèvre inférieure pour s'empêcher de rire.

« C'est dingue, quand même… », reprit Hermione en posant la tête sur ses genoux.

« De quoi ? », fit bêtement Draco avec un air coupable tandis que Blaise levait les yeux au ciel.

« Bah, ton père… », fit Hermione en lui jetant un regard étrange.

« Ah ouais … »

Le silence retomba sur la falaise et les deux Serpentards échangèrent un regard. Jusqu'au moment où…

« Bon, sérieusement, vous comptez vous la jouer perso ou j'ai quand même le droit à une petite gorgée ? », railla Hermione en adressant un sourire narquois en direction de Blaise. « Et tu devrais remettre ton pull, Blaise. La pneumonie te guette. »

Les deux garçons la regardèrent avec des yeux ronds. « Comment est-ce que tu… », commença Blaise.

Hermione roula des yeux. « Ta sortie discrète ne l'était pas tant que ça, désolée Blaise… »

L'Italien remit son pull et tendit la bouteille à Hermione. « Tu ne vas pas nous engueuler, alors ? », demanda-t-il avec une grimace.

« J'avoue que l'idée m'a traversé l'esprit », avoua Hermione avec un sourire. « Mais après j'ai repensé à cette soirée bizarre, aux deux derniers jours, ainsi qu'aux deux prochains, et je me suis dit que moi aussi j'avais besoin d'un verre… »

Hermione but quelques petites gorgées de vin et baissa les yeux sur la bouteille en souriant légèrement.

« Draco, tu te souviens, la dernière fois qu'on a pris un verre ensemble ? », ironisa-t-elle, tandis que le blond se renfrognait.

Blaise fronça les sourcils. « Vous avez bu un verre ensemble ? »

« Oui », répondit Hermione. « Draco m'a invitée dans un charmant petit restaurant en sous-sol. La déco était un peu spartiate, je l'avoue, et l'atmosphère assez humide, mais le vin était délicieux... et très cher ! »

Blaise réfléchit un instant. « Minute… vous avez bu dans les cachots ? Sans moi ? »

Hermione rit. « Quand j'y repense, c'était un des moments les plus chouettes que j'ai vécus là-bas », dit-elle doucement. « Même si sur le moment, j'étais loin de trouver ça chouette… On a même joué à un jeu ! »

« Granger… », grogna Draco sur le ton de l'avertissement.

« Je crevais de soif et il m'a laissé boire à condition que je réponde à une question par gorgée », reprit Hermione, ignorant son regard mauvais.

« Wow, on peut dire que Draco sait parler aux femmes », railla Blaise tandis que le blond grognait bruyamment.

« Et moi, je lui ai demandé pourquoi il ne quittait tout simplement le Manoir, puisqu'il voulait visiblement rester neutre dans cette guerre… », reprit Hermione, doucement.

Draco et Hermione échangèrent un regard. Les yeux de Malfoy étaient si perçants qu'Hermione ne put soutenir leur poids bien longtemps. Elle chercha à se donner une contenance en reprenant une gorgée de vin et se tourna vers la mer qui s'étendait à perte de vue.

« Le fait est qu'il a fini par en partir… », reprit Blaise, avec un petit sourire, comme si le sujet de leur conversation n'était pas justement assis entre eux deux.

« Oui », souffla Hermione. Elle resta un instant silencieuse, puis tendit la bouteille à Draco, qui la scruta sans la prendre.

« Une gorgée, une question, Malfoy », fit-elle, les yeux brillants.

D'un geste lent, Draco avança la main vers la bouteille, puis sans quitter des yeux Hermione, avala une gorgée.

« Pourquoi est-ce que tu ne pars pas, maintenant ? Alors qu'on est sur le point d'aller se battre », demanda-t-elle en le regardant à nouveau dans les yeux.

Blaise haussa les sourcils et eut soudain l'impression désagréable de tenir la chandelle, tant le regard qu'échangeaient la lionne et le serpent était long et intense.

Draco ouvrit la bouche pour répondre mais une voix forte les fit sursauter tous les trois. « Non mais je RÊVE, il a trouvé ça où, lui ? »

Hermione rompit le contact visuel en se retournant aussitôt, tandis que Draco refermait lentement la bouche et maudissait le destin de l'empêcher systématiquement de s'exprimer. Harry et Ron approchaient dans l'obscurité et le rouquin semblait furieux. Il se planta dans le dos de Malfoy, si près que celui-ci dut se contorsionner pour le regarder en face.

« Je rêve où tu t'es servi dans les affaires de mon frère ? », grinça Ron, les bras croisés.

« Je suis innocent, Weasmoche, si tu as une réclamation à faire, c'est à lui qu'il faut t'adresser », fit doctement Draco en désignant Blaise du doigt. L'Italien ouvrit grand la bouche en prenant une mine offensée.

« Et toi, tu es complice de ça ? », fit Harry en s'asseyant près d'Hermione avec un large sourire. « Si on m'avait dit un jour que je verrais Hermione Granger se saouler en douce avec des Serpentards… »

« Qui l'eût cru ? », gloussa Hermione en lui rendant son sourire.

Draco l'observa un instant sans rien dire. Elle faisait désormais comme si rien ne s'était passé, comme si elle n'avait pas posé la question. Comme si elle ne venait pas de poser la question à laquelle il avait été à deux doigts de répondre : pour toi.

« Harry, ne me dis pas que tu cautionnes ce qu'ils ont fait ? », s'énerva Ron, qui campait toujours derrière Draco.

Pour toute réponse, le Survivant se pencha en avant, arracha la bouteille (déjà bien entamée) des mains de Malfoy et la leva bien haut en direction de Ron. « Tu en veux, Ron ? »

Les yeux de Ron allèrent un instant de la bouteille, à Harry, puis de Harry à Blaise qui le regardait avec un grand sourire, puis à Hermione qui lui souriait également, collée à un Malfoy qui semblait quant à lui avoir buggé. Et Ronald Weasley pensa que sa vie avait décidément pris une tournure complètement surréaliste.

« C'est bon, envoie… », marmonna Ron, avant de se laisser tomber à côté de son meilleur ami.

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Et voilà, c'est fini pour aujourd'hui… Sans vouloir vous faire baver, dans le prochain chapitre, je peux déjà vous dire qu'il y aura … du citron ! Parce qu'il est temps pour que nos deux tourtereaux convolent enfin … J'espère que ce chapitre vous a plu ! Il ne reste que 24h avant la bataille, la tension monte … N'oubliez pas les reviews, dites-moi ce que vous avez préféré dans ce chapitre ! Et à lundi prochain !

Bisous bisous

Xérès