The Rise and Fall
Les blas-blas de Xérès : Et voici un nouveau chapitre ! Il y aura un petit sondage (une seule question) en fin de chapitre, votre participation sera la bienvenue ! Bonne lecture :-)
Merci à tous mes nouveaux followers (Eleonora Distress, tfhj2219), à Keiry 95, Erza Robin, Petitestef, Babar, Piitchoun, WFdarkness, Elena Grape, Eliane Gil, miss damdam, Goutte-de-Mer, Lety31, steiil, PetitMilou, Alaska66, ellexa, Mochi-pi, TatieBella, Sealion Razowski Joker, lectorrima, luli123, nadra, L.E.V.W, nada, koulixer, SilverPink69, Lune-Bleue22, Passion Fugace, Lemm, castfan, Perlame, Audrey917000, Miny M, Passion Fugace, Criss-Pine, Mione159 pour leurs reviews, ainsi qu'à tous ceux qui m'ont laissé un message sur Facebook !
RAR :
Ellexa : Je préfère la version anglaise du prénom de Malfoy (donc Draco). J'ai toujours détesté d'une manière générale les prénoms avec le son « gu » dedans (Guy, Cunégonde, etc), je ne trouve pas ça sexy. Et j'utilise aussi le nom de famille anglais (Malfoy) car avec la version française (Malefoy) et mon accent du sud-ouest très très prononcé, j'ai toujours l'impression de dire « Mal au foie » ou « Mal aux feuilles ». XD Lier leurs esprits, Théo l'a déjà fait. Non, c'est bien plus dingue que ça encore… Merci pour ta review et non, je n'en ai pas marre de toi ) Bisous !
Nada : ouaaah merci pour cette très très très longue review ! Elle était vraiment tout ce dont un auteur peut rêver en recevant une critique. Je suis contente que tu aies aussi bien compris ce que sont chacun de mes personnages, cela m'indique que j'ai bien fait mon travail de description et que j'ai réussi à faire passer tous les sentiments que je voulais. Parce que mes personnages, je les ai bossés, je leur ai donné à chacun une personnalité propre, une utilité et ça me fait plaisir de voir que le résultat est là ! Tu as trouvé la bonne réponse pour Laura Madley, c'est bien ça ! Par contre pour le lien, c'est quelque chose de très sombre. Mais ce sera bientôt dévoilé. Le prochain chapitre va se focaliser en grande partie sur Draco et sa sortie de l'enfer. Parce qu'il est temps. Enfin, je pense. Tes compliments m'ont tous beaucoup touchée et je n'ai même pas assez de mots pour te dire à quel point ils sont gratifiants. Des reviews pareilles, ça donne envie de ne jamais s'arrêter d'écrire. Donc un grand merci à toi et j'espère que la suite continuera de te plaire. Non, plutôt mille mercis.
Lemm : J'avoue que j'ai choisi un peu la solution de facilité pour Molly. Je n'ai plus vraiment besoin de son personnage donc c'est vrai que l'enfermer à la maison, ça permet de lui trouver quelque chose à faire sans pour autant m'en occuper d'un chapitre à l'autre. XD Le cas d'Aria est particulier, tu verras que sa situation est très « politique ». Nouveau gouvernement, ils veulent montrer qu'ils sont capables de « gérer », de faire régner l'ordre… bref, ce sera pour plus tard. Pas dans ce chapitre mais dans les suivants. Arf, congé maternité… C'est pour ça (entre autres) que je ne fais pas d'enfants. Lâcher mon entreprise et arrêter de travailler, ou même me libérer du temps pour m'occuper de quelqu'un d'autre (déjà que je prends à peine le temps de faire plus d'un repas par jour …), c'est pas pour moi ! Pauvre gosse, avec moi, il mourrait de faim ou je serais capable de l'oublier dans les magasins ou encore d'oublier de changer ses couches… Je suis calamiteuse avec les enfants… :D En tous cas, félicitations ! Garçon ou fille ? Bises et merci pour ta review !
Chapitre 41 : J'irai jurer sur ta tombe
Severus Rogue transplana devant les grilles du Manoir Malfoy, une grande boîte dans les mains. Il avança à l'aveugle jusqu'au portail et se figea. Son colis était beaucoup trop encombrant pour qu'il puisse le tenir d'une seule main et ouvrir la grille. Levant un genou, Rogue tenta de caler le carton dessus, soutenu par son bras gauche, puis tendit le droit vers la poignée en fer forgé mais le contenu du colis bascula à l'intérieur de son emballage et Rogue manqua de le renverser. Il replaça précipitamment sa main droite sous le carton et soupira. Il envisageait à présent de poser le colis par terre (aux risques et périls de son dos vieillissant), lorsqu'un bruit de chute retentit derrière lui. Il pivota et inclina la tête au maximum, afin d'apercevoir le nouvel arrivant.
Il s'agissait de Ginny Weasley, fraîchement arrivée par Portoloin (en l'occurrence une vieille chaussette). La jeune fille ne devenant majeure que le 11 août prochain, elle ne possédait pas encore son permis de transplaner et utilisait les objets les plus hétéroclites trouvés au Terrier (et appartenant principalement à Ron) pour se déplacer.
« Professeur Rogue ? », demanda-t-elle en fronçant les sourcils. « Qu'est-ce que vous faites ? »
« D'après vous ? », maugréa Rogue en répartissant de nouveau le poids de son carton sur ses deux bras.
Ginny haussa les épaules. « C'est bon, ne le prenez pas comme ça, je demandais simplement… », grinça Ginny en inspectant le colis de Rogue. « Ça a l'air lourd », ajouta-t-elle avec un grand sourire insinuant qu'elle ne lui proposerait absolument pas de l'aider.
« Et vous avez l'air d'une grande observatrice », rétorqua Rogue en la fusillant du regard. Puis ses yeux glissèrent le long du bras droit de Ginny et il vit qu'elle aussi, portait quelque chose. Quelque chose qui ressemblait à …
A cet instant précis, le contenu de la boîte de Rogue pencha vers la droite et il leva son coude droit pour rééquilibrer les charges. Ginny haussa un sourcil.
« Il semblerait qu'on ait eu une idée similaire pour le cadeau de Malfoy… », marmonna-t-elle, légèrement déçue.
« Il semblerait, oui. »
Quelque part dans la lande, un grillon crissa et Ginny pinça les lèvres. Un silence inconfortable s'installa entre eux. Ginny n'était toujours pas à l'aise avec le Professeur de Potions. Elle n'avait que très récemment appris que Rogue était du côté de l'Ordre, un détail que sa famille et Harry lui avaient caché afin qu'elle ne fasse pas de boulette lorsqu'elle était à Poudlard. Et se retrouver maintenant avec lui en dehors de l'école dans un tout nouveau contexte était légèrement … perturbant.
« Et sinon, ça va, vous ? », tenta-t-elle, misérablement.
Rogue leva les yeux au ciel et bougonna. « Par Merlin, ouvrez ce portail, Weasley ! »
Ginny ne se le fit pas dire deux fois. Elle se précipita sur la grille et en tourna la poignée, entrant sur la propriété. Rogue la suivit. Ils remontaient ensemble l'allée qui menait au porche lorsqu'il étouffa un rire sardonique.
« Quoi ? », demanda Ginny en changeant son colis de main. L'anse métallique lui sciait les doigts douloureusement.
