Voici le chapitre 7, bonne lecture à vous et merci aux lecteurs :)


« Merci. » répondit-elle.

Spencer, réalisant qu'en fait, à part lui avoir rendu son téléphone, elle ne savait rien de lui, lui dit dit :

« Spencer Reid. »

Elle répondit du tac au tac :

« Asma Abulhawa. »

Ils étaient tous deux pris dans la foule qui les contournait, parfois en les bousculant et en jurant après eux. Il était vrai que dans un monde où tout bougeait très vite, ils étaient immobiles, comme figés.

Spencer proposa de remonter vers le jour, il dormirait plus tard. Une fois dehors Spencer repéra un vendeur ambulant qui commençait à ouvrir sa petite boutique. Il y acheta deux cafés et ils reprirent le début de conversation avorté qu'ils avaient eu.

« Vous allez en cours ? » demanda le jeune homme en indiquant le sac de la jeune femme.

« Oui. » répondit-elle « J'étudie les civilisations et les conflits dans le premier siècle de l'Islam. »

Spencer hocha la tête d'un air entendu, c'était un sujet bien intéressant et très dur à aborder dans la neutralité quand on était soi-même musulman.

« D'où venez-vous ? »

« Détroit et vous ? » répondit-elle.

Spencer sourit, il s'attendait à quelque chose de plus exotique que Détroit mais c'était une réponse qui lui paraissait bien normal.

« Las Vegas. » répondit-il dans un sourire, la ville du vice, des jeux d'argent, et de toutes les extrêmes. Tout ce qu'il savait interdit par l'Islam en somme. Elle allait sans doute le prendre pour un serviteur du diable.

« C'est plus animé que Détroit. » se contenta t-elle de répondre en souriant avant de tremper ses lèvres dans le café chaud.

Spencer la regarda, son voile bleu à motif à fleur noir était sobre, discret et pourtant, comme le rose, il donnait une dimension particulière à son visage, c'était comme si elle rayonnait de l'intérieur sans qu'il eut besoin d'en voir plus.

« Comment m'avez-vous reconnue ? » demanda t-elle

« Votre visage m'a paru familier. » répondit-il.

Ils sourirent.

« Je vais devoir vous laisser monsieur Reid. »

« Spencer. » corrigea t'il.

« Spencer... » répéta la jeune femme avant d'enchaîner, « Je dois aller rendre une partie de mon mémoire. »

Elle s'apprêta à faire demi-tour quand Spencer dit :

« A Bientôt. »

« Insh'Allah. » dit-elle en souriant avant de le saluer et de partir dans la foule, jetant son gobelet vide dans une poubelle.

Spencer la regarda disparaître avant de regagner le métro. Il voulait dormir.

Chez lui rien n'avait bougé. Il s'assit sur le canapé, son estomac commençait à crier famine et il regarda ce qu'il pouvait bien y avoir comme alimentation dans ses placards. Une vague tranche de pain et un peu de beurre d'arachide seraient assez pour faire taire la protestation de son estomac. Il attrapa un verre d'eau et ses pilules qu'il avala d'un trait.

Ensuite, il se rendit dans sa chambre, le lit était fait, propre, carré, comme il l'avait laissé. Il posa son téléphone sur la table de chevet et se coucha, sa tête sur l'oreiller. Ses yeux se fermèrent et il bascula dans le sommeil. Plein de rêves étranges lui vinrent, des bois, des loups, des flûtes, un petit chaperon coiffé d'un foulard rose à fleurs bleues, et puis ce croissant de lune qui brillait.

Quand il se réveilla, il était 15h00 et il avait mal à la tête. Il regarda par la fenêtre, dehors la rue était encore en perpétuelle agitation et son mal de tête lui donnait l'impression que les gens marchaient dans son esprit. Il cherchait la paix.

Dans la cuisine, il trouva ses médicaments contre la migraine et les pris avant de s'asseoir devant son échiquier. Tout était figé. Gideon... ce nom résonnait encore dans son esprit. Gideon avait était le père qu'il n'avait pas eu et, ironiquement, comme son père biologique, il l'avait abandonné à son tour, sans plus lui donner signe de vie. Il avait eut l'impression d'avoir été le fils par procuration de Gideon, ce fils qu'il avait si longtemps ignoré... Et puis il l'avait abandonné comme une répétition des erreurs du passé... Il aurait du tourner la page mais il espérait secrètement qu'il reviendrait... si ce n'était pas pour l'équipe, ça serait pour lui.