The Rise and Fall
Les blas-blas de Xérès : Hello ! Si vous êtes là, c'est que vous êtes encore une fois fidèles au post(e) et votre fidélité va enfin être récompensée… pour ne pas paraphraser certaines de vos reviews, je dirai simplement : ENFIN ! DU LEMON ! Alors bon, je ne vous cache pas que ce ne sont pas mes scènes préférées (à rédiger), donc j'essaie de toujours faire attention à ne jamais virer dans le trop graphique ni le trop gnan-gnan. J'espère que ce sera réussi… Enfin, vous me direz ça…
Petit clin d'œil dans le titre aux œuvres de John Marsden : la série littéraire des Tomorrow dont le premier opus s'intitule Tomorrow, when the war began. Adapté en film en 2010, d'ailleurs mais bref passons…
Bonne lecture )
Merci à tous mes nouveaux followers (Vamala, AlexiaHime, Alaska66, HowlSoul), ainsi qu'à Lemm, Audrey917000, Eliane Gil, Erza Robin, Goutte-de-Mer, ellexa, Cybella Yuitsi, haruharuka, luli123, BabarKiller, Elena Grape, Piitchoun, Minioon, TatieBella, PetitMilou, Lety31, flavou, faerycyn, Manon L., Petitestef, sarahblue1, laloudu77, Criss-Pine, TimeLady15, nadra, Eranounette, Kannybal, S2aa, espe29, Passion Fugace, Serdra, Loufoca-Granger pour leurs reviews et à tous ceux qui me suivent sur Facebook !
RAR :
Lemm : oui, j'aime bien le citron, c'est annonciateur de scènes croustillantes, non ? D'ailleurs en parlant de citron… (voir plus bas !) Merci pour ta review !
Ellexa : Aucun Gryffondor ne viendra perturber le quart d'heure love de Draco et Hermione, je le jure solennellement !^^ Merci encore d'avoir été au rendez-vous cette semaine !
Flavou : Merci pour ta review ! Mais l'apéro s'arrêtait au précédent chapitre, on passe maintenant au dernier jour avant la fin du monde ! XD
Manon L. : Le mieux c'est que Narcissa parvient à frapper Lucius tout en lui laissant un léger doute sur le fait qu'il a dû rêver ! hihi La véritable mission de Lucius sera surtout après la bataille et après son procès… Bien entendu, il aura un rôle à jouer dans le combat contre Voldemort mais il prendra vraiment toute son importance plus tard (particulièrement vis-à-vis de Draco). Théo est bien en France, et il rencontre des types diplômés … dans quel but, ah ah ah ! Rappelle-toi les conversations « privées » qu'il a eues avec Hermione et tu pourras je pense trouver la solution (ou du moins avoir une idée !). Je n'ai pas reçu ton message de réponse ! :O Brrr les statistiques … des chiffres … bêêêh mon pire cauchemar ! mdr Bon courage et merci pour ta review cette semaine encore !
Nadra : oui, ne t'en fais pas, dans le chapire 35, tu auras une bonne dose de duels, d'action et de larmes, de cris, tout ça tout ça ! ^^ Merci pour ta review !
Eranounette : Draco a pas la polio, il a juste un karma de merde, c'est tout ! XD Tu vas voir, Lucius n'a pas fini de faire parler de lui ^^ Bisous et merci pour ta review !
Chapitre 34 : Demain, quand la guerre a commencé
Depuis que Bellatrix Lestrange était venue chercher Ginny, Neville (désormais seul) avait totalement perdu la notion du temps. Après s'être assoupi à plusieurs reprises sans aucun moyen de savoir combien de temps il avait dormi, il n'avait plus aucune idée du temps qui passait. Et il faiblissait de plus en plus. Entre deux sommes, un type à la gueule cassée était venu le détacher et Neville avait douloureusement senti ses bras retomber le long de son corps tandis qu'il s'écroulait sur le sol. Ses omoplates avaient bruyamment protesté en émettant des craquements sinistres, puis la circulation du sang avait repris progressivement son cours normal dans ses bras, ses mains, ses doigts. Et l'homme était reparti, l'abandonnant à son sort sans eau ni nourriture.
Se sentant partir de plus en plus loin, de plus en plus profondément à chaque sieste, le Gryffondor avait décidé de ne plus s'assoupir, de peur de ne jamais se réveiller. Ce n'est que lorsque les gonds de sa cellule grincèrent horriblement, le faisant sursauter et ouvrir les paupières, qu'il réalisa qu'il s'était encore une fois laissé aller à somnoler. Allons bon, qu'est-ce que c'est maintenant ?
Deux silhouettes sombres se tenaient à contre-jour dans l'encadrement de la porte. Depuis son recoin sur le sol de pierre, Neville plissa les yeux pour tenter de les identifier sans même parvenir à relever la tête. Ce ne fut que lorsque les deux silhouettes approchèrent au milieu de la petite pièce qu'il parvint enfin à discerner les traits de Bellatrix et de Rodolphus. Deux Lestrange pour le prix d'un. La promo d'enfer.
« Debout, gamin, j'ai pas que ça à faire… », cracha Rodolphus en lui assenant un coup de pied dans le ventre.
« Il est trop faible pour marcher tout seul », lui fit remarquer son épouse avec mépris. Mais à qui ce mépris était-il adressé ? A son époux ou à lui, avachi sur le sol ? Neville n'aurait su le dire.
« Trop faible ? », ricana Rodolphus en soulevant le visage de Neville du bout du pied. Les yeux du jeune homme roulèrent dans leurs orbites, exposant la sclérotique d'une blancheur de lait tandis que ses iris disparaissaient sous ses paupières. « Tu vas voir, je vais lui donner envie de se bouger un peu les fesses… », ajouta le Mangemort en sortant sa baguette de sa manche.
