Nouveau chapitre tardif *non, je ne dors pas beaucoup en ce moment, c'est la faute à la chaleur* :)
J'espère que vous allez bien depuis le dernier cliffhanger xD Rassurez-vous, vous allez encore plus me détester ce soir *file s'exiler en Alaska*
Bonne lecture! Rappelez-vous : l'auteur est gentille et toute douce, et cette fic est censée être drôle, donc elle ne finira pas mal :)
Je ne détiens toujours aucun droit sur la série Sherlock :)
Je m'assis dans mon fauteuil, en face du canapé où se tenait Sherlock, qui attendait toujours que je réponde à sa question.
"Je… euh… J'ai reçu un message d'une fan, sur le blog, et elle se demandait à quoi tu ressemblerait avec des oreilles de chat, parce qu'elle a remarqué que tu as des comportements un peu félins parfois. Donc elle m'a demandé de modifier une photo pour elle, pour qu'elle se fasse une idée, mais je ne la lui ai pas envoyée, finalement…"
Mmm. Ça avait l'air plausible… non?
"Et… tu l'as imprimée parce que…?"
"Parce que tu es à croquer avec des oreilles de chat?"
"Parce que je voulais te la montrer!"
Saleté de chat! Il me faisait perdre mes moyens devant Sherlock, la seule personne sur la planète qui pouvait lire un mensonge sur ton visage avant qu'il ne soit sorti de ta bouche, et dire que tu avais traversé Regent's Park avant même que tu aies enlevé ton chapeau!
Il leva un sourcil interrogateur avant de jeter un nouveau regard vers la photo, qu'il posa finalement sur la table basse.
"Tu as de drôles de fans, John."
"Je trouve aussi, oui."
"Le plus drôle étant sans doute que tu sois de leur avis."
"Oui, oui, sans aucun doute."
Il y eut un blanc. Je réalisai quelques secondes trop tard que j'avais été trop distrait par la crédulité de Sherlock pour me rendre compte qu'il était en train de me piéger.
"J'admire tellement cet homme d'arriver à comprendre ce qu'il se passe dans ta tête…"
"Oh, silence, c'est de ta faute, tout ça!"
"Comment ça?"
"Si tu n'avais pas débarqué dans nos vies, je n'aurais pas commencé à enquêter sur le comportement de Sherlock, je ne me serais jamais retrouvé dans cette situation!"
"Et tu n'aurais jamais senti sa peau glisser sous tes doigts, jamais vu son corps nu, jamais senti son odeur, jamais caressé ses cheveux, jamais dormi enveloppé de sa chaleur… Est-ce que tu regrettes aussi tout cela?"
"Je…"
"John?"
Sherlock me jetait des regards inquiets depuis le canapé.
"Non, je ne regrette rien."
Je me levai, me dirigeai vers Sherlock, et lui tendis la main pour l'aider à se lever.
"Tu as raison, Sherlock, je suis d'accord avec eux."
Il pencha la tête sur le côté, attentif, mais ne m'interrompit pas.
"Tu as des comportements félins. Quand Ches' est arrivé ici, tu lui as déclaré la guerre, jusqu'à ce que je te redonne ta place en tant que 'dominant'. Tu penches la tête quand tu es attentif, tu es gracieux, agile, élégant, envoutant… Je ne peux qu'être d'accord."
"Donc tu reconnais que tout ce qui s'est passé depuis l'arrivée de ce chat était une expérience?"
Je me trompais peut-être, mais je sentais une toute petite pointe de déception dans sa voix.
"Pas tout, Sherlock."
Je levai la main et glissai mes doigts dans ses cheveux, et je sentis plus que je n'entendis le soupir de contentement qu'il laissa échapper sous ma caresse. Ma seconde main alla elle aussi caresser les boucles noires de mon colocataire, jusqu'à ce qu'il pose son front contre mon épaule, dans un geste d'abandon qui me surprit tellement que j'en cessai tout mouvement. Il leva les yeux vers moi, son visage à quelques centimètres du mien, et je ne pus résister aux sentiments que je lus dans son regard. Il y avait tant de tendresse dans ces prunelles d'ordinaire si froides que je ne pus m'en empêcher : je franchis la mince distance qui nous séparait encore, et j'embrassai un homme pour la première fois de ma vie.
Dans ma tête, Cheshire jubila une seconde. Une seule seconde. Avant de réaliser que Sherlock ne réciproquait pas.
Je m'écartai doucement pour me retrouver plongé dans le regard écarquillé et légèrement apeuré de mon colocataire. Il recula un peu, l'air perdu, puis il fit volte-face, marcha à grandes enjambées vers sa chambre, et ferma la porte – apparemment à clef.
"Sherlock?"
Seul le son du violon me répondit.
J'avais peut-être fait une bêtise, au final.
oOoOoOo
Les notes du violon de Sherlock continuèrent à résonner dans l'appartement jusqu'à minuit, puis tout redevint silencieux. La porte ne s'ouvrit pas, et je ne bougeai pas de mon fauteuil pour aller y frapper.
Je posai ma tasse de thé vide sur la table basse et me remis à réfléchir.
J'avais franchi une limite que Sherlock n'avait visiblement pas été prêt à franchir, et ça avait mal tourné. Il était encore temps de rattraper les choses. Il suffisait que je m'en aille quelques temps et que j'attende qu'il me rappelle.
Ma décision prise, je montai dans ma chambre, remplis un sac de voyage avec le strict nécessaire, et quittai sans un bruit le 221B, priant pour que ça ne soit pas définitif.
Dans l'ombre du canapé, Cheshire me regarda partir avec un air réprobateur. Je fis une prière au dieu des chats pour que Sherlock ne le laisse pas mourir par pur égoïsme, et je refermai silencieusement la porte derrière moi.
Je n'entendis pas la porte de la chambre de Sherlock s'ouvrir. Je n'entendis pas ses pas dans l'escalier alors qu'il me cherchait partout. Je n'entendis pas la douleur muette que hurlaient ses yeux perdus et hagards.
Je n'entendis rien, car j'étais dans les rues de Londres, redevenu pour un temps le marcheur solitaire que j'avais été avant que Sherlock Holmes ne tombe dans ma vie.
oOoOoOo
Je marchai une bonne partie de la nuit, pour me vider la tête, puis m'arrêtai au petit matin dans un hôtel miteux où je pris une chambre humide et mangeai un petit déjeuner infect. Je lus le journal que quelqu'un avait abandonné sur la table, et je vis que l'affaire dont avait parlé Mycroft avait été résolue plus vite que prévu (même si ça n'était que mentionné, dans un tout petit encart, à côté des faits divers – ce qui ne m'étonnait pas de la part de l'ainé des Holmes).
Je passai la matinée à me promener dans le quartier où se trouvait l'hôtel, essayant d'aiguiser mon regard et d'améliorer mes dons d'observation. Je ne m'amusai pas autant qu'avec Sherlock, et je laissai vite tomber ce petit jeu. Je n'arrivai pas à distinguer les femmes infidèles des autres, et si je devinai que cet homme au manteau vert avait un chien, ce fut sans doute à cause du paquet de croquettes qu'il portait sous le bras. J'étais définitivement un élève lamentable.
Sherlock se moquerait de moi, s'il était là.
Mais il n'était pas là, et il fallait que je m'y fasse pour le moment. Je soupirai et repris la direction de mon hôtel.
À deux rues de là, quatre voitures de police stationnaient devant une petite épicerie. Je me précipitai dans leur direction, mais ralentis de plus en plus avant de m'arrêter à deux mètres des lieux. Je n'étais pas avec Sherlock. Je n'avais rien à faire sur une scène de crime. J'allais faire demi-tour, lorsqu'une voix que je n'avais vraiment pas envie d'entendre s'éleva de l'une des voitures.
"Hey, Johnny The Dog, on n'est pas avec le monstre, aujourd'hui?"
"Tiens, bonjour Sally, je vais bien, et toi?"
"Tiens, bonjour Sally, on dirait que ça ne s'améliore pas, ton côté teigne. C'est le fait d'être la seule femme de ta brigade qui fait que tu rabaisses tous les hommes pour ne pas te sentir inférieure?"
"Espèce de…!"
Je n'entendis pas la suite de sa phrase. J'avais fait demi-tour et je me dirigeais vers mon hôtel.
Je me sentais déjà mieux.
Contente que tu te sentes mieux, John! :D
Ne me tuez pas et laissez une review?
- Layla
