The Rise and Fall
Les blas-blas de Xérès : ANNONCE OFFICIELLE ! Comme je l'ai déjà révélé à certains d'entre vous, Rise aura droit à un SEQUEL. Je vais donc clore cette fiction et nous retrouverons les personnages pour une suite, qui aura lieu une dizaine d'années après, lorsque les premiers enfants nés-Moldus et génétiquement modifiés arriveront dans les écoles de magie du monde entier… Vous verrez que le monde aura bien changé (celui des Moldus aussi) ! Je suis déjà en train de bosser sur l'intrigue et j'ai de bonnes idées et éléments prometteurs sur lesquels m'appuyer… Et of course, ce sera un Dramione (évidemment).
Trêve de bavardages, place à la lecture !
Merci à mes nouveaux followers (doriiane421, A Strange Cat, Katil, Rosaline-Narcisse, Piink Apple, Sorrox, Black-Shika, Camiches), à Piitchoun, BewitchingWords, Erza Robin, Eliane Gil, La, castfan, steiil, PetitMilou, Lyly, ellexa, SilverPink69, Goutte-de-Mer, Melusine Oriki, Areka Motionless, Celia, Petitestef, Paloma, Lune-Bleue22, faerycyn, Anthracite77, Hardcoredrugs, Loufoca-Granger, Alaska66, laloudu77, Alizeta, MissMalefoy03, Mione159, K.G. Pierce, Carboplatine, chrystelleB, Kendy, AydenQuileute, MellifluousCascade pour leurs reviews et à tous ceux qui m'ont laissé un petit message sur Facebook !
RAR :
La : c'est vrai que Lucius et Harry sont marrants tous les deux. A chaque fois que j'écris une scène où ils œuvrent ensemble, j'ai le générique de « Minus et Cortex » dans la tête. Si jamais tu ne vois pas de quoi je parle, je te recommande un petit tour sur cette magnifique bibliothèque de connaissances loufoques qu'est Youtube. Huhu, je savais bien que la scène finale entre Hermione et Théo vous donnerait des sueurs froides… XD Merci à toi et bisous !
Lyly : Merci pour ta review ! Théo est complètement dans son délire, en fait. Il est persuadé qu'une fois arrivé au bout de ses plans, Hermione oubliera comme par magie tout ce qu'il lui a fait subir et qu'ils vivront ensemble et heureux comme des rois. En tant que sociopathe, il manque complètement d'empathie et ne comprend pas pourquoi Hermione souffrirait d'avoir été violée, séquestrée, etc.
Ellexa : Merci pour ta review ! Ne t'en fais pas, Hermione va négocier avec le grimoire, hihi. Et ne t'inquiètes pas non plus pour Aria, tu verras, Lucius veille au grain ! Bisous !
Celia : J'espère que ce nouveau chapitre te plaira ! Il est encore plus riche en action que le précédent ! Blondasse est également au rendez-vous ! ahah Bises et merci pour ta review !
Alizeta : ouaah tout sans t'arrêter ? Chapeau ! J'espère que tu aimeras aussi la suite ! Et effectivement, la scène de Buffy dont tu parles m'a beaucoup inspirée pour le chapitre 11, les saisons où Willow devient une puissante sorcière sont mes préférées. ^^ Merci pour tes reviews !
MissMalefoy03 : Oui, Draco et Hermione se retrouvent très très très bientôt (genre, là, maintenant, tout de suite, juste en bas, lààààà) XD Et ensuite ils seront bel et bien toujours en couple dans le sequel de Rise (qui commencera à l'automne).A bientôt et merci à toi pour ta review !
Paloma : Ah ah, j'ai bien fait finalement de libérer Aria car je lui ai donné un rôle super classe dans le sequel et ça aurait été dommage de passer à côté. La beuverie c'était chouette, on a beaucoup rigolé et ça faisait du bien :D Gros bisous et merci )
Kendy : Merci pour ta review ! Désolée de t'avoir bouleversée à ce point ^^ J'espère que la suite t'a plu, en tous cas !
Chapitre 46 : See No Evil
Lorsque Lucius Malfoy était rentré après avoir déposé Aria chez elle, il avait constaté que la tension était montée d'un cran au Manoir. A peine avait-il mis un pied dans le hall qu'un concert de hurlements furieux avait agressé ses précieux tympans d'aristocrate. Ça criait dans la salle à manger. Ou plus précisément, la gamine Weasley s'égosillait et son frère, ainsi que Potter, tentaient tant bien que mal de couvrir ses beuglements à l'aide de leurs propres cordes vocales. Pour une raison qu'il ne s'expliquait pas, Lucius ne se sentait pas la force d'intervenir ni même de supporter les hurlements sans rien dire. D'un pas lent, il était donc remonté s'allonger dans sa chambre et avait fermé les yeux quelques heures.
Il ne comprit véritablement le pourquoi du tumulte qu'en fin de journée, lorsque Narcissa et l'ensemble des adolescents partirent en expédition groupée à la Chaumière aux Coquillages, où se trouvaient Bill, Fleur (apparemment enceinte, au grand dam de Ginny) et Molly Weasley. Juste avant d'essayer de le convaincre de les accompagner, Narcissa lui avait glissé à l'oreille que le Survivant et son meilleur ami avaient décidé d'un commun accord de laisser Ginny à la garde de sa mère et de son frère aîné Bill pendant qu'ils iraient en reconnaissance en France, le lendemain. Avec l'adresse délivrée par Augustus, ils avaient une piste et même si elle ne semblait pas dangereuse, Potter refusait catégoriquement d'impliquer Ginny. La jeune fille avait bien entendu protesté violemment, mais en vain. Ils profiteraient donc d'une visite de courtoisie sur la falaise pour y déposer la rouquine et ses affaires. Bien que cette idée rebute la jeune concernée, elle réjouissait Lucius, lequel voyait dans son départ le commencement d'un exode providentiel dont le grand final serait l'éradication pure et simple de toute forme adolescente qui ne soit pas de près ou de loin un descendant de la lignée Malfoy. En gros, de la tranquillité. Il avait ensuite feint la fatigue. Non, Narcissa, j'ai besoin de repos. Non, je n'ai pas envie de venir. Mais bien entendu, n'oublie pas de saluer les Weasley de ma pa-, non je plaisante, ils peuvent crever. Narcissa lui avait fait les gros yeux et avait fini par le laisser en paix. Et pour la première fois depuis son retour d'Azkaban, Lucius Malfoy avait enfin pu profiter de son Manoir au calme.
Cinq minutes. Le temps qu'il lui fallut pour comprendre ce qui lui minait le moral depuis le matin. Une impression terrible de ne pas avoir achevé quelque chose. De ne pas avoir fait correctement son travail. Ni une ni deux, il avait remonté l'allée de sa propriété et avait transplané.
Lansdowne Road.
Quelques heures à peine après l'avoir quittée, voilà qu'il était de retour dans cette rue. Elle était déserte, ce serait parfait pour y faire ce qu'il avait prévu. Tirant à moitié sa baguette de son fourreau, il se mit à observer les environs. Quelle était sa maison, déjà ? Celle-ci avec les géraniums roses ou celle-là, avec sa boîte aux lettres bleue ? Approchant prudemment, Lucius se mit à détailler les noms près des sonnettes. Wellington… Travis… Connor… Ah, Stone…
« Qu'est-ce que vous faites là ? », fit une voix féminine sur sa droite. Lucius sursauta. Depuis l'intérieur du jardin, à moitié dissimulée derrière une gigantesque haie d'hortensias, Aria le dévisageait, une expression mi-ennuyée, mi-ravie sur ses traits.
« Hum… euh, eh bien, je… », balbutia Lucius, pris au dépourvu. « Je voulais m'assurer que tout allait bien. »
Aria baissa les yeux sur sa baguette qu'il tenait à la main. « Et vous avez besoin de ça ? », demanda-t-elle en fronçant les sourcils. « Je croyais pourtant avoir été claire. Je ne veux plus que qui ce soit m'approche avec ces trucs à la main. » Son ton était plus sec qu'elle ne l'avait voulu mais au cours des derniers mois, elle avait appris à craindre la seule vue de ces bouts de bois.
Lucius allait répondre lorsqu'une voix inquiète s'éleva depuis l'intérieur de la maison. « Aria, chérie, où es-tu ? »
Aria se retourna en direction des fenêtres ouvertes. « Toujours dans le jardin, maman ! » La jeune fille reporta son attention sur Lucius et grimaça. « Elle pose la question toutes les cinq minutes dès que je ne suis plus dans son champ de vision. On dirait qu'elle a peur que… je disparaisse à nouveau ou quelque chose comme ça… »
« Justement, je voulais faire en sorte que ça n'arrive plus », répondit gravement Lucius en esquissant un geste en direction de sa baguette. « Je pensais jeter quelques sortilèges de protection sur votre maison. Ainsi, vous et votre famille seriez à l'abri d'éventuels… sorciers mal intentionnés. »
« Vous voulez dire des gens comme vous ? », le provoqua intentionnellement Aria, sans en penser un traître mot. Mais Lucius ne s'offusqua pas.
« Des gens comme moi », acquiesça-t-il doucement. Aria hocha la tête et détourna un instant les yeux.
« Mais… ça ne fera pas mal ni rien, pas vrai ? », demanda-t-elle soudain. « Je ne veux pas que mes parents… Enfin, je ne leur ai rien dit, donc… »
« Vous ne vous rendrez compte de rien », assura Lucius en secouant légèrement la tête.