Mais Bellatrix fut plus rapide. Pointant sa propre baguette sur Neville, elle aboya un Lévicorpus et fit prestement sortir Neville de sa cellule, sous le regard mauvais de son mari. « Si tu avais opté pour cette solution plus tôt, on serait déjà sortis de ce cachot puant depuis belle lurette, imbécile », gronda Bellatrix en emportant le corps inerte de Neville dans les couloirs.
« Je ne comprends toujours pas pourquoi le Maître veut qu'on les pomponne pour demain… », maugréa le Mangemort en emboîtant le pas à sa femme, qui leva discrètement les yeux au ciel.
« Il ne s'agit pas de les pomponner, mais de leur redonner l'air un minimum vivant », rétorqua Bellatrix en pressant le pas. Plus vite elle pourrait se débarrasser de son odieuse présence, mieux elle se porterait. « Si Potter vient et qu'on fait l'échange, tout le monde doit voir combien on a bien traité nos prisonniers, après les avoir punis. En revanche, si le gamin ne se pointe pas … Il faut qu'ils soient en état de subir les nouvelles tortures qui leur seront infligées. Le Maitre voudra en faire des exemples. »
Rodolphus gloussa. « Mince, on en viendrait presque à souhaiter que Potter ne vienne pas, pas vrai ? »
Bellatrix se figea et fit volte-face pour le fusiller du regard. « Oh que non, j'espère bien que Potter viendra… J'espère aussi qu'après ça, il te tuera, puis qu'il se fera lui-même tuer et qu'on pourra enfin avoir la paix. Cette comédie a assez duré. » Puis elle tourna les talons et continua sa route en direction de l'infirmerie, abandonnant Rodolphus au milieu d'un couloir en train de ruminer les paroles acerbes de sa femme.
~o~
Le lendemain matin à la Chaumière, l'atmosphère était pesante. La relative bonne humeur de la veille était quelque peu ternie par une idée. Une idée terrible que personne n'osait formuler tout haut, bien que tout le monde y pensât tout bas. L'idée que c'était peut-être leur toute dernière journée. Le silence régnait donc autour de la table et chacun mastiquait son petit déjeuner en silence. Même les jumeaux semblaient à des milliers de kilomètres, leurs regards absents plongés dans leurs cafés au lait. Fred y trempait le même toast depuis près de trois minutes, si bien que celui-ci commençait à se désagréger progressivement dans le liquide fumant.
Harry, assis en bout de table, fixait quant à lui inlassablement Lucius Malfoy, dont le regard gris et maussade en disait long sur son état d'esprit.
« Je crois qu'il est temps de lui rendre sa baguette », fit Harry d'un ton monocorde, comme si sa phrase était tout aussi banale qu'un bulletin météo.
Tous sursautèrent et levèrent le nez de leurs bols/tasses/tartines et autres réjouissances.
« A qui ? », éructa Ron en fronçant bêtement les sourcils. Puis son regard se posa sur Lucius Malfoy, qui avait également levé le nez et semblait à présent porter un peu plus d'intérêt à ce qu'il se passait autour de lui. « Ah, lui… », acheva Ron en maugréant.
« Et si on votait ? », demanda George. Mais on l'ignora.
« Potter, sans vouloir remettre le vieux débat d'hier soir sur le tapis, vous n'avez aucune idée de ce que vous venez de dire… », gronda Rogue en secouant la tête. « Je connais ce type depuis bien plus longtemps que vous, et il est passé maître dans l'art de retourner sa veste… »
« Le type te remercie de ton intervention, Séverus, et te prie de bien vouloir aller te faire foutre », rétorqua Lucius Malfoy avec un rictus méprisant. Puis il s'adressa à tous les autres : « Vous remarquerez que c'est celui qui a joué les agents doubles pendant près de vingt ans qui se permet de faire un commentaire sur ma fiabilité… »
« Là, je dois dire que Blond Décoloré marque un point… », fit Bill tandis que Blaise ricanait. « Mais que va donc répondre Cheveux Gras ? Le suspense est insoutenable… »
« Mais sinon, vous ne voulez vraiment pas voter ? », reprit George, cette fois-ci un peu plus fort.
« Regardez les choses en face », reprit Harry en scrutant toujours les moindres réactions de Lucius. « Même s'il tentait quoi que ce soit contre nous, il se retrouverait à … quoi … quinze contre un ? C'est un peu maigre… »
« Mais il pourrait fuir et aller vendre notre position à Vous-Savez-Qui », protesta Fleur avec véhémence. Elle ne devait pas avoir envie de retrouver sa maison dans le même état que celle de Molly et Arthur après le passage des Mangemorts au mariage. Hermione leva les yeux au ciel.
« Quand bien même il le ferait, ça n'aurait aucune conséquence », reprit Harry en secouant la tête, « Vol- je veux dire Vous-Savez-Qui n'a aucun intérêt à sortir du château ou envoyer des hommes pour venir nous chercher. Il sait qu'on viendra récupérer Ginny et Neville. Il ne lèvera pas le petit doigt puisqu'il lui suffit d'attendre qu'on se jette tous dans la gueule du serpent… Ça lui permet aussi de consolider sa ligne de défense. »
« Harry a raison », marmonna Arthur sombrement. « Ça me fait mal de l'admettre, mais à vingt-quatre heures de l'échéance, ça ne change absolument plus rien … »
« Je propose un VOTE ! », s'exclama cette fois George en tapant du poing sur la table. Si fort que la tasse de Molly trembla et déversa légèrement son contenu sur la nappe. Pour la mère de famille, ce fut littéralement la goutte d'eau qui faisait déborder le thé.
« PERSONNE NE VA VOTER, GEORGE ! », aboya-t-elle, tandis que George, ainsi que beaucoup d'autres, se tassaient sur leurs sièges comme si c'était également eux que Molly Weasley réprimandait.
« Qui s'est chargé de planquer sa baguette, à l'autre ? », demanda Ron en jetant un regard peu amène en direction de Lucius.