« Rien », répondit Rogue avec un rictus. « J'imagine juste la tête de Lucius s'il savait que son Manoir allait être envahi de rouquins. »
Ginny releva le menton et lui jeta un regard de défi. « La même que celle qu'il ferait s'il savait qu'une vieille chauve-souris graisseuse y déployait ses ailes régulièrement pour tourner autour de sa femme. »
Rogue fit des yeux ronds et la regarda, éberlué. Ginny réprima un sourire et grimpa les marches du perron.
« Weasley, vous savez qu'il vous reste encore un an à tirer à Poudlard. Si j'en ai envie, je pourrai faire de votre vie un Enfer, l'année prochaine… », l'avertit Rogue, qui appréciait peu la comparaison avec le mammifère volant.
Ginny posa la main sur le heurtoir de la grande porte et frappa trois fois. Puis elle se retourna et adressa son plus beau sourire à Rogue. « Ah, parce que ce n'était pas déjà le cas ? »
Rogue pinça les lèvres. Il fulminait. Un elfe de maison ouvrit alors la porte et Ginny s'engouffra dans le hall d'entrée. Juste avant de disparaître à l'intérieur de la maison, elle se tourna une dernière fois vers le professeur de Potions. « Weasley 1 – Rogue 0… », souffla-t-elle avant de détaler en direction du salon.
~o~
Le matin du 5 juin, Draco Malfoy avait eu 18 ans. Mais lorsqu'il ouvrit les yeux, après une nuit encore agitée de rêves violents dont il n'avait plus le moindre souvenir une fois réveillé, il ne put chasser l'idée qu'il se sentait déjà beaucoup plus vieux et aussi pressé de mourir qu'un vieillard en phase terminale. Rien qu'au cours de l'année passée, il avait dû voir plus d'horreurs que la plupart des adultes dans toute leur vie. Il se sentait usé, exténué, vidé.
Et pour couronner le tout, sa mère avait organisé une petite fête. Comme s'il avait la tête à ça.
Depuis qu'ils étaient allés sur le Chemin de Traverse, quelques jours plus tôt, et qu'il avait enfin fait usage de ses cordes vocales, les regards de Blaise et de Weasley étaient devenus de plus en plus insistants, lors des rares sorties de Draco hors de sa chambre. La seule qui réagissait normalement était la deuxième rouquine et pour une raison qu'il ne s'expliquait pas, Draco lui en était reconnaissant. Il n'aurait pas été jusqu'à dire qu'il appréciait sa présence. Disons qu'il la tolérait. Tout comme celle de Weasmoche, même s'il ne savait toujours pas pourquoi les deux belettes insistaient pour s'incruster dans son Manoir.
Il passa cette journée comme les précédentes. Enfermé dans sa chambre, volets et rideaux clos. Pas un rai de lumière n'y filtrait mais cela ne le dérangeait pas. L'obscurité favorisait sa concentration. Lorsqu'il se coupait de tout stimulus extérieur (lumière, son…), il parvenait à saisir des bribes d'événements, des bruits, des paroles. La plupart n'avaient ni queue ni tête et ses petites séances de réflexion se terminaient quasi-systématiquement par une migraine carabinée, mais il ne perdait pas espoir. Un jour, il se souviendrait. Il avait également épinglé l'avis de recherche de Laura Madley au-dessus de son lit. Certains jours, il se trouvait à deux doigts de faire le lien entre cette fille et ses visions partielles. D'autres, elle n'était qu'un visage inconnu au bataillon.
Mais aujourd'hui, il se sentait particulièrement fatigué. La migraine de la veille tambourinait toujours à l'arrière de son crâne, et chacun de ses gestes, chacun de ses pas, se répercutait de manière amplifiée dans son cerveau. Lorsque l'horloge de sa table de chevet indiqua dix-sept heures, il se leva, jeta un dernier regard au visage souriant de Laura Madley au-dessus de son lit et entra dans sa salle de bains pour se laver. En chemin, il faillit trébucher sur un vêtement étalé sur le sol.
Draco fronça les sourcils et baissa les yeux sur le vêtement en question. Que faisait-il là ? Puis il balaya du regard la pièce autour de lui. Pièce qui avait été si bien rangée lorsqu'elle avait vécu dedans. Maintenant, la chambre ressemblait au taudis qu'elle avait été ces trois dernières années. Jonchée de fringues, de serviettes de bains usagées, de livres, de poussière et oui… depuis hier soir, également d'une bouteille de Whisky Pur Feu vide. Pas étonnant que sa migraine ne se soit pas estompée malgré le sommeil. Il ne se souvenait même pas l'avoir prise, ni bue, ni terminée.
Le blond poussa un soupir et écarta la chemise hors de son chemin d'un coup de pied. Hermione n'avait été qu'une éclaircie, un bref interlude, l'entracte entre les deux parties de sa propre tragédie underground. Mais chassez le naturel, comptez sur lui pour revenir au galop. Et pour Draco Malfoy, le naturel n'était que dépression, alcool et désordre. Après avoir vu la lumière au bout du tunnel, il se retrouvait de nouveau enfermé dans son propre mal-être.
Retour en prison. Si vous passez par la case départ, ne touchez pas 20 000 gallions.
La porte de la salle de bains claqua si fort lorsqu'il la referma, que la commode située sur le mur adjacent trembla. Et le petit cadre photo représentant sa bande d'amis de Serpentard, replacé là depuis que Draco avait récupéré ses affaires laissées à la Chaumière, s'ébranla et tomba, face contre le bois.
~o~
Lorsque Draco descendit au salon, il vit que la mini-belette était là, ainsi que Severus. Blaise et Weasmoche étaient tous les deux accroupis dans un coin du salon, penchés sur deux espèces de boîtes, dont l'une était recouverte d'une taie d'oreiller à fleurs. A peine était-il entré, que les deux compères se redressèrent précipitamment en faisant écran de leurs corps. Draco les regarda comme s'ils étaient tout juste sortis de l'asile puis secoua la tête. Il vit alors la table dressée et remarqua aussitôt que le nombre de couverts dépassait largement le nombre de personnes actuellement présentes. Il tourna un regard interrogateur en direction de sa mère, qui apportait la touche finale à sa décoration de table.
« Oui, je sais, il y a du monde », soupira Narcissa en soupirant. « Mais tu ne vas pas bouder parce que des gens veulent te souhaiter ton anniversaire, si ? »
« Non, Mère… », souffla Draco en se laissant tomber sur un des sofa flambants neufs. Depuis quelques jours, il rajoutait « oui » et « non » à son vocabulaire. Cela avait d'abord ravi, Narcissa, jusqu'à ce qu'elle se rende compte que « non » était bien plus fréquemment utilisé que « oui ».
« Et un peu plus d'enthousiasme ne serait pas de refus… », marmonna-t-elle en allumant les longues bougies.
« Joyeux anniversaire, Malfoy », fit Ginny en se tournant vers lui, un léger sourire aux lèvres. « J'imagine que ça doit faire bizarre, de le fêter après tout ce qui s'est passé mais… » Elle se tut.
Draco tourna la tête vers elle. C'était ce qu'il préférait chez la rouquine : au moins, elle, ne faisait pas semblant. Elle ne passait pas son temps à attendre qu'il parle, ni à essayer de déchiffrer la moindre de ses expressions, ni à prétendre que tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes. Elle était seulement là, essayant de tourner la page à sa manière. Tout comme lui.
« Merci, Weaslette », marmonna-t-il en hochant la tête. Le sourire de Ginny se fit radieux.
Dans le hall, le heurtoir retentit et on entendit aussitôt les petits pas précipités d'un elfe qui accourrait pour ouvrir.
Des éclats de voix leur parvinrent, puis un bruit de verre brisé.