Aria opina du chef et recula de quelques pas. « Ok. Bon, je… je vais rentrer alors. » Elle se détourna, avança de quelques mètres puis se figea et revint sur ses pas. « Dites M. Malfoy… pourquoi est-ce que vous m'avez aidée ? Je me pose la question depuis ce matin… Je veux dire… Je représente tout ce que vous méprisez, non ? »
« Je hais, j'abhorre chaque centimètre carré de votre petit organisme Moldu, si ça peut vous rassurer, Miss Stone… », rétorqua Lucius avec une pointe de moquerie.
« Je m'en doutais », ironisa Aria avec un sourire en coin. « Mais dans ce cas, pourquoi me protéger encore maintenant ? »
Lucius la détailla un instant en silence. « Je n'en ai aucune foutue idée. »
Ils s'observèrent encore un moment puis Aria pinça les lèvres, réprimant un léger rire. « Je vois. Tout est plus clair, à présent. » Elle s'éloigna de nouveau et juste avant de passer le seuil de la maison, se retourna une dernière fois en direction de Malfoy. « Essayez de ne pas faire sauter la maison quand vous ferez… vos trucs », railla-t-elle en désignant sa baguette du doigt.
« Je vais tenter de me contenir », la rassura Lucius en dissimulant un sourire narquois. Aria gloussa et lui fit un petit signe d'adieu de la main. L'instant d'après, elle avait disparu. La jeune fille grimpa lentement à l'étage, le sourire aux lèvres. Sourire qui se changea en grimace lorsqu'elle entra dans sa chambre. Les posters sur les murs, la table de nuit débordant de bijoux fantaisies bariolés, le lit moelleux, les rideaux colorés flottant dans la brise du début de soirée… Pendant sa captivité, elle avait longtemps imaginé ce que ça lui ferait de retrouver sa vie, ses affaires. Elle s'était vue se prélasser entre ses draps soyeux, apprécier le soleil depuis le rebord de sa fenêtre, passer des heures à lire ses livres préférés dans une marée de peluches, couchée sur son lit. Mais jamais elle n'aurait pensé que tout lui semblerait aussi étrange, lointain, comme si elle se trouvait dans la chambre d'une autre personne. Une personne qu'elle n'était plus. Même ses parents, passé le bonheur de les serrer à nouveau dans ses bras, lui semblaient appartenir à une autre vie. Et leur manie de la dévisager comme si elle était une espèce en voie de disparition n'arrangeait rien. Tout avait changé. Perdue dans ses sombres pensées, Aria entendit soudain « le » bruit. Ce craquement si caractéristique qui avait retenti lorsqu'elle et Lucius avaient … (« transité », « transplosé » ?) bref, quitté le Manoir. Se précipitant à la fenêtre, elle constata que la rue était de nouveau déserte. Quoi qu'il ait fait à leur maison, Lucius avait fini et était parti. Un étrange et violent sentiment de solitude serra le cœur d'Aria.
« Chérie, tu viens à table ? », fit une voix toute proche, la faisant sursauter.
Aria se retourna et se retrouva face à son père. Il la regardait avec cette sempiternelle expression incrédule qui ne le quittait plus depuis ce matin, comme s'il craignait qu'elle ne soit qu'une illusion, qu'un rêve cruel dont il allait se réveiller d'une minute à l'autre.
« J'arrive, papa », répondit-elle en hochant la tête.
M. Stone pinça les lèvres et lui adressa un pauvre sourire. « Je suis tellement content que tu sois rentrée à la maison, ma petite fille… », souffla-t-il, les yeux rouges.
Une boule se forma dans la gorge d'Aria et c'est d'une voix étranglée qu'elle lui répondit. « Ouais… moi aussi. » Elle regarda son père s'éloigner puis descendre au rez-de-chaussée et se retourna une dernière fois pour observer la grille, là où s'était tenu Lucius lorsqu'elle l'avait aperçu un peu plus tôt. Mais il n'y avait plus personne.
~o~
La nuit d'Hermione avait été agitée. Les événements de la journée (sa dispute avec le grimoire, son trou de mémoire, sa vision d'elle et de Théo) l'avaient chamboulée. Mais ils avaient également ouvert un éventail de possibilités qu'elle n'aurait pas imaginées auparavant. Le grimoire se lassait de Théodore. Pour une raison inconnue, il préférait lui appartenir à elle (ou qu'elle lui appartienne, tout dépendait du point de vue) et semblait prêt à tout pour que ce soit le cas. Certes, c'était effrayant mais Hermione y avait très vite vu une position de faiblesse. Si elle parvenait à faire miroiter au grimoire (ou plutôt à la chose qui se trouvait à l'intérieur) une éventuelle collaboration entre eux en échange d'un petit coup de pouce pour fuir, le tour serait joué. Les conséquences ? Elle y penserait plus tard, une fois de retour auprès de ses amis, de l'Ordre… et de Draco. Le cœur d'Hermione se serra à cette idée. Draco… l'avait-il oubliée ? Sûrement. Et elle ne pouvait pas l'en blâmer, puisqu'il la croyait morte. Si ça se trouve, il avait déjà une autre petite amie depuis le temps. Mieux valait ne pas trop espérer. Et si jamais il avait effectivement refait sa vie, s'il était à nouveau heureux, elle ne s'interposerait pas. Il avait le droit au bonheur, comme n'importe qui. Espérer qu'il n'ait jamais cessé de l'aimer même en la sachant morte, c'était de l'égoïsme pur et simple.
Hermione sentit des larmes affluer derrière ses paupières closes mais se reprit. Elle ne devait pas flancher. Elle ne devait pas se laisser aller à déprimer. Elle aurait besoin de toutes ses forces et de toute sa volonté pour mener son plan à bien. Cette fois, la Gryffondor comptait bien ne pas énerver le grimoire. Elle allait négocier. Il fallait qu'elle négocie. C'était sa seule chance de sortir d'ici.
Le lendemain matin, lorsque le réveil de Théodore sonna dans la pièce voisine et la réveilla, Hermione sentit aussitôt son cœur s'emballer. Tout en s'efforçant d'avoir l'air aussi normal que possible, elle alla prendre son petit-déjeuner, se retrouvant face à un Théodore Nott d'apparemment excellente humeur.
« Bonjour ! », la salua-t-il lorsqu'elle entra dans la cuisine. « Bien dormi ? »
Hermione leva les yeux au ciel et s'installa à table sans rien répondre. Mais cela ne sembla pas entacher l'entrain de son colocataire.
« Je sais bien que tu n'en as sans doute rien à faire, mais aujourd'hui est un grand jour pour la science ! », claironna Théo en déposant devant elle une assiette de pancakes fraîchement préparés.
« Pitié, dis-moi que tu as enfin décidé de faire don de tes organes à la médecine… », grommela Hermione, tandis que le jeune homme éclatait de rire.
« Non, je suis bien trop précieux pour ça ! », ironisa-t-il. Hermione roula des yeux et entreprit d'étaler une quantité non négligeable de pâte à tartiner sur ses pancakes. « Aujourd'hui, les essais cliniques commencent. Dans plusieurs pays d'Europe et du monde. Des centaines de femmes ont été sélectionnées pour porter nos BGM ! »
Hermione le regarda sans comprendre. « Vos quoi ? »
Nott gloussa et s'assit en face d'elle. « C'est une blague qu'on fait au bureau. BGM = Bébés Génétiquement Modifiés. »
Hermione avait toujours mis un point d'honneur à ne jamais laisser Nott la voir rire. Tout d'abord parce que l'occasion de rire était rare depuis quelques mois, mais surtout parce qu'elle refusait de lui donner cette satisfaction. C'est pourquoi elle fut soulagée d'être en train de boire une gorgée de jus d'orange lorsqu'un éclat de rire involontaire s'échappa de sa gorge. Elle s'étrangla violemment avec sa boisson et se mit à tousser. Parfait, son ricanement passerait pour de l'indignation.
« Vous êtes de sacrés comiques, dis-moi », rétorqua-t-elle sèchement, une fois sa quinte de toux passée.
« N'est-ce pas ? », railla Théodore en découpant l'un de ses propres pancakes. « Enfin bref. D'ici une dizaine d'années, les premiers enfants issus de ce programme déferleront dans toutes les écoles de magie de la planète. Année après année, toujours plus nombreux. La démographie des sorciers va exploser, nos deux mondes seront forcés de fusionner et accessoirement… je serais le petit enfoiré le plus riche que cette Terre ait jamais porté. »
« Ton choix de mots est on ne peut plus juste », maugréa Hermione en fixant ses pancakes avec un air grognon.
Théodore reprit soudainement son sérieux et l'observa par-dessus ses mains jointes, sur lesquelles il posa son menton. « Où voudras-tu qu'on s'installe, toi et moi ? », demanda-t-il en la fixant de ses iris d'ébène. « Les Seychelles ? Venise ? Bora Bora ? »
Hermione reposa placidement ses couverts et lui adressa un regard insolent. « Tout dépend. Est-ce que j'aurai droit à une cellule avec vue sur la mer ? », cracha-t-elle avec animosité.
Nott roula des yeux avec l'air de dire « ne fais pas l'enfant », ce qui agaça la jeune fille au plus haut point. « Quand est-ce que tu vas oublier cette histoire ? C'est du passé, Hermione… »
La Gryffondor ouvrit des yeux ronds. « Du pa-.. du passé ? Excuse-moi, mais ça m'a l'air encore bien présent et concret pour le moment ! », s'exclama-t-elle en désignant d'un geste les murs autour d'elle. « Et que dire de ce qu'il s'est passé avant, Théodore ? Tu sais ? Quand tu m'as violée dans ce cachot sombre et humide ? C'est du passé, aussi ? »
« J'espère simplement qu'avec le temps, tu sauras me pardonner », répondit-il, le visage fermé.