« Bill et Rémus », répondit aussitôt Arthur en regardant le fils en question. « Mais Rémus n'est pas là. »
Bill, se sentant soudain observé, leva la tête et prit un air innocent. « C'est ballot, je ne me souviens absolument pas de ce qu'on en a fait… »
« Bah voilà, problème réglé », claironna Blaise tandis qu'Hermione pouffait dans sa tartine de confiture.
« Bill… », fit Harry avec un sourire en coin.
Le roux repoussa ses cheveux mi-longs en arrière et poussa un soupir théâtral. « Bien, bien … Puisqu'il le faut … »
C'est alors que Molly se leva de sa chaise, saisit une louche sur le comptoir de la cuisine et vint se planter juste à côté de Lucius, qui lui jeta un regard craintif, ainsi qu'à la louche en inox qui s'agitait devant son nez. « Vous… vous avez intérêt à vous tenir à carreaux, Malfoy », siffla Molly d'un air menaçant que personne (pas même Fred et George) n'avait jamais vu sur ses traits. « Car si vous faites le moindre écart et que par votre faute, nous ne récupérons pas Ginny saine et sauve… » La louche s'approcha dangereusement de l'appendice nasal de Lucius, qui recula légèrement, sans quitter Molly des yeux. « … je vous le ferai payer. Et toutes ces années à inventer des punitions pour les jumeaux ont fait de moi quelqu'un d'extrêmement créatif. Est-ce que j'ai été assez claire, Malfoy ? »
Lucius hocha précipitamment la tête, ses yeux allant nerveusement de Molly à son ustensile. « Parfait », fit cette dernière en se détournant.
~o~
« Et voilà, c'est ici ! », claironna l'agent immobilier dans un anglais absolument parfait. La jeune femme tourna la clef dans la serrure et ouvrit grand la porte pour permettre à Théodore d'entrer le premier dans l'immense appartement. Celui-ci arborait toujours son visage d'emprunt, celui du presque trentenaire aux allures de doctorant, et adressa un large sourire à l'agent avant de pénétrer dans l'entrée.
Perchée sur ses douze centimètres de Jimmy Choo rose pâle, l'agent immobilier trottina à sa suite en prenant soin de ne pas trop frapper le parquet (ancien et impeccablement ciré) avec ses talons aiguilles. « Comme vous le voyez, il y a une entrée spacieuse avec dressing… Notez les moulures au plafond… »
Théodore leva le nez pour vérifier ses dires, même s'il se fichait comme de sa première baguette des moulures ou du dressing. Il n'avait qu'une seule exigence et après l'avoir déjà baladé dans trois appartements qui ne lui convenaient pas, il espérait que cette fichue pimbêche avait enfin compris ce qu'il voulait véritablement.
« Avancez dans le salon, je vous prie… », s'effaça l'agent tandis que Théo passait deux grandes portes pour entrer dans un salon/réception de style XVIII°, doté d'une grande cheminée en marbre noir veiné de blanc, et éclairé par un imposant lustre en cristal de Bohème. De hautes portes fenêtres achevaient d'illuminer la pièce et Théodore constata avec ravissement qu'elles donnaient toutes sur un immense parc. Parfait, pas de regards curieux.
« Je vois que l'absence de vis-à-vis a l'air de vous plaire ? », minauda l'agent immobilier, ravie de voir son client difficile se dérider un peu. « Que dites-vous de toute cette lumière ? C'est un délice, n'est-ce pas ? Et écologique, aussi ! Même en hiver, le soleil n'a aucun mal à chauffer ces 90 mètres carrés de réception, et lorsqu'il se fait timide, la cheminée fait agréablement le reste… »
Théodore hocha la tête et fit un tour sur lui-même, appréciant l'espace ainsi que le mobilier cossu.
« L'appartement est meublé, puisque c'est un appartement de fonction, mais si jamais vous possédez votre propre mobilier ou si vous souhaitez revoir la décoration, il suffit de le signaler et tout sera pris en charge par votre entreprise ! », pépia l'agent en agitant son stylo plume Mont-Blanc entre ses doigts manucurés.
« Je garde tout ce qu'il y a ici », répondit posément Théodore, tandis qu'elle s'empressait de noter ce détail sur sa fiche d'un air ravi. « A condition que cet appartement ait ce que je recherche. »
« Je vous l'ai dit, ce bien correspond à absolument tous vos critères. On passe à la suite ? », proposa-t-elle en traversant la réception pour ouvrir une autre double porte. Celle-ci menait à un long couloir, distribuant deux rangées de portes.
« Je vous en prie, vous êtes libre d'ouvrir toutes les pièces… », l'invita l'agent immobilier en le précédant. « Il y a donc deux suites de 25 mètres carrés chacune, l'une avec salle de bains et l'autre avec salle d'eau, 2 toilettes, une cuisine américaine dans une salle à manger plus intime que le salon, un second dressing de 10 mètres carrés et… » Le sourire de l'agent se fit éclatant et elle trottina de plus belle jusqu'au fond du couloir, qui se terminait par une dernière porte. Alors que toutes les portes que Théodore avait vues jusque-là étaient en bois, celle-ci échappait à la règle. L'agent immobilier l'ouvrit toute grande, avec un peu de difficulté, et Théodore pénétra à l'intérieur de la pièce. Un large sourire se dessina peu à peu sur ses lèvres lorsqu'il découvrit les lieux et il se retourna vers l'agent immobilier. Celle-ci arborait une expression triomphante, comme si elle se voyait déjà en train d'encaisser sa monstrueuse commission.
« Où est-ce que je signe ? », demanda Théodore, en souriant de toutes ces dents.
« Installons-nous dans le salon, nous serons plus à l'aise… », roucoula la jeune femme en le précédant à nouveau dans l'immense réception. Elle s'assit sur l'un des sofas et ouvrit un énorme dossier sur la table basse. « Rassurez-vous, cela va aller très vite, c'est simplement une formalité puisque cet appartement, comme tous ceux que nous avons visité précédemment, appartient déjà à votre entreprise, laquelle règle également ma commission… Vous ne débourserez pas un seul centime ! Un privilège réservé aux golden boys tels que vous… Je vais simplement avoir besoin de votre signature ici… » Elle désigna du doigt un encadré en bas de la première page. « Ici… » Un deuxième encadré en quatrième page. « Et ici… » Un dernier encadré à la dernière page. « Et vous devrez également apposer vos initiales sur toutes les autres pages. Tenez, mon stylo… »
Théodore tendit la main pour récupérer le Mont-Blanc et se retint de lever les yeux au ciel lorsque les doigts fins de l'agent effleurèrent ostensiblement son pouce.