« C'est pas vrai, t'es vraiment une catastrophe ambulante… »
« Dé-dé-désolé… »
« Ce n'est rien, Monsieur », fit la petite voix de l'elfe, « Maddy va réparer ce vase en quelques secondes. »
« Vraiment désolé… »
Ginny, qui avait reconnu les voix de Fred (ou George) et de Neville, leva les yeux au ciel. A peine arrivé, voilà que Neville s'employait déjà à détruire le mobilier…
Enfin, plusieurs silhouettes apparurent dans l'encadrement de la porte du salon. Les jumeaux Weasleys, toujours aussi grands et déguingandés, dominaient d'une bonne tête Neville Londubat, lequel s'excusait toujours auprès de l'elfe en rougissant. A côté de lui, Luna Lovegood, observait les lieux, le nez en l'air et ses grands yeux bleus écarquillés.
« Salut, la compagnie ! », claironna Fred en écartant les bras. « Et joyeux anniversaire, Marceau ! »
Malfoy fronça les sourcils. « Pourquoi Marceau ? », demanda-t-il d'une voix grincheuse.
« Bah, à cause du célèbre mime : Marcel Marceau », expliqua George avec entrain, tandis que Ginny se frappait le front du plat de la main. « Tu sais, comme tu ne parles pas, ni rien… », reprit George en bougeant les mains à la manière d'un (piètre) mime.
Malfoy le considéra avec stupeur. Cet énième spécimen de la tribu des roux se fichait de lui. Mais Draco n'arrivait pas à savoir s'il était fâché ou ravi. En temps normal, il l'aurait pulvérisé d'un coup de baguette. Mais cela faisait si longtemps que personne n'avait osé se moquer de lui, qu'il trouva cela étrangement rafraîchissant.
« Je suis désolé, Mrs Malfoy », balbutia Neville en désignant le hall d'entrée du doigt, « j'ai cassé un de vos vases en rentrant… Oh et joyeux anniversaire, Malfoy. »
« C'est très joli, chez vous… », fit Luna d'une voix éthérée, le nez toujours levé. « Vous devez être immensément riches. »
Ron et Blaise échangèrent un regard étrange et Ron se tapota discrètement la tempe en secouant la tête, pour indiquer à Blaise que Loufoca Lovegood n'avait pas été renommée ainsi par hasard.
« Euh eh bien… », commença Narcissa, visiblement gênée.
« Pas nous », continua Luna sans même attendre de réponse. « Notre maison est une vraie ruine. Hier, papa a même trouvé un cafard qui nageait dans son café. »
Comme un silence pesant était tombé dans le salon, à l'exception de Fred et Georges qui faisaient des efforts surhumains pour ne pas exploser de rire, Luna prit cela pour une invitation à continuer sa merveilleuse aventure. « Il l'a sauvé de la noyade, l'a installé confortablement dans une boîte à chaussures et l'a baptisé Arabica… », reprit Luna, tandis que Narcissa Malfoy réprimait un haut-le-cœur.
« Ok, euh allez-y, asseyez-vous ! », s'époumona Ginny pour changer de sujet. « Mrs Malfoy, vous vous rappelez de Luna Lovegood et Neville Londubat, ils étaient avec nous pendant la Bataille de Poudlard et sont venus plusieurs fois voir Draco à Ste-Mangouste… »
« Bien sûr que oui ! », fit Narcissa avec un large sourire. « Comment oublier le vaillant jeune homme qui a pourfendu cet horrible serpent avec l'épée de Gryffondor ! » Neville rougit aussitôt et se mit à bredouiller quelque chose d'inaudible.
Le teint rouge comme une pivoine de Neville sembla grandement intéresser Luna. La jeune fille se mit à l'observer comme s'il était l'une des bestioles imaginaires dont la Serdaigle adorait raconter les légendes.
« Je crois qu'on est au complet, non ? », demanda Ginny en comptant mentalement le nombre de convives.
« Non », répondit Blaise en regardant Draco. « J'ai invité Astoria. Elle me demandait souvent de tes nouvelles après la bataille, par hibou… Ça va, c'est une fille cool », ajouta-t-il à l'attention de Ron, qui ne semblait pas ravi d'accueillir une Serpentard de plus.
Pour toute réponse, Draco hocha la tête. Ce n'était pas Astoria qu'il aurait souhaité voir ce soir. Mais une autre fille. Peut-être beaucoup moins cool qu'Astoria, beaucoup moins jolie aussi si l'on s'en tenait aux standards conventionnels de la beauté… Mais celle-là ne viendrait jamais. Et pourtant… il aurait tué pour l'entendre dire une seule petite fois : « bon anniversaire, Malfoy ». Quel aurait été son cadeau ? Un livre très certainement. L'aurait-elle embrassé en lui souhaitant ? Sûrement. Aurait-il pu la taquiner sur son amour inconditionnel des vieilles pages et des couvertures en cuir sentant le moisi ? Probablement.
Est-ce que cet instant aurait été l'un des plus heureux de son existence ? Sans aucun doute.
Le heurtoir résonna une nouvelle fois dans le hall et Maddy, l'elfe de maison, se précipita pour ouvrir. Astoria Greengrass entra dans le salon, aussitôt étreinte par Blaise. Astoria avait été une de ses meilleures amies à Poudlard et il ne l'avait pour ainsi dire pas vue depuis l'été précédent (mis à part quelques minutes au gala de charité des Malfoys, quatre mois plus tôt).
« Salut, Draco », fit Astoria d'une petite voix, après s'être dégagée d'entre les bras de Blaise. « Je suis passée te voir une fois, à Ste Mangouste mais tu étais … » Elle pinça les lèvres et replaça une mèche de ses longs cheveux noirs derrière son oreille. « Enfin, bref, je suis contente de te voir sur pied. Joyeux anniversaire. »
« Salut, Astor », répondit doucement Draco, que le poids d'autant d'yeux rivés sur lui commençait légèrement à fatiguer.
« Il ne parle pas beaucoup », fit Luna Lovegood, au cas où personne n'aurait remarqué. « Un jour, un de mes cousins a arrêté de parler aussi, mais c'est parce que des Ciseburines avaient rongé ses cordes vocales. »
Astoria fronça les sourcils et fit une grimace.
« Miss Lovegood, les Ciseburines ne rongent que les objets magiques, pas les gens », soupira Rogue en levant les yeux au ciel.
Luna se tourna lentement vers lui et se pencha dans sa direction, comme si elle était sur le point de lui révéler un immense secret. « Ça, c'est ce que le Ministère tente de nous faire croire. Vous imaginez la panique, si ça se savait ? », chuchota-t-elle.
« Pour l'instant, mon plus grand sujet de panique, c'est vous, Lovegood », rétorqua Rogue d'un air mortifié.
A cet instant, il y eut un bruit étrange, comme une légère toux et tous se tournèrent vers Draco pour s'apercevoir que le bruit n'était autre qu'un minuscule rire. Luna sembla absolument ravie de l'effet produit et son visage s'éclaira d'un large sourire. Ginny secoua la tête. Par moments, elle était persuadée que Luna faisait exprès de raconter des inepties…
« Bien, je suppose que maintenant que vous êtes tous là, on va pouvoir ouvrir les cadeaux… », fit Narcissa en souriant à son tour. Le rire de Draco l'avait également incroyablement soulagée. Neville s'avança vers elle et lui tendit deux grandes bouteilles de champagne.
« Tenez, Mrs Malfoy, je vous ai amené ceci… », dit-il tandis que Narcissa le remerciait chaleureusement.
