Voilà la suite que plusieurs d'entre vous m'ont demandée :) Encore merci à tous pour vos reviews!
Je ne détiens toujours pas les droits sur la série Sherlock!
Je venais de finir d'écrire mon billet pour le blog quand Cheshire vint se frotter contre mes jambes et me réclamer des caresses. Je le pris sur mes genoux et le caressai un moment avant de me remettre à lire les nouveaux commentaires qui avaient été postés depuis la veille.
Sherlock était dans son fauteuil, en train de polir son violon. Je n'avais pas vu sa réaction quand je lui avais caressé les cheveux, mais ce n'était pas le but. Le but était juste d'observer si cette simple caresse changerait son comportement envers Ches'.
Je retournai m'asseoir dans mon fauteuil, le chat sur les talons, me demandant si Sherlock finirait par se rendre compte que je menais une expérience à son insu. Je le regardai polir son violon un moment, laissant mon esprit vagabonder au rythme des caresses que je glissais sur le dos de Ches', quand une pensée fugitive me traversa l'esprit.
"Ce matin… le geste de déposer une tasse de thé devant Sherlock, est-ce que ce n'est pas le même, au fond, que celui de déposer devant Ches' une soucoupe de lait ?"
C'était une pensée… perturbante.
Sherlock choisit ce moment pour lever les yeux vers moi, et son regard se fit légèrement inquiet, un instant, avant que je me ressaisisse et lui sourie. Il haussa un sourcil, mais ne commenta pas.
Comme un chat. Il n'avait pas besoin de parler, je le comprenais. Comme un chat. Mes pensées étaient-elles toutes vouées à devenir perturbantes?
Je finis par me lever et me rendre à la cuisine pour préparer de quoi souper. Sherlock se mit à jouer du violon, et Cheshire s'assit en face de lui, la queue enroulée autour de ses longues et élégantes pattes, l'œil attentif, les oreilles en alerte. Le morceau était très agréable, et je me mis à muser sur le rythme, entrainé par les notes guillerettes qui s'échappaient du violon.
Le souper était presque prêt, et Sherlock abandonna son violon pour venir s'asseoir à table.
"Je me demande… Ce parallèle avec la soucoupe de lait… Peut-être que si je sers son assiette à Sherlock en premier, puis que je sers Ches', dans un même geste, Sherlock se sentira supérieur?"
Aux grands maux, les grands remèdes. Ce serait la deuxième phase de mon expérience.
Je préparai donc les assiettes de tout le monde, la mienne y comprise, avant de servir d'abord Sherlock, puis Ches', et de m'asseoir enfin avec mon propre repas.
"Bon appétit!"
Sherlock me regardait bizarrement. Il me fixa une seconde, la tête légèrement penchée sur le côté, les traits empreints de concentration, avant de finalement se concentrer sur son assiette.
Mais pas de remarque sur Ches'. Rien sur mon attachement à la petite bestiole.
Ça pouvait définitivement être considéré comme un test concluant, de mon point de vue.
oOoOoOo
Après la vaisselle, je me mis à répondre à certains commentaires de fans, essayant de m'occuper en attendant que Sherlock découvre le nouvel article du blog. Ce qu'il n'allait pas tarder à faire, étant donné qu'il venait de s'installer dans le canapé avec son ordinateur portable sur les genoux. Je n'eus pas à attendre très longtemps.
"John… Qu'est-ce que c'est que cet article?"
"Mmm? Oh, juste une petite faveur pour Mrs Hudson. Tu sais comme elle aime montrer le blog à ses amies, et elle adore Ches'."
"Pourquoi est-ce qu'un chat a droit à un article sur ton blog?"
"Tu as raison, Sherlock, il a droit à un article. Les cent-cinquante autres te sont consacrés, comme le seront les suivants. Pas de panique."
Ah, silence.
J'avais donc marqué un point? Je me retournai vers mon colocataire, auquel je tournais toujours le dos, pour voir son visage se transformer en un masque de perplexité.
"Pas d'autre article sur le chat, Sherlock, je te le promets. Je ne le mentionnerai que si l'information est pertinente. Ça te va?"
Il hocha lentement la tête, l'air encore un peu perturbé.