« Alors dites-moi tout, vous êtes une nouvelle recrue du Professeur Lapébie, à ce qu'il paraît ? Dans quelle branche allez-vous exercer vos talents ? », minauda l'agent tandis que Théodore passait en revue les différents feuillets et y apposait parafes et signatures.
« Dans la recherche… », fit Théodore avec un sourire évasif.
« Oh, tant que ce n'est pas dans la recherche d'emploi ! », plaisanta l'agent immobilier avant d'éclater d'un petit rire haut perché. Théodore rit poliment et reposa le stylo plume.
« Eh bien, je pense que tout est en ordre… », reprit la jeune femme en vérifiant que chaque petit encadré était correctement signé. « Oui… oui … parfait ! » Elle referma son dossier de paperasse avec un bruit sourd et plongea la main dans son sac Fendi en cuir rouge pour en ressortir trois trousseaux. « Voici les clefs. La grande en cuivre, c'est l'entrée de l'immeuble. La petite argentée, la boîte aux lettres. Et celle-ci, la porte d'entrée de l'appartement. Si vous avez le moindre souci ou pour n'importe quel service, un gardien d'immeuble est à votre disposition 24 heures sur 24 dans l'appartement n°1 au rez-de-chaussée à droite dans le hall. Et si jamais il y a un quelconque problème avec l'appartement, n'hésitez pas à me contacter, voici ma carte. Vous pouvez aussi me contacter si vous n'avez aucun problème… d'accord ? », chantonna-t-elle avec un petit clin d'œil.
Théodore esquissa un rictus poli. « Je n'y manquerai pas… », répondit-il en se levant pour la raccompagner à la porte.
« Je vous souhaite un bon emménagement et un merveilleux séjour en France, Monsieur Gordon. Saluez le professeur Lapébie de ma part ! », fit l'agent immobilier en lui serrant énergiquement la main. Puis, avec un dernier clin d'œil, elle s'éclipsa, faisant claquer les talons de ses Jimmy Choo sur l'escalier de marbre qui menait à la sortie. Théodore referma la porte derrière elle et tourna la clef dans la serrure. Les mains dans les poches, il traversa la réception et fit quelques pas dans le couloir. Il s'arrêta à mi-chemin et observa de loin la porte en acier qui trônait tout au bout du corridor, encore entrouverte. Un sourire satisfait flotta sur ses lèvres. Bientôt…
~o~
A la Chaumière, la journée s'était écoulée avec une ignoble rapidité, comme si le temps lui-même avait décidé de filer à l'anglaise pour leur toute dernière journée. Molly avait passé ses nerfs en cuisinant des tonnes de pâtisseries que personne n'avait eu le cœur de manger (mis à part Ron). Narcissa d'ordinaire enjouée s'était retranchée dans le coin du salon habituellement occupé par son époux. Elle regardait inlassablement la mer scintiller sous un soleil si brillant qu'il semblait les narguer. Les garçons avaient improvisé une partie de Quidditch, mais les éclats de rire et les protestations sonnaient faux et le match tourna très vite court. Quant à Hermione, elle était restée silencieuse et avait arboré une mine préoccupée la majeure partie de la journée. On récapitula brièvement les rôles et les positions de chacun pour le lendemain, puis très tôt, chacun partit se coucher sans même souhaiter une bonne nuit aux autres.
On s'imagine toujours faire des choses extraordinaires si on savait qu'il nous restait 24 heures à vivre, mais finalement, aucun de nous n'a eu la force ne serait-ce que d'avoir un comportement normal…, pensa Draco en se rongeant nerveusement un ongle. C'était certainement notre dernier jour sur Terre et on l'a passé à tourner en rond. Plongé dans ses sombres pensées à l'idée de partir sur le champ de bataille le lendemain matin, Draco ne vit même pas Hermione se pencher vers Blaise et lui murmurer quelque chose à l'oreille. L'Italien hocha la tête avec un sourire triste et monta se coucher à son tour. Hermione soupira et tourna la tête en direction du blond, qui broyait du noir, toujours assis à table. Seuls Harry, Arthur et Rogue étaient encore debout et ils revoyaient ensemble certains points pour la journée du lendemain. Hermione s'approcha doucement de Draco et posa une main sur son épaule.
« Viens, on ferait mieux d'aller dormir… », souffla-t-elle, tandis qu'il hochait la tête en silence. Lentement, il repoussa sa chaise, se leva et suivit Hermione dans les escaliers. Lorsqu'ils entrèrent dans la chambre qu'il partageait avec Blaise, le blond remarqua que son ami n'était pas là, alors qu'il venait de monter quelques minutes plus tôt. Il se faisait la réflexion, quand il entendit le verrou de la porte tourner dans la serrure avec un léger cliquetis et Hermione murmura un sortilège pour insonoriser la pièce.
« Où est Blaise ? », demanda le blond en fronçant les sourcils.
Hermione lâcha la poignée de la porte et pinça les lèvres. « Blaise dors dans mon lit ce soir. Avec Harry et Ron. »
« Pourquoi est-ce qu'il voudrait dormir avec ces deux blaireaux ? », maugréa Draco, qui ne voyait aucune logique à tout ça.
Hermione rosit légèrement et leva les yeux au ciel. « C'est moi, qui lui ai demandé. »
Draco se figea et la dévisagea. La Gryffondor le scrutait avec un mélange d'appréhension et de crainte. « Il fallait que je te demande quelque chose… », murmura-t-elle sans s'approcher.
