Me revoilà, enfin! Navrée pour ce retard, mais j'ai commencé l'année académique avec des soucis administratifs, puis j'ai adopté un chat, et plein de choses me sont tombées dessus, mais voilà le chapitre final de cette aventure :)

Je m'excuse profondément pour les éventuelles erreurs présentes dans ce chapitre, mais je voulais vraiment le terminer malgré mon effroyable mal de tête… Je corrigerai les erreurs plus tard s'il y en a, en attendant, je vous demande la plus grande indulgence à mon égard :)

Réponse aux reviews 'anonymes' :

Yuki Hiromoto : Contente que ce chapitre t'aie plu :D Et vive les scènes sympathiques :p

Lulunatix : Salut! Merci pour ta review enthousiaste, ça fait plaisir :) Bon retour dans le monde des internautes, et bonne lecture! :)

J'ai décidé de relever le défi de ChocolatePeanut, mais elle ne devait pas penser à ça en me le lançant :p

Comme c'est l'anniversaire de Miss Osaki aujourd'hui (Bon anniversaire! :D ), je lui dédie ce chapitre :)

Je ne détiens pas les droits sur la série Sherlock et je vous rappelle que cette histoire est classée M pour une raison. Mineurs et homophobes, passez votre chemin.

Sur ce, bonne lecture!


Plusieurs jours s'étaient écoulés depuis notre escapade dans l'appartement d'Annabelle, et Sherlock venait de sortir, me laissant seul quelques heures pour aller examiner un cadavre – il avait parlé d'un service qu'il devait à quelqu'un, et je n'avais pas vraiment posé de questions. Je profitai du silence pendant quelques dizaines de minutes avant de me lancer dans l'écriture d'un article que j'avais promis d'écrire depuis longtemps, et que mon compagnon ne cessait de me réclamer.

Alors que je laissais valser mes doigts sur les touches du clavier, je sentis plus que je n'entendis Ches' entrer dans la pièce et venir se rouler en boule à mes pieds.

"Hello, bien dormi?"

"Mmm. Un peu trop bien."

"Plait-il?"

"Sérieusement, John, pour deux hommes amoureux, vous ne faites pas grand-chose comme bruit."

"… Est-ce que nous allons vraiment avoir cette conversation?"

"John, est-ce que j'ai jamais laissé passer une occasion de te mettre dans l'embarras?"

"Euh… non?"

"Alors oui, nous allons avoir cette conversation."

Je soupirai et essayai de l'ignorer pendant plusieurs minutes, jusqu'à ce que le mal de tête qui me suivait depuis le matin se fasse trop violent pour être supportable, et que je le laisse parler à sa guise.

"Tu ne penses pas qu'il serait temps que tu prennes un peu les choses en main?"

"Mmm."

"Bon, je sais que tu n'as pas beaucoup plus d'expérience que lui, mais…"

"Mmm."

"Est-ce que tu m'écoutes, au moins?"

"Mmm."

Il me planta ses griffes dans le mollet, et je sursautai, me cognant le genou à la table au passage, et je frottai les multiples zones endolories pendant que Ches' me toisait du regard.

"Est-ce que tu lui as dit que tu l'aimais?"

"Euh, oui, plusieurs fois, pourquoi?"

"Est-ce que tu es sûr que le message est bien passé?"

"Je… Où est-ce que tu veux en venir, exactement?"

"Est-ce que tu as la certitude que Sherlock sait que tu l'aimes et que tu n'es pas qu'un manipulateur qui en veux à son talent et à sa réputation?"

"… Dans quel monde grotesque et absurde Sherlock Holmes pourrait-il croire la moindre seconde que je suis un manipulateur alors qu'il lit en moi comme dans un livre d'images pour enfants où les textes sont écrits en gros caractères rose vif?"

Ma réplique eut au moins le mérite de faire rire la satanée bestiole, et je levai les yeux au ciel avant de détourner le regard et de me concentrer sur la scène qui se déroulait à l'extérieur. Sherlock savait-il vraiment, après tout? Est-ce qu'il n'attendait pas exactement cela, d'avoir la certitude que je ne me jouais pas de lui?

Je soupirai. J'allais encore donner raison à ce satané chat.

Qu'il soit maudit.

oOoOoOo

Il s'avéra assez vite que j'étais très nul en déclarations d'amour.

Premièrement, j'étais un homme. Par nature, j'étais moins enclin que les femmes à me répandre en longs monologues émotionnels, et j'étais sûr que ce n'était pas le style de Sherlock non plus.