Je le comprenais. Après tout, j'étais un peu en train de le manipuler, et il sentait peut-être que quelque chose n'allait pas, sans réussir à mettre le doigt sur ce qui clochait.
Je me remis à répondre à mes lecteurs, dans le plus grand silence. Au bout d'un moment, Sherlock recommença lui aussi à valser du bout des doigts sur son clavier, et Cheshire vint se rouler en boule à mes pieds.
Quand il fut finalement l'heure d'aller dormir, je refermai mon ordinateur portable, m'étirai, et me levai pour me diriger vers la salle de bain. Quand j'en sortis après avoir fait une rapide toilette, Sherlock attendait devant la porte.
"Oh, je ne savais pas que tu attendais pour utiliser la salle de bain, Sherlock. Bonne nuit!"
J'accompagnai ces derniers mots d'une caresse sur son avant-bras, qui était dénudé, et d'un sourire chaleureux. Je vis ses yeux se remplir non seulement de perplexité mais aussi d'autre chose, plus doux, que je ne parvins pas à identifier. Je le contournai pour le laisser passer et me dirigeai, un peu perplexe moi-même, vers l'escalier qui menait à ma chambre.
Ches', évidemment, était sur mes talons.
En enlevant mon pantalon, je retrouvai la photo retouchée de Sherlock dans une de mes poches, et je m'arrêtai un instant pour l'examiner. La photo en elle-même était très réussie. On y voyait Sherlock assis dans le canapé, en train de réfléchir, penché sur une pile de dossiers, le regard pétillant d'intérêt pour l'énigme qu'il avait devant les yeux. Il avait l'air détendu, vêtu d'une chemise blanche dont il avait roulé les manches et d'un pantalon noir à la coupe parfaite. Les quelques retouches que j'avais faites adoucissaient son expression, lui donnaient une touche plus douce, et, paradoxalement, plus humaine.
Plus humaine par rapport aux expressions dont le reste du monde avait l'habitude, en tout cas. J'avais déjà vu, pour ma part, des expressions très douces transfigurer le visage de Sherlock, notamment en présence de Mrs Hudson, qu'il chérissait de manière évidente (même s'il devait lui en vouloir un peu d'avoir introduit entre ses murs un animal qui lui était insupportable). Peut-être que les gens ne comprenaient pas Sherlock parce qu'en plus d'être extrêmement intelligent il adoptait des comportements animaux? Ses mouvements, la façon qu'il avait de se déplacer, son sens du danger (que j'ai aussi, mais c'est quelque chose qu'il est normal de développer, quand on se retrouve au milieu d'une guerre), une affection pour la chaleur, un système de communication par gestes, par symboles…
Je soupirai et remis la photo dans la poche du pantalon avant de le plier et de finir de me mettre en pyjama. Je me retournai vers le lit pour trouver Ches' en train de me fixer, comme la veille.
"Ches'?"
Il émit un miaulement un peu plaintif, comme s'il cherchait à me faire comprendre quelque chose. Je m'approchai de lui et lui caressai doucement la tête, mais il recula légèrement et recommença à miauler.
"Ches'… Je ne sais pas ce que tu veux, sincèrement. Tu as eu à manger, tu as à boire à la cuisine, tu reçois de l'affection… Je ne sais pas ce que je peux faire de plus."
Il sauta du lit et alla s'asseoir devant la porte.
"Je dois… te suivre?"
Ches' laissa échapper un miaulement… affirmatif? avant de se glisser dans l'embrasure de la porte et de descendre les escaliers.
Intrigué, je le suivis, et le retrouvai posté devant la porte de la salle de bain.
"Ches', Sherlock est là-dedans, on ne peut pas aller à l'intérieur."
Laissant échapper un nouveau miaulement (exaspéré?), le chat poussa de la patte la porte qui avait été mal fermée et rentra dans la pièce.
"Ches', reviens ici tout de suite!"
Mais il était un peu tard pour faire demi-tour, et j'entrai précipitamment à sa suite dans la salle de bain.
Voilà pour aujourd'hui :)
A votre avis, que va-t-il se passer dans cette salle de bain? *veut savoir combien de personnes vont deviner juste*
Donnez-moi votre avis en review? :)
A bientôt pour la suite!
- Layla