Ça craint, pourquoi elle fait cette tête ?, pensa Draco en sentant son rythme cardiaque s'accélérer. « Vas-y… », l'encouragea-t-il avec un hochement de tête.
Hermione ouvrit la bouche, détourna les yeux et prit une longue, très longue, inspiration. « Pourquoi est-ce que tu es toujours là ? », demanda-t-elle soudain.
Draco déglutit. La question lui fit l'effet d'une douche froide. « Quoi, tu préfèrerais que je parte ? », grinça-t-il, l'amertume palpable dans sa voix.
« Ce n'est pas à moi de te dire si tu dois rester ou pas… », souffla Hermione en baissant le nez. « C'est à toi de prendre ta décision. »
Le blond fronça les sourcils, si fort qu'il sentit la peau de son front se tendre au niveau des tempes. Qu'est-ce qu'elle est en train de me faire, là ? C'est quoi ce bordel ? Hermione ne bougeait toujours pas et bien qu'elle ne soit qu'à moins de 3 mètres de lui, elle lui semblait plus loin, beaucoup plus loin. Hors de portée. Inaccessible. En cet instant, tout son corps lui hurlait de se jeter sur elle pour la serrer dans ses bras et ne plus jamais la lâcher, sous peine de la perdre à jamais, pourtant il n'en fit rien.
Comme il se taisait, Hermione reprit la parole. « Je comprendrais, tu sais… si tu t'en vas. Moi-même, je suis tellement terrifiée que si ce n'était pas pour Harry, je… » Elle se tut de nouveau et plaqua une main sur sa bouche, comme si finir sa phrase la rendrait coupable de haute trahison envers son meilleur ami. Il lui fallut quelques secondes pour se reprendre et continuer. « Jusqu'à présent je n'avais pas réalisé… je savais que ce jour viendrait, qu'il nous faudrait affronter Tu-Sais-Qui et… maintenant qu'on y est, je… » Une larme roula sur sa joue et sa voix se brisa. « J'ai peur… si peur. »
« Hermione… », souffla Draco en faisant un pas vers elle. « Je ne laisserai personne te tuer, je te le jure. Personne. »
La jeune fille leva vers lui ses yeux pleins de larmes et secoua la tête. « Tu ne comprends pas, ce n'est pas de mourir que j'ai peur ! », fit-elle d'une voix aiguë. « Si ça se passe mal… je … » Elle se passa une main dans les cheveux, la détresse se lisant à présent clairement sur son visage. « Je ne veux pas retourner dans une cellule, Draco. Je ne le supporterai pas. »
« Je te jure que non », souffla le Serpentard en faisant un nouveau pas dans sa direction.
« Ne fais pas de promesses que tu n'es pas sûr de pouvoir tenir ! », s'écria-t-elle en lui jetant un regard lourd de reproches. « Réponds plutôt à ma question : est-ce que tu seras là demain ? Oui ou non ? »
Draco referma d'un coup la distance qui les séparait et empoigna violemment Hermione pour la serrer contre lui. Il serra les paupières et enfouit son visage dans les cheveux hirsutes de la Gryffondor. « Je te suis. Si tu veux partir, on part. Si tu veux te battre, je me battrai. Dans les deux cas, je ne laisserai plus personne te faire du mal, Hermione. Je te le jure. »
Les bras de la jeune fille se refermèrent autour de sa taille et lui rendirent son étreinte. Puis elle s'écarta et il baissa la tête pour plonger son regard dans le sien. La détresse avait étrangement laissé place à la détermination dans ses yeux noisette. « C'est tout ce que je voulais entendre », murmura-t-elle avant de se hausser légèrement sur la pointe des pieds pour capturer ses lèvres.
Quelque peu surpris par ce soudain changement d'ambiance, Draco recula d'un pas mais Hermione ne le retint pas. Bien au contraire, elle plaqua ses deux mains sur le torse du blond et le poussa doucement mais fermement en arrière, en direction du lit. Lorsque les jambes du jeune homme heurtèrent le cadre, Hermione le poussa encore un peu et il se laissa tomber sur les couvertures. Elle grimpa sur le lit à son tour, passant une jambe de chaque côté des siennes et se pencha de nouveau sur les lèvres du Serpentard pour les embrasser. Mais les mains du jeune homme agrippèrent ses bras et elle le sentit la repousser légèrement. Avec une expression inquiète, elle le dévisagea. Il la scrutait, perplexe.
« Qu'est-ce que tu fous, Granger… ? », murmura-t-il tandis qu'elle plissait les yeux.
« Comment ça, qu'est-ce que je fous ? », le questionna-t-elle un peu sèchement, regrettant qu'il ne l'appelle pas toujours par son prénom.
« Non, je veux dire… » Draco roula des yeux. « Après tout ce que tu as subi, ne te sens pas obligée-
« La ferme, Malfoy », protesta Hermione avant de l'embrasser à nouveau.
Mais Draco n'avait en aucun cas l'intention de la fermer. Du moins, pas encore. « Grang-… Hermione, attends… », balbutia-t-il en la repoussant une nouvelle fois.
« Je rêve, tu tentes le coup depuis le Manoir et maintenant que je me sens mieux et que je suis manifestement prête à sauter le pas, tu te défiles ? », s'énerva Hermione, maintenant carrément vexée.
« Je veux seulement être sûr que tu fais ça pour les bonnes raisons et pas seulement parce que tu es convaincue qu'on va tous mourir demain ! », rétorqua Draco en haussant un sourcil.
Hermione lui jeta un regard stupéfait. Puis elle ouvrit grand la bouche, mais aucun son n'en sortit avant une bonne dizaine de secondes. « Bien sûr que non ! », protesta-t-elle avec véhémence. « Enfin… je suppose que ça joue, mais… pas seulement. »
« Pourquoi alors ? Donne-moi disons… au moins sept bonnes raisons ! », la défia-t-il, une lueur étrange dans le regard.