« Alors toi, tu amènes du champagne à l'anniversaire d'un type qui a eu un léger problème avec l'alcool … quel tact », plaisanta Blaise en chuchotant par-dessus l'épaule de Neville, qui perdit toute contenance et se mit à balbutier de plus belle.
« Dé-dé-désolé, je ne savais pas … »
Draco, qui les avait entendus, se força à esquisser un rictus mais se sentit mal à l'aise. Blaise plaisantait car il pensait que Draco ne buvait plus. Ce qui n'était plus vraiment le cas depuis la veille au soir…
« C'est pas grave, Londu', c'est comme ça qu'on t'aime… », le rassura l'Italien en lui tapant sur l'épaule.
Ginny se dirigea vers les deux cadeaux posés dans un coin de la pièce et prit celui qu'elle avait apporté. Haut d'une soixantaine de centimètres, le paquet était surmonté d'une petite anse ronde en métal, mais tout le reste était dissimulé par la taie d'oreiller. La jeune Weasley déposa avec précaution son cadeau devant Draco sur la table basse et les deux objets émirent un léger bruit de métal lorsqu'ils entrèrent en contact. Manifestement, il n'y avait pas que l'anse qui était faite dans ce matériau.
Draco lui jeta un regard interrogateur.
« De la part des trois plus beaux Weasley ! », annonça Fred tandis que George hochait la tête pour appuyer ses propos. « C'est-à-dire George, Ginny et moi-même. »
« Hé, j'ai participé aussi ! », protesta Ron en le fusillant du regard.
« Ah oui, correction », reprit Fred avec un sourire sardonique. « De la part des trois plus beaux Weasley et du ratage complet. »
« Va te faire voir, Fred », maugréa Ron en se mettant à bouder, tandis que Blaise éclatait de rire.
« Neville et moi, on a participé aussi », ajouta Luna en tendant le cou pour mieux voir ce qui ne se cacherait bientôt plus sous la taie d'oreiller.
Draco avança une main hésitante vers la taie fleurie et se demanda si tout le budget était passé dans le cadeau au point de ne plus pouvoir acheter de quoi l'emballer correctement. Mais en la retirant, il comprit.
Un minuscule oiseau bleu tacheté se tenait dans ce qui était en réalité une cage en métal blanc, dotée d'une petite porte près de la base. Draco, surpris, le regarda un instant sans réagir. Il n'avait jamais vu ce genre d'oiseau auparavant. C'est alors que Ginny lui tendit une petite brochure, qu'il saisit entre ses doigts.
Le Jobarbille
(Europe et Amérique du Nord)
Se nourrit de petits insectes.
Le Jobarbille n'émet aucun son jusqu'au moment de sa mort,
où il laisse échapper un long cri constitué de tous les sons entendus
au cours de sa vie et qu'il reproduit en sens inverse. Ses plumes sont utilisées
dans la fabrication de sérums de vérité et de potions de mémoire.
Draco fronça les sourcils. Quelqu'un avait souligné au crayon les trois derniers mots. Il leva les yeux et vit le regard encourageant de Ginny.
« Au magasin, ils ont dit de récupérer les plumes qui tombent à chaque mue ou lorsqu'il fait sa toilette… », fit Ginny en rosissant. « Et si tu ne t'en sers pas, tu as le droit de les revendre dans des boutiques spécialisées… »
Draco la regarda longuement et Ginny commença à se demander s'il n'allait pas se mettre en colère. Rogue la regardait avec une expression étrange, comme s'il se maudissait intérieurement de ne pas avoir eu cette idée de cadeau en premier. Un léger sourire étira les lèvres de Draco et cela faisait tellement longtemps que ça n'était pas arrivé, qu'il sentit les muscles de ses joues le tirailler.
« Il est très beau, merci », répondit-il en se retenant de se masser les joues pour faire passer la sensation désagréable de crampe. Ginny parut aussitôt soulagée et sortit une boîte rectangulaire de son sac.
« Voici de quoi le nourrir dans un premier temps. C'est un mélange de petits insectes séchés », expliqua-t-elle en posant la boîte près de la cage. « Au magasin, ils ont dit que tu en avais à peu près pour quatre mois de nourriture. »
« C'est adorable, vraiment… », bégaya Narcissa dont la voix était singulièrement haut perchée. Elle pressait discrètement un mouchoir sur son nez et Rogue résista à l'envie d'aller serrer son amie dans ses bras. Hors de question de faire une chose pareille devant toutes ces langues de vipères adolescentes, dont deux pouvaient encore raconter la scène à Poudlard et le faire passer aux yeux de ses élèves pour un sentimental. Il avait une réputation à tenir.
Pour se donner une contenance, il alla donc chercher le second paquet, dont le contenu s'agita légèrement lorsqu'il le souleva.
« Celui-ci est de notre part à tous les autres », fit Blaise en regardant Rogue déposer le carton près de la cage du Jobarbille, qui s'ébroua légèrement. Une minuscule plume voleta dans la cage avant de se déposer délicatement tout au fond.
Le blond tourna le carton et vit qu'il était troué sur les côtés. Quelle que soit la chose qui se trouvait à l'intérieur de cette boîte, ça vivait. Il tira sur les pans supérieurs du carton et les écarta, penchant la tête pour regarder à l'intérieur. Cette fois, il savait parfaitement ce dont il s'agissait et ses yeux se mirent à briller comme ceux d'un jeune enfant devant sa pile de cadeaux de Noël.
Dans la boîte, deux petits yeux noirs le fixaient, immobiles. Ces petits yeux noirs étaient entourés d'un adorable museau, surmonté de deux petites oreilles en triangle. Un furet ? Non, beaucoup mieux que ça …
« Un Chartier ! », s'exclama Draco avec un sourire ravi.
« Un quoi ? », demanda George en se penchant pour mieux voir la petite bête. « On dirait un furet. »
« C'est beaucoup mieux qu'un furet », expliqua Astoria avec un grand sourire. « Contrairement au furet, le Chartier parle. Plus précisément, il prend même un malin plaisir à dire des gros mots. Et puis on s'est dit que c'était une bonne idée cadeau, pour le gars qui s'est fait changer en fouine devant tout Poudlard … », s'esclaffa-t-elle.
Draco étouffa un rire. « J'en voulais un en deuxième année, pour pouvoir insulter les Gryffondors à longueur de journées », fit Draco en tendant une main en direction de l'animal, qui la flaira prudemment. « Mais à la place, Père m'a offert un Nimbus 2001… », acheva-t-il en grognant.
Ron parut scandalisé. « Ooh, pauvre de toi, quelqu'un aurait dû appeler les services sociaux, c'est de la maltraitance pure et simple… », railla-t-il tandis que Draco lui adressait un rictus moqueur.
« Celui-là n'insultera personne, j'y ai veillé », prévint Narcissa, les lèvres pincées. « Il a été très bien dressé. »
Là-dessus, Draco sembla affreusement déçu, mais à cet instant le Chartier décida qu'il avait suffisamment reniflé les doigts de Malfoy et sauta pour s'agripper à sa manche puis remonter le long de son bras, jusqu'à son épaule. L'animal sembla très intéressé par l'autre cadeau, enfermé dans sa cage. D'une poussée des pattes arrière, il sauta sur le dessus de la cage pour fixer le Jobarbille à l'intérieur. Peu rassuré, l'oiseau gonfla ses plumes pour paraître plus imposant. Il passa donc d'une taille « minuscule » à un impressionnant « petit format ».
« Hé, laisse-le », ordonna Draco en saisissant doucement le Chartier par le cou pour le ramener sur ses genoux.