Deuxièmement, je n'étais pas, comme mon compagnon, un musicien exceptionnel capable de transmettre ses sentiments grâce à quelques notes et de longs trémolos. Et je n'allais certainement pas tomber dans les clichés et lancer la musique de Stand By Me en l'entendant rentrer avant de lui tomber dans les bras.

Troisièmement… J'avais très peur de la tête qu'allait faire Sherlock en réalisant que je m'apprêtais à lui déclarer mon amour éternel, et je préférais embrasser le crâne qui ornait la cheminée que de devenir une sorte de version mielleuse d'un Roméo pourtant tragique et magnifique.

Bref, je commençais à désespérer. Au fond, qu'est-ce que c'était qu'une déclaration d'amour? Est-ce que je n'avais pas déjà exprimé mon amour des dizaines de fois? Est-ce que ça vaut vraiment la peine, quand on vit depuis un moment avec quelqu'un et que cette personne nous connait par cœur, de déballer ses sentiments et de déposer son âme nue à ses pieds?

Je fus frappé par la réalisation que oui, ça en valait la peine. Justement parce que nous vivions ensemble depuis un moment. Je partais du principe qu'il connaissait mes sentiments, mais j'avais tort. Beaucoup de choses restaient implicites entre nous. Beaucoup de choses faisaient partie du quotidien, devenaient des habitudes.

Je ne voulais pas que notre amour devint l'une de nos habitudes. Je voulais que chaque jour soit plein de l'émerveillement des débuts. Je voulais lui dire je t'aime tous les jours comme si c'était la première fois. Je voulais serrer son corps nu contre le mien chaque soir, et être ébloui à chaque fois par la puissance de son regard et la douceur de sa peau. Je voulais être à lui, toujours, comme au premier jour.

Je souris intérieurement, et remerciai silencieusement notre maudit chat. Je savais ce que j'allais dire à Sherlock.

oOoOoOo

Quand mon compagnon rentra à l'appartement quelques heures plus tard, il était si épuisé qu'il ne prit même pas la peine d'enlever son imperméable avant de se laisser tomber sur le canapé. Je souris doucement depuis l'entrée de la cuisine et l'observai quelques minutes avant de m'approcher du canapé.

"Dure journée?"

"Mmm."

"Et si tu enlevais ta veste et allais prendre une douche pour te détendre avant le souper?"

Il entrouvrit un œil et leva une main vers la manche de mon pullover, qu'il utilisa pour m'attirer à lui et déposer un baiser sur mes lèvres.

"Pourquoi est-ce que tu as toujours les meilleures idées en dehors des heures de travail?"

"Parce qu'il faut bien que l'un de nous deux pense à autre chose qu'au travail, Sherlock."

Il me sourit et se leva difficilement du canapé. Je l'aidai à enlever son imperméable et le poussai vers la salle de bain. Il émit un grognement faussement outré et passa sa chemise par-dessus sa tête avant de me la jeter au visage et de s'enfermer dans la salle de bain.

Amusé, je respirai à pleins poumons le tissu imprégné de son odeur avant de mettre la chemise avec le linge sale et d'aller vérifier que tout mijotait bien à la cuisine. Tous les plats me paraissaient parfaits, et le dessert refroidissait au frigo et serait prêt pour la fin de notre repas. Je jubilais intérieurement. Si les petits plats faits à la main et les ingrédients aphrodisiaques ne suffisaient pas à combler Sherlock, je ne savais pas ce que j'allais devoir faire pour le convaincre. Répéter des je t'aime en boucle pendant quarante ans, peut-être. Ça suffirait sûrement.

L'eau cessa de couler à la salle de bain, et je sentis mes paumes devenir soudainement moites. J'allumai précipitamment la bougie que j'avais installée sur la table et manquai de me bruler une dizaine de fois.

"Calme-toi, tu veux? Tu as dépassé toutes mes espérances en concoctant cette déclaration… surprenante, et je suis sûr que tout va bien se passer."

"Je n'en suis pas si sûr…"

"Un peu de confiance, enfin! Allez, John Watson, il est temps de conquérir l'homme de ta vie pour de bon!"

Je virai au rouge pivoine et jetai un regard un peu inquiet en direction de la salle de bain. Sherlock n'était toujours pas sorti.

"Arrête de paniquer. Il va arriver. Tu vas lui servir son assiette, et il va tout de suite sentir qu'il y a du gingembre dans les plats. Tu vas lui servir du champagne, et il va se douter que la soirée est spéciale. Il va voir arriver le dessert que tu as mis en forme en pensant à lui, et va voir qu'il est couvert de chocolat et de fraises, et il ne lui faudra pas beaucoup plus pour en arriver à la conclusion que tu as l'intention de l'attirer dans ton lit…"

"Oh, silence, c'est bon! Je sais très bien que ça manque de subtilité, mais je n'ai pas tellement d'autres solutions, alors arrête de te moquer!"

"Simple observation, très cher… En tout cas, je vois que tout est sous contrôle, alors je vais te laisser en tête-à-tête avec l'homme de ta vie… Bonne soirée!"

Il quitta la pièce et je pris une teinte de rouge un peu plus prononcée avant de me mettre en devoir de servir les assiettes en entendant s'ouvrir la porte de la salle de bain.

Sherlock entra dans la cuisine et je ne pus m'empêcher d'avoir le souffle coupé quelques secondes. Les cheveux encore légèrement humides, la chemise bleu-gris assortie à ses yeux et légèrement entrouverte, le pantalon noir et moulant… Il était parfait. Absolument parfait.

Il s'avança vers moi et je déposai la cuillère que j'avais en main avant de glisser les bras autour de sa taille alors qu'il se penchait vers moi pour m'embrasser.

"Tu sais que tu es littéralement magnifique?"

Il haussa un sourcil.

"Je ne peux qu'être en désaccord avec cette affirmation. Tu es sans aucun doute le plus époustouflant de nous deux."

"Mmm… C'est sûrement le tablier qui fait ça."

Il éclata de rire, et je sentis se dénouer les nœuds qui s'étaient formés dans mon estomac tout au long de l'après-midi. J'étais prêt à passer toute ma vie à le faire rire. Je n'allais pas reculer maintenant.

"Tu as faim?"

"Je suis affamé, pour une fois. J'ai oublié de manger à midi."

"Oublié? Mon dieu, Sherlock, si je n'avais pas l'intention de rester à des côtés pour de nombreuses années, je me demande ce que tu deviendrais!"

Il s'assit et resta silencieux une seconde, l'air grave, avant de lever les yeux vers moi.

"Je retomberais dans la drogue. Je me perdrais pour de bon."

Je sentis ma gorge se nouer et déglutis difficilement avant de lui répondre, en essayant d'avoir l'air sûr de moi :

"Comme si j'allais laisser ça arriver!"

Il sourit et commença à manger. À la première bouchée, j'entendis un mmm de plaisir s'échapper de sa gorge, et je souris à pleines dents avant d'aller chercher le champagne dans le frigo et de m'installer en face de lui.

"John, c'est un véritable régal! C'est du poulet au gingembre? On dirait celui de notre traiteur habituel! Où est-ce que tu as trouvé la recette?"

"Euh… En fait… Le cuisinier nous devait une faveur, tu te souviens? Pour l'affaire des vases Ming où on l'a tiré d'affaire… Enfin, bref, je lui ai demandé de me donner sa recette, et il a accepté. Il m'a même indiqué une bonne épicerie chinoise où trouver les épices."

"… C'est délicieux, John."

"Merci Sherlock. Champagne?"

Il haussa un sourcil.

"Qu'est-ce qu'on fête?"

"La vie? La bêtise des criminels? L'amour? Ce que tu veux."

Il sourit, plus franchement que d'ordinaire, et leva le verre que je venais de lui servir.

"A l'amour, alors, et à notre vie à tous les deux."

Je rougis et levai mon verre vers le sien.

"A nous, Sherlock."

Nous bûmes une gorgée avant de plonger vers nos assiettes et de dévorer le poulet au gingembre sur lequel j'avais passé plusieurs heures, tout en discutant de tout et de rien. J'étais bêtement heureux, pour rien en particulier, juste parce que nous étions ensemble et que tout était paisible – du moins pour le moment. J'allais profiter pleinement de cette soirée. Les criminels pouvaient attendre demain.

Les assiettes une fois vides, je débarrassai la table et mis la vaisselle dans l'évier. Sherlock vint se coller contre mon dos et déposer un baiser dans mon cou.

"C'était un pur délice, John. Merci."

"Ne dis pas merci tout de suite, Sherlock. Il reste le dessert."

Je sentis son rire vibrer dans sa cage thoracique, contre mon dos, et son souffle contre ma nuque me fit frissonner.

"Laisse-moi deviner… C'est un fondant au chocolat?"

"Euh… Comment…?"

"Après le gingembre, ça me semblait logique."

"… Fichue logique."

Il éclata franchement de rire, et je me libérai de son étreinte pour aller chercher le dessert dans le frigo.

A la vue des gâteaux sur les assiettes, ses yeux s'écarquillèrent.