« Très bien, puisque tu veux jouer à ça… », gronda-t-elle en roulant des yeux. « Parce que je me sens bien à tes côtés. Parce que tu as su prendre soin de moi dans la période la plus difficile de toute ma vie. Parce que grâce à toi j'en arrive quelques minutes par jour à oublier Théodore et toutes les saloperies qu'il m'a faites. Parce que je suis complètement paralysée dès que ton regard se pose sur moi comme maintenant ou lorsque tu prononces mon prénom… » Les mains d'Hermione glissèrent doucement sur la chemise du blond et entreprirent d'en défaire les boutons. « Parce que ton insupportable voix traînante est devenue une drogue dont je n'ai aucune envie de cesser la consommation. Parce que ta manière de t'inquiéter pour moi sans en avoir l'air est encore plus adorable que tout le reste… »
Elle fit doucement glisser la chemise le long des bras de Malfoy et la jeta loin du lit.
« Ca fait six, Granger », souffla Draco d'une voix rauque, tandis qu'il regardait Hermione ôter sa propre blouse, exposant sa poitrine, encore légèrement bleutée malgré les bons soins de ce cher Docteur Rogue, et son soutien-gorge. « Il en manque une. »
« Ça vient… », répondit Hermione en mettant son visage à la hauteur du sien. « La dernière raison… parce que tu es un petit Serpentard tellement pourri, gâté et arrogant, que tu es incapable de céder à l'insupportable Miss-Je-Sais-Tout sans que celle-ci ne t'explique en long, en large et en travers, à quel point elle est folle de toi. »
Draco lui adressa son célèbre rictus narquois. « Oups, je suis démasqué… », railla-t-il. Hermione enferma soudain le visage du Serpentard entre ses deux mains et il cessa aussitôt de sourire. Les yeux de la Gryffondor n'étaient plus qu'un mélange si inextricable de passion, d'appréhension, d'amusement, de désir aussi… qu'il s'y perdit sans même s'en rendre compte.
« Fais-moi oublier, Draco », souffla-t-elle sans lâcher son visage, le bout des doigts se glissant dans ses cheveux blonds. « Fais-moi oublier qui j'étais, ce qu'on m'a fait. Fais-moi oublier la guerre. Fais-moi oublier l'horreur. Fais-moi oublier ma peur. Parce tu es la seule personne au monde à en être capable. » Tout en gardant les yeux ouverts et plongés dans ceux du Serpentard, elle déposa un léger baiser sur ses lèvres entrouvertes. « Et ce sera ma huitième et ultime raison. »
Pendant quelques secondes, plus rien ne bougea dans la pièce. Pétrifié, Draco regardait Hermione avec stupeur. Le croyait-elle vraiment capable de tous ces exploits ? Lui, le traître, le planqué, le lâche ? Comment pouvait-elle être persuadée de tout ça, après tout ce qu'elle avait vu de lui ? Il n'en savait rien, mais une chose était sûre. Ce n'était pas le moment de chercher la réponse.
D'un geste brusque, il attira Hermione contre lui et dévora littéralement ses lèvres. D'une main, il dégrafa son soutien-gorge en moins d'une seconde et l'envoya rejoindre leurs chemises à terre. Hermione glissa ses mains dans ses cheveux blonds avec une avidité qui ne lui échappa pas, tandis qu'il délaissait sa bouche pour couvrir sa poitrine de baisers. Hermione laissa échapper un léger gémissement et il jeta un bref regard en direction de son visage pour s'assurer qu'il s'agissait bien d'un gémissement de désir. A en juger par le rose qui montait aux joues de la jeune fille, c'était le cas et Draco reprit l'exploration de chaque centimètre carré de la peau douce de la Gryffondor. Après quelques minutes, il la fit basculer légèrement en arrière et Hermione se laissa faire, tandis qu'il déboutonnait son jean et le lui ôtait. Il entreprit ensuite de retirer son propre pantalon, puis se pencha de nouveau sur elle pour la caresser et l'embrasser sans relâche.
Hermione avait apprécié chaque seconde depuis que Malfoy s'était enfin décidé à sortir de sa stupeur et avait dégrafé, d'une main experte, son soutien-gorge. Elle avait adoré sentir les lèvres du blond sur sa peau, elle avait adoré l'ardeur avec laquelle il s'employait à la consumer de baisers… Mais maintenant qu'il l'avait étendue sur le matelas, sur le dos, et qu'elle se retrouvait en-dessous de lui, Hermione sentait un malaise s'insinuer au plus profond d'elle-même. Elle tenta de le chasser, en vain. Pire, il s'accentua lorsque Draco s'allongea sur elle et se mit à l'embrasser et à mordiller son cou, ses épaules, tandis que ses mains prenaient peu à peu possession de tout son corps. La respiration de la jeune fille commença à s'accélérer, mais pas pour les bonnes raisons. Allongée ainsi sur le dos, un homme la dominant de tout son poids, Hermione se sentait peu à peu étouffer. Ce n'est pas la même chose, détends-toi, par Merlin… ce n'est pas Théodore !, hurlait une petite voix dans sa tête, mais rien à faire. Lorsque ses poumons commencèrent à dangereusement la brûler, alors même que Draco venait de commencer à faire glisser son sous-vêtement le long de ses cuisses, elle poussa un léger cri.
« Attends ! », s'écria-t-elle, tandis que Draco se figeait, la main posée sur la cuisse d'Hermione. Il leva le nez et Hermione lut dans son regard un mélange de tristesse, de déception et de colère. Pas contre elle, mais très certainement contre Théodore, qui malgré son absence parvenait encore à leur gâcher la vie.
Hermione se redressa sur son séant et lui jeta un regard hésitant. « Pas comme ça… je ne veux pas… pas sur le dos, tu vois … », murmura-t-elle, tandis qu'un sourire étrange se dessinait soudain sur les lèvres du blond.
Il trouve ça drôle ?, s'offusqua intérieurement Hermione.
Draco se retint de rire en voyant la tête d'Hermione. Il était hors de question qu'il la laisse penser à cet enfoiré de Théo pendant que lui-même serait avec elle. Il décida donc d'alléger l'atmosphère.