« Manger ? », couina le Chartier en regardant la cage s'éloigner à contrecœur.
« Certainement pas, non… », le rabroua Draco avant de le jucher sur son épaule et de se lever pour remercier tout le monde.
Il ne vit pas le regard embué de larmes que sa mère adressa aux autres invités dans son dos, ni le message silencieux qu'il contenait. Car sans s'en rendre compte, Draco Malfoy avait prononcé plus de mots au cours des deux dernières minutes que pendant les deux mois précédents.
~o~
La soirée était déjà bien avancée lorsque Draco ressentit soudain le besoin de prendre l'air. Son Chartier toujours sur les épaules, il abandonna Luna et Astoria qui s'amusaient à faire engloutir quantité de minuscules fourmis séchées au Jobarbille, et se dirigea vers une des porte-fenêtre qui menaient au jardin. Il sortit dans l'air doux de la nuit et se laissa tomber sur l'un des bancs qui ornaient la terrasse. Cette soirée avait été de loin la meilleure depuis qu'Hermione avait disparu mais il se sentait toujours un peu faible et s'isoler quelques minutes lui ferait du bien. Il jouait depuis un moment avec le Chartier, qui faisait des bons entre les bancs et les genoux de Draco, lorsque Blaise le rejoignit à l'extérieur.
« Ça va, vieux ? », demanda l'Italien en s'asseyant à côté de lui. Le Chartier vint aussitôt renifler ses bas de pantalon.
« Besoin d'air », répondit simplement Draco en haussant les épaules.
« Tes cadeaux te plaisent ? »
Les lèvres de Draco s'étirèrent en un sourire et il hocha la tête. « Le vieux va faire une attaque en sortant de taule. Il a toujours refusé les animaux dans le Manoir. Les animaux et les Weasley. »
Blaise éclata de rire mais sentit soudain quelques larmes lui piquer le nez. Pourquoi cette subite envie de pleurer ? Maintenant que Draco allait manifestement beaucoup mieux, qu'ils avaient passé la première soirée agréable depuis une éternité ? Pourquoi se sentait-il si triste, tout à coup ?
Draco dut sentir son malaise car il tourna la tête vers lui. Même le Chartier avait dressé ses petites oreilles et l'observait avec attention. « Et toi, ça va ? », demanda Draco en fronçant les sourcils.
Il réalisa alors qu'il n'avait pas posé cette question à son meilleur ami depuis… Merlin, ça remontait à Mathusalem. Draco se sentit brutalement comme le garçon le plus égoïste de la Terre. Blaise renifla et haussa les épaules.
« Tu n'as plus aucun souvenir de ce jour-là, pas vrai ? », demanda Blaise en détournant le regard vers l'horizon.
Le souffle de Draco se bloqua dans sa poitrine. Encore une fois, l'Italien parvenait à lire en lui comme dans un livre ouvert. La question était : depuis quand avait-il compris ? Comme Draco ne répondait pas, il reprit.
« Parce que si tu savais quelque chose, tu l'aurais dit depuis longtemps… »
Draco pinça les lèvres. Il sentit le Chartier lui mordiller doucement l'index mais ne fit pas le moindre geste pour le chasser.
« Je l'ai compris, au bout d'un moment », continua Blaise en baissant les yeux. « Tu ne parles pas parce que tu ne le peux pas, mais parce que ce que tu as à dire signifierait qu'elle est sûrement… » Le brun releva les yeux vers son meilleur ami et lui adressa un regard humide, le suppliant de lui dire qu'il se trompait, que pour une fois il n'avait pas su déchiffrer ce qu'il se passait dans la caboche têtue de Draco Lucius Malfoy.
« Je suis désolé… », souffla Draco d'une voix à peine audible.
« Ce n'est pas de ta faute », s'empressa de répondre Blaise en se raclant la gorge. « Je suppose qu'on n'avait pas le droit non plus de tout mettre sur tes épaules… On s'est raccrochés à toi comme à une foutue bouée, comme si un seul petit mot de toi pouvait tout arranger et la ramener. Potter avait raison, on est des lâches… »
Draco secoua la tête, tandis que le Chartier jouait avec l'un des boutons de sa veste. « On n'est pas des lâches, on fait simplement ce qu'on peut… », souffla-t-il en ignorant le regard triste de Blaise.
A cet instant, la porte-fenêtre s'ouvrit et Ron, accompagné de Ginny, apparurent sur le seuil. Ginny referma derrière elle et Blaise passa précipitamment sa manche sur ses joues. « Ah vous êtes là ! », fit Ron en approchant. « Qu'est-ce que vous faites ? »
Draco se retint de lever les yeux au ciel. « A la base, j'étais venu prendre l'air et profiter de quelques minutes de solitude… », maugréa le blond, ce qui fit à Ron l'effet d'une douche froide.
« Ok, compris, on s'en va si on dérange », grinça le rouquin en tournant les talons.
Draco pivota sur son siège pour le regarder. « C'est bon, ça va, Weasley. Vous m'avez acheté un chouette cadeau, vous pouvez rester… »
Ron fronça les sourcils, mais revenant néanmoins sur ses pas. « Que faut-il en déduire ? Que si notre cadeau avait été naze, tu nous aurais demandé de foutre le camp ? »
Le blond lui adressa un regard impénétrable. « Peut-être bien que oui, peut-être bien que non. »
Blaise étouffa un rire, bientôt imité par Ginny. C'était tellement bon d'entendre à nouveau Draco Malfoy parler et encore mieux, se chamailler avec quelqu'un… Ginny prit place sur le banc à côté de Blaise et Ron l'imita. Mais pour cela, il fallut que tout le monde se décale, ce que fit Draco en cédant cette fois à la tentation de lever les yeux au ciel. Pour les quelques minutes de solitude, c'était définitivement râpé.
~o~
Le baiser de Nott, aussi désagréable fut-il, avait plongé Hermione dans un sommeil de mort pendant près de 48 heures. Pas un seul rêve, pas un seul son, pas une seule sensation n'avait troublé son repos, si bien que lorsqu'Hermione ouvrit les yeux, elle eut presque l'impression de ne les avoir fermés qu'une demi-seconde. Tout en étant parfaitement reposée. Une sensation vraiment étrange.
Il y avait autre chose qui était étrange. Le matelas de sa cellule lui paraissait beaucoup plus moelleux. Les yeux d'Hermione balayèrent l'obscurité autour d'elle. Elle n'était plus dans sa chambre forte. Et elle était étendue sur un immense lit recouvert d'une couette chaude et épaisse. Elle tourna la tête sur sa gauche. Le soleil filtrait à travers les volets à persiennes et les rayons de lumière traversaient la pièce sombre de part en part. Hermione y voyait danser quelques particules de poussière en suspension dans l'air. En dehors de ça, le silence était total. Avec des gestes lents et prudents, Hermione sortit du lit et se dirigea vers la porte. Le parquet ancien craqua légèrement sous son poids et elle se figea, l'oreille aux aguets. Nott était-il là ? La réponse lui parvint sous la forme d'une petite voix moqueuse dans sa tête.
Oui, je suis là. Je suis dans le salon. Viens.
Hermione serra les poings. Elle était à peine éveillée depuis quelques secondes qu'il s'invitait déjà dans son cerveau. Furieuse, elle envisagea de se recoucher, pour le seul plaisir de ne pas lui obéir, mais à son grand désarroi, ses pieds ne semblèrent pas de cet avis et la firent sortir de sa chambre, pour rejoindre le salon. Et effectivement, il était là, tranquillement assis sur l'immense canapé. A lire.