La mâchoire d'Hermione tomba littéralement sur sa poitrine. « Te pardonner ? » Elle n'arrivait pas à croire que cette conversation avait bien lieu. Ce type n'avait-il donc pas une once d'empathie ? Ou bien alors était-il convaincu qu'elle allait finir par tomber amoureuse de lui ? Dans tous les cas, c'était de la folie pure. « Comment pourrais-je te pardonner, dis-moi ? Comment pourrais-je arriver à me dire : 'ooh, pauvre Théodore, il a fait une grosse bêtise mais surtout, ne lui en tenons pas rigueur !' Ce n'était PAS UNE GROSSE BÊTISE, THÉO ! Tu as commis un crime ! Les crimes sont punis par la loi ! »
Théodore se leva en silence et déposa son assiette à moitié vide et ses couverts près de l'évier. Les lèvres et les mâchoires serrées, il traversa alors la pièce en direction du couloir. Mais il avait réveillé la lionne, et quand la lionne refermait ses griffes sur une proie, elle ne la lâchait plus avant d'en avoir terminé avec elle.
« Tu crois vraiment que tu vas te tirer comme ça, sans rien dire ? », s'énerva Hermione en se levant à son tour de table pour le suivre dans le couloir. Sans répondre, Théodore fila droit sur ses chaussures et commença à les nouer avec des gestes agacés. « Réponds ! Regarde-moi, un peu ! Sois un homme pour une fois ! Regarde-moi dans les yeux et ose me dire que ce que tu as fait n'était pas grave ! »
Théodore se redressa lentement et se planta devant Hermione, vissant son regard noir dans ses iris chocolat. « Je n'avais pas le choix », dit-il simplement.
« Bien sûr que si », souffla Hermione. La proximité du jeune homme avait toujours cet effet-là sur elle. Peu importait que sa voix atteigne des sommets dans les décibels, dès qu'il se tenait à quelques centimètres d'elle, la dominant de toute sa hauteur, elle n'était plus capable de produire autre chose que des murmures. « Tu aurais pu faire comme tous les gens normaux. Tu aurais pu m'inviter au Bal de Noël en quatrième année, tu aurais pu m'offrir un verre aux Trois Balais, me proposer de m'assoir à côté de toi en classe… Il y avait des millions d'autres moyens de te rapprocher de moi. »
Nott laissa échapper un rire moqueur. « Je t'en prie, Hermione. Jamais tu ne m'aurais accordé le moindre regard », cracha-t-il. « Je n'étais ni un Gryffondor, ni un héros. Je n'étais pas un talentueux joueur de Quidditch, ni un élève hors du commun, je ne risquais pas ma vie chaque année pour sauver le monde… » D'une main douce et légère, il vint caresser la joue d'Hermione. « …et enfin, je n'étais pas un petit agneau blessé et alcoolique élevé par des loups sanguinaires. Comment aurais-je pu t'intéresser ? »
Hermione ne sut quoi répondre. Elle se contenta de le regarder, les yeux écarquillés et la bouche entrouverte, essayant de repousser de toutes ses forces l'idée qu'il pouvait effectivement avoir raison. A bien y réfléchir, cela en disait long sur elle-même et ce qu'elle recherchait dans la compagnie d'autrui. Etait-elle vraiment si superficielle dans le choix de ses amis ? Tremblante, elle le regarda se pencher sur elle, sa main toujours sur sa joue, pour poser son front contre le sien. « Mais si ce n'est que le souvenir de cette nuit dans le cachot qui t'empêche d'avancer, je peux le faire disparaître… Il suffit que tu me le demandes… », souffla-t-il doucement.
Le souffle d'Hermione resta bloqué dans sa gorge. Le faire disparaître ? Oublier ? C'était tentant, mais jamais elle ne lui ferait confiance pour une telle chose. Qui savait quels autres souvenirs il pourrait supprimer. Draco ? Harry, Ron, Ginny, tout le monde ? C'était hors de question de prendre ce risque.
« Jamais », répondit-elle en le fusillant du regard, ce qui n'était pas chose facile étant donné le peu de distance qui les séparait. Hermione se sentit loucher. « Je refuse d'oublier quoi que ce soit. Bien que ce soit certainement le pire moment de toute ma vie, ça fait partie de moi. Je dois vivre avec. »
« Ou peut-être que tu ne veux pas oublier parce qu'au fond de toi, tu as envie de t'en souvenir… », murmura Théodore en glissant son autre main autour de la taille d'Hermione pour la serrer contre lui. Mais sa phrase incongrue fit l'effet d'un électrochoc à la Gryffondor. Elle le repoussa de toutes ses forces et avant qu'il ait pu réagir, lui assena une gifle magistrale. Avec une satisfaction incommensurable, elle vit la tête de Théo partir sur le côté et sa joue s'orner d'une large marque rouge. Mais le regard furieux qu'il lui adressa ensuite lui donna littéralement envie de fuir à toutes jambes. Elle avait signé son arrêt de mort.
Curieusement, rien ne se passa. Théodore se contenta de la toiser avec colère, puis empoigna sa veste, son attaché-case et leva les protections de l'appartement avant de le quitter en claquant la porte. Aussitôt, Hermione fondit sur la poignée pour tenter (bêtement) de sortir à sa suite, mais il l'avait déjà scellée derrière lui. Furieuse, elle saisit donc le premier objet qui lui tomba sous la main (un guéridon) et le jeta de toutes ses forces contre la porte d'entrée. Le pied du guéridon se descella et l'objet retomba en deux morceaux sur le parquet. Un geste complètement inutile, mais bon Dieu, ça faisait du bien.
Encore sous le coup de la colère, Hermione traversa à grands pas l'appartement, prenant son poste habituel à la fenêtre de la cuisine et attendit de voir Théodore traverser et tourner au coin de la rue pour se rendre dans la chambre du jeune homme. Quelques secondes plus tard, le grimoire était entre ses mains.
« Je suis prête à négocier », gronda-t-elle en fusillant le livre du regard.
Aussitôt, sa propre voix envahit son cerveau et elle entendit le livre éclater d'un rire ravi. « Je savais bien que tu finirais par changer d'avis… », fit la voix, tandis qu'Hermione levait les yeux au ciel.
« Est-ce que ça veut dire que tu me laisses lire le chapitre dont j'ai besoin ? Celui sur la magie sans baguette ? », demanda la Gryffondor.
« Oh, je t'en prie, parlons sérieusement », railla le grimoire. « Si tu me laisses coopérer, tu n'auras pas besoin de lire un traître mot. Je te ferais faire toute la magie que tu veux, sans baguette. A l'exception bien sûr du Transplanage. Non pas que ça soit impossible, mais le risque de Désartibulation est multiplié par 30. Et tu ne voudrais pas être désartibulée, n'est-ce pas ? »
Hermione pinça les lèvres. Non, elle ne voulait surtout pas risquer d'être désartibulée. Mais elle ne voulait pas non plus quitter un type qui la possédait pour être de nouveau possédée par un objet. « Je refuse de te laisser me contrôler avant d'être en lieu sûr », bluffa-t-elle. « Aide-moi à sortir d'ici et à me mettre en sécurité, et alors seulement je reconsidèrerai la question. »
Hermione entendit le livre grogner de dépit. « Dis donc, tu n'essaierais pas de me la faire à l'envers ? Tu n'oserais tout de même pas, hein, Hermione ? », grinça le grimoire. Comme la veille, sa voix changeait lorsqu'il s'énervait. Le timbre d'Hermione disparaissait peu à peu pour laisser place à quelque chose de beaucoup moins humain, plus guttural. La Gryffondor sentit les poils de ses bras se hérisser et elle jugea urgent de désamorcer la situation, si elle ne voulait pas encore perdre toute une journée comme la veille.
« Non ! », protesta-t-elle en secouant la tête. « J'ai juste… un peu de mal à faire confiance à qui que ce soit depuis que… enfin, bref. »
« Théodore ? », grinça le livre comme si ce seul prénom suffisait à résumer toutes les appréhensions de la jeune fille.
Hermione hocha la tête. « Théodore », répéta-t-elle, la mine sombre. Il y eut un silence, comme si l'entité qui se trouvait à l'intérieur du grimoire soupesait les options qui s'offraient à elle. Si comme elle le pensait, le livre souhaitait réellement changer de Maître, alors il ferait n'importe quoi pour y parvenir. Elle se trouvait donc bien en position de force. Pour l'instant, du moins… Elle devrait trouver plus tard un moyen de se soustraire à ses engagements, mais elle n'en était pas encore là.
« C'est d'accord », fit la voix. Hermione se retint de sauter de joie.
« Parfait », dit-elle simplement. « Comment ça va se passer ? »
« Très simplement », répondit le livre d'une voix ravie. « Ils ont déjà dû t'enseigner ce qu'étaient les baguettes à Poudlard, non ? »
Hermione réfléchit. « Oui. Ce sont des objets qui permettent aux sorciers de canaliser leur magie. Elles sont surtout essentielles aux sorciers en apprentissage et pour obtenir des sortilèges précis, mais beaucoup de sorciers âgés ou très expérimentés les mettent complètement de côté une fois la pratique maîtrisée. »
« Ah ah, une véritable encyclopédie sur pattes, j'adore ça », s'esclaffa le grimoire. « Exactement, ma chère. C'est tout à fait ça. Mais soyons honnêtes, je ne pense pas qu'on ait le temps d'apprendre à se passer d'une baguette dans les règles de l'art. Il va te falloir un petit coup de pouce. En l'occurrence, moi. »
Hermione se raidit. « C'est-à-dire ? »
« Je ferai office de baguette », expliqua le livre. « Serre-moi contre ton cœur et concentre-toi sur le résultat que tu désires obtenir. Tu l'as déjà fait, rappelle-toi. En rangeant tout ton bazar dans cette même chambre. »
Fouillant dans ses souvenirs, Hermione se revit en effet sur ce même lit, le grimoire serré dans ses bras tremblants, entendant la voix de Théodore l'appeler depuis l'entrée. Tout s'était rangé à sa place et elle avait attribué ce phénomène à la présence du grimoire. A tort, visiblement.