« J'aurais dû m'en douter », fit-il, moqueur. « Miss Je-Sais-Tout aime dominer… OK… » Ni une, ni deux, il la tira par les cuisses, la souleva et la jucha à califourchon sur ses propres jambes.
« Draco, ce n'est pas ce que je voulais di- », commença-t-elle, avant de réaliser ce qu'il venait de faire : ni plus ni moins que ce qu'elle lui avait demandé. Il avait manifestement compris son trouble mais bien décidé à ne pas laisser ses pensées négatives empiéter sur leur instant à deux, il avait détourné la situation à sa manière. Il faisait tout son possible pour la mettre à l'aise et elle, elle restait emprisonnée par sa peur. Finalement, le seul obstacle à son bonheur, c'était elle-même. Hermione décida alors que ce serait terminé. Ne plus penser. Ne plus craindre. Ne plus psychoter. Se serrant un peu plus contre le torse de Draco, elle plongea de nouveau son regard dans le sien. Son petit air ironique trahissait qu'il était très fier de son retournement de situation et Hermione ne put s'empêcher de sourire à son tour.
« Merci », souffla-t-elle en lui caressant la joue.
« Attends un peu, j'ai encore rien fait », railla-t-il tandis qu'elle éclatait de rire.
Quelques secondes plus tard, ils étaient enfin nus tous les deux et leurs gestes se firent peu à peu plus lents, moins empressés. Hermione ne put s'empêcher de frissonner en constatant que Draco était déjà plus que prêt, mais il ne semblait pas vouloir la brusquer. Il la laissa le caresser, le découvrir, l'embrasser, à son rythme, en profitant lui-même pour apprécier la nudité et les courbes du corps de la Gryffondor.
Alors qu'Hermione continuait de dévorer ses lèvres, il caressa l'intérieur de ses cuisses, de plus en plus près de son intimité et comme elle ne faisait aucun geste pour l'arrêter, Draco finit par y introduire ses doigts. La jeune fille eut un léger sursaut et interrompit leur baiser. Draco lui adressa un regard interrogateur, auquel elle répondit par un bref hochement de tête. Doucement, progressivement, Draco se mit à effectuer de légers mouvements, tout en scrutant la moindre expression de son visage, attentif à toutes ses réactions, prêt à tout arrêter à la seconde où elle se sentirait mal. Mais au lieu de ça, Draco eut tout juste le temps de voir le regard de la lionne se remplir de désir, avant qu'elle ne ferme les yeux et pousse un soupir de satisfaction.
Très vite, le corps de la Gryffondor devint littéralement brûlant et les caresses qu'elle réservait jusqu'alors aux omoplates de Draco se muèrent en geste plus erratiques, plus brutaux, tandis que sa respiration devenait saccadée.
Draco retira ses doigts de l'intimité de la Gryffondor et la souleva légèrement par les hanches. Hermione se redressa sur ses genoux et après un bref regard, se laissa doucement retomber sur Draco tandis qu'il entrait enfin en elle. Le jeune homme passa ses mains dans le dos d'Hermione, l'aidant à monter et descendre doucement, pour qu'elle trouve son propre rythme. Hermione, quant à elle, était aux anges. Cette sensation de totale confiance et de sécurité... Les bras de Draco, contrairement à ceux de Théodore, n'étaient pas là pour l'emprisonner ni pour la retenir, mais pour la protéger, la guider dans son plaisir. Leur étreinte n'était pas douloureuse, ni sauvage, mais passionnée et pure.
Hermione se mit à monter et descendre de plus en plus vite, agrippant toujours plus fort les épaules et le dos de Draco. Le souffle du jeune homme se faisait plus court et les muscles de ses bras se crispaient autour de la taille de la Gryffondor. Hermione sentait une ébauche de plaisir monter progressivement depuis le bas de son ventre et elle soupira de ravissement en sentant les mains du Serpentard saisir ses hanches comme si elles étaient la dernière chose qui le raccrochait à la vie.
Rejetant la tête en arrière, Hermione laissa échapper un gémissement sonore, suivi de plusieurs autres et bientôt, Draco la rejoignit dans le plaisir. Haletants, tremblants, ils cessèrent progressivement de bouger et Hermione serra Draco dans ses petits bras, lui pressant inconsciemment le visage contre ses seins brûlants et recouverts d'une légère pellicule de sueur. Mais Draco ne sembla absolument pas s'en plaindre, trop occupé qu'il était à reprendre le contrôle de sa fréquence cardiaque. Il se demandait d'ailleurs comment faisait Hermione pour ne pas entendre le vacarme que faisait son cœur en battant contre sa cage thoracique. Le souffle court, il se laissa retomber à plat dos sur le lit, entraînant Hermione dans sa chute. Puis une idée saugrenue se fraya un chemin, sans prévenir, dans son esprit et il éclata de rire.
« Qu'est-ce qu'il y a ? », s'étonna Hermione.
« Ça aussi, tu l'as appris dans tes bouquins, Granger ? », ironisa-t-il tandis qu'elle secouait la tête en levant les yeux au ciel. « Parce que si c'est le cas, il faut absolument que tu me dises dans quel rayon de la bibliothèque de Poudlard il se trouvent. Et il faudra organiser une mission commando demain pour les sortir du champ de bataille. »
« N'importe quoi… », maugréa Hermione sans parvenir à empêcher un sourire de s'étirer sur ses lèvres. « J'étais tétanisée, ça a dû être d'un ennui total pour toi. »
« Clairement », rétorqua-t-il en désignant son visage du doigt. « D'ailleurs, ça, c'est ma tête spéciale ''je-m'ennuie-ferme''. Etonnant, non ? On dirait presque la même tête que ''je-viens-de-faire-l'amour-avec-mon-rat-de-bibliothèque-préféré-et-j'ai-trouvé-ça-étonamment-agréable.'' Crois-le ou pas, Granger, je suis un Serpentard heureux. Alors qu'après avoir été avec toutes ces filles du genre Pansy, j'avais juste envie de me pendre. Ou de vomir. Ou les deux. »
Hermione grimaça. « Super, quelle délicatesse ! Penser à Parkinson et toi en train de faire l'amour, juste ce dont j'avais besoin avant de m'endormir… », railla-t-elle tandis que Draco éclatait de rire.
