Voilà un nouveau chapitre! :D Il n'y en aura pas demain car je vais visiter des appartements ;)

Bonne lecture!

Je ne détiens toujours pas les droits sur la série Sherlock!


Je montai dans ma chambre et m'habillai en vitesse avant de descendre et d'attraper mon manteau.

"A plus tard Sherlock!"

Une fois dehors, mon cœur se remit petit à petit à battre normalement.

"Je ne vois pas pourquoi je panique, franchement… Il n'a même pas réagi…"

"Tu aurais préféré qu'il réagisse?"

"Ah, tu ne te contentes même plus de t'introduire dans mes pensées, tu as une voix à toi, maintenant…"

"Disons que je suis la voix de la sagesse… Tu peux m'appeler Cheshire."

"Euh…"

"Non, tu ne deviens pas fou, tu essayes de réfléchir comme Sherlock et tu as besoin de quelqu'un à qui parler pour stimuler ta réflexion, donc tu imagines que tu parles à ton chat. Logique."

"Je suis en train de devenir fou…"

"Légèrement schizophrène. À peine."

Je soupirai et ignorait Cheshire, puisqu'il voulait être appelé comme ça, qui me parlait toujours. J'arrivai assez rapidement à la supérette la plus proche, et la satanée voix se remit à susciter mon intérêt.

"Tu n'as toujours pas répondu à la question…"

"Quoi?"

"Tu aurais voulu qu'il réagisse?"

"Pour me dire quoi?"

"Je ne sais pas… Qu'il apprécie que tu prennes soin de lui, et que si tu n'as pas bien vu certaines parties de son anatomie il peut te les remontrer?"

Je ne savais pas que je pouvais rougir mentalement, mais c'était apparemment possible, et visible, au vu des regards que me jetaient certains clients.

"Sherlock est marié à son travail, il n'a d'intérêt affectif ou sexuel pour personne, alors je ne vois pas pourquoi il dirait une chose pareille!"

"Parce que tu n'es pas n'importe qui?"

Ça méritait réflexion, ça. Est-ce que j'étais spécial pour Sherlock? Il supportait ma compagnie, certes, mais est-ce qu'il me donnait plus d'importance?

"Il accorde de l'importance à ta réflexion, il a besoin de te parler pour réfléchir…"

"Il parlait à un crâne, avant, il n'a pas besoin d'une personne en particulier."

"Mais tu es spécial, parce qu'il te laisse vivre avec lui, il te laisse lui servir son thé alors qu'il n'en accepte jamais de la main de Donovan ou Anderson, il se montre vulnérable devant toi, il laisse échapper des émotions…"

"Est-ce que ça a une valeur?"

"Pour n'importe qui, non. Pour Sherlock… à toi de me le dire."

Mais qu'est-ce que c'était que cette voix mentale qui ne servait à rien quand j'avais vraiment besoin d'elle?

"Et oh, tu crois que je peux savoir des choses que tu ignores alors que je suis dans ta tête?"

"Bon, bon… désolé."

Je continuai à faire mes courses de manière assez machinale, par habitude. Sans vraiment faire attention à quoi que ce soit. Je parvins tout de même à ne pas oublier de prendre des œufs pour les expériences de Sherlock, et du produit de nettoyage pour les dégâts qu'elles engendreraient. Je le connaissais bien, et je savais que quoi qu'il veuille faire avec ces œufs se terminerait en catastrophe.

"Tu vois, tu le connais, tu sais comment il fonctionne, tu sais te taire quand il a besoin de silence, parler quand il a besoin d'un interlocuteur. Tu veilles sur lui, tu fais attention à ce qu'il mange, au temps qu'il passe à dormir, tu le protège de lui-même quand il cherche à s'autodétruire parce qu'il n'a pas d'affaire sur laquelle travailler… Tu es ce dont il a besoin, et c'est pour ça qu'il a aussi besoin de toi."

Cheshire avait raison. Je n'avais pas besoin de me poser la question de savoir si j'étais spécial ou non pour Sherlock : le simple fait qu'il me garde à ses côtés était une preuve suffisante.