« C'était moi… », souffla-t-elle, abasourdie.
« Bien sûr que c'était toi », ricana le livre. « Enfin, toi et moi. C'est à ce moment-là que j'ai commencé à m'intéresser à ta petite personne, d'ailleurs. »
Hermione tendit le bras vers le volume et le souleva. Un frisson la parcourut aussitôt lorsqu'elle plaqua la couverture contre sa poitrine.
« Faisons quelques essais, Hermione… Pense et je m'occupe du reste. Alors, qu'est-ce qui te ferait plaisir ? », ricana la voix tandis qu'Hermione réfléchissait.
Balayant la pièce du regard, elle sut aussitôt ce dont elle avait envie. Détruire. Briser l'illusion, le simulâcre de vie normale qu'avait créé Nott en l'enfermant dans cette prison dorée.
« Tes désirs sont des ordres », siffla la voix dans sa tête.
Sur sa droite, une des lampes de chevet explosa. Hermione sursauta et se retourna en direction de l'explosion, au moment où un bibelot sur la commode se désintégrait et projetait une myriade d'éclats de porcelaine sur le sol. L'autre table de chevet se renversa et son tiroir fut projeté en travers de la pièce, tandis que le livre qu'il contenait répandait une nuée de pages dans son sillage. La vitre du placard éclata, se fissurant sur toute sa longueur et avec un grincement assourdissant, la commode se déplaça sur deux mètres avant de se renverser. Les divers documents qui emplissaient les tiroirs se répandirent sur la moquette et Hermione les regarda s'éparpiller, sidérée.
« Sortons de cette chambre, Hermione », lui susurra la voix. « Tu vas adorer. »
Avec des gestes lents, Hermione se leva du lit en prenant soin de ne pas marcher sur d'éventuels bris de verre. Elle atteignait la porte lorsqu'elle se figea. « Une minute », marmonna-t-elle en revenant sur ses pas. Elle tomba à genoux parmi les liasses de documents épars, déposa le grimoire sur le tapis et se mit à parcourir les feuilles volantes, les sourcils froncés. Jetant de côté les innombrables documents portant le logo de Gordon Laboratories, elle fouilla quelques minutes avant de trouver ce qu'elle cherchait. L'acte de vente de la baguette des Malfoys. L'adresse de l'acheteur était dessus, elle n'aurait qu'à lui rendre une petite visite dès qu'elle serait sortie d'ici.
Pliant le document en quatre, elle le glissa dans la poche arrière de son jean, empoigna de nouveau le grimoire et le plaqua contre son torse. Sortant dans le couloir, le livre (ou elle ?) se fit un malin plaisir de lacérer, éventrer, exploser tous les objets sur leur passage. Hermione trouva quelque peu inquiétant de ne plus être obligée de penser à détruire pour que cela se produise, mais elle décida qu'il y avait plus important pour le moment. Arrivée dans le hall, elle enfila une paire de sandales (cadeau de Théodore), tandis que le grimoire poussait le vice jusqu'à faire apparaître des insultes en lettres rouges sur chaque mur de l'entrée. Il semblait s'amuser comme un petit fou.
« Et pour sortir, comment on fait ? Je n'ai aucune idée des sortilèges que Théodore a utilisés pour m'enfermer ici… », dit-elle en observant la lourde porte en bois du sol au plafond.
« Moi, je sais », souffla le livre, tandis qu'un nouveau frisson parcourait Hermione. « Pose ta main sur la poignée et imagine cette porte en train de s'ouvrir. »
« C'est si facile que ça ? », demanda Hermione avec une pointe d'amertume. « J'ai croupi des mois dans cet appartement pour rien, en fait ? »
Le livre ricana. « Tu ne peux pas sortir sans moi », fit-il, tandis qu'Hermione se renfrognait. « Et jusqu'à très récemment, tu n'avais aucune espèce d'importance à mes yeux. »
La Gryffondor ravala sa fierté. Ce livre était aussi dingue que son propriétaire. Tout ce qu'il méritait, c'était le bûcher. Ou une heure en tête à tête avec Mme Pince. Néanmoins, elle obéit et posa la main sur la poignée. Aussitôt, une vague d'énergie traversa son bras et elle chancela sous la force de l'influx. Faire exploser la moitié du mobilier de l'appartement n'était rien comparé aux pouvoirs que le grimoire déployait à présent pour faire sauter les protections placées par Nott. Théodore était-il donc puissant à ce point ? L'idée fit frémir Hermione. Plus puissant que Voldemort ?, pensa-t-elle tandis que le grimoire canalisait toujours ses forces à travers son bras. La vue de la Gryffondor commença à se brouiller. Elle sentait sa vitalité l'abandonner, comme si le livre avait besoin de son énergie pour utiliser sa magie. Ce qui, à bien y réfléchir, était certainement le cas.
« Encore un petit effort, gamine », s'énerva le grimoire, tandis qu'elle vacillait sur ses pieds. « Par tous les Enfers, qu'est-ce que tu es faiblarde ! »
Hermione chercha en elle le cran de lui retourner une répartie cinglante mais en vain. Soudain, elle sentit la poignée tourner entre ses doigts. Elle baissa les yeux sur son bras. Plus rien.
« C'est pas trop tôt », marmonna le livre d'une voix qui lui parut étrangement lointaine. « Un peu plus et tu étais trop faible pour nous permettre de sortir. En tous cas, ce n'est même pas la peine d'espérer refaire de la magie avant quelques minutes. Tu es à plat. »
Hermione ferma les yeux pour tenter de reprendre son équilibre. Elle sentait le sol tanguer sous ses pieds et se rattrapa au panneau de la porte. A sa grande satisfaction, celui-ci bougea.
« Alors, qu'est-ce que tu attends, sors ! », s'énerva le grimoire. « Ou alors, laisse-moi entrer en toi ici et maintenant. Tu récupèreras tes forces et-
« Non ! », s'écria Hermione, en poussant la porte pour l'ouvrir toute grande. « Le marché… c'était une fois que je serai en sécurité », haleta-t-elle en passant le seuil.
Je suis dehors, par Merlin !
« Comme tu voudras », grinça la voix sur un ton désapprobateur. « Mais ça irait plus vite, si tu me laissais faire. »
Hermione l'ignora et écarta le livre de son cœur, ne le tenant plus que par une main. Elle préférait éviter tout débordement de magie supplémentaire. Le grimoire pourrait avoir envie de la « secourir » sans lui laisser le choix et elle se retrouverait possédée par lui avant d'avoir pu dire « ouf ». Les mains crispées sur la rampe de l'escalier, elle descendit chaque marche à pas mesurés, jusqu'à la petite cour intérieure de leur immeuble. Elle s'apprêtait à tourner au coin du bâtiment pour se diriger vers la porte cochère, qui menait à la liberté, lorsque la porte en question s'ouvrit. Deux hommes en capes vertes s'engouffrèrent à l'intérieur et avec eux… Théodore. Le cœur d'Hermione manqua un battement, tandis qu'elle reculait et se plaquait contre la pierre grise. Il revenait.
~o~
Théodore avait à peine parcouru la moitié du chemin jusqu'à son travail que deux hommes du Ministère l'interceptèrent et l'entraînèrent dans une ruelle déserte.
« Quoi encore ? », s'énerva Théodore. Après Hermione qui lui piquait une crise, voilà que ces deux guignols venaient l'emmerder. Et dire qu'il s'était levé de bonne humeur, ce matin…
« Ça bouge, du côté des Malfoys et de Potter », déclara l'un des hommes à voix basse. « Un de nos informateurs a dit qu'ils avaient déposé la gamine des Weasleys en lieu sûr hier soir. On pense qu'ils vont suivre la piste de l'assureur et débarquer ici dans un futur assez proche. »
« Proche comment ? », demanda Théodore d'un air sombre.
« Très proche », renchérit l'autre.
Théodore pinça les lèvres et rejeta sa tête en arrière pour soupirer longuement.
« Monsieur le Juge pense qu'il vaut mieux pour vous de quitter la France tout de suite pour les Etats-Unis », reprit l'agent sans attendre. « Nous sommes là pour vous aider à quitter les lieux en toute sécurité. D'autres collègues sont disséminés un peu partout dans le quartier et donneront l'alerte si jamais… »
« On doit aller chercher Hermione », le coupa Théodore en tournant les talons pour rebrousser chemin.
Les deux agents échangèrent un regard éloquent et le suivirent. Les ordres d'Ogden avaient été clairs. Exfiltrer le gamin, pas la gamine. La fille faisait perdre la tête à Nott, elle était une nuisance pour le bon déroulement de leur plan. Le Juge avait cédé une première fois : il fournissait à Nott le grimoire qui lui permettrait de prendre le dessus sur Voldemort et il l'aidait à couvrir la disparition de Granger, et en échange, Nott dirigeait le laboratoire de recherches et vendait leurs découvertes dans le monde entier, en glissant le nom d'Ogden à droite et à gauche pour lui permettre d'accéder à des fonctions toujours plus haut placées. C'était le deal. Mais aujourd'hui, leur projet était menacé et la fille devenait un obstacle. Elle devait disparaître.
Les deux agents escortèrent Théodore jusqu'à chez lui. Ogden les avait prévenus. Le gamin était complètement obsédé par la fille, il la protègerait becs et ongles, quitte à tous les mener à leur perte. Il faudrait agir vite et avec doigté. Les deux hommes passèrent la porte cochère en premier et Théodore entra à son tour. Remontant l'allée pavée, ils contournèrent le bâtiment et se dirigèrent vers les escaliers en marbre. La cour intérieure était déserte. Les trois hommes entamèrent la montée jusqu'à l'étage, leurs pas résonnant dans la cage d'escalier.
Tapie dans un recoin sombre sous les premières marches, Hermione avait cessé de respirer. Mue par une impulsion soudaine, elle avait couru de toutes ses forces jusqu'à cette cachette à la seconde où elle avait vu Théodore rentrer à la suite des deux hommes en cape verte. Mais à présent, il lui fallait agir vite. Dans quelques secondes, Théodore allait découvrir son appartement dévasté et il allait entrer dans une colère inimaginable. Hermione sortit silencieusement de sa cachette et traversa de nouveau la cour intérieure, avant d'ouvrir la porte cochère. Elle était sur le point de s'élancer dans la rue lorsqu'un hurlement de rage retentit dans tout l'immeuble, suivi d'un fracas inimaginable. Sans demander son reste, Hermione prit ses jambes à son cou.
~o~
Les yeux écarquillés, Théodore contempla le capharnaüm qu'était devenu son appartement. Les tapisseries lacérées, les meubles explosés, le parquet rayé… Derrière lui, les deux agents du Ministère haussèrent les sourcils. Finalement, ce serait plus simple que prévu si la fille s'était déjà fait la malle. Théodore traversa l'appartement en courant et se rua dans la chambre d'Hermione. Rien. Il passa dans la sienne. Rien d'autre que du bazar. Le matelas retourné lui indiqua que son grimoire non plus n'était plus là. Comment était-ce possible ? Perdre les deux choses qui comptaient le plus pour lui en l'espace d'une demi-heure. C'était un cauchemar.
« Monsieur, vous devez nous suivre, le temps presse », déclara l'un des agents en le tirant par le bras. « Rassemblez vos affaires les plus précieuses et-
« Non », siffla Théodore, les yeux rivés sur son lit défait.
« Monsieur, ce sont les ordres du-
« LA FEEEEEERME ! », hurla le jeune homme en projetant ses deux mains en avant. Aussitôt, les deux employés du Ministère furent soulevés dans les airs et propulsés contre le mur le plus proche. Ils retombèrent sur le sol, inconscients, aussi mous et inutiles que des poupées de chiffon. Théodore tenta de calmer sa respiration erratique, mais la rage faisait bouillonner le sang dans ses veines. Elle voulait jouer au plus malin ? Parfait. Lui aussi allait jouer. Serrant les poings et fermant les paupières, Théodore se concentra de toutes ses forces sur Hermione. Il allait revenir. A l'intérieur de sa tête. Elle avait promis de se tenir tranquille et elle avait rompu sa promesse. Maintenant c'était son tour.
~o~
Hermione remonta la rue de toute la force de ses jambes affaiblies par des mois d'inactivité. Arrivée au coin de la rue, elle distingua trois autres types en cape dans l'avenue qui menait aux boulevards. Pas par là…, pensa-t-elle en tournant la tête de l'autre côté. Les grilles du parc se profilaient au loin et Hermione sentit son cœur palpiter dans sa poitrine. C'était là, qu'elle devait aller. Elle parviendrait mieux à se cacher dans la végétation qu'ici en pleine rue. Et elle pourrait couper à travers tout un quartier. C'était tout ce dont elle avait besoin pour le moment : s'éloigner le plus possible de Théodore, brouiller les pistes. Courbée en deux pour ne pas être vue derrière la rangée de voitures stationnées sur le côté de la route, elle entreprit de se rapprocher le plus possible de l'entrée du parc. Lorsque soudain, elle la sentit. La sensation d'oppression familière, comme si son cerveau devenait subitement trop grand pour sa boîte crânienne. La violence du choc lui fit perdre l'équilibre et elle s'étala de tout son long. Le livre tomba sur le bitume, deux mètres plus loin. Hermione grimaça et plaqua sa main droite sur sa tempe. La douleur était insupportable et elle pensa vaguement que c'était certainement ce qu'Harry devait ressentir lorsque Voldemort le torturait via sa cicatrice. Elle devait lutter, de toutes ses forces, pour le garder hors de sa tête. Mais elle savait que tôt ou tard, il gagnerait. Mieux valait tard que tôt, cependant.
Elle tâtonna sur le sol à la recherche du grimoire mais vit une main protégée par d'énormes gants en peau de dragon le soulever du sol, juste sous ses yeux. Hermione leva la tête et se retrouva face aux trois hommes en vert qu'elle avait vus un peu plus tôt dans la rue. Celui qui avait saisi le livre y jeta aussitôt un sortilège et transplana avec sans attendre une seconde. Non…, gémit intérieurement Hermione. Sans le grimoire, elle était absolument sans défense mais paradoxalement, elle se sentit tout de suite mieux, comme si quelque chose avait cessé de lui vampiriser son énergie. Quant à Théodore, il continuait de frapper sans relâche à la porte de son subconscient.
Les deux hommes restants lui jetèrent un regard méprisant et l'un d'eux sortit sa baguette de sa poche. Je suis perdue…, pensa-t-elle, tremblante. Mais à sa grande surprise, l'autre homme tendit le bras pour arrêter le geste de son collègue.
« Qu'est-ce que tu fous, Lincoln ? », gronda l'autre en le fusillant du regard. « On a des ordres, je te rappelle. »
« Merde, regarde-la, c'est qu'une gamine… », répondit l'autre en faisant un geste en direction d'Hermione, à plat ventre sur le sol.
Les deux hommes observèrent un instant Hermione sans rien dire, puis Lincoln reprit. « Eddie a récupéré le bouquin, on aura qu'à dire qu'on a perdu la fille… »
L'autre lui jeta un regard de travers mais soupira. « Ok… » Il reporta son attention sur Hermione, toujours immobile sur le goudron et esquissa une grimace. « Allez, tire-toi, petite. C'est ton jour de chance. »
Hermione le regarda, éberluée.
« Et alors ? Qu'est-ce que t'attends ? », s'écria Lincoln en regardant autour de lui avec inquiétude.
« Je… je n'ai rien pour me défendre », balbutia Hermione, tout en luttant toujours intérieurement avec Nott.
« Qu'est-ce que tu veux que ça nous fasse ? », reprit l'agent en reculant. « A ta place, je prendrais mes petites jambes et je courrais le plus vite possible dans la direction opposée à ton fiancé », ajouta-t-il en désignant du pouce la rue où vivait Théodore. « J'espère que t'es en forme pour un marathon. Au minimum. »
Mais le dénommé Lincoln lui adressa un regard encourageant. « Un vrai sorcier saura toujours se défendre. Maintenant, file ! », acheva-t-il d'une voix plus douce que celle de son collègue.
Hermione se remit sur pieds et après un dernier regard en direction des deux hommes, se remit à courir en direction du parc. Elle passa les grilles et fila en direction des allées bordées de grands massifs fleuris. Elle arrivait au niveau d'un immense rosier lorsqu'elle sentit sa dernière barrière mentale céder. Encore une fois, le choc de l'intrusion de Théodore fut si violent, qu'elle perdit l'équilibre et sentit aussitôt la morsure des épines de rose lacérer sa chair à travers ses vêtements. Poussant un cri de douleur, elle s'extirpa du rosier et se laissa tomber à genoux dans le gravier.
Espèce de petite salope, tu t'es bien foutue de ma gueule ce matin, pas vrai ?
Hermione gémit. Il était de retour.
Reviens à la maison, tout de suite. On parlera de ta punition plus tard.
La Gryffondor se remit sur pieds et fut étonnée de constater qu'elle parvenait encore à prendre la direction qu'elle voulait et non celle qu'on lui ordonnait de prendre.
REVIENS ICI ! OBEIS !
Le souffle court et le corps brûlant tout entier à cause de ses blessures, Hermione continua de s'éloigner à travers le parc. Elle sentit la rage envahir Théodore lorsque le jeune homme constata qu'il venait de perdre son pouvoir le plus élémentaire sur elle : celui de contrôler ses mouvements. Un sourire se dessina sur les lèvres d'Hermione tandis qu'elle claudiquait, toujours plus loin, toujours plus vite, et s'éloignait de son bourreau. Quand soudain la douleur dans sa tête migra… jusqu'à ses globes oculaires.
Oh, je vois… tu es dans le parc, hein ? Laisse-moi, hmm, trente secondes, je te rejoins…
Hermione se figea. Il avait vu à travers ses yeux ? Merlin, s'il était capable d'une telle chose, alors elle ne pourrait jamais lui échapper. A moins que…
Sans hésiter une seconde de plus, Hermione plaqua une main sur son regard, ne laissant qu'un interstice vers le bas, afin de lui permettre au moins de distinguer ses pieds et le sol au-dessous d'elle. Elle bifurqua dans une autre direction, au hasard, s'élançant à travers buissons, haies et sentiers de terre, ignorant les branches, les feuilles qui la fouettaient de toutes parts, les épines qui perforaient sa peau et les racines qui menaçaient de la faire trébucher.
Si tu crois que je vais te faciliter la tâche, mon vieux, tu te trompes, pensa-t-elle en ricanant intérieurement. Elle savait que ça allait le rendre fou.
Au loin, une série de craquements caractéristiques retentit et elle se mordit la lèvre de toutes ses forces. Théodore venait sûrement de transplaner, avec d'autres types en cape verte. Elle devait fuir, et vite.