« Tu rigoles, Granger, il est hors de question de dormir pour l'instant. Je n'ai pas envie de mourir demain en regrettant de n'avoir pas pu te donner autant d'orgasmes que tu n'as fêté d'anniversaires… », se gaussa le blond tandis qu'Hermione levait les yeux au ciel.
« Prétentieux », se moqua-t-elle.
« Mais de rien », rétorqua le Serpentard avec un sourire ironique. Puis il leva fièrement le menton et haussa les sourcils. « Alors, ai-je accompli ma mission ? »
« Quelle mission ? », fit Hermione en fronçant les sourcils.
« Tu sais bien… Te faire oublier la guerre, l'horreur, tout le tralala… », énuméra-t-il avec un geste vague de la main.
Les coins de la bouche d'Hermione se relevèrent légèrement. « Mouais, plutôt pas mal… »
« Pas mal ? », s'offusqua le Serpentard. « Sérieusement, Granger, sur une échelle de 1 à 10. »
« Sérieusement, Malfoy, je dirais sept et demi. Huit grand maximum », l'imita-t-elle en essayant de garder son sérieux.
« Huit ? », articula silencieusement Draco tandis qu'Hermione avait de plus en plus de mal à retenir son fou rire. A voir sa tête, on aurait dit qu'elle venait de lui balancer la pire insulte de toute sa vie.
Hermione posa le menton sur son torse et lui jeta un regard coquin. « La première fois, c'est toujours moyen, non ? On découvre progressivement ce qu'aime l'autre… C'est pour ça qu'en général, il faut recommencer…», murmura-t-elle en le dévorant des yeux.
« J'aime ta façon de penser, Granger… », souffla le blond. « Dommage que Potter ait décidé de réveiller tout le monde à quatre heures et demie du matin, je n'aurais pas été contre quelques heures de plus en ta compagnie… »
Une lueur de tristesse passa aussitôt dans les yeux noisette d'Hermione. Sans rien dire, Draco repoussa doucement une mèche de cheveux bruns derrière son oreille, puis laissa son pouce s'attarder sur la joue de la Gryffondor. Elle baissa le nez, la réalité du lendemain s'abattant à nouveau sur elle avec la violence d'un couperet. Voyant sa lèvre trembler, Draco se refusa à la laisser verser une seule larme de plus. Il glissa ses doigts sous son menton pour la forcer à relever la tête et lui adressa le regard le plus doux qu'il put produire. « Tout ira bien, Hermione… », souffla-t-il tandis qu'elle hochait lentement la tête. « Tout ira bien. »
~o~
A près de 1000 km de là, Théodore Nott s'éveilla en sursaut dans son nouveau et luxueux appartement, le tee-shirt trempé de sueur. D'un pas précipité, il se rua dans sa salle d'eau et s'appuya contre le lavabo avant de tourner le robinet et de s'asperger copieusement d'eau froide. Quelque chose s'était passé avec Hermione.
Il plongea son visage dans une serviette de toilette, puis la jeta à terre et observa son reflet dans le miroir. Son visage, le vrai, avait repris sa place légitime et Théodore y vit pour la première fois quelque chose qu'il n'avait jamais connu auparavant. L'appréhension. Lui qui était toujours si sûr de lui, si confiant...
Lorsqu'il s'endormait, où qu'il soit, il faisait toujours en sorte de se concentrer sur Hermione, afin d'envahir son esprit et communiquer avec elle ou tout simplement pour fouiller dans les recoins de son cerveau à la recherche d'informations utiles. Mais cette fois, malgré tous ses efforts, il lui avait été impossible d'utiliser leur lien, comme si celui-ci avait été affaibli par quelque chose. Mais quoi ? Rogue l'avait-il entraînée à l'Occlumencie ? Peu probable, d'autant plus que ce qu'ils partageaient était bien plus que de la simple Légilimencie. Alors quoi ?! S'il y avait bien quelque chose que Théodore Nott détestait par-dessus tout, c'était l'ignorance.
D'un geste vif, il consulta sa montre. Minuit. Dans quelques heures, il serait en train de mener le sorcier le plus noir de tous les temps à sa perte. Et même si cela lui en coûtait, Théo savait que partir en quête d'explications concernant Hermione ne ferait que l'affaiblir encore plus pour la bataille à venir. Il décida donc de laisser tomber pour le moment. Après tout, il la verrait aux aurores. Elle serait là. Elle devait être là. Sinon tout le reste n'aurait plus aucun sens. Théodore repartit dans sa chambre et se laissa lourdement retomber sur le lit.
Demain si tout se passait bien, Voldemort serait vaincu ou en passe de l'être. Demain, les choses sérieuses pourraient enfin commencer.
Demain.
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Aloooooors, alors, alors ? Qu'avez-vous pensé de ce moment que vous attendiez depuis genre 33 chapitres ? Autant j'adore lire du lemon, autant je déteste les écrire. J'ai toujours peur d'être trop crue/pas assez explicite, trop gnangnan ou pas assez. J'ai fait de mon mieux pour me focaliser sur les sentiments de chacun (surtout d'Hermione) mais je ne sais pas trop ce que ça va rendre à la lecture… Bon et sinon, d'après vous, qu'y a-t-il au fond du couloir chez Théodore ? Et pourquoi une entreprise est-elle prête à loger gratuitement un type comme lui dans un tel palace ? J'ai hâte de lire vos hypothèses dans vos reviews, ainsi que vos commentaires sur le moment Dramione ! Rassurez-moi, je l'ai pas foiré, hein ?
En attendant de vous lire, plein de gros bisous et à lundi prochain !
Xérès