Je me mis à sourire bêtement, content pour la simple raison que notre amitié allait durer et que je pouvais rester là à le regarder, à lui appartenir…

Ah, c'était reparti, les pensées perturbantes…

Je supposais que c'était l'expérience de la guerre et du déracinement qui faisait que j'avais envie d'avoir un endroit vers lequel revenir, et une personne à laquelle appartenir. Avoir un endroit, une personne, qui ne soient là que pour moi. Sherlock m'avait donné ça. Il avait partagé Baker Street avec moi, il m'avait donné une présence constante dans ma vie qui m'empêchait de m'effondrer, et un point de chute qui me permettait de ne pas me perdre. Sherlock faisait partie de mon "chez moi", comme je faisais partie du sien.

Je terminai de faire mes courses, payai le contenu de mon panier, et, les bras surchargés de paquets, rentrai chez moi.

oOoOoOo

Quand je poussai la porte de notre appartement, je me trouvai devant une scène bien étrange. Sherlock était assis, toujours en peignoir, dans mon fauteuil, et il caressait Ches', qui était lové sur ses genoux. Je regardai le tableau pendant quelques instants, jusqu'à ce qu'ils finissent tous les deux par lever les yeux vers moi.

"Euh… Vous avez fait la paix?"

Sherlock leva les yeux au ciel, et j'eus l'impression une seconde que Ches' avait secoué la tête d'un air amusé.

"John, c'est un chat, pas Mycroft ou Donovan : on ne se dispute pas et on ne fait pas la paix avec un chat."

Ches' lui jeta un regard outré, et je souris intérieurement. C'était déjà pas mal que Sherlock ne soit plus hostile envers Ches'.

"J'ai ramené les œufs que tu m'avais demandés!", lui dis-je en me dirigeant vers la cuisine pour ranger les commissions.

"Mmm. Merci. Tu n'insistes pas pour savoir pourquoi j'ai développé un soudain intérêt pour cet énervant animal?"

"Expérience?"

"Gratitude."

Je me tournai vers lui, intrigué.

"Sans cette satanée bestiole, je serais sans doute malade à l'heure qu'il est. Et comme je déteste être malade, je lui en suis reconnaissant."

"Bien, bien…"

"Et je t'en suis reconnaissant également", m'interrompit-il. "Je sais que je ne suis pas toujours le colocataire le plus agréable au monde, mais tu me reproches rarement quoi que ce soit."

"Merci, Sherlock. Ça compte beaucoup pour moi, ce que tu me dis là."

Il pencha la tête sur le côté, l'air intrigué.

"Pourquoi donc?"

Boooooon, c'était reparti pour un cours de communication entre êtres humains.

"Les gens qui s'apprécient se disent ce genre de choses. Ils se disent qu'ils tiennent l'un à l'autre, qu'ils apprécient ce que l'autre fait pour eux… C'est normal."

"C'est n'importe quoi."

Je ne pus pas m'empêcher d'être blessé une seconde, mais une seconde seulement, jusqu'à ce qu'il ajoute :

"Ce sont les gestes qui comptent, John. Les mots ne sont que du vent. Je ne croirais pas Anderson une seule seconde s'il me disait qu'il me trouve formidable, mais je sais quand tu me sers une tasse de thé que tu tiens à moi et que tu es sincère. Les actes sont bien plus parlants que les mots."

Comme pour prouver sa théorie, il se rapprocha d'un pas et passa sa main dans mes cheveux. Il ne dit rien, mais son regard était si chaleureux que je voulais bien passer l'éternité dans le silence à ne plus montrer mon affection qu'en gestes. J'étais prêt à devenir muet pour une seule caresse de plus…

Le moment s'arrêta bien trop vite à mon goût, et il recula un peu avant de retourner vers le salon. Arrivé dans l'encadrement de la cuisine, il me jeta par-dessus son épaule :

"Je boirais bien une tasse de thé, John."

Oui, Sherlock, j'allais te faire du thé. J'en avais bien besoin, moi aussi.


Alors, alors? :p

Review?

A bientôt!

- Layla