"Est-ce qu'ils sont en forme de…?"

"De cadavre. Oui, Sherlock."

Ses yeux se mirent à pétiller, et il se remit à table avant d'entamer son cadavre en chocolat… par la tête. Le coulis de fraise s'échappa de la 'plaie', et le détective sembla surpris, comme s'il avait vraiment blessé son dessert.

"John…"

"Oui?"

"C'est de la fraise?"

"Oui, pourquoi?"

"C'est juste… Je ne sais pas, je trouve ce gâteau… adorable."

Je rougis jusqu'aux oreilles et marmonnai quelques mots sans suite avant de décapiter mon cadavre et de lui dévorer la tête.

Sherlock me sourit, et nous mangeâmes notre dessert dans un silence détendu, le chocolat se faisant lentement un chemin dans notre organisme.

Je débarrassais une nouvelle fois la table quand j'entendis sonner le téléphone de Sherlock. Il se leva et se dirigea vers le salon, et je m'essuyai précipitamment les mains avant de le suivre dans le salon, où il venait de décrocher.

"Ah, bonsoir Lestrade!"

"Pitié, pas ce soir, pitié, pas ce soir, pitié, pas ce soir…"

Ça ne pouvait pas arriver ce soir. Ce soir, Sherlock était à moi. Je ne le partagerais pas. Je l'attacherais au lit s'il le fallait.

Il s'arrêta subitement de parler et me fixa longuement. Ma détresse devait se lire dans mes yeux, car ses sourcils se froncèrent et son visage se fit inquiet. Puis, il sembla comprendre quelque chose et se remit à parler à Lestrade.

"Lestrade? Ce ne sera pas possible ce soir, malheureusement, alors arrêtez-le sans moi. (…) Oui, vous savez où il est après tout, vous n'êtes pas incapables au point de le rater si je ne suis pas là, pas vrai? (…) C'est cela. Bonne nuit."

Il raccrocha et se dirigea précipitamment vers moi.

"John? Tout va bien?"

"Je…"

Les mots restaient coincés dans ma gorge et je me contentai de lui jeter un regard désespéré avant de le serrer contre moi et de fourrer mon visage dans son cou.

"Désolé… Je ne voulais juste pas te partager, ce soir…"

Je sentis ses bras se resserrer un peu plus fort autour de moi et il déposa un baiser au sommet de mon crâne.

"C'est ce qu'il me semblait, en effet. Quelque chose de prévu?"

"Je ne sais pas… J'ai tapissé la chambre de pétales de roses et mis des bougies partout autour du lit… Je pourrais aller les allumer, et tu pourrais venir me dire si l'ambiance de la pièce colle avec l'ambiance générale de la soirée et si le gingembre et le chocolat ont déjà commencé à affecter tes perceptions?"

Il sourit et se pencha vers moi pour m'entrainer dans un long baiser, incroyablement langoureux, et à la fois rempli de tendresse. Il me prit par la main et m'entraina vers la chambre, où il se mit en devoir d'allumer lui-même toutes les bougies avant de revenir vers moi et de déboutonner lentement ma chemise. Il déposa un doux baiser sur me lèvres et glissa ses bras autour de ma taille.

"Je t'aime, John."

"Moi aussi, je t'aime, Sherlock. Un peu plus chaque jour."

oOoOoOo

(Hors POV)

Sur la gouttière, en face du 221B Baker Street, un élégant chat noir regardait son œuvre atteindre son point culminant sous ses yeux. Un sourire se dessina sous ses immenses iris bleus, et il s'étira si bien que l'animal ne fut bientôt plus qu'un sourire.

Il jeta un dernier regard satisfait au couple qu'il avait créé et commença à s'éloigner, équilibriste improvisé au-dessus des rues de Londres, en chantonnant tout bas. Le passant attentif aurait pu entendre ses mots, sans jamais cependant pouvoir en saisir le sens, car la folie ne fait sens que pour ceux qui l'embrassent.

Fleurpageons Les rhododendroves
Gyrait et vomblait dans les vabes,
On frimait vers les pétunias
Et les momerates embradent.


Voilà, c'est fini! Je sais, vous êtes incroyablement frustré(e)s parce que je n'ai pas écrit la scène de sexe finale, mais je ne voulais pas gâcher ce chapitre en griffonnant quelque chose à la va vite :)

Merci beaucoup de m'avoir lue jusqu'au bout! J'espère vous retrouver très bientôt autour d'un nouveau texte :)

Je vous embrasse, et je vous souhaite d'être heureux :)

A bientôt!

- Layla