Voici le chapitre 4
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« Alors cette petite entrevue ? » demanda Garcia à Reid et Morgan à peine eurent-ils franchi le pas de la porte du bureau.
« Reid s'est trouvé une petite musulmane voilée. » lança Morgan.
Le jeune docteur lui lança un regard plein de reproches. Il aurait préféré qu'on ne parle pas de tout ça ici.
« Garcia tu peux regarder si quelqu'un à altérer le portable de Reid ? » demanda Hotch qui passait derrière eux, toujours en train de courir à droite à gauche, les aléas du travail du chef d'équipe.
« Oui patron. » répondit Garcia en se levant et en tendant la main vers le téléphone de Reid. Il le lui remis sans faire d'histoires, trop content qu'on vérifie que rien n'avait été altérer, et pourtant il avait la sensation qu'elle n'avait touché à rien.
« Une musulmane ? » c'était JJ qui parlait.
« On va bientôt avoir le contre-terrorisme sur le dos. » plaisanta Morgan.
« Ils ne sont pas très loin, ça devrait aller vite. » dit Prentiss, un café à la main.
Chacun y allait de sa petite blague, c'était une manière de faire taire les vieux démons car, au fond, personne n'avait oublié, comme Columbine, certains événements les avaient tous marqués à jamais.
Reid n'écoutait plus, il plongea sa main dans sa poche non trouée et il posa ses doigts sur les pièces. Combien de personnes dans ce bureau aurait pensé à rendre la monnaie ? Il ne savait pas. Les statistiques faisaient état de moins de 10%, la plupart des gens se servaient dans le porte feuille, d'autres gardaient comme récompense... Non, elle avait insisté pour lui rendre ses pièces.
Aucun déplacement n'était prévu dans la journée et l'équipe allait devoir passer son temps à fignoler les dossiers en retard et à présenter une conférence aux étudiants du FBI sur les différentes méthodes de profilage des kidnappeurs, de quoi les occuper jusqu'à l'heure de la sortie.
Garcia arriva et tandis son téléphone à Reid :
« Voilà mon tout beau, ton téléphone n'a pas été modifié, et personne n'a l'air d'y avoir jeté un coup d'œil indiscret à part moi. »
Il le prit et remercia Garcia avant de se replonger dans ses papiers pour la conférence de la fin d'après-midi. Il n'était pas à l'aise avec ce genre d'exercice, souvent il avait à faire avec des étudiants plus âgés que lui et c'était très difficile de ne pas paraître prétentieux à leur apprendre la vie au sein de ce genre d'unité mais cette année c'était leur équipe qui avait été désignée pour les cours alors il faisait avec, et peut-être qu'il ne parlerai que pour donner quelques chiffres pour appuyer des exemples.
Garcia regagna son bureau, laissant Reid à ses activités. Il s'assit dans son fauteuil et jeta un coup d'œil circulaire autour de lui. Les bureaux ressemblaient à une fourmilière géante avec des allers et venues incessantes. Tout ce petit univers travaillait à la sécurité du territoire, à protéger des vies sans même que les gens dehors ne sachent à quel point leur travail était nécessaire à leur confort. Reid soupira, évacuant le stress par la reprise de la respiration abdominale qu'il avait appris bien avant d'arriver au FBI. Il attrapa son téléphone et l'écran s'éclaira, il fit rouler le menu, regardant sa messagerie désespérément vide, ses e-mails qui ne contenaient que du professionnel, puis il le reposa.
« Reid ? Tu es prêt ? » demanda l'agent Hotchner.
Le jeune homme leva la tête vers lui, hocha la tête pour dire qu'il l'était et se leva.
« Prends ton manteau, il pleut. »
Il suivit les conseils de son patron et prit son manteau, mettant son téléphone dans la poche de celui-ci. Il saisit ses papiers en toute hâte et les mis dans son sac en bandoulière dont il ne se défaisait que rarement.
« Les autres ne viennent pas avec nous ? » demanda Reid remarquant que ses camarades restaient à leurs bureaux.
« Non, il n'y aura que Rossi, toi et moi. » répondit Hotch. « On est avec toi Reid. » dit-il pour le rassurer. Reid déglutit et suivi son patron, bientôt rejoint par David Rossi.
Ils entrèrent dans la salle de conférence et bientôt ils commencèrent à parler de la conduite à tenir dans une enquête de kidnapping. Ils évoquèrent le principe des première vingt-quatre heures, les chances de survie qui diminuaient avec le temps, mais aussi ceux qui gardaient leurs victimes des années avant de s'en débarrasser en les revendant pour qu'ils servent les fantasmes d'autres. Certaines images revenaient à la mémoire de Spencer Reid, et pour cause, ils appuyaient régulièrement leurs arguments d'exemples auxquels l'équipe avait été confrontés ça et là.
Reid donnait des statistiques, se laissait à mentionner certains points marquants des affaires qu'il connaissait, et il se laisse aller à dire qu'il ne fallait jamais écarter les parents car il était arrivé que, dans certaines affaires, certains maquillent un accident domestique en enlèvement et parfois avec l'aide des forces de police en présence.
Quand cela fut fini Reid rejoignit les autres au bureau pour retrouver Morgan et se faire déposer au métro. Son ami le taquina un peu :
« Mais comment tu ferrais si je tombais malade ? » lui dit-il.
« Je demanderai à JJ. » répondit-il, « ou je prendrais le bus. »
Ils regagnèrent Washington et Morgan déposa Reid devant une station de métro avant de lui donner rendez-vous le lendemain puis Reid s'engouffra dans les méandres de la terre pour rejoindre son domicile.
Il regarda les quais du métro, les autres voyageurs. Tous semblaient tellement différents. Il y avait des étudiants, des touristes, des travailleurs, mais Reid savait que ce qu'il cherchait n'était pas là.
Il entra dans le wagon et alla se mettre face à la porte. L'habitude aurait voulu qu'il sorte son livre mais cette fois-ci il ne le prit pas. Il plongea ses mains dans ses poches et toucha les pièces qu'elle lui avait rendu. A chaque station il guettait les gens qui montaient, et essayaient de voir ceux sur les quais. C'était idiot, combien de chance y avait-il qu'il la recroise ce soir ? C'était presque autant que de gagner aux jeux de loto. Et puis d'ailleurs pourquoi n'arrivait-il pas à se l'ôter de la tête ? Après tout ce n'était qu'une fille qui avait ramassé son téléphone dans le métro et qui avait eu l'honnêteté de lui rendre sa monnaie ! Si elle n'avait pas été musulmane (et Reid se fit la réflexion pour lui même qu'aux dernières statistiques il y avait 2 595 000 musulmans aux États-Unis, certes cela ne représentait que 0,8% de la population du pays mais ça laissait un peu de chance de tomber dessus dans une ville comme Washington) peut-être ne l'aurait-il pas même remarquée et elle serait parti à la trappe laissant son esprit se recentrer sur des choses essentiels comme le livre de psychologie sur les altérations des relations humaines à l'heure des nouvelles technologies. Voilà une chose qui était importante, de savoir pourquoi et comment les gens n'arrivaient plus à faire de rencontres dans la vie de tous les jours. A cet pensée Spencer du se rendre à l'évidence, se cacher derrière ses livres étaient peut-être aussi une manière de ne pas chercher la rencontre, comme ceux qui se servaient des ordinateurs pour faire taire un grand manque de confiance en eux. Il préférait ne pas y penser.
Enfin le métro arriva à sa station. Il sortit. Non il ne l'avait pas revu et au fond il se disait que c'était mieux comme ça, que ça éviterai que les autres jasent mais il avait un petit pincement au cœur qui lui indiquait qu'il n'en resterai sans doute pas là.
Il tourna les clefs et poussa la porte de chez lui, rien n'avait bougé. Il alluma la lumière, posa son sac, ferma le verrou, et sortit ses cachets. Il fit couler un verre d'eau et les avala d'une traite. Bientôt le sommeil viendrait le chercher et il espérait que ce serait une nuit sans rêve.