~o~
« Vous êtes sûrs que c'est bien ici, que la baguette a été utilisée pour la dernière fois ? », fit Ron sur un ton qui laissait entendre qu'il en doutait fortement.
« Merlin, on est là depuis seulement dix secondes, Weasley… », grommela Draco en regardant tout autour de lui.
Blaise ôta sa veste et la plia soigneusement sur son bras gauche. La chaleur qui régnait sur la ville était étouffante. Si Hermione était effectivement dans le coin, son organisme d'Anglaise avait dû se liquéfier sur place.
« Non mais je dis ça comme ça… », protesta le roux en haussant les épaules. « C'est juste que ce n'est qu'un vulgaire parc, je ne vois pas bien où Hermione pourrait se cacher ici… »
« C'est bien pour ça qu'on a amené Blondasse n°1 », expliqua Harry, qui avait adopté le surnom que Ginny avait donné à Lucius. Au grand déplaisir de la blondasse en question. « Il a dit hier soir qu'il connaissait des sortilèges pour localiser les sorciers et plus particulièrement les nés-Moldus. »
« Faut croire que ça sert de bosser pour Voldemort… », ironisa Blaise en jetant un regard en coin en direction de Lucius. « Vous avez pensé à le mettre sur votre CV ? La réinsertion professionnelle après la prison, c'est important. »
Lucius pinça les lèvres et fusilla les quatre garçons du regard. « A la prochaine remarque de ce genre, je retourne au Manoir. »
« A la prochaine menace de ce genre, je vous ramène à Azkaban pour mauvaise conduite », railla Harry en lui adressant un large sourire. Puis il désigna les trois autres du doigt. « J'ai des témoins. »
Lucius poussa un soupir déchirant et après s'être assuré qu'il n'y avait pas un Moldu aux alentours, sortit sa baguette de sa canne.
« Enfin bref, je sais bien que je ne m'attendais pas à ce qu'Hermione nous tombe tout cuit dans les bras, mais si on avait une piste un peu plus précise… », reprit Ron. Mais il ne termina pas sa phrase. La bouche grande ouverte, il fixait un point droit devant lui et s'arrêta de respirer.
Les autres, qui le dévisageaient sans comprendre, finirent par suivre son regard et la même expression incrédule s'afficha bientôt sur leurs traits. A une centaine de mètres environ, une fille avançait au milieu des arbres du parc. Une main était plaquée devant ses yeux et l'autre était tendue droit devant elle, balayant l'espace à la recherche d'éventuels obstacles pouvant se mettre en travers de sa route. Ses vêtements étaient déchirés et elle saignait à plusieurs endroits, notamment aux genoux et aux avant-bras. Mais ce qui frappa surtout les cinq sorciers, c'était l'imbroglio inextricable de cheveux bruns qui s'amoncelait sur son crâne et sur ses épaules, dans lequel était planté un nombre incalculable de petites branches, de feuilles et autres végétaux autochtones.
« Granger… », articula Draco d'une voix presque inaudible.
« Tu disais, Weasley ? », souffla Blaise, les yeux rivés sur l'apparition inattendue.
Trois secondes leur suffirent pour se remettre de leur surprise. Encore quelques jours plus tôt, tous ou presque la croyaient morte et voilà qu'elle était pourtant là, en plein milieu d'un parc, marchant à l'aveuglette comme si elle jouait à colin-maillard. Draco fut le premier à réagir et se mit à hurler à pleins poumons.
~o~
Hermione gémit de douleur lorsque sa cheville gauche se tordit contre une pierre du chemin. Sa main brandie devant elle se rattrapa de justesse à un arbre et elle réussit à ne pas perdre l'équilibre.
Tu ne perds rien pour attendre. Je te jure que quand je t'aurai retrouvée, tu paieras très cher ta petite escapade. Je retirerai de ta tête la moindre petite parcelle de souvenir qui concerne de près ou de loin tes amis, ta famille, ton cher Draco. C'est ce que j'aurais dû faire dès le départ. J'ai vraiment été trop gentil avec toi, Hermione. Mais bientôt, tu oublieras tout, c'est promis. Tu n'auras plus que moi. Moi et uniquement moi.
La Gryffondor serra les dents, tentant d'ignorer la litanie que Nott débitait dans sa tête depuis plusieurs minutes. Elle gagnait du temps en ne lui montrant pas où elle allait, mais si elle ne sortait pas très vite de ce parc, il finirait par tomber sur elle d'une manière ou d'une autre. Et s'il accomplissait ne serait-ce que le dixième de ce qu'il promettait de lui faire, elle allait passer un sale quart d'heure.
Je consacrerai chaque minute de ta vie à ma seule et unique personne, Hermione. Je peux te garantir que tu m'aimeras. Je m'en assurerai. Ta tête m'appartiendra, ton corps m'appartiendra. Tu ne pourras plus jouer à cache-cache très longtemps, parce que je suis derrière toi, j'arrive. Plus très loin. Je sens que je me rapproche…
Et il continuait. Il parlait, il parlait, sans s'arrêter. Hermione ne s'entendait même plus penser. Difficile de se concentrer sur ce qu'elle faisait et de trouver une sortie avec toutes ces phrases atroces dans sa tête. C'est alors qu'un cri la fit s'immobiliser. Elle mit une seconde à réaliser que ce cri avait également fait cesser le charabia de Nott, comme si de là où il était, le jeune homme tendait l'oreille à son tour.
« HERMIONE ! »
Par réflexe, Hermione tourna la tête dans la direction de la voix et ôta sa main de son visage. Et elle le vit. Ou plutôt elle les vit. Malfoy père, Harry, Blaise, Ron et… Draco. Draco qui était venu la chercher. Draco qui ne semblait pas avoir de petite amie à son bras. Un immense sourire allait éclairer le visage meurtri d'Hermione, lorsqu'elle réalisa son erreur.
Elle voyait.
Merde ! Merde !, gémit-elle intérieurement en plaquant de nouveau une main sur son visage.
De nouveau aveugle, elle ne vit pas les expressions décontenancées de ses sauveurs, qui se demandaient pourquoi diable elle refusait de les regarder. Puis sidérés, ils la virent s'élancer à toutes jambes dans leur direction, la main toujours plaquée sur le visage.
Mais il était trop tard. Théodore avait vu. L'instant d'après, il avait transplané. Hermione dut le sentir approcher car elle se jeta au sol et roula sur le côté derrière un banc de pierre, au moment où Nott apparaissait et levait la main dans sa direction. Toutefois, s'il avait voulu lui jeter un sort quelconque, il n'alla pas jusqu'au bout. La vue de Potter et de sa bande lui indiqua que son plus gros problème pour le moment n'était plus Hermione. Au moment où Harry et les autres sortaient leurs baguettes, une série de craquements troublèrent le silence qui régnait dans le parc. Une dizaine d'hommes en capes vertes les entouraient, baguettes également brandies.
Tapie derrière son banc, Hermione les regarda, haletante. Bon sang, mais qui sont ces types, à la fin ?
Puis elle tourna son regard en direction du petit groupe et vit que Draco la regardait. Avec une expression à la fois incrédule, ravie, inquiète et terrifiée. Hermione sentit son cœur gonfler dans sa poitrine. Il est venu me chercher. Il ne m'a pas laissée tomber. Ils ne m'ont pas laissée tomber.
« Baissez vos baguettes ! », aboya l'un des hommes en cape verte en mettant en joue Harry et les autres.
« Vous d'abord ! », rétorqua Lucius Malfoy en visant le type qui venait de parler.
« Au nom du Ministère de la Magie britannique, je vous somme de poser vos baguettes ! », beugla un autre en brandissant son badge devant lui.
Le Ministère de la Magie ?, pensa Hermione, scandalisée. Depuis quand est-ce que le Ministère de la Magie bosse pour Théo ? Par la barbe de Merlin, est-ce qu'il y a d'autres trucs du genre que j'ai manqué pendant ces quatre mois ?
Plein, répondit Théo dans sa tête avec un rire narquois. Et si tu viens gentiment me rejoindre sans discuter, je t'expliquerai peut-être ce qu'il se passe avant de te vider la cervelle.
Furieuse, Hermione se redressa pour passer la tête par-dessus le banc et lui lança : « VA MOURIR, THEO ! », s'attirant les regards curieux de ses amis, inconscients de la discussion psychique qui se déroulait entre les deux adolescents.
Tu es vraiment adorable, Granger, se moqua Théodore tandis que les hommes du Ministère refermaient lentement leur cercle autour d'eux.
« Amenez-la-moi ! », ordonna Théodore à l'attention des deux capes vertes les plus proches d'Hermione.
Les deux hommes s'avancèrent très prudemment de la Gryffondor, tandis que leurs collègues pointaient tous leurs baguettes sur Harry et les autres. Draco semblait prêt à se jeter à leur gorge.
« Ne la touchez pas ! », aboya-t-il, mais les hommes l'ignorèrent.
Bon, je n'ai plus le grimoire… Mais il a dit quelque chose à propos du lien avec Théo. Il n'est pas à sens unique. Je peux utiliser son énergie, comme il peut utiliser la mienne, pensa Hermione en fermant les yeux. Et cette énergie n'a pas besoin de baguette. Il me suffit de visualiser et de me concentrer. Tout à l'heure, le livre a utilisé mon bras. Il faut que j'essaie à nouveau. C'est ça ou me laisser emporter par ces deux traîtres en costume Cetelem.
Prenant une grande inspiration, Hermione concentra un flux d'énergie imaginaire dans les veines de son bras droit. Levant celui-ci lentement, elle le posa sur le banc à côté d'elle et visualisa ce même banc en train de se soulever et d'aller s'écraser sur les deux types qui approchaient. Sous ses doigts, elle sentit le banc vibrer. Ça marche...
Avec des gestes lents et sans quitter sa cible des yeux, Hermione se mit sur ses pieds. Concentrée comme elle l'était, elle ne vit pas les regards curieux de ses amis, ni les avertissements que Théodore beugla à l'attention de ses sbires. Tendant le bras en avant, Hermione sentit une vague d'énergie envahir son bras, tandis qu'elle se répétait en boucle la formule Wingardium Leviosa, ne sachant pas quoi penser d'autre. Peu importait, cela sembla suffire. Le banc se détacha du sol et avant que les types n'aient pu réagir, le lourd élément de béton les heurta de plein fouet et ils poussèrent un bref hurlement. Puis ce fut le chaos.
Tout le monde se mit à hurler des sortilèges simultanément et des éclairs de toutes les couleurs zébrèrent l'air autour d'elle. Mais la force qui envahissait Hermione ne lui donnait pas envie de s'arrêter là. Etait-ce son seul pouvoir propre, galvanisé par la présence de tous ceux qu'elle aimait et qui étaient venus jusqu'ici pour la sauver ? Ou avait-elle réussi à ponctionner l'énergie de Théodore grâce au lien qu'il avait rendu plus fort en réintégrant son cerveau ? Elle n'en savait rien. Et pour être honnête, elle s'en foutait complètement. S'élançant vers ses amis, Hermione se planta devant Draco, qui venait de jeter un Petrificus Totalus en direction d'un des agents du Ministère, et lui tourna le visage pour l'embrasser avec fougue. Le blond, interloqué, se contenta de la fixer avec des yeux de merlan frit et Hermione esquissa un sourire. Puis elle se détourna et jeta un regard ravi en direction de Théodore. Celui-ci ne semblait pas du tout avoir apprécié le spectacle. Relevant le bras, elle envoya directement au tapis un autre type tout de vert vêtu avant de retourner un sortilège lancé dans sa direction à son expéditeur.
Du coin de l'œil, elle vit Blaise repousser tant bien que mal quelques sortilèges informulés lancés par Théodore, mais comprit que le métis n'avait aucune chance lorsqu'il fut soulevé dans les airs et alla s'écraser quelques mètres plus loin. Harry, quant à lui, ne se débrouillait pas si mal. Il alternait les sortilèges entre deux cibles (Théodore et un agent du Ministère), mais le premier les parait sans difficulté et le second finit par tomber sur le sol, Stupéfixé. Quelque part dans la bataille, Ron hurla lorsqu'un sortilège lui laissa une gigantesque estafilade sur le bras et alors qu'elle repoussait de nouveaux assauts de Théodore, Hermione vit le sang couler de la plaie béante de son ami. Ils sont en train de nous battre…, pensa-t-elle, la rage bouillonnant dans ses veines. Le collègue de Lincoln, qu'elle avait croisé tout à l'heure, fut expulsé du champ de bataille par Lucius, lequel prenait un malin plaisir à user autant de la baguette que de la canne pour frapper ses adversaires. Mais lui aussi avait de plus en plus de mal à ne pas se laisser submerger.
Soudain, Hermione sentit le sol sous ses pieds trembler. Tournant la tête vers Théodore, elle vit sa main tendue en direction du plancher des vaches et fronça les sourcils. Qu'est-ce que… ?
Un hurlement s'échappa d'entre ses lèvres, lorsqu'une crevasse d'un bon mètre de large se forma dans la pelouse juste en-dessous d'elle et qu'elle tomba à l'intérieur. Ses mains s'agrippèrent aussitôt aux racines humides, à la terre détrempée et à tout ce qui lui passa sous la main et elle parvint à maintenir la tête en dehors de la fissure. Elle tentait maladroitement de pousser sur ses jambes pour s'en sortir lorsqu'un nouveau sortilège la souleva dans les airs pour la reposer un peu plus loin sur le sol. Draco.
Le blond lui jeta un nouveau regard étrange puis reporta son attention sur le combat qui faisait rage. Ron tomba à terre un peu plus loin, le sang coulant à flots de son bras. Blaise venait de se relever, chancelant, pour être aussitôt maîtrisé par un agent du Ministère. Ça suffit. Elle ne pouvait plus les laisser leur faire du mal comme ça. J'ai dit, ça suffit. Pas eux, pas ses amis qui (maintenant, elle le savait) ne l'avaient jamais laissée tomber. Sautant sur ses pieds, elle hurla cette fois un sortilège qu'elle connaissait bien pour l'avoir souvent utilisé au cours de duels. Mais cette fois, le résultat serait différent.
« Protego ! »
Aussitôt, un bouclier translucide d'un rayon de près de cinq mètres se déploya autour d'elle, enveloppant les quatre garçons et Lucius, et bloquant toute tentative de leurs ennemis de les atteindre avec leurs sortilèges. Elle vit à sa droite Ron ouvrir grand la bouche et la dévisager comme si elle venait de débarquer en soucoupe volante. Juste derrière le rouquin, Lucius Malfoy arborait grosso modo la même expression et la jeune sorcière sentit un sourire carnassier flotter sur ses lèvres. Qui a dit que les Sangs-de-Bourbe ne savaient pas faire de magie ?
Autour d'eux, tout s'arrêta lorsque leurs assaillants comprirent qu'ils ne pourraient plus les atteindre. Droit comme un i, une expression à la fois admirative et meurtrière déformant ses traits, Théodore approcha à pas lents. Face à lui, Hermione s'avança également vers la frontière transparente.
« Je suis ravi de constater que tu as su tirer profit du peu de temps où tu as eu mon livre entre les mains… », grinça Théodore en continuant d'approcher jusqu'au bord du bouclier magique d'Hermione. « Rappelle-moi pour la prochaine fois de ne plus jamais mettre tous mes œufs dans le même panier. J'aurais dû enfermer ce fichu bouquin à Gringotts et te garder avec moi. Ou le contraire, peut-être bien… »
« Je m'en souviendrai », railla Hermione en inclinant la tête sur le côté.
« Sois gentille, ne m'oblige pas à détruire ta pitoyable barrière par la force… », minauda Théodore en faisant courir ses doigts contre le mur invisible. « Et ne nous fais pas perdre plus de temps. On doit partir. »
« Merci, mais je vais passer », déclara-t-elle d'une voix légère. « Les services de Théodore Nott Airlines ne m'ont pas vraiment satisfaite, je préfère voyager avec une autre compagnie. »
Une lueur d'excitation passa dans le regard noir de Théodore. Merlin, il adorait quand elle lui résistait. Ça le rendait fou, mais il aimait ça plus que tout. Avec un sourire en coin, il se pressa un peu plus contre la barrière magique. Sans cette dernière, leurs nez auraient presque pu se toucher. « Désolé, mademoiselle Granger, mais vos billets sont non remboursables. »
Les deux adolescents s'affrontèrent un instant, jusqu'à ce qu'un craquement sonore retentisse. Un nouvel agent du Ministère venait d'arriver en transplanant et chuchota quelque chose à l'oreille de l'un de ses collègues. Toujours solidement protégé derrière la barrière d'Hermione, le petit groupe regarda le type approcher jusqu'à Théodore, mettant un terme au concours de regards venimeux des deux adolescents.
« Monsieur, il vous faut partir », décréta sèchement l'agent en jetant un regard méprisant en direction d'Hermione.
Hermione ne pouvait qu'approuver cet ordre. L'énergie qu'elle puisait dans les ressources de Nott commençait à faiblir. En face d'elle, son bourreau commençait également à flancher. Elle voyait l'une de ses paupières tressauter et ses joues pâlissaient à vue d'œil. Ils ne tiendraient pas encore bien longtemps à ce rythme. Et qui savait ce que Théodore serait encore capable de faire une fois la barrière tombée…
« Hermione, viens avec moi… », souffla Théo, d'une voix à peine audible. Son regard se faisait suppliant, séducteur. La violence n'avait pas fonctionné et il testait une autre technique.
« Non », répondit Hermione avec un frisson.
« Monsieur, votre commande spéciale est sur le point d'être livrée », insista l'agent sur un ton plus confidentiel.
Hermione vit Théodore jeter un regard interloqué en direction de l'homme et la Gryffondor se demanda de quoi il parlait. « Une commande spéciale ? », répéta-t-elle en fronçant les sourcils.
Théo reporta son attention sur elle et sourit. « Une surprise pour toi… », répondit-il en tentant de lui caresser la joue, comme il le faisait toujours pour l'intimider. Mais la barrière magique l'arrêta. Il grimaça. « Tu ne sauras pas ce que c'est si tu ne m'accompagnes pas. »
« Je crois que j'arriverai à vivre avec ça », rétorqua Hermione en haussant les épaules. Théo pinça les lèvres. Il allait ajouter quelque chose lorsqu'Hermione sentit quelque chose caresser sa main et serrer ses doigts. Elle baissa les yeux en voyant le regard de Nott se figer et s'assombrir. Une main pâle, maculée de terre et de sang, avait saisi la sienne, d'abord timidement, puis un peu plus fermement.
« Recule, Granger, ce type essaie juste de t'embobiner », murmura Draco dans son oreille. Sa voix était étrange et Hermione lui adressa un regard inquiet. Il semblait ne toujours pas croire qu'elle était là, devant lui, ses doigts entrelacés dans les siens. Hermione suivit son conseil et recula de quelques pas. Lorsqu'elle se retourna de nouveau vers Théo, celui-ci semblait fou de rage. Il se plaqua violemment contre la barrière invisible et Hermione sentit l'énergie d'un sortilège d'attaque vibrer jusqu'au plus profond de son être. Encore une autre de ce genre, et elle pourrait dire adieu à sa bulle de protection.
« Je reviendrai te chercher, Hermione », siffla Nott en dardant ses iris noirs sur elle. « Demain. Dans une semaine. Dans un an ou dans dix. Je ne te laisserai jamais en paix, tu m'entends ? »
« Je prends le risque », répondit-elle dans un souffle.
« A ta guise. »
Avec un craquement sonore, Théodore transplana et tous les agents du Ministère qui n'étaient pas gravement blessés ou stupéfixés l'imitèrent. Il était temps : quelques secondes plus tard, la barrière d'Hermione cédait et la Gryffondor s'effondrait sur le sol.
« Hermione ! », s'écria Ron en se précipitant à ses côtés. Harry l'imita, ainsi que Blaise. Seul Lucius resta debout, levant les yeux au ciel devant ce spectacle dégoulinant de bons sentiments. Faisant claquer sa langue contre son palais, il remit sa baguette dans sa canne et secoua la tête. Cette matinée était un échec total. Non seulement ils n'avaient pas réussi à mettre une raclée à ce sale mioche de Nott, mais en plus ils avaient récupéré la Sang-de-Bourbe et n'avaient aucune idée d'où se trouvait la baguette de son aïeule. Une véritable perte de temps. S'il avait un peu de chance, il n'était peut-être pas trop tard pour demander à empocher l'argent de l'assurance…
Pendant ce temps, Hermione agenouillée sur le sol hésitait entre rire et larmes. Serrant tour à tour dans ses bras Harry, Ron et Blaise, elle répondait à leurs questions effrénées par des bribes de phrases décousus et des reniflements entrecoupés de rires nerveux et de sanglots de soulagement. Harry ne la lâchait plus, comme s'il avait peur qu'elle disparaisse à nouveau Ron s'était changé en moulin à paroles et semblait décidé à lui raconter le moindre détail de leur vie depuis quatre mois Blaise se contentait de regarder tout le monde avec un sourire ravi. Quant à Draco, il restait silencieux, lové contre le dos d'Hermione qu'il serrait dans ses bras, le visage grave et tendu. Après quelques minutes, Blaise entraîna Ron (toujours en proie à son incontrôlable diarrhée verbale) à l'écart et Harry, comprenant le message, suivit le mouvement. Hermione ferma les yeux, profitant simplement de la douce sensation des bras de Malfoy autour d'elle. Etrangement, elle était incapable de prononcer le moindre mot. Quant à Draco, il semblait dans le même état. Mais peut-être n'y avait-il tout simplement rien à dire ?
« J'ai cru que tu étais morte… », souffla enfin Draco d'une voix à peine audible. Si sa bouche n'avait pas été collée contre l'oreille droite d'Hermione, celle-ci n'aurait probablement pas pu l'entendre. Mais elle l'avait perçue et sa phrase, prononcée avec un désespoir si profond qu'il en devenait presque palpable, la bouleversa.
« Je sais », gémit-elle en fronçant les sourcils. Draco resserra son étreinte autour d'elle et ses doigts s'enfoncèrent dans la chair des bras d'Hermione. Il lui faisait légèrement mal mais la Gryffondor se sentait trop heureuse pour lui en faire la remarque. « Je pensais que tu m'avais oubliée », ajouta-t-elle en tournant la tête vers lui.
« Jamais. »
Hermione lui adressa un sourire humide à travers ses larmes. « Merci », articula-t-elle en posant son front contre la joue du jeune homme. Draco baissa la tête et s'apprêtait à prendre enfin possession de ses lèvres tant désirées… lorsque Lucius Malfoy poussa un bruyant soupir agacé. Draco se figea, et la fureur assombrit ses prunelles. Hermione pinça les lèvres pour ne pas rire et fit signe au blond de l'aider à se relever. Les baisers seraient pour plus tard. Avant ça, elle devait se mettre Lucius Malfoy dans la poche. Ou du moins essayer.
Hermione glissa une main dans la poche arrière de son jean et en sortit l'acte de vente volé à Théodore. Faisant quelques pas dans la direction de Lucius, elle le lui tendit et l'homme regarda avec circonspection sa main et le bout de papier.
« Qu'est-ce que c'est ? », demanda sèchement le patriarche Malfoy. Derrière Hermione, Draco montra les dents. Il ne semblait plus du tout décidé à laisser son père maltraiter la Gryffondor. Cette époque-là était définitivement révolue.
Mais Hermione ignora le ton revêche de Lucius. Sa libération lui donnait des ailes et elle aurait même pu le serrer dans ses bras tant elle se sentait bien. « Théodore a vendu votre baguette », déclara-t-elle avec un sourire en coin. « L'adresse de l'acheteur est là-dessus. »
Lucius écarquilla les yeux et lui arracha le papier des mains. Merlin soit loué, cette expédition n'aura pas été complètement inutile, pensa l'adulte en découvrant l'adresse du futur ex-propriétaire de la baguette d'Eleanor Malfoy. Il sortit sa baguette de sa canne et lança un sortilège sur l'acte de vente. Un plan de la ville apparut, un point rouge brillant indiquant leur destination.
Lucius Malfoy releva la tête en direction d'Hermione, qui lui souriait effrontément. S'il n'avait pas été horrifié à l'idée de poser la main sur une Sang-de-Bourbe pour autre chose que la frapper, il l'aurait embrassée. Mais en bon Malfoy, il se contenta d'un laconique : « Magnifique, Granger, vous aurez au moins servi à quelque chose aujourd'hui. On y va, ce n'est pas loin. »
Et sans un remerciement, il s'éloigna dans la direction indiquée par le plan. Draco leva les yeux au ciel tandis qu'Hermione gloussait en silence. Ron et Blaise emboîtèrent le pas à Lucius, le rouquin montrant sa chemise déchirée au métis, ainsi que l'hémoglobine qui la recouvrait. (« C'est dingue, ça pissait le sang quand on se battait, je te jure ! Et puis Hermione a fait son espèce de protego hyperclasse et depuis y'a plus rien ! Un truc de malade ! ») Draco et Hermione, main dans la main et étrangement silencieux, fermaient la marche, profitant du simple bonheur de pouvoir à nouveau se toucher et se voir. Ils sortaient du parc lorsqu'Harry rebroussa chemin dans leur direction, la mine sombre.
« Hermione… »
L'interpellée tourna la tête vers le brun, dont les yeux émeraude trahissaient le mal-être qui le rongeait. « Qu'est-ce qu'il y a, Harry ? », demanda-t-elle d'une voix douce, tandis qu'elle sentait la main de Draco serrer ses doigts légèrement plus fort. Comme s'il savait ce que le Survivant allait dire.
« Je te demande pardon », souffla Harry, les yeux rivés au sol. « Je me sens tellement-
« Ce n'est rien », l'interrompit Hermione en tendant la main que Draco ne tenait pas vers son meilleur ami. Mais celui-ci se mit hors de portée.
« Laisse-moi finir », supplia-t-il d'une voix brisée. Hermione pinça les lèvres. « Je… Il faut que tu saches… » Le brun détourna les yeux. « Je t'ai laissée tomber, Hermione. »
Hermione sentit un frisson glacé la parcourir des pieds à la tête.
« S'il n'y avait pas eu Malfoy et Ron pour espérer jusqu'au bout… je ne t'aurais pas cherchée, je suis désolé. Ne me déteste pas, s'il te plaît. »
Hermione considéra un instant son meilleur ami avec gravité, sans parvenir pour autant à lui en vouloir. Après tout ce qu'il avait traversé, après toutes les personnes qu'il avait perdues, Harry était le client préféré de la Grande Faucheuse. Il avait une sévère tendance à semer la mort derrière lui, et jamais personne n'était encore revenu de l'au-delà pour lui prouver le contraire. Hermione comprenait parfaitement qu'il l'ait considérée comme perdue à jamais. Dégageant sa main droite de celle de Draco, Hermione se jeta au cou de son meilleur ami et l'étreignit à l'étouffer.
« Je suis incapable de te détester, Harry », souffla-t-elle contre son épaule.
Le Survivant lui rendit son étreinte, lui brisant littéralement les côtes et Hermione esquissa une grimace. Derrière eux, Ron accourut à toutes jambes et enlaça Hermione par derrière. La jeune fille poussa un cri de surprise, puis éclata de rire en sentant le poids du rouquin la faire basculer en arrière.
« Blaise voulait que je te laisse tranquille avec l'autre là, mais il est hors de question que mon meilleur ami profite de toi sans moi », grommela-t-il en enfouissant son nez couvert de taches de rousseur dans les cheveux ébouriffés d'Hermione. L'autre le fusilla de ses prunelles argentées et plongea ses mains dans ses poches d'un air boudeur. « Tu m'as manqué, Hermione », acheva Ron en détachant son amie des bras d'Harry. Vingt mètres en avant, Lucius Malfoy poussa un énième soupir agacé mais tout le monde l'ignora.
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Et voilà, vous venez de lire l'avant-dernier chapitre de Rise. Le dernier sera assez long, car je veux terminer correctement cette fiction et en même temps planter quelques bases pour la suite… Je ne sais pas ce que vous en pensez mais j'ai relu et corrigé ce chapitre avec un lumbago hyper douloureux (et donc bourrée de médocs assez puissants) donc j'ai peut-être laissé passer quelques fautes ou tournures de phrase imparfaites. J'espère que ça ne se voit pas trop au final… Bref, j'ai hâte d'avoir vos réactions et de vous retrouver pour le GRAND FINAL ! (avant le sequel)
Gros gros bisous !
Xérès