Il tourna un visage souriant dans sa direction et ferma son bouquin pour le poser sur ses genoux.
« Hermione… », la salua-t-il avec une expression qui la fit frissonner d'appréhension.
« Pourquoi est-ce que je ne suis plus dans … », commença-t-elle d'une petite voix en désignant le couloir.
Nott haussa les sourcils. « Ça te manque ? », railla-t-il avec un sourire narquois. « On peut y remédier, si tu veux. »
Hermione secoua la tête précipitamment. « Non. »
Théo gloussa et tapota le sofa à côté de lui. « Viens par-là. »
« Pas question », rétorqua aussitôt Hermione en reculant d'un pas.
Le jeune homme soupira et leva les yeux au ciel. « Parce que tu crois que tu as le choix ? »
« Oui, parfaitement. »
Le visage de Nott s'assombrit et il tourna vers elle un regard menaçant. « Viens. T'asseoir. Immédiatement », siffla-t-il en la fixant.
Encore une fois, Hermione voulut reculer, mais comme un peu plus tôt dans sa chambre, son corps ne lui répondait plus. Impuissante, elle sentit ses jambes approcher toutes seules du sofa, se plier, et l'instant d'après elle se trouvait assise aux côtés de son bourreau. Des larmes affluèrent dans ses yeux et elle se mit à trembler.
« Qu..Qu'est-ce que tu m'as fait ? », balbutia-t-elle, d'une voix aiguë.
Nott sourit et passa un bras autour de sa taille pour la serrer contre lui. Il posa sa tête sur l'épaule d'Hermione et murmura dans son oreille. « Tu voulais dormir, je n'ai fait que t'aider… J'ai dû oublier de mentionner qu'il y aurait quelques effets secondaires. »
Hermione laissa échapper un sanglot terrifié. Elle aurait voulu bouger, le repousser, se soustraire à son étreinte répugnante, mais cela lui était impossible. Hermione n'était plus aux commandes de ses propres membres.
« Pourquoi ? », couina-t-elle tandis qu'une larme roulait sur sa joue gauche. « Pourquoi est-ce que tu me fais ça ? »
Nott soupira et repoussa une mèche des cheveux d'Hermione derrière son oreille, dévoilant sa joue, son cou, qu'il caressa doucement. « Combien de fois faudra-t-il que je te le répète, Hermione ? », souffla-t-il en effleurant son épaule de ses lèvres. « Je te voulais pour moi tout seul. J'ai réussi. Vive moi. »
Hermione fronça les sourcils et renifla. Elle tourna ses yeux humides vers lui et le fusilla du regard. « Je ne serais jamais à toi, Nott. Je me battrai, je-
« Parce que tu crois être en mesure de le faire ? », ironisa-t-il en la lâchant. Hermione en profita pour se lever et se mettre aussitôt hors de sa portée. « Ok, je vais te montrer. On va jouer à un petit jeu, toi et moi. Prête ? »
Hermione lui adressa un regard pétri d'incompréhension. « Hein ? »
« Ça s'appelle 'Jacques a dit' ! », claironna Nott en appuyant sa tête sur le dossier du sofa. « Tu connais 'Jacques a dit', Hermione ? »
Le ton faussement enjoué de Nott la terrorisait. Hermione se mit à trembler et ne dit rien. La tournure que prenait la conversation ne lui plaisait absolument pas. Comme elle ne semblait pas disposée à répondre, Nott haussa les épaules.
« Peu importe, la règle est très simple. Jacques a dit … fais un tour sur toi-même. »
Horrifiée, Hermione se sentit pivoter sur ses deux jambes, jusqu'à effectuer un parfait 360 degrés. C'est pas vrai…, hurla-t-elle intérieurement.
« Jacques a dit … va me chercher une boisson dans le … quoi, déjà ? Ah oui, fri-gi-daire », reprit Nott en la regardant partir en direction de la cuisine, ravi. Lorsqu'elle revint avec une canette fraîche de thé glacé, qu'elle lui tendit docilement, il éclata de rire et fit claquer la languette d'aluminium avant d'en boire quelques gorgées. L'expression d'Hermione se décomposait à vue d'œil.
« Je te déteste, Nott… je te hais, tu n'es qu'un … un putain de détraqué, un malade mental, un-
« Jacques a dit, ferme-la », gronda-t-il en plissant les yeux. Aussitôt, Hermione referma la bouche et n'émit plus le moindre son. Seuls ses yeux furieux continuaient de dévisager Théodore comme s'ils ne rêvaient que de le désintégrer d'un simple battement de cils. Le jeune homme se leva du sofa et se planta juste devant Hermione. Les insultes n'avaient pas eu l'air de lui plaire et tout sourire avait quitté son visage. Visage qu'il colla littéralement contre celui d'Hermione, plongeant ses iris noirs dans les siens. Hermione sentit instantanément toute volonté la quitter.
« Jacques a dit : saute par la fenêtre… », siffla-t-il, furieux.
« N-non… », supplia Hermione tandis que ses pieds la menaient tout droit vers l'une des grandes fenêtres qui surplombaient le petit parc verdoyant. Elle vit ses mains tourner la poignée, ouvrir les deux battants. Elle sentit ses jambes s'élever pour grimper sur le rebord et ses mains s'agrippèrent au garde-fou en fer forgé. Elle était en train de passer une jambe par-dessus la rambarde lorsque la voix de Théodore s'éleva de nouveau. « Ne bouge plus. Regarde en bas. »
Hermione s'exécuta et frémit. Elle avait toujours eu le vertige, mais là suspendue au-dessus du vide, elle sentit presque littéralement son estomac se retourner. Soudain, elle réalisa. Elle était dehors. La fenêtre était ouverte, elle pouvait peut-être attirer l'attention de quelqu'un. Un voisin ? Un passant ?
« N'y pense même pas, Hermione », gloussa Théodore en secouant la tête. « Je t'interdis d'émettre le moindre son. »
Hermione tenta effectivement de hurler mais sans succès. S'il avait toujours une longueur d'avance sur elle, elle ne s'en sortirait jamais… Elle entendit Nott approcher et il posa ses mains de chaque côté de son corps, sur le fer forgé. « Tu crois toujours être en mesure de me résister ? »
La Gryffondor ferma les yeux et d'autres larmes rejoignirent les premières le long de ses joues. Lentement, elle secoua la tête en signe de dénégation. Théodore retrouva aussitôt le sourire et ses bras saisirent Hermione par la taille et sous les genoux pour la ramener à l'intérieur. Sans la reposer par terre, il pencha la tête et souffla doucement dans son cou.
« Qu'est-ce que t'en dis, Hermione ? Quel ordre pourrais-je te donner ensuite ? », susurra-t-il tandis qu'Hermione tentait en vain de reculer sa tête.
« Demande-moi de te tuer, j'obéirai avec plaisir », grinça-t-elle en le dévisageant avec fureur.
Théo éclata de rire. « Je n'en doute pas … » Il la laissa reposer les pieds sur le plancher mais la tint serrée contre lui. « Et si … je te faisais oublier jusqu'à l'existence de ton cher Draco ? »
Hermione ouvrit grand les yeux, horrifiée. Non, pas ça. Tout sauf ça…
Nott ouvrit la bouche pour ajouter quelque chose mais un carillon retentit dans l'appartement. Hermione sursauta violemment et Théo tourna la tête en direction de l'entrée. « Ah, ça doit être les sushis… » Il lâcha aussitôt Hermione et partit en direction de la porte d'entrée, comme si de rien n'était.
HEIIIN ?, pensa Hermione, déboussolée par cette situation surréaliste.
« Bien entendu, tu ne bouges pas, tu ne fais pas le moindre bruit, et caetera, et caetera, tu vois le topo … », l'avertit Nott en ramassant un billet sur le meuble de l'entrée.
Oui, elle voyait le topo. Quand bien même elle aurait voulu désobéir, elle en était incapable. Elle entendit donc, désespérée, le livreur déposer les plats, encaisser le billet de 50 euros que Nott lui tendit et repartir, sans pouvoir signaler sa présence. Dès que Nott eut refermé derrière lui et reparut avec leur repas, Hermione se força à penser à tout sauf à Draco. Avec un peu de chance, Nott aurait oublié ce qu'il avait évoqué juste avant que la sonnette ne retentisse. C'est ce qui s'appelle être sauvée par le gong, pensa Hermione avant de se maudire d'avoir eu cette pensée. Elle devait surveiller ses idées si elle voulait en garder certaines pour elle-même… Séchant ses larmes, elle inspira plusieurs fois profondément pour reprendre ses esprits.
« A taaable », chantonna Nott en posant les sacs en plastique remplis de mets japonais sur la table.
Hermione secoua la tête. « Je suis en plein délire … »
« Ramène tes fesses, Granger, on mange », gronda Théodore en s'asseyant. Hermione, forcée d'obéir, vint s'asseoir en face de lui et grimaça. Elle regarda Théo déballer makis, sushis, riz, salade de chou blanc et brochettes, sans bouger d'un poil. L'ignorant superbement, il prépara sa sauce soja, déballa ses baguettes jetables, et commença à manger. Hermione mourait de faim elle aussi, mais céder aussi facilement, ça jamais.
« Alors, on n'est pas bien, là ? Toi, moi, la livraison à domicile ? », ironisa Théodore avant d'avaler un maki au saumon.
Hermione le toisa avec mépris. « Alors c'est comme ça qu'on va vivre, à partir de maintenant ? Moi te haïssant un peu plus chaque jour, pendant que tu me donneras des ordres pervers que je ne pourrai refuser, pour finir chaque soir par se retrouver en tête à tête autour d'un plat de sushis ou d'un repas que j'aurais préparé avec amour pendant que tu es au travail ? »
Nott se figea, les baguettes en l'air, puis un sourire moqueur étira ses lèvres et il lui adressa un clin d'œil. « Voyons, chérie, ce n'est pas ce que font tous les vieux couples ? »
Hermione se mordit la lèvre et un rictus de colère déforma ses traits. Puis d'un geste vif, elle saisit une paire de baguettes jetable, les déballa avec humeur et fit glisser une boîte en plastique pleine de sushis devant elle. Puis d'une voix faussement enjouée, elle répondit : « A ta place, je garderais précieusement le numéro du livreur, Théodore. Car je peux te jurer que les seuls plats que je te préparerai comprendront tous une dose non négligeable de substances mortelles. Bon appétit, chéri. » Et avec un large sourire hypocrite, elle engloutit un premier sushi, sous le regard mi-agacé, mi-amusé de Nott.
~o~
Harry Potter transplana dans un craquement sonore et arriva près de l'entrée du cimetière de Highgate, en périphérie de Londres. Quand il était enfant, Harry avait eu l'occasion de visiter plusieurs fois les lieux et avait toujours apprécié l'atmosphère étrange qui y régnait. Le cimetière naturel ne possédait pas de parterres bien nets, ni d'allées bien dessinées. La nature y exerçait pleinement ses droits et les arbres poussaient entre les tombes, soulevant quelques dalles à la force des racines, les mauvaises herbes recouvraient certaines épitaphes et une brume fantomatique y flottait à la nuit tombée. C'était un magnifique endroit. Du moins, ça l'était jusqu'à ce qu'Hermione y soit enterrée.
Le gardien à l'entrée leva la tête et le reconnut. Il ne prit même pas la peine de lui signaler qu'il ne restait plus qu'une demi-heure avant la fermeture. Harry le savait. Et pour cause, il était venu presque chaque fin d'après-midi depuis deux mois et demi. Deux mois et demi de solitude, pendant lesquels il avait fait un bilan peu reluisant de sa vie. A vrai dire, cela faisait près de quinze jours que cette vie d'ermite commençait à lui peser mais Harry n'avait tout simplement pas eu le courage de faire un pas vers Ron. Vers Ginny. Vers n'importe qui, en fait. N'importe qui à part Hermione sous sa dalle de granit.
Le Survivant se fraya un chemin entre les tombes éclatées et les anges de pierre bancals, courbant l'échine pour éviter une branche, faisant un écart pour contourner un caveau… Comme chaque jour, il s'attendait à trouver la stèle d'Hermione, croulant sous les fleurs, les plaques à messages divers. « A notre amie. » « L'amitié est un lien qui ne s'efface pas. » « Berce son repos de ton chant le plus doux. » Comme chaque jour, Harry s'attendait à devoir retirer les fleurs fanées, redresser les plaques renversées par le vent, épousseter le nom gravé en lettres dorées.
Il contourna un dernier caveau et s'arrêta. Il y avait déjà quelqu'un. Et pas n'importe qui. Le premier réflexe d'Harry fut de tourner les talons, en espérant que le visiteur ne l'ait pas vu. Peine perdue.
« Potter ? »
Harry se figea. Merde. Lentement, Harry pivota et se retourna en direction de la tombe d'Hermione. Malfoy était assis dessus, le dos contre la pierre verticale. Il avait l'air d'aller beaucoup mieux que la dernière fois qu'il l'avait vu. Ce qui était un peu normal, vu que la dernière fois, Malfoy ne bougeait pas, ne parlait pas et se trouvait dans un lit d'hôpital dans un état végétatif avancé.
« Malfoy. »
Soudain, quelque chose de petit et rapide bougea furtivement sur la droite d'Harry et le jeune homme fit un bond sur le côté. Mais ce n'était … qu'un furet ?!
« Qu'est-ce que c'est que ce machin ? », s'écria Harry, que la bestiole avait surpris.
« Mon cadeau d'anniversaire », répondit Malfoy, en tapotant le granit avec ses ongles pour appeler le Chartier. L'animal obéit et vint se blottir contre son maître, non sans jeter un regard curieux en direction d'Harry.
Ce-dernier arborait d'ailleurs une mine gênée. « Oh euh … joyeux anniversaire. »
« C'était il y a deux semaines », répondit laconiquement Draco.
Le silence retomba entre eux et Harry se mit à danser lentement d'un pied sur l'autre, mal à l'aise. « Bon, euh, je vais te laisser … », marmonna-t-il en faisant mine de s'en aller.
« Alors c'est là que tu te planques depuis tout ce temps ? », demanda Draco sur un ton légèrement amer, alors qu'Harry lui tournait déjà le dos.
« Pardon ? », fit le Survivant en se retournant, une expression légèrement vexée sur ses traits.
« C'est très propre ici, j'en déduis que quelqu'un doit venir souvent… », reprit Draco avec un regard accusateur.
Harry ouvrit la bouche, la referma. Puis la rouvrit. « Et quelque chose me dit que toi, en revanche, c'est la première fois ? », répondit-il sur le même ton. L'expression de Malfoy lui indiqua qu'il avait touché un point sensible. Oui, c'était probablement la toute première fois que Draco Malfoy se rendait sur la tombe d'Hermione Granger. Harry regretta aussitôt ses paroles, mais c'était trop tard.
« Pourquoi tu ne contactes pas les belettes ? », demanda Draco en grattant son Chartier derrière ses petites oreilles.
« En quoi ça te concerne ? », rétorqua Harry du tac au tac.
« Ça me concerne, parce que mon Manoir c'est devenu Weasleyland au cas où tu ne serais pas au courant… », répondit Draco en haussant un sourcil.
« Et ça te dérange ? »
Le blond haussa les épaules. « J'ai pas dit ça. »
Harry baissa les yeux. « Crois-le ou pas, ils sont mieux sans moi. »
Draco hocha la tête avec une expression dubitative. « Si tu le dis … »
Nouveau silence.
« Bon, je vais te laisser … te recueillir ou … faire ce que tu faisais avant que j'arrive », marmonna Harry en essayant à nouveau de prendre la poudre d'escampette.
« J'ai déjà eu tout le temps de me recueillir, Potter », gronda Draco en le fusillant du regard. « Reste ici. Si je reviens au Manoir et que je leur dis que je t'ai vu puis laissé filer, ta petite amie va me cuire en court-bouillon. »
Harry soupira et s'assit dans l'herbe en face de Malfoy et de son animal. « Depuis combien de temps tu es là, au juste ? »
« J'en sais rien, je suis parti juste après le déjeuner… », répondit le blond en haussant les épaules.
Harry fit des yeux ronds. « Malfoy, il est cinq heures et demie de l'après-midi. »
« Déjà ? », s'étonna le Serpentard en haussant les sourcils. « Hmm… Je ferais peut-être mieux de rentrer. Blaise doit s'inquiéter, il avait peur que je lui fasse un plan à la Roméo et Juliette en voyant sa tombe… Tu veux venir dîner ? »
Cette conversation était tellement surréaliste qu'Harry eut l'impression de rêver. « J'ai bien entendu, tu me proposes de venir dîner ? Chez toi ? »
Malfoy hocha silencieusement la tête, puis devant l'expression incrédule d'Harry, il soupira. « Bon, écoute, Potter, je vais être franc avec toi. Il faut vraiment que tu viennes récupérer ton pote. »
« Pourquoi ça ? », grinça Harry.
« Pour plein de raisons », répondit Draco. « Primo, parce qu'il est en train de me voler mon meilleur ami. Secundo, parce que je suis allergique aux roux. Mais genre, vraiment allergique, tu vois ? J'ai d'abord des boutons qui me poussent sur le visage, ensuite ça gonfle, j'ai le souffle court, les yeux qui grattent, le nez qui-
« C'est bon, je m'en vais », grommela Harry en faisant un geste pour se relever.
« Et aussi parce que sans toi, c'est devenu une loque », l'interrompit Malfoy, sur un ton de nouveau sérieux. Harry le regarda en fronçant les sourcils.
« Et tu te soucies du bien-être de Ron, parce que … ? », demanda Harry, l'ironie palpable dans sa voix.
« Parce que lui et un pourcentage non négligeable de sa fratrie m'ont offert un chouette cadeau d'anniversaire, un truc vraiment utile, tu vois ? », reprit Malfoy en plantant ses yeux gris dans ceux de Potter. « Et le problème, c'est que je n'aimerais pas être redevable d'un Weasley… » Harry leva les yeux au ciel. « Comme je n'ai aucune idée de sa date d'anniversaire… » Alors qu'Harry ouvrait la bouche pour lui donner l'information, Malfoy leva une main pour l'empêcher de parler. « Non, Potter, je me fous de sa date d'anniversaire comme de ma première boîte de gel pour les cheveux. Tout ce que je sais, c'est que la seule idée cadeau que j'ai pour le remercier se trouve en ce moment en face de moi. »
Harry le fixa un moment sans rien dire.
« Potter, il est temps. »
Harry baissa les yeux et hocha la tête.
« Je sais. »
Un ange passa, puis le Survivant détourna le regard. « Et Ginny, est-ce qu'elle… »
« Oui, elle est là aussi », répondit Draco doucement.
Harry pinça les lèvres. A la seule expression du Survivant, Draco savait que la partie était gagnée.
« Pars devant, Potter, je te rejoins à l'entrée du cimetière. Et t'avises pas de te tirer », lâcha Draco en se levant pour replacer les pots de fleurs décalés et ôter les fleurs fanées. Harry se leva à son tour, recula et repartit en sens inverse, quelque peu troublé. Il n'arrivait pas à savoir si Malfoy avait fait ça uniquement pour se débarrasser de Ron ou s'il le faisait vraiment pour le remercier et parce qu'il s'inquiétait pour lui. L'idée de revoir tout le monde le terrorisait, mais Malfoy avait raison : il était temps. Il n'y avait plus de Mage Noir susceptible de mettre leurs vies en danger, plus de guerre, rien. Alors pourquoi s'empêchait-il de vivre une vie normale et heureuse ? Merlin, Ginny allait le tuer dès qu'il passerait le seuil… Ou le serrer dans ses bras. Ou le serrer dans ses bras ET le tuer. Et pour la première fois de sa vie, l'idée qu'une personne veuille attenter à ses jours fit sourire Harry James Potter.
Draco acheva de remettre de l'ordre sur la stèle d'Hermione et son regard s'arrêta sur la petite photo ovale, juste au-dessous des dates de naissance et de décès. Hermione lui souriait de toutes ses dents et il ne put s'empêcher d'avoir envie de lui sourire en retour.
« Je t'avais dit que j'arriverais à le faire venir… Vraiment trop prévisible, ton pote », marmonna Draco en secouant la tête.
Puis son sourire s'effaça. Celui d'Hermione, en revanche, restait figé comme si elle était condamnée à sourire sans raison pour l'éternité. Draco plongea la main dans la poche de sa veste et en sortit une petite boîte. Il l'ouvrit et à l'intérieur, retenues par une petite pince en métal, se trouvaient trois minuscules plumes de Jobarbille. Draco pinça les lèvres et referma la boîte. Regarder ces plumes lui faisait du bien.
« Rogue a besoin d'en avoir 8 pour faire la potion », reprit-il en reportant son regard vers l'éternel sourire d'Hermione. Il étouffa un rire. « Par moments, j'ai juste envie de choper l'oiseau pour le plumer tout entier, histoire d'accélérer un peu le mouvement… Mais il est très beau et j'ai envie que tu le voies, un jour. Si possible avec un maximum de plumes… » Le sourire de Draco s'effaça. « Enfin, si tu es … je veux dire, si tu n'es pas … » Il se tut, remit la boîte dans sa poche. « Je saurais bientôt ce qu'il t'est arrivé, Hermione. Je te le jure. »
Hermione lui sourit et Draco secoua la tête.
« Merde, alors, j'ai invité Potter à dîner chez moi. Le vieux va vraiment faire une attaque quand il saura ça. »
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Et voilà c'est terminé pour aujourd'hui ! Alors qu'en avez-vous pensé ? Dans le prochain chapitre, on retrouvera Aria et Lucius, et vous saurez enfin en quoi consiste le lien qui unit Théo et Hermione. On aura droit aussi aux retrouvailles avec Harry. Tout un programme !
Petit sondage : Je me creuse la tête mais je n'arrive pas à trouver de nom sympa pour le Chartier ! Vous avez des idées ? Quelque chose d'original ou qui rappelle la relation de Draco et d'Hermione ! Je sélectionnerai celle de vos propositions qui me plaira le plus !
J'espère que ce chapitre vous aura plu. Draco va beaucoup mieux et ça fait plaisir… J'ai hâte de lire vos reviews et vos propositions de nom pour le Chartier !
Bisous et à lundi prochain
Xérès